Des Balkans se mettent au halal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherchant à contrer la crise économique, des producteurs alimentaires des Balkans se lancent dans la fabrication halal, visant à la fois le marché occidental que celui du monde musulman, une clientèle dont la demande est en croissance constante. « Le marché halal, c’est plus d’un milliard habitants de la planète. Un marché jeune qui a un important pouvoir d’achat et dont la demande croît de 10% à 20% par an », affirme Amel Kovacevic, un responsable d’un salon des produits halal à Sarajevo.

Organisé du 15 au 17 mai, pour la première fois dans les Balkans, ce salon a accueilli une trentaine d’exposants de la région. Dans les stands: des produits à base de viande, des fromages, des friandises, des pâtes ou encore de la cosmétique halal. Selon M. Kovacevic, la région des Balkans est bien placée dans le bassin méditerranéen, ce qui lui permet de viser à la fois le marché occidental et les pays du monde musulman avec les produits halal.

« Dans cette crise économique et financière qui met en question l’existence même de nombreuses compagnies, il faut profiter du fait que nous sommes au carrefour de l’Orient et de l’Occident. Nous avons la terre et l’air propres et une main d’oeuvre pas chère. C’est une chance pour le développement économique de cette région », fait-il valoir.

A l’échelle mondiale, le marché des aliments halal a été estimé en 2009 à quelque 635 milliards de dollars (490 milliards d’euros) par « World Halal Forum ».

http://www.lefigaro.fr/

La Finance islamique, une approche économique d’actualité

La fin de la spéculation ? Pas encore, mais l’idée fait son chemin et les investisseurs commencent à chercher de nouvelles solutions. La finance islamique est une de ces solutions !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wall Street et compagnie aux oubliettes ? Place à une nouvelle forme de finance, la finance islamique !

Cette finance n’est plus exclusivement réservée aux émirats. Elle se propage aujourd’hui sur les places financières du monde entier. Le volume des échanges financiers est estimé à pas moins de mille milliards de dollars actuellement.
La finance moderne des pays capitalistes montre en effet des limites.
Les investisseurs n’ont pas oublié l’opacité, la volatilité et la déraison qui ont perduré durant la crise de 2007. Une partie d’entre-eux se retire à présent des places autrefois côtoyées pour se tourner vers la finance islamique.
La finance islamique est fondée sur deux notions majeurs, en accord avec la Charia : la responsabilité sociale et l’interdiction de l’intérêt. Les transactions qui ont recours à l’intérêt, à la spéculation ou hasard sont donc interdites.
Pour parer à ces interdictions, les investisseurs achètent les biens désirés par les acheteurs et leur revendent à un prix plus élevés. La plus-value permet de rémunérer le risque pris par les investisseurs.

Les intérêts sont donc absents mais remplacés par la plus-value.
La finance islamique repose donc sur du capital disponible en amont. Les transferts d’argent fictif sont proscrits. La finance islamique développe des projets concrets. Les investisseurs y voient des placements plus sûrs en ces temps moroses.

http://www.journaldunet.com/

Marseille : les musulmans font un état des lieux de l’islamophobie

« Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue

Le Collectif contre l'islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

Photo LP
Le Collectif contre l’islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

L’islamophobie gagne du terrain et prend un tour inquiétant, selon les participants de la 11e rencontre annuelle des musulmans du Sud, organisée hier au Parc Chanot de Marseille par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du Religieux.
Selon lui, « nous sommes dans une situation comparable aux années 1930″ avec des musulmans « pris en étau » entre progressistes et traditionalistes. « L’Europe est sur le déclin, explique le sociologue, elle n’est plus le centre du monde. On ne peut pas en vouloir à la Chine, l’Inde, le Brésil ou au capitalisme mondialisé, alors il faut personnaliser la cause. Et les musulmans sont là pour personnaliser la cause ». Une « laïcité en état de siège » conduirait à des « mesures d’exception »comme l’interdiction faite aux mères portant un voile simple d’accompagner les sorties scolaires ou visant les nounous à domicile.

Porte-parole du collectif contre l’islamophobie, Marwan Muhammad a recensé en 2012 469 actes reposant sur la discrimination. Il distingue une « islamophobie de droite bâtie autour de l’identité, de l’assimilation pour laquelle le musulman est désigné comme une menace » d’une « islamophobie de gauche plus pernicieuse car construite autour de valeurs ayant une connotation positive comme la liberté des femmes, la liberté d’expression, la laïcité ». L’islamophobie, selon le collectif,« instrumentalise les valeurs de gauche pour rendre le racisme acceptable. Ce n’est plus : « Sale Arabe, rentre chez toi ! » C’est désormais : « Il convient de réaffirmer la laïcité avec force ! »

« Bons citoyens

La loi de mars 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics entre, selon Raphaël Liogier, pour la première fois en « contradiction avec les droits de l’homme » mais, explique-t-il, son respect montre que « les musulmans sont de bons citoyens car ils obéissent à une loi qui leur était défavorable ».
ontre annuelle s’est questionnée sur « un manque de communication des musulmans » qui représentent 10 % de la société française. S’interrogeant sur leur part de responsabilité dans l’islamophobie, Rachid Lamaarti, administrateur de l’UOIF, a appelé les musulmans à « vivre à l’intérieur de notre société. C’est bien d’écouter Al Djazira mais c’est ici que ça se passe. Nous avons la place que nous méritons. »
Il a souhaité le développement de médias musulmans et invité à « quitter des espaces sécurisés dont on a du mal à sortir par peur d’une perte identitaire pour vivre, de manière plurielle, avec la société à laquelle nous appartenons ». L’opposition au mariage pour tous aura fourni l’occasion d’un tel décloisonnement.

Luc Leroux

 http://www.laprovence.com/

Allemagne : les jours fériés musulmans reconnus à Brême

brême

La ville-Etat de Brême a annoncé, vendredi 30 novembre, qu’elle allait devenir le deuxième Etat régional allemand à reconnaître les fêtes religieuses musulmanes, après Hambourg, qui avait signé un contrat en ce sens avec les représentants de la communauté musulmane en novembre.

« Je suis heureux (que nous nous soyons mis d’accord), car les musulmans font partie intégrante de notre ville et de notre vie », a déclaré le maire de Brême, Jens Böhrnsen.

Le contrat prévoit notamment que les salariés musulmans auront le droit de prendre des jours de repos non-payés à l’occasion des principales fêtes musulmanes.

Il doit toutefois encore être ratifié par le « Sénat », qui représente l’échelon régional, et par l’autorité municipale. A Hambourg, également une ville-Etat, le contrat a déjà été approuvée par le Sénat. Il doit encore recevoir l’aval des autorités municipales hambourgeoises avant d’entrer formellement en vigueur.

http://www.algerie-focus.com/

Ils ouvrent les premières pompes funèbres musulmanes picardes

Abdel-Kalik Kouadria vient de monter son affaire à Creil. Il n’existait aucun commerce de ce type en Picardie auparavant. Une bonne nouvelle pour la communauté.

 

Saïd Khellaf et Hakim Laïb sont les associés d’Abdel-Kalik Kouadria (à droite), gérant de KL Funéraire.

Avant, le plus proche, c’était l’Ile-de-France », explique Abdel-Kalik Kouadria. La cinquantaine passée, cet ancien salarié d’un institut de sondages de Paris a sauté le pas : ouvrir sa propre affaire. Pas n’importe laquelle : des pompes funèbres musulmanes, KL Funéraire. Un double défi pour cet homme. « Cela fait dix ans que j’y réfléchis, raconte-t-il. Mais pour moi, c’était une évidence. » À Creil, sa ville natale qu’il n’a jamais quittée, il a fait un constat : la communauté musulmane ne cesse de croître. « Ils sont de plus en plus nombreux à venir s’installer ici. Sans doute à cause de la flambée des prix des loyers à Paris. »

Pourquoi pas aussi à Beauvais et Noyon ?

Et quand vient l’heure d’un proche, ces musulmans se tournent vers des pompes funèbres qu’ils connaissent. « Mais elles sont toutes dans les grandes villes : Paris, Lille, Marseille…, liste Abdel-Kalik Kouadria. Ils sont nombreux, c’est la bataille là-bas. »
Le chef d’entreprise creillois, lui, joue le jeu de la proximité et de la réactivité. « Dans l’heure qui suit, on est sur place, détaille-t-il. On veut que ce moment se passe bien, selon les rites, mais qu’il se déroule vite aussi. Que la famille puisse passer à autre chose. »
Il a approché les hôpitaux, les mosquées pour faire connaître KL Funéraire. « On se fait connaître par le bouche à oreille, explique-t-il. C’est comme ça que ça marche chez les musulmans. » Son téléphone sonne : un texto l’avertit d’un décès à Creil. « Vous voyez, on se prévient entre nous », souligne Abdel-Kalik Kouadria. Et de sourire : « C’est le téléphone arabe. »

De plus en plus de musulmans se font inhumer en France

Rien de communautariste dans sa démarche, assure-t-il. « Les pompes funèbres classiques ne sont pas contactées par les musulmans. Une question d’habitude. Ils ne savent pas comment s’y prendre avec les rites. » Dans la religion de Mahomet, le défunt est recouvert d’un simple linceul, avant l’intervention d’un religieux pour les prières. Parfois, la dépouille doit être transférée à l’étranger. « Mais de plus en plus de musulmans se font inhumer en France », note le Creillois.
Mis à part la notion religieuse, Abdel-Kalik Kouadria est un entrepreneur en pompes funèbres tout ce qu’il y a de plus classique. Une formation de 200 heures, comprenant gestion administrative, accueil, conseils…
Il s’est rapproché de ses collègues des pompes funèbres de Creil. « Ils m’ont très bien accueilli. Je travaille en relation avec eux », indique-t-il. Son entreprise, KL Funéraire, est aménagée dans les entrepôts de la rue des Usines. Avec un chiffre d’affaires de 6 000 euros, il emploie deux personnes, Hakim Laïb et Saïd Khellaf. « On cherche un local en centre-ville, explique Abdel-Kalik Kouadria. Mais ce n’est pas facile. » Il songe à l’avenir à installer d’autres pompes funèbres musulmanes dans l’Oise, comme à Beauvais ou Noyon. « Ce serait le top ! »
ANGÉLIQUE GOYET
http://www.courrier-picard.fr/

 

Des musulmans sauvent une synagogue en Grande-Bretagne

 

A Bradford, une ville située en Angleterre, une petite communauté juive de trente personnes a vu sa synagogue sauvée par des musulmans de la même ville. Construite en 1880, l’édifice religieux, remarquable de par son architecture mauresque et victorienne, était sujet à l’érosion et menacé de fermeture. Face à cette situation, les représentants de la communauté musulmane se sont mobilisés avec les autorités de la ville afin d’organiser une levée de fonds pour s’assurer que ce lieu de prière en péril reste «un espace sacré pour les générations futures». En recueillant 2.000 livres sterling (environ 2.400 euros), les musulmans ont ainsi permis de sauver la synagogue.

http://www.zamanfrance.fr/

Canular concernant la communauté musulmane de Rimouski

La Ville de Rimouski tient une fois de plus à rétablir les faits tout en dénonçant le caractère raciste et le contenu alarmiste d’un courriel circulant sur Internet depuis quelques années, dont les données et informations sont fausses.

Le canular diffusé par courriel prétend qu’il y a une « invasion de musulmans à Rimouski » et qu’une rue de la ville a été nommée « en l’honneur d’un de leur grand prêtre ».

Les données présentées dans ce canular sont fausses et revêtent un caractère totalement absurde. En réalité, les immigrants nés à l’étranger représentent moins de 2 % de la population de Rimouski et sont majoritairement originaires de France. Environ 125 personnes, sur plus de 47 000 habitants, sont de religion musulmane, soit moins de 0,3 % de la population rimouskoise.

La Ville de Rimouski reconnaît l’apport de ces personnes à l’économie locale, de même qu’à la culture et au savoir rimouskois.

Quant à la rue Mohammed-El-Sabh, elle fut nommée ainsi à la demande de la Ville de Rimouski, en mémoire d’un illustre scientifique du domaine océanographique, spécialisé dans la gestion des catastrophes naturelles. Monsieur El-Sabh (1940-1999), né en Égypte, est arrivé à Rimouski en 1972. Selon le maire de Rimouski, M. Éric Forest, ce courriel est une injure à la mémoire de ce « grand scientifique qui a contribué à consolider l’Institut national de recherche scientifique (INRS) en océanographie et l’UQAR (Université du Québec à Rimouski) », deux institutions majeures de la ville.

La Ville de Rimouski demande aux personnes recevant ce courriel de le détruire immédiatement pour que cesse enfin cette campagne de salissage.

http://www.lavantage.qc.ca/

Prêtre agressé à Avignon : les musulmans soutiennent le père Grégoire

Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans
Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans (KATHY HANIN)

Lundi, ce prête de la communauté Saint-Jean a été passé à tabac. Jeudi, ils ont ensemble dénoncé le silence des élus, interpellé le maire et mis en garde contre les amalgames hatifs.

« Je n’ai reçu aucun soutien des élus locaux. Pas un mail, pas un texto, pas un coup de fil, se désole le père Grégoire, violemment agressé lundi soir, dans le quartier Saint-Ruf, pour s’être défendu alors qu’on lui volait son portable. Seuls les députés Jacques Bompard et Marion Maréchal-Le Pen m’ont envoyé un mail… »

« Ce silence nous blesse, nous sommes à 500 mètres de la mairie de quartier, personne n’est venu », renchérit le père Marie-Christophe, responsable de la communauté de Saint-Jean. La communauté musulmane d’Avignon aussi a été choquée par cette absence de réaction officielle. Alors, elle a spontanément apporté son soutien au prêtre jeudi et avait tenu à le faire savoir dans le hall de la mairie, place de l’Horloge.

« Toucher à un homme d’église et de paix, c’est intolérable, on a franchi un cap. Une société sans foi ni loi, c’est la porte ouverte à l’anarchie. Mais après le désordre risque de venir un grand ordre », s’alarme Abderrahmane Bouaffad, porte-parole de la communauté des musulmans du Grand Avignon, faisant allusion aux tentations extrémistes facilement ravivées par ce genre d’agression.

Un appel au ministre de l’intérieur

Khalid Belkhadir, président du conseil régional du culte musulman avait tenu à venir de Marseille « pour soutenir notre frère agressé par des voyous, pas par des musulmans. Nous devons réfléchir au bien-vivre ensemble pour éviter les amalgames faciles. » « La démission des élus a entraîné la création de ghettos, la marginalisation des jeunes, l’insécurité ambiante, on appelle le ministre de l’Intérieur, qui est aussi celui des cultes, à venir nous rencontrer tous ensemble à Avignon », lance Abderrahmane Bouaffad qui suggère d’aller jusqu’au bureau du maire.

Les frères rackettés

Pas la peine. « Le Bon Dieu fait bien les choses », voilà Marie-Josée Roig qui traverse le hall et se retrouve bientôt interpellée par le petit groupe. « Je rentre juste de Paris, s’excuse l’élue qui assure avoir contacté l’évêque dès qu’elle a appris la nouvelle. Pour le père Grégoire, cette agression doit servir à aider les autres, « tous ceux qui se font attaquer et dont on n’entend pas la voix. » « Je suis d’accord, j’irai dans votre paroisse », promet le maire avant de s’éclipser.  »Elle nous a joué un morceau de flûte », réagit, désabusé, le père Marie-Christophe dont la paroisse est régulièrement la cible des petits malfrats. Régulièrement, le tronc de l’église est pillé,scooters et ordinateurs sont volés. « Le Jeudi saint, des jeunes en planque m’ont dit : “Si tu ne veux pas être volé, tu paye”. On ne supporte plus ce racket permanent. »

Une marche inter-religieuse

Un portable volé, c’est tragiquement la banalité quotidienne de la petite délinquance opportuniste. « Il faut que les élus réfléchissent à l’irrespect, la violence, l’éducation, à la zone de non-droit, qui se développent », lancent les hommes de foi. Eux, imaginent une marche inter-religieuse pour la paix par exemple. « Il faut sacraliser le vivre ensemble, dit Abderrahmane Bouaffad. À la mosquée ou à l’église, nous sommes avec nos frères en religion, mais dans la rue, nous sommes tous avec nos frères et sœurs en humanité. » Certains le savent déjà qui, non croyant et n’habitant même pas Avignon, ont spontanément contacté le père Grégoire pour lui donner un téléphone, de l’argent pour un nouveau forfait. Un petit geste de solidarité pour croire encore en l’homme.

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Liberté totale pour les profs d’islam

© REPORTERS

À l’école, le port du voile ne peut leur être limité aux cours de religion islamique donnés en classe

BRUXELLES Les établissements scolaires ne peuvent obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant leurs cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement (comme dans les couloirs, les réfectoires, les salles de réunion, les cours de récréation).

Et Grâce-Hollogne, qui pratiquait cette règle dans ses établissements, est condamnée à modifier son règlement d’ordre intérieur : le Conseil d’État l’oblige à retirer la disposition qui, depuis 2011, n’autorisait aux enseignantes d’islam de porter le voile que dans leur classe et pendant leurs cours, et pas ailleurs à l’école.

L’arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est définitif.

Pouvoir organisateur, Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves : “Le voile islamique est un symbole religieux visible et fort, incompatible avec le devoir de neutralité.”

Selon le Conseil d’État , les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues.

Dans l’arrêt que la DH a pu lire, le Conseil d’État établit au contraire que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”.

Pour l’enseignante voilée qui a le soutien du Mrax, c’est l’aboutissement d’un combat de deux ans et demi qui lui coûta notamment de ne pas être renouvelée. Elle a d’ailleurs introduit un recours contre Grâce-Hollogne, qu’elle a toutes les chances de gagner.

Elle raconte que la commune lui a même envoyé la police pour lui interdire l’accès à l’école à moins d’ôter le voile et le remettre en classe. Elle n’a pas cédé. Elle ajoute avoir essuyé des observations “agressives et humiliantes ” de sa directrice : “Et en plus, tu es têtue. Je me demande ce qu’on me dirait si je faisais ça dans ton pays d’origine.”

La commune ne voyait aucun obstacle à l’autoriser à “exposer ce signe d’appartenance à la religion qu’elle enseigne aux élèves ayant fait le choix de cet enseignement” . Mais “les professeurs disposant d’une autorité sur les élèves voire d’une influence sur eux” , Grâce-Hollogne maintenait qu’il “n’est pas opportun, aux fins de respecter la liberté de conscience des autres élèves, qu’un professeur de cours philosophiques soit autorisé à déambuler dans l’établissement en portant un tel signe ostensible risquant d’influencer des élèves qui n’ont pas fait ce choix.”

Le Conseil d’État constate que le décret neutralité du 17 décembre 2003 impose certes aux enseignants “d’adopter une attitude réservée traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser , s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit” .

En revanche, “rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire” .

Plus fort, le conseil d’État cite Xavier Delgrange pour qui “l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir de neutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable”.

Prof aux Facultés Saint-Louis, Xavier Delgrange est 1er auditeur chef de section au Conseil d’État.

Gilbert Dupont

http://www.dhnet.be/

Belgique : les professeurs enseignant l’islam désormais autorisées à garder leur hijab à l’école publique

Par Abdou Semmar
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Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait.

Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait. Après un combat juridique intense, le Conseil d’Etat belge a estimé que les professeurs de religion n’étaient pas tenus au devoir de neutralité. Selon le site belge La dernière heure, la commune de Grâce-Hollogne avait adopté un règlement d’ordre intérieur qui imposait aux professeur de religion la neutralité religieuse en dehors de leur classe. En d’autres termes, une professeur voilée enseignant l’islam était autorisée à porter le hijab au sein de sa classe durant ses cours mais devait le retirer dans les couloirs de l’établissement, à la cantine…et partout ailleurs au sein de l’établissement.

L’arrêt du Conseil d’Etat a contraint la commune de Grâce-Hollogne a revoir sa copie. Il estime que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”. L’enseignante à l’origine de cette affaire raconte que l’établissement où elle travaillait est allé jusqu’à appeler la police pour lui interdire l’accès à l’école, un épisode qui ne devrait pas se reproduire puisque la décision du Conseil d’Etat est définitive et devrait s’étendre à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

http://www.algerie-focus.com/

L’islamophobie en forte hausse depuis le début de l’année

Par LEXPRESS.fr

Selon le Conseil français du culte musulman, 50 actes anti-musulmans ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie au premier trimestre 2012. C’est 25% de plus que l’an dernier à la même période.

L'islamophobie en forte hausse depuis le début de l'année

Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, sont repartis à la hausse

afp.com/Gerard Julien

 

Une hausse inquiétante. Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, ont augmenté au premier trimestre de 2013, a noté le Conseil français du culte musulman (CFCM). « Ce sont 50 actes anti-musulmans qui ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie pour le 1er trimestre 2013, contre 40 pour la même période en 2012, soit 25% d’augmentation », selon un bilan de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Dans un précédent bilan, cet organisme qui dépend du CFCM avait enregistré quinze actes anti-musulmans en novembre 2012 et onze le mois suivant. Au total, 201 actes anti-musulmans (53 actions et 148 menaces) ont été enregistrés en 2012 (155 en 2011), soit une hausse de 28 %. Entre 2011 et 2010 la hausse était de 34 %.

La « cyberhaine » pointée du doigt

« La montée d’un certain radicalisme islamique qui nuit d’abord aux citoyens français de confession musulmane » mais aussi « la promotion de discours franchement populistes de certains leaders d’opinion », sont notamment à l’origine des actes islamophobes, analyse le président de l’Observatoire, Abdallah Zekri, qui note une « forte hausse de la cyberhaine ».

« La cyberhaine, notamment via les courriels en chaîne, est à l’origine d’une propagation de mensonges envers les musulmans et l’Islam », dénonce-t-il en remarquant que « dans un grand nombre de ces courriels, l’Islam est associé exclusivement au terrorisme, à l’extrémisme et à une menace pour d’autres cultures ». Abdallah Zekri appelle une nouvelle fois le président François Hollande à « déclarer la lutte contre l’islamophobie cause nationale, comme il l’a fait pour la lutte contre l’antisémitisme ».

http://www.lexpress.fr/

 

Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif

halal verif certificateur halal

L’union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a annoncé avoir créé une nouvelle certification baptisée Halal Verif.
Lancé le 2 mars lors d’un congrès sur l’électronarcose à Montreuil, ce certificateur halal va venir s’ajouter à la déjà longue liste de certificateurs halal en france.
Le secrétaire général d’UAM 93, M’Hammed Henniche, explique que Halal Verif  « est né de la volonté de l’UAM 93 de s’intéresser plus sérieusement à la problématique du halal en France » et de lutter contre « le faux halal, les certifications de complaisance et le mépris du consommateur musulman. »
Si le certificateur ne certifie pour l’instant aucun produit halal, la ligne de conduite est déjà claire : « Nous ne voulons pas que cet organisme soit soumis à la loi du marché ou aux avis des uns ou des autres mais qu’il soit endossé à un organisme de savants-experts en halal qui lui fixe une ligne de conduite »
Et vous, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que la multiplication des certificateurs soit une bonne chose pour le halal en France ?
http://alimentation.al-manakh.com

Halal : Koft s’implante en France

Par Catherine HEURTEBISE

À l’occasion de Halal Expo, le leader algérien du surgelé annonce son implantation en France, avec une gamme halal 100% production française.

Halal : Koft s'implante en France

Koft, entreprise leader sur le marché algérien des produits surgelés (*) vient d’annoncer, à l’occasion de Paris Halal Expo (les 9 et 10 avril, son implantation en France. La marque lance une gamme une gamme de produits surgelés halal mais aussi de produits frais couvrant la boucherie, la charcuterie, les plats cuisinés et les pizzas.

Koft a fait le choix de s’approvisionner et de faire fabriquer ses produits exclusivement en France. les produits sont certifiés par l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon. Koft sera présente à la fois en grande distribution, dans le commerce traditionnel et dans la restauration hors domicile. Dans le contexte du scandale de la viande de cheval, la marque propose aux consommateurs une solution de traçabilité en ligne pour chaque lot commercialisé et une transparence totale sur le processus de fabrication.

Koft cible les Musulmans de France et plus largement tous les consommateurs soucieux de l’origine des produits et exigeants sur la traçabilité des étapes du processus de production. La marque vise également les marchés d’export (autres pays d’Europe et Moyen-Orient notamment).

Le marché français des produits halal est estimé à cinq milliards d’euros (source Cabinet Solis). Il poursuit son essor en termes d’offre produits et de référencement notamment en GMS.

(*) Koft, fondée en 2006, emploie 140 collaborateurs et a réalisé en 2012 un CA de 10 millions d’euros pour 70% de parts de marché annoncées. La marque est distribuée sur l’ensemble des 48 wilayas du territoire algérien.

http://www.e-marketing.fr

Au fait, c’est quoi le halal ?

Marine Le Pen ouvre une polémique sur la viande halal. Petites explications sur le rituel d’abattage musulman.

Viande halal. (CAPMAN/SIPA)

Viande halal. (CAPMAN/SIPA)

Qu’est ce que le « halal »?

Au regard de l’islam, le terme « halal » désigne littéralement tout ce qui est licite pour le musulman. Dans la pratique, l’adjectif « halal » concerne généralement les aliments autorisés aux fidèles. Les viandes de tous les ovins, bovins, caprins et camelins sont admises, mais aussi celles de cheval, de volaille et de lapin. Tout ce qui provient de la mer est également toléré.

Le halal s’oppose à ce qui est « haram », c’est-à-dire tout ce qui est interdit au musulman, comme la viande de porc.

Qu’est-ce que le rite d’abattage halal?

Pour qu’une viande soit déclarée halal, et donc propre à la consommation pour les musulmans, elle doit provenir d’une bête abattue selon une méthode rituelle précise, baptisée la « dhabiha ». En France, la « dhabiha » repose sur un certain nombre de principes :

  • La bête doit être vivante et avoir la tête orientée vers la Mecque.
  • Elle doit être consciente et ne pas être étourdie. Ce point suscite la polémique et est contesté par certains musulmans. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s’est par exemple prononcé en faveur d’un étourdissement des bêtes avant leur abattage.
  • Le sacrificateur doit être musulman et habilité par un organisme religieux agréé par l’Etat. Lorsqu’il égorge la bête, il doit prononcer les paroles sacrées suivantes : « Bismillah Rahim ouà Allah Akbar » (« Au nom de Dieu, Dieu est grand »).
  • L’égorgement doit être réalisé avec un couteau effilé pour faire une incision profonde et rapide. L’objectif est de couper les veines jugulaires et les artères carotides tout en évitant la moelle épinière, afin que les convulsions améliorent le drainage du sang. Le but de cette technique est de vider plus efficacement l’animal de son sang pour rendre la viande plus hygiénique.

Benjamin Roger – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com

Le halal sauve l’abattoir de Confolens

Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l'arrivée de nouveaux clients pour l'abattoir.

Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l’arrivée de nouveaux clients pour l’abattoir.. PHOTO/Photo archives CL

 

Deux mille tonnes la première année, quatre mille en perspective pour 2014. C’est Noël à Pâques pour l’abattoir de Confolens. Au pied du sapin printanier, un contrat avec la société Sovialim. Une entreprise de Guéret dans la Creuse, grossiste en viande halal pour les boucheries et la grande distribution.  »Nous sommes en phase de lancement, indique Mustapha Masri, le P-DG de l’entreprise familiale. Deux mille tonnes, c’est ce qu’il nous faut au minimum pour démarrer en étant crédibles sans chambouler l’organisation de Confolens. »

L’annonce de ce contrat salvateur pour l’abattoir en difficulté chronique a été faite jeudi soir en conseil de communauté de communes (CDC) par Guy Traumat, le président de la CDC. D’habitude prudent, l’élu avait le sourire, le boulet que constitue l’abattoir pour les finances de la communauté s’allégeant soudainement. Cerise sur le gâteau, le contrat qui sera signé dans les prochains jours engage les deux parties pour dix ans. Début de l’activité prévue dès la fin du mois.

 

Espoirs et inquiétudes

« Cette société aura un siège secondaire à Confolens », explique Guy Traumat. De quoi conforter les 32 emplois d’une structure qui a dangereusement tangué ces derniers mois, au point de procéder à 5 licenciements. En 2012, Confolens a abattu 8 500 tonnes de viande, contre 9 900 en 2011. Une chute d’activité de 14% qui a fait craindre le pire pour la structure. « Sovialim va donc représenter 20% de notre activité », reprend Guy Traumat, qui a toujours en tête les 441 000 euros de déficit cumulé de l’abattoir à la fin 2012.

Sovialim arrive donc comme un sauveur. Qu’il faudra accueillir – c’est dans le contrat – en procédant à quelques aménagements mineurs dans l’outil de travail – à hauteur de 10 000 euros – pour respecter les règles de l’abattage rituel.  »Ces aménagements n’auront aucun impact sur l’organisation de l’abattage pour la clientèle actuelle », assure Guy Traumat.

À Confolens, on est ravi de la concrétisation d’un tel contrat. Mais une crainte apparaît: que l’activité halal fasse naître polémiques et cris d’orfraie. « Des associations se font un malin plaisir de contrer ce genre d’activité, sans même savoir pourquoi », regrette Didier Vial, le directeur de l’abattoir. Il croise les doigts.« Pour nous, c’est une aubaine. Ça conforte notre activité, les emplois. J’espère que ça va bien se passer. »

Car en France, alors que cette économie est en plein boom, le débat autour du halal vire souvent à l’hystérie. Une hystérie qui a atteint son paroxysme lors de la dernière campagne de la présidentielle avec la polémique lancée par Marine Le Pen. La présidente du Front national avait affirmé que toute la viande abattue en Ile-de-France était halal et que le consommateur était trompé. Un soupçon vite éteint, d’autant que les abattoirs d’Ile-de-France produisent moins de 5 000 tonnes de viande par an. C’est-à-dire deux fois moins que le seul établissement de Confolens.

Didier Vial, qui espère bien que sa structure sera épargnée par toute polémique de cet ordre, a déjà des clients qui lui réclament du halal. Les filières sont séparées. Chaque méthode a sa traçabilité.

 

Retour à l’équilibre?

« Notre activité se fait en toute transparence, rassure d’ailleurs Mustapha Masri, le P-DG de Sovialim. Tout ce que nous faisons se fait en accord avec la loi. Il n’y a rien d’extraordinaire. »

Propriétaire avec ses frères de boucheries à La Roche-sur-Yon (Vendée), Guéret et Montluçon (Allier), Mustapaha Masri, 36 ans, complète avec Sovialim l’éventail de son activité. « Nous serons grossiste pour des boucheries et la grande distribution. Aujourd’hui, il y a une demande et nous allons essayer d’y répondre. »Mustapha Masri lance tout juste cette branche. Sovialim, qui commandera à Confolens de la viande bovine, caprine et ovine, n’a été inscrite que le 25 mars dernier au registre du commerce de Guéret.

Pour Confolens, l’heure des vaches maigres pourrait donc appartenir au passé. D’autant que jeudi soir, Guy Traumat a annoncé une seconde bonne nouvelle: une entreprise, cliente actuelle de l’abattoir, a un flux d’activité « bovin » avec une filiale du groupe Leclerc en Bretagne spécialisée dans l’abattage, la découpe et la transformation de produits carnés. Dans un souci de diversification de son approvisionnement, cette société pourrait faire affaire avec Confolens. Elle a déjà procédé à un audit de l’abattoir et des tests vont suivre. « C’est en bonne voie », se contente de dire Guy Traumat qui livre quand même un chiffre: le tonnage atteindrait 2 000 tonnes pour Confolens. Avec, si tout va bien, un début d’activité dès cet automne. De quoi entrevoir un résultat pour l’exercice 2013 à l’équilibre, voire même positif, ce qui n’était pas arrivé depuis des années.

L’abattage halal implique d’abord d’égorger un animal vivant. C’est souvent le principal sujet de polémique. L’animal doit être « saigné », c’est-à-dire égorgé. Ses artères carotidiennes et ses veines jugulaires doivent être finement et nettement tranchées en laissant sa moelle épinière intacte. Par ailleurs, sa tête doit être tournée vers La Mecque lors de l’abattage. Enfin, la viande halal ne doit ensuite plus être en contact avec une autre viande.

Quatre embauches à Ruffec

À chacun sa recette pour sauver sa tête. L’abattoir de Ruffec, qui a fini l’exercice 2012 avec un déficit cumulé de 1 162 000 euros, a dégainé le premier avec Sodiporc. La PME angoumoisine a signé un engagement administratif de 2 200 tonnes minimum et un engagement d’exploitation de 5 500 tonnes à l’année. Cet apport doit permettre de doubler le tonnage actuel de l’abattoir assuré à 83% par la société Lévesques (3 800 tonnes par an, essentiellement en bovins).

Sodiporc débute ses premiers tests la semaine prochaine. « Ils devraient commencer à abattre à la mi-avril avec une montée en puissance progressive », indique Bernard Charbonneau, le maire de Ruffec. La municipalité a engagé 600 000 euros d’investissements: 450 000 euros dans la remise en service de la chaîne « porcs » et 150 000 euros dans la remise aux normes sanitaires de l’abattoir. « C’est une grosse réhabilitation. On n’a pas le droit à l’erreur quand on s’engage », poursuit l’élu. Le conseil municipal de Ruffec a décidé de « mettre le paquet » en 2013 sur cet outil « pour sauver des emplois » et même en créer quatre nouveaux: des postes d’ouvrier.

L’abattoir, qui fonctionne toujours en régie municipale, compte désormais une trentaine de salariés.

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A table, le PSG la joue bio et halal

B.M.

Le PSG ne laisse rien au hasard. « Ouest-France » a dévoilé les consignes que laisse le club de la capitale aux hôtels qu’il fréquente lors de ses déplacements. Un cahier des charges draconien.Paris bannit ainsi de ses menus la margarine, la mayonnaise ou les fritures.

Le chef qui accompagne l’effectif professionnel supervise également les équipes locales pour vérifier que les pâtes sont parfaitement al dente. Le club demande que les viandes soient bio, les produits de la mer frais et que les œufs, bio également, soient pondus par des poules élevées en plein air. « Merci d’identifier et étiqueter chaque aliment du buffet afin que les joueurs puissent les identifier », indique également la note, qui précise : « Cinq de nos joueurs mangent exclusivement de la viande halal. Nous vous demandons de prévoir cinq portions de poulet halal et de bœuf halal pour notre séjour. »

La principale crainte du PSG semble être la consommation des légumes. « Ils doivent être l’objet de toute notre attention, car c’est dans ce groupe alimentaire que nos joueurs se fournissent le moins, souligne le PSG. Nous aurons besoin de votre soutien dans l’organisation de la salle et dans l’élaboration des menus afin d’encourager la consommation de ces produits. » L’alcool est bien évidemment interdit lors des repas, mais le club demande aussi que les minibars des chambres soient uniquement fournis en eau, jus de fruit ou sodas. Les joueurs peuvent en revanche profiter de fruits frais et coupés disponibles à tout moment près de leur lit.

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Chasse au voile : une entreprise de purification nationale

Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS

Cela fait plusieurs décennies que la France est engagée dans une chasse aux sorcières qui se fait chaque jour plus insidieuse, plus implacable.

Le récent scandale provoqué par l’arrêt de la Cour de cassation, dans le litige qui oppose à son employeur une femme licenciée d’une crèche pour avoir refusé d’enlever son voile, n’en est que le dernier rebondissement.

Comme dans chacun des épisodes précédents, la réaction dans les médias est quasi unanime et présente la laïcité comme une citadelle assiégée par l’islam.

L’ex-présidente de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), Jeannette Bougrab, estime que « la dernière digue a cédé » et que la république est menacée.

Un groupe d’intellectuels réclame déjà à cor et à cri un aménagement du droit pour étendre la laïcité au secteur privé (sic) et interdire aux femmes dites voilées l’accès aux professions de la petite enfance. Comme en écho, le Défenseur des droits réclame une « clarification » de la loi et le gouvernement s’est dores et déjà dit prêt à en examiner l’opportunité. Une loi de plus sur le voile ?


Une femme voilée à Vénissieux, en 2009 (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP)

Des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires

L’acharnement dans la traque du voile ressemble au jeu cruel d’un enfant qui arrache une à une les ailes d’une mouche. Après que l’on eut exclu des jeunes filles des collèges publics et incité – au nom de la laïcité et du refus du communautarisme – à les enfermer dans des écoles musulmanes, des mères ont été interdites d’accompagnement des sorties scolaires, puis décrétées indésirables à la porte des écoles.

Le foulard a été proscrit des photos des pièces d’identité, signe s’il en est de l’appartenance nationale. Ecoles, crèches, hôpitaux, police, administrations, services parapublics doivent être purgés de leurs femmes voilées et le secteur privé emboîte le pas.

Ces femmes voilées devraient disparaître de la vue du public, et particulièrement des jeunes enfants, comme si elles constituaient une intolérable obscénité. Les universités ne sont pas en reste, qui déjà sont tentées de faire enlever leur foulard aux étudiantes.

La burqa a été bannie de l’espace public au terme d’un gigantesque emballement médiatico-politique pour quelques centaines de cas recensés : une unanimité facilement acquise derrière un gouvernement engagé dans la promotion de l’identité nationale.

Une chanteuse (Diams) a été traînée dans la boue par la presse pour avoir discrètement posé un bonnet sous sa capuche de rappeuse, et les dénigrements les plus virulents émanaient d’une secrétaire d’Etat l’accusantd’être « un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires ».

Une militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a subi la même campagne houleuse qui a tenté de l’empêcher de présenter sa candidature à des élections… La liste continue à s’allonger des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires – droit à la scolarisation, droit au travail, droit d’accompagner leurs enfants à l’école, éligibilité – pour une pièce de tissu recouvrant leurs cheveux.

Derrière le voile, une religion : l’islam

Derrière le voile, une religion : l’islam. La laïcité ne serait plus la séparation de l’Etat et de la religion, elle ne serait plus la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, ni ce principe visant à garantir le droit de pratiquer le culte de son choix et le droit d’exprimer librement ses convictions.

Dans son nouvel habillage, la laïcité devrait extirper toute manifestation de la religion (c’est-à-dire de l’islam) d’une sphère publique qui s’avère à géométrie variable, puisqu’il s’agirait non plus seulement de l’extirper de l’Etat, mais de l’espace public (pourtant lieu par excellence de l’expression de la liberté d’expression) et désormais du secteur privé.

Le droit ne le permet pas ? Il n’y a qu’à le détourner. « Aux élus de nous sortir de la confusion » dit l’appel « pour une loi sur les signes religieux ». « Notre loi doit impérativement être modifiée […] nous en appelons au législateur. »

Par petites touches, en prenant le prétexte des signes religieux, qui fait illusion malgré son caractère ouvertement fallacieux, une législation dérogatoire pour l’islam se fabrique, comme au temps des colonies, lorsqu’il fallait surseoir au principe fondateur du droit français depuis l’abolition des privilèges en 1789 – l’égalité de tous devant la loi – pour doter les « indigènes » d’un statut particulier.

L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une république laïque

Faut-il rappeler que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’est jamais appliquée dans les trois départements de l’Algérie « française » et que la « république laïque » a substitué à la catégorie « indigène » celle de Français musulman d’Algérie (FMA) pour restreindre les droits de ceux qu’elle désignait ainsi jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie et au-delà ?

Cette histoire n’est pas si ancienne. C’était alors la République qui imposait une censure sévère sur toute expression critique de sa politique coloniale. Alors que la question du foulard n’en finit pas de rebondir pour servir de prétexte à de continuelles restrictions de l’expression de l’islam dans la société française, c’est l’islam qui est très directement accusé de constituer une menace pour la liberté d’expression.

Une telle rhétorique fondée sur l’inversion fantasmatique des rapports réels est une caractéristique récurrente des politiques d’oppression. L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une République laïque était il y a trente ans portée, au mieux, par quelques dizaines d’intellectuels qui s’exprimaient constamment dans les médias. Ils partageaient en cela parfaitement les idéaux des mouvements intégristes qui prenaient de l’ampleur dans le monde à la même période.

L’idée a gagné les médias

C’est une idée qui a largement gagné les médias, et ceux-ci multiplient les sondages visant à montrer qu’elle est désormais répandue dans les deux tiers, voire les trois quarts de la population française. Depuis trente ans cependant, toutes les études sérieuses ont montré que les musulmans en France ne se distinguaient pas par leurs opinions des autres citoyens et adhéraient en particulier massivement au principe d’un Etat laïc.

N’est-ce pas la « République », par la voix de ceux qui s’en revendiquent les défenseurs, qui proclame son incompatibilité avec l’islam, avançant chaque jour d’un cran dans la violence verbale et symbolique, exigeant sans cesse de nouveaux dispositifs juridiques ? Que l’islam soit une menace pour la France était jadis l’un des slogans du Front national. Ce temps semble déjà très loin.

Des intellectuels ont depuis largement pris le relais pour accréditer cette idée, avec une efficacité bien plus redoutable, et une agressivité qui ne cesse de s’amplifier.

Sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes

Certains de ses mouvements, de ses courants et de ses figures intellectuelles tentent de faire du féminisme un appareil idéologique d’Etat, pièce maîtresse de l’idéologie de l’identité nationale qui s’érige sur le culte de la république et le rejet symétrique de l’islam. La sacralisation de la laïcité et sa production en slogan politique déconnecté de ses ancrages juridiques historiques est le dispositif central de cette collusion.

Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

Le féminisme des années 70 se donnait comme objectif d’émanciper les femmes, toutes les femmes. Ce n’est plus le cas de certains courants du féminisme contemporain qui, en s’adossant à l’Etat, prononcent des excommunications et secrètent des figures de sorcières malfaisantes.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates, ces salopes ? Les prises de position médiatiques se déchaînent : lorsqu’elles ne sont pas victimes ou aliénées, c’est qu’elles sont comploteuses, manipulatrices, dangereuses.

De la femme qui refuse de se soumettre à la salope, la prostituée, il n’y a jamais qu’une frontière ténue, car la femme scandaleuse est par définition celle qui échappe aux prescriptions et ne se cantonne pas à la place qui lui est assignée.

Et dans les campagnes médiatico-politiques qui se déploient, il en va effectivement des femmes voilées comme des prostituées : au nom de la laïcité, au nom de l’égalité homme-femme, au nom de la république, cette nouvelle Trinité du « bien », la frénésie qui tente de les faire disparaître de la vue en prétendant les arracher à leur soumission, cette frénésie ne semble connaître aucune limite.

Ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits

Cette frénésie a un nom, et ce nom est particulièrement inquiétant : c’est une véritable entreprise de purification nationale qui peu à peu s’est mise en place à partir de la première « affaire du voile » des années 90. Et il serait temps d’en prendre conscience, car il ne peut y avoir aucune limite à une telle entreprise de purification.

Son objet étant fantasmatique, la poursuite de son éradication ne pourra trouver aucune borne. A l’invention de quel genre de bûcher va-t-on assister demain pour brûler ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits ?

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Un « lycée musulman modèle », ça ressemble à quoi ?

Chloé Andries  Journaliste

La cour du lycée Averroès cet hiver (Chloé Andries)

Oubliez les très chics Henri IV et autres Louis-le-Grand  : en 2013, le meilleur lycée de France serait un lycée… musulman, de la banlieue populaire de Lille. C’est en tout cas le résultat du palmarès 2013 du Parisien, qui place le lycée Averroès, seul établissement secondaire privé musulman sous contrat avec l’Etat depuis 2008, en tête du classement hexagonal.

Passons sur la pertinence toute relative de ce genre de classements. Ce qui nous intéresse est ailleurs  : depuis une semaine, une pluie d’élogess’abat donc sur ce lycée, que l’on présente plus que jamais comme un modèle de réussite scolaire.

L’UOIF, Union des organisations islamiques de France, à l’origine du projet, a bien pris soin de placer son lycée modèle en tête de gondole de son dernier rassemblement au Bourget, le week-end dernier.

L’affaire du voile, le déclencheur

Drôle de paradoxe, à l’heure où les débats sur le foulard reprennent de plus belle sur d’autres fronts. Car c’est précisément l’exclusion d’une vingtaine de lycéennes voilées de lycées publics lillois au milieu desannées 1990 qui a servi de déclencheur à la création du lycée Averroès, en 2003.

Niché au sein-même des locaux de la mosquée de Lille Sud, le micro-établissement accueillait alors une dizaine de lycéens, dont certaines jeunes filles voilées exclues du public, que l’imam des lieux, Amar Lasfar, membre de l’UOIF, avait pris en charge dès les années 1990.

Soupçons de fondamentalisme, peur d’une école ghetto née paradoxalement de l’exclusion de filles voilées au nom de la laïcité ; parmi les Lillois, y compris musulmans, le projet était loin de faire l’unanimité.

50% de boursiers, 100% de réussite au bac

Dix ans plus tard, changement de décor. Finie l’époque des salles de classes coincées à l’ombre de la mosquée. Le lycée a déménagé dans des locaux flambant neufs, 5 000 m² d’un ancien centre de formation dans le quartier de Lille Sud, et affiche des chiffres de réussite à faire pâlir plusieurs lycées cathos de la région  :

  • 100% de réussite au bac, dont 70% avec mention ;
  • des frais d’inscription de 800 euros par an et par élève, avec une moitié de boursiers ;
  • au total, ce sont 290 lycéens (filières L, S, ES et STMG) qui sont scolarisés à Averroès.

L’établissement, qui mise sur l’encadrement et le goût de l’effort, a d’ailleurs ouvert une cinquantaine de places en collège à la dernière rentrée, et le succès est tel que l’équipe enseignante n’aura que l’embarras du choix parmi les 300 à 400 dossiers de demande d’inscription attendus pour la rentrée prochaine.

Entre-soi communautaire

Dans la cour de l’école, en fin d’après-midi, les gamins sont boutonneux comme ailleurs, un garçon et une fille un peu gauches se taquinent, les deux tiers des lycéennes sont voilées, certaines bien plus couvertes que d’autres, quand le reste des élèves portent la tête nue.

Samia (les prénoms des élèves ont été modifiés) est en 1ère. Comme beaucoup de ses camarades, elle vient d’une école catho.

«  Mes parents trouvent que dans le privé, t’es plus encadré, t’as plus de chances de réussir. Mais dans le catho, même si j’avais des copines, je ne me sentais pas toujours dans le même délire que les autres. Cette année, au lycée Averroès, je me sens vraiment bien. Ici, on est comme dans une petite famille, on a les mêmes valeurs. On sait qu’à la sortie personne ne va fumer, on mange halal, ceux qui le souhaitent peuvent aller prier dans la salle de prière… »

Sa copine Nadia vient quant à elle surtout pour pouvoir porter son foulard… et pour le niveau :

« Moi je suis ici car je peux laisser le voile, c’est important pour moi. Mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, de moins en moins de filles le portent et franchement, la religion, c’est pas notre sujet de conversation favori. Mes parents voulaient aussi que je vienne à Averroès pour sa réputation. Ici, tous les professeurs nous connaissent, on sent qu’ils sont derrière nous, qu’ils nous motivent. »

Entre-soi communautaire et intégration

Ici, les garçons et les filles mangent dans des réfectoires distincts, et les cours de sport ne sont pas mixtes. Les lycéennes racontent :

« On a aussi un prof qui refuse que les filles s’asseyent à côté des garçons. Mais bon, on le laisse dire et l’heure d’après, on change de place. »

Mais le lycée ne vit pas non plus renfermé sur lui-même, les sorties culturelles proposées aux élèves sont nombreuses, de la visite de musées majeurs à la signature d’un contrat avec la Rose des Vents, principal théâtre de la métropole, permettant aux élèves d’assister aux spectacles et de rencontrer les artistes.

Ecole d’excellence, cadre musulman, ambiance d’entre-soi communautaire doublée d’une volonté d’intégration : c’est ce mélange particulier qui fait le succès du lycée aujourd’hui.

Génération réislamisée

En 2010, un rapport de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et de l’IISMM (Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman) dressait un tableau des écoles privées musulmanes de France (il en existe plus d’une vingtaine aujourd’hui, mais pas sous contrat avec l’Etat).

Il pointait globalement trois facteurs de développement de ce type de structures, qui collent parfaitement à la situation du lycée Averroès  :

  • L’offre idéologique  : l’action des Frères musulmans

Les Frères musulmans en Europe, représentés par l’UOIF, sont à l’origine d’au moins la moitié des projets d’établissements dans l’Hexagone, mus par une volonté de préserver l’identité musulmane des communautés immigrées et de « réislamiser  » les jeunes générations, pour créer une «  citoyenneté musulmane  », à la fois intégrée dans la société et gardant sa spécificité religieuse.

Leur action militante s’est traduite d’abord par la construction de mosquées et l’organisation de séminaires religieux. La construction d’écoles est vue comme une étape supplémentaire dans cette dynamique de réislamisation.

  • La crise de l’école publique  : produit d’appel

Pour les auteurs du rapport :

« La progression de l’enseignement privé musulman dans le paysage scolaire français paraît inéluctable au regard de l’accroissement de la part de la population qui s’identifie comme musulmane. De plus, cette demande est clairement activée par la “ crise ” de l’enseignement public, qui touche particulièrement les banlieues où résident majoritairement les publics potentiels de ces établissements, au point que cette crise fournit un fort produit d’appel pour ces derniers. »

Dans ce contexte, les écoles privées s’affichent comme des lieux d’excellence, même si, au fil du temps, « le dilemme extension versus élitisme » se pose.

  • Le voile  : le déclencheur

Dans beaucoup de cas de création d’écoles privées, la loi sur le voile, en 2004, a servi de déclencheur ou de catalyseur à cette réflexion. Mais le problème généralement observé dans ces structures, c’est le manque de moyens et souvent aussi le manque d’ouverture.

Et c’est ce qui distingue aujourd’hui le lycée Averroès d’autres établissements musulmans  : en développant de bonnes relations avec les politiques et pouvoirs publics locaux, en prônant l’ouverture à tous dès sa création, le lycée a pu signer un contrat d’association avec l’Etat, ce qui a fait passer son budget de 120 000 à 400 000 euros.

Et le directeur de l’établissement, Hassan Oufker, tient à garantir cette ouverture :

«  Dès l’origine, notre philosophie a été l’ouverture à tous. Même si l’affaire du foulard a déclenché la réflexion, nous ne voulions pas en rester à cet aspect des choses. Si au départ, les parents mettaient leurs enfants ici pour des raisons d’encadrement musulman, le public s’est progressivement diversifié, grâce aux bons résultats du lycée et à la signature du contrat avec l’Etat.  »

« Ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir votre famille »

L’équipe enseignante accueille d’ailleurs quelques profs non musulmans. C’est le cas de Mme Houdinet, prof d’anglais, arrivée en septembre dernier.

«  Auparavant, j’enseignais en Angleterre dans des établissements multiculturels. En revenant dans le Nord, j’ai vu que ce lycée existait. Je voulais découvrir la communauté musulmane de l’intérieur, alors j’ai envoyé ma candidature spontanée.

Je me souviens que lorsque j’ai rencontré le directeur, je lui disais “ mais vous savez, je ne suis pas musulmane ”. Lui ne voyait vraiment pas le problème. Franchement, si j’avais eu l’impression d’arriver dans une communauté de barbus intégristes, je serais partie  !  »

En ce qui concerne les cours d’éthique musulmane – 1 à 2 heures par semaine, optionnelles, mais suivies par 85% des étudiants –, Hassan Oufker insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de traiter de religion pure, et de ne pas imposer telle ou telle position aux élèves  :

«  Pour la religion, il y a la mosquée  ! Nous, nous sommes une école, notre mission c’est la formation des élèves. D’ailleurs, la sécularisation est une très bonne chose pour l’islam. On sait bien que chez les musulmans, la religion prend une très grande place. Mettre du religieux partout est source de distance entre les gens.

Nous invitons plutôt les jeunes à lever le pied. Ce que je leur dis, c’est qu’à 35 ans, ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir leur famille  !  »

Faire oublier les dérapages

Soucieux de conserver son image d’ouverture, le lycée Averroès tente aussi de faire oublier un coup de canif dans son histoire modèle. En 2004, Hassan Iquioussen, prédicateur de la mosquée d’Escaudain, dans le Nord, et aussi professeur d’éthique musulmane à Averroès,avait enregistré une conférence sur la Palestine, dans laquelle il traitait les juifs «  d’avares  » et «  ingrats  », et les voyaient comme des comploteurs contre l’islam.

Depuis, le prédicateur s’est excusé, et la direction de l’établissement estime le sujet clos. Hassan Iquioussen accompagnait encore les élèves en voyage de classe en Turquie en mars 2012, et des élèves de Terminale suivaient une de ses conférences en décembre 2011. Mais « il n’intervient plus désormais à Averroès », selon Hassan Oufker. Motif invoqué : « Il s’agit de raisons d’emploi du temps  ».

Et dans la cour de récré, rien qu’à regarder la longueur des différents foulards, on perçoit en filigrane qu’un autre défi de l’équipe d’Averroès aujourd’hui est de faire cohabiter un public varié dans ses attentes religieuses, tout en poursuivant son ouverture aux non musulmans, qui boudent encore ce lycée.

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Les Interdits alimentaires dans le Judaïsme, le Christianisme et l’islam

Écrit par Ilyess

Quelle est la portée des interdits alimentaires dans les textes bibliques et coraniques? Que signifie la saignée et comment expliquer les rites qui la caractérisent? Quelle valeur représente le sacrifice animal aux yeux de l’homme qui s’en nourrit?

Dans ce travail, de recherche rigoureux et accessible, Yahya Deffous ne se contente pas d’apporter des réponses à ces questions philosophiques, scientifiques et spirituelles fondamentales ; il propose au contraire à chaque lectrice et chaque lecteur de prendre part à une profonde réflexion.

Du fruit défendu aux interdits qui régissent le sacrifi­ce d’animaux, cet ouvrage est un véritable document qui foisonne d’explications scientifiques, religieuses et historiques sur les liens entre alimentation, éthique et comportements humains.

L’auteur nous guide avec force et conviction sur les sentiers de la différence et nous conte, à la lumière de la bible et du coran, les pratiques d’abattage dans le judaïsme, dans le christianisme et dans l’Islam.

D’un regard sensible porté sur l’animal et exigeant porté sur l’homme, il interpelle nos propres conscien­ces et notre sens de la responsabilité envers la bête sacrifiée devenue viande de consommation.

Yahia Deffous est docteur vétérinaire; Docteur en sciences (doctorat en physico-chi­mie biologique médicale et paramédicale à l’école vétérinaire d’Alfort-université de Créteil); Qualiticien auditeur qualité; Ancien vétérinaire de recherche de l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort; Chercheur vacataire de L’INSERM, Vétérinaire de l’inspection vacataire à la direction départementale des services vétérinaires de l’EURE et LOIRE et des Yvelines; Directeur technique d’institut et de laboratoire a Saint Denis; Expert auprès du tribunal de Versailles.

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Islamophobie: trois victimes sur quatre ne portent pas plainte

Ricardo Gutiérrez

Un « Livre blanc » dresse l’état des lieux de l’islamophobie en Belgique francophone. Trois victimes sur quatre ne donnent aucune suite aux discriminations ou violences subies. La nouvelle plateforme associative musulmane Muslim Rights répétera l’exercice chaque année.

J’étais à l’arrêt de bus avec une autre amie aussi convertie et on attendait le bus pour aller chez moi. De jeunes hommes sont arrivés et voyant qu’on était des Belges devenues musulmanes avec un foulard, ils nous ont arrachés le foulard et nous ont traitées de ‘collabos’. On a eu tellement peur et nous ne savions pas ce que nous avions fait pour mériter ça » Le Livre blanc de l’islamophobie, publié ce jeudi, par la nouvelle plateforme associative Muslim Rights, s’ouvre sur le témoignage de Virginie, une jeune musulmane de Charleroi.

C’est la force de ce premier état des lieux : il est basé sur près de 600 témoignages concrets de citoyens de confession musulmane qui s’estiment discriminés en raison de leur religion. Quel bilan tirer des 576 faits enregistrés ? Muslim Rights tire quatre grandes conclusions de son enquête :

1. Les femmes sont davantage ciblées. Globalement, deux personnes discriminées sur trois (61,8 %) sont des femmes, et la proportion monte même à trois sur quatre si on s’en tient aux faits portant sur les pratiques vestimentaires.

2. Les jeunes sont davantage visés. L’enquête montre que deux personnes discriminées sur trois (62 %) sont des jeunes de moins de 30 ans. A peine 2 % des cas concernent des citoyens musulmans âgés de plus de 49 ans.

3. La discrimination à l’emploi est banalisée. C’est dans le domaine de l’emploi que les discriminations sont les plus courantes, après les agressions verbales et les manifestations de haine via internet ou les médias : 33 % des témoignages portent sur des refus d’embauche, de stage ou de promotion justifiés par la conviction religieuse des victimes.

4. Les victimes ne portent pas plainte. Enfin, l’enquête montre que trois personnes s’estimant victime d’islamophobie sur quatre (74,8 %) restent sans réaction. A peine 3 % signalent les faits au Centre pour l’égalité des chances, et 4 % portent plainte en justice ou auprès de la police. A noter : le succès relatif des procédures de médiation ou de conciliation (18 % des victimes optent pour cette voie).

A lire : la version intégrale du « Livre blanc sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone »

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