Le président autrichien : « Il faut poursuivre les négociations entre la Turquie et l’UE »
Alors que le président Gül était en visite à Vienne cette semaine, le président autrichien, Heinz Fischer, a déclaré dans un entretien à Zaman que son pays était favorable à la poursuite des négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE.
« Il est évident que le chemin sera long et difficile mais il faut poursuivre les négociations entre la Turquie et l’UE. L’Autriche approuve le lancement de discussions officielles sur l’intégration de la Turquie. D’ailleurs, le seul chapitre concernant l’adhésion qui ait été clos l’a été sous notre présidence » a confié le président Heinz Fischer. Le chef d’Etat a tenu à rappeler la position autrichienne en affirmant, par ailleurs, que les négociations ne mèneraient pas automatiquement à l’intégration de la Turquie. D’après lui, l’Europe des 27 traverse des temps difficiles à cause de la crise économique, ce qui renforce le scepticisme vis-à-vis d’un élargissement, dans l’opinion publique. « La question c’est de savoir si l’UE est prête à accepter un grand pays comme la Turquie qui compte 70 millions d’habitants » soutient-il. De plus, le président insiste sur le fait qu’il y a aussi d’autres problèmes comme la question chypriote qui doit encore être réglée. Par ailleurs, il a refusé de donner une estimation quant au moment où la Turquie pourrait devenir un membre à part entière.
Fisher : « Aucune discrimination n’est tolérée en Autriche »
En outre, le président a réfuté les accusations de xénophobie et d’islamophobie dans son pays car, selon lui, « aucune forme de discrimination n’est tolérée en Autriche. » Il a aussi souligné que la liberté religieuse était protégée par la Constitution actuelle. « Voilà ce que je pense : la liberté religieuse ne s’applique pas seulement aux églises de ce pays mais aussi à l’islam. Un environnement de respect doit être établit entre les différents croyants » a-t-il plaidé. Concernant l’augmentation de la coopération entre la Turquie et l’Autriche, Fischer a déclaré que son pays était le plus grand investisseur en IDE (investissement direct à l’étranger) en Turquie en 2010, ce qui revenait à 1 milliard d’euros. Il a également évoqué le dynamisme des échanges et la présence de centaines d’hommes d’affaires turcs travaillant en Autriche. Les deux présidents ont discuté des questions politiques, économiques et de leur coopération. Abdullah Gül est le premier président à visiter l’Autriche depuis la visite de Süleyman Demirel en 1998. Le président autrichien, pour sa part, s’était rendu en Turquie en 2008.
Gül : les Turcs pourraient dire « non » à l’UE
Dans une interview donnée dans un important journal autrichien à la veille de sa visite, le président turc Abdullah Gül a déclaré qu’il était possible que les Turcs se prononcent contre l’intégration de la Turquie à l’UE, comme l’ont fait les Norvégiens. Par ailleurs, dans une interview donnée au journal Der Standard, publiée le 29 avril, il a ajouté que « les citoyens turcs vivant en Autriche devaient parler les deux langues couramment. » Le président Gül a par ailleurs réaffirmé sa condamnation de toute forme d’islamophobie. « Cela reviendrait à tolérer une discrimination religieuse. Ce n’est pas important qu’une personne soit musulmane, chrétienne ou juive. Ce qui compte, c’est qu’elle respecte les principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l’homme. »
Deux anciens Empires
Dans un autre entretien, publié dans le journal Die Presse, le président turc a soutenu que les deux pays étaient tous deux héritiers d’importants Etats et Empires. « Je pense que nous serons capables d’approfondir nos relations économiques et politiques. Environ 200.000 Turcs vivent en Autriche et 100.000 d’entre eux sont des citoyens autrichiens. Ils font partie de la société autrichienne et c’est très important pour les relations entre nos deux pays » a-t-il affirmé. « La Constitution autrichienne reconnaît l’islam. C’est un bon départ. L’Autriche est l’héritière d’un Empire composé de nombreuses provinces. Cependant, l’extrémisme et l’islamophobie contredisent l’esprit européen et les valeurs de ce continent, berceau des droits de l’homme. Nous avons déjà constaté par le passé que ceux qui sont différents, sont isolés en Europe » a-t-il soutenu.
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