Une nouvelle mosquée, des besoins croissants
François Fillon a prôné hier un « islam serein » et mis en garde contre les extrémismes. S. POUZET / 20 MINUTES
Religion Un lieu de culte musulman a été inauguré hier à Argenteuil, en présence du Premier ministre
Après plus de dix ans de négociations et de travaux, la troisième ville d’Ile-de-France a enfin son lieu de culte musulman. La mosquée Al Ihsân a été inaugurée hier, en présence de François Fillon. Un symbole fort, en plein débat sur le port du voile intégral : c’est la première fois qu’un Premier ministre se déplace pour ce type d’événement. Mais surtout un soulagement pour les 28 000 musulmans d’Argenteuil (Val-d’Oise), jusque-là contraints de prier dans des foyers.
Coupole et minaret
Le bâtiment de 5 300 m2, construit sur un ancien garage Renault, en impose avec sa coupole dorée et son minaret. Mais il a fallu bien de la patience à l’Institut islamique de France pour mener à bien ce projet. « Quand nous nous sommes lancés, les esprits n’étaient pas ouverts, rappelle Abdelkader Achebouche, président de l’association. Le premier permis de construire, obtenu en 1999, n’autorisait ni arcades, ni coupole, ni minaret. » Ce permis a été étendu en 2004, et la construction, entièrement financée par les fidèles, a pu commencer. La mosquée peut aujourd’hui accueillir 3 300 personnes, dont près de 1 700 dans la grande salle de prière.
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, a profité de l’événement pour dresser un état des lieux. « Il y a 2 000 lieux de culte en France pour 5 millions de musulmans, dont 850 000 participent à la prière du vendredi, a-t-il rappelé. Pour que l’image des fidèles priant dans la rue disparaisse à jamais, il faudrait doubler la surface de culte. » D’après Lhaj Thami Breze, président du conseil régional du culte musulman de l’Ile-de-France centre, des mosquées seraient en projet dans de nombreuses villes de la région. « Mais à peine sont-elles construites qu’elles ne suffisent plus, déplore-t-il. Le vendredi, il y a autant de fidèles dehors que dedans. Les projets mettent trop de temps à aboutir pour des problèmes de financement. » Un espoir, cependant : depuis une dizaine d’années, il est plus facile d’obtenir des permis de construire. « Avant, la mairie préemptait les terrains », soupire Lhaj Thami Breze. « Mais les pouvoirs locaux ont pris conscience du besoin, ce qui a permis de mettre en chantier de nombreuses mosquées, se réjouit Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris. On voit se construire un islam de France, avec les valeurs de notre société. »
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