Les musulmans américains, enthousiastes à l’idée d’exercer leur droit de vote
Par M. Scott Bortot
Washington – Les discussions relatives à la place de l’islam aux États-Unis ont incité les musulmans américains, à l’approche des élections de mi-mandat, à se faire entendre en exerçant leur droit de vote.
Défenseur des droits de la communauté islamique dans le sud de la Floride, M. Mohammed Malik a dit que le débat au sujet de la construction du Centre communautaire Park51 à Manhattan, la menace, plus tard retirée, de brûler des exemplaires du Coran en Floride et les craintes des musulmans par rapport à l’établissement de profils raciaux ont donné jour à une période positive dans l’histoire des États-Unis.

« Quand vous étudiez la question du point de vue historique, vous voyez, à mon avis, que nous nous dressons de manière très positive et pacifique qui remonte réellement à la grande tradition américaine de faire partie intégrante de l’étoffe du pays », a souligné M. Malik. « Une fois que vous êtes politiquement engagé, vous devenez ce que les gens considèrent comme un Américain. »
Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) et le Conseil musulman des affaires publiques (MPAC) œuvrent pour familiariser les musulmans américains avec le processus électoral. Le CAIR a disséminé des manuels de vote dans 23 États qui expliquent quand les bureaux de vote s’ouvrent, comment s’inscrire sur les registres électoraux, quels documents d’identification sont nécessaires et quels sont les droits des électeurs.
Les estimations relatives au nombre de musulmans aux États-Unis diffèrent. Selon le Pew Research Center, il y en aurait environ 2,5 millions tandis que le CAIR fait état de quelque 7 millions.
Le directeur du bureau du MPAC à Washington, M. Haris Tarin, a indiqué que son organisation tendait la main aux musulmans américains par le biais d’une série d’ateliers tenus dans tout le pays.
« Nous œuvrons pour les instruire sur la façon d’encourager les autres à voter, d’engager au mieux les candidats dans leurs collectivités pour faire en sorte qu’ils se rendent dans les mosquées, et aussi d’organiser des soirées avec les candidats », a ajouté M. Tarin.
Lors d’une soirée électorale coparrainée le 26 octobre par le MPAC dans la banlieue virginienne de Washington, les musulmans ont écouté les candidats démocrates et républicains parler de questions qui touchent les musulmans américains et les Américains en général.
« Quand la récession s’est déclarée, elle a eu un effet sur les musulmans américains comme sur tous les autres », a dit M. Tarin. « Vous avez des musulmans américains qui sont passés par les forfaits hypothécaires et la perte d’emploi, par toutes sortes de crises et de problèmes liés au système de santé. »
Mais ce n’est pas seulement à l’approche des élections de mi-mandat que les musulmans américains se sont engagés dans le processus politique. Des organisations telles que le Conseil des organisations islamiques de la métropole de Chicago ont contribué à la tenue en avril de la Journée d’action islamique au cours de laquelle les représentants de ladite communauté ont rencontré des parlementaires à l’Assemblée de l’État pour s’entretenir de questions relatives aux électeurs.
Le directeur des affaires juridiques du Comité américano-arabe de lutte contre la discrimination, M. Abed Ayoub, a dit que les musulmans et les arabes américains faisaient preuve de changement dans leurs priorités.
« D’habitude, la communauté arabe ou musulmane était considérée comme un groupe de personnes dont le vote est basé sur les dossiers d’affaires étrangères, comment, par exemple, un tel candidat allait contribuer à régler la question du Proche-Orient. Cette tendance change et elle change très rapidement », a déclaré M. Ayoub.
La nouvelle génération joue un rôle dans les choix électoraux des musulmans américains. Les immigrés aux États-Unis ont tendance à voter par rapport à l’impact qu’aurait la politique d’un candidat sur leurs pays d’origine, mais leurs enfants ont une perspective différente du monde, a expliqué M. Ayoub. Selon un récent sondage d’arabes américains au Michigan, qui en compte le plus grand nombre aux États-Unis, ceux-ci se préoccupent principalement de l’économie et de l’éducation et non de dossiers de politique étrangère.
L’élection présidentielle de 2008 a reflété l’intérêt de la nouvelle génération de musulmans et d’Arabes américains dans l’engagement civique.
« Nous avons beaucoup de jeunes Arabes et musulmans américains qui deviennent engagés, (…) des étudiants ou des diplômés universitaires qui sont plus impliqués dans les activités civiques au niveau local », a ajouté M. Ayoub.
Les attaques du 11 septembre 2001 ont aussi eu une influence sur l’engagement politique des électeurs musulmans américains. Avant 2001, un grand nombre d’entre eux se contentaient de leur intégration sociale et économique. Mais faisant l’objet d’une attention accrue, la communauté de musulmans américains a ressenti le besoin de se faire entendre.
« Après le 11 septembre 2001, la communauté musulmane américaine s’est rendu compte qu’elle devait parler en son propre nom, de préciser que le 11 septembre 2001, 19 étrangers qui n’étaient pas musulmans américains avaient détourné non seulement des avions mais aussi leur histoire et leur passé », a souligné M. Tarin.
Aujourd’hui, les musulmans américains disent qu’ils doivent écrire leur propre histoire par leur engagement civique aux urnes.
« L’outil le plus fort que nous possédons ici est le pouvoir de vote », a dit M. Ayoub. « Si la communauté se rend aux urnes et exprime ses choix, elle se fera entendre. »
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat.
Site Internet : http://www.america.gov/fr/)



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