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Archives pour 07/2010

Profanation. Le ministre de l’Intérieur à Strasbourg

Profanation. Le ministre de l’Intérieur à Strasbourg

strasbourg

Brice Hortefeux avec, à sa gauche, Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, devant une des tombes profanées.Photo Jean-Marc Loos

Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, mais aussi, pour l’occasion, des cultes, était hier à Strasbourg, quatre jours après les dégradations du carré musulman du cimetière nord de la capitale alsacienne.

Quelques jours après la lettre invitant les ministres aux économies, c’est en jet privé que Brice Hortefeux est venu, hier, passer 45 minutes à Strasbourg, pour participer au rassemblement de recueillement et de respect organisé par la grande mosquée de la ville après le saccage, dans la nuit de lundi à mardi, de 17 des 61 sépultures du carré musulman. « Obligation horaire. Le ministre tenait à être présent malgré son emploi du temps », justifiait son entourage.

« Je viens au chevet de la France »

Le ministre était accompagné de Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, mais aussi de très nombreux élus alsaciens, parlementaires, conseillers régionaux, locaux et municipaux, et également de représentants des cultes juif, protestant et catholique, parmi lesquels Monseigneur Grallet, archevêque de Strasbourg, dont c’était l’une des toutes premières apparitions publiques après sa convalescence.

Brice Hortefeux s’est d’abord rendu devant le carré musulman, où les traces de profanation étaient encore visibles. Dans son allocution, le ministre a ensuite martelé : « De tels actes sont, en réalité, une violation des valeurs de la République laïque dans laquelle nous avons choisi de vivre ». « En me rendant ici, aux côtés de la communauté musulmane, je viens aussi au chevet de la France. En effet, dès qu’une religion est attaquée, dès qu’une confession est visée, c’est la France tout entière, République laïque et respectueuse, qui s’en trouve blessée », a-t-il ajouté.

« Nous sommes attristés et émus lorsqu’un musulman est agressé en raison de son appartenance à l’Islam. Ce sont tous les religieux et tous les croyants qui sont attaqués. Bien plus, c’est l’homme au sens large qui est visé, dans ce qu’il a de plus digne », a déclaré, pour sa part, Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg, en rappelant les autres exactions récentes contre des lieux de culte : « Il en a été ainsi lorsque les tombes du cimetière israélite de Cronenbourg ont été profanées, il y a quelques mois. Il en a été ainsi lorsqu’un acte sacrilège a été commis, il y a peu, à l’église protestante Martin Bucer du quartier de Hautepierre… »

Intervention de Mohammed Moussaoui

Président du CFCM

Strasbourg, 2 juillet 2010

Monsieur Le Ministre, Monsieur Brice Hortefeux,

(…)

Mesdames et messieurs,

Nous sommes rassemblés, aujourd’hui, en ce lieu où reposent des femmes et des hommes de toutes confessions et de toutes conditions. Nos prières et nos pensées vont, tout particulièrement, vers celles et ceux dont les tombes ont été profanés. Que Dieu les comble de son Amour et de Sa Miséricorde.

Par notre présence, ici, en ce moment d’émotion, de recueillement et de mémoire, nous exprimons humblement, à leurs familles et leurs proches, notre compassion, notre soutien et notre solidarité.

Notre émotion est forte de nous retrouver, ici, partagés entre le souvenir de ces hommes et de ses femmes et  la grande tristesse de voir leurs mémoires souillées et profanées par des individus sans morale et sans conscience.

Faut-il encore le rappeler? Oui, nous sommes indignés par la triste série de profanations qui frappent nos mosquées, les tombes de nos morts et les stèles de nos soldats.

Monsieur le Ministre Hortefeux, le 9 mai dernier au cimetière Saint-Lazare de Tarascon, suite à la profanation de tombes de soldats morts pour la France, vous avez exprimé avec une grande émotion dans un moment de recueillement mémorable votre peine et votre révolte . Vous avez dit aux musulmans de France qu’ils ont le droit au respect, à l’égal de tous leurs compatriotes, et vous avez réaffirmé qu’ aucun acte antimusulman, aucune violence, aucune insulte, aucune attaque antimusulmane ne saurait être acceptée.

Aujourd’hui, votre présence, ici, témoigne une fois de plus de votre engagement dans la lutte contre ces actes inqualifiables dont les musulmans de France sont trop souvent victimes.

Monsieur Le Ministre, le 17 juin dernier, vous avez signé avec le Conseil Français du Culte Musulman une convention-cadre pour la mise en œuvre d’un suivi statistique et opérationnel des actes hostiles aux musulmans de France. Ce fut une première. Cette convention-cadre constitue la condition d’une meilleure prise en compte de la réalité d’un phénomène auquel ni les pouvoirs publics ni les représentants de l’islam de France ne sauraient se résoudre.

La profanation de ces tombes vient nous confirmer, hélas, l’intérêt de cette convention-cadre et l’importance que revêt la mission du dispositif qui sera mis en place.

La mobilisation que vous avez voulu totale, des services de police et de gendarmerie chaque fois que de tels événements se sont produits, a permis en 2009, d’interpeller 143 personnes, auteurs présumés de ces actes et de les déférer à la justice.

Nous savons que nous pouvons compter sur votre détermination et votre volonté pour combattre tous les individus et tous les groupuscules qui cherchent à attiser la haine, au mépris des principes et des lois de la République.

Monsieur le Sénateur-Maire, Monsieur Roland Ries, nous avons été profondément indignés par les dégradations, les inscriptions islamophobes et les menaces dont vous avez été victime en début de cette année.

Les auteurs de ces actes, ont cru pouvoir nuire à votre volonté de traiter la religion musulmane avec les mêmes égards que toutes les autres religions dans la ville de Strasbourg. C’est sans compter sur votre détermination et votre sens de justice et d’équité. C’est sans compter également, sur la solidarité fraternelle des représentants des autres cultes qui ont soutenu et continuent de soutenir les responsables musulmans dans leurs projets.

Devant cette détermination, ces individus se sont acharnés honteusement sur les demeures de ces défunts sans défense.

Faut-il voire, comme l’ont fait certains, dans la décision unanime du conseil municipal de Strasbourg de construire un cimetière public pour les défunts de confession musulmane, un prétexte à cette nouvelle agression.

En réalité quelque soient les raisons de cette agression, elle n’est que l’expression d’une haine innommable et d’un acharnement raciste et odieux qui n’ont pas leur place dans la République.

S’attaquer à une Eglise, à une Mosquée, à une Synagogue ou à un Temple, profaner une tombe, ne peut être que l’expression de la bêtise ou de la barbarie qui ignore les valeurs de respect et le principe du vivre-ensemble.

A chaque fois que la barbarie s’est exprimée à travers ces actes odieux, des femmes et des hommes épris de paix et de justice ont répondu par la condamnation sans appel et la solidarité sans faille. Le rassemblement de recueillement et de mémoire d’aujourd’hui en est la parfaite illustration.

C’est, pour moi, l’occasion de rendre un vibrant hommage et exprimer toute ma gratitude à tous nos concitoyens qui n’ont cessé d’apporter, dans la joie comme dans l’épreuve, leur soutien et leur solidarité fraternelle aux musulmans de France.

Mesdames et messieurs, chères sœurs chers frères, je saisis cette occasion pour rappeler que les Musulmans de France sont dans leur immense majorité des citoyens responsables qui respectent le pacte civique et adhèrent totalement aux valeurs qui régissent notre pays.

Je le dis et le redis, la crainte, légitime, de l’intégrisme ne doit pas se transformer, au prix d’amalgames douteux et injustifiables, en un rejet de l’islam et des Musulmans. Les Musulmans de France ne comprennent pas et n’acceptent pas que certains, ouvertement ou insidieusement, sèment le doute sur leur adhésion pleine et entière aux valeurs de la République.

Nous ne sous-estimons pas l’incompréhension voire le rejet que peuvent susciter certaines pratiques, au demeurant, marginales. Mais ses pratiques et ses comportements marginaux ne doivent pas conduire à la stigmatisation de la pratique musulmane dans son ensemble.

Les musulmans de France comme les pouvoirs publics doivent agir ensemble pour faire reculer ces pratiques et permettre à l’islam de modération et du juste milieu, porteur de valeurs de paix et de respect, de s’exprimer davantage et de participer pleinement à la construction du lien social et du vivre ensemble auquel nous sommes profondément attachés.

Je ferai mienne votre déclaration, monsieur le Ministre : « La France que nous aimons, la France que nous partageons, la France que, chaque jour, nous construisons ensemble, n’accepte pas et n’acceptera jamais aucune discrimination d’aucune sorte. Elle n’acceptera jamais de transiger sur le respect de ses lois et de ses valeurs ».

Sachons donc, quelles que soient nos convictions, quelles que soient nos croyances, quelles que soient nos origines, nous montrer dignes de ses valeurs et de les transmettre aux générations futures.

Unissons nos cœurs pour dire « non » à ceux qui sèment la haine et la barbarie. Unissons nos forces pour dire haut et fort « plus jamais ça ».

http://www.lecfcm.fr/

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Existe-t-il un scandale du faux halal ?

par Catherine Segurane

Pour savoir s’il existe un scandale du faux halal, il importerait d’abord d’avoir une définition précise de ce qu’est le halal, car une certification ne peut être fausse que par rapport à une norme.

On ne peut pas dire que le marché du halal soit un modèle de transparence. Les consommateurs laïcs en savent quelque chose, puisque même le ministère de l’Agriculture, dans une réponse à une question écrite, a répondu cyniquement que les professionnels n’ont pas l’obligation d’informer les consommateurs du mode d’abattage des animaux ; nous mangeons donc tous de la viande abattue rituellement sans le savoir, et le ministère s’en satisfait.
Mais le problème symétrique existerait aussi : tout internet bruisse de cette possible révélation : il existerait un scandale gigantesque du faux halal. L’assoctation CFCM TV a même constitué un dossier de presse sur le sujet, dossier qui mérite la lecture, même si, de façon totalement injuste, elle s’en prend on ne sait trop à qui, en insinuant qu’une réaction violente serait justifiée :

« Comment réagiraient les musulmans d’Europe quand ils sauront que ce qu’ils consomment en guise de viandes dites “halal” est une pure tromperie, une vaste escroquerie dont sont aussi victimes les populations d’autres pays arabes et/ou musulmans ? En ces temps de tensions et de crise, quelle serait la réaction des musulmans de France s’ils découvraient que les viandes qu’ils consomment n’ont rien de halal et sont très loin de constituer une alimentation saine ?

Sachant l’embrasement qu’ont connu les banlieues, ces deux questions permettent de toucher du doigt une réalité amère qui n’augure pas de lendemains sereins partout où la viande est cédée au nom du halal. »

Que faut-il croire de ces accusations de faux halal ? Nous examinerons cette questions sous trois angles, à savoir :
1 quelles sont les normes halal par rapport auxquelles certaines viandes seraient faussement certifiées ?
2 quelles sont les difficultés spécifiques au poulet ?
3 quels sont les enjeux économiques des exigences démultipliées de certains acteurs ?
QUELLES SONT LES NORMES DU HALAL ?
La République ne se mêlant pas de dogmes religieux, elle n’a pas défini de normes du halal, mais reconnait trois mosquées qui peuvent délivrer des cartes de sacrificateur.
Les normes du halal sont donc celles appliquées par ces mosquées. Celles-ci devraient, en principe, suivre le Coran, qui indique :
« Vous est permise la nourriture des Gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. »

Parmi les « Gens du Livre », il y a les chrétiens, qui n’ont aucune exigence rituelle en matière de nourriture. On ne voit donc pas trop, dès le départ, pourquoi il faut toutes ces revendications et ces dérogations aux règles classiques d’abattage.

Même pour l’abattage purement musulman, les règles coraniques ne sont pas excessivement complexes :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »

On ne voit là rien d’extraordinairement difficile à suivre. Même la bête assommée est expressément autorisée à condition qu’on l’égorge avant qu’elle soit morte, ce qui correspond à la demande de Brigitte Bardot.
Alors, pourquoi toutes ces questions ?
He bien parce que chaque secte et chaque association de consommateurs musulmans se veut plus rigoureuse que les mosquées, rajoute sa petite exigence et y va de son interprétation théologique, le but étant de trouver tous les autres certificateurs laxistes pour rester maître du marché.
LE PROBLEME SPECIFIQUE AU POULET
Il importe quand même de signaler le cas particulier du poulet.

Pourquoi le cas du poulet est-il aussi spécifique ? Pourquoi les accusations de faux halal lui sont elles quasiment consubstantielles ? Ou encore, dit autrement : pourquoi la filière poulet est-elle incapable, dans des conditions économiques normales, d’obéir à des normes halal dans leurs formes les plus strictes (ou les plus volontairement complexifiées) ?

Tout simplement parce qu’un poulet est un animal de petite taille. Si l’on paie une personne à effectuer un rituel sacrificiel pour chaque poulet individuellement, la cadence en est considérablement ralentie (contrairement au cas d’animaux de grande taille, pour lesquels l’accomplissement du rite est sans influence majeure sur la cadence).

Pour des raisons de rentabilité, l’abattage du poulet est mécanisé partout, y compris dans le cas du poulet halal. C’est sur ce point que porte la controverse : pour les intégristes du halal, chaque poulet devrait être égorgé à la main par un “sacrificateur” obligatoirement musulman et en récitant une prière.

A partir de là, chacun y va de son petit calcul arithmétique, et en déduit que les abattoirs n’ont en principe pas le personnel suffisant et qu’il y a donc forcément un bogue quelque part. D’après Rue 89 , relayant le point de vue de la mosquée de Lyon, un sacrificateur rituel ne peut pas aller au-delà de 1800-2000 volaille/heure, mais la cadence chez Doux atteint 7000 à 8000 poulets /heure ; un syndicaliste aurait même parlé de 380 000 poulets par jour, ce que Al Kanz relève dans un article spécifique.

On voit par là que, pour abattre chaque poulet individuellement en prononçant une prière à chaque fois, il faudrait au moins quadrupler le personnel, ce qui ferait exploser le prix. Or, sauf dans des circuits spécialisés, le poulet halal n’est pas plus cher que le poulet standard. Cherchez l’erreur … d’ailleurs, tout l’internet musulman cherche …
Quand au consommateur laïc, tout ce qu’il peut en dire, c’est, encore une fois, qu’il est anormal de le faire acheter halal sans le lui dire. Si des organismes de consommateurs musulmans veulent faire multiplier le prix du halal par quatre ou cinq, c’est leur droit le plus strict, à condition que les filières halal et « laïque » soient bien séparées, et que le consommateur laïque ne se voie pas répercuter une partie du prix de revient. de la viande halal.
ENJEUX ECONOMIQUES
Les enjeux économiques sont considérables, car le but recherché est en réalité de constituer toute une bureaucratie du halal, et de réserver des emplois à des musulmans, la norme religieuse servant à « justifier » une « discrimination positive » qui ne dit pas son nom.

Pour l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon, une certification hallal de qualité nécessite, outre l’abattage par un sacrificateur agréé, la présence permanente d’un ou plusieurs contrôleur(s) rituel(s) durant toute la durée de l’opération de production hallal, et ce depuis le sacrifice rituel jusqu’au conditionnement final du produit, ainsi que la traçabilité complète de l’ensemble des matières vendues dans le restaurant (quelles soient carnées et non carnées dans la mesure où certains additifs sont illicites),

C’est donc beaucoup d’emplois et de salaires que nécessiterait la certification halal telle qu’on la rêve chez les plus intégristes, ou chez les plus désireux de créer des emplois pour leurs coréligionnaires. D’autant plus que, au delà de l’abattage, c’est, pour les plus intégristes, toute la filière qu’il s’agit d’agréer, comme dans le cas du certificateur AVS.

Le fonctionnement d’AVS est des plus problématiques, et consiste en la mise en place d’un système complet : personnel musulman tout au long de la chaîne de production et de disbribution de la viande, multiplication des points d’inspection, surveillance quotidienne des boucheries pour s’assurer que la viande halal n’y cotoie aucun produit non halal.
C’est toute une société parallèle entièrement musulmane qui ainsi est mise en place, aux frais partiels du consommateur laïque puisque, comme nous l’avons déjà dit, celui-ci mange souvent halal sans le savoir.
Source:   http://www.agoravox.fr/

Italie – Islam : Le gouvernement italien donne son aval au produit « Halal Italie »

Le gouvernement italien a donné son aval au lancement du produit « Halal Italie » lors d’une cérémonie tenue, mercredi à Rome, en présence de plusieurs responsables italiens et d’ambassadeurs et diplomates des pays musulmans.

Cet aval a été scellé par une convention interministérielle qui a été signée par quatre ministères italiens.

Le label « Halal Italie », qui sera certifié par la communauté religieuse islamique (COREIS) italienne, garantira la conformité des produits italiens des secteurs agro-alimentaire, pharmaceutique et cosmétique aux commandements de l’Islam.

Un comité d’éthique de certification se chargera de délivrer une attestation de garantie de cette conformité tout en se portant garant du respect des normes italiennes et européennes en matière notamment d’hygiène, de sécurité alimentaire et de bien-être des animaux.

Les signataires de cette convention, en l’occurrence les ministres italiens des affaires étrangères, de la santé, des politiques agricoles, alimentaires et forestières et le vice-ministre du développement agricole, s’engagent à promouvoir ce label auprès des associations et entreprises italiennes intéressées et d’Œuvrer pour leur permettre d’accéder aux marchés des pays musulmans, auprès desquels ils devraient garantir la conformité de ces produits aux enseignements islamiques.

Un grand nombre d’entreprises italiennes ont déjà exprimé le souhait de se lancer dans la commercialisation des produits « halal » de plus en plus en vogue comme en témoigne l’évolution du chiffre d’affaires dégagé.

Rien qu’en Europe, ce segment connait une croissance de 15 pc par an, a observé à ce propos le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Le responsable italien a souligné cependant qu’au delà du Business, la valeur de ce projet réside dans l’intégration de la communauté musulmane, qui gère plus de 120.000 entreprises en Italie, dans le tissu économique national.

Evoquant la portée du projet, le ministre de la santé, Ferrucio Fazio, a, pour sa part, mis l’accent sur l’importance de la réglementation du marché des produits  » halal « . Celle-ci mettra sans aucun doute fin aux distributions des produits non contrôlés et garantira la protection des consommateurs, a-t-il affirmé.

Poursuivant dans le même sens, le ministre des politiques agricoles, Giancarlo Galan, s’est félicité des perspectives qu’ouvrent la commercialisation des produits  » halal  » notamment au niveau des échanges culinaires entre l’Italie et les pays musulmans.

De son côté, le vice-président de la COREIS, Yahya Pallavicini, a rappelé que ce projet, qui avait déjà été testé il y a une année grâce à une initiative pilote menée en partenariat avec la chambre de commerce de Milan (nord), a « donné de bons résultats ce qui a permis aujourd’hui de l’institutionnaliser et de le généraliser à toute l’Italie ».

Au-delà des considérations économiques, ce projet permettra aux Musulmans d’Italie, au nombre de plus d’un million, d’être reconnus et respectés dans leur spécificité loin de toute  » ghettoïsation », a-t-il souligné dans une déclaration à la MAP.

Le projet permettra aussi une meilleure connaissance de certains aspects afférents aux commandements de l’Islam et l’instauration d’un dialogue interculturel fructueux entre les différentes composantes de la société, a-t-il ajouté.

Constituée en 1997, la COREIS s’active notamment en matière de dialogue inter-religieux et de formation sur l’éducation interculturelle.

Elle organise régulièrement des campagnes de sensibilisation sur la possibilité de concilier harmonieusement foi islamique et identité italienne.

Pour le lancement du produit  » halal Italie « , la COREIS s’occupera de dispenser des cours de formation pour les entreprises intéressées qui seront sanctionnés par la remise de certificats de garantie Halal. Ces entreprises devront ensuite soumettre leurs produits aux ministères concernés pour recevoir en plus le label de produit italien d’excellence.

Source:  http://www.casafree.com/

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L’entrepôt halal ravagé par un incendie

Nathalie Revenu

Un important incendie nécessitant la présence d’une cinquantaine de pompiers, a détruit hier matin un entrepôt qui accueillait quatre entreprises, dont un abattoir de volaille halal.

«C’est une grosse catastrophe. Nous allions aborder la période du ramadan dans un mois et demi. Tout notre matériel est anéanti », se désole Mohamed Medjahed. Dans la nuit de mardi à mercredi, vers 3 heures, le feu a ravagé la totalité l’entrepôt de son père, Abdellah Medjahed, 1800 m2 situés dans la zone d’activités de Saint-Maximin.

L’activité d’abattage de volaille halal gérée par la famille a été réduite à néant. Le corps de bâtiment recouvert de bardage en tôle s’est embrasé très rapidement.

« Quand je suis arrivé à 3 h 30, notre secteur commençait à prendre feu », raconte Mohamed Medjahed. Une cinquantaine de sapeurs-pompiers et cinq centres de secours étaient déployés pour éviter que les flammes ne se propagent aux entreprises mitoyennes. En effet, des locaux annexes étaient loués à trois autres sociétés, un grossiste en fruits et légumes et une pizzeria.

L’origine du sinistre encore méconnue

Abdellah Medjahed avait fermé son entreprise depuis une semaine. Il s’accordait quelques vacances pour préparer la fête du ramadan. Cette année, elle débutera vers le 10 août. Pour ce commerçant, c’est la période la plus faste de l’année. Les chaînes d’abattage de poulets tournent à plein régime, rejointes par l’activité liée à l’Aïd, le sacrifice rituel du mouton.

Le coup est rude pour les propriétaires du seul site d’abattage de moutons de l’Oise. « Nous nous sommes battus pendant vingt ans pour monter une installation de cette qualité. Nous avons beaucoup investi pour être en conformité totale avec les normes sanitaires », poursuit Mohamed. Depuis deux ans, les musulmans affluaient. Le site tournait toute l’année grâce à la vente de volailles, exclusivement aux particuliers. « Nos clients préfèrent venir à la source et acheter chez nous. Il n’est pas rare qu’une famille nous prenne une quinzaine de pièces. »

Les dégâts n’ont pas encore été évalués. Mais, déjà, une longue expertise s’annonce. D’ailleurs, devant les grilles, plusieurs cabinets spécialisés proposaient déjà leurs services. « Il y en a pour plus d’un million d’euros », estimait hier l’un d’eux.

Hier, les propriétaires restaient prudents et se refusaient à échafauder des hypothèses sur une éventuelle origine criminelle du sinistre. « Nous ne sommes pas sûrs d’ailleurs que le feu ait pris dans notre société », confiait Mohamed Medjahed. En raison de l’ampleur de l’incendie, l’enquête a été confiée à l’antenne creilloise de la police judiciaire. « Il est pour l’heure impossible de déterminer le foyer de l’incendie. L’intérieur du bâtiment est impossible d’accès, en raison des risques d’effondrement de la toiture. L’enquête s’annonce difficile », indique une source policière.

Les gérants, eux, ne veulent pas baisser les bras. « Nous espérons pouvoir installer un atelier mobile d’abattage pour la fête de l’Aïd. »

http://www.leparisien.fr/

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Le Conseil de l’Europe contre l’interdiction totale du voile intégral et contre le vote suisse sur les minarets

Par le vote, ce mercredi 23 juin, à Strasbourg, d’une résolution sur la lutte contre l’islamisme et l’islamophobie, le Conseil de l’Europe recommande aux 47 États membres concernés, dont la France, de ne pas recourir à l’interdiction du voile intégral, et enjoint la Suisse à annuler le vote sur les minarets. Ils constituent, selon les parlementaires, un délit flagrant de discrimination agencée par des débats politiques stériles.

Le Conseil de l'Europe contre l'interdiction totale du voile intégral et contre le vote suisse sur les minarets
« L’interdiction générale du port de la burqa et du niqab dénierait aux femmes qui le souhaitent librement le droit de couvrir leur visage », affirme une résolution adoptée à Strasbourg, par 108 voix, dont celles des Français, et 4 abstentions.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est prononcée, mercredi 23 juin, contre l’interdiction du voile intégral comme l’envisagent certains gouvernements européens, dont la France et la Belgique. Au grand dam des parlementaires – de droite surtout – qui en avaient fait leur cheval de bataille comme un certain André Gerin ou un Éric Besson, qui comptent faire examiner le projet de loi d’interdiction en séance publique à partir du 6 juillet prochain et au Sénat le 7 septembre.

Interdire le voile intégral serait contre-productif

Ce projet de loi, estiment les parlementaires européens dans le texte voté, serait contre-productif, il « pousserait les familles et la communauté à faire pression sur les femmes pour qu’elles restent chez elles et se limitent à entretenir des contacts avec des femmes », tout en précisant « qu’aucune femme ne devrait être contrainte de porter une tenue religieuse ». Le texte ajoute que l’interdiction ne peut se justifier que « pour des raisons de sécurité ou lorsque les fonctions publiques ou professionnelles d’une personne lui imposent de faire preuve de neutralité religieuse ou de montrer son visage ».

Un texte tout à fait conforme à l‘avis consultatif du Conseil d’État, qui avait émis des réserves quant à l’interdiction générale du voile intégral dans l’espace public.

Un vote pas raisonnable

Les parlementaires se sont également prononcés, lors de cette séance dédiée à une réflexion sur « l’Islam, l’islamisme et l’islamophobie en Europe », en faveur d’une annulation du vote contre la construction de minarets en Suisse, jugé discriminatoire envers les communautés musulmanes.
La construction des minarets, jugent les parlementaires, ne devrait être soumise qu’aux règles « de sécurité publique et d’urbanisme ».

Dans le même sens, l’Assemblée dit déplorer qu’« un nombre croissant de partis politiques en Europe exploitent et attisent la peur de l’islam en menant des campagnes politiques qui privilégient une vision simpliste et des clichés négatifs à propos des musulmans » et se dit également « préoccupée (…) par le risque d’une utilisation abusive des votes, initiatives et référendum populaires pour légitimer des restrictions des droits à la liberté de religion et d’expression ».

« Les musulmans sont chez eux en Europe, où ils sont présents depuis des siècles, comme l’indique l’Assemblée dans sa Recommandation 1162 (1991) », rappelle le Conseil de l’Europe. « Pourtant, l’intolérance vis-à-vis de l’islam et des musulmans va croissant et nos sociétés se déchirent dans des polémiques s’y rapportant », souligne Mogens Jensen, rapporteur de la commission parlementaire sur « L’Islam, l’islamisme et l’islamophobie en Europe ». Pour lui, les dernières élections qui ont eu lieu en Europe montrent une poussée des mouvements populistes s’appuyant sur ces sentiments négatifs envers l’islam.

« Cette situation est préoccupante », s’inquiète-t-il devant les parlementaires. Et de rappeler : « Souvenons-nous de ce qui s’est passé sous Hitler, souvenons-nous de la persécution dont la religion catholique fut l’objet sous Staline. Tout cela peut paraître bien lointain et l’on a du mal à imaginer que des événements similaires se produisent à l’époque contemporaine. Mais Srebrenica , c’était il y a seulement quinze ans. »

Islamophobie et islamisme sont liés

La résolution née de la commission parlementaire sur « L’Islam, l’islamisme et l’islamophobie en Europe », débattue depuis le début de l’année 2010 a donc été votée mercredi 23 Juin au Conseil de l’Europe, à Strasbourg. Menée par le socialiste danois Mogens Jensen, elle préconise le dialogue et l’éducation interreligieuse dans les universités pour lutter efficacement contre l’islamophobie et l’islamisme, cette « forme d’extrémisme politique pratiqué sous couvert de religion », partant du principe que ces deux concepts se renforcent mutuellement.

Reste à savoir désormais si le gouvernement français prendra acte de cette résolution, ou s’il ne la leur renverra pas à la figure, comme il l’a déjà fait avec les Sages.

Lire le rapport L’islam, l’islamisme et l’islamophobie en Europe de la commission Commission de la culture, de la science et de l’éducation du Conseil de l’Europe.
Lire la teneur des débats à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur la question de l’islam, l’islamisme et l’islamophobie.

Leïla Belghiti
Source: http://www.saphirnews.com/

Argenteuil : le gouvernement veut « rattraper les erreurs commises »

Interview du maire d’Argenteuil

Présent à l’inauguration de la mosquée Al-Ihsan, Philippe Doucet, maire socialiste d’Argenteuil (95) et élu depuis mars 2008, donne ses impressions à Saphirnews au lendemain de l’événement, qu’il considère comme une occasion pour le gouvernement de « tourner la page » du débat houleux sur l’identité nationale.


Philippe Doucet (au centre), maire d'Argenteuil, lors de l'inauguration de la mosquée Al-Ihsan, le 28 juin 2010, aux côtés d'Abdelkader Achebouche (à g.), responsable de la mosquée, et de François Fillon, Premier ministre.

Philippe Doucet (au centre), maire d’Argenteuil, lors de l’inauguration de la mosquée Al-Ihsan, le 28 juin 2010, aux côtés d’Abdelkader Achebouche (à g.), responsable de la mosquée, et de François Fillon, Premier ministre.


Saphirnews : Quelles relations entretenez-vous avec l’association Al-Ihsan qui gère la mosquée ?

Philippe Doucet : On a de très bonnes relations avec l’ensemble des différentes mosquées de la ville d’Argenteuil. Al-Ihsan est un partenaire de la ville depuis longtemps, puisque la mosquée qui a été inaugurée hier (lundi 28 juin, ndlr) fonctionne depuis 1999 quand même. Du coup, c’est une vieille institution existante sur la ville, même si des travaux importants ont été effectués depuis.
Les relations qui existent avec les mosquées sont fortes. On a d’ailleurs tous les mois avec mon adjoint à la tranquillité public et aux cultes − mon ministre de l’Intérieur si je puis dire − une rencontre avec les différents représentants de la communauté musulmane pour faire le point sur les différents dossiers qui les concernent tout comme avec les autres cultes que nous avons sur la ville.
Nous avons d’ailleurs un dialogue interreligieux important. Il y a un groupe d’échange et de réflexion entre les différentes communautés religieuses argenteuillaises.


Quelles sont vos réactions au lendemain de l’inauguration de la mosquée ?

Ph. D. : Pour le gouvernement, cette inauguration est destinée à rattraper les erreurs et la faute qu’a été le débat sur l’identité nationale. Non pas que ce débat soit une mauvaise chose en soi, mais c’est la manière dont le gouvernement est entré dedans, c’est-à-dire de stigmatiser une partie de la population immigrée et une partie des pratiquants de l’islam plutôt que de travailler à la construction de la République d’aujourd’hui et de demain, ce qui a été une erreur.
Le gouvernement a bien vu qu’il avait fait une faute politique et qu’il fallait qu’il puisse donner un signe dans la période qui vient par rapport au débat parlementaire sur la burqa.
Ce que j’ai trouvé stupéfiant, c’est l’absence de Brice Hortefeux parce que, normalement, sur une inauguration de ce type, cela aurait dû être à lui, ministre de l’Intérieur et ministre des Cultes, de faire cette inauguration.
Le fait que le Premier ministre soit obligé de monter au créneau montre à quel point il est discrédité et disqualifié dans ces affaires-là, car, quand on est condamné pour injures raciales, inaugurer une mosquée devient un peu plus compliqué.
Trois minutes avant que M. Fillon arrive, on a appris que M. Hortefeux ne viendrait pas pour une affaire au Sénat, une raison qui ne tient pas debout…


Avez-vous accueilli la venue du Premier ministre pour cette inauguration comme une bonne chose ?

Ph. D. : Je suis dans une logique républicaine. Je me suis donc donné comme principe d’accueillir l’ensemble des ministres sur le territoire argenteuillais et a fortiori le Premier ministre.
Honnêtement, avec ce que j’ai entendu hier, j’aurais préféré qu’il lance le débat sur l’identité nationale. S’il était entré dans un des éléments sur l’identité nationale avec ce qui a été dit concernant la place de chacun dans la République d’aujourd’hui, comment conjuguer laïcité et religion, etc., je pense qu’on aurait eu un débat plus serein, plus constructif et, finalement, plus profitable à la nation.
C’était bien, d’une certaine façon, qu’il vienne rattraper la faute.


Dans quelques jours se tiendra l’examen du projet de loi contre le voile intégral. On peut penser que l’inauguration n’est un prétexte pour pouvoir utiliser la mosquée comme une tribune politique. Soutenez-vous le gouvernement dans sa démarche ?

Ph. D. : Il est clair que, pour moi comme pour beaucoup de responsables musulmans, la question de la burqa est une question qui pose problème par rapport aux droits des femmes. Mais mon sentiment à l’égard de la venue de M. Fillon n’était pas vraiment celui-ci.
Je pense qu’il a voulu envoyer un signal envers la communauté musulmane, qui était heurtée sur la manière dont le débat sur l’identité nationale a eu lieu, et un message, qui, pour le coup, me paraît important, par rapport aux différents actes anti-musulmans qui ont pu avoir lieu dernièrement, afin qu’il puisse y avoir le rétablissement de la paix républicaine sur l’ensemble du territoire.
C’est une manière d’apurer le passé récent et de remettre les compteurs à zéro. On verra quelle sera la teneur du débat public sur la burqa dans la période qui s’ouvre, mais je crois qu’il voulait surtout tourner une page de façon à en ouvrir une autre, pour que le débat sur la burqa se porte sur la burqa et non sur la manière dont les musulmans pourraient être maltraités.


Finalement, vous avez bien accueilli le discours ?

Ph. D. : Sur le fond, à propos du vivre-ensemble, de l’intégration, de la laïcité, de la tolérance…, c’est un discours qu’on tient tous les jours. Comme M. Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, l’a bien noté, le droit à l’indifférence est une chose qui nous paraît extrêmement important.
Que le fait d’être musulman dans la République française puisse générer la même indifférence que le fait d’être catholique, protestant ou évangéliste, c’est quelque chose à laquelle on croit.
Ce qui me gênait dans le moment, c’est que si ce discours avait été tenu un an plus tôt, on aurait eu une entrée en matière pour le débat sur l’identité nationale beaucoup plus riche et plus intéressante et je pense que la nation en serait sortie renforcée, car il y aurait eu un débat positif et non un qui soit extrêmement négatif et conduisant à rien comme celui qui a eu lieu.


Quelle est votre position concernant la loi qui va prochainement être discutée ?

Ph. D. : De mon point de vue personnel, la tradition et même les textes de l’islam n’appellent pas à la burqa. Par rapport aux droits des femmes, je ne suis pas favorable au port de la burqa dans l’espace public.


Mais vous pensez que la loi telle que le gouvernement veut est applicable ?

Ph. D. : Sur la loi en elle-même, je ne suis pas parlementaire, c’est à eux de voir. (…) La question législatif est un autre sujet mais, dans le ressenti, ce qu’on me remonte (sur la burqa, ndlr), c’est qu’on est dans quelque chose dont les gens ne me disent pas forcément du bien. Après est-ce que la loi résout le problème ? Je n’en sais rien mais, en tout cas, la question est posée.

Propos recueillis par Hanan Ben Rhouma

Source:  http://www.saphirnews.com/

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