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50% des exportations françaises de viande bovine sont halal ou casher

Propos recueillis par Rémi Baldy

Le secteur français de la viande bovine peut dire merci aux consommateurs musulmans et juifs à l’étranger. Les explications de Dominique Langlois, président d’interbev, association interprofessionnels du bétail et des viandes.

50% des exportations françaises de viande bovine sont halal ou casher

La production de viande bovine selon un rituel religieux est soumis à de nombreuses contraintes explique Dominique Langlois, président d’interbev.

Xavier Granet/INTERBEV

Comment se porte le marché de la viande bovine en France?

La consommation de viande de boeuf diminue depuis longtemps, mais depuis quelques années elle s’est accélérée. Sur l’année 2013, on enregistre une baisse de 3% et le début 2014 s’inscrit dans la continuité. Cette situation vient d’un cumul de différents facteurs, notamment d’une évolution des modes de consommation. Il est difficile de donner un chiffre d’affaires car on mélange plusieurs types de viandes. On peut dire en revanche qu’on réalise 1,4 million d’abatages par an, ce qui nous situe dans le top 15 mondial, autrement dit vers le bas du classement… Il faut remonter et cela passe par une ouverture vers une nouvelle clientèle. Parmi les exportations, celles dont l’abattage provient d’un rituel (ndlr: casher ou halal) représente 10% de la production mais plus de 50% des exportations.

Qu’est-ce qui fait le succès de la France pour ce type de viande ?

Nous avons de grands cheptels, une forte diversité de races et possédons une bonne renommée sur l’élevage et le sanitaire. Depuis les crises, nous avons une bonne maîtrise sur ce point. La réglementation, très stricte en France, joue un rôle. Pour pouvoir réaliser des abattages selon des rituels religieux, il faut être déclaré en préfecture afin d’être connu des autorités sanitaires, suivre une formation et tenir un registre qui désigne les commandes casher ou halal pour nous permettre de respecter le procédé qui doit être fait. Toutes ces dispositions sont bien respectées car nous sommes régulièrement inspectés.

Allez-vous appuyer sur cette filière pour développer les exportations ?

C’est vrai que les pays musulmans sont importants: notre première zone d’exportation est le pourtour méditerranéen auquel s’ajoute le Moyen-Orient. Mais nous travaillons également avec l’Europe de l’Est, malgré la situation actuelle, et l’Asie, avec le Japon notamment. Nous attendons l’ouverture de marché comme la Corée ou la Chine. Ce sont les trois zones vers lesquelles nos exportons le plus.

Est-ce que l’émoi qui entoure parfois la viande issue de l’abattage rituel, notamment halal, influence votre politique ?

Les polémiques, sont avant tout politiciennes et ne servent qu’à stigmatiser certains cultes: nous n’y rentrons pas. De toute façon, il nous est interdit de refuser de vendre de la viande pour des motifs religieux.

Quelles sont les perspectives de l’exportation de la viande bovine hors viande casher et halal ?

Il y a des marchés à prendre. L’Argentine qui est un gros concurrent va prendre des mesures pour taxer les exportations, nous devons nous positionner pour la remplacer. On doit d’autant plus être présent qu’un accord de libre échange a été conclu entre l’Union Européenne et le Canada qui va permettre à ce pays de proposer une viande à un faible prix mais de moindre qualité. Un bétail qui n’est pas élevé en prairie et n’a pas de traçabilité.

http://lexpansion.lexpress.fr/

 

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