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Archives pour la catégorie ‘Nationale’

L’islamophobie en forte hausse depuis le début de l’année

Par LEXPRESS.fr

Selon le Conseil français du culte musulman, 50 actes anti-musulmans ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie au premier trimestre 2012. C’est 25% de plus que l’an dernier à la même période.

L'islamophobie en forte hausse depuis le début de l'année

Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, sont repartis à la hausse

afp.com/Gerard Julien

 

Une hausse inquiétante. Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, ont augmenté au premier trimestre de 2013, a noté le Conseil français du culte musulman (CFCM). « Ce sont 50 actes anti-musulmans qui ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie pour le 1er trimestre 2013, contre 40 pour la même période en 2012, soit 25% d’augmentation », selon un bilan de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Dans un précédent bilan, cet organisme qui dépend du CFCM avait enregistré quinze actes anti-musulmans en novembre 2012 et onze le mois suivant. Au total, 201 actes anti-musulmans (53 actions et 148 menaces) ont été enregistrés en 2012 (155 en 2011), soit une hausse de 28 %. Entre 2011 et 2010 la hausse était de 34 %.

La « cyberhaine » pointée du doigt

« La montée d’un certain radicalisme islamique qui nuit d’abord aux citoyens français de confession musulmane » mais aussi « la promotion de discours franchement populistes de certains leaders d’opinion », sont notamment à l’origine des actes islamophobes, analyse le président de l’Observatoire, Abdallah Zekri, qui note une « forte hausse de la cyberhaine ».

« La cyberhaine, notamment via les courriels en chaîne, est à l’origine d’une propagation de mensonges envers les musulmans et l’Islam », dénonce-t-il en remarquant que « dans un grand nombre de ces courriels, l’Islam est associé exclusivement au terrorisme, à l’extrémisme et à une menace pour d’autres cultures ». Abdallah Zekri appelle une nouvelle fois le président François Hollande à « déclarer la lutte contre l’islamophobie cause nationale, comme il l’a fait pour la lutte contre l’antisémitisme ».

http://www.lexpress.fr/

 

Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif

halal verif certificateur halal

L’union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a annoncé avoir créé une nouvelle certification baptisée Halal Verif.
Lancé le 2 mars lors d’un congrès sur l’électronarcose à Montreuil, ce certificateur halal va venir s’ajouter à la déjà longue liste de certificateurs halal en france.
Le secrétaire général d’UAM 93, M’Hammed Henniche, explique que Halal Verif  « est né de la volonté de l’UAM 93 de s’intéresser plus sérieusement à la problématique du halal en France » et de lutter contre « le faux halal, les certifications de complaisance et le mépris du consommateur musulman. »
Si le certificateur ne certifie pour l’instant aucun produit halal, la ligne de conduite est déjà claire : « Nous ne voulons pas que cet organisme soit soumis à la loi du marché ou aux avis des uns ou des autres mais qu’il soit endossé à un organisme de savants-experts en halal qui lui fixe une ligne de conduite »
Et vous, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que la multiplication des certificateurs soit une bonne chose pour le halal en France ?
http://alimentation.al-manakh.com

Halal : Koft s’implante en France

Par Catherine HEURTEBISE

À l’occasion de Halal Expo, le leader algérien du surgelé annonce son implantation en France, avec une gamme halal 100% production française.

Halal : Koft s'implante en France

Koft, entreprise leader sur le marché algérien des produits surgelés (*) vient d’annoncer, à l’occasion de Paris Halal Expo (les 9 et 10 avril, son implantation en France. La marque lance une gamme une gamme de produits surgelés halal mais aussi de produits frais couvrant la boucherie, la charcuterie, les plats cuisinés et les pizzas.

Koft a fait le choix de s’approvisionner et de faire fabriquer ses produits exclusivement en France. les produits sont certifiés par l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon. Koft sera présente à la fois en grande distribution, dans le commerce traditionnel et dans la restauration hors domicile. Dans le contexte du scandale de la viande de cheval, la marque propose aux consommateurs une solution de traçabilité en ligne pour chaque lot commercialisé et une transparence totale sur le processus de fabrication.

Koft cible les Musulmans de France et plus largement tous les consommateurs soucieux de l’origine des produits et exigeants sur la traçabilité des étapes du processus de production. La marque vise également les marchés d’export (autres pays d’Europe et Moyen-Orient notamment).

Le marché français des produits halal est estimé à cinq milliards d’euros (source Cabinet Solis). Il poursuit son essor en termes d’offre produits et de référencement notamment en GMS.

(*) Koft, fondée en 2006, emploie 140 collaborateurs et a réalisé en 2012 un CA de 10 millions d’euros pour 70% de parts de marché annoncées. La marque est distribuée sur l’ensemble des 48 wilayas du territoire algérien.

http://www.e-marketing.fr

Au fait, c’est quoi le halal ?

Marine Le Pen ouvre une polémique sur la viande halal. Petites explications sur le rituel d’abattage musulman.

Viande halal. (CAPMAN/SIPA)

Viande halal. (CAPMAN/SIPA)

Qu’est ce que le « halal »?

Au regard de l’islam, le terme « halal » désigne littéralement tout ce qui est licite pour le musulman. Dans la pratique, l’adjectif « halal » concerne généralement les aliments autorisés aux fidèles. Les viandes de tous les ovins, bovins, caprins et camelins sont admises, mais aussi celles de cheval, de volaille et de lapin. Tout ce qui provient de la mer est également toléré.

Le halal s’oppose à ce qui est « haram », c’est-à-dire tout ce qui est interdit au musulman, comme la viande de porc.

Qu’est-ce que le rite d’abattage halal?

Pour qu’une viande soit déclarée halal, et donc propre à la consommation pour les musulmans, elle doit provenir d’une bête abattue selon une méthode rituelle précise, baptisée la « dhabiha ». En France, la « dhabiha » repose sur un certain nombre de principes :

  • La bête doit être vivante et avoir la tête orientée vers la Mecque.
  • Elle doit être consciente et ne pas être étourdie. Ce point suscite la polémique et est contesté par certains musulmans. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s’est par exemple prononcé en faveur d’un étourdissement des bêtes avant leur abattage.
  • Le sacrificateur doit être musulman et habilité par un organisme religieux agréé par l’Etat. Lorsqu’il égorge la bête, il doit prononcer les paroles sacrées suivantes : « Bismillah Rahim ouà Allah Akbar » (« Au nom de Dieu, Dieu est grand »).
  • L’égorgement doit être réalisé avec un couteau effilé pour faire une incision profonde et rapide. L’objectif est de couper les veines jugulaires et les artères carotides tout en évitant la moelle épinière, afin que les convulsions améliorent le drainage du sang. Le but de cette technique est de vider plus efficacement l’animal de son sang pour rendre la viande plus hygiénique.

Benjamin Roger – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com

Le halal sauve l’abattoir de Confolens

Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l'arrivée de nouveaux clients pour l'abattoir.

Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l’arrivée de nouveaux clients pour l’abattoir.. PHOTO/Photo archives CL

 

Deux mille tonnes la première année, quatre mille en perspective pour 2014. C’est Noël à Pâques pour l’abattoir de Confolens. Au pied du sapin printanier, un contrat avec la société Sovialim. Une entreprise de Guéret dans la Creuse, grossiste en viande halal pour les boucheries et la grande distribution.  »Nous sommes en phase de lancement, indique Mustapha Masri, le P-DG de l’entreprise familiale. Deux mille tonnes, c’est ce qu’il nous faut au minimum pour démarrer en étant crédibles sans chambouler l’organisation de Confolens. »

L’annonce de ce contrat salvateur pour l’abattoir en difficulté chronique a été faite jeudi soir en conseil de communauté de communes (CDC) par Guy Traumat, le président de la CDC. D’habitude prudent, l’élu avait le sourire, le boulet que constitue l’abattoir pour les finances de la communauté s’allégeant soudainement. Cerise sur le gâteau, le contrat qui sera signé dans les prochains jours engage les deux parties pour dix ans. Début de l’activité prévue dès la fin du mois.

 

Espoirs et inquiétudes

« Cette société aura un siège secondaire à Confolens », explique Guy Traumat. De quoi conforter les 32 emplois d’une structure qui a dangereusement tangué ces derniers mois, au point de procéder à 5 licenciements. En 2012, Confolens a abattu 8 500 tonnes de viande, contre 9 900 en 2011. Une chute d’activité de 14% qui a fait craindre le pire pour la structure. « Sovialim va donc représenter 20% de notre activité », reprend Guy Traumat, qui a toujours en tête les 441 000 euros de déficit cumulé de l’abattoir à la fin 2012.

Sovialim arrive donc comme un sauveur. Qu’il faudra accueillir – c’est dans le contrat – en procédant à quelques aménagements mineurs dans l’outil de travail – à hauteur de 10 000 euros – pour respecter les règles de l’abattage rituel.  »Ces aménagements n’auront aucun impact sur l’organisation de l’abattage pour la clientèle actuelle », assure Guy Traumat.

À Confolens, on est ravi de la concrétisation d’un tel contrat. Mais une crainte apparaît: que l’activité halal fasse naître polémiques et cris d’orfraie. « Des associations se font un malin plaisir de contrer ce genre d’activité, sans même savoir pourquoi », regrette Didier Vial, le directeur de l’abattoir. Il croise les doigts.« Pour nous, c’est une aubaine. Ça conforte notre activité, les emplois. J’espère que ça va bien se passer. »

Car en France, alors que cette économie est en plein boom, le débat autour du halal vire souvent à l’hystérie. Une hystérie qui a atteint son paroxysme lors de la dernière campagne de la présidentielle avec la polémique lancée par Marine Le Pen. La présidente du Front national avait affirmé que toute la viande abattue en Ile-de-France était halal et que le consommateur était trompé. Un soupçon vite éteint, d’autant que les abattoirs d’Ile-de-France produisent moins de 5 000 tonnes de viande par an. C’est-à-dire deux fois moins que le seul établissement de Confolens.

Didier Vial, qui espère bien que sa structure sera épargnée par toute polémique de cet ordre, a déjà des clients qui lui réclament du halal. Les filières sont séparées. Chaque méthode a sa traçabilité.

 

Retour à l’équilibre?

« Notre activité se fait en toute transparence, rassure d’ailleurs Mustapha Masri, le P-DG de Sovialim. Tout ce que nous faisons se fait en accord avec la loi. Il n’y a rien d’extraordinaire. »

Propriétaire avec ses frères de boucheries à La Roche-sur-Yon (Vendée), Guéret et Montluçon (Allier), Mustapaha Masri, 36 ans, complète avec Sovialim l’éventail de son activité. « Nous serons grossiste pour des boucheries et la grande distribution. Aujourd’hui, il y a une demande et nous allons essayer d’y répondre. »Mustapha Masri lance tout juste cette branche. Sovialim, qui commandera à Confolens de la viande bovine, caprine et ovine, n’a été inscrite que le 25 mars dernier au registre du commerce de Guéret.

Pour Confolens, l’heure des vaches maigres pourrait donc appartenir au passé. D’autant que jeudi soir, Guy Traumat a annoncé une seconde bonne nouvelle: une entreprise, cliente actuelle de l’abattoir, a un flux d’activité « bovin » avec une filiale du groupe Leclerc en Bretagne spécialisée dans l’abattage, la découpe et la transformation de produits carnés. Dans un souci de diversification de son approvisionnement, cette société pourrait faire affaire avec Confolens. Elle a déjà procédé à un audit de l’abattoir et des tests vont suivre. « C’est en bonne voie », se contente de dire Guy Traumat qui livre quand même un chiffre: le tonnage atteindrait 2 000 tonnes pour Confolens. Avec, si tout va bien, un début d’activité dès cet automne. De quoi entrevoir un résultat pour l’exercice 2013 à l’équilibre, voire même positif, ce qui n’était pas arrivé depuis des années.

L’abattage halal implique d’abord d’égorger un animal vivant. C’est souvent le principal sujet de polémique. L’animal doit être « saigné », c’est-à-dire égorgé. Ses artères carotidiennes et ses veines jugulaires doivent être finement et nettement tranchées en laissant sa moelle épinière intacte. Par ailleurs, sa tête doit être tournée vers La Mecque lors de l’abattage. Enfin, la viande halal ne doit ensuite plus être en contact avec une autre viande.

Quatre embauches à Ruffec

À chacun sa recette pour sauver sa tête. L’abattoir de Ruffec, qui a fini l’exercice 2012 avec un déficit cumulé de 1 162 000 euros, a dégainé le premier avec Sodiporc. La PME angoumoisine a signé un engagement administratif de 2 200 tonnes minimum et un engagement d’exploitation de 5 500 tonnes à l’année. Cet apport doit permettre de doubler le tonnage actuel de l’abattoir assuré à 83% par la société Lévesques (3 800 tonnes par an, essentiellement en bovins).

Sodiporc débute ses premiers tests la semaine prochaine. « Ils devraient commencer à abattre à la mi-avril avec une montée en puissance progressive », indique Bernard Charbonneau, le maire de Ruffec. La municipalité a engagé 600 000 euros d’investissements: 450 000 euros dans la remise en service de la chaîne « porcs » et 150 000 euros dans la remise aux normes sanitaires de l’abattoir. « C’est une grosse réhabilitation. On n’a pas le droit à l’erreur quand on s’engage », poursuit l’élu. Le conseil municipal de Ruffec a décidé de « mettre le paquet » en 2013 sur cet outil « pour sauver des emplois » et même en créer quatre nouveaux: des postes d’ouvrier.

L’abattoir, qui fonctionne toujours en régie municipale, compte désormais une trentaine de salariés.

http://www.charentelibre.fr

 

 

 

A table, le PSG la joue bio et halal

B.M.

Le PSG ne laisse rien au hasard. « Ouest-France » a dévoilé les consignes que laisse le club de la capitale aux hôtels qu’il fréquente lors de ses déplacements. Un cahier des charges draconien.Paris bannit ainsi de ses menus la margarine, la mayonnaise ou les fritures.

Le chef qui accompagne l’effectif professionnel supervise également les équipes locales pour vérifier que les pâtes sont parfaitement al dente. Le club demande que les viandes soient bio, les produits de la mer frais et que les œufs, bio également, soient pondus par des poules élevées en plein air. « Merci d’identifier et étiqueter chaque aliment du buffet afin que les joueurs puissent les identifier », indique également la note, qui précise : « Cinq de nos joueurs mangent exclusivement de la viande halal. Nous vous demandons de prévoir cinq portions de poulet halal et de bœuf halal pour notre séjour. »

La principale crainte du PSG semble être la consommation des légumes. « Ils doivent être l’objet de toute notre attention, car c’est dans ce groupe alimentaire que nos joueurs se fournissent le moins, souligne le PSG. Nous aurons besoin de votre soutien dans l’organisation de la salle et dans l’élaboration des menus afin d’encourager la consommation de ces produits. » L’alcool est bien évidemment interdit lors des repas, mais le club demande aussi que les minibars des chambres soient uniquement fournis en eau, jus de fruit ou sodas. Les joueurs peuvent en revanche profiter de fruits frais et coupés disponibles à tout moment près de leur lit.

http://www.leparisien.fr/

Chasse au voile : une entreprise de purification nationale

Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS

Cela fait plusieurs décennies que la France est engagée dans une chasse aux sorcières qui se fait chaque jour plus insidieuse, plus implacable.

Le récent scandale provoqué par l’arrêt de la Cour de cassation, dans le litige qui oppose à son employeur une femme licenciée d’une crèche pour avoir refusé d’enlever son voile, n’en est que le dernier rebondissement.

Comme dans chacun des épisodes précédents, la réaction dans les médias est quasi unanime et présente la laïcité comme une citadelle assiégée par l’islam.

L’ex-présidente de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), Jeannette Bougrab, estime que « la dernière digue a cédé » et que la république est menacée.

Un groupe d’intellectuels réclame déjà à cor et à cri un aménagement du droit pour étendre la laïcité au secteur privé (sic) et interdire aux femmes dites voilées l’accès aux professions de la petite enfance. Comme en écho, le Défenseur des droits réclame une « clarification » de la loi et le gouvernement s’est dores et déjà dit prêt à en examiner l’opportunité. Une loi de plus sur le voile ?


Une femme voilée à Vénissieux, en 2009 (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP)

Des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires

L’acharnement dans la traque du voile ressemble au jeu cruel d’un enfant qui arrache une à une les ailes d’une mouche. Après que l’on eut exclu des jeunes filles des collèges publics et incité – au nom de la laïcité et du refus du communautarisme – à les enfermer dans des écoles musulmanes, des mères ont été interdites d’accompagnement des sorties scolaires, puis décrétées indésirables à la porte des écoles.

Le foulard a été proscrit des photos des pièces d’identité, signe s’il en est de l’appartenance nationale. Ecoles, crèches, hôpitaux, police, administrations, services parapublics doivent être purgés de leurs femmes voilées et le secteur privé emboîte le pas.

Ces femmes voilées devraient disparaître de la vue du public, et particulièrement des jeunes enfants, comme si elles constituaient une intolérable obscénité. Les universités ne sont pas en reste, qui déjà sont tentées de faire enlever leur foulard aux étudiantes.

La burqa a été bannie de l’espace public au terme d’un gigantesque emballement médiatico-politique pour quelques centaines de cas recensés : une unanimité facilement acquise derrière un gouvernement engagé dans la promotion de l’identité nationale.

Une chanteuse (Diams) a été traînée dans la boue par la presse pour avoir discrètement posé un bonnet sous sa capuche de rappeuse, et les dénigrements les plus virulents émanaient d’une secrétaire d’Etat l’accusantd’être « un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires ».

Une militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a subi la même campagne houleuse qui a tenté de l’empêcher de présenter sa candidature à des élections… La liste continue à s’allonger des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires – droit à la scolarisation, droit au travail, droit d’accompagner leurs enfants à l’école, éligibilité – pour une pièce de tissu recouvrant leurs cheveux.

Derrière le voile, une religion : l’islam

Derrière le voile, une religion : l’islam. La laïcité ne serait plus la séparation de l’Etat et de la religion, elle ne serait plus la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, ni ce principe visant à garantir le droit de pratiquer le culte de son choix et le droit d’exprimer librement ses convictions.

Dans son nouvel habillage, la laïcité devrait extirper toute manifestation de la religion (c’est-à-dire de l’islam) d’une sphère publique qui s’avère à géométrie variable, puisqu’il s’agirait non plus seulement de l’extirper de l’Etat, mais de l’espace public (pourtant lieu par excellence de l’expression de la liberté d’expression) et désormais du secteur privé.

Le droit ne le permet pas ? Il n’y a qu’à le détourner. « Aux élus de nous sortir de la confusion » dit l’appel « pour une loi sur les signes religieux ». « Notre loi doit impérativement être modifiée […] nous en appelons au législateur. »

Par petites touches, en prenant le prétexte des signes religieux, qui fait illusion malgré son caractère ouvertement fallacieux, une législation dérogatoire pour l’islam se fabrique, comme au temps des colonies, lorsqu’il fallait surseoir au principe fondateur du droit français depuis l’abolition des privilèges en 1789 – l’égalité de tous devant la loi – pour doter les « indigènes » d’un statut particulier.

L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une république laïque

Faut-il rappeler que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’est jamais appliquée dans les trois départements de l’Algérie « française » et que la « république laïque » a substitué à la catégorie « indigène » celle de Français musulman d’Algérie (FMA) pour restreindre les droits de ceux qu’elle désignait ainsi jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie et au-delà ?

Cette histoire n’est pas si ancienne. C’était alors la République qui imposait une censure sévère sur toute expression critique de sa politique coloniale. Alors que la question du foulard n’en finit pas de rebondir pour servir de prétexte à de continuelles restrictions de l’expression de l’islam dans la société française, c’est l’islam qui est très directement accusé de constituer une menace pour la liberté d’expression.

Une telle rhétorique fondée sur l’inversion fantasmatique des rapports réels est une caractéristique récurrente des politiques d’oppression. L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une République laïque était il y a trente ans portée, au mieux, par quelques dizaines d’intellectuels qui s’exprimaient constamment dans les médias. Ils partageaient en cela parfaitement les idéaux des mouvements intégristes qui prenaient de l’ampleur dans le monde à la même période.

L’idée a gagné les médias

C’est une idée qui a largement gagné les médias, et ceux-ci multiplient les sondages visant à montrer qu’elle est désormais répandue dans les deux tiers, voire les trois quarts de la population française. Depuis trente ans cependant, toutes les études sérieuses ont montré que les musulmans en France ne se distinguaient pas par leurs opinions des autres citoyens et adhéraient en particulier massivement au principe d’un Etat laïc.

N’est-ce pas la « République », par la voix de ceux qui s’en revendiquent les défenseurs, qui proclame son incompatibilité avec l’islam, avançant chaque jour d’un cran dans la violence verbale et symbolique, exigeant sans cesse de nouveaux dispositifs juridiques ? Que l’islam soit une menace pour la France était jadis l’un des slogans du Front national. Ce temps semble déjà très loin.

Des intellectuels ont depuis largement pris le relais pour accréditer cette idée, avec une efficacité bien plus redoutable, et une agressivité qui ne cesse de s’amplifier.

Sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes

Certains de ses mouvements, de ses courants et de ses figures intellectuelles tentent de faire du féminisme un appareil idéologique d’Etat, pièce maîtresse de l’idéologie de l’identité nationale qui s’érige sur le culte de la république et le rejet symétrique de l’islam. La sacralisation de la laïcité et sa production en slogan politique déconnecté de ses ancrages juridiques historiques est le dispositif central de cette collusion.

Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

Le féminisme des années 70 se donnait comme objectif d’émanciper les femmes, toutes les femmes. Ce n’est plus le cas de certains courants du féminisme contemporain qui, en s’adossant à l’Etat, prononcent des excommunications et secrètent des figures de sorcières malfaisantes.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates, ces salopes ? Les prises de position médiatiques se déchaînent : lorsqu’elles ne sont pas victimes ou aliénées, c’est qu’elles sont comploteuses, manipulatrices, dangereuses.

De la femme qui refuse de se soumettre à la salope, la prostituée, il n’y a jamais qu’une frontière ténue, car la femme scandaleuse est par définition celle qui échappe aux prescriptions et ne se cantonne pas à la place qui lui est assignée.

Et dans les campagnes médiatico-politiques qui se déploient, il en va effectivement des femmes voilées comme des prostituées : au nom de la laïcité, au nom de l’égalité homme-femme, au nom de la république, cette nouvelle Trinité du « bien », la frénésie qui tente de les faire disparaître de la vue en prétendant les arracher à leur soumission, cette frénésie ne semble connaître aucune limite.

Ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits

Cette frénésie a un nom, et ce nom est particulièrement inquiétant : c’est une véritable entreprise de purification nationale qui peu à peu s’est mise en place à partir de la première « affaire du voile » des années 90. Et il serait temps d’en prendre conscience, car il ne peut y avoir aucune limite à une telle entreprise de purification.

Son objet étant fantasmatique, la poursuite de son éradication ne pourra trouver aucune borne. A l’invention de quel genre de bûcher va-t-on assister demain pour brûler ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits ?

http://www.rue89.com/

Un « lycée musulman modèle », ça ressemble à quoi ?

Chloé Andries  Journaliste

La cour du lycée Averroès cet hiver (Chloé Andries)

Oubliez les très chics Henri IV et autres Louis-le-Grand  : en 2013, le meilleur lycée de France serait un lycée… musulman, de la banlieue populaire de Lille. C’est en tout cas le résultat du palmarès 2013 du Parisien, qui place le lycée Averroès, seul établissement secondaire privé musulman sous contrat avec l’Etat depuis 2008, en tête du classement hexagonal.

Passons sur la pertinence toute relative de ce genre de classements. Ce qui nous intéresse est ailleurs  : depuis une semaine, une pluie d’élogess’abat donc sur ce lycée, que l’on présente plus que jamais comme un modèle de réussite scolaire.

L’UOIF, Union des organisations islamiques de France, à l’origine du projet, a bien pris soin de placer son lycée modèle en tête de gondole de son dernier rassemblement au Bourget, le week-end dernier.

L’affaire du voile, le déclencheur

Drôle de paradoxe, à l’heure où les débats sur le foulard reprennent de plus belle sur d’autres fronts. Car c’est précisément l’exclusion d’une vingtaine de lycéennes voilées de lycées publics lillois au milieu desannées 1990 qui a servi de déclencheur à la création du lycée Averroès, en 2003.

Niché au sein-même des locaux de la mosquée de Lille Sud, le micro-établissement accueillait alors une dizaine de lycéens, dont certaines jeunes filles voilées exclues du public, que l’imam des lieux, Amar Lasfar, membre de l’UOIF, avait pris en charge dès les années 1990.

Soupçons de fondamentalisme, peur d’une école ghetto née paradoxalement de l’exclusion de filles voilées au nom de la laïcité ; parmi les Lillois, y compris musulmans, le projet était loin de faire l’unanimité.

50% de boursiers, 100% de réussite au bac

Dix ans plus tard, changement de décor. Finie l’époque des salles de classes coincées à l’ombre de la mosquée. Le lycée a déménagé dans des locaux flambant neufs, 5 000 m² d’un ancien centre de formation dans le quartier de Lille Sud, et affiche des chiffres de réussite à faire pâlir plusieurs lycées cathos de la région  :

  • 100% de réussite au bac, dont 70% avec mention ;
  • des frais d’inscription de 800 euros par an et par élève, avec une moitié de boursiers ;
  • au total, ce sont 290 lycéens (filières L, S, ES et STMG) qui sont scolarisés à Averroès.

L’établissement, qui mise sur l’encadrement et le goût de l’effort, a d’ailleurs ouvert une cinquantaine de places en collège à la dernière rentrée, et le succès est tel que l’équipe enseignante n’aura que l’embarras du choix parmi les 300 à 400 dossiers de demande d’inscription attendus pour la rentrée prochaine.

Entre-soi communautaire

Dans la cour de l’école, en fin d’après-midi, les gamins sont boutonneux comme ailleurs, un garçon et une fille un peu gauches se taquinent, les deux tiers des lycéennes sont voilées, certaines bien plus couvertes que d’autres, quand le reste des élèves portent la tête nue.

Samia (les prénoms des élèves ont été modifiés) est en 1ère. Comme beaucoup de ses camarades, elle vient d’une école catho.

«  Mes parents trouvent que dans le privé, t’es plus encadré, t’as plus de chances de réussir. Mais dans le catho, même si j’avais des copines, je ne me sentais pas toujours dans le même délire que les autres. Cette année, au lycée Averroès, je me sens vraiment bien. Ici, on est comme dans une petite famille, on a les mêmes valeurs. On sait qu’à la sortie personne ne va fumer, on mange halal, ceux qui le souhaitent peuvent aller prier dans la salle de prière… »

Sa copine Nadia vient quant à elle surtout pour pouvoir porter son foulard… et pour le niveau :

« Moi je suis ici car je peux laisser le voile, c’est important pour moi. Mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, de moins en moins de filles le portent et franchement, la religion, c’est pas notre sujet de conversation favori. Mes parents voulaient aussi que je vienne à Averroès pour sa réputation. Ici, tous les professeurs nous connaissent, on sent qu’ils sont derrière nous, qu’ils nous motivent. »

Entre-soi communautaire et intégration

Ici, les garçons et les filles mangent dans des réfectoires distincts, et les cours de sport ne sont pas mixtes. Les lycéennes racontent :

« On a aussi un prof qui refuse que les filles s’asseyent à côté des garçons. Mais bon, on le laisse dire et l’heure d’après, on change de place. »

Mais le lycée ne vit pas non plus renfermé sur lui-même, les sorties culturelles proposées aux élèves sont nombreuses, de la visite de musées majeurs à la signature d’un contrat avec la Rose des Vents, principal théâtre de la métropole, permettant aux élèves d’assister aux spectacles et de rencontrer les artistes.

Ecole d’excellence, cadre musulman, ambiance d’entre-soi communautaire doublée d’une volonté d’intégration : c’est ce mélange particulier qui fait le succès du lycée aujourd’hui.

Génération réislamisée

En 2010, un rapport de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et de l’IISMM (Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman) dressait un tableau des écoles privées musulmanes de France (il en existe plus d’une vingtaine aujourd’hui, mais pas sous contrat avec l’Etat).

Il pointait globalement trois facteurs de développement de ce type de structures, qui collent parfaitement à la situation du lycée Averroès  :

  • L’offre idéologique  : l’action des Frères musulmans

Les Frères musulmans en Europe, représentés par l’UOIF, sont à l’origine d’au moins la moitié des projets d’établissements dans l’Hexagone, mus par une volonté de préserver l’identité musulmane des communautés immigrées et de « réislamiser  » les jeunes générations, pour créer une «  citoyenneté musulmane  », à la fois intégrée dans la société et gardant sa spécificité religieuse.

Leur action militante s’est traduite d’abord par la construction de mosquées et l’organisation de séminaires religieux. La construction d’écoles est vue comme une étape supplémentaire dans cette dynamique de réislamisation.

  • La crise de l’école publique  : produit d’appel

Pour les auteurs du rapport :

« La progression de l’enseignement privé musulman dans le paysage scolaire français paraît inéluctable au regard de l’accroissement de la part de la population qui s’identifie comme musulmane. De plus, cette demande est clairement activée par la “ crise ” de l’enseignement public, qui touche particulièrement les banlieues où résident majoritairement les publics potentiels de ces établissements, au point que cette crise fournit un fort produit d’appel pour ces derniers. »

Dans ce contexte, les écoles privées s’affichent comme des lieux d’excellence, même si, au fil du temps, « le dilemme extension versus élitisme » se pose.

  • Le voile  : le déclencheur

Dans beaucoup de cas de création d’écoles privées, la loi sur le voile, en 2004, a servi de déclencheur ou de catalyseur à cette réflexion. Mais le problème généralement observé dans ces structures, c’est le manque de moyens et souvent aussi le manque d’ouverture.

Et c’est ce qui distingue aujourd’hui le lycée Averroès d’autres établissements musulmans  : en développant de bonnes relations avec les politiques et pouvoirs publics locaux, en prônant l’ouverture à tous dès sa création, le lycée a pu signer un contrat d’association avec l’Etat, ce qui a fait passer son budget de 120 000 à 400 000 euros.

Et le directeur de l’établissement, Hassan Oufker, tient à garantir cette ouverture :

«  Dès l’origine, notre philosophie a été l’ouverture à tous. Même si l’affaire du foulard a déclenché la réflexion, nous ne voulions pas en rester à cet aspect des choses. Si au départ, les parents mettaient leurs enfants ici pour des raisons d’encadrement musulman, le public s’est progressivement diversifié, grâce aux bons résultats du lycée et à la signature du contrat avec l’Etat.  »

« Ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir votre famille »

L’équipe enseignante accueille d’ailleurs quelques profs non musulmans. C’est le cas de Mme Houdinet, prof d’anglais, arrivée en septembre dernier.

«  Auparavant, j’enseignais en Angleterre dans des établissements multiculturels. En revenant dans le Nord, j’ai vu que ce lycée existait. Je voulais découvrir la communauté musulmane de l’intérieur, alors j’ai envoyé ma candidature spontanée.

Je me souviens que lorsque j’ai rencontré le directeur, je lui disais “ mais vous savez, je ne suis pas musulmane ”. Lui ne voyait vraiment pas le problème. Franchement, si j’avais eu l’impression d’arriver dans une communauté de barbus intégristes, je serais partie  !  »

En ce qui concerne les cours d’éthique musulmane – 1 à 2 heures par semaine, optionnelles, mais suivies par 85% des étudiants –, Hassan Oufker insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de traiter de religion pure, et de ne pas imposer telle ou telle position aux élèves  :

«  Pour la religion, il y a la mosquée  ! Nous, nous sommes une école, notre mission c’est la formation des élèves. D’ailleurs, la sécularisation est une très bonne chose pour l’islam. On sait bien que chez les musulmans, la religion prend une très grande place. Mettre du religieux partout est source de distance entre les gens.

Nous invitons plutôt les jeunes à lever le pied. Ce que je leur dis, c’est qu’à 35 ans, ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir leur famille  !  »

Faire oublier les dérapages

Soucieux de conserver son image d’ouverture, le lycée Averroès tente aussi de faire oublier un coup de canif dans son histoire modèle. En 2004, Hassan Iquioussen, prédicateur de la mosquée d’Escaudain, dans le Nord, et aussi professeur d’éthique musulmane à Averroès,avait enregistré une conférence sur la Palestine, dans laquelle il traitait les juifs «  d’avares  » et «  ingrats  », et les voyaient comme des comploteurs contre l’islam.

Depuis, le prédicateur s’est excusé, et la direction de l’établissement estime le sujet clos. Hassan Iquioussen accompagnait encore les élèves en voyage de classe en Turquie en mars 2012, et des élèves de Terminale suivaient une de ses conférences en décembre 2011. Mais « il n’intervient plus désormais à Averroès », selon Hassan Oufker. Motif invoqué : « Il s’agit de raisons d’emploi du temps  ».

Et dans la cour de récré, rien qu’à regarder la longueur des différents foulards, on perçoit en filigrane qu’un autre défi de l’équipe d’Averroès aujourd’hui est de faire cohabiter un public varié dans ses attentes religieuses, tout en poursuivant son ouverture aux non musulmans, qui boudent encore ce lycée.

http://blogs.rue89.com/

Les Interdits alimentaires dans le Judaïsme, le Christianisme et l’islam

Écrit par Ilyess

Quelle est la portée des interdits alimentaires dans les textes bibliques et coraniques? Que signifie la saignée et comment expliquer les rites qui la caractérisent? Quelle valeur représente le sacrifice animal aux yeux de l’homme qui s’en nourrit?

Dans ce travail, de recherche rigoureux et accessible, Yahya Deffous ne se contente pas d’apporter des réponses à ces questions philosophiques, scientifiques et spirituelles fondamentales ; il propose au contraire à chaque lectrice et chaque lecteur de prendre part à une profonde réflexion.

Du fruit défendu aux interdits qui régissent le sacrifi­ce d’animaux, cet ouvrage est un véritable document qui foisonne d’explications scientifiques, religieuses et historiques sur les liens entre alimentation, éthique et comportements humains.

L’auteur nous guide avec force et conviction sur les sentiers de la différence et nous conte, à la lumière de la bible et du coran, les pratiques d’abattage dans le judaïsme, dans le christianisme et dans l’Islam.

D’un regard sensible porté sur l’animal et exigeant porté sur l’homme, il interpelle nos propres conscien­ces et notre sens de la responsabilité envers la bête sacrifiée devenue viande de consommation.

Yahia Deffous est docteur vétérinaire; Docteur en sciences (doctorat en physico-chi­mie biologique médicale et paramédicale à l’école vétérinaire d’Alfort-université de Créteil); Qualiticien auditeur qualité; Ancien vétérinaire de recherche de l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort; Chercheur vacataire de L’INSERM, Vétérinaire de l’inspection vacataire à la direction départementale des services vétérinaires de l’EURE et LOIRE et des Yvelines; Directeur technique d’institut et de laboratoire a Saint Denis; Expert auprès du tribunal de Versailles.

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Exclusif: l’islamophobie en forte augmentation

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rendu jeudi 21 mars un rapport révélé en exclusivité par La Croix sur la perception par les Français des questions liées à l’émigration.

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rab...

(ERIC CABANIS / AFP)

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche, deuxième rang)

L’augmentation observée de la délinquance à caractère raciste doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse la France.

La délinquance à caractère raciste a connu une forte augmentation l’an dernier. Les actes et menaces en direction des immigrés, des personnes de couleur, des juifs et des musulmans se sont élevés à 1 539, contre 1 256 l’année précédente (+ 23 %), selon la CNCDH.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la forte percée des actes visant les Maghrébins et, plus particulièrement, par la montée d’un profond sentiment antimusulman, précise Christine Lazerges, présidente de la CNCDH. Il s’agit d’une tendance qui se confirme malheureusement d’année en année. » Pour preuve, les actes visant les musulmans ont augmenté de 30 % en 2012, après une première hausse de 34 % l’année précédente.

AUGMENTATION DE L’INTOLÉRANCE VIS-À-VIS DES MUSULMANS

Par-delà ces chiffres bruts, tout l’intérêt du rapport de la CNCDH réside dans les conclusions de trois études qualitatives commandées au CSA, à TNS Sofres et au Cevipof (1). Ce sont elles, en effet, qui permettent d’une année sur l’autre d’évaluer la perception par les Français des questions liées à l’immigration et de faire le point sur l’évolution de leurs préjugés. Or, cette année, toutes trois concluent à une forte augmentation de l’intolérance vis-à-vis des musulmans.

Ainsi, seules 22 % des personnes interrogées disent avoir une opinion positive de l’islam (contre 29 % en 2011) et 55 % estiment qu’il ne faut pas faciliter l’exercice du culte musulman en France (+ 7 % par rapport à 2011). En parallèle, la tolérance à l’égard des pratiques religieuses s’avère, elle aussi, en baisse.

DÉCROCHAGE À PARTIR DE 2010

Le véritable décrochage s’est opéré à partir de 2010. Le débat sur la burqa, suivie de la polémique sur les prières de rue, l’explique en partie.« La réprobation des prières de rue ou du port de la burqa a fini par rejaillir sur d’autres pratiques qui, jusqu’ici, ne posaient pas problème à la population française : le jeûne du Ramadan, la non-consommation de porc, le sacrifice du mouton lors de la fête de l’Aïd », décrypte Nonna Mayer, directrice de recherche en sciences politiques au CNRS.

Cette recrudescence d’opinions négatives à l’égard des musulmans doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse actuellement la France. C’est en tout cas l’analyse d’Emmanuel Rivière, à TNS Sofres :« L’identité française est perçue comme de plus en plus trouble et insaisissable. Dans ce contexte, certaines pratiques musulmanes semblent, aux yeux d’un nombre croissant de Français, mettre encore plus à mal cette identité affaiblie. »

LA LAÏCITÉ, PERCUE COMME CIMENT SOCIAL

Certaines revendications religieuses (notamment concernant le port du voile) sont d’autant moins bien acceptées qu’elles viennent questionner le principe de laïcité. « On touche là un point fondamental, car la laïcité devient centrale dans le discours, poursuit le sondeur. Elle est en effet perçue comme l’un des rares ciments au sein d’une société de plus en plus atomisée, et chaque exception à la règle laïque est vécue comme un signe inquiétant de renoncement. »

L’actualité internationale récente n’a pas joué, elle non plus, en faveur de la communauté musulmane. « Les révolutions arabes ont été saluées au départ comme un réveil démocratique. Mais l’arrivée au pouvoir des islamistes a finalement encore accru la défiance de toute une partie des Français vis-à-vis de l’islam en général », renchérit Nonna Mayer.

MONTÉE DU SENTIMENT ANTIMUSULMAN

La montée du sentiment antimusulman commence à s’étendre à de nouvelles couches de population. « Sur une échelle d’aversion à l’islam – qui mesure les opinions négatives à l’égard des prières de rue, du port du voile, du Ramadan –, on constate une augmentation spectaculaire du rejet chez les diplômés du supérieur », constate Nonna Mayer.

58 % d’entre eux se déclarent critiques vis-à-vis de telles pratiques, là où ils n’étaient que 34 % il y a trois ans. « C’est là une évolution tout à fait notable, car les diplômés du supérieur sont traditionnellement plus tolérants, moins xénophobes et moins racistes que la moyenne. Et ils le restent, d’ailleurs, mais affichent une nette réticence à l’égard des pratiques de l’islam dans l’espace public. » Parallèlement, la population féminine se montre de plus en plus critique vis-à-vis des pratiques musulmanes (59 % en 2012, contre 42 % en 2009).

ANTIRACISME ET RÉACTIONS RACISTES

L’autre enseignement du rapport porte sur l’ampleur du racisme en France. Seules 7 % des personnes interrogées se déclarent « plutôt racistes », un chiffre constant d’une année sur l’autre.

L’antiracisme semble être devenu la norme démocratique. Cette stabilité cache toutefois une progression d’attitudes racistes. Ainsi, 65 % des personnes interrogées estiment que « certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes ». « Les Français s’interdisent massivement d’être racistes, mais concèdent désormais ouvertement être de moins en moins tolérants », note Christine Lazerges.

Emmanuel Rivière ne dit rien d’autre : « Quasiment plus personne ne se définit comme raciste. Les Français reconnaissent plus fréquemment avoir des réactions ponctuelles. Ils se sentent plus libres qu’auparavant de dénoncer de manière véhémente les comportements d’une communauté particulière. »

RÉCRIMINATIONS À L’ENCONTRE DES IMMIGRÉS

Dernier constat dressé par la CNCDH : les récriminations à l’encontre des immigrés sont de plus en plus manifestes. 69 % des personnes interrogées estiment « qu’il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », un score en progression de 22 points par rapport à 2009 et une opinion qu’on retrouve en priorité au sein des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées et chez les moins diplômés. Mais pas seulement. Ce sentiment est désormais majoritaire chez

les sympathisants de gauche, qui partagent cette opinion à 51 %, contre 40 % il y a un an. Fait nouveau : elle est même devenue majoritaire chez les personnes de nationalité étrangère elles-mêmes (51 %).

Une évolution des mentalités qui trouve notamment son origine dans la crise économique. « Pour un nombre croissant de Français, la société se divise entre, d’un côté, ceux qui souffrent, de l’autre, ceux qui profitent. À les entendre, toute une partie des immigrés ne vient que pour bénéficier des avantages sociaux, analyse Emmanuel Rivière, mettant en péril notre régime de protection sociale déjà fragilisé. » Aux dires des sondeurs, la polarisation des débats autour de l’immigration ces dernières années explique elle aussi en partie cette évolution des préjugés.

Les chiffres du rapport

En 2012, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a recensé – 118 « actions » et 606 « menaces » racistes et xénophobes ;

– 177 « actions » et 437 « menaces » antisémites ;

– 53 « actions » et 148 « menaces » antimusulmanes.

Les « actions » regroupent les homicides, attentats et tentatives, les incendies, les dégradations et les violences et voies de fait.

Les « menaces » regroupent les propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, les inscriptions, tracts et lettres.

Les sources

La CNCDH se base sur les chiffres communiqués par trois ministères : l’intérieur, la justice et l’éducation nationale. Pour les deux premiers,

il s’agit des plaintes déposées et des procès. Pour le troisième, il s’agit des actes ou menaces recensés au titre de la violence scolaire. Chaque trimestre,

les chefs d’établissement doivent communiquer au ministère les actes violents commis, en précisant s’ils ont une motivation raciste, antisémite ou sexiste.

Les violences antimusulmanes ne sont pas distinguées des violences racistes. La séparation des violences antimusulmanes par rapport aux violences racistes en général n’est d’ailleurs observée par le ministère de l’intérieur que depuis deux ans.

Les chiffres communiqués à la CNCDH sont déjà « triés » par nature (actions ou menaces) et catégorie (antisémite, antimusulmane, raciste et xénophobe).

La commission n’a pas droit de regard sur leur élaboration. Elle n’a pas accès aux sources brutes.

Le rôle des associations

La CNCDH ne tient pas compte des chiffres répertoriés par les associations.

En revanche, elle souligne que le ministère de l’intérieur a passé des conventions avec la Licra et deux représentants des communautés : le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM). Chaque trimestre, ces trois organismes peuvent confronter les chiffres du ministère avec les faits qu’ils ont eux-mêmes recensés.

(1) L’étude du CSA s’est déroulée en décembre 2012 auprès d’un échantillon de 1 029 personnes. L’étude du Cevipof a permis d’analyser les résultats obtenus par le CSA sur plusieurs années. L’étude TNS Sofres s’est déroulée en janvier 2013 selon la méthode d’entretiens semi-individuels semi-directifs (sur 38 personnes).

MARIE BOËTON

http://www.la-croix.com/

La viande halal, un marché bien organisé dans la Nièvre

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration - MASSON  Christophe

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration – MASSON Christophe

En grande surface ou chez le boucher du quartier, la viande halal connaît le même circuit de distribution que les autres produits : des abattoirs, des grossistes, des revendeurs. La différence : des abattoirs assermentés, et surtout des organismes qui vérifient et certifient que les animaux ont bel et bien été abattus selon les lois en vigueur édictées dans la religion musulmane.

Dans la Nièvre, c’est l’abattoir de Cosne-sur-Loire qui remplit cet office. Il est le seul dans la Nièvre. « Nous pratiquons l’électronarcose, c’est-à-dire que la bête est assommée avant d’être tuée. Nous avons privilégié le bien-être de l’aninal. Un des salariés, musulman, se charge d’égorger les bêtes et de dire les prières » explique Dominique de Villiers, directeur de l’abattoir.

Le boucher de Cosne-sur-Loire vient également sacrifier quelques bêtes. « Ce sont des personnes spécialement formées à ce type d’abattage ».

« Le principal souci, c’est que nous manquons
de bovins à abattre »

« Le principal souci, c’est que nous manquons de bovins. Pour le halal, on en abat une dizaine de moins. C’est beaucoup. Mais, c’est la conjoncture actuelle sur le marché national… ».

À la boucherie du Gaspard, à Nevers, les étals sont, pourtant, bien remplis. « Je me fournis auprès de grossistes comme Bigard, par exemple » détaille le jeune boucher. « Ce qui est important, c’est que tous les produits soient certifiés par AVS. Comme ça je suis certain, et mes clients aussi, que les bêtes ont bien été abattues selon le rituel ».

Ses affaires tournent « plutôt correctement », connaissant quelques hauts et des bas selon les périodes. Ses clients sont, bien sûr, de confession musulmane. Mais pas uniquement. « L’été, j’ai beaucoup de clients qui viennent pour mes merguez ».

Grandes surfaces

Selon Abdellah Sghir, de l’Association musulmane de Nevers, les besoins en produits halal sont largement couverts par l’offre nivernaise.

« Les gens ont l’habitude d’acheter des grosses quantités de viande et de la congeler. Ils se sont organisés depuis longtemps ».

Les grandes surfaces sont venues apporter une offre variée, complémentaire. « C’est typiquement là que l’on va se servir pour un repas improvisé, pour trouver quelque chose de différent » explique Abdellah Sghir, « mais la demande est satisfaite ».

Laure Brunet

http://www.lejdc.fr

«Halal à tous les étals»: le halal, ce n’est pas que la viande

05/02/2013 un commentaire

Le marché s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services. Extrait du livre-enquête de Michel Turin.

Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples.- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -

Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.  

Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.

Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.

Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:

«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»

«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux»«Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.

Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:

«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»

C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:

«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»

Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.

Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.

Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.

Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:

«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»

Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.

Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.

D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».

Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.

Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.

Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.

La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.

Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:

«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»

Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!

Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:

«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»

En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.

Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.

Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.

La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.

«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.

Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.

«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.

Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.

La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.

A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.

Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:

«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»

Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:

«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»

Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.

Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.

«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).

L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.

Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Michel Turin

http://www.slate.fr

Tags « provocateur » sur les murs de deux mosquées de Besançon

Une enquête a été ouverte dimanche après la découverte aux mosquées Sunna et El-Fath de Besançon d’un graffiti « provocateur », a annoncé la préfecture du Doubs. L’inscription représente une étoile de David.

  • avec l’AFP
  • Publié le 03/02/2013 | 14:55, mis à jour le 03/02/2013 | 17:11
Le tag a été bombé sur le mur d'enceinte de l'une des mosquées de Besançon. © Philippe Arbez
© Philippe Arbez Le tag a été bombé sur le mur d’enceinte de l’une des mosquées de Besançon.
L’étoile, symbole du judaïsme, a été bombée à deux endroits de Besançon.   »Le dossier a été transmis à l’autorité judiciaire », a dit le secrétaire général
de la préfecture du Doubs, Joël Maturin, parlant de « graffiti isolé et inutilement provocateur ». La première étoile de David a été découverte dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur extérieur de la mosquée d’El Fath, située dans le quartier Planoise; le graffiti aurait été dessiné dans la nuit de vendredi à samedi. La seconde, peinte sur un pilier extérieur à la grande mosquée El-Sunna dans le quartier saint-Claude, a été retrouvée dimanche matin. Les responsables de la mosquée ont alerté la police, qui s’est rendue sur les lieux. Le secrétaire général a ajouté que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée dans cette affaire ».
Les pratiquants réunis ce matin à la mosquée sont dépités par autant de bêtises. Le tag de la mosquée de Planoise est déjà effacé.
Par ailleurs, deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été inscrits dans la nuit sur un bâtiment abritant une mosquée à Ozoir-La-Ferrière en Seine-et-Marne. Sur son site internet, le CCIF ( Collectif Contre l’Islamophobie en France) a recensé dans son rapport annuel 414 actes islamophobes en France envers des institutions ou individus, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 38%. L’année dernière, quarante mosquées avaient été visées.
http://franche-comte.france3.fr

Des croix gammées dessinées sur une mosquée en Seine-et-Marne

Des graffitis sur la façade de la mosquée d'Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013

Des graffitis sur la façade de la mosquée d’Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013 (Photo AFP)

Deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche sur une mosquée d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), suscitant l’indignation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

A Besançon, ce sont des étoiles de David qui ont été dessinées sur deux mosquées. Mais dans ces cas, des sources proches de l’enquête incitent à la prudence sur la nature islamophobe de l’acte, n’excluant pas, parmi d’autres, la piste d’un fidèle mécontent.

Dans une rue calme et bordée de pavillons d’Ozoir-La-Ferrière, à environ 35 km à l’est de Paris, les fidèles de la mosquée Taouba venaient pour la prière de l’aube quand ils ont découvert deux croix gammées et deux slogans, « Vive la Gaule » et « Nike l’islam », tagués à la bombe noire sur la façade jaune clair et la porte blanche.

Une enquête pour « dégradations aggravées » car réalisées « sur un lieu de culte » a été ouverte, a indiqué une source judiciaire, soulignant qu’il n’y avait pas eu « de faits équivalents récemment » dans la zone. L’enquête va tenter d’exploiter « les vidéos (de surveillance, ndlr) des axes à proximité de la mosquée », a-t-elle ajouté.

Ce lieu de culte discret, bâti en 2002, accueille chaque vendredi 200 à 300 musulmans. Dimanche, tandis que des enfants arrivaient pour leur cours d’arabe, les responsables de la mosquée, qui avaient recouvert les inscriptions, exprimaient leur incompréhension.

« On est tous des Gaulois, c’est vraiment n’importe quoi! », réagissait, sous couvert d’anonymat, un père amenant sa fille. De tels actes peuvent susciter « de la colère, or ce qu’on souhaite c’est que les gens soient apaisés car on prône la tolérance et la paix », dit Abdelaziz Aït Ali, le secrétaire de la mosquée.

« Nazillons »

« Depuis dix ans qu’on est ici, on s’entend très bien avec les voisins », a expliqué à l’AFP Hamed Kamouch, président de l’association.

Les autorités locales confirment que cette mosquée est sans histoires, dénuée de toute obédience fondamentaliste, et qu’elle n’a jamais connu le moindre problème.

Si M. Aït Ali dénonce « un acte isolé », le président de l’Observatoire de l’islamophobie, Abdellah Zekri, a exprimé auprès de l’AFP sa « colère et (son) dégoût devant des individus qui ne respectent absolument rien, des apprentis nazillons ».

Il énumère les mosquées cibles d’actes islamophobes et racistes depuis un peu plus d’un mois: Val-de-Reuil (Eure), le Barp (Gironde), Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)… M. Zekri « réitère (son) appel » à François Hollande « de déclarer que le combat contre l’islamophobie est une cause nationale. C’est un geste fort que nous attendons », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le CFCM « appelle l’ensemble des musulmans de France à la vigilance et à la sérénité face à ces provocations contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». SOS Racisme « demande aux pouvoirs publics de s’engager davantage et urgemment dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec la plus grande sévérité la profanation » de la mosquée par « des inscriptions nauséabondes et haineuses ».

En 2012, 201 actes anti-musulmans ont été enregistrés, soit une augmentation de 28% par rapport à 2011, selon l’Observatoire de l’islamophobie.

Interrogé par l’AFP sur les inscriptions, le maire UMP Jean-François Onesto a déploré « ces messages lâches parce qu’anonymes ». Selon lui, « c’est la première fois que ce genre de tag raciste » est retrouvé à Ozoir.

http://www.liberation.fr/

Ozoir-la-Ferrière : des croix gammées taguées sur la mosquée

Nicolas Sivan et Stéphanie Auguy

Les fidèles de la mosquée d’Ozoir-la-Ferrière ont découvert avec stupeur, hier matin, que des tags islamophobes avaient été inscrits sur la façade et la porte de la mosquée Taouba pendant la nuit.

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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. </p>
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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. | (LP/N.S.)

Des tags islamophobes et des croix gammées sur la façade et la porte de la mosquée Taouba. Les fidèles d’Ozoir-la-Ferrière étaient sous le choc, hier matin, en découvrant la profanation, dans la nuit de samedi à dimanche, de leur édifice religieux. Ouvert en 2002, ce lieu de prière rassembleparfois jusqu’à trois cents personnes.Des membres de la communauté musulmane sous le choc mais aussi dans l’incompréhension. « Nous n’avons jamais eu aucun souci avec qui que ce soit ici, rappelle Ahmed Kamouch,président de l’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière. C’est un acte gratuit et raciste qui éloigne les communautés. »

« Nike l’islam », « Vive la Gaule ». Les fidèles ont découvert ces tags vers 6 heures, en arrivant à la mosquée pour la prière de l’aube. L’étonnement passé, ils se sont empressés de les recouvrir de bâches en plastique. Ils voulaient cacher ces insultes avant que les jeunes élèves du cours d’arabe n’arrivent. L’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière a ensuite porté plainte auprès du commissariat de Pontault-Combault, qui a ouvert une enquête. « Ce geste est très grave, se désole Driss Lachhab, vice-président du conseil régional du culte musulman de l’est de l’Ile-de-France. C’est la première fois qu’une telle chose arrive en Seine-et-Marne. »

De nombreuses réactions

Cette profanation est fermement condamnée de toutes parts. Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, parle d’« inscriptions nauséabondes et haineuses ». « La République n’acceptera jamais de telles provocations et saura se montrer très ferme à l’égard de ceux qui tentent de diviser les Français et de porter atteinte à notre cohésion nationale », prévient-il.

« C’est un acte inacceptable et répugnant, a, de son côté, vivement réagi le député socialiste du secteur, Eduardo Rihan-Cypel. Ces tags ont un sens. On ne peut pas laisser passer ça. » « J’espère que l’on trouvera les auteurs, renchérit Jean-François Oneto, maire UMP d’Ozoir-la-Ferrière. Il n’y a jamais eu d’actes racistes dans notre commune, je désapprouve totalement ces méthodes. » L’élu promet que les services de la mairie aideront à effacer ces tags haineux.

« Cela fait désormais six mosquées profanées depuis le début de l’année », dénonce, de son côté, Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il a indiqué attendre « un geste fort » du président de la République contre l’islamophobie.

http://www.leparisien.fr/

« M » : Islam de France, les convertis face aux clichés

Par Judith Perrignon/Illustrations Cristiana Couceiro

 

Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l'islam : "Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et que Mahomet est son Prophète." Illustration: Cristiana Couceiro pour M Le magazine du Monde

 

 Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l’islam : « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son Prophète. » Ils se rappellent un décor simple : la petite mosquée de Gennevilliers pour Abdel Raouf, car la grande n’existait pas encore ; celle de Melun pour Bilal ; ou une salle de prière du côté du métro Couronnes, à Paris, pour Amin. Ils racontent la présence d’un ami musulman, simple pratiquant, pas forcément d’un imam – « pas d’intermédiaire avec Dieu », dit Amin. Ils répètent cette phrase qu’on leur a dite si vite : « Ça y est, tu es musulman. » Ils dépeignent une religion où il est facile d’entrer. Ils ont alors changé de prénom : Raoul est devenu Abdel Raouf, William est devenu Bilal, David est devenu Amin.

Et, plus ou moins rapidement, ils l’ont annoncé à leurs parents. Abdel Raouf se souvient de son père conciliant : « Tant que tu trouves ton bonheur… » ; de sa mère, fervente catholique, tendue et silencieuse, qui semblait promener au-dessus de sa tête une bulle pensive de bande dessinée dans laquelle son fils apparaissait en terroriste. A sa famille juive, David devenu Amin n’a rien dit tout de suite. Sa mère a remarqué quelque chose de différent. Leurs rapports étaient plus simples, moins tendus. Elle a compris au moment du ramadan. « Tu as changé, je ne suis pas bête, tu t’es fait musulman. » Elle a préféré qu’il n’en parle pas à son père, qui a fini par lire la vérité dans la barbe de son fils qui s’allongeait. Finalement, seuls ses deux frères l’ont très mal pris. Chez Baptiste, le père a sorti des « trucs bêtes »(« Alors, tu vas plus manger de porc ! »), la mère était au bord des larmes lorsqu’il a demandé qu’on l’appelle désormais autrement. « Elle a eu peur que je change, que je ne sois plus le fils qu’elle a eu. » Face à l’émotion de sa mère, Baptiste a expliqué que ce n’était pas obligatoire de changer de prénom. Il est resté Baptiste.« Je ne savais pas qu’on pouvait faire autrement », s’étonne William, devenu Bilal, assis à côté de lui. « Ma mère aussi avait les larmes aux yeux », ajoute-t-il.

http://www.lemonde.fr/

France. Hausse des actes islamophobes en 2012

France. Hausse des actes islamophobes en 2012
Cible principale de l’islamophobie, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Remy Gabalda / AFP.

Le Collectif contre l’islamophobie en France vient de publier les chiffres de 2012. Comme on s’y attendait, ils ne sont pas encourageants. Les actes islamophobes sont en constante augmentation par rapport aux années précédentes. Inquiétant.
« Poursuivant la tendance notée depuis 2008, la progression des actes islamophobes s’accentue de manière très inquiétante en 2012 ».

Dans son communiqué de presse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) dévoile ses derniers chiffres et s’en inquiète. En 2012, le CCIF a recensé 414 actes islamophobes envers des institutions ou des individus. Soit une augmentation de 38% par rapport à 2010 où le collectif en avait répertorié 188. En 2011, 298 avaient été recensés.

87% d’actes touchent les femmes

L’augmentation la plus marquante concerne les actes touchant les individus. En 2012, 364 personnes ont été visés par des actes islamophobes contre 262 en 2011, « soit 102 actes de plus : chaque jour en France, un individu est victime d’islamophobie », s’alarme le CCIF.

Comme les années précédentes, ce sont les femmes qui pâtissent le plus de cette montée de l’islamophobie. Sur les 364 cas visant des individus, 87,3% touchent des femmes. Cible principale, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Ce passage à l’acte « se libère de manière assez grave » s’alarme le CCIF qui répertorie 122 actes d’agressions verbales en 2012 contre « seulement » 52 l’an passé.  

L’Etat se trouve également dans le viseur du CCIF qui souligne qu’ « un fonctionnaire est mis en cause dans 39% des cas recensés » d’actes islamophobes.

Islamophobie grandissante sur les lieux de travail

Le CCIF a aussi observé une évolution notable dans les lieux où se développe l’islamophobie : « désormais, elle s’étend au monde du travail, dans le secteur privé, sous formes d’atteintes interpersonnelles ou d’agressions ». Les derniers chiffres corroborent ces dires.

L’islamophobie au travail a bondi, passant de « 59% d’actes islamophobes en 2012 contre 10,47% pour l’année passée. 16,8% de ces actes touchent les femmes voilées, souvent les premières exclues sur leur lieux de travail.

Les lieux de culte sont toujours la cible principale des agresseurs, 40 mosquées ont été attaquées en 2012. Les associations, centres culturels ou boucheries halal n’ont pas été épargnés non plus.Fait nouveau cette année, deux maisons où résident des familles musulmanes ont été taguées d’injures racistes.

Après avoir donné une liste non exhaustive des agressions islamophobes les plus marquantes de 2012 (femme voilée frappée au  visage, agression de jeunes à l’arme blanche d’Aigues mortes, femme en Niqab agressée à Marseille…), le CCIF insiste sur le fait que « ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg, bien en deçà de la réalité islamophobe  à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années ».

Cette montée de l’islamophobie a de quoi inquiéter mais ne surprend pas vraiment au vu du climat délétère entourant la communauté en 2012. Selon le CCIF, l’islamophobie a pris du poids dans la société « passant d’une islamophobie politique à une islamophobie culturelle, relayée médiatiquement et politiquement ».

Espérons que 2013 sonne le glas de cette inquiétante montée de racisme à l’encontre de la communauté musulmane.

Jonathan Ardines

http://www.lecourrierdelatlas.com

Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (1/2)

Houria Bouteldja

D’abord, la France est une entité qu’on ne peut pas essentialiser. Affirmer que «la France est islamophobe», ou qu’elle ne l’est pas cela ne veut rien dire car elle est traversée de conflits politiques.

Par contre on peut dire qu’il y a un sentiment dominant dans l’opinion qui reflète une hostilité grandissante à l’égard de l’Islam et des musulmans. Je pense pour ma part qu’on assiste effectivement en France à une régénérescence du racisme à travers l’islamophobie  et qu’elle est entretenue par les médias et par les grands partis politiques dans un objectif bien précis.

La droite et l’extrême-droite l’entretiennent évidemment, mais la gauche institutionnelle, représentée par le PS, également. L’extrême gauche n’est pas en reste. Rappelons en effet que l’interdiction du voile à l’école a été soutenue, voire portée, par de larges franges de l’extrême gauche dans les années 2000.
Si cette idéologie recouvre un si large spectre politique, alors on peut dire que l’islamophobie est largement partagée. Elle transcende largement les partis politiques. Si sur certaines questions, comme le mariage gay par exemple, le clivage gauche-droite persiste relativement, ce n’est pas le cas pour l’islamophobie.

L’islamophobie, un racisme d’Etat

Je ne crois pas qu’il faille parler de «sentiment» pour l’islamophobie. On utilise en effet souvent les mots «représentations» et «imaginaire», alors que l’islamophobie est institutionnalisée. En effet, il y a des lois islamophobes.
La loi de 2004, par exemple, est une loi contre les jeunes filles qui portent le foulard, c’est une loi qui a transformé – je dirais même trahi – l’esprit de laïcité de la loi de 1905. La laïcité, cela signifie en effet neutralité de l’Etat : l’Etat est sans religion, il est neutre, donc il n’est pas athée ni agnostique. Avec la loi de 2004, la neutralité, qui est un devoir de l’Etat, devient un devoir des citoyens.
Parler de sentiment pour l’islamophobie, c’est un euphémisme. L’islamophobie est d’abord et avant tout un racisme d’Etat.
Je dis bien un «racisme», car le mot «islamophobie» peut paraître vague. Il y a un débat pour déterminer s’il faut plutôt dire «islamophobie»  ou «musulmanophobie». Pour moi, l’essentiel, c’est de bien définir le terme. Qu’on parle de musulmanophobie ou d’islamophobie, peu importe, ce qu’il faut entendre derrière c’est que c’est un racisme d’Etat.

Ce racisme n’a pas d’autre objectif que de maintenir une population dans un statut de subalterne. Le terme même de «musulmans» est déjà problématique en soi. Je suis musulmane, mais il y a 25 ans je n’étais pas considérée comme musulmane, alors que je l’étais déjà. A l’époque, j’étais une «beurette» ou une «issue de l’immigration». M’identifier moi-même comme musulmane n’est pas un problème, c’est même une fierté. Par contre le fait qu’on me perçoive d’office comme musulmane me gêne.  Car les non musulmans ne sont pas appréhendés à priori par leur religion. C’est une manière de définir les citoyens selon des catégories et des classements établis par les politiques et le débat publique. On classe d’office toute une population, sans faire la différence entre ceux qui sont musulmans, pratiquants, agnostiques ou encore athées. On est placé dans la catégorie musulman quelle que soit notre subjectivité.

Classé d’office comme citoyen à problèmes

Je dirais même que «musulman» peut être étendu à «habitant des quartiers populaires». C’est parfois un euphémisme pour dire «banlieue». Pour ma part, je n’aime pas être placée dans cette catégorie d’office car je ne suis pas maîtresse de sa définition. Son contenu est péjoratif, il est associé au terrorisme, à la violence, à l’intégrisme. Il m’échappe. C’est cette impuissance et cette condition qui font de moi une indigène de la république. La charte sur l’islam que l’UMP souhaite faire adopter n’est ni plus ni moins qu’un nouveau code de l’indigénat. Quand on parle de musulmans, on parle toujours d’une catégorie de population problématique, qui doit montrer patte blanche, dénoncer les terroristes et Ben Laden. Or, à titre d’exemple, on ne demande pas aux Corses lambda de condamner des attentats sur leur île, et à juste titre car ce sont des attentats politiques qui ne doivent être assumés que par leurs auteurs. Nous, les musulmans, nous sommes tous coupables. Le paradoxe, c’est que pour beaucoup, c’est à partir de cette identité que va se mener la lutte. S’affirmer musulman à partir de notre propre définition, c’est une manière d’ échapper à la définition étatique qui nous enferre. Les Antillais diraient qu’on marronne en référence aux nègres marrons, ces esclaves qui se sont enfuis et qui ont su préserver leur mode de vie africains.

La source de l’islamophobie reste l’Etat et la politique internationale. La guerre contre «l’Axe du mal» a produit de l’islamophobie à l’échelle internationale, qui se réfracte sur les politiques françaises, et qui est ensuite exploitée à l’intérieur du débat français.

http://www.newsring.fr

Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (2/2)

Houria Bouteldja

En ce qui concerne les médias, l’affaire de Charlie Hebdo en septembre dernier illustre une dissymétrie en termes de liberté d’expression. S’il est vrai que Charlie Hebdo s’en est beaucoup pris par le passé à la religion catholique, on omet de dire que c’est un journal de Blancs qui critique une religion «de Blancs» , ou considérée comme telle.

Si Tariq Ramadan prenait la liberté de faire ce que fait Charlie Hebdo…

Si un Tariq Ramadan prenait la liberté de faire exactement ce que fait Charlie Hebdo vis-à-vis soit des juifs ou des catholiques, il se prendrait une volée de bois vert. Vous imaginez un journal musulman avec en couverture le pape ou un rabbin avec une bombe sur la tête ? Ce qu’on présente comme une liberté d’expression pour tous reste en réalité le privilège de la population dominante. Il est évident que si on se permettait de faire le millième de cela, en critiquant les catholiques ou la religion juive, l’ensemble du champs politique serait contre nous. Et même les plus bouffeurs de curés! On admet que Charlie Hebdo critique la religion catholique, mais on n’admettrait pas que nous le fassions à notre tour. Les véritables questions qu’il faut se poser sont : Qui a le droit de critiquer ? Et qu’est-ce-qu’on a le droit de critiquer ? Enfin les journalistes de Charlie Hebdo se présentent comme des valeureux résistants à l’islamisation sans s’interroger véritablement sur l’Islam dans son contexte français. En France, l’Islam, c’est d’abord la religion des pauvres et des immigrées donc d’une catégorie de la population qui n’a aucun pouvoir politique, économique ou médiatique. On s’attaque à une population qui n’a pas la possibilité de répondre avec autant de puissance que ceux qui portent les coups.

Je fais souvent le parallèle avec les années 30 et le débat sur la liberté d’expression au sujet de la religion juive. Est-ce-qu’on trouverait responsable, d’un point de vue politique, de critiquer les juifs dans les années 30, quand ils étaient victimes d’antisémitisme d’Etat ?
Souvent, on nous renvoie à ce qui se passe en Arabie saoudite, ou dans d’autres pays musulmans. Si j’étais en Arabie saoudite, je critiquerais évidemment la politique de l’Etat saoudien. Mais on est en France et l’Islam y est une religion minoritaire et dominée.

L’islamophobie, peur irrationnelle et symptôme d’un déclin

Pour comprendre cette montée de l’islamophobie, il faut analyser la situation actuelle. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de crise économique globale, de crise de déclin de l’identité européenne face aux pays émergents, la Chine, l’Inde, etc.
L’identité européenne blanche qui a dominé le monde pendant 500 ans est en phase de déclin. Et ce qu’expriment les voix – souvent hystériques – qui s’élèvent dans les médias contre l’Islam, c’est au fond la peur de ce déclin. Qu’est-ce-qui explique cette peur irrationnelle ? Les Blancs perdent leur centralité historique, leur triple A, en quelque sorte, et ils voient tous les non Blancs, abusivement associés, à l’Islam comme une menace pour leur identité. Après avoir dominé pendant des siècles, ils se rendent compte que les autres veulent, comme eux, vivre et s’affirmer, transformer l’ordre établi par le racisme et le colonialisme ce qui de fait signifie une perte de pouvoir et des privilèges afférents. Ceux qui contestent cet ordre, à juste titre, pour réclamer leur droit et leur place pleine et entière, qui contestent les discriminations sont ainsi perçus comme des envahisseurs.

La résistance indigène est perçue comme terrifiante, illégitime et abusive alors que ce que demandent les milieux de l’immigration et des quartiers populaires, c’est d’abord l’égalité de traitement et de droits. Des revendications qui ne me paraissent pas insensées mais qui le sont pour celles et ceux qui se battent pour sauver leur privilèges, leur statut et qui dans le même mouvement font pression pour que les «Musulmans» restent en position de subalternes, d’indigènes. Ce conflit génère lutte et résistance de part et d’autre dont l’issue n’est pas écrite à l’avance mais dont on peut craindre le pire. Il faut espérer que les victimes du racisme d’Etat s’organisent rapidement pour que naisse une véritable alternative politique.

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Islamophobie… quand tu nous tiens par la barbichette

 Serge ULESKI

Gardons-nous bien de voir de l’islamophobie (1)  là où il est surtout question de difficultés de cohabitation avec un particularisme vestimentaire à caractère religieux qui peut être aussi considéré, et à juste titre pour les uns, comme une provocation et une atteinte à la laïcité :

« Je n’ai pas à connaître votre religion…

- Votre tenue vestimentaire m’impose une information que je n’ai pas demandée…

 - Nulle autre religion agit de la sorte car on peut encore aujourd’hui croiser des Juifs et des Catholiques pratiquants (voire même… intégristes, extrémistes et exterminateurs !) sans pour autant soupçonner un instant qu’ils le sont ; et c’est une très bonne chose…

 - Doit-on aussi rappeler qu’ici, sous notre climat, l’Eglise ainsi que le machisme ont  longtemps maltraité les femmes ! Et certains d’entre nous en général, et certaines d’entre elles en particulier, s’en souviennent encore ! Sans oublier le fait que la France s’est aussi construite, dans son histoire récente, contre cette même Eglise, jusqu’à sa « mise au pas ».

- On ne peut pas non plus ignorer le déficit d’image de l’Islam dans une actualité internationale où la pratique de la tolérance et de l’amour de l’autre par cette religion, et plus encore quand il est tout autre, serait la règle et non l’exception ; et même si l’Islam n’est pas la seule religion concernée (2), n’empêche !

 - Laissez-nous le temps de nous adapter car c’est bel et bien un nouveau paysage qui se dessine là sous nos yeux ! Et à ce sujet, la tolérance pourrait aussi trouver sa place chez ceux qui semblent un peu trop prompts à dénoncer une islamophobie fantôme ; et quand on sait que les femmes qui arborent une telle tenue sont de plus en plus nombreuses… on n’est décidément pas au bout de nos peines !

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Rappelons à toutes fins utiles que l’islamophobie, et pour peu qu’il en soit réellement question, ne fait pas de la France un pays raciste et islamophobe, tout en précisant ceci : sermonner et condamner les populations avec des « C’est pas bien d’être islamophobe » n’a jamais dissuadé qui que ce soit de le demeurer ou de le devenir. Aussi, la lutte contre l’islamophobie ne peut être qu’un point de départ et sûrement pas un point d’arrivée. Dans le cas contraire, ce sera un échec un peu à la manière d’un SOS racisme enfermé dans sa Tour d’Ivoire moralisatrice dans le cadre d’un job à plein temps avec ses officiels, ses titulaires et ses suppléants, retraite assurée, ce qui n’a jamais servi aucune cause ; un « SOS racisme » cache misère intellectuel et politique autour de questions que l’on ne posera pas ; sans oublier les cas où l’intelligence fait cruellement défaut, et les cyniques qui n’ont aucun intérêt particulier à ce que les bonnes questions soient posées faute de volonté ou de possibilité d’y répondre efficacement car, si tout est dans l’exécution, quand on ne peut plus agir, notamment sur le plan social, une fois que l’on a déserté le terrain économique sans lequel aucune action digne de ce nom n’est possible, et que l’on est tout nus…

Vers qui, vers quoi peut-on alors se tourner ?

Après l’épuisement, vient le pourrissement ; il ne faudrait pas que la lutte contre l’islamophobie devienne une chasse à l’homme car à ce jeu là, le gibier sera toujours bien plus nombreux que les chasseurs : et la solidarité entre volaille, ça existe aussi !

La gestion des tensions ne se fera pas sans un dialogue entre tous, et la stigmatisation ne rendra aucun service et sera contreproductive. D’autant plus qu’il semblerait que l’ignorance des uns, ou leurs préjugés, soit l’exacte réplique de l’ignorance des autres ; d’où l’absence de compréhension et la tentation d’un repli vers une posture victimaire de tous les acteurs en présence : préjugés et rejet à tendance islamophobe contre ignorance historique feinte (3) ou authentique, de la part de ceux qui résident dans le pays d’accueil ou pays d’adoption par filiation.

Aussi, que la bien-pensance soit exclue de ce débat au plus vite ! Ce qui, en revanche, n’empêchera nullement la bienséance d’y trouver toute sa place dans une conduite des débats qui tienne compte de tous les ressentis car personne ne doit être rejeté ! Et si toutes les expériences et les opinions ne se valent pas, toutefois, on ne fera pas l’économie de les entendre toutes et de les comprendre, et qui sait… de voir sous un tout autre jour, la question de l’islamophobie : « mot-valise » pour les VRP d’une conscience humaniste dans le meilleur des cas ;  verdict aussi violent que définitif qui n’ouvre aucune porte et qui semble les fermer toutes, dans le pire.

Une société a aussi et surtout besoin de savoir et de comprendre ; pas simplement de juger (4).

Or, il semblerait que les médias principalement dits « de gauche » (à leurs heures – de nuit, de préférence ?), Médiapart inclus, s’orientent vers une stigmatisation et un débat à sens unique : on peut donc compter sur le fait que seules les « victimes » auront droit à la parole, entourées d’observateurs et d’experts (sociologues de la bien-pensance ?) compatissants et sermonneurs.

Aussi, il serait temps que ces mêmes médias réalisent que la lutte contre l’islamophobie mérite une autre approche que celle qui, hier, a consisté à organiser, par exemple, la promotion et l’animation de l’anti-sarkozysme, car l’enjeu est d’une tout autre nature et d’une tout autre importance.

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