Archive

Archives pour 06/2012

Dieu, le halal, l’État et moi

Par DIDIER RAOULT

La question du halal n’est pas seulement religieuse. Elle concerne également la communauté scientifique et l’État. Embryon de réponse…

Photo d'illustrationPhoto d’illustration © Capman / Sipa

Quel rôle peut jouer le scientifique après les querelles politiques et médiatiques qui ont agité les esprits à propos de la viande halal ? Peut-être tout simplement remettre les choses en perspective.

Si l’État français s’est initialement bâti avec des rois catholiques, nous sommes actuellement dans une société théoriquement laïque où chaque religion doit pouvoir respecter ses règles de vie. Parmi les interdits religieux qui touchent à la fois les juifs et les musulmans, figure la consommation de porc. Or, jusqu’à l’affaire de la maladie de la vache folle, la gélatine de porc était utilisée de manière massive, sans aucune information, dans une quantité de produits, des gélules de médicaments aux bonbons les plus populaires

Des impératifs religieux

La maladie de la vache folle s’est déclarée chez des personnes ayant consommé des vaches rendues « cannibales » en Angleterre, ce qui a amené à s’interroger sur l’usage des produits issus de ces élevages. Et de se rendre compte alors combien l’utilisation de la gélatine de boeuf (et de porc) était répandue. Un constat qui a révélé que l’État autorisait que l’on mette dans des produits alimentaires courants et dans des médicaments, sans en informer le consommateur, des produits issus d’animaux prohibés par la religion d’une partie importante de la population. On n’a alors guère entendu de protestations violentes contre cette tromperie exercée auprès d’une partie des Français. Lire la suite…

Un consommateur sur dix achète casher ou halal

D’après une enquête réalisée sur Internet, plus de neuf enseignes de distribution sur dix proposent des rayons spécifiques conformes aux rites juifs et musulmans.

supermarche

(AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN)

« Produits du monde » et aliments bio ont aussi la faveur des personnes interrogées.

L’installation des produits casher et halal dans le paysage de la grande distribution se confirme. D’après une étude réalisée par l’institut Promise Consulting et publiée lundi 18 juin, un consommateur sur dix se rend régulièrement dans ces rayons, présents dans la plupart des enseignes de grande distribution. Cette tendance correspond à la proportion dans la population française de citoyens de confession juive et musulmane, évaluée à 8,3 % en février 2011, d’après le Pew Research Center, cité par l’enquête.

DES DISPARITÉS SELON LES ENSEIGNES

Devant ces chiffres, Philippe Jourdan, fondateur de Promise Consulting, relève que les enseignes de grande distribution, symboles de la consommation de masse, se sont emparées du « marketing des communautés ».

Cependant, d’après l’enquête réalisée auprès d’internautes, tous les magasins ne profitent pas de la même manière de ce marché, qui représentait 5,5 milliards d’euros en 2010, selon le cabinet Solis, spécialisé dans le marketing et les sondages ethniques. Alors qu’Auchan compte 14 % d’acheteurs réguliers en produits casher ou halal, Les Mousquetaires et Système U n’en comptent pas plus de 7 %, Leclerc et Carrefour avoisinant les 10 %. Lire la suite…

Beaucoup de Corses mangent de la viande halal sans le savoir

 

De la viande halal se retrouve dans les assie - 17474035.jpg
Jean-Charles Martinelli, président du syndicat des bouchers-charcutiers corses, dénonce le comportement des grands abattoirs du Continent qui ne proposent, exclusivement, que de la viande halal pour des raisons économiques.Gérard Baldocchi

 

Cela concerne 20%du boeuf importé sur l’île et la totalité de l’agneau. Un fait qui ne change ni le goût ni la texture de la viande mais qui mériterait d’être mentionné officiellement pour plus de lisibilité

Sans stigmatiser ou montrer du doigt la communauté musulmane qui réside en Corse, il est bon de savoir que 20 % de la viande de bœuf importée dans l’île et la totalité de la viande d’agneau est… halal. Voilà un fait qui mériterait d’être mentionné de manière officielle sur les étals pour que les consommateurs insulaires non musulmans aient davantage de lisibilité. Si le mode d’abattage ne change en rien la qualité de la viande, ni son prix, il n’en demeure pas moins que beaucoup de consommateurs se retrouvent donc avec de la viande halal dans leurs assiettes. Et ce, malgré eux et sans qu’ils le sachent.

Pour le respect de la bête

Les bouchers insulaires, comme les grossistes en viande, sont mis eux aussi au pied du mur et n’ont bien souvent comme solution que celle de revendre la viande qu’ils ont reçue. Cette dernière se retrouve alors dans le circuit traditionnel.

Cette situation est aujourd’hui dénoncée par le syndicat des bouchers-charcutiers de Corse représenté par leur président Jean-Charles Martinelli. « Avant toute chose, il faut savoir que la viande halal est fondée sur un rituel d’abattage qui concerne la religion musulmane. Cette façon de tuer ne correspond pas à la méthode traditionnelle et conventionnelle que nous pratiquons, nous les artisans bouchers. Nous sommes pour le respect de la bête. Les gros abattoirs du continent, pour des raisons économiques, ne font plus que du halal et nous imposent cette viande. Je ne suis pas contre le fait qu’il y ait, pour nos amis musulmans, une viande spécifique, mais je souhaite et mon syndicat également, une plus grande lisibilité pour le consommateur avec un étiquetage bien précis. Pour vous citer un exemple, un jour j’avais commandé un bœuf de concours. J’étais monté le choisir moi-même au Salon de l’agriculture. Et quand j’ai reçu la carcasse elle était estampillée casher. J’ai été obligé de la mettre dans le circuit traditionnel. Et cela s’est produit aussi avec d’autres bouchers ». Lire la suite…

L’Egypte choisit l’islam plutôt que l’armée

Natalia Trouiller

Entre la société islamique promise par les Frères musulmans et la continuité de l’ère Moubarak souhaitée par l’armée, les Egyptions ont choisi. La minorité chrétienne prend acte d’une situation qui pour l’instant ne bouleverse guère son quotidien, ni en mieux ni en pire.

Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien. © DRMohammed Morsi, le nouveau président égyptien. © DR

EGYPTE: MGR PACÔME FELICITE M. MORSI

Dans un communiqué paru peu après l’annonce officielle des résultats, Mgr Pacôme, qui assure l’intérim à la tête de l’Eglise copte en attendant l’élection du prochain pape, a « félicité » le candidat islamiste pour sa victoire à la présidentielle. Des félicitations purement diplomatiques, montrant que les coptes souhaitent respecter le jeu démocratique et ne pas entrer frontalement en conflit avec le pouvoir islamiste.
> Mais la presse a annoncé que Mohammed Morsi aurait déclaré, en marge d’une rencontre des membres de son parti que, dans la nouvelle Egypte dirigée par les Frères musulmans, les chrétiens devraient « se convertir à l’islam, payer l’impôt réservé aux infidèles ou quitter le pays« . Le président a depuis démenti cette assertion rapportée par El Bashayer, et promis aux femmes et aux chrétiens le plein accès à leurs droits, ajoutant que « les coptes seront représentés en tant que conseillers au sein du bureau du président, et peut-être même aurons-nous un vice-président copte, si c’est possible« .
> Quelles que soient les intentions réelles des Frères musulmans à l’endroit des chrétiens, la victoire de Morsi ne change guère le sort de la minorité copte dans une Egypte musulmane. Et l’échec de Morsi n’aurait sans doute pas amélioré les choses pour eux. Le Christian Post rapporte ainsi cette phrase d’un responsable chrétien, à qui l’on demandait pour qui il voterait, le candidat islamiste ou le candidat de l’armée: « L’un nous offre du poison dans une tasse, l’autre dans une cuillère« . Lire la suite…

Le maire de Nice,  Christian Estrosi, devant la salle de prière de l’avenue Saint-Joseph.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, devant la salle de prière de l’avenue Saint-Joseph. Photo : M.B/ Metro

Christian Estrosi a annoncé qu’il ferait voter lundi matin en conseil municipal une « déclaration d’utilité publique » pour installer un poste de police municipale à la place de ce lieu de culte.

Les jours de la petite salle de prière musulmane de l’avenue Saint-Joseph sont comptés. Christian Estrosi a annoncé qu’il ferait voter lundi matin en conseil municipal une « déclaration d’utilité publique » pour installer un poste de police municipale à la place de ce lieu de culte, ouvert dans des conditions « non réglementaires ».

Dans cette petite impasse, perpendiculaire au boulevard Gambetta, il n’y a pourtant pas de « prières de rue », pas même un drapeau étranger où un quelconque signe religieux extérieur. Mais un malaise qui grandit chez certains riverains, car derrière le rideau de fer anonyme d’un ancien garage, des musulmans se retrouvent pour prier.

Une activité qui générerait des encombrements dans la rue et aux abords. Et pas seulement. « Il y a des agressions de personnes âgées, des problèmes de drogue, un nombre de cambriolages exponentiel », assure le président de l’association Ma rue est un village. Une présumée flambée de la délinquance qui serait « concomitante à l’ouverture de ce lieu de prière, qui gêne et encombre la rue », souligne Jean-Louis Labrosse.

Bientôt un poste de police
Alors les riverains ont réclamé un poste de police, que Christian Estrosi leur a promis deux jours avant le premier tour des législatives. « Ce local est le plus adapté du quartier pour la police municipale, qui s’y installera d’ici à la fin de l’année », précisait sur place, durant l’entre-deux-tours, le député-maire de Nice. L’édile a d’ailleurs confirmé que cet ancien garage pour autos de 140 m² avait « une capacité insuffisante » par rapport au nombre de fidèles qui le fréquentent.

http://www.metrofrance.com/nice-cannes

Le Secours islamique de France fête ses vingt ans ce week-end, avec une exposition et une série d’animations dans un « village humanitaire » à Paris qui va ensuite être monté dans des villes comme Lyon ou Saint-Denis.
Le Secours islamique de France (SIF), dont la première mission humanitaire remonte à avril 1992 lors de la guerre de Bosnie, invite le public, et notamment les plus jeunes, à découvrir ses activités, en participant à des animations et des débats.

« Au centre, l’exposition photographique (…) met en lumière le portrait d’enfants, de femmes et d’hommes vulnérables mais dignes dans cinq zones d’intervention du SIF: Haïti, Pakistan, Tchad, territoires palestiniens et France », indique l’organisation dans un communiqué.
Ce village humanitaire sera ensuite installé à Lyon, Saint-Denis et Bordeaux d’ici fin septembre.
Le SIF, qui reconnaît lui-même être « une grande ONG méconnue du grand public », rappelle qu’il est soutenu par plus de 80.000 donateurs, avec un budget de 21 millions d’euros, plus de 500 bénévoles et plus de 115 salariés, qui lui ont permis de mettre sur pied 19 missions.

http://www.leparisien.fr/