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« Je m’appelle pas Ben Laden ! » ou l’islamophobie expliquée aux enfants

Par: Lisa Serero

À l’approche des dix ans du 11 septembre, une bande dessinée pour enfants revient sur l’amalgame entre islam et islamisme qui a suivi cet événement marquant. Entretien avec Bernard Chambaz, auteur de la BD.

L’histoire raconte l’amitié déchue de deux new-yorkais, Nassir et John, âgés de dix ans le 11 septembre 2001. L’un est musulman, l’autre est de religion baptiste. Après l’effondrement des tours jumelles, John commence à éviter Nassir, ses parents lui ayant interdit de fréquenter des « Arabes ». Dix ans plus tard, Oussama Ben Laden est exécuté. Nassir se demande si les choses peuvent enfin redevenir comme avant. Destiné aux enfants à partir de huit ans, l’album s’appuie sur des faits réels et s’accompagne de documents d’époque afin d’apporter des points de repère.

Comment est née l’idée de cet album pour enfants ?

En évoquant les « dégâts colatéraux » du 11 septembre, notamment vis-à-vis des enfants d’origine arabe dans notre propre pays, nous nous sommes dit qu’un livre était nécessaire pour en parler à l’école ou au sein de la famille. Et relativiser le poids des discours officiels.

À quelle tranche d’âge s’adresse le livre ?

Je pense qu’il est accessible dès 8 ans, le cœur de l’école primaire, mais que tous les publics peuvent y trouver leur compte… D’autant plus que, parallèlement à l’histoire de cette amitié qui explose, on trouve dans l’album un récit historique en images qui resitue clairement les événements du 11 septembre et ceux qui y ont conduit.

Que pensez-vous que les enfants ont retenu du 11 septembre 2001 ?

Les jeunes lecteurs du livre sont nés en ce début des années 2000 si fortement marqué par le 11 septembre. Et je sais que si les enfants sont sensibles à tous les drames de la planète, ils sont aussi sensibles aux discours ambiants. Je pense qu’ils ont retenu du 11 septembre l’horreur d’une telle folie meurtrière bien sûr. Mais le fait de pointer du doigt à cette occasion arabes-musulmans-intégristes-terroristes, dans un insupportable amalgame, a aussi laissé des traces dans leur tête comme souvent dans celle de leurs parents.

Quel message avez-vous voulu faire passer ?

Dans mes livres, pour enfants ou pour adultes, je vise à offrir de la littérature qui mène à s’interroger sur soi et sur le monde, plus qu’à livrer un message. Mais j’espère bien que cette histoire va encourager les enfants à avoir une lecture plus nuancée, plus fine des événements. C’est la question décisive du rapport de l’histoire individuelle à l’histoire collective…

http://www.respectmag.com

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