La polygamie en procès en Canada
Gilles Devers
Peut-on invoquer la liberté de religion pour dire illégale la répression de la polygamie ? Le débat judiciaire est lancé au Canada. Alors que l’interdiction est édictée par le Code criminel, un tribunal avait refusé de sanctionner des polygames mormons. La Cour suprême de la Colombie-Britannique va devoir se prononcer sur la conformité de cette loi à la Charte canadienne des droits et libertés.
L’affaire vient d’une communauté de Mormons, vivant en grande autonomie à Bountiful, une bourgade du Sud-Est de la province de Colombie-Britannique, à plusieurs centaines de kilomètres de Vancouver. Ses adeptes sont membres de l’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, plutôt implantée aux Etats-Unis.
En janvier 2009, deux responsables de cette communauté, Winston Blackmore et James Oler, avaient été appréhendés et mis en accusation pour polygamie : pour le premier, 52 ans, 19 épouses, et 3 pour le second, âgé de 44 ans. Les poursuites avaient été très discutées, car la situation était tolérée depuis des années. Surtout, les maris avaient protesté, revendiquant le droit de jouir de la liberté de religion : « Pour nous, c’est de la persécution religieuse ». Vivre de cette manière, avec un nombre élevé de femmes, est un accomplissement pour prétendre au paradis.
La cause avait été confiée à un procureur spécial indépendant, Terrence Robertson, ce qui libérait les autorités publiques de la province de toute intervention dans le dossier. Mais, bing, en septembre 2009, la juge Sunni Stromberg-Stein avait rejeté la plainte déposée par le procureur comme « illégale ». On imagine l’émotion…
Le ministre de la justice de la Colombie-Britannique avait estimé nécessaire de faire vérifier l’état du droit, avant une reprise des poursuites, et il a saisi la Cour suprême de cette province pour dire si l’article 293 du Code criminel, qui interdit la polygamie sous peine de cinq ans de prison, respecte la Charte canadienne des droits et libertés.
Le procès sera dirigé par le juge en chef Robert Bauman, et l’affaire n’est pas simple, on s’en doute. Lire la suite…

Les récentes affaires liées au business halal en France, celles qui gravitent autour de la saucisse de la marque « Herta » , ne redorent pas le blason des politiques françaises en matière de gestion de domaines importants pour ses citoyens de confession musulmane, qui sont aussi des consommateurs, qui comptent et pèsent de plus en plus dans la balance économique du pays. Des citoyens, des fidèles coupés d’une vraie représentativité, auxquels on impose des structures fantoches dites représentatives, telles les conseils français et régionaux du culte musulman (CFCM, CRCM), laissant perdurer un désordre croissant particulièrement dans les marchés du Halal et du Hajj. Simplement parce qu’il y a pas mal d’intérêts idéologiques, stratégiques et financiers en jeu.
Benoist Apparu (©dr)
La finance dite islamique, c’est-à-dire celle qui applique les règles tirées du Coran et de la Charia, utilise plusieurs techniques de financement. Leur point commun pourrait se résumer ainsi : « le temps ce n’est pas de l’argent », c’est dire que toute opération financière ou bancaire dont les revenus viendraient du seul fait que le temps s’écoule n’est pas recevable, n’est pas comme on l’entend dire maintenant, « Charia compatible ». Le prêt à intérêt pur et simple, qu’il soit à court terme ou à moyen terme ne peut pas être conforme à la Charia, puisque, pour suivre le droit « occidental », la perception de l’intérêt est bien la cause initial du contrat et que l’intérêt est calculé selon le temps qui s’écoule, tempéré par les règles de l’anatocisme, et non pas selon que le capital utilisé a été productif ou non. Ces règles, une fois posées, le financement de l’investissement, des stocks, des transactions commerciales suivent des techniques précises.
[Monia Ghanmi] Le nombre de fidèles assistant aux prières dans les mosquées de Tunisie s’est multiplié après la révolution.


Un soir de février 2010, Khalid, Ahmed et votre serviteur discutons dans ma magnifique voiture peinte d’un tonique vert « Heineken ». Entre deux gorgées, Khalid nous parle de son frère, parti s’installer avec sa femme à Bolton, en Angleterre. Il y donne des cours dans une madrassa, une école religieuse où les élèves apprennent à lire le Coran et reçoivent des cours sur les sciences du hadith (compilation regroupant les conseils, sagesses, gestes et mises en garde du prophète Mohamed). L’Angleterre, pour nombres de musulmans français, c’est « the place to be ». Ça le sera peut-être moins depuis que le premier ministre britannique David Cameron a déclaré que le « multiculturalisme » était une « échec ».




La finance islamique a fait son entrée en Tunisie depuis des décennies avec l’agrément donné à la BEST (Al Baraka actuellement) en tant que banque non-résidente. Elle a joué un rôle dans de certains grands projets, notamment l’aménagement des Berges du Lac de Tunis mais aussi dernièrement le projet TIFERT de la Société anonyme tuniso-indienne des engrais, financé en partie par la Banque islamique de développement (BID).





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