
Plus personne ne semble choqué, aujourd’hui, par les emplacements réservés aux viandes halal dans les rayons boucherie des hypers. Les marques spécialisées revendiquent leur identité. Les secteurs de l’élevage et de la boucherie doivent s’adapter. C. LANTENOIS / DR / D.GUTEKUNST / Maxppp
Les produits conformes aux interdits musulmans s’affichent désormais au grand jour. Les géants de l’agro-alimentaire se sont convertis à ce marché estimé à 5.5 milliards d’euros. Mais des défenseurs des consommateurs contestent la fiabilité des labels.
Des produits halal dans les spots télévisés en prime-time sur les chaînes françaises. Qui l’eût cru il y a quelques années encore ?
Les temps changent, les mœurs évoluent, dira-t-on. Mais ce sont surtout les services marketing des grands groupes agroalimentaires qui se sont aperçus que les consommateurs de « culture musulmane » représentaient un marché qu’ils étaient bien bêtes d’ignorer jusqu’à présent.
Les Fleury-Michon et Nestlé travaillent à rattraper les PME qui pendant des décennies ont nourri leur croissance sur ce secteur discret mais porteur.
On estime qu’en 2010 le marché du halal pèsera 5,5 milliards d’euros et que les consommateurs adeptes de ces produits sont quelque cinq millions en France. Mais cela ne veut pas dire qu’ils veulent qu’on leur serve forcément du halal à la sauce orientale. Ces consommateurs qui appartiennent parfois à une « beurgeoisie » bien enracinée en France veulent aussi manger, en version halal, de la tartiflette et du petit salé aux lentilles.
Une jeune « beurgeoisie » veut manger des petits plats bien français en version halal
Ces grands écarts culturels sont maintenant permis par les industriels qui redoublent d’imagination pour profiter d’un formidable et parfois inespéré relai de croissance. C’est là que se pose l’épineux problème de la certification halal contre laquelle certains tirent à boulets rouges. Faut-il un gendarme derrière chaque « sacrificateur rituel » pour vérifier qu’il égorge les bêtes, selon un modus operandi précis, en les tournant vers la Mecque ?
La question fait partie d’un débat qui a trait autant au respect du consommateur qu’aux intérêts d’une industrie française qui, si elle bénéficiait d’un label reconnu juridiquement, aurait tout à gagner sur son marché intérieur comme à l’export.
Dossier Julien Bouillé
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