Les immigrés musulmans moins bien payés que leurs collègues chrétiens (étude)
Dakar, 23 nov (APS) – Le revenu moyen des immigrés musulmans en France est inférieur de 15 % par rapport à celui de leurs semblables de confession chrétienne, une différence de traitement qu’explique ’’la discrimination religieuse’’ dont les premiers sont victimes dans l’hexagone, révèle une étude américano-française axée principalement sur des expatriés sénégalais.
’’Les conséquences de la discrimination religieuse se traduisent sur le revenu moyen des immigrés musulmans, qui s’avère inférieur de 15 % à celui de ceux de religion chrétienne’’, indique notamment l’étude intitulée ‘’L’intégration en Europe : identification d’un effet musulman ».
Publiée lundi sur le site du quotidien Le Monde, l’enquête qui a été conduite auprès de 511 enfants d’immigrés sénégalais chrétiens et musulmans vivant en France en 2009, montre que les musulmans gagnaient en moyenne 400 euros de moins par mois (262.382 FCFA) que leurs collègues chrétiens.
Les auteurs de l’étude soulignent que leurs travaux pourraient avoir sous-estimé le degré de discrimination visant les musulmans en France car une partie de la population française n’associe pas les Sénégalais à l’islam.
Ils ont également testé les réponses des entreprises françaises à des candidats fictifs soumettant un CV virtuellement identique qui se différenciait seulement par le nom et deux autres indices de l’appartenance religieuse.
Ainsi, pour 100 réponses positives obtenues par une demandeuse d’emploi fictive, chrétienne et d’origine sénégalaise appelée Marie Diouf, une musulmane, appelée Khadija Diouf, n’en a reçu que 38, soit deux fois et demie de moins.
Les chercheurs ont par ailleurs avancé plusieurs hypothèses pour expliquer cette différence, comme la sympathie naturelle ressentie par les Français de souche —dont les quatre grands-parents sont nés en France— envers des immigrants ou des descendants d’immigrants partageant la même tradition religieuse.
Les Sénégalais chrétiens pourraient, du fait de leur appartenance religieuse, susciter une plus grande confiance et mieux communiquer leur désir d’intégration et de réussite que les immigrants sénégalais musulmans, font remarquer les chercheurs.
AKS/CTN
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