Le mois du ramadan : une opportunité pour le dialogue
NIHAT SARIER,
Le 22 juillet 2011 restera une date gravée dans notre mémoire.
Je voulais rendre hommage avant tout aux victimes norvégiennes de ce carnage perpétré par un déséquilibré. Le geste symbolique du Premier ministre norvégien visitant la mosquée pour présenter ses condoléances aux citoyens musulmans et le déplacement de l’imam à l’église montrent le degré de maturité démocratique et la solidarité des citoyens norvégiens. Nous sommes dans le mois du ramadan depuis le 1er août. Ce mois rime avec partage, générosité, spiritualité et dialogue. Nous sommes tous concernés : l’étudiant, le cadre, l’artisan, la mère au foyer, les séniors, et le mois de ramadan est une opportunité pour ce dialogue. Qu’aurions-nous à perdre si nous invitions notre voisin, notre collègue de travail, notre boulanger, notre garagiste, notre maire ou notre député à partager une rupture de jeûne et découvrir l’autre ? Le mois du ramadan doit être un tremplin pour le vivre-ensemble.
Ici, je lance un message à notre président de la République Nicolas Sarkozy. Je souhaite vous inviter à une rupture de jeûne durant ce mois de ramadan ! Il est question ici d’une découverte mutuelle : l’effort sur le chemin du dialogue. Une anecdote : il y a de cela quelques années, une mosquée a été victime d’un incendie à Annecy. Une marche a été organisée à l’occasion de cet acte barbare et islamophobe. Un journaliste filmant avec sa caméra s’est subitement arrêtée sur un citoyen français non musulman lui demandant : « Mais que faites-vous ici ? » La réponse de ce manifestant m’avait interpelé : « Je suis Français et catholique. Je suis là pour dénoncer cet acte et je suis solidaire avec mes amis musulmans. Ils m’ont toujours aidé dans les moments les plus difficiles et nous avons partagé des moments inoubliables durant des années. » Le message était fort. Voilà l’exemple type d’un dialogue naturel. Souvent, lors des formations au dialogue interculturel, on m’interpelle sur le fait que l’effort est toujours unilatéral. Je leur réponds qu’il s’agit juste de se comporter en tant que citoyen français et que l’éthique musulmane peut-être une source de vivre-ensemble. Le penseur turc Fethullah Gülen, récemment interviewé par un quotidien allemand, déclarait : « Nous espérons que dans le monde d’aujourd’hui les religions soient un moyen de se comprendre et de se mettre d’accord plutôt que de se combattre. » En effet, que l’on soit catholique, musulman, protestant, juif ou athée, cela n’a pas d’importance car nous sommes avant tout humains, et cela est la base de tout pour combattre l’ignorance.
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