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Archives pour 02/2011

La polygamie en procès en Canada

Gilles Devers

Peut-on invoquer la liberté de religion pour dire illégale la répression de la polygamie ? Le débat judiciaire est lancé au Canada. Alors que l’interdiction est édictée par le Code criminel, un tribunal avait refusé de sanctionner des polygames mormons. La Cour suprême de la Colombie-Britannique va devoir se prononcer sur la conformité de cette loi à la Charte canadienne des droits et libertés.

L’affaire vient d’une communauté de Mormons, vivant en grande autonomie à Bountiful, une bourgade du Sud-Est de la province de Colombie-Britannique, à plusieurs centaines de kilomètres de Vancouver. Ses adeptes sont membres de l’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, plutôt implantée aux Etats-Unis.

215556-premier-plan-winston-blackmore-deux.jpgEn janvier 2009, deux responsables de cette communauté, Winston Blackmore et James Oler, avaient été appréhendés et mis en accusation pour polygamie : pour le premier, 52 ans, 19 épouses, et 3 pour le second, âgé de 44 ans. Les poursuites avaient été très discutées, car la situation était tolérée depuis des années. Surtout, les maris avaient protesté, revendiquant le droit de jouir de la liberté de religion : « Pour nous, c’est de la persécution religieuse ». Vivre de cette manière, avec un nombre élevé de femmes, est un accomplissement pour prétendre au paradis.

La cause avait été confiée à un procureur spécial indépendant, Terrence Robertson, ce qui libérait les autorités publiques de la province de toute intervention dans le dossier. Mais, bing, en septembre 2009, la juge Sunni Stromberg-Stein avait rejeté la plainte déposée par le procureur comme « illégale ». On imagine l’émotion…

Le ministre de la justice de la Colombie-Britannique avait estimé nécessaire de faire vérifier l’état du droit, avant une reprise des poursuites, et il a saisi la Cour suprême de cette province pour dire si l’article 293 du Code criminel, qui interdit la polygamie sous peine de cinq ans de prison, respecte la Charte canadienne des droits et libertés.

Le procès sera dirigé par le juge en chef Robert Bauman, et l’affaire n’est pas simple, on s’en doute. Lire la suite…

L’Ouganda demande à l’Indonésie des conseils en finance islamique

La Banque centrale ougandaise est actuellement en train d’étudier la première demande pour mettre en place une banque islamique dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Le régulateur ougandais a ainsi formé une délégation auprès de l’Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, pour en connaître plus sur la finance islamique.

Cette visite est vue comme « une reconnaissance du rapide développement de l’industrie indonésienne en la matière », estime un officiel de la Bank of Indonesia.

Pour le conseiller juridique délégué de la Banque centrale d’Ouganda, Titus W. Mulindwa, « la demande est élevée et la Banque centrale est mandatée pour répondre à cette demande. En tant que banque centrale, il est de notre devoir de rendre le secteur financier attractif pour les investisseurs. » Il a ajouté que trois banques du Moyen-Orient étaient intéressées pour investir en Ouganda. Ces investisseurs pourraient « acquérir une banque locale ou lancer une nouvelle banque islamique. »

L’établissement d’une banque islamique nécessite toutefois l’aval du Parlement, ce qui pourrait être obtenu cette année ou en début d’année prochaine. De son côté, la délégation continuera sa tournée de recueil d’informations en Malaisie et à Dubaï.

http://www.financeislamiquefrance.fr/

Affaire Herta-Halal en France, le problème subsiste

Les récentes affaires liées au business halal en France, celles qui gravitent autour de la saucisse de la marque « Herta » , ne redorent pas le blason des politiques françaises en matière de gestion de domaines importants pour  ses citoyens de confession musulmane, qui sont aussi des consommateurs, qui comptent et pèsent de plus en plus dans la balance économique du pays. Des citoyens, des fidèles coupés d’une vraie représentativité, auxquels on impose des structures fantoches dites représentatives, telles les conseils français et régionaux du culte musulman (CFCM, CRCM), laissant perdurer un désordre croissant particulièrement dans les marchés du Halal et du Hajj. Simplement parce qu’il y a pas mal d’intérêts idéologiques, stratégiques et financiers en jeu.

Contrairement à d’autres marchés, celui du halal, comme celui du hajj d’ailleurs, est doté d’une particularité intéressante qui réside en l’existence d’une concurrence volontairement déséquilibrée, injustement établie ou encadrée par l’Etat français, entre les différents acteurs et institutions religieuses, économiques et politiques des marchés du Halal et du Hajj.

Dans les faits, concernant la politique de l’Etat autour du Halal, il s’agit de comprendre pourquoi sont nées ces monopoles de désignation et de formation des sacrificateurs pour l’industrie du halal, monopoles que l’Etat français a accordé, par différents arrêtés ministériels, aux trois mosquées que ce sont celles de Paris, de Lyon puis d’Evry ?

Ces monopoles d’habilitation des sacrificateurs du halal créent mécaniquement une concurrence déloyale et sème la zizanie entre les différents acteurs économiques et « religieux » du marché, favorisent le maintient d’une situation qui rend impossible tout consensus sur les fondamentaux rituels, les référentiels scientifiques et industriels entre les acteurs concernés pour satisfaire une réelle demande des consommateurs de confession musulmane. Lire la suite…

Benoist Apparu veut plus de mosquées en France

18/02/2011 un commentaire
Benoist ApparuBenoist Apparu (©dr)

Le secrétaire d’Etat au Logement estime que l’Etat devrait participer à la construction de mosquées. Quitte pour cela à amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

(LaVieImmo.com) – « On ne peut pas dénoncer l’islam des caves, l’Islam des rues, et ne pas en tirer les conséquences. Se contenter de dénoncer, de dire « c’est pas bien », ça c’est ce que fait le Front National. Nous, ce qu’on doit faire, c’est apporter des réponses ». Invité de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/BFM TV, Benoist Apparu a donné jeudi matin un avant-goût de ce que devrait être le débat sur « la place des religions dans une société laïque » que l’UMP lancera le 5 avril prochain. Un débat qui s’annonce, de l’aveu même du secrétaire d’Etat au Logement, centré quasi-exclusivement sur l’Islam. « On se pose la question des religions, notamment l’Islam, qui vont organiser des prières dans la rue, a-t-il indiqué. La réponse que je souhaite aborder est très simple : à mon avis il faut faciliter la construction de mosquées dans notre pays. Quitte s’il le faut à ce que l’Etat y participe ». En plein débat sur la laïcité, le ministre propose donc rien de moins que « faire un aménagement à la loi de 1905, s’il le faut ».

Libertés religieuses

Décidément très intéressé par les questions religieuses, le secrétaire d’Etat au Logement a indiqué que Club 89, le « Club de réflexion de la majorité présidentielle », qu’il dirige, tiendrait une journée sur les libertés religieuses le 2 avril prochain, « probablement à l’Institut du monde arabe ».

http://www.lavieimmo.com/

Moudaraba (Finance islamique)

Une des plus anciennes techniques de Financement « Islamique », la Moudaraba, a de nombreux points communs avec la commandite.

La finance dite islamique, c’est-à-dire celle qui applique les règles tirées du Coran et de la Charia, utilise plusieurs techniques de financement. Leur point commun pourrait se résumer ainsi : « le temps ce n’est pas de l’argent », c’est dire que toute opération financière ou bancaire dont les revenus viendraient du seul fait que le temps s’écoule n’est pas recevable, n’est pas comme on l’entend dire maintenant, « Charia compatible ». Le prêt à intérêt pur et simple, qu’il soit à court terme ou à moyen terme ne peut pas être conforme à la Charia, puisque, pour suivre le droit « occidental », la perception de l’intérêt est bien la cause initial du contrat et que l’intérêt est calculé selon le temps qui s’écoule, tempéré par les règles de l’anatocisme,  et non pas selon que le capital utilisé a été productif ou non.  Ces règles, une fois posées, le financement de l’investissement, des stocks, des transactions commerciales suivent des techniques précises.

La Moudaraba est une de ces techniques. Comparaison n’est pas raison, mais, pour trouver des points de repères, des supports de réflexion, il n’est pas besoin d’aller très loin. La Moudaraba, a de très nombreux points communs avec la commandite qu’elle soit simple ou par action. C’est une des techniques de financement les plus classiques et les plus anciennes de la finance dite « islamique ».

Dans le contrat de Moudaraba, le point central est l’entrepreneur, en arabe « Moudarib ».  Celui-ci pour lancer un investissement, une nouvelle entreprise ou un projet, alors même qu’il n’en a pas les moyens financiers, va requérir l’intervention d’un détenteur de Capitaux, Banque ou autre, qui sera considéré comme l’investisseur «  Rab El Mal » et qui apportera l’intégralité des capitaux de l’opération. L’entrepreneur n’apporte que son talent, son expertise, ses capacités managériales etc. Lire la suite…

Sarkozy souhaite fixer des règles à l’islam en France

Par Solenn de Royer

Nicolas Sarkozy a été alerté par des élus et les services de renseignements d'un durcissement de certaines revendications communautaires. Crédits photo: AFP/POOL/PHILIPPE WOJAZER.
Nicolas Sarkozy a été alerté par des élus et les services de renseignements d’un durcissement de certaines revendications communautaires. Crédits photo: AFP/POOL/PHILIPPE WOJAZER. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/AFP

L’UMP organisera une convention sur la place des religions le 5 avril. Un préalable à des mesures concrètes.

Ce sera l’un des grands sujets du printemps, puis de la rentrée prochaine. Nicolas Sarkozy souhaite que des mesures concrètes soient prises sur la laïcité et la place de l’islam en France, à l’issue du débat que lancera l’UMP sur ce sujet, le 5 avril. «On a payé très cher la cécité sur l’immigration dans les années 1980. C’était un débat tabou. Avec la laïcité et l’islam, il se passe la même chose», a martelé le président mercredi devant les députés UMP, reçus à l’Élysée. «Il y a un décalage croissant entre les médias et les préoccupations des Français, a-t-il ajouté. Les racistes d’hier sont devenus les populistes d’aujourd’hui. Notre formation politique puis le Parlement doivent s’occuper de ces sujets.»

Comme à la télévision, jeudi dernier, le chef de l’État a répété qu’il voulait un «islam de France» mais pas un «islam en France». «Quelles sont les limites que nous mettons à l’islam?, s’est-t-il interrogé. Il n’est pas question d’avoir une société française qui subirait un islam en France. Nous sommes une société laïque. On a eu un débat sur la burqa, on a bien fait. Nous devons avoir un débat sur la prière dans la rue. Dans un pays laïc, il ne doit pas y avoir d’appels à la prière. Il faut aboutir à un corpus idéologique sur la place des religions, en 2011.» Lire la suite…

Regain de la ferveur religieuse en Tunisie

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis

La Tunisie post-révolutionnaire connaît une renaissance de la religion après que les restrictions à la liberté de culte aient été levées après la chute de Ben Ali.

[Monia Ghanmi] Le nombre de fidèles assistant aux prières dans les mosquées de Tunisie s’est multiplié après la révolution.

Les mosquées de Tunisie reçoivent aujourd’hui un nombre exceptionnellement élevé de fidèles, issus de toutes les classes sociales et de tous les courants de pensée, après que toutes les restrictions à la pratique de la foi eurent été levées au lendemain de la chute de l’ancien Président Zine El Abidine Ben Ali.

« Les gens doivent pouvoir se consacrer à leur foi librement, sans restriction ni surveillance », a expliqué Hadi Meftahi à Magharebia. « Il est temps que nous respections la légitimité de la religion et mettions en oeuvre les règles de l’Islam dont nous avons été privés en Tunisie, selon les préceptes du Coran. »

La mosquée Al-Fateh dans le centre de Tunis a accueilli des foules de Musulmans venus assister aux prières de vendredi dernier, le 11 février. Les fidèles étaient si nombreux que certains ont dû faire la prière dans les rues conduisant à la mosquée. Cette foule était un signe évident de l’esprit de liberté qui prévaut après la révolution tunisienne.

« L’ancien régime exerçait de fortes pressions sur la religion et les Musulmans, sans même parler d’une surveillance sécuritaire très stricte des mosquées », a expliqué Taoufik Mzoughi. « Il utilisait le discours et les préceptes religieux comme des outils de propagande à ses propres desseins, et s’affichait comme le défenseur de la patrie et de l’Islam. »

Néanmoins, Mzoughi a expliqué que les Tunisiens étaient parvenus à préserver leur foi. « Ce qui incite à l’optimisme, ce sont les foules de jeunes qui viennent à la mosquée, bien qu’ils aient grandi sous le règne de Ben Ali. Mais ils s’accrochent aux bases de la véritable foi, ainsi qu’à leur identité islamique. » Lire la suite…

Acculturation et multiculturalisme

17/02/2011 un commentaire

Mustapha CHÉRIF (*)

«La mondialisation et la modernité ne doivent pas signifier dépersonnalisation et dépendance.»

A l’heure où les musulmans de par le monde commémorent la naissance bénie du Sceau des prophètes [PBDSL] et recherchent les voies pour s’inscrire dans le progrès et accorder la raison et la foi, le spécifique et l’universel, sujets culturels permanents pour toutes les générations, en Occident il est aujourd’hui devenu banal, notamment en termes électoralistes, de se déclarer islamophobe. C’est un racisme et une xénophobie, prolongement pernicieux de l’antisémitisme. Cette posture inadmissible nourrie par les préjugés, de la part de gens qui disent parfois n’en avoir qu’aux extrémistes et non pas aux musulmans, dérive sournoisement vers le rejet de l’Islam. C’est un phénomène inquiétant marqué par l’amalgame inique et le bouc émissaire.

Eduquer à l’acceptation de la diversité
Dans ce contexte, en Europe, au plus haut niveau est contesté le multiculturalisme; alors que ce mode n’exclut pas l’acculturation, c’est-à-dire l’adaptation à la culture locale dominante. Le multiculturalisme est la cohabitation de groupes culturels différents mais qui respectent les valeurs, les lois et les institutions du pays où ils résident. L’acculturation est un processus d’adaptation aux normes et valeurs culturelles locales dominantes. L’un n’empêche pas l’autre. La logique de la diversité est légitime. La remise en cause du multiculturalisme, pratique sociale aussi ancienne que les civilisations, présage de mauvais jours.
Même si tous les Européens ne confondent pas Islam et fanatisme, on constate un emballement inquiétant, est récusée la possibilité de respecter ses racines et de s’ouvrir sur le monde dans lequel on vit. Pourtant, la civilisation musulmane, issue du troisième rameau monothéiste et de la culture gréco-arabe, partage des valeurs universelles. C’est cela qui mérite d’être connu.
Les valeurs de respect de la dignité des gens et du droit des peuples furent bafouées hier par le colonialisme, les totalitarismes et aujourd’hui par des dogmatiques qui déversent leurs angoisses sur les musulmans. Il faut éduquer à l’acceptation de la diversité pour faire reculer le racisme. Les préjugés doivent disparaître. L’immense majorité des musulmans accepte le débat et la critique sans limites et nul ne peut nier que se posent pour tous les citoyens et peuples des problèmes d’articulation entre progrès et authenticité, entre unité et pluralité, et que des fondamentalismes soient visibles, mais l’heure devrait être au vivre-ensemble.
Les polémiques qui traversent tous les courants politiques européens au sujet des citoyens européens musulmans sont alarmantes, alors qu’acculturation et multiculturalisme ne sont pas antinomiques. Chacun est transformé par son milieu social et pratique des synthèses et symbioses. Lire la suite…

Un modèle de démocratie pour la région ?

Par Assia Shihab

Les révolutions tunisienne et égyptienne font planer espoir mais aussi inquiétudes au Moyen-Orient. Certains craignent l’ascension d’islamistes, voire un scénario à l’iranienne. Mais d’autres imaginent une autre voie et citent le modèle turc. La Turquie est en effet un grand pays musulman, qui est passé d’un régime dominé par les militaires à un régime civil.

Une économie dynamique, une société relativement ouverte, des élections libres et une population à 99% musulmane : la Turquie est la preuve que démocratie et islam ne sont pas contradictoires.

Wagdy Ibrahim, un Égyptien qui vit et travaille à Istanbul dans le secteur du tourisme, aimerait voir un miracle turc se produire en Egypte : « En Turquie en ce moment le système marche, et la majorité de la population le soutient. Avoir un système similaire en Egypte serait une bonne chose ».

La révolte égyptienne a été suivie de près par Ankara. Le premier ministre turc a d’ailleurs été l’un des rares dirigeants à appeler au départ du président Moubarak. « Vous devez répondre aux demandes du peuple égyptien qui souhaite le changement », avait déclaré Recep Tayyip Erdogan le 1er février.

La fermeté du premier ministre a contribué à augmenter le capital sympathie de la Turquie aux yeux des Égyptiens. C’est ce qu’a constaté le journaliste Mete Cubukcu, envoyé spécial de la chaîne turque NTV en Egypte pendant la révolution. Lire la suite…

Vivre l’islam à la fac : en Angleterre, c’est possible

Posté par Aladine Zaiane

L’Université de Bolton dispose d’une salle de prière multiconfessionnelle essentiellement fréquentée par des musulmans. Un reportage VIDEO réalisé en 2010, plus que jamais d’actualité avec les déclarations d’Angela Merkel, David Cameron et Nicolas Sarkozy sur « l’échec du multiculturalisme ».

Un soir de février 2010, Khalid, Ahmed et votre serviteur discutons dans ma magnifique voiture peinte d’un tonique vert « Heineken ». Entre deux gorgées, Khalid nous parle de son frère, parti s’installer avec sa femme à Bolton, en Angleterre. Il y donne des cours dans une madrassa, une école religieuse où les élèves apprennent à lire le Coran et reçoivent des cours sur les sciences du hadith (compilation regroupant les conseils, sagesses, gestes et mises en garde du prophète Mohamed). L’Angleterre, pour nombres de musulmans français, c’est « the place to be ». Ça le sera peut-être moins depuis que le premier ministre britannique David Cameron a déclaré que le « multiculturalisme » était une « échec ».

Sur un coup de tête, nous décidons de prendre nos billets d’avion et de partir illico à Bolton pour aller voir de nos propres yeux ce qu’il en était. En arrivant, nous découvrons la gastronomie made in UK, réputée pour sa mixité audacieuse : une pizza, par-dessus des frites arrosées de ketchup et de sauce à l’ail… Le pire c’est que c’est bon quand t’as rien bouffé durant un voyage low cost.

Bolton est une ville typique d’Angleterre. Des briques rouges partout. Les maisons, les boutiques et mêmes les mosquées ! A l’image de la grande mosquée de la ville avec son immense minaret. Bouh ! L’immense minaret qui fait si peur, avec tout plein de musulmans à l’intérieur. Cette mosquée comme nombre d’autres lieux de cultes musulmans est gérée par la communauté indienne qui est omniprésente à Bolton et de tendance tabligh pour une grande part d’après ce que j’ai pu voir. Le mouvement tabligh a vu le jour en Inde, cette mouvance musulmane se base sur un effort personnel s’appuyant sur le prêche et la maîtrise de son égo. Lire la suite…

Un Forum africain de finance islamique en Tunisie en avril

Après trois éditions organisées à Casablanca, Isla Invest, cabinet de conseil en finance islamique, s’apprête à organiser le 4e Forum africain de la finance islamique (Fafi) les 12 et 13 avril à Tunis.

«J’ai décidé d’organiser cette nouvelle édition à Tunis afin de marquer ma solidarité avec la Tunisie en contribuant, à ma petite échelle, à la relance économique à travers l’organisation d’événements», explique Zoubeir Ben Terdeyet, l’initiateur du Fafi, un Tunisien résidant en France.
Le directeur d’Isla Invest espère attirer des banquiers, avocats et consultants venant d’Afrique de l’ouest, du Maghreb mais également d’Europe.
«J’ai déjà animé plusieurs formations à Tunis et je sais que l’intérêt est grand pour la finance islamique», explique Ben Terdeyet. Il ajoute: «La Tunisie doit aussi se positionner au niveau international afin d’attirer les investissements du Moyen-Orient pour relancer son économie et il faut changer l’image de la finance islamique qui est trop rapidement associée à la Banque Zitouna», créée par le gendre de l’ex-président Ben Ali, aujourd’hui en fuite.
M. Ben Terdeyet séjourne à Tunis du lundi à jeudi afin de travailler à l’organisation du forum.
Le programme préliminaire prévoit les intervenants suivants: Anouar Hassoune (vice-président de Moody’s Sukuk), Jacques Bertrand De Balanda et Foued Bourabia (avocats- Herbert Smith), Jean Christope Dépres (Sopi), Souhayel Tayeb (conseiller juridique à Bnp Paribas), Nacer Hideur (secrétaire général de la Banque Al-Baraka d’Algérie), Sohail Jaffer (directeur général-Fwu Group), Abdelhakim Hadjou (directeur général adjoint de Salama Assurances-Algérie), Mohamed Ould Sass (expert en Charia), Ibrahim Cekici (DU Finance Islamique-Université de Strabourg) et Adel Harzi (Risk Manager à Dexia).

http://kapitalis.com/

J’Aime l’Islam !

En ces temps de haine islamophobe, de persécutions et de répression, pour qui n’accepte pas de se soumettre aux idoles.
En ces temps de détestation des hommes libres et encore Debout ; il est de mon devoir de Français « de souche » et chrétien d’origine, de dire que j’aime l’Islam.

L’Islam fait tout naturellement partie de ma Vie et de mon Être, depuis maintenant 30 ans.

Il m’a donné aussi trois merveilleux enfants !

J’Aime l’Islam !

Mon premier contact avec l’Islam, remonte à ma première lecture du Coran en 1960 et je n’ai cessé depuis d’Aimer l’Islam  et d’être toujours plus fasciné par lui et le monde de l’Islam.

J’aime l’Islam sous toutes ses formes et dimensions. J’aime sa civilisation, sa culture, sa religion, dans toute la diversité de leur expression et des peuples et des hommes qui s’en réclament et qui composent l’oummah.
Je ne vois rien que l’on puisse reprocher à l’Islam dans lequel se situent les racines de La Vie et de notre présence sur la terre. Sans doute que certains trouvent sa lumière trop intense, pour s’acharner autant à occulter son Message et à diaboliser, à persécuter et à réprimer les musulmans qui lui sont fidèles.
Placer le Créateur au dessus de tout, parce qu’il est réellement au dessus de tout, et Adorer le Créateur au lieu d’idoles ; voilà qui bouscule les desseins des idoles et des idolâtres qui s’estiment au dessus de tout et voudraient poursuivre leurs pillages et l’asservissement des hommes à l’infini !
Nous avons affaire à des idoles et à des idolâtres,  pour lesquels l’homme est juste une marchandise devant satisfaire leurs désirs.
« On comprend » aisément toute la haine de ces bêtes de proie, à l’égard de l’Islam et des musulmans.  La seule pensée que des hommes puissent leur échapper et êtres libres les rend fous-furieux et toujours plus monstrueux !
Je suis un « ancien anarchiste » célinien, –rien à voir avec les  faux « anarchistes », mais vrais petits flics de la pensée et nervis du système que l’on connaît.
Je ne regrette rien de ce que j’ai été et de ce que je suis devenu (musulman). Je suis toujours le même homme, en plus tenace et plus fort…
Je me suis tout naturellement converti à l’Islam en 1981-Beaucoup d’hommes et de femmes qui réfléchissent encore, font pour des raisons différentes, mais convergentes, ce choix naturel ; ou s’ils ne font pas, ils demeurent des Amis de l’Islam et des musulmans-. Lire la suite…

De la démocratie en terre d’islam

« La démocratie et les pays musulmans, est-ce compatible ? Je m’interroge. » Liberta et bien d’autres se posent la question, sous la chronique de Michel Colomès.

De la démocratie en terre d'islamPrière sur la place Tahrir au Caire. © Matej Leskovsek / Sipa

Par Jean-Jacques Héry, pour l’équipe de modération

Disons-le sans ambages : la majorité d’entre vous ne croient pas à l’avènement d’une démocratie arabe. Panorama des arguments développés selon les thèmes essentiels qui se dégagent de vos réflexions.

Le poids du religieux dans la société civile arabe

C’est l’argument principal de ceux qui jugent incompatibles démocratie et monde arabe. Pour eux, l’islam a trop d’influence dans la vie publique pour permettre à une véritable démocratie de se mettre en place. « La démocratie est avant tout le résultat d’un long ferment intellectuel libéré des contraintes religieuses. Or, ces préalables sont loin d’être établis dans les pays arabo-musulmans », note Celtibère. Pensiero enchaîne, moins catégorique : « Ces populations, si elles reçoivent une instruction développant leur sens critique, s’émanciperont peut-être de cette tutelle [religieuse], mais ce ne sera pas immédiat, et ce ne sont pas les Frères musulmans qui y aideront. » Certains sont plus péremptoires : « La dictature, le mouvement populaire libératoire pour la démocratie, et pour finir la dictature islamique totalitaire. Voilà la suite logique qui attend le monde arabe. Trop imprégnés par la religion, comme nous l’étions au Moyen Âge », explique silver surfer.

Dans le camp d’en face, ceux qui croient à la possibilité d’une démocratie en terre d’islam bataillent pour tenter de minimiser l’emprise religieuse. Serge Lebeau puise dans les arguments sociologiques pour parler de l’Égypte. Premier argument : « Ces dernières années, l’Égypte était l’un des pays les plus modérés parmi les pays musulmans. » Deuxième argument : « Une population très jeune et avide de libertés à l’occidentale. Cette révolution est avant tout le résultat du modernisme contre le passéisme d’une religion trop étroite, car non évolutive. » Et d’interpeller les défenseurs de la thèse adverse : « Admettez avec moi que ces seuls facteurs suffisent à éloigner l’hypothèse d’une quelconque prise de pouvoir par les Frères musulmans ! » Lire la suite…

Prasquier : «Le Crif prône le dialogue avec l’islam»

Par Cécilia Gabizon

«Nous lutterons contre l'extrême droite comme par le passé», déclare Richard Prasquier, président du Crif.
«Nous lutterons contre l’extrême droite comme par le passé», déclare Richard Prasquier, président du Crif. Crédits photo : HAMILTON/REA/HAMILTON/REA

INTERVIEW – Le président de l’organisation juive, qui a reçu mercredi soir Nicolas Sarkozy et plusieurs ministres, commente les évolutions des pays arabes et condamne les appels au boycott d’Israël.

Mercredi soir, Nicolas Sarkozy était l’invité d’honneur du dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). À l’occasion de cette manifestation tout à la fois politique et people, qui réunit près d’un millier de personnes dont 25 membres du gouvernement, Richard Prasquier, son président, s’inquiète de la montée de l’islamisme en Europe.

LE FIGARO. – Les actes antisémites ont baissé en 2010. Êtes-vous moins inquiet?

Richard PRASQUIER. – La situation reste tendue. Nous avons encore répertorié 466 actes en 2010. Les auteurs sont plus jeunes et plus violents que par le passé. Le phénomène s’est ancré dans certaines banlieues ces dix dernières années. La répression est nécessaire mais elle ne suffit pas. Il n’existe qu’un seul rempart contre l’antisémitisme: la République, qui fait partager ses valeurs à toutes les convictions religieuses. Mais ce modèle est menacé. Par le relativisme, qui affaiblit ses défenses, et par l’islamisme, qui veut placer la charia au-dessus de la loi de la République. La communauté juive reste attachée à son identité, mais au sein de la République, laïque, où la religion intervient dans la sphère privée.

À un an de la présidentielle, le Crif s’est-il positionné sur l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN ?

Nous lutterons contre l’extrême droite comme par le passé; je ne vois pas de différence entre la fille et le père, si ce n’est l’apparence. Elle a l’habilité d’être moins provocatrice. Mais je connais le passé des membres de son entourage. Leurs méthodes reposent sur la dénonciation et la stigmatisation d’une population. Ce ne sont peut-être plus les Juifs, mais cela ne saurait me satisfaire. C’est une chose de s’opposer aux radicalismes, à l’islamisme qui progresse en Europe. Une autre de rejeter l’islam et de jeter le soupçon sur tous les musulmans. Le Crif prône à l’inverse le dialogue, la tolérance. Lire la suite…

Tags racistes sur la mosquée de Saint-Etienne : « une affaire classée… »

Larbi Marchiche, recteur de la Grande Mosquée qui pourrait officiellement ouvrir ses portes en août  / Photo Claude Essertel

Larbi Marchiche, recteur de la Grande Mosquée qui pourrait officiellement ouvrir ses portes en août / Photo Claude Essertel

Un an après , la Grande Mosquée de Saint-Étienne a tourné la page de ce sinistre épisode. Sa priorité : l’interminable chantier commencé en 2004, qui semble enfin en voie d’achèvement

C’était il y a tout juste un an. Au matin du 8 février 2010, les fidèles venus prier à la Grande Mosquée de Saint-Étienne découvraient l’indicible : une dizaine d’inscriptions racistes et anti-musulmanes ainsi que des croix gammées, taguées durant la nuit sur les murs de l’édifice en construction. Moins d’un mois plus tard, les enquêteurs débusquaient leurs auteurs : quatre lycéens âgés de 18 à 21 ans. Lire la suite…

Quand la gauche va-t-elle défendre le multiculturalisme ?

Par Michel Wieviorka | Sociologue, EHESS

Un badge avec le slogan du PS lors de l'université d'été de la Rochelle, en août 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

La gauche va-t-elle gober sans broncher les attaques convergentes de la droite et de l’extrême-droite contre ce qu’elles appellent le « multiculturalisme » ?

« Je ne peux que le féliciter », a déclaré Marine le Pen, la nouvelle dirigeante du Front national, après que David Cameron, le Premier ministre britannique, a affirmé, le 5 février, que le multiculturalisme est un échec.

Quatre mois auparavant, en Allemagne, Angela Merkel, la Chancelière, avant lancé l’offensive des droites en déclarant que « cette approche a échoué, totalement échoué ».

Et lors de l’émission « Paroles de Français » sur TF1, vendredi, Nicolas Sarkozy, le chef d’Etat français, a apporté sa contribution à la disqualification du multiculturalisme en reprenant la même antienne. Dans son cas, on hésite quant au diagnostic : renversement complet ou incohérence ?

Il y a quelques années, en effet, quand il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy proposait la nomination d’un préfet musulman, en tant que tel, et jusqu’en 2009, il se faisait le chantre des idées qui animent les positions favorables au multiculturalisme, par exemple en promouvant la discrimination positive ou en installant, auprès du Premier ministre, un Commissaire en charge de la diversité, Yazid Sabeg.

Ces charges donnent l’image d’une grande cohérence idéologique des droites d’Europe – à noter qu’en réaction, le président russe Medvedev vient de rappeler son attachement au modèle multiculturel.

Un débat fourre-tout des droites contre l’islam

Mais que visent-elles ? En fait, d’abord et avant tout, non pas tant un ensemble de différences culturelles clairement identifiées, qui sont stricto sensu l’objet du multiculturalisme, mais une nébuleuse sémantique regroupant l’immigration, le terrorisme, la criminalité, la délinquance, l’insécurité et surtout, l’islam, c’est-à-dire une religion.

Otons l’islam du débat : que reste-t-il dans le rejet du « multiculturalisme » ? Les différences régionales, celles liées au genre, ou aux mœurs sexuelles, l’existence de communautés, en particulier venues d’Asie, qui n’ont guère de place dans les préoccupations de l’opinion et des médias… toutes thématiques intéressantes, certes, mais relativement secondaires aujourd’hui.

Le terme de multiculturalisme est inapproprié ici, car ce qui est en jeu est d’abord et avant tout une religion, et non une culture. Que celles-ci puissent se recouper est une évidence, mais cela n’autorise en aucune façon à les confondre, et à rejeter le multiculturalisme pour en réalité flatter l’islamophobie. Lire la suite…

L’islam en ligne de mire

Multiculturalisme - L'islam en ligne de mire

L’échec du «multiculturalisme» diagnostiqué par les dirigeants allemand et britannique, puis jeudi par le président français Nicolas Sarkozy, témoigne surtout de leur inconfort face à la place de l’islam dans la société, dans un contexte de poussée de l’extrême droite.

«On est dans une optique de défiance civilisationnelle envers le monde arabo-musulman», observe le politologue Jean-Yves Camus, à propos des prises de position coup sur coup des trois dirigeants conservateurs.

Si dans les trois pays, les modèles d’intégration diffèrent, «le dénominateur commun, c’est une immigration extra-européenne et musulmane», souligne le chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques. Maghreb et Afrique de l’ouest pour la France, Turquie pour l’Allemagne, sous-continent indien pour la Grande-Bretagne.

Dernier en date à fustiger le «multiculturalisme», le président français Nicolas Sarkozy, a estimé «normal» qu’il y ait des mosquées mais refusé «que l’on prie de façon ostentatoire dans la rue». «Nous ne voulons pas (…) d’un prosélytisme religieux agressif», a-t-il dit.

Il y a deux mois, la dirigeante de l’extrême droite française Marine Le Pen avait provoqué une polémique en faisant un parallèle entre les prières des musulmans dans les rues de quelques quartiers –faute de mosquées– avec l’occupation nazie.

Comme les propos du premier ministre David Cameron début février, les déclarations de Nicolas Sarkozy ont fait bondir les représentants de la diversité.

«La diversité de la société française, et notamment sa diversité religieuse, ne peut pas être un échec, puisque cette diversité, c’est la France elle-même», a souligné le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) dans un communiqué. Lire la suite…

La finance islamique pour relancer l’emploi et l’économie en Tunisie

  • Par Souhayel TAYEB – Zoubeir BEN TERDEYET – Paris
  • La finance islamique a fait son entrée en Tunisie depuis des décennies avec l’agrément donné à la BEST (Al Baraka actuellement) en tant que banque non-résidente. Elle a joué un rôle dans de certains grands projets, notamment l’aménagement des Berges du Lac de Tunis mais aussi dernièrement le projet TIFERT de la Société anonyme tuniso-indienne des engrais, financé en partie par la Banque islamique de développement (BID).

    Mais la finance islamique n’a été connue et largement débattue par les Tunisiens qu’après l’agrément éclair donné par l’ancien régime à l’une de ses composantes afin de créer une banque de détails islamique en Tunisie, à savoir Banque Zitouna.

    Bénéficiant d’un statut de position dominante et lancée en grandes pompes, cette institution s’est accaparée malheureusement la finance islamique en Tunisie.

    Maintenant que les vents de la révolution ont balayé l’ancien régime, il serait fatal pour l’économie tunisienne de renoncer à la finance islamique, qui était conçue comme un fonds de commerce par l’ancien régime mais qui peut constituer un vrai moteur de relance de l’économie et de l’emploi. Il serait ainsi judicieux de profiter des outils offerts par la finance islamique afin d’aider l’économie tunisienne à se relever après les marasmes du pillage et de la mainmise de l’ancien régime et de ses différents clans.

    L’objectif étant de relancer l’économie tunisienne sur des nouvelles bases, innovantes et créatrices de richesse et ce dans la transparence totale et dans le respect des règles de la concurrence loyale. Notre but à tous est d’attaquer frontalement ce fléau qui ronge la société et l’économie tunisiennes, en l’occurrence le chômage notamment celui des diplômés de l’enseignement supérieur.

    La finance islamique offre ainsi, grâce à la Musharaka, Mudharaba ou la Zakat, une bonne opportunité pour relancer l’entreprenariat, seul moyen de création d’emplois (I). De même, elle offre à l’Etat tunisien un outil de financement très intéressant à savoir le Sukuk (II). Lire la suite…

La Turquie, un modèle pour le monde musulman ?

par Peyiba

Ces dernières années, l’image de la Turquie auprès de la rue arabe n’a cessé de s’améliorer. Alors que les gouvernements précédents n’avaient d’yeux que pour l’Union Européenne, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a décidé d’orienter davantage sa diplomatie en direction de ses voisins orientaux. La Turquie a en effet une carte très importante à jouer auprès de ses voisins musulmans.

Depuis quelques années, la Turquie a amorcé un tournant dans sa politique étrangère. En effet, sous l’impulsion du Premier Ministre Erdogan, le pays a entamé un processus de normalisation de ses relations avec ses voisins et a lancé une politique de « zéro conflits ». Ainsi, Ankara s’est rapproché du monde arabe, s’est éloigné d’Israel et des Etats-Unis et discute à présent avec l’Arménie.

Alors que l’ensemble du monde arabe est à présent pris d’un vent de liberté, il convient de se demander si la Turquie, démocratie laïque et pays musulman, peut être un bon exemple pour ces Etats.

Un sondage récent, conduit par la Fondation turque pour les études économiques et sociales (TESEV) et consacré à la perception de la Turquie par la population de sept pays du Moyen-Orient (Egypte, Jordanie, Liban, Palestine, Arabie Saoudite, Syrie, Irak et Iran) montre que ce pays est souvent cité comme étant un modèle dans ces pays. Lire la suite…

Une enquête sur les « menus spéciaux » dans les cantines

REIMS (Marne). Les cantines rémoises auront-elles leurs menus halal ? Les responsables des cantines scolaires publiques veulent un état des lieux précis. Entre débat sur la laïcité et respect des règles communes, les décideurs vont faire face à un sacré casse-tête.

Si l'augmentation des jeunes Rémois qui ne mangent pas de porc perdure,  les tarifs des repas des écoles publiques augmenteront fatalement.

Si l’augmentation des jeunes Rémois qui ne mangent pas de porc perdure, les tarifs des repas des écoles publiques augmenteront fatalement.

PUDIQUEMENT, les gestionnaires des cantines, les responsables d’établissement du primaire ainsi que les institutionnels les dénomment « menus spéciaux ». Derrière ce terme, s’abrite un débat plus que brûlant, celui du respect des règles religieuses au sein de l’école de la République. À Reims, comme dans la plupart des agglomérations de même taille, on assiste depuis plusieurs années à une augmentation considérable des demandes, alors qu’on ne dénombrait que quelques cas isolés au milieu des années quatre-vingt-dix. Les choses ont bien changé, car aujourd’hui, ce sont 1 165 enfants (678 en classes élémentaires et 487 en maternelle) qui refusent de manger du porc. Du coup, dans les couloirs de la Caisse des écoles, organe qui contrôle la gestion et la distribution de 6 350 repas quotidiens pour les enfants scolarisés dans le public, on commence à se faire des cheveux blancs. « D’autres plats sont prévus le jour où l’on sert du porc. Cela fait plusieurs années que cela est mis en place. Cependant, on peut dénombrer encore 550 enfants qui disent ne pas vouloir manger de viande du tout. Or, il ne faut pas oublier que notre mission première est de nourrir les enfants », assure Jacques Meyer, adjoint en charge de l’Éducation.

Laïcité et tribunaux

Que faire alors ? Jacques Meyer, adjoint et aussi patron de la Caisse des écoles, voudrait, dans les prochaines semaines, dresser un état des lieux précis des demandes avant de trancher. Pour ou contre le respect des habitudes alimentaires issues des religions sur les bancs des cantines de la République. Menus halal, cacher… les déclinaisons sont quasiment infinies. Le plus important des problèmes se situera certainement dans les couloirs et les laboratoires de la cuisine centrale, rue de Taissy, là où sont élaborés les repas servis dans les écoles publiques de la ville.
« Il est temps de poser le débat sur la table même si les tribunaux ont statué depuis longtemps. Il est acté que les repas ne sont pas un service public obligatoire. Si on ne voulait pas proposer d’autres plats les jours où il y a du porc, nous serions en droit de le faire mais ce n’est pas notre volonté », déclare Jacques Meyer. Xavier Albertini, ancien président de la Caisse, rejette quant à lui toute concession. « L’école ne reconnaît, ni ne méconnaît aucune religion. Il faut une neutralité, rien de plus. »

Augmentation des tarifs à terme

Pour un menu unique (sans porc), Jacques Meyer y est fermement opposé. « Nous sommes à un moment décisif. Jusqu’où doit aller l’école publique pour nourrir les enfants ? » Une réflexion va s’ouvrir avec les membres de la Caisse des écoles et la municipalité. Mais Jacques Meyer tient à prévenir : « Si nous continuons à multiplier les options d’alimentation, il y aura une augmentation du prix du repas dû à l’augmentation des tâches des salariés de la cuisine centrale. »
La Caisse des écoles et son budget sont donc assis sur une grenade qui vient d’être dégoupillée. Le débat promet d’être compliqué. Mais il mérite d’être lancé.

Thomas DUPRAT

http://www.lunion.presse.fr/