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Archives pour 04/2011

LES BANQUES PUBLIQUES FREINENT SON AVANCÉE La finance islamique sponsorisée par le MSP

L’absence d’un cadre juridique est un obstacle à l’émergence de la finance islamique en Algérie.

La finance islamique est basée sur le partage des profits et pertes selon les organisateurs de la «journée parlementaire» animée hier au siège de l’APN. Nacer Hideur, secrétaire général de la Banque El Baraka a indiqué dans son intervention que la pratique de la finance islamique enregistre un développement conséquent à l’échelle mondiale, mais très peu connue et développée en Algérie. Cette façon de faire dans le domaine de la finance islamique connaît une convergence à l’échelle mondiale. La différence qui existe entre la finance conventionnelle et le système bancaire islamique, réside dans les formes d’application a expliqué Hideur Nacer, spécialiste dans la finance islamique.
Présent sur le marché bancaire algérien depuis 20 ans, la finance islamique engendre un taux d’adhésion de 1,5% de clients. Lire la suite…

Un séminaire de formation à la finance islamique s’ouvre vendredi à Bamako : Bientôt une institution financière islamique au Mali

14/04/2011 3 commentaires

Pour la première fois un programme d’initiation et de formation sur la finance islamique est initié en prélude à son introduction dans notre pays. La Financière Islamique pour le Développement (FID-SA) est créée par une équipe dynamique de personnalités composée de banquiers, avocats, ingénieurs, financiers, dont certains formés en finance islamique. L’instauration très bientôt d’une institution financière islamique en partenariat avec un opérateur technique et financier stratégique est envisagé par la FID -SA et des contacts sont déjà entamés.

Dans le cadre du lancement de ses activités, les responsables et initiateurs de la Financière islamique pour le développement (FID-SA) au Mali,ont décidé de privilégier l’initiation et la formation à la  Finance Islamique par l’organisation d’un séminaire les 16 et 17 avril à l’hôtel Mandé, en collaboration avec le Conseil Français de la Finance Islamique (COFFIS), représenté par son Président, le Professeur émérite Mohamed Nouri L’information a été rendue publique, le lundi 11 avril à l’hôtel Mandé à la faveur d’une conférence de presse.

Ce  séminaire de deux jours portera sur l’introduction générale sur la Finance islamique : définition, concepts, historique, principes ; la présentation des structures de l’industrie financière islamique et leur rôle dans le développement de la Finance Islamique et la présentation des différentes opérations de financement islamique. Le séminaire s’adresse aux professionnels des Banques et établissements financiers, des assurances, des cadres de l’administration, les gestionnaires de projets, les opérateurs économiques, les juristes, les religieux, les chercheurs, les professeurs, les étudiants et les personnes en quête perpétuelle d’offre de produits financiers islamiques.

Dans son intervention, le Directeur général de FID-SA, Baba Moulaye Haïdara, a éclairé les journalistes sur la finance islamique, sa genèse, son fonctionnement et son importance dans le développement de notre pays à partir des expériences réussies.

Selon lui, la Finance Islamique est une activité basée essentiellement sur les principes de la charia, qui consiste à interdire de donner ou de recevoir un taux de rendement fixe ou prédéterminé sur une transaction financière donnée. «  Ceci s’explique par le fait que l’argent n’est pas une marchandise ni un actif de valeur intrinsèque, mais plutôt, un moyen de paiement sur lequel une transaction ne pouvant porter. La finance islamique combat le taux d’intérêt (Riba) « , a expliqué M. Haïdara, avant de préciser que les trois actions doivent intégrer le principe de partage des risques, des pertes et des profits par le client et la Banque.  » Le cycle financier doit correspondre au cycle productif « , a-t-il insisté. Lire la suite…

Des produits halal en vente Chez Aurélie

Par Alexandre Hiélard

Une première épicerie halal a ouvert ses portes dans le centre-ville il y a une semaine.

 Depuis le mardi 5 avril, Aurélie Lamy vous accueille dans son épicerie, où sont notamment proposés des produits halal.  Ph. A. H.   

Depuis le mardi 5 avril, Aurélie Lamy vous accueille dans son épicerie, où sont notamment proposés des produits halal. Ph. A. H.

Ici, c’est Chez Aurélie ! La jeune femme, installée depuis près de dix jours au 54, cours du Général-de-Gaulle à Lesparre, peut enfin trôner devant sa vitrine, où est inscrit son prénom. Jusqu’alors, Aurélie Lamy, native de Lesparre, était salariée d’une boulangerie à Pauillac. En conflit avec son employeur, son contrat est rompu et elle décide de partir.

Son compagnon, Djamel Zouga, lui souffle l’idée de monter sa propre affaire. Lui, gère déjà deux entreprises, « l’une dans la vigne, l’autre dans la sécurité », explique-t-elle. Elle a longtemps hésité avant de se lancer dans l’aventure. Trop tôt, trop risqué, « j’avais un peu peur », confie-t-elle. à 21 ans, quoi de plus normal. Finalement, il y a un mois, elle saute le pas. « Tout est allé très vite », souligne Aurélie. En trois semaines, « l’endroit, un ancien snack, était trouvé, et les papiers signés ». Une affaire rondement menée qui ne lui a pas laissé le temps de faire machine arrière.

Jusqu’à 22 heures le samediAinsi est née Chez Aurélie, la première épicerie de Lesparre à vendre des produits halal, respectant les rites musulmans. C’est un vide que tenait à combler Aurélie Lamy qui entendait trop souvent les gens se plaindre de « devoir faire plus de 20 kilomètres jusqu’à Pauillac pour trouver des produits halal ».

Bien lui en a pris, car « c’est ce qui se vend le plus depuis l’ouverture », assure-t-elle. Et d’ajouter que « d’ici une à deux semaines, on va proposer des produits régionaux comme du miel et de la noisettine ». Autre initiative, retarder au maximum l’heure de fermeture : jusqu’à 22 heures le samedi. Aurélie Lamy espère ainsi ne pas subir la concurrence des deux hypermarchés de la ville.

http://www.sudouest.fr/

Islam en prison: le rapport qui pointe les discriminations

Par François Koch

Islam en prison: le rapport qui pointe les discriminations

Déficit d’imams, absence de nourriture halal, manque de respect pour les tapis de prière et autres objets religieux, Jean-Marie Delarue dénonce la difficulté de pratiquer l’islam en prison.

AFP/MEHDI FEDOUACH

Les détenus musulmans n’ont pas les moyens de pratiquer leur religion, dénonce le contrôleur général des prisons, Jean-Marie Delarue. L’Express s’est procuré son rapport en exclusivité.

Son avis va faire l’effet d’une bombe. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, accuse l’administration pénitentiaire de manquer de neutralité, de prendre des décisions discriminatoires vis-à-vis des religions en général et de certaines d’entre elles en particulier.

Ce texte choc de sept pages, que L’Express a pu se procurer, devrait être publié au Journal officiel du 17 avril. Que dit-il, plus précisément? Que les musulmans n’ont pas les moyens de pratiquer leur religion en prison et, corollaire explosif, que ce sont eux les plus nombreux! Paradoxalement, Delarue le dit, mais ne l’écrit pas! Le document ne comporte aucun nom de religion. Sachant qu’il serait publié moins de deux semaines après le très controversé débat sur la laïcité lancé par l’UMP, le haut fonctionnaire a choisi une position extrêmement prudente. Au risque de paraître céder aux sirènes du politiquement correct. Il répond à L’Express qu’il a voulu se placer sur le terrain du respect de la laïcité en général. Toutefois, dans l’entretien qu’il nous a accordé, il accepte d’appeler un chat un chat.

Extrait

« Il appartient à l’administration responsable des lieux de privation de liberté de « pouvoir satisfaire aux exigences de [la] vie religieuse, morale ou spirituelle » (code de procédure pénale) des personnes dont elle a la charge. Tel n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Dans les conditions actuelles, les pouvoirs publics sont susceptibles de se voir reprocher de ne pas appliquer les principes nécessaires, en particulier en termes d’égalité de traitement et d’absence de discrimination, [...] au regard de la nécessaire neutralité de l’Etat vis-à-vis du fait religieux [...]. Lire la suite…

La laïcité française serait-elle anti-musulmans ?

Laïcité

Au regard des différentes polémiques visant la pratique du culte musulmans au nom de la laïcité, vous avez peut être tout comme nous émis des doutes sur les intentions de ceux qui nous gouvernent. Il est vrai que ces dernières années seule la communauté musulmane a vue son espace de liberté se réduire. Interdiction du voile à l’école en 2004, interdiction du voile intégral, sans oublier toutes les récentes polémiques sur la visibilité de l’islam comme les minarets, le Quick halal, les créneaux non mixtes dans les piscines, la polygamie…tout cela au nom de la laïcité. Une campagne tellement agressive à l’égard des musulmans au point que la communauté Sikh se dit victime d’islamophobie et la communauté juive tire la sonnette d’alarme.

La communauté juive a raison de s’affoler contre les attaques successives de l’UMP à l’égard des musulmans. Même si un certain nombre de polémiques montrent du doigt directement des pratiques musulmanes, elles concernent aussi des pratiques juives. Créneaux horaires non mixtes pour la piscine, abattage casher des animaux, célébration de Hanouka, financement d’établissements  loubavitch par l’État… sont autant d’acquis que souhaitent conserver les juifs de France.

Dans l’optique de dénoncer la laïcité à géométrie variable pratiquée par l’UMP, le journal Médiapart s’est intéressé aux concours des grandes écoles et ce qui a été découvert confirme ce que chacun savait deja, la défense de la laïcité n’est qu’un prétexte utilisé à des fins politiques pour justifier les attaques envers la pratique de l’islam et la communauté musulmane de France.

Sur demande de l’Elysée, quelques étudiants juifs pratiquants vont pouvoir passer dans la seconde quinzaine du mois d’avril les concours d’entrée à plusieurs grandes écoles, ceux des Mines, des Ponts, de Centrale et de Supélec, pour partie en dehors des sessions normales d’examen. Des sessions secrètes de nuit ont été prévues, avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant.

Comme vous pouvez le voir, la laïcité est arrangeante pour certaines communautés mais offensive et prohibitive lorsqu’il s’agit de l’islam et de la communauté musulmane. Bravo à l’UMP pour cette démonstration d’égalité fraternité.

http://www.ajib.fr/

Les abus du business halal

Par Cécilia Gabizon

Pour qu'une viande bénéficie de l'étiquette halal, l'animal doit être égorgé à la main, la tête
Pour qu’une viande bénéficie de l’étiquette halal, l’animal doit être égorgé à la main, la tête Crédits photo : Magnéto Presse/Capture vidéo

Le magazine «Spécial Investigation» dénonce les nombreuses arnaques en vigueur dans ce marché en plein boom.

Le halal est un marché florissant. Le magazine «Spécial Investigation» a tenté d’en savoir plus sur cette offre qui a explosé ces dernières années: à la traditionnelle boucherie s’ajoutent des supérettes modernes ou encore ce restaurant couru qui propose de la cuisine du terroir, avec des produits confessionnels. Le chiffre d’affaires de l’alimentaire halal devrait atteindre 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 1 milliard d’euros pour la restauration selon le cabinet de marketing Solis, qui vient de publier une étude du secteur. 

En apparence, le croyant dispose maintenant d’une gamme variée de produits… En réalité, il est souvent berné. Car l’étiquette halal que l’on voit fleurir partout n’offre aucune garantie, rappellent les journalistes. Chacun peut décider de l’arborer, met en garde le gérant d’une supérette. Les arnaqueurs profitent du flou réglementaire. Une marque vend ainsi impunément des bonbons halal… faits avec la gélatine de porc pourtant totalement proscrite !

Au-delà de ces cas extrêmes, le ­reportage s’intéresse au gigantesque marché du poulet halal. Beaucoup de portes fermées, de personnes se disant «non habilitées à parler», un climat de méfiance évident. En caméra ­cachée, les enquêteurs ont filmé plus de silence que de séquences révélatrices. Ils ont tenté de vérifier si Doux, le géant du secteur, qui exporte jusqu’en Arabie saoudite, respectait bien les obligations du halal. Les animaux doivent,affirment les journalistes, être égorgés à la main, par un sacrificateur musulman, sans être étourdis préalablement. Or, les poulets du producteur breton perdent leur tête à la chaîne, sans voir un sacrificateur. Pis encore, un employé raconte que les poulets sont légèrement étourdis par électronarcose avant de mourir. Ce serait donc des volailles sans confession qui parviendraient dans les assiettes des consommateurs musulmans.

Le problème, c’est que ce reportage construit sa démonstration autour d’une norme halal fondamentaliste. La définition avancée comme une règle intangible n’est qu’une des lectures de l’islam. Celle des plus rigoristes.

 

Surenchère religieuse

Le Coran dit peu sur le halal. Il établit qu’il faudra manger des aliments licites (halal), ce qui exclut le porc et les bêtes mortes. L’animal devra être égorgé et saigné. Le Coran autorise même les musulmans à manger la nourriture des «gens du livre», les chrétiens et les juifs. On n’y parle point d’étourdissement… Le Codex alimentaire, qui régit la norme halal internationale à l’exportation, ne proscrit pas l’étourdissement (s’il est léger et réversible), pour améliorer le bien-être de l’animal. De nombreux pays européens dont la Grande-Bretagne étourdissent les animaux avant de les sacrifier avec l’accord de leurs musulmans. Quant aux volailles, elles étaient ­jusqu’à présent partout légèrement étourdies.

Mais «les nouveaux entrants sur ce marché dénigrent les pratiques anciennes pour se faire une place» et font de la surenchère religieuse, analyse la spécialiste Florence Bergeaud-Blackler, chercheuse à l’Institut de recherche et d’étude sur le monde arabe et musulman. Le reportage semble ignorer ces enjeux, complexes, qui bloquent jusqu’à présent la mise au point d’un label.

http://www.lefigaro.fr/

Bio, terroir, halal… l’offre s’élargit

Par Keren Lentschner, Annelot Huijgen

L'offre bio de la marque Carrefour, un segment qui a progressé de 18 % l'année dernière.
L’offre bio de la marque Carrefour, un segment qui a progressé de 18 % l’année dernière. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Les enseignes misent désormais sur l’égargissement de l’offre de leur marques de distributeurs pour couvrir tous les besoins des consommateurs.

Cassoulet, nems, fajitas, jambon de Serrano… Avec sa nouvelle gamme «Itinéraire de saveurs», Intermarché rassemblera d’ici à la fin 2011 deux cents produits «ethniques et de terroirs». Les Mousquetaires souhaitent «offrir le meilleur rapport qualité prix» mais aussi «anticiper les tendances et envies futures des consommateurs, qui veulent des produits plus pratiques, source de plaisir et nutritionnellement équilibrés».

Si les enseignes continuent de rénover leur assortiment de cœur de gamme et leurs produits «premiers prix», elles misent désormais sur l’élargissement de leur offre sous marques de distributeurs (MDD). «Sur plusieurs catégories de produits, nous semblons clairement arrivés à saturation, assure Daniel Ducrocq, consultant chez Nielsen. Certaines enseignes ont fait le plein sur les produits de base, à la fois en nombre de références et en chiffre d’affaires. Une fois sur deux, l’élargissement de l’offre pénalise les ventes du rayon.»

Même si la plupart des experts doutent que le marché des MDD ait atteint un plafond en France, vue sa taille en Angleterre ou en Suisse, les distributeurs, désireux de pousser la croissance de leurs marques, s’activent pour défricher de nouveaux territoires. Après avoir chassé sur les terres du hard discount avec leurs gammes premiers prix, ils attaquent frontalement les marques nationales, en lançant leur propres catégories «premium», avec des recettes élaborées.

Hausse de fréquentation

«Les enseignes essaient de sursegmenter davantage le marché, pour couvrir tous les besoins des consommateurs», explique Daniel Ducrocq. En Grande-Bretagne, Tesco avait été le premier à le faire. En France, le dynamisme des MDD haut de gamme (Casino Délices, Monoprix Gourmet, Carrefour Sélection…) ne faiblit pas. L’an passé, c’est l’un des segments qui ont le plus progressé (+8,7%).

Constat identique sur le segment des MDD bio, en progression de 18% l’an passé. Elles captent désormais 45% du marché en valeur. Cette catégorie est devenue l’une des priorités de Leclerc, qui a même lancé un comparateur de prix de produits bio. «Le premier frein à l’achat de ces produits est le prix, souligne Nathalie Mesny, du cabinet Brand & Retail. De plus, il n’existe pas de marque nationale reconnue dans ce segment.»

Les distributeurs n’hésitent plus à se positionner sur de nouvelles niches, même là où les marques nationales hésitent encore à aller. Auchan propose ainsi depuis quelques mois des produits sans gluten, ainsi qu’une ligne «terroir».

Casino et Carrefour ont, de leur côté, développé leur gamme de produits halal. Un segment encore marginal (134 millions de chiffre d’affaires en 2010) mais qui a crû l’an passé de 25%. «Ces références font encore peu de volume, mais elles apportent de la fréquentation additionnelle pour les magasins », précise Daniel Ducrocq.

http://www.lefigaro.fr/

Laicité française : stigmatisation pour les musulmans et clientélisme pour les autres

C’est un fait exceptionnel dans l’histoire de l’éducation nationale. Sur demande de l’Elysée, quelques étudiants juifs pratiquants vont pouvoir passer dans la seconde quinzaine du mois d’avril les concours d’entrée à plusieurs grandes écoles, ceux des Mines, des Ponts, de Centrale et de Supélec, pour partie en dehors des sessions normales d’examen. Des sessions secrètes de nuit ont été prévues, avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant.

Alors que le chef de l’Etat, relayé par son ministre de l’intérieur Claude Guéant, orchestre depuis des semaines une campagne de stigmatisation ciblant les immigrés d’origine arabe, l’affaire que révèle Mediapart met en évidence que la défense de la laïcité, souvent avancée pour justifier cette politique, n’est en réalité qu’un prétexte. A preuve, le chef de l’Etat n’a pas le moindre scrupule à violer, quand il le veut, le principe de la laïcité.

L’organisation des concours aux grandes écoles suit un processus méticuleux, encadré par la loi et une jurisprudence fournie. Les dates sont choisies de telle sorte qu’elles ne chevauchent naturellement pas les jours fériés, qui recoupent notamment certaines fêtes de la religion catholique. Les organisateurs des concours doivent aussi fixer des dates qui ne chevauchent pas non plus ce qu’il est convenu d’appeler « les dates religieuses protégées ». En clair, chaque année, un arrêté ministériel établit un calendrier fixant les « autorisations d’absence pouvant être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ». Les examens publics ou les concours d’entrée aux grandes écoles n’ont donc jamais lieu à ces dates.

Pour l’année 2011, une circulaire en date du 2 décembre 2010, signée par le ministre du budget, François Baroin, et le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, Georges Tron, donne ces dates religieuses protégées, qu’il s’agisse des fêtes orthodoxes (6 et 19 janvier, 22 avril, 2 juin), des fêtes arméniennes (6 janvier, 3 mars, 24 avril), des fêtes musulmanes (15 février, 30 août, 6 novembre), des fêtes juives (8 et 9 juin, 29 et 30 septembre, 8 octobre) ou encore de la fête bouddhiste (17 mai).

C’est en quelque sorte le mode d’emploi d’une République laïque, mais tolérante : la vie publique est organisée de telle sorte que chacun puisse pratiquer un culte, s’il le souhaite.

Cette organisation est souvent contestée. Des candidats demandent des exemptions complémentaires mais butent à chaque fois sur une jurisprudence constante du Conseil d’Etat. Car la loi française est très claire. Elle est rappelée par une circulaire de 2004 sur la laïcité signée par François Fillon (il s’agit de la circulaire n°2004-084 du 18.5.2004, JO du 22.5.2004) qui édicte en particulier ceci :

« Des autorisations d’absence doivent pouvoir être accordées aux élèves pour les grandes fêtes religieuses qui ne coïncident pas avec un jour de congé et dont les dates sont rappelées chaque année par une instruction publiée au B.O. En revanche, les demandes d’absence systématique ou prolongée doivent être refusées dès lors qu’elles sont incompatibles avec l’organisation de la scolarité. L’institution scolaire et universitaire, de son côté, doit prendre les dispositions nécessaires pour qu’aucun examen ni aucune épreuve importante ne soient organisés le jour de ces grandes fêtes religieuses. »

Sur la sellette, les 20 et 26 avril Cette jurisprudence est d’ailleurs confortée par un arrêt célèbre du 27 octobre 1972, dit arrêt Vivien Prais, de la Cour de justice des communautés européennes qui a prononcé le rejet d’une requérante demandant à passer un concours des Communautés européennes à une autre date que celle prévue, en raison de ses convictions religieuses. Lire la suite…

La loi sur le voile intégral, « résultat des calculs glauques d’un président assiégé »

Par Cyriel Martin

« Liberté, égalité, fraternité… Sauf si, bien sûr, vous voulez porter une burqa. » Les premières lignes de l’éditorial publié dans The Observer, dimanche, donnent le ton. L’entrée en vigueur de la loi interdisant le port du voile intégral en France est largement commentée dans le reste du monde.

Ainsi, l’hebdomadaire britannique de centre-gauche fustige-t-il une « forme d’islamophobie ». « La défense des droits de la femme n’est qu’une excuse ridicule pour quelque chose qui s’apparente à du racisme », estime Viv Groskop, qui dénonce une loi « destinée à raviver le sentiment anti-immigration ». Une analyse partagée par de nombreux observateurs, comme ceux de The Independent, qui se désolent de voir « l’admirable philosophie » française se perdre dans les « calculs glauques d’un président assiégé qui prépare sa réélection pour 2012″. L’ombre de Marine Le Pen sur le prochain scrutin présidentiel n’a pas échappé à la presse internationale. Et, à l’instar de The Independant, nombreux sont ceux qui estiment que Nicolas Sarkozy verrait dans cette loi une « source de votes » pour 2012. « Il joue avec le feu », prévient le quotidien.

Le contexte dans lequel la loi entre en vigueur interpelle les observateurs. « Le président Sarkozy a organisé, la semaine dernière, un débat sur la laïcité et sur le rôle de la religion », rappelle le quotidien d’Andorre The National. Et The Independent de rappeler « la série de remarques provocatrices » de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, qui a récemment estimé que l’accroissement du nombre de musulmans « posait problème » en France.

« Pourquoi ces femmes sont-elles voilées ? » (Al Jazeera)

Au-delà de la tactique électorale, la loi qui bannit le voile intégral de l’espace public français est critiquée sur le fond. « Le gouvernement croit que la loi est un revers pour les fondamentalistes », explique le quotidien canadien The Globe and Mail. « Mais les extrémistes pourraient en tirer profit, parce que ceux qui sont persécutés seront dépeints comme des victimes, et s’attireront de la sympathie », poursuit Michel Arsenault dans son éditorial. Moins tendre encore avec l’initiative française, un éditorial publié sur le site de la chaîne Al Jazeera pose la question : « Pourquoi ces femmes sont-elles voilées ? » Et dans la foulée, y répond : « Pas parce que leurs maris les frappent pour qu’elles couvrent leur tête et leur visage, mais parce qu’elles l’ont choisi. » « Est-il si difficile de croire qu’elles peuvent décider par elles-mêmes ? », interroge Mohammed Khan, l’auteur de l’article.

Une question reprise en choeur par la presse russe, de loin la plus critique envers la loi française contre le voile intégral. « Pourquoi les femmes musulmanes ne peuvent-elles pas s’habiller comme elles le souhaitent en France aujourd’hui ? », demande la Pravda. « Pourquoi Sarkozy n’envoie-t-il pas ses gendarmes dans des églises chrétiennes pour arrêter les mariées portant un voile chaque samedi et chaque dimanche ? », ironise Timofei Belov. Et The Voice of Russia de rappeler qu’Oussama Ben Laden avait promis de « trancher la gorge » à tous ceux qui « empêcheraient les femmes musulmanes de porter le voile intégral ». « Les services de sécurité français feraient mieux de faire face aux vrais problèmes de l’époque », conclut le quotidien russe.

http://www.lepoint.fr/

« Un comité pour détecter les entorses à la loi »

Jean-Olivier Viout, procureur général de Lyon  / Maxime JegatJean-Olivier Viout, procureur général de Lyon / Maxime Jegat

>> Jean-Olivier Viout, procureur général de Lyon, vous êtes à l’origine de la création de cellules de veille des actes antisémites et islamophobes. Comment fonctionnent-elles ?

La première cellule a été créée en 2004 pour lutter contre l’antisémitisme et ensuite, nous avons créé une cellule équivalente pour l’islamophobie. Deux fois par an, les procureurs des départements de la Loire, du Rhône et de l’Ain rencontrent, à la cour d’appel de Lyon, des représentants des communautés juives, puis musulmanes. Ce comité a vocation à détecter, collecter et dénoncer toutes les entorses à la loi.

>> Quel est le but de ces cellules ?

Lorsque j’étais procureur à Grenoble, j’ai réalisé que ces communautés étaient traumatisées par le silence de l’institution judiciaire. Tout simplement parce qu’elles n’étaient pas tenues au courant des suites judiciaires données à leurs plaintes. Les victimes elles-mêmes souffraient en silence. Ces rencontres nous permettent de vérifier, grâce aux représentants des communautés, que tout acte a bien été signalé. C’est aussi l’occasion de donner aux représentants des communautés, la réponse pénale apportée. Cela permet aussi parfois d’effectuer des recoupements et d’établir des profils. Un prélèvement de peinture pour les tags, une faute d’orthographe, une empreinte, une trace ADN, parfois la toile, comme ce fut le cas pour les taggers de la mosquée stéphanoise, peuvent conduire à des interpellations.

>> Assiste-t-on à une recrudescence d’actes à caractère raciste ?

En 2010, nous avions constaté une régression des actes antisémites, ce qui n’est pas le cas pour l’islamophobie. Depuis trois mois, même s’il faut rester prudent avec les chiffres, on constate une nouvelle augmentation des signalements.

http://www.leprogres.fr/

«La finance islamique en Tunisie, ce n’est pas Sakher El-Materi!»


Le Forum africain de la finance islamique sera organisé pour la première fois en Tunisie, pays natal de son fondateur Zoubeir Ben Terdeyet. Cause: le monopole exercé par le clan de Ben Ali sur le secteur l’a contraint à s’expatrier.

Après trois éditions accueillies par le Maroc, le 4e Forum se tiendra le mercredi 13 et le jeudi 14 aux Berges du lac, à Tunis.
Zoubeir Ben Terdeyet, fondateur et organisateur de l’événement, ne cache pas sa fierté de l’atterrissage (enfin) en Tunisie du Forum. «L’heureux événement est ma contribution» au débat sur la finance islamique, a-t-il lancé lundi. Un secteur qui, selon lui, était «un monopole de Sakher El-Materi pendant plusieurs années».
C’est facile de comprendre pourquoi toute activité liée à la finance islamique ne pouvait, du temps de la bande à Ben Ali, être conçue ou autorisée qu’à travers le canal de Sakher et de sa banque Zitouna!
«De grandes interrogations pesaient sur la finance islamique en Tunisie, estime Ben Terdeyet, et il est temps qu’elle regagne la confiance des Tunisiens».

Une solution pour le chômage
Les expériences dans des économies et des sociétés semblables aux nôtres ont prouvé que la finance islamique est l’une des réponses sérieuses au chômage des jeunes diplômés.
Ben Terdeyet, qui parlait lundi à Tunis lors de l’annonce de la création de l’Association internationale des experts financiers et bancaires tunisiens (Aiefbt) est convaincu qu’à cet effet, la Tunisie a tout pour devenir «un hub» de ce secteur en Afrique.
Avec plus d’une centaine de participants attendus, ce forum «est une occasion unique sur le continent, et notamment au Maghreb, pour nouer des contacts avec les acteurs principaux du marché». Des délégations du Sénégal, d’Algérie, du Kenya en plus de la Banque africaine de développement (Bad) et autres institutions régionales et internationales, y seront présentes. Mais pas les autorités tunisiennes!
Ben Terdeyet a dit que ni la Banque centrale de Tunisie (Bct) ni le gouvernement ne prendront part au Forum. «Dommage», dit-il. Sans expliquer les causes de cette absence: calendriers ministériels chargés? Ou manque d’intérêt pour le développement du secteur de la finance islamique?

http://www.kapitalis.com/

L’irréversible engrenage de l’islamophobie d’État

Par Youssef Girard
Le 5 avril 2011, l’UMP prévoit d’organiser, sur demande de Nicolas Sarkozy, une convention sur le thème : « La laïcité et la place de l’islam dans la République ». Cette convention devrait déboucher sur des « propositions concrètes » avant l’été. Nicolas Sarkozy envisagerait notamment le vote d’une résolution réaffirmant « les principes de la République et de la laïcité ».

Nous pourrions nous poser la question de savoir quels sont ces « principes de la République et de la laïcité » si hautement défendus et si mal définis ? L’inégalité politique entre hommes et femmes, puisque la République instaurée en 1870 et devenue laïque en 1905, n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 1944 ? L’inégalité raciale entre colons européens et « colonisés musulmans » puisque, dans les trois départements de l’Algérie sous domination française, les Algériens n’ont jamais eu les attributs de la citoyenneté ? L’inégalité des cultes entre l’islam et les autres religions puisque, dans ces mêmes trois départements de l’Algérie sous domination française, la loi de 1905 n’était pas appliquée à la seule religion musulmane ?

Évidemment, la convention de l’UMP n’effleura même pas les questions que nous soulevons. L’objectif est d’une toute autre nature. Derrière les mots pompeux de « République » et de « laïcité », nous allons assister à une nouvelle mise en accusation de l’islam et des musulmans qui seront dénoncés comme la cause de tous les maux qui s’abattent sur la France. Les musulmans « armés » du Coran seront présentés comme les diverses petites tentacules d’une pieuvre immonde qui s’emploie à enserrer le monde « civilisé » pour l’asphyxier.
Lire la suite…

L’unité arabe dans la pratique révolutionnaire

Par Youssef Girard

Après la défaite de juin 1967, certains analystes avaient pronostiqué la mort du nationalisme arabe pulvérisé sous les bombes de l’aviation sioniste. En effet, cette défaite humiliante a marqué un sérieux coup d’arrêt pour le mouvement de libération arabe et une remise en cause de l’idée même d’unité arabe et de nation arabe. Différents courants régionalistes s’exprimèrent dans ce sens au nom d’identités locales singulières. Le nationalisme arabe semblait apparaître comme une réalité évanescente et une idée morte devant disparaître après son échec à mettre en œuvre son projet politique. Lire la suite…

La révolution arabe et la reconquête de l’identité

Par Abdelaziz al-Hays

On considère la révolution populaire arabe qui s’est déroulée en Tunisie et en Égypte, comme étant la révolution de masses la plus importante qui ait eu lieu à l’époque contemporaine après les révolutions française, bolchevique et iranienne. Aujourd’hui, dans le monde arabe, on assiste à une approbation populaire générale de cette révolution en raison de son opposition à l’injustice. Elle est aussi considérée comme un passage obligé après une phase de « blocage » par laquelle est passée la société arabe. Elle est également unanimement acceptée car elle est l’expression de la voix des masses ; voix qui est restée très longtemps dans l’attente.

L’élite et les masses

L’idée de l’expression des masses par elles-mêmes est le plus important problème qui se présente à nous. Ancrée dans l’imaginaire arabe et islamique, l’image négative des masses et du peuple en général a été bouleversée par cette révolution. Notre histoire arabe est une histoire des « élites ». De nombreuses pages de notre patrimoine littéraire, qu’il n’est pas utile de citer, rabaissent les masses et le grand public. Elles les décrivent comme étant de la « racaille », des « rebuts » ou uniquement comme des « petites gens ». Ces pages de notre patrimoine littéraire ont peu fait l’éloge des masses comme le fit Ali ibn Abi Talib, qu’Allah soit satisfait de lui, lorsqu’il dit : « Le peuple de la communauté est le pilier de la religion, ce qui rassemble les musulmans et l’arme pour combattre les ennemis ».

Cette représentation négative du peuple existait aussi en Occident. Le philosophe anglais Thomas Hobbes fut le premier à avoir étudié le terme « peuple » dans son livre Le Citoyen (1). Il dit au sujet du peuple qu’il est composé de « barbares », en raison de leur amour de la guerre, et que le mal fait partie de sa nature. Au XIXème siècle, le philosophe hollandais, Spinoza exposa une autre idée. En parlant du peuple, il utilisa le terme « foule » qu’il considère, dans son Traité théologico-politique (2), comme un être doté d’une grande puissance.

D’autres études ont porté sur le concept de « foule ». A la fin du XIXème siècle, l’historien français Gustave Le Bon considérait dans ses deux livresPsychologie des foules et Psychologie des révolutions (3), que les masses étaient une entité désorganisée et irrationnelle. Selon lui, cette entité avait une tendance à avoir une conduite irréfléchie et était encline à l’extrémisme. Cette position de Gustave Le Bon et l’enthousiasme qu’il mit à défendre cette orientation grandirent à mesure qu’il approfondissait son étude sur l’impact dévastateur de la frénésie des masses sur les sociétés. Les cent années qui ont suivi la Révolution française ont été marquées par une succession de révolutions douloureuses. Aujourd’hui, l’Occident a développé des instruments politiques et d’information qui donnent sa place à l’opinion publique et qui font d’elle un acteur influent et souverain. Lire la suite…

Une révolution globale qui renvoie les Arabes sur la scène de leur histoire

Par Bachir Moussa Nafi`

Tout comme des millions d’Arabes, j’ai assisté durant les trois mois – du début du mois de décembre au début du mois de mars – que j’ai passé dans le Machrek arabe, au passage du vent de la révolution arabe qui a renversé les plus vils régimes de répression, de despotisme et de corruption. Cette révolution renvoie les Arabes au cœur de leur histoire.

Le Caire fut mon premier arrêt. Elle m’apparut, comme ce fut le cas il y a quelques années, triste, en colère, étouffée et marginalisée.

La ville qui devint à la fin du XIXème siècle le centre de la renaissance culturelle et intellectuelle arabe, la ville qui mena le mouvement politique arabe et au sein de laquelle se sont épanouies les innovations artistiques et littéraires arabes ; cette ville est devenue ces dernières années une ville brisée, souillée et blessée dans son honneur. Une ville qui vit au bord de l’effondrement.

Aujourd’hui, je reviens au Caire, la ville de l’après révolution. Cette ville a retrouvé son âme. Elle a à nouveau confiance en elle-même et en son histoire. Elle a recouvré sa grandeur et sa dignité et elle presse le pas vers un futur nouveau. Le vent de la révolution arabe, qui est né dans une petite ville tunisienne et qui s’est répandu avec bravoure, bon sens et détermination, a renversé jusqu’à présent les régimes tunisien et égyptien. Il cerne le régime libyen et menace l’existence du régime yéménite. Que se passe-t-il dans les profondeurs des terres arabes ? Et pourquoi cela se passe-t-il ?

A peine la Première Guerre Mondiale fut-elle terminée que la plupart des pays arabes sont tombés sous la domination de l’impérialisme européen. Les Arabes n’acceptaient pas la domination étrangère. La révolution arabe contre le régime d’occupation étrangère débuta quelques mois seulement après l’annonce des protectorats et des mandats. Ce fut le cas en Égypte en 1919, en Iraq en 1920 et en Syrie en 1925-1927.

Des années 1930 aux années 1960, les pays arabes accédèrent les uns après les autres à l’indépendance. Au début, il s’agissait d’une indépendance inachevée puis elle devint complète.

L’indépendance ne se fit pas à moindre coût : il y eut des martyrs dans chaque contrée des pays arabes. Les Arabes s’engagèrent dans les batailles pour l’indépendance comme ne le fit aucune autre nation auparavant. L’espoir les stimulait car derrière des années de combat il y avait l’espérance de la liberté apportant des jours meilleurs, l’aspiration à une vie décente, la volonté de se réapproprier l’histoire arabo-islamique et de réaliser les objectifs de renaissance qu’avaient lancés les réformateurs à la fin du XIXème siècle.  Lire la suite…

Banques halal, le paradoxe français

par FOSSATI Martin

Distributeur d'une banque en Jordanie Annoncé depuis quelques semaines, le débat national sur la laïcité de Jean-François Copé n’aura finalement débouché que sur des tables-rondes et 26 propositions. Le patron de l’UMP se défend d’avoir provoqué une « stigmatisation » des musulmans. Depuis 2004, les polémiques sur l’Islam n’ont pas manqué: voile, minarets et burqa.

Mais en France un autre débat  en lien avec la religion musulmane est oublié, celui de la finance islamique. C’est à dire un système financier régi par des principes religieux tirés de la Shari’a (Coran et Sunna) et qui rejette notamment le recours à un prêt avec intérêt, car contraire à des valeurs morales.  Au pays des lumières, les banques islamiques, aussi appelées banques halal, peinent à sortir de l’ombre.

Avec la plus grande communauté musulmane d’Europe, estimée entre 5 et 6 millions de personnes par le ministère de l’Intérieur chargé des Cultes, la France pourrait devenir un acteur d’importance de la finance halal de détail. La demande existe, le cadre juridique et les professionnels aussi. Mais à ce jour, aucune banque ne propose de produits conformes aux principes du Coran sur le territoire hexagonal. Décryptage d’un paradoxe français.

Crédit photo: cogdogblog/Flickr/CC

Les grandes surfaces ont franchi le cap en développant des rayons halal. Puis, des magasins entièrement dédiés à ces produits sont nés. On y trouve des spécialités de la gastronomie française, telles que le foie gras, la charcuterie et le confit de canard, préparées tout en respectant la tradition musulmane. La chaîne de fast-food Quick est allée encore plus loin, en ouvrant 22 restaurants qui servent quasi exclusivement des hamburgers halal. Mais pour l’instant, les banques françaises se tiennent à l’écart. Aucun produit financier halal n’a vu le jour en France. Impossible aujourd’hui pour un particulier d’ouvrir un compte épargne ou de souscrire un crédit immobilier conforme aux prescriptions du Coran.

Pourtant, la France possède plusieurs atouts pour favoriser le développement de la finance islamique : une large population musulmane (estimée entre 3,7 et 4,1 millions de personnes, selon la démographe Michèle Tribalat et entre 5 et 6 millions selon le ministère français de l’Intérieur chargé des cultes), des banques avec une expertise avérée en la matière grâce à leurs filiales au Moyen-Orient, des professionnels qui connaissent le secteur, des formations universitaires spécifiques. La liste n’est pas exhaustive. De plus, la place de Paris est située dans la zone euro, ce qui la rend encore plus attractive auprès des investisseurs du Moyen-Orient. Pourquoi, alors, ce sous-développement de la filière?

A ce stage, une explication théorique s’impose. Loin de la caricature d’une finance contrôlée par des terroristes barbus qui interdisent l’utilisation de l’argent aux femmes, la banque halal cherche à développer ses activités tout en respectant la loi islamique, ou Charia. Ainsi, la spéculation et l’intérêt, bases du système financier occidental, sont bannis. Impossible donc de placer son argent dans un livret d’épargne classique. Les fidèles ne sont pas autorisés non plus à investir dans des secteurs jugés illicites par la tradition musulmane, tel que les jeux de hasard, l’alcool, le tabac, la pornographie ou encore l’armement. Ils doivent également partager les profits et les pertes de leur investissement avec la banque qui les a financés. Dernière prescription : il est fondamental d’investir dans l’économie réelle. « La finance islamique ne se sert pas de l’industrie, elle est à son service », martèle Anouar Hassoune, analyste chez Moody’s.

Un marché porteur

Les premiers produits financiers halal ont été commercialisés dans les pays du Golfe au début des années 70. D’après l’International Financial Services London (IFSL), cette région concentre aujourd’hui 60 % du marché mondial, dont 38 % contrôlé par l’Iran et 14 % par l’Arabie Saoudite. Le secteur s’est aussi développé en Asie du Sud-Est, notamment en Malaisie. Preuve que ce marché est en plein essor, selon l’agence de notation Standard & Poor’s, la finance islamique pesait quelques 1000 milliards de dollars (709 milliards d’euros) dans le monde en 2010. Soit sept fois plus qu’en 1995. Lire la suite…

« Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″ : Plus de 80 ambassadeurs attendus à la cérémonie d’ouverture

Plus de 80 ambassadeurs accrédités en Algérie sont attendus à la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril.

D.R

Plus de 80 ambassadeurs accrédités en Algérie sont attendus à la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen,  capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril, a annoncé hier, le wali.   Il a affirmé, lors d’une rencontre d’information, organisée en  présence des autorités locales, des élus et des représentants de la société  civile, que « toutes les conditions sont réunies pour garantir le bon déroulement  de cette manifestation qui accueillera des délégations de pays frères et amis ».    Après avoir mis en exergue les infrastructures réalisées en prévision de cette manifestation, à l’instar du palais de la culture, du centre des études  andalouses, du théâtre de plein air et du Centre culturel islamique, le chef  de l’exécutif de wilaya, a souligné que « Tlemcen a été choisie capitale de la  culture islamique car elle remplit les conditions pour cela et dispose de toutes  les potentialités scientifiques et culturelles ainsi que les moyens nécessaires  pour abriter une telle manifestation dans les meilleures conditions ».
Il a ajouté qu’en plus, la wilaya a enregistré, ces dernières années,  un bond qualitatif en matière de développement.    La cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen,  capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril courant, sera marquée par  un programme d’animation grandiose au niveau du plateau « Lalla Setti » surplombant  Tlemcen.
La phase nationale de cette manifestation a eu lieu le 15 février  dernier à l’occasion de la célébration du Mawlid Ennabaoui.

http://www.elmoudjahid.com/

Débat sur l’islam: «Nous voulons poser une autre question»

Par Basile Lemaire

Les intervenants du débat

Les intervenants du débat© BL/MP

Serrés les uns contres autres, certains assis par terre, d’autres debout près du bar, hier lundi 4 avril, la Maison des Métallos à Paris était pleine à craquer. Tellement, que le débat organisé par Mediapart et Le Pari(s) du Vivre-Ensemble s’est déroulé sur deux étages, via écran interposé. A la veille du « colloque » de l’UMP sur la laïcité et/ou la place de l’islam en France, jeunes et moins jeunes, militants ou non –mais tous exaspérés par la politique du gouvernement–, se sont retrouvés pour débattre autrement.

Pour répondre aux questions du public, des spécialistes du fait religieux et la politique d’identité nationale s’étaient réunis: Esther Benbassa (EPHE, Sorbonne /Le Pari(s) du Vivre ensemble), Eric Fassin (ENS/IRIS), Jocelyne Dakhlia (EHESS), Nilüfer Göle (EHESS) et Franck Frégosi (CNRS). La réunion s’est conclue par un slam de Maxime Abolou.

Après avoir présenté les intervenants, Sylvain Bourmeau (Mediapart) engage les questions du public par un clin d’œil à la récente sortie de Frédéric Lefebvre: « Il est question ici d’un débat qui porte plus sur une laïcité à la Zadig et Voltaire qu’à la Voltaire ».

Eric Fassin prend le relais, expliquant qu’on peut reconnaître au moins un aspect positif au débat organisé par l’UMP : «Les masques tombent. Quand Brice Hortefeux faisait des blagues sur les Auvergnats on ne savait pas trop sur quel pied danser. Mais quand Claude Guéant s’exprime c’est beaucoup plus clair. Je le cite : « En 1905 il y avait très peu de musulmans en France. Aujourd’hui il y en a entre 5 et 10 millions. Or cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements, posent problème ». À la différence de Brice Hortefeux, il ne plaisante pas. Il donne la tonalité du débat qui commence. La laïcité c’est l’islam, et l’islam est un problème ! L’avantage c’est que les choses sont claires. On ne s’embarrasse plus de justifications féministes. Il s’agit de défendre l’identité nationale contre l’islam. La laïcité se décompose. Ce qui est en train de se passer avec l’islam est l’envers de ce qui s’est passé avec le christianisme. On avait inventé la laïcité positive, aujourd’hui, sur le dos de l’islam, on invente la laïcité négative.» Et le sociologue de conclure : « La raison pour laquelle nous avons ce contre-débat, c’est que nous voulons poser une autre question. Nous voulons changer de problème, et prendre pour problème, la politique d’immigration. »

Esther Benbassa (centre)

Esther Benbassa (centre)© BL/MP

Esther Benbassa entreprend d’offrir la parole au public, et glisse auparavant un mot en référence à la citation du ministre de l’intérieur Claude Guéant: «Au 18e siècle, avant de donner la citoyenneté aux juifs, il a eu de très nombreux débats sur la fécondité supposée importante des femmes juives, censée permettre aux juifs d’envahir le territoire. Ça a été un obstacle à l’acquisition de la citoyenneté. Il y a des obsessions qui reviennent et qui sont assez problématiques. » Un homme se lève et pose la première question : «Où est le débat ? Ici, ce soir oui. Mais l’autre ? Je n’appelle pas ça un débat.» Lire la suite…

Entre laïcité coloniale et « radicalisation cumulative »

Par Youssef Girard

Avant même la tenue de sa « convention sur la laïcité », l’UMP a rendu public un document contenant 26 propositions « sur la laïcité dans le cadre des débats sur le projet 2012 » (1) relatif à la prochaine présidentielle. Ces 26 propositions ont été reprises par la « convention » qui s’est déroulée le 5 avril 2011 dans un hôtel parisien. Parmi ces 26 propositions, le document de l’UMP affirme que « certaines peuvent être appliquées dès maintenant » alors que « d’autres constituent la contribution de l’UMP dans la préparation du projet 2012 ».

Si les responsables de l’UMP, avec à leur tête Jean-François Copé, ont affirmé que ce débat ne visait pas à stigmatiser une religion en particulier, le document du parti majoritaire insiste sur la « spécificité » de l’islam dans le préambule à ces 26 propositions. Ce préambule affirme que la loi de 1905 « n’intégrait pas l’Islam » au moment où elle a été votée car sa rédaction date du « début du XXème siècle ».

Une laïcité coloniale pour l’islam et les musulmans

Au regard de tels propos, il est difficile d’imaginer plus crasse ignorance de l’histoire de France pour un parti qui se plait, pourtant, à donner des leçons d’« identité nationale » aux musulmans vivant dans l’hexagone. Cela est d’autant plus pathétique que l’inculte UMP affirme vouloir combattre l’ignorance, son « premier adversaire ». Comment l’UMP peut-elle prétendre sérieusement réfléchir à la « laïcité » en France alors qu’elle ne connaît même pas l’histoire de ce pays et l’histoire de la laïcité dans ce pays ?

Premièrement, l’UMP écrit l’Islam avec un « I » majuscule ce qui désigne la civilisation musulmane et non la religion musulmane qui s’écrit avec un « i » minuscule. Cette erreur orthographique n’en est pas forcément une. Cela peut signifier une volonté politique d’interdire, au nom de la laïcité, toute forme de manifestation publique non pas seulement de la religion musulmane mais aussi des expressions culturelles liées à la civilisation islamique. Si l’on considère le contenu des « débats » relatifs à l’« identité nationale » et à la « laïcité », il est tout à fait concevable que l’UMP veuille s’attaquer à l’ensemble des expressions religieuses et culturelles de la communauté musulmane afin de défendre une France « blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne », pour reprendre la définition du général de Gaulle.

Deuxièmement, l’UMP ignore que l’islam fut bien concerné par la loi sur la séparation des cultes et de l’État au début du XXème siècle. En effet, si en 1905 le nombre de musulmans vivant dans l’hexagone était relativement restreint, la France comptait en son sein des territoires où l’islam était massivement présent et où la loi de séparation des cultes et de l’État aurait pu s’appliquer si la République coloniale ne si était pas opposée. Bien que les colonisés musulmans n’y avaient pas le statut de citoyen, contrairement aux Européens et aux Juifs, l’Algérie colonisée était juridiquement divisée en trois départements français au sein desquels la loi de 1905 s’appliqua aux cultes catholique, juif et protestant (2). Seul l’islam fut soumis à un régime d’exception coloniale. Lire la suite…

France – Top départ pour l’islamophobie d’Etat !

parAllain Jules

Ah, enfin, après avoir été au lit pratiquement toute la journée suite à de violentes céphalées, j’ai enfin la force de poster ce petit billet. Mes cachets, ma petite boîte à pharmacie, m’ont quelque peu relevé. Et, que découvre-je ? Que la France poursuit ses bombardements contre le camp Gbagbo, et que ces derniers l’accusent à juste titre de vouloir sa mort. Tuer Laurent Gbagbo est-ce la solution ? Sarkozy est vraiment incorrigible. C’est d’ailleurs par ses prises de positions que la France ne fait que tomber, avec notamment le loi sur l’interdiction du voile dit islamique dès demain. Ambiance.

A partir de demain, lundi, il sera interdit de se voiler le visage.  La loi interdit de se dissimuler le visage -avec un voile, un casque ou une cagoule- dans l’espace public, c’est-à-dire la rue, les jardins publics, les gares, les transports ou les commerces. Si les forces de l’ordre n’auront pas le pouvoir de faire ôter leur voile aux personnes récalcitrantes, ces dernières encourent une peine maximale de 150 euros d’amende et/ou un stage de citoyenneté. En outre, les hommes qui obligeront une femme à se voiler risqueront un an de prison et de 30 000 euros d’amende. La peine sera doublée (deux ans de prison, 60 000 euros d’amende), si la personne contrainte est mineure.

La police a arrêté samedi soir 61 personnes qui voulaient participer à Paris à un rassemblement interdit contre la loi prohibant le port du voile islamique intégral. Parmi elles figurent 19 femmes portant le voile. Les autorités ont proscrit ce défilé au motif qu’il était susceptible de provoquer des troubles de l’ordre public. Comment peut-on légiférer pour seulement 2000 personnes ? C’est ce qui me désole. La France est entrée de plain-pied dans une islamophobie d’Etat.

Les dérives discriminatoires vont donc commencer, comme celui qui a eu lieu le 5 avril dernier à Poussan, dans l’Hérault (34). Une jeune mère de famille, Fatima Ouhamma, s’est vue refuser l’accès au collège de son fils au motif qu’elle portait un voile. Or, il s’agissait simplement d’un foulard qui ne dissimulait même pas son visage, encore moins un hijab. Mais, les policiers seront obligés, probablement, de détourner le visage quand ils verront des femmes sur les Champs-Elysées, malgré les circulaires gouvernementales visant à distribuer aux touristes, les textes traduits en anglais. Il y a même un site dédié. Foutaise !

Les gens ont envie de travailler, de nourrir leur famille, et non de s’occuper des femmes voilées ou des musulmans qui causeraient selon Claude Guéant un problème. C’est eux, ces politicards, le problème. Il faut maintenant de l’éducation aux policiers. En effet, il y a une différence entre la burqa ou le niqab (qui sont interdits), et non le hijab (voir image). Que les politiques laissent les gens vivre leur vie, voilée ou dévoilée comme Zahia Dehar. Moi qui ai travaillé durant mes études comme vendeur dans un magasin de luxe sur les Champs Elysées, j’ai vu les sommes d’argent que les femmes du Golfe laissaient dans les magasins. Va-t-on les faire fuir et pénaliser les commerçants ? Un peu de tolérance au lieu de jouer sur une réciprocité ridicule  !

http://allainjules.com/