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Archives pour 08/2010

Hypers / Tout sous le même toit

Cinq mètres de vitrines réfrigérées avec des saucisses, du jambon de dinde ou du poulet estampillés halal.En 2010, cette partie du rayon boucherie de l’hypermarché Leclerc de Champfleury ne choque plus personne.
C’est l’illustration de la conversion opérée ces dernières années par les grandes surfaces alimentaires et leurs fournisseurs.
Elle répond tout simplement à l’intangible logique du commerce. «L’offre s’élargit et la demande se développe.On est là tout simplement pour vendre les produits qui se vendent. Et en bons commerçants, on ne peut donc pas rester à côté de ce marché», souligne Jean-Paul Pageau, patron des Leclerc rémois et de la centrale du Nord Est Scapest. L’enseigne se targue en plus d’être moins chère que les commerces de quartiers traditionnels. Les clients ont donc pris leurs habitudes en hyper où ils trouvent désormais tout le halal sous le même toit et au bon prix.
Le concurrent Carrefour se positionne lui aussi sur ce nouveau marché. Les hypers de l’enseigne ont entre 100 et 300 produits halal dans leurs rayons épicerie et entre 20 et 45 références en boucherie.Pour le ramadan, le groupe a même dopé ses approvisionnements et imprimé un catalogue spécifique «Mille et une saveurs».
Comme l’a déjà fait Casino, Carrefour travaille même à créer sa propre gamme de produits halal. Selon le site al-kanz, cette sœur des Carrefour Discount et Reflets de France pourrait se prénommer Sabrina…

Réponse de la mosquée d’Evry: «On n’a rien à cacher»

La mosquée d’Evry-Courcourronnes fait partie des organismes dont les certifications sont critiquées. En réponse, son « coordinateur social et administratif », Ali Sedouki, a expliqué le processus pratiqué à Evry. « Quand un abattoir veut recevoir notre certification halal, on demande à ce qu’une association musulmane ou une mosquée des alentours nous recommande un sacrificateur. Ce doit être une bonne personne et un pratiquant. Ensuite, nous lui remettons une carte. Après, nous allons visiter l’abattoir et ses installations. On discute avec les musulmans pratiquants qui travaillent sur place et nous leur demandons s’ils veulent accepter le rôle de contrôleur. Enfin, nous signons une convention avec le patron de l’abattoir. Un article précise bien qu’il faut laisser le champ libre au contrôleur. Lorsque le contrôleur voit quelque chose qui ne va pas, il la refuse et m’appelle à la mosquée d’Evry. » La mosquée et le patron s’étendent aussi sur le paiement d’une somme forfaitaire annuelle associée à cette certification. Quels sont les montants ? « Ce n’est pas grand-chose on ne veut pas que cela pèse sur les prix ».
Que pense M. Sedouki du débat sur les certifications ? « Je ne vais pas dire qu’on est mieux que tout le monde. C’est au consommateur de juger. Et pour cela il faut qu’il s’informe. On met nos coordonnées sur les étiquettes et on répond au téléphone, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On n’a rien à cacher. »
Le responsable de la mosquée de Paris n’était pas disponible au moment de notre enquête pour répondre à nos questions.

Le CRCM / Une règle du jeu

Plus mesuré dans ses propos, Mohamed Iboudaaten, président du conseil régional du culte musulman de Champagne-Ardenne, est également critique en matière de certification halal et regrette amèrement qu’elle ne soit pas «définie juridiquement» et mal encadrée. «On peut légitimement se demander si ceux qui accordent des certifications disposent d’un nombre de contrôleurs suffisants.» Ce qui arrangerait les entrepreneurs. «Aujourd’hui, ils peuvent se dire, j’ai des étiquettes, je m’en sers comme je veux, pourquoi irai-je chercher un organisme de contrôle qui me cassera les pieds? Le consommateur, lui, est perdu, il ne sait à quel saint se vouer.»
Membre de la commission halal du CFCM, il prône «une règle du jeu commune à tous».

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« L’absence d’un label unique est un frein »

Abbas Bendali : « Personne n'a une lecture vraiment fine de la population qui consomme des produits halal. .»

Abbas Bendali : « Personne n’a une lecture vraiment fine de la population qui consomme des produits halal. .»

Abbas Bendali, de l’agence Solis, spécialisée dans le marketing ethnique, décrypte les tenants et aboutissants du marché du halal.
Pourquoi les produits halal apparaissent désormais au grand jour sur les panneaux quatre par trois ou dans des spots de pub télévisés ?
L’évolution s’est faite naturellement durant les trois dernières années et plus particulièrement durant les dix-huit derniers mois avec l’arrivée sur le marché des grands groupes agroalimentaires de type Fleury-Michon, Herta ou LDC avec une marque comme Reghalal qui ont développé des gammes complètes de produits. Leur débouché naturel est la grande distribution alors que jusque-là on avait affaire à des PME qui diffusaient leurs produits un petit peu dans la grande distribution mais surtout dans le commerce traditionnel.
Par conséquent, la grande distribution a fait de l’espace dans les linéaires et, mécaniquement, les ventes ont augmenté de manière significative. Les grandes marques ont utilisé, comme à leur habitude, tous les moyens marketing et les moyens médias. Et face à ces grands rouleaux compresseurs, les petites marques ont livré elles aussi une bataille sur les points de vente et dans les médias.
Pourquoi les industriels, qui depuis des décennies observent les habitudes des consommateurs français ou vivant en France, se sont réveillés un beau matin en se disant qu’il leur fallait faire désormais des gammes de produit halal ?
En fait personne n’a une lecture vraiment fine de la population qui consomme des produits halal. Aujourd’hui en France, on n’a pas de statistiques ethniques. […] En plus, il y a tout un tas de croyances qui font que l’on n’a pas beaucoup interrogé ces populations. On a toujours considéré qu’elles se confondaient avec celles des Français moyens. Or, elles ont des caractéristiques et des besoins particuliers.
On a cru aussi que c’était une population qui n’avait pas beaucoup de pouvoir d’achat. Sauf qu’à partir de la deuxième génération, il y a une redistribution des cartes. Leur horizon, c’est l’hexagone, il n’y a pas ce mythe du retour et de la construction de la maison au pays pour les vieux jours. Donc toute une partie de l’épargne est disponible pour consommer et investir en France surtout que, sans parler de « beurgeoisie », les jeunes couples ont accès à des métiers supérieurs, sont deux à travailler et ont moins d’enfants que n’en avaient leurs parents. Toutes ces choses ont été comprises un peu tardivement.
Peut-on faire confiance aux étiquettes halal ?
C’est tout le débat. On sait que le consommateur veut un label halal, dans 92 % des cas, et qu’il veut qu’un organisme le certifie. Il y a quatre principaux organismes par lesquels transitent les certifications. On peut légitimement se dire qu’en mutualisant leurs moyens on pourrait arriver à un label unique avec une charte la plus claire possible qui réponde aux attentes des consommateurs et aux préceptes de l’Islam. Il n’y a qu’un label rouge, qu’un label agriculture biologique, c’est ce qui rassure le consommateur. L’absence de label unique halal peut être un frein au marché. Le consommateur peut se demander à quel organisme se fier. Sinon il y aura toujours un doute. Il faut la police mais aussi la police des polices. C’est comme cela que les choses fonctionnent.
Quels sont les enjeux économiques de la certification ?
En France, il y a une carte à jouer sur le marché du halal. La France est très bien armée par rapport à la compétition internationale compte tenu de son marché domestique important et de son expérience acquise. Le marché international peut être très intéressant surtout si l’on rajoute une surcouche de label qualité made in France. Cela peut passer aussi par un label européen.

  • REPÈRES

Halal: désigne ce qui est permis pour le musulman. Haram désigne ce qui est interdit pour le musulman. Ces deux notions s’appliquent notamment dans le domaine alimentaire.
Viande halal: pour qu’une viande soit halal, il ne faut pas que la bête souffre pendant son abattage. La bête doit être égorgée, selon le rite islamique. Les définitions peuvent connaître des variantes, mais en général il est dit que ce rite impose d’abord que la bête soit égorgée consciente et non étourdie, avec une lame très tranchante. Il ne faut que sectionner l’œsophage et les deux veines jugulaires. Le sacrificateur qui doit être en principe musulman doit prononcer des paroles sacrées pendant l’acte. Pour pratiquement tout le monde, la bête doit être orientée vers la Mecque.
Certification halal: elle n’a pas de définition juridique. Difficile d’attaquer ceux qui apposent indûment des étiquettes halal sur leurs produits.
Marché du halal: il devrait représenter 5,5 millions d’euros en 2010. On estime à cinq millions le nombre de «consommateurs de culture musulmane» en France. (Source Solis)

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Halal : vrai business et faux-semblants

Plus personne ne semble choqué, aujourd'hui, par les emplacements réservés aux viandes halal dans les rayons boucherie des hypers (1). Les marques  spécialisées revendiquent leur identité sur les panneaux 4 par 3. Les secteurs de l'élevage et de la boucherie doivent s'adapter. (3) C. LANTENOIS / DR / D.GUTEKUNST / Maxppp

Plus personne ne semble choqué, aujourd’hui, par les emplacements réservés aux viandes halal dans les rayons boucherie des hypers. Les marques spécialisées revendiquent leur identité. Les secteurs de l’élevage et de la boucherie doivent s’adapter. C. LANTENOIS / DR / D.GUTEKUNST / Maxppp

Les produits conformes aux interdits musulmans s’affichent désormais au grand jour. Les géants de l’agro-alimentaire se sont convertis à ce marché estimé à 5.5 milliards d’euros. Mais des défenseurs des consommateurs contestent la fiabilité des labels.

Des produits halal dans les spots télévisés en prime-time sur les chaînes françaises. Qui l’eût cru il y a quelques années encore ?
Les temps changent, les mœurs évoluent, dira-t-on. Mais ce sont surtout les services marketing des grands groupes agroalimentaires qui se sont aperçus que les consommateurs de « culture musulmane » représentaient un marché qu’ils étaient bien bêtes d’ignorer jusqu’à présent.
Les Fleury-Michon et Nestlé travaillent à rattraper les PME qui pendant des décennies ont nourri leur croissance sur ce secteur discret mais porteur.
On estime qu’en 2010 le marché du halal pèsera 5,5 milliards d’euros et que les consommateurs adeptes de ces produits sont quelque cinq millions en France. Mais cela ne veut pas dire qu’ils veulent qu’on leur serve forcément du halal à la sauce orientale. Ces consommateurs qui appartiennent parfois à une « beurgeoisie » bien enracinée en France veulent aussi manger, en version halal, de la tartiflette et du petit salé aux lentilles.

Une jeune « beurgeoisie » veut manger des petits plats bien français en version halal

Ces grands écarts culturels sont maintenant permis par les industriels qui redoublent d’imagination pour profiter d’un formidable et parfois inespéré relai de croissance. C’est là que se pose l’épineux problème de la certification halal contre laquelle certains tirent à boulets rouges. Faut-il un gendarme derrière chaque « sacrificateur rituel » pour vérifier qu’il égorge les bêtes, selon un modus operandi précis, en les tournant vers la Mecque ?
La question fait partie d’un débat qui a trait autant au respect du consommateur qu’aux intérêts d’une industrie française qui, si elle bénéficiait d’un label reconnu juridiquement, aurait tout à gagner sur son marché intérieur comme à l’export.
Dossier Julien Bouillé

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Islam : Le Ramadan vu de notre ville, quelques commerces pour rompre le jeûne

Les Musulmans ont débuté leur Ramadan 2010 le 11 aoùt dernier, comme leur impose l’Islam, leur religion, du moins pour les Musulmans pratiquant. Il correspond au neuvième mois lunaire du calendier musulman. C’est donc la bonne période pour (re)découvrir cette diversité culturelle avec nos papilles.

Nous avons donc fait un petit tour des commerces de notre ville de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) proposant des offres particulières à cette occasion. Occasion de rencontrer des commerçants de proximité qui nous ont tous réservés un accueil chaleureux et nous tenons à les remercier du temps qu’ils on bien voulu nous accorder. Il va de soit que la liste n’est pas exhaustive et que les commerces cités ne présentent pas de caractère publicitaire. Si un commerçant de Noisy-le-Sec avait été oublié, qu’il n’en soit pas froissé et qu’il nous contacte. Nous seront heureux d’enrichir cet article initial d’informations complémentaires.

Centre-Ville-Mairie

La Boucherie du Marché
Place Dreyfus

La Boucherie du marché, place Dreyfus à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Le Patron des lieux nous y accueille avec le sourire. En plus de sa viande de qualité, la boucherie du marché propose spécifiquement pour cette période, du pain Kabyl, de la Zlabia et des gateaux orientaux. Le tout est « fait maison ». Fermée le dimanche.

La Boulangerie du Marché « L’épi d’or »
Place Dreyfus

La Boulangerie du Marché, l’Epi d’Or,  place Dreyfus à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Ce sympatique commerçant que nous avions évoqué sur nos pages en février dernier puisqu’il s’était vu décerner le 3ème prix de la baguette de tradition française, propose en cette période divers produits spécifiques : Pain de semoule, Zlabia, Kelb ellouz (coeur d’amande) et du Makroud. Fermeture hebdomadaire le jeudi.

Le Restaurant « Chez Davny »
13, rue de Béthisy

Le Restaurant « Chez Davny » 13, rue de Béthisy à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Le jeune couple qui tient ce restaurant, qui par ailleurs fait salon de thé, vous propose pour l’occasion : Des Bricks (poulet, viande, thon,..), des banatages, de la chorba, ainsi que M’Smen et M’Hajeb. Tous les produits sont faits maison y compris les frites. Il fait également salon de thé dans un décor tout en couleurs et des compositions murales très modernes.

Centre-Ville-Gare

Le magasin Symply Market
Rue Jean Jaurès angle Bd Gambetta

Magasin Simply-Market de Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Vous y trouverez, en plus des rayons halal habituels, un espace spécial Ramadan, où vous pourrez trouver entre autres : Halawa (nature, aux amendes, aux pistaches,..), différentes épices, des sauces, du sirop de glucose pour patisseries, du lait fermenté, des haricots blancs, des pois chiche,… Bref tout ce qu’il vous faut pour cuisiner chez vous vos plats préférés.

La boucherie Marzouk
Rue Jean Jaurès angle Bd Gambetta

La Boucherie Marzouk à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Contrairement à l’année dernière, cette boucherie halal, à la réputation qui dépasse largement les frontières communales, ne propose pas spécifiquement de produits pour cette période. En revanche sa viande y est excellente dans cette boutique à la façade élégante. Vous y trouverez des morceaux de choix pour la soupe de chorba et de la harira traditionnelle. De quoi se faire de bons plats pour rompre le jeûne.

Le fast-food Chicken Casbah
98 rue Jean Jaurès

La maison Chicken Basbah à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

Accueil chaleureux des responsables des lieux, très fiers de nous présenter leurs produits faits maison spécifiquement pour la période du Ramadan. Vous pourrez y trouver : Zalabia, patisserie orientale, methor, galette kabyle, dattes et loucoums, lait fermenté et le soir du thé à la menthe. Vos hôtes vous y accueille jusqu’à 22h00.

Square Stéphenson

A la boulangerie-patisserie, vous trouverez de la patisserie orientale, des galettes kabyles, zalabia, et dattes.

Boulangerie-Patisserie du square Stéphenson à Noisy-le-Sec © L.Derrien / JENB Productions

A la boucherie du square Stephenson, Vous pourrez trouver des dattes.

Voici le Calendrier du Ramadan 2010 / 1431 avec les heures de prières et de jeûne de l’Hégire à Paris.

Bon Ramadan à tous.

Muriel Nicolau-Bergeret

http://jenbproductions.canalblog.com/

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Délices d’Atlantis est élu « meilleur kebab du 44 » – Saint-Herblain


Ibrahim Karatas : « Je suis très fier que ce soit l'avis des clients. »</P>

Les consommateurs ont attribué leurs notes : l’enseigne herblinoise est première du classement des meilleurs kebabs de Loire-Atlantique sur le site kebab-frites.com. 83 autres restaurants y sont référencés.

« Meilleur kebab du 44 » depuis juillet

Qu’est-ce que ça fait ? « Je suis très fier que ce soit l’avis des clients », répond Ibrahim Karatas, gérant de Délices d’Atlantis. Les amateurs de pain fourré à la viande grillée ont attribué des notes sur le site kebab-frites.com, qui référence les enseignes du département. Les critères ? La qualité de l’accueil, mais aussi des crudités, de la viande, des frites, des sauces, et aussi la fraîcheur des aliments et l’hygiène du restaurant. « Ici, on fait tout nous-mêmes. Et je ne cuisine que des frites fraîches, pas surgelées. »

Viande de boeuf, halal

Ibrahim Karatas est persuadé que c’est sa viande qui fait toute la différence. Il dit être le seul du département à mettre du boeuf dans ses kebabs. « Là où les autres mélangent dinde et poulet. Mon boeuf est garanti sans gras. Je travaille beaucoup avec les nénettes qui font attention à ce qu’elles mangent… », sourit le gérant. Et sa viande est halal, « comme tout ce que je cuisine ici » (il y a aussi des émincés de poulets, mais pour un autre plat, et des brochettes de dinde). Pour lui, avoir été élu premier kebab de Loire-Atlantique, c’est en quelque sorte une récompense pour la viande halal en général.

Initiation

Pourtant, selon Ibrahim Karatas, 90 % de sa clientèle est française. Une clientèle d’habitués qui vient essentiellement le midi, puisqu’elle travaille dans les bureaux alentours. « Les 10 % restants, d’origine étrangère, viennent plutôt pour le dîner. » Mais d’ailleurs, ces clients : que des jeunes ? « 80 % de mes clients sont des gens qui n’avaient jamais testé, qui ne savaient même pas ce qu’était une sauce blanche ni par où commencer un kebab, rit le gérant. Alors je les ai briefés, et fidélisés. »

À domicile

Il y a autre chose qui distingue Délices d’Atlantis des autres spécialistes du kebab du coin : « Aujourd’hui, je suis le seul sur l’agglo nantaise à faire de la livraison à domicile. Je livre deux à trois fois par jour, sur Saint-Herblain. »

Et enfin, il y a le site Internet de l’enseigne (www.delices-atlantis.fr). C’est rare, pour un kebab.

Réorientation

Ça fait trois ans que l’homme a ouvert son restaurant. Il est commercial de formation. Son épouse, Salma, est une très bonne cuisinière, selon ses dires. Ils ont regroupé leurs compétences. « J’ai été jeune, moi aussi. J’ai mangé beaucoup de kebabs. À la fin, j’ai été dégoûté par la viande de poulet qui débordait dans tous les sens… J’ai eu envie de sortir de l’ordinaire, de me démarquer, de faire un truc classe. » À en juger par les appréciations des clients, mission accomplie.

Enfant des quartiers

D’origine turque, Ibrahim Karatas a grandi à Preux-La Harlière. « Dans les quartiers, la tentation est énorme. Vous pouvez partir à la dérive du jour au lendemain. » Mais il assure ne jamais avoir eu peur pour son avenir. « J’ai toujours eu la tête sur les épaules et j’ai gardé les yeux sur mon parcours. Je n’ai jamais eu aucune appréhension par rapport à ma nationalité, à ma religion. »

Délices d’Atlantis, du lundi au samedi, de 11 h à 21 h 30. 1, place du Cap-Sizun. 02 40 92 01 53, www.delices-atlantis.fr

Lucile MÉTOUT.

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Les instructions fiscales sur la finance islamique sont publiées

Annoncées par Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, pour le début juillet, c’est finalement hier que les instructions fiscales destinées à faire de Paris le hub de la finance islamique en Europe continentale ont été publiées par l’administration. « C’est le fruit d’un travail collectif mené depuis février 2009 et qui a réclamé la consultation de nombreux banquiers, avocats, juristes islamiques, explique Gilles Saint Marc, associé chez Gide Loyrette Nouel. Il correspond tout à fait aux attentes de la place et des différents acteurs concernés. »

Ces instructions portent sur les opérations dites « sukuk » (titre représentatif de la copropriété d’un actif tangible ou de l’usufruit de cet actif), « murabaha » (l’émetteur joue un rôle d’intermédiaire : un vendeur vend un actif à un financier islamique qui les revend à un investisseur moyennant un prix payable à terme), « ijara » (type de location-vente par lequel l’investisseur achète un équipement et le loue à une entreprise en crédit-bail) et « istisna’a » (contrat selon lequel une partie demande à une autre de lui construire un ouvrage contre rémunération. Le paiement est assuré au fur et à mesure de la construction).

Avec ce nouveau cadre fiscal, la France se retrouve aux avant-postes de la finance islamique en Europe continentale et espère attirer les investisseurs appliquant les préceptes de la charia. « Il est difficile cependant d’anticiper pour l’heure l’impact de la mise en place de ces outils, mais il contribue à faire de Paris un cadre attirant pour ces opérations financières », estime Gilles Saint Marc.

L. B., Les Echos

http://www.lesechos.fr/

La place de Paris s’ouvre à la finance islamique

Après un travail de plus d’un an, Bercy a publié mardi 24 août des instructions fiscales qui donnent à la finance islamique un nouveau cadre réglementaire. Paris veut ainsi attirer les fonds d’investissement du Moyen-Orient et devenir la première place financière de l’Europe continentale pour ce type de placements

Que change la nouvelle réglementation ?

« L’objectif était, sur le plan fiscal, de placer les opérations conventionnelles et celles issues de la finance islamique sur un pied d’égalité et de s’assurer ainsi qu’il n’y a pas de discrimination », explique Gilles Saint Marc, associé au cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel. Cet avocat a participé au travail lancé il y a plus d’un an sous l’égide du ministère des finances afin d’élaborer les instructions fiscales publiées mardi 24 août.

Le groupe d’experts réunissait des banquiers, des juristes, des représentants de l’administration et des « scholars », ces jurisconsultes du droit musulman, spécialistes de la charia. « Jusque-là, les dispositions fiscales françaises avaient été pensées pour des opérations financières conventionnelles.

Il a fallu étudier de quelle manière ces mesures pouvaient être applicables aux opérations de finance islamique. Les nouvelles instructions que nous avons bâties portent sur l’application à la finance islamique de la TVA, de l’impôt sur les sociétés ou encore des droits d’enregistrement », détaille Gilles Saint Marc.

Quelles sont les opérations pratiquées par la finance islamique ?

La finance islamique moderne n’a pris son essor que dans les années 1990 et on estime que moins de 1 % des actifs financiers détenus par des musulmans sont investis dans cette classe d’actifs. Le besoin d’un système de finance spécifique aux musulmans résulte du verset 275 de la deuxième sourate du Coran : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » La banque islamique propose plusieurs mécanismes pour se conformer au Coran.

Les sukuk sont des titres financiers, dont la rémunération et le capital sont indexés sur la performance d’un ou plusieurs actifs détenus par l’émetteur. Ces produits sont utilisés par les banques d’investissement.

La mudarabah est un contrat entre un détenteur de capital et un entrepreneur. Le profit est distribué entre les deux parties selon un ratio prédéterminé. La perte financière est subie uniquement par les financiers.

La musharakah consiste, pour la banque islamique, à participer au financement de l’acquisition d’un bien immobilier : 90 % des fonds sont apportés par la banque et le reste par le particulier. Le remboursement obéit à un tableau d’amortissement qui comprend, outre le capital principal, les bénéfices tirés par la banque de l’opération.

L’ijarah est une sorte de leasing, par lequel la banque achète des machines et des équipements puis en transfère l’usufruit au bénéficiaire pour une période durant laquelle elle conserve le titre de propriété de ces biens.

L’istina est un mode de financement à moyen terme. C’est un contrat de fabrication où le vendeur accepte de fournir à l’acheteur, dans un certain délai et à un prix convenus, des biens spécifiés après leur fabrication conformément au cahier des charges.

Quel est l’intérêt de cette adaptation réglementaire ?

L’intention première est d’attirer les fonds souverains des pays du Golfe vers la place de Paris. Bercy estime que « la finance islamique représente 400 à 500 milliards d’euros d’investissement à travers le monde. Le développement de la finance islamique en France est un enjeu pour attirer sur notre territoire une part de ces investissements ».

Pour l’instant, le ministère français des finances s’est concentré sur les investisseurs du Golfe. Il n’a pas encore facilité l’émergence de banques islamiques de détail qui draineraient une partie de l’épargne de la communauté musulmane vivant en France.

Pierre COCHEZ

http://www.la-croix.com/

Bron : une partie de l’église sert de mosquée pour les musulmans

Messieurs El Kessir, Louhichi et Bernin (Photo Céline Bonnaud)

Messieurs El Kessir, Louhichi et Bernin (Photo Céline Bonnaud)

Depuis 2006, l’église Saint-Etienne du Terraillon, à Bron, accueille dans son enceinte des musulmans qui utilisent une partie des locaux pour leur culte.

La cohabitation est inhabituelle, mais d’après les protagonistes, elle fonctionne à merveille. Le père Yves Bernin de l’église Saint-Etienne du Terraillon à Bron loue les salles derrière l’édifice à des musulmans qui les utilisent pour prier.

Jusqu’en 2006, les musulmans des environs louaient un local exigü et pas aux normes de sécurité. La solution s’est concrétisée avec ces salles autrefois dédiées au catéchisme. Le curé de l’église a accueilli à bras ouverts ses nouveaux locataires et il entretient aujourd’hui des relations amicales avec les responsables musulmans. À l’occasion des fêtes, les croyants des deux religions ne manquent jamais de s’inviter mutuellement.

La situation ne devrait pas s’éterniser pour autant : une demande de permis de construire pour une nouvelle mosquée route de Genas, à Bron, devrait être déposée cet automne.

http://www.leprogres.fr/

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Musulmans ou non, ils ont rompu le jeûne

  • Accueil chaleureux et échange culturel au menu du ftour offert samedi soir par l'association des ressortissants marocains à des convives ravis.

    Accueil chaleureux et échange culturel au menu du ftour offert samedi soir par l’association des ressortissants marocains à des convives ravis.

Une centaine de personnes, dont la moitié non musulmane, a partagé dans la bonne humeur le ftour,repas de rupture du jeûne du ramadan.

« Venez, c’est ici ! » Devant l’Association des ressortissants marocains de Flers, un musulman invite des voisins qui s’approchent de l’entrée, samedi, au coucher du soleil. Une sorte de haie d’honneur les accueille à l’intérieur de la grande salle, décorée pour l’occasion de tapis, tentures, et des drapeaux français et marocains suspendus côte à côte. Les sièges sont recouverts de tissu brillant, de longues tables dressées pour accueillir une petite centaine de convives. Voisins, amis ou simples curieux ont répondu à cette large invitation lancée à l’occasion du ramadan. C’est une première !Jean-Claude, 70 ans, salue ses voisins : « J’en connais pas mal, c’est une bonne idée de se rassembler. Je suis catholique mais toutes les religions sont bonnes. »

Dans l’assemblée, plusieurs couples mixtes, comme Yasmina, 21 ans, chrétienne mariée à Khalid, musulman marocain de 25 ans. L’objectif, selon Yasmina : « Faire découvrir les traditions islamiques sans préjugés. » « On n’est pas là pour montrer la religion, précise Khalid, juste pour être unis. » La prière a en effet été faite dans la mosquée attenante avant que n’arrivent les invités.

Colette et Daniel, 75 et 81 ans, venus de Montilly-sur-Noireau, ont « accepté de bon coeur l’invitation. Nous sommes protestants et nous participons au mouvement Vivre ensemble avec les musulmans. » « On est là pour partager avec les gens sans distinction de race et de religion », s’enthousiasme Ousmane N’Diaye, la soixantaine.

Leçon d’ouverture

Une fois les convives assis, Mustapha Smouni, initiateur de l’événement, remercie chacun pour sa présence : « Accepter notre invitation est un signe de fraternité. » La sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet se réjouit que « dans une société en crise, on cherche à montrer ce qui rassemble et pas ce qui divise. Je voudrais qu’on en tire une leçon d’ouverture. » Le maire de Flers est représenté par son adjoint Jean-Pierre Hurel.

Le repas commence : « Il faut prendre les dattes avec la soupe ! », conseille Mustapha, 70 ans, à ses voisins. « Moi j’allais les manger après », hésite une dame avant de tenter l’expérience en riant. « Si vous sortez avec encore la faim, vous payez la note ! », plaisante Mustapha Smouni. Aucun risque ! Les hôtes reviennent régulièrement auprès des tables pour vérifier que rien ne manque. Said Bayati, trésorier de l’association des ressortissants marocains, indique les recettes des mets. Soupe, beignets, crêpes, dattes, salades, brochettes, pain, riz, légumes, salade de fruits… Les femmes de la communauté ont cuisiné toute la journée, les jeunes font le service et les anciens servent le thé à la menthe.

Ahmed Tijani est imam au Maroc, de passage en Basse-Normandie pour rencontrer les musulmans à l’occasion du ramadan : « J’étais dans une autre ville mais je suis venu ici quand j’ai appris qu’il y avait ce partage du ftour. Il devrait y avoir ça dans toutes les villes ! » « Ce n’est qu’un début », lançaient les organisateurs en fin de soirée, au vu du succès de la rencontre.

Alix FROISSART.
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Ramadan : la Grande Mosquée sert 500 à 600 repas tous les soirs

Les bénévoles distribuent des dattes avant la prière / Photo A. B.

Les bénévoles distribuent des dattes avant la prière / Photo A. B.

Pendant le mois de ramadan, la Grande Mosquée offre entre 500 et 600 repas chaque soir. Tout le monde est le bienvenu au 146 boulevard Pinel (8e), musulman ou non.

« J’étais moi aussi en difficulté il y a quelques années », se rappelle l’intendant Farid Zerguine. C’est donc tout naturellement qu’il donne de son temps pour aider à l’organisation des repas pendant le ramadan. Et pour servir un demi-millier de couverts, il en faut de l’organisation. Une trentaine de bénévoles s’occupent ainsi de la cuisine, du service, du nettoyage ou de la sécurité. Pour amasser des stocks suffisant de nourriture, la Grande Mosquée peut compter sur la solidarité des fidèles. « Il y a beaucoup de dons le samedi car c’est un jour de marché », explique Kamel Kabtane, recteur de la Mosquée de Lyon. Peu avant le coucher du soleil, des dattes et du lait sont offerts, conformément à la tradition musulmane. Vient ensuite le temps des ablutions et de la prière puis, à l’intérieur du bâtiment, du repas à proprement parler. Au menu de samedi : entrée froide, « chorba » (soupe d’agneau et de vermicelle), pomme de terre, petits pois, carottes et banane. « Les gens sont très sympas », apprécie Khalil, jeune consultant en informatique venu retrouver des amis. D’après le recteur, ce repas solidaire attire de plus en plus de monde d’année en année. Un bon point pour la convivialité, mais aussi le signe d’un manque de ressources pour une partie croissante de la population.

Arthur Bayon

http://www.leprogres.fr/

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Le marché halal : Compétitions ardues pour six milliards d’euros et ce n’est que le début

Publié par Ahmad.O

La grande distribution française s’est mise à l’heure de la consommation islamique. Dans beaucoup de supermarchés, proches des communautés musulmanes, les espaces dédiés au halal se généralisent. Même la Fnac s’y est mise en mettant en avant dans ses librairies, une sélection de 18 ouvrages consacrés à l’événement. Des livres  de « cuisine du Ramadhan » à des titres religieux comme l’Islam expliqué, par Malek Chebel (éditions Perrin) ou culturels et sociologiques, comme Nous sommes Français et musulmans, de Vincent Geisser et France Keyser (éd. Autrement). De grandes enseignes n’hésitent plus à faire dans le subliminal. Leurs catalogues publicitaires vantent des « parfums d’ailleurs » ou des « saveurs d’Orient », sur fond d’écriture arabisante ou de touaregs marchant dans le désert… Des super et hypermarchés en profitent aussi pour en faire un temps fort de la consommation avec des opérations de promotion de viande halal, notamment merguez, saucisson halal, épices, dattes, frui! ts secs, semoules, couscous et couscoussiers. Dans les allées du magasin Auchan de Bagnolet, dans le nord de Paris, les merguez halal, les dattes et la salade mechouia sont en promotion. En tête de gondole du rayon apéritif, l’accent est mis sur les saucissons halal.
Chez Carrefour, à Montreuil, pâtisseries orientales, viande halal ou encore feuilles de brick bénéficient de réductions. Le hard discounter Lidl fait également des offres sur les tajines en conserve ou les boulettes de kefta. Idem chez ED, Leader Price et Casino. Partout, les offres sont claires. Pour les opérateurs économiques français, il n’est pas question de passer à côté du Ramadhan, pratiqué par environ 70% des cinq à six millions de musulmans vivant en France.
Le marché du halal est estimé à six milliards d’euros en 2010, soit bien plus que celui du bio ou des produits casher. Et ce n’est qu’un début. La croissance annuelle de ce marché est de 15% à 20% !

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Ramadan en France: Tous les coups sont Halal

Le marché, estimé à cinq milliards d’euros, est trop alléchant pour échapper aux convoitises. Tout le monde s’y met. L’arnaque pendant le Ramadhan rapporte beaucoup, et avec l’absence d’un cadre juridique, tous les coups sont halal.

Conserves, surgelés, produits cosmétiques… tout y est. Le halal bat les records de vente. Le marché serait plus conséquent que celui du bio. A l’origine de cet engouement, une forte demande mais aussi une absence unique de certification. Pour rappel, le label halal n’est censé s’appliquer qu’à la viande issue de bêtes égorgées en direction de La Mecque, vidées de leur sang et que le sacrificateur prononce une prière au moment de l’abattage. Mais à mesure qu’il croît et que ses acteurs se multiplient, le marché échappe toujours à une réglementation incontestée malgré les consignes édictées par les trois plus grandes mosquées de France (Paris, Lyon et Evry).

Contrairement aux produits casher, garantis par le consistoire central des juifs de France, il n’existe pas dans l’Hexagone de label halal, reconnu par l’ensemble de la communauté musulmane, estimée à environ 5 millions de personnes, soit la plus importante d’Europe. Les grandes enseignes ont compris, avec du retard, la niche commerciale que représente le secteur. Toutes s’y sont engouffrées. Casino a créé sa marque Wassila et Carrefour propose la gamme Sabrina. Le halal se cache de moins en moins. Des rayons entiers lui sont consacrés dans les grandes surfaces.

Il est pas bon mon halal ?

Halal est aussi une vitrine. «C’est une porte qu’on essaie d’ouvrir, une manière d’attirer l’attention du consommateur musulman, mais n’importe qui ne peut pas faire n’importe quoi. Il faut un cahier des charges unique, une certification unique et un logo unique», remarque cheikh Al Sid Cheikh, assistant du recteur de la Mosquée de Paris. Pour l’instant, la certification unique n’est pas à l’ordre du jour. La certification halal, «c’est un métier, pas une affaire de mosquée. Aujourd’hui, en France, on est dans l’autocontrôle», se désole Ala’a Gafouri, qui a créé le Halal institute of food management industry (HIFMI) pour former des sacrificateurs et des contrôleurs. Selon lui, 80% des produits étiquetés halal ne le seraient pas réellement, notamment dans les marques de distributeurs des grandes enseignes. Mosquées, associations rituelles qui leur sont rattachées ou organismes indépendants peuvent certifier les produits. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) voudrait mettre en place un «référentiel technico-halal» quand d’autres organismes appliquent déjà leur propre label. Le prix de la certification varie en fonction des volumes de viande.

Quelle est donc la cible ?

«Le consommateur halal est aujourd’hui typiquement une femme ou un homme issu de l’immigration, socialisé en Occident, pour qui être musulman est devenu un enjeu identitaire, une façon de sortir du stéréotype de l’Arabe assimilé aux classes populaires et dangereuses. Aujourd’hui, le halal est le produit d’une ascension sociale et culturelle combinée à une stagnation économique due à des pratiques d’exclusion que les générations issues de l’immigration continuent de subir, mais que certains jeunes entrepreneurs musulmans savent désormais instrumentaliser à leur avantage», analyse, dans Libération, Florence Bergeaud-Blackler, sociologue et experte en commerce international.

Pour la sociologue Dounia Bouzar, le marché halal est victime de son succès. «On assiste à des dérives purement mercantiles parce que certains ont bien vu les possibilités de profit. On a des générations entières qui croient que si elles ne mangent pas halal elles iront en enfer», explique l’universitaire, qui déplore que le qualificatif «halal» soit aujourd’hui accolé à toutes sortes de produits, alors qu’il devrait être réservé à la viande. Le marché aimant le flou juridique, la niche est devenue très courtisée. En jouant sur le principe, des entreprises ont développé des lignes entières de produits, des cosmétiques aux conserves ou aux surgelés ne contenant pas forcément de viande. Le bizness est halal.

source: Elwatan

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Ramadan : pas de jeûne pour le marché halal

Pour ses clients du Saint-Quentinois, Amina livre à domicile les bonbons commandés via internet.

Du mouton au bonbon, la nourriture musulmane s’adapte à ses fidèles. Pour éviter le porc, mille moyens existent au niveau local.

Depuis 14 ans, Picardie halal distribution permet aux Saint-Quentinois de manger halal. C’est-à-dire en respectant la méthode d’abattage traditionnel musulmane. « C’est tout simplement une façon d’égorger l’animal. Les services d’hygiène passent régulièrement. A la différence de la boucherie française traditionnelle, les boucheries halal proposent une viande ayant été coupée avec moins de technique, d’où le prix inférieur », précise Mohamed Friekel, le propriétaire.
En période de ramadan, une fois le jeûne rompu, les fidèles ne mangent pas plus. « Les gens sont très gourmands. Mais une fois qu’ils ont commencé à manger, ils ont vite le ventre plein. Et comme ils n’aiment pas gaspiller, ils mangent les restes le lendemain. » Le halal ne permet donc pas aux métiers de bouche de dégager plus de bénéfices lors du ramadan.
La traçabilité est également de mise, comme dans n’importe quel système alimentaire. Mais comment s’y retrouver parmi les labels ? «Il y a un méli-mélo assez grave pour l’organisation du halal. Tout le monde veut tirer la couverture à soi. C’est comme un plombier qui prend 150 € pour une simple réparation », explique Mohamed Friekel à propos des abus de prix.
Même son de cloche à l’Épicerie du Souk, ouverte depuis deux mois et demi, boulevard Pompidou, à deux pas du quartier Europe. « On fait surtout dans le bazar. Pour la partie épicerie, je ne note pas plus de vente depuis le début du ramadan », constate le gérant.

Essor des bonbons halal

Amina Moulaï a créé son entreprise de bonbons halal voilà maintenant quatre ans. Basée à Gricourt, cette mère de trois enfants est avant tout une consommatrice d’oursons à la guimauve, chamallows, sucettes et autres douceurs. « Je mangeais les bonbons sans faire attention aux ingrédients, mais lorsque j’ai eu mon premier enfant, je n’avais pas envie de lui faire goûter des bonbons à base de gélatine de porc », explique Amina.
Diplômée d’une maîtrise en économie et gestion obtenue à Paris X, elle s’est donc lancée dans la commercialisation des gourmandises halal, « un marché en pleine expansion ». Ses friandises sont importées de Turquie. Quant à la gélatine de bœuf ou de poisson, elle provient du Pakistan. « Travailler avec la Turquie est un avantage car ils respectent les normes européennes et en même temps j’ai le certificat halal, qui est visible sur mon site internet », indique la jeune femme. Si elle a démarré son activité avec sept variétés de bonbons, elle en compte aujourd’hui cinquante sur ses étagères. « Je travaille essentiellement avec des particuliers, mais aussi avec des associations. L’avantage d’internet, c’est que je suis visible partout et outre les clients de France, j’ai des commandes

en Belgique, en Angleterre et récemment à l’Île de la Réunion. »
Depuis le début du ramadan, elle observe une hausse de la demande : « Les consommateurs savent que les ingrédients sont licites. Ils n’ont pas à lire les étiquettes et pendant le mois de jeûne, ils commandent des friandises pour préparer la fête de l’Aïd. Peut-être parce que les femmes sont plus gourmandes, ma clientèle est essentiellement féminine », conclut Amina.

Anne-Lise DUPAYS et Thomas DELAVERGNE

QUID DES MALADES ?
Certains musulmans ne peuvent pas se soumettre à la période de jeûne qu’impose le ramadan. Les femmes enceintes, allaitantes, ayant leurs cycles menstruels ou les personnes malades doivent continuer à s’alimenter comme d’habitude.
Rachida* est dans ce cas. Contaminée récemment par une hépatite qui l’affaiblit, elle a dû se résoudre à ne pas jeûner. « Ce n’est pas la première fois, explique-t-elle. Mais, on est pardonné quand on est malade. »
D’autant qu’une compensation est apportée en témoignage de sa foi. « A la fin, je donnerai 50 € à une femme dans la nécessité, qui est au RSA », confie-t-elle.
Attendant l’an prochain pour observer le ramadan, Rachida participe tout de même, chaque soir, à la rupture du jeûne avec sa famille, en souhaitant « saha ftourek » (bon appétit) à chacun.

*Prénom d’emprunt

Aurélien WÄLTI

KEBAB : LA DIVERSITE PRIME
Au diable les idées reçues : « Non, les kebabs n’ont pas une clientèle principalement musulmane, donc nos ventes ne bougent pas plus que ça pendant le ramadan ».
Ce précepte nous a été répété par plusieurs employés, en majorité turcs dans la ville. Environ la moitié de la quinzaine d’enseignes saint-quentinoises a pris des vacances. Le ramadan ayant lieu cette année en août dans le calendrier musulman, cela passe quasiment inaperçu aux yeux des habitués du calendrier chrétien qui rythme notre société. Même si la majorité font le ramadan, en aucun cas, les vendeurs de kebab ne changent leurs horaires d’ouverture, souvent tardifs. « On conserve les mêmes horaires, car notre clientèle est basée sur toutes les races, couleurs… Mon jeûne attend, ce n’est pas le plus important. C’est un mois que j’aime beaucoup », témoigne ce vendeur.
Et là encore : halte aux clichés ! Tous les musulmans ne pratiquent pas le ramadan. « Merci de rappeler que les règles d’hygiènes sont respectées aussi. » C.Q.F.D.

Thomas

DELAVERGNE

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La ruée vers le halal

Tenant compte des sollicitations des clients de ses boucheries qui lui réclamaient d’autres produits halal, Mitat Atilgan a ouvert en juin une enseigne spécialisée à Forbach.  Photo Philippe RIEDINGER

Tenant compte des sollicitations des clients de ses boucheries qui lui réclamaient d’autres produits halal, Mitat Atilgan a ouvert en juin une enseigne spécialisée à Forbach. Photo Philippe RIEDINGER

Depuis trois ans, le halal sort des boucheries traditionnelles musulmanes pour s’installer dans les grandes surfaces. Avec un chiffre d’affaires attendu de 4,5 milliards d’euros en 2010, le halal est un marché en vogue.

Amorcée il y a une dizaine d’années, la présence dans les supermarchés de produits certifiés halal est aujourd’hui incontournable.

LE FAIT DU JOUR

Difficile d’échapper à ce phénomène tant les produits estampillés halal ont fleuri dans les rayons.

Pourtant, de nombreux consommateurs ne connaissent pas sa signification. Par opposition à « haram », ce qui est interdit, le terme « halal » signifie ce qui est autorisé par la religion musulmane. Appliqué à l’alimentation, il s’agit donc de la nourriture autorisée par le Coran. Le porc, considéré comme un animal impur, est d’office interdit. Pour le reste du bétail, la certification halal passe par l’abattage de l’animal selon le rituel musulman : il doit être conscient et avoir la tête tournée vers la Mecque au moment de l’égorgement réalisé par un sacrificateur agréé.

Le ramadan période faste

« Le cœur de cible des distributeurs de produits halal, à savoir la population d’origine maghrébine, compte au bas mot cinq millions de personnes en France, c’est donc loin d’être un segment mineur », explique Abbas Bendali, directeur du cabinet Solis, spécialisé dans les études de marketing ethnique.

Longtemps limitée aux boucheries et épiceries spécialisées, la croissance exponentielle du halal n’en finit pas. « Nous estimons que sur les achats de produits alimentaires, le marché halal réalisera un chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros en 2010 », continue le chercheur, « Pour ce qui est de la restauration hors domicile, dans les sandwicheries et kebabs qui se développent fortement, le chiffre d’affaires atteindra le milliard d’euros. »

Ce marché florissant aiguise l’appétit de grands groupes généralistes, comme Nestlé, qui développent ou élargissent leurs gammes de produits halal. Au-delà de la prescription religieuse, le halal est donc devenu un vrai business qui dévoile son ampleur lors du neuvième mois du calendrier musulman. « La période du ramadan est un temps fort commercial pour les acteurs du secteur. Pour les industriels, c’est une excellente occasion d’écouler des produits et d’en tester de nouveaux », analyse Abbas Bendali. Depuis plusieurs semaines, les supermarchés jouent la carte halal en têtes de gondole et sur leurs catalogues promotionnels pour attirer le chaland.

Du côté des marques, la bataille marketing est lancée pour gagner les faveurs des consommateurs.

Un filon presque inépuisable

Autrefois borné à la viande, le halal s’étend maintenant sur de nombreux produits. Si les produits carnés, la charcuterie et les plats cuisinés demeurent le cœur du business, les produits étiquetés halal concernent aujourd’hui tous les produits de consommation.

Des cosmétiques aux bonbons en passant par le foie gras et la raclette, le halal touche à tout. « Les consommateurs musulmans ne mangent pas que du couscous et du tajine… Il y a une véritable attente de leur part sur de nombreux produits alimentaires de la gastronomie française ou de la cuisine du monde, précise Abbas Bendali, Par contre, d’autres produits restent anecdotiques. Sur internet, on peut trouver un sex-shop et un hôtel halal. Cela fait recette donc certains essaient d’en abuser. »

Pour le chercheur, l’arrivée à l’âge adulte des enfants de migrants avec un pouvoir d’achat supérieur à celui de leurs parents assure une expansion certaine du marché halal.

Entre ce dynamisme démographique, l’extension du périmètre du marché et le succès du label auprès du grand public, le halal a encore de beaux jours devant lui.

F. B.

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« Seulement la viande et ses dérivés »

Ahmed Belghazali conseille   de rester méfiants.  Photo RL

Ahmed Belghazali conseille de rester méfiants. Photo RL

Alors que le halal s’affiche sur de nombreux produits, Ahmed Belghazali, président de l’Institut islamique de Thionville, conseille aux consommateurs de rester vigilants sur les produits qu’ils achètent.

Après l’essor des boucheries musulmanes, on trouve maintenant des produits halal dans les supermarchés. Quel est votre avis sur ce développement ?

Ahmed BELGHAZALI, président de l’Institut islamique de Thionville : « L’essor du marché halal est simplement le reflet de la société, qui compte de plus en plus de personnes de confession musulmane. Le halal existe depuis toujours. Il est juste plus visible aujourd’hui et la gamme de produits disponibles est plus large, notamment en matière de charcuterie. C’est une bonne chose pour les musulmans, qui peuvent faire leurs courses plus facilement et accéder à de nouveaux produits. Les bonbons halal, sans gélatine de porc, font le bonheur des enfants musulmans, qui peuvent manger les mêmes que leurs copains. Face au large choix qu’ils ont enfin, les consommateurs doivent néanmoins rester méfiants. »

Vous pensez qu’il y existe des dérives sur le marché du halal ?

« Le marché est porteur alors certaines personnes font tout et n’importe quoi. On a déjà vu de la viande certifiée halal qui ne l’était pas. Il est facile de tromper les gens en accolant une simple étiquette sur un emballage. Les consommateurs doivent donc être prudents et bien se renseigner sur l’origine de la viande, l’organisme de certification… J’ai même vu une boîte de semoule estampillée halal alors qu’elle est naturellement autorisée, comme tous les fruits et légumes. La certification halal ne concerne que la viande et ses produits dérivés. C’est simple : tout ce qui n’a pas été interdit dans le Coran ou la Sunna est licite. »

Il existe une dizaine d’organismes de certification en France, êtes-vous pour une certification unique ?

« Certains organismes comme A votre service (AVS) sont fiables mais il est de plus en plus crucial d’instaurer une réglementation nationale pour que le flou qui règne sur le marché du halal disparaisse. Pour éviter les tromperies sur la marchandise, il faut contrôler tout le processus de fabrication et assurer le respect des règles alimentaires préconisées par le Coran. »

Propos recueillis par F. B.
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Les rayons halal se portent bien dans les supermarchés

Christophe et Jasmine devant l’un des deux présentoirs halal nouvellement installés chez Carrefour market.
En cette période de ramadan, la clientèle musulmane trouve dans l’agglomération de Montargis des produits halal certifiés par la mosquée d’Évry. Des non musulmans aussi aiment le goût de la viande halal.
Les rayons halal (en arabe, licite) se répandent dans les supérettes et les grandes surfaces de l’agglomération montargoise. Dia, Carrefour market et Super U à Châlette, Franprix au coeur de Montargis, Géant Casino et le Centre Leclerc d’Amilly vendent désormais des produits halal.

Il s’agit d’aliments contenant de la viande ou de la graisse d’animaux tués selon le rite musulman. Carrefour market les propose depuis une semaine, les autres depuis l’automne dernier ou depuis plus longtemps. Tous répondent à une demande de la clientèle originaire de Turquie ou d’Afrique du Nord. Tous proposent de la viande emballée certifiée halal et la plupart vendent aussi des plats cuisinés, par exemple des raviolis. Ils veillent à éloigner du porc les présentoirs halal.

Ces rayons ont du succès. Celui du Géant Casino a même été agrandi. Leur essor ne semble pas être lié au ramadan et ils ne disparaîtront pas avec lui. Simplement, les ventes peuvent augmenter au début et à la fin du mois sacré.

La nourriture carnée conforme au Coran est aisément reconnaissable : on y voit « halal » écrit en vert, la couleur de l’islam. On peut donc la choisir ou l’éviter, selon ses convictions.

Une viande certifiée

Pour les clients inquiets ou sceptiques, la mosquée d’Évry-Courcouronnes certifie conformes à l’abattage rituel les viandes vendues par Dia, Carrefour market, Géant Casino et le Centre Leclerc. Donnent aussi leur aval la mosquée de Paris pour Carrefour market, celle de Lyon pour Géant Casino, une mosquée étrangère pour Super U.

Est-ce la raison pour laquelle le halal est bon marché au Super U, alors que dans les autres magasins il est un peu plus onéreux que la viande de fabrication française ? Le prix plus élevé viendrait d’un travail plus long dans l’abattoir français, car il faut égorger chaque bête isolément et prendre le temps d’une formule rituelle.

Une viande goûteuse

Si beaucoup de gens ne sentent aucune différence de goût entre une viande de fabrication française et une viande halal, d’autres préfèrent le halal et ce n’est pas toujours parce qu’ils sont musulmans.

M. Horson, de Dia, Mme Maertens, de Franprix, apprécient le goût de la viande halal. Mme Maertens explique que la bête égorgée sans avoir été insensibilisée a peur à l’approche de la mort, que ses muscles se contractent et gardent ainsi leur moelleux ou leur humidité quand on les consomme. La viande est savoureuse, même le lendemain de l’achat.

C.D.
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HALAL – Un marché en vogue

Le marché du halal en France vaut deux fois plus que celui du bio. En ce mois de ramadan, le chiffre d’affaires explose. Les produits s’affichent désormais fièrement dans les rayons, même si la certification et les méthodes d’abbatage font débat

5,5 milliards d’euros, voilà selon le cabinet d’études marketing Solis, le poids du marché du halal en France. Même si cette somme peut paraître surévaluée pour la Grande mosquée de Paris, le constat est sans appel : le halal est aujourd’hui rentré dans les mœurs françaises et a sa place à part entière dans les rayons des grandes surfaces. « Le marché a été initié par les exportateurs occidentaux dans les années 1970 pour vendre leurs carcasses dans les pays  musulmans. Il s’est ensuite, dans les années 80-90, adapté à la demande intérieure des immigrés et de leurs familles », explique Florence Bergeaud-Blackler, sociologue au CNRS et auteur de Comprendre le halal.

Qu’est-ce qui est permis ?
Produits surgelés, plats préparés, conserves (AFP), rouge à lèvres mais aussi saucissons, une infinité de produits peuvent se targuer du sigle « halal »(« ce qui est permis » en arabe). Les règles islamiques sont cependant claires : pour qu’un musulman puisse consommer un produit, il ne doit pas contenir d’alcool, de sang et de produits porcins. Pour ce qui est de l’abattage de la viande, les bêtes doivent être égorgées en direction de La Mecque, et vidées de leur sang. Le sacrificateur doit également prononcer une prière au moment de l’abattage.

Un problème de certificat
Si les 9.000 boucheries halal suivent les préceptes au pied de la lettre, il est difficile d’en être certain pour l’ensemble du marché. D’après Ala’a Gafouri, fondateur du Halal Institute of Food Management Industry (HIFMI), 80% des produits étiquetés halal n’en seraient pas dignes. La certification halal pâtit en effet de son manque d’organisme de contrôle. Associations liées à une mosquée, sociétés indépendantes ou pas, toutes peuvent délivrer des certificats. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) espère la prochaine mise en place d’un « référentiel technico -halal » (RTH) pour organiser tout cela mais le boom du marché ne facilite pas les choses.

De communautaire à populaire
En attendant plus de clarté, les grandes marques du halal quittent peu à peu leur niche « produits exotiques » pour enfin conquérir les autres rayons des grandes surfaces. Le leader du marché, Isla Délice vient même de s’offrir 6.000 panneaux publicitaires à travers la France. Finis les clichés du couscous et des boulettes, la marque a choisi pour sa nouvelle campagne de pub un bœuf charolais et un coq avec pour slogan « fièrement halal ».
Mais cette nouvelle visibilité du halal n’est pas pour plaire à tout le monde, on se souvient notamment de la polémique, il y a quelques mois autour de l’ouverture à Roubaix d’un fast-food Quick 100% halal. Malgré les remous, Quick France devrait réitérer le test en offrant des menus halal dans d’autres branches dans les prochains mois. Outre les grands débats autour des dérives communautaires –apparemment déclenchées par de simples hamburgers -, d’autres voix s’élèvent contre l’ »envahisseur halal ». Brigitte Bardot, grande défenseuse de la cause animale, s’insurge : « aucune religion ne demande de torturer et de sacrifier des animaux au moment de leur mise à mort pour notre survie. Je trouve ça scandaleux ». Selon elle, les Français mangent halal sans le savoir « parce que 80 % des abattoirs français ne pratiquent plus l’étourdissement avant la saignée, parce que ça va plus vite et qu’on peut en vendre partout ». Interrogée sur Europe 1, l’idole des années 1960, pousse son plaidoyer jusqu’à déclarer : « le ramadan, je m’assieds dessus ».

Que BB le veuille ou non, les cinq à six millions de musulmans français restent très attachés à la tradition halal. D’après la sociologue Dounia Bouzar, les jeunes, même les moins pratiquants (buvant notamment de l’alcool), respectent au moins ce principe.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com)

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Des certifications «halal» à la tête du client

Contrairement au bio, il n’existe pas (encore) de réglementation stricte définissant ce qui est ou non «halal». Conséquence : certains font de l’argent en «certifiant» halal n’importe quoi n’importe comment. Il faut dire que ce genre de label ouvre les portes vers un «business» gigantesque…

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© Belga/AFP

L’engouement actuel des industriels et de la grande distribution pour le halal est plus qu’un phénomène de mode : c’est devenu un fait de société. Partant de la constatation qu’environ 20 % de la population mondiale est de confession musulmane et qu’il y a près de 600.000 musulmans en Belgique, on imagine les enjeux financiers colossaux que le développement du halal business peut représenter.
Chez nous, certains l’ont bien compris et ont fait de ce créneau particulier leur vecteur de croissance, à l’image de Marc Guiot, gérant de Food’X, une PME de Gembloux productrice de sauces (bolognaise, arrabiata, pesto, etc.) et de lasagnes végétariennes : «Au départ, notre business plan était spécifiquement orienté sur le casher. Nous nous sommes évidemment pliés à toutes les contraintes pour que nos produits soient reconnus – et certifiés – comme tels. Cela passe notamment par la présence en nos installations du délégué du rabbin pendant toute la durée du processus de fabrication de nos produits.»
Cette contrainte amène de facto une sous-utilisation des capacités de production de l’entreprise, celle-ci devant nécessairement travailler «sur rendez-vous», selon les disponibilités du délégué du rabbin. «Nous nous sommes rendu compte que les efforts consentis pour être reconnu casher pouvaient être valorisés dans le but de voir nos produits reconnus halal également, poursuit Marc Guiot. A ce niveau, les capacités d’absorption du marché sont telles que nous sommes déjà amenés à devoir réaliser à brefs délais un investissement dans une toute nouvelle ligne de production. Il nous en coûtera environ 500.000 euros mais nos prévisions de vente portent, en rythme de croisière, sur un chiffre d’affaires annuel 10 fois plus élevé !»
Le succès de la formule, cependant, passera nécessairement par la production d’un sésame : la certification halal.

Une certification avec la chambre de commerce de Bruxelles

A Liège, Arnaud Jacquemin a développé, avec sa sprl Orient Drink, le concept de «boisson festive» Night Orient, sorte de «méthode champenoise» produite dans un contexte halal, avec l’ambition à moyen terme d’écouler chaque année un million de bouteilles. «Quand vous travaillez à l’exportation, il n’est guère évident de trouver une certification reconnue, prévient-il. Contrairement au bio, il n’existe pas de dispositions législatives et réglementaires claires et strictes. Bref, dans les certifications halal, on est encore trop souvent dans le règne du moi, j’estime que… Et je ne vous cache pas que j’ai eu, au départ, beaucoup de mal à choisir une formule convaincante.»
Cette analyse est partagée par Bruno Bernard, consultant et auteur d’un guide pratique consacré au halal. Ce Liégeois, spécialiste du commerce international, fustige au passage «les marges de cochon» que se font certains sur le dos des entreprises désireuses de décrocher le fameux sésame : «Vous n’imaginez pas le nombre de charlatans qui proposent leurs services en la matière aux entreprises. Certains n’ont même qu’un numéro de GSM et pas d’adresse postale !»
Lobbyiste auprès du Parlement européen, Bruno Bernard s’active ces temps-ci à mettre de l’ordre dans la nébuleuse des certifications halal. Il a notamment planché, pendant trois ans, sur sa propre méthodologie de certification. «Cette formule implique la chambre de commerce de Bruxelles (BECI) dans le processus. Aux yeux de nos prospects musulmans, une chambre de commerce s’apparente en effet à une institution étatique, ce qui les met en confiance en leur offrant un gage de qualité et de sérieux. Bref, cela aide à ouvrir des portes et à convaincre.»
En l’espace de quelques mois à peine, grâce à ce précieux sésame, Arnaud Jacquemin a déjà pu ouvrir les portes de marchés comme le Qatar, le Koweït, Dubaï, l’Iran, le Maroc et la Tunisie.

Objectif export

«Mon business model permet d’obtenir une certification halal pour plus ou moins 1.500 euros», chiffre Bruno Bernard. Certains estiment que, pour un coût pareil, la certification ne peut être faite sérieusement. «Nous travaillons avec l’Algex (Ndlr, sorte d’alter ego de l’Awex en Algérie), se défend le consultant. Et c’est un Imam de l’école coranique de Constantine qui se déplace chaque fois expressément pour réaliser l’audit. Les 1.500 euros suffisent à payer son avion, son visa, son hôtel, son travail et à dégager une petite marge bénéficiaire. Je démontre donc qu’il ne faut pas nécessairement dépenser des fortunes pour être reconnu halal. Ce budget est à la portée de n’importe quelle PME désireuse de se développer à l’exportation, sans compter le petit plus que cela peut aussi représenter sur le marché intérieur.»
Pour le gérant de Food’X, il s’agit d’une opportunité à côté de laquelle il ne veut pas passer : «Dans la filière agroalimentaire, à l’export, le made in Belgium vaut vraiment son pesant d’or et les potentialités à développer sont énormes. C’est maintenant qu’il faut sauter dans le train. Il y a encore de la place !»
Jean-Marc Damry
http://trends.rnews.be/

Formation au halal pour le personnel médical des prisons

26.08.10 – 12:57Des séances d’information sur le halal, c’est-à-dire ce qui est autorisé par la religion musulmane : c’est un projet pilote dans deux prisons francophones. Dès octobre, le corps médical de la prison d’Andenne et d’Ittre apprendra à mieux connaître la notion de halal.

Le respect de la liberté des religions est obligatoire dans les prisons. Les prisonniers musulmans qui le souhaitent reçoivent donc une nourriture sans viande de porc. Mais il y a des dérivés de porc qui peuvent se retrouver dans d’autres produits, comme par exemple, les médicaments. Laurent Sempot, porte-parole des prisons. « Nous sommes confrontés à des détenus musulmans en assez grand nombre, donc nous avons estimé qu’il était intéressant d’informer notre personnel médical de la notion de halal et de la problématique du halal. C’est surtout pour mieux connaître et éviter un malentendu qui pourrait prendre des proportions complètement inutiles ».
Au commande de ces séances d’information et de sensibilisation, deux spécialistes : une sociologue française et un expert belge, Bruno Bernard. « Halal est un produit qui, pour l’Islam est licite, qui est autorisé. Il y a deux courants : est halal ce qui ne contient pas d’alcool ni de porc pour les deux parties principales, mais il y a autre chose, beaucoup de médicaments à base de porc, des gélules, des suppositoires qui contiennent des dérivés du porc. Par définition ces médicaments ne sont pas halal. »
Le projet pilote dans les prisons d’Andenne et d’Ittre sera évalué. L’administration pénitentiaire décidera alors si elle estime utile d’appliquer cette méthode à toutes les prisons belges.

M. Wachter

http://www.rtbf.be/

Dossier : Le ramadhan en France

70% affirment observer le jeûne

Dans les quartiers à forte concentration musulmane comme la Goutte d’or et Barbès à Paris, l’on se rend vite compte qu’on est en plein mois de ramadan.

A quoi ressemble le mois de jeûne en France ? Qu’est-ce qui fait sa particularité ? Comment les musulmans se préparent-ils à l’accueillir ? Annoncé par le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui s’était réuni à la Grande Mosquée de Paris pour fixer la date du début du ramadan, mois de grands moments de piété et de partage, il ne passe pas inaperçu sur l’autre rive de la Méditerranée, notamment dans les grandes villes où réside une importante communauté musulmane, à l’instar de Paris, Marseille et Lyon. En effet, la France est le premier pays d’Europe comptant le plus grand nombre de musulmans, 5 à 6 millions, et parmi eux 70% affirment observer le jeûne, selon une enquête réalisée l’année dernière par l’Institut français d’opinion publique (Ifop), contre 60% il y a une vingtaine d’années. Dans les quartiers à forte concentration musulmane comme la Goutte d’or et Barbès à Paris, on sent vite que c’est ramadan, tant il est rare de voir un habitant du coin manger, boire ou fumer dans la rue. Les marchés aussi sont dans l’ambiance du ramadan à travers les gâteaux traditionnels, les dattes, mais aussi et surtout la viande halal, proposés par les commerçants, des Maghrébins le plus souvent.

Les grandes enseignes de distribution telles que Auchan, Carrefour et Leclerc se mettent aussi, depuis quelques années, à l’heure du mois sacré en réservant des stands aux produits halal : viande, épices du Maghreb et dattes entre autres, qu’elles écoulent grâce à des campagnes publicitaires lancées plusieurs semaines auparavant. En effet, le marché halal en France, représentant un enjeu intéressant sur le plan économique, suscite une concurrence entre organismes investisseurs de plus en plus forte. Selon des estimations, il pèserait désormais près de 5 milliards d’euros ; chiffre notamment contesté par la Grande Mosquée de Paris qui le juge surévalué. Sur un autre plan, des quêtes sont organisées au niveau des mosquées et des marchés et l’argent récolté servira à la préparation de plats pour les nécessiteux.

Autres signes de ramadan en France : les quartiers abritant une forte communauté musulmane sont très animés le soir après la rupture du jeûne. Ailleurs, des associations organisent régulièrement des expositions et des concerts.

Décor de circonstance à Marseille

S’il est une ville de France où les signes du ramadan sont perceptibles un peu partout, c’est bien Marseille, la « 49e wilaya d’Algérie » comme aiment à l’appeler certains, en référence à l’importante communauté algérienne qui y est établie.

Quelques jours avant le début du mois sacré, ses « ingrédients » font leur apparition dans les marchés. Epices, gâteaux orientaux, piments et olives faits maison, tous les produits ramadanesques sont proposés par les commerçants qui ne lésinent pas sur leur voix pour attirer le maximum de clients et faire un bon chiffre d’affaires. Pour certains, cela passe aussi par le lancement de promotions sur les produits les plus demandés durant le mois de jeûne, comme la viande, par exemple. Ces soldes exceptionnels touchent également… la téléphonie.

Les taxiphones proposent des offres de communication alléchantes vers les pays du Maghreb particulièrement à l’occasion de ce mois. Des quêtes d’argent pour construire des mosquées sont organisées, avec l’autorisation des autorités locales, par des étudiants qui sillonnent les marchés plusieurs jours avant le début du ramadan. « Récemment, un jeune étudiant chargé de cette mission au niveau du marché aux Puces, m’a révélé qu’il avait réussi à amasser pas moins de 900 euros en une seule journée. C’est vous dire combien les gens sont généreux ici », souligne Noureddine, un Algérien de 38 ans qui vient juste de s’installer dans la cité phocéenne. Au niveau des mosquées aussi – une au moins par arrondissement, l’ambiance ramadanesque est visible.

Des réunions y sont organisées une semaine avant le lancement du mois sacré pour récolter l’argent nécessaire à la préparation de plats en faveur des nécessiteux. Chaque fidèle est appelé à apporter sa contribution pour la réussite de cette action de solidarité en fonction de ses moyens, bien sûr. Dans le même registre, des familles invitent, plusieurs jours à l’avance, les étudiants et les personnes vivant seules à rompre le jeûne avec elles. Par ailleurs, des entreprises et des associations procèdent, deux ou trois jours avant le début du mois sacré, à la distribution de calendriers « spécial ramadan » sur lesquels sont portés les horaires de l’iftar et de l’imsak. De leur côté, certains médias locaux, comme Radio Soleil et Radio Gazelle, fournissent aux musulmans toutes les informations relatives au mois de ramadan, qui « ne passe pas du tout inaperçu ici », commente Noureddine. Et pour cause : « Les musulmans sont présents en grand nombre à Marseille. » « Ce qui frappe l’esprit ici durant le ramadan, c’est que de nombreux bistrots et restaurants sont fermés la journée. La raison ? Ils sont tenus par des musulmans », conclut-il.

Les employeurs face à la pratique du jeûne

Attitude n De plus en plus d’entreprises acceptent la pratique du jeûne de ramadan en France. Mieux encore, certaines procèdent à des aménagements horaires pour leurs employés musulmans.

Les températures élevées, les longues journées d’été, les sorties tardives du travail seront autant d’ennemis pendant ce mois de privation. Cette année, le ramadan au mois d’août est une véritable aubaine pour les musulmans. Beaucoup partent en congé et certaines entreprises ferment carrément. « On en a de la chance : on peut jeûner tranquillement sans avoir à se soucier des contraintes du boulot », relève Amar qui exerce dans une collectivité locale à Paris. De son avis, il n’est pas toujours facile de travailler à jeûn : « Votre responsable hiérarchique se rend vite compte que vous n’êtes pas en possession de tous vos moyens et tente d’en connaître les raisons. Si vous lui dites la vérité, il risque d’avoir une opinion négative sur vous avec toutes les idées reçues sur les musulmans. » « Quand le ramadan coïncide avec les congés comme c’est le cas cette année, on évite tout cela », poursuit-il.

Cependant, en règle générale, un grand nombre d’employeurs sont conciliants et acceptent d’aménager les conditions de travail de leurs employés pratiquant le jeûne, sans que ce geste désorganise l’entreprise ou que le reste du personnel en pâtisse. Certains accordent souvent le droit à leurs employés de partir plus tôt. Parfois, ils accordent l’Aïd en « jour férié » pour tous. Ce type de pratique permet à tous les employés de travailler harmonieusement et donc plus efficacement. L’employeur comme les employés sont gagnants. « J’ai eu la permission de partir à 20h 30 au lieu de 21h pour pouvoir manger plus tôt, car c’est très fatigant », a témoigné à l’Agence France Presse (AFP) Mariana, 41 ans, femme de ménage pour une société de nettoyage. Seulement, dans la majorité des cas, les salariés musulmans préfèrent ne pas en informer leurs employeurs, encore moins leurs collègues. Quand ils se sentent en difficulté au travail, ils préfèrent opter pour un départ en congé plutôt que de demander un quelconque aménagement. Et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de travailler doivent, alors, se surpasser pour ne pas paraître en méforme et éviter ainsi les remarques qui pourraient en découler. « Il ne faut surtout pas que votre rendement diminue, car on risque de faire vite le lien avec ramadan. Personnellement, je fais tout mon possible pour que l’on ne me dise pas que je travaille moins durant ce mois », relève Amar. _ Pour les femmes qui travaillent, la tâche est encore plus difficile, car une fois la journée de travail terminée, le plus souvent à 17h ou 17h 30, elles doivent s’atteler à la préparation du f’tour.

« Pas de vacances au bled cette année ! »

Les émigrés, qui constituent le gros de la communauté musulmane de France, ont été peu nombreux à passer leurs vacances, cette année, dans leur pays d’origine. Ceux qui l’ont fait ont opté pour juillet au lieu d’août pour pouvoir passer le mois de jeûne en France. La raison ? « Il est vraiment difficile de jeûner sous la chaleur, le temps est plus clément ici », nous a-t-on expliqué.
Du coup, les avions à destination d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie pour ne citer que ces pays du Maghreb, affichent ‘’vides’’ ou presque depuis le début du mois de ramadan. Pourtant, les compagnies aériennes ont lancé des promotions alléchantes, sans toutefois réussir à séduire grand monde.

Des mosquées pleines à Paris

Images. Quand le mois sacré débute, les mosquées, implantées pour la plupart dans les 18e et 19e arrondissements, s’avèrent le plus souvent trop exiguës pour accueillir les nombreux fidèles.

C’est dans les quartiers où il y a une forte communauté musulmane que l’on peut véritablement sentir l’« odeur » du ramadan à Paris. Ils sont principalement répartis entre les 11e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Les plus connus restent la Goutte d’or et Barbès où les produits typiquement ramadanesques, tels que la zlabia, font leur apparition dans les marchés dès la dernière semaine du mois de chaâbane. Quand le mois sacré débute, les mosquées, implantées pour la plupart dans les 18e et 19e arrondissements s’avèrent le plus souvent trop exiguës pour accueillir les nombreux fidèles qui y viennent accomplir leur devoir religieux. « Ces lieux de culte sont très fréquentés durant ce mois car beaucoup tiennent à y accomplir la prière du coucher du soleil », témoigne Amar, 42 ans, qui vit à Pantin dans le 18e arrondissement depuis bientôt 13 ans. Selon lui, les jeunes générations issues de l’émigration sont très attachées à l’islam : « Elles sont de plus en plus pieuses : elles font la prière, observent le jeûne, mangent halal. » Certaines mosquées offrent également aux nécessiteux et autres personnes vivant seules la possibilité de rompre le jeûne en groupe. Au menu, l’incontournable chorba, un plat de résistance avec viande et un dessert le plus souvent.
La particularité du ramadan cette année dans la capitale française pour Amar, ce sont « les rayons de produits halal introduits par les grandes enseignes de distribution.

Pratiquement, toutes ont lancé des campagnes publicitaires quelques jours avant le mois sacré pour faire connaître leurs nouveaux produits. Il faut dire que les musulmans dans la région parisienne sont très nombreux ». Sur un autre registre, il indique que les soirées sont un peu plus animées que d’habitude. « Ceci est dû au fait que le mois sacré intervient cette année en plein mois d’août. Beaucoup sont en congé et une fois n’est pas coutume, ils ne sont pas partis au bled. Du coup, ils sortent le soir et veillent jusqu’à une heure tardive », explique-t-il, non sans signaler que des concerts et des galas sont organisés un peu partout…

Kamel Imarazène

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