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Archives pour la catégorie ‘Nationale’

Claude Guéant à l’épreuve de la mémoire politique

11/01/2012

Par Maxime Hanssen

Dans un entretien accordé au Monde daté du mardi 3 janvier,Claude Guéant – ministre de l’Intérieur – tente une volteface vis-à-vis de la communauté musulmane et d’une grande partie des français  choqués par ses frasques incessantes sur le sujet. Selon  certaines études la «mémoire politique»  d’un citoyen est estimée à six mois en moyenne ; au-delà de ce temps, l’homme à tendance à oublier certains évènements, noyés dans le flux permanent de l’information. M. Guéant semble avoir conscience de cela, profitant de cet espace d’expression afin de dédiaboliser  son action et surtout dans le but  d’attendrir une communauté musulmane remontée.

 Ainsi, il estime que l’Islam «  est une religion ouverte, tolérante, pleinement insérée dans la société ».  Malheureusement, la sincérité de cette déclaration peut être remise en cause. En effet,  le 4 avril 2011, l’ancien secrétaire  générale de la présidence avait déclaré à Nantes : « L’accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de leurs comportements posent problème ».

En à peine un an, la communauté musulmane serait donc passée d’un statut de problème sociétal à une entité religieuse parfaitement intégrée dans la société!  Mais par quel « miracle » ce problème à t-il disparu ?

M. le ministre estime  que le «bilan de ces derniers mois est plutôt positif ».Pour qu’il y est bilan, il faut donc des mesures.  

De fait, l’arsenal utilisé par le gouvernement, comme la loi sur le voile intégral ainsi que les mesures prises à l’encontre des prières de rues auraient permis d’éliminer les problèmes qu’engendrent les musulmans vis-à-vis de la société.

Même s’il faut reconnaître que les mesures susdites  étaient des décisions bonnes et inévitables pour défendre la République laïque, les faits qui les ont engendré semblent disproportionnés. En effet, le port du Niqab concernait entre deux mille et trois mille femmes en France, tandis que les prières de rues étaient un fléau essentiellement concentré à Nice et dans quelques quartiers parisiens.

Ces faits-là sont-ils si important pour qualifier l’ensemble de la communauté musulmane comme un «problème » ? On constate aisément que M. Guéant  exploite le moindre dérapage pour stigmatiser l’ensemble de cette communauté.  On se doute du dessein électoral derrière cela. Lire la suite…

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Steak-pâtes. Facile, pas cher et halal d’ailleurs

11/01/2012

NajibL, Ingénieur mécanique

J’ai grandi à Valentigney, près de Belfort, dans un quartier populaire appelé « Les Buis », bien qu’il n’y ait plus un seul de ces arbustes là-bas. J’ai trente ans. Je suis d’origine marocaine comme mon prénom peut le laisser deviner.

A la question posée par nos instituteurs en école primaire : « que font vos parents dans la vie ? », la réponse standard associée était « mon père travaille chez Peugeot » (sous-entendu ouvrier chez Peugeot) et pour les plus « riches » d’entre nous, nos mères étaient femmes de ménage. J’étais dans ce cas : imaginez notre richesse dans notre HLM !

Un jour, un ami m’a dit que l’éducation se faisait à trois endroits : à la maison, à l’école et dans la rue. J’ai vraiment aimé cette vision.

« Va chercher notre casserole chez les Turcs »

La maison n’était pas vraiment une maison. Il s’agissait de la maison de tout le monde puisque nous étions locataires dans le bâtiment 32. Nous habitions au 2ème étage d’un immeuble en comportant trois auxquels il faut rajouter un rez-de-chaussée.

Pour notre seule cage d’escalier, il y avait des Turcs, des Marocains (nous), des Algériens, des Français et des Portugais.

Quand ma mère me disait « va chercher notre casserole chez les Turcs du dessus », ce n’était pas méchant, juste plus simple. D’ailleurs, tous les ustensiles de cuisine ont voyagé chez tout le monde : notre couscoussière chez nos voisins français, eux-mêmes qui nous avait prêté une assiette qui s’est retrouvée chez le Portugais qui ont donné de la morue aux Algériens et qui, à l’occasion du ramadan offraient des gâteaux à tout le monde… Lire la suite…

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Halal pour tous

10/01/2012

Plus de cinq millions de consommateurs mangent halal, en France. Restos branchés et grandes surfaces accueillent les nouvelles générations de musulmans. Problème : la traçabilité. D’où vient et, plus surprenant, où va le halal ?

par Claire DOYEN

Pour qu’une viande soit halal, la bête doit être égorgée sans être au préalable étourdie,   par un sacrificateur qui prononce la Basmalah, une bénédiction à Dieu.  Photo Pascal BROCARD

Pour qu’une viande soit halal, la bête doit être égorgée sans être au préalable étourdie, par un sacrificateur qui prononce la Basmalah, une bénédiction à Dieu. Photo Pascal BROCARD

« Bienvenue -  Hosgeldiniz ». Le décor est un peu austère, pas de musique d’ambiance ni d’offres alléchantes sur les têtes de gondoles. L’enseigne des supermarchés Ibrahim implantés à Metz-Woippy, Mont-Saint-Martin et Vandœuvre-lès-Nancy est écrite en turc et en français. Car ici, on s’adresse à un public bien particulier, les consommateurs de halal, que l’on attire avec un slogan évocateur : « Ibrahim, votre confiance ».

« On ne peut jamais être sûr que ce qu’on mange est bien halal. Mais ici, c’est de la bonne qualité. Je viens de Rombas pour acheter ma viande à la boucherie de ce supermarché. En faisant cela, je respecte les préceptes de ma religion et au final, c’est une question de conscience. À la limite, même si cette viande n’était pas halal, j’aurais la conscience tranquille vis-à-vis de ma religion et c’est ce qui compte », explique Véronique entre deux commandes passées au boucher : quatre biftecks, 1 kg de merguez, 1 kg de viande hachée, 1 kg de saucisses blanches… Elle ne sera pas venue pour rien. Convertie à l’islam après avoir épousé un musulman, elle témoigne fièrement ne consommer que de la viande halal, comme ses trois enfants qu’elle éleve dans le respect des traditions musulmanes.

« L’attachement au halal est très fort, plus fort que la pratique religieuse, c’est la dimension sociale de la diaspora. Selon mes études de terrain, les 3/5 e des personnes issues de l’immigration musulmane, pratiquantes ou non, déclarent leur attachement au halal », évalue Florence Bergeaud-Blackler, chercheuse au CNRS et auteure du livre Comprendre le halal ,paru en 2010. Lire la suite…

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Attester de sa conversion à l’islam pour se marier

10/01/2012

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Pour épouser sa compagne marocaine, un Français s’est vu demander par la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) un document qui nécessitait sa conversion à l’islam.

Frédéric Gilbert, journaliste, désirait se marier avec sa compagne marocaine, Hind, avec qui il a une petite fille.
Il devait fournir à la mairie « un certificat de coutume » délivré par le consulat du Maroc, qui exige une conversion à l’islam, nous explique l’AFP, confirmant une information parue, samedi, dans Le Parisien.

« La mairie m’a demandé un certificat de coutume. Or ce certificat n’est délivré par le consulat que lorsqu’on accepte la conversion à l’islam, ce que j’ai refusé car c’est contraire à l’esprit de la République française », a dénoncé le journaliste, qui se dit « laïc convaincu » et « fils de curé défroqué ».

Sur le site du consulat général du Maroc à Paris, parmi les documents à fournir pour obtenir le certificat de coutume figure l’ »Acte de conversion à l’islam du futur conjoint pour la Marocaine désirant se marier avec un non musulman ».

« Ce que je conteste, c’est que les maires puissent exiger un document qui demande la conversion à l’islam », a expliqué le journaliste, dénonçant un « excès de zèle » des services d’état civil. Lire la suite…

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Après le PSG, le Qatar au chevet des banlieues françaises

09/01/2012

Abderrezak Khachane, président de l'association "Mieux vivre au Valibout", a écrit à l'ambassade du Qatar pour obtenir des fonds pour la rénovation du quartier.

Abderrezak Khachane, président de l’association « Mieux vivre au Valibout », a écrit à l’ambassade du Qatar pour obtenir des fonds pour la rénovation du quartier.Jean-Gabriel Bontinck/PHOTOPQR/LE PARISIEN

Jusqu’où ira le Qatar? Le pays est grand comme la Corse mais possède une impressionnante force de frappe financière. Après le PSG et les droits télé de la Ligue des champions, c’est dans les banlieues françaises que le petit émirat a décidé d’investir. Il a annoncé, le 9 décembre 2011, la création d’un fonds d’investissement de 50 millions d’euros destiné aux quartiers français en difficulté, pour 2012. La somme est d’importance. C’est près de 10 % des 548 millions d’euros du budget du ministère de la ville de cette année.

L’enveloppe doit servir à financer les projets des jeunes entrepreneurs des cités en mal de reconnaissance et de subsides pour créer leurs entreprises. L’initiative a faitgrincer des dents certains. Elle a été saluée par d’autres. Pour une écrasante majorité, elle souligne surtout un peu plus l’abandon des banlieues par l’Etat français.

L’idée d’un rapprochement entre les banlieues et le Qatar n’est pas venue de la pétromonarchie mais de l’Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld). Un collectif d’élus de droite et de gauche ayant en commun d’être fils ou petit-fils d’immigrés et qui constate l’impasse dans laquelle se trouvent les banlieues françaises depuis plusieurs années. « On y est allés au culot », expliqueHaouaria Hadj-Chikh, élue du Front de gauche à Marseille et membre de l’association.

Cet automne, les élus écrivent à l’ambassadeur du Qatar en France, qui accepte de les recevoir. Peu de temps après, ce dernier organise un voyage d’une semaine à Doha, la capitale de l’émirat. Dix élus s’y rendent. Là-bas, la délégation déjeune avec l’émir cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, rencontre plusieurs responsables et distribue plusieurs dizaines de CV français. « Pour une fois, notre identité était valorisée et n’était plus un handicap », explique Kamel Hamza, président de l’Aneld et conseiller municipal UMP à La Courneuve. « L’aide du Qatar n’est que le résultat de difficultés exacerbées », plaide Haouaria Hadj-Chikh. Lire la suite…

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Prudence du Qatar sur le financement de mosquées

08/01/2012


Billet de banque du Qatar

Alors que le Qatar vient d’annoncer son intention de financer à hauteur de 50 millions d’euros des projets dans les banlieues françaises (lire l’enquête dans Le Monde du 6 janvier), l’émirat se montre plutôt discret sur les sujets relatifs à l’islam. « Comme l’Arabie saoudite, l’émirat marche désormais sur des œufs pour ne pas apparaitre comme un financeur de mosquées ou comme un soutien à des mouvements extrémistes », estime un bon connaisseur du milieu. La crainte d’être soupçonné « d’ingérence » limite aussi les investissements, souligne le chercheur Nabil Ennasri, qui ajoute: « certains responsables qataris considèrent en outre que les besoins des musulmans sont ailleurs, en Afrique ou en Asie du Sud-Est ».

L’émirat, fréquemment sollicité par des associations françaises gestionnaires de mosquées, préfèrerait donc s’appuyer sur les aspects culturels de l’islam de France ou sur des projets précis estampillés par les pouvoirs publics français. Ainsi, l’Institut des cultures d’islam (ICI), le projet porté par la mairie de Paris, qui doit à terme fournir un ensemble cultuel et un lieu culturel au 18ème arrondissement de la capitale, devrait bénéficier dès cette année d’aides financières qataries pour des expositions prévues dans la partie culturelle de l’Institut. Lire la suite…

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Les arts de l’islam sous un voile de verre

08/01/2012

Le nouveau département des arts de l’islam au musée du Louvre ouvrira ses portes en septembre 2012.

Par DOMINIQUE POIRET

La couverture de la cour Visconti,département des Arts de l’Islam, musée du Louvre. (R. Ricciotti – M. Bellini © Musée du Louvre / Olivier Ouadah)

Un toit flottant au-dessus du Louvre. Vingt ans après la création de la pyramide dessinée par Pei dans la cour Carrée, le Louvre parachève l’installation du département des arts de l’islam au centre de la cour Visconti. Sauf contretemps de dernière minute, tout sera prêt en mai, pour ouvrir au public très probablement après l’été.

Signée des architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti, la structure qui coiffe ce nouveau pavillon est constituée d’une résille de verre et de métal, une «aile de libellule», comme la nomme Mario Bellini. «Il s’agit de présenter la face lumineuse de cette civilisation qui engloba en son sein une humanité infiniment variée et riche», explique le président du musée Henri Loyrette, qui avait souhaité sortir les arts de l’islam de leur«marginalisation» dès son arrivée au Louvre en 2001. Lire la suite…

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“L’islam, religion de paix et d’amour”

07/01/2012
Abd Al Malik sera à Avignon samedi. Photo DRAbd Al Malik sera à Avignon samedi. Photo DR

Auteur-interprète récompensé de multiples fois (Victoires de la musique, Prix Constantin, Prix Charles-Cros, Prix Edgar Faure), Abd Al Malik est devenu un porte-parole du vivre ensemble et du dialogue en France. Le parcours du slameur, chanteur et auteur est un symbole d’espoir et de dépassement des apparentes contradictions de la société française. Invité par l’association Isthme 84, dont il est le parrain, il fera ce week-end une série de conférences. Entre Montpellier et Marseille, il s’arrêtera à Avignon samedi soir pour témoigner et discuter, en tant que disciple d’une voie soufie vivante.

Vous étiez déjà au Chêne Noir l’an passé, quelle est la nouveauté de cette conférence ?

« Pas grand-chose en réalité. L’association Isthme 84, que je parraine, organise un rendez-vous récurrent de partage pour parler de spiritualité. C’est important de pouvoir parler librement de l’islam, des autres religions et de l’identité française. Je dirais que c’est vital aujourd’hui de se pencher sur les différentes composantes de la société française en termes de croyance, alors que les politiques nous opposent. » Lire la suite…

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Lille : une mosquée en travaux perpétuels

07/01/2012


La salle de prière a été rénovée. Les ogives témoignent du passé du lieu, ancienne chapelle des soeurs dominicaines.

La salle de prière a été rénovée. Les ogives témoignent du passé du lieu, ancienne chapelle des soeurs dominicaines.

Au bout de la rue du Faubourg-de-Roubaix, la mosquée El Forkane est en travaux, et ce depuis longtemps. Financés par les fidèles, ceux-ci ne peuvent se faire que petit à petit.

Alors que la salle de prière est maintenant terminée, le reste du bâtiment est encore en chantier.
MARIE TRANCHANT > marie.tranchant@nordeclair.fr
La porte, en bois travaillé, rappelle dès l’entrée qu’on accède ici à un lieu de culte musulman. Mais voilà, l’entrée de la mosquée El Forkane ne se fait plus depuis quelques temps par la rue du Faubourg-de-Roubaix sinon par la cour attenante. La cause, des travaux qui n’en finissent plus, et qui demandent aux fidèles de pénétrer dans les lieux par le côté pour venir y prier. « Les travaux durent depuis plus de deux ans, explique Yahia Zenagui, secrétaire de l’association Amal*. Ils se font avec la générosité des fidèles. » Il faut donc attendre patiemment les dons, ou l’offre de main d’oeuvre bénévole pour certaines tâches pour refaire la salle de prière, les couloirs, aménager des issues de secours, des portes coupe-feux… « On fait des quêtes, et les fidèles donnent plus pendant le Ramadan », constate-t-il. Pas d’amertume dans la voix, mais un simple état des lieux. La mosquée n’attire d’ailleurs pas l’attention sur ce chantier qui dure et il faut en passer la porte pour découvrir des ouvriers en plein travail. Lire la suite…

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Hollande, Mélenchon… la saison des pèlerinages est ouverte

06/01/2012

par Bernard Dugué

Un chrétien ira se recueillir à Lourdes le 15 août, un musulman effectuera un pèlerinage à La Mecque, un juif priera face au mur des lamentations. Chacun sa foi, chacun son pèlerinage ou sa prière. Et nos politiques ? Eh bien ça ressemble fortement à la religion. On se souvient du candidat Sarkozy en pèlerinage au mont Saint-Michel, haut lieu de la chrétienté. Il y a quelques décennies, Mitterrand effectuait chaque année un pèlerinage à la roche de Solutré. Pas de symbolique particulière si ce n’est que cet événement était censé commémorer un lieu de rencontre choisis par de jeunes résistants dont faisait partie Mitterrand. Cette ascension n’a pas à être moquée, même si quelques parvenus en profitaient pour se donner un air. Enfin, on peut aussi imaginer une symbolique ésotellurique mais si c’est le cas, cela n’a aucune incidence sur la politique. En ce début de campagne pour 2012, la saison des pèlerinages a été lancée. Nicolas Sarkozy s’apprête à commémorer Jeanne d’Arc, afin de bien montrer son attachement à la France. Mais s’il est une valeur à laquelle les politiques se doivent de croire, c’est le « travail ». Surtout si l’on est socialiste ou de gauche. Mélenchon avait même grillé ses concurrents en se déguisant en faux père Noël lors du conflit des agents de sécurité dans les aéroports.

Ainsi, la raffinerie sise près de Rouen et appartenant au groupe Petroplus fait l’objet de toutes les attentions. Hervé Morin, Jean-Luc Mélenchon se rendront en pèlerinage à Petroplus, après François Hollande qui fut précédé par Philippe Poutou, le candidat du NPA. Et la droite ? Eh bien elle est dispensée de faire le déplacement puisque c’est le directeur de Petroplus qui est reçu à Matignon. Ainsi se déroule la campagne politique, non sans quelques habiles marchandages. Un proverbe apocryphe prononcé à l’ENA dit que : « emploi menacé pendant la campagne, emploi préservé pendant la campagne, mais emploi menacé une fois connu l’élu, emploi foutu ». Quoi qu’il en soit, les hommes politiques doivent afficher leur foi dans les valeurs qu’ils défendent et le montrer aux médias. Il fut un temps où les chefs d’Etat se devaient d’être vus à l’église pour une célébration de la messe. La politique est comme ça. Même à une époque où la religion et l’Etat sont séparés, les politiques doivent montrer qu’ils sont soucieux de certaines valeurs auxquels ils croient. Que ce soit utile ou dévoyé n’est pas important du moment que ces pratiques servent à gagner les élections. Et l’on imagine pas une seconde un François Hollande ignorant les travailleurs, même si la classe ouvrière ne pèse qu’un dixième du corps électoral. Les journalistes bavards jouent les singes savants en comparant le « sale mec » de Hollande au « Chirac fatigué » prononcé par Jospin, piètre parole qui lui aurait porté la scoumoune et signé sa perte le 21 avril 2002. En vérité, l’un des facteurs ayant pesé sur la chute de Jospin, c’est l’indifférence affichée face à des travailleurs menacés de licenciement. Cela remonte à loin mais nous avons gardé le souvenir d’un premier ministre candidat susurrant à la presse qu’on ne pouvait pas faire grand-chose face aux multiples plans sociaux. Et en 2012 et c’est bien sûr, le candidat socialiste ne se fera plus piéger sur cette faute tactique impardonnable. D’où l’insertion bien calculée de pèlerinages effectués par le candidat Hollande partout où des inquiétudes se présentent et surtout auprès du monde du travail. Lire la suite…

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Internet détourne une visite d’élèves à la mosquée

05/01/2012

Les élèves d’un établissement privé y avaient approché la culture de l’Islam. L’article a été repris sur le web. DL;Et détourné. Accompagné de photos anglaises, il a été exploité par des sites d’extrême droite.

L’histoireLe samedi 22 octobre, nous relations dans nos colonnes la visite de collégiens à la mosquée de La Roche-sur-Yon. Les élèves en 5e ont découvert la culture de l’Islam, en posant des questions à Ali Bensaada, aumônier musulman auprès des maisons d’arrêt. La rencontre a été riche, pour des jeunes appréhendant la religion de l’Islam dans le programme scolaire. Cela aurait pu s’arrêter là.L’article a ensuite véhiculé sur le net. Et il a été récupéré par des sites d’extrême droite, collant une photo prise en Angleterre. Elle montrait des élèves non-musulmans en train de prier dans une mosquée. Avec un nouveau titre : « Des collégiens s’islamisent. » Une forme de propagande et un effet boule de neige, nourrissant blogs et forums, servant des idéologies d’extrême droite.

« Ce n’est pas une conversion déguisée »

Des réactions vives n’ont pas aussi tardé à déborder, à la rédaction Ouest-Francecomme dans le collège privé cité « Nous avons reçu une quantité de mails et de nombreux coups de téléphone, explique le directeur Benoit Dugast. S’il n’y avait pas eu cette photo sur les réseaux sociaux, laissant sous-entendre que les collégiens de l’établissement priaient, je ne serais pas rentré dans ce débat. » Lire la suite…

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France : 2011, une année de recrudescence d’actes islamophobes

04/01/2012
D.R

L’Islam a été, durant l’année 2011, au cœur de controverses répétées dans l’espace public français, suscitant des actes hostiles contre les musulmans en France dont le nombre dépasse les cinq millions. Cette hostilité s’est traduite par une inflation de pratiques discriminatoires contre l’islam, deuxième religion dans l’Hexagone, dans un climat de haine entretenue par l’extrême droite à l’encontre des musulmans et des lieux de culte. Depuis le début de l’année, les actes islamophobes, qui se sont incrustés dans une partie de la société française, et marqués par une montée sans précèdent, ont été exacerbés par une propagande aggravée par l’instrumentalisation  dans le discours politique de certaines thématiques, telles le débat sur  l’identité nationale, la laïcité, ou encore le port du « voile intégral » dans  les lieux publiques, les prières de rue des fidèles musulmans le vendredi, les minarets et, plus concrètement, la place de l’islam en France.
Ces thématiques ont ouvert la voie à des dérapages racistes et des discours  stigmatisant la communauté musulmane, faisant d’elle, le problème central de la question sécuritaire dans la société française en en proie à une crise socio-économique  de plus en plus pesante.  Outre les profanations de tombes de cimetières musulmans dans différentes régions de France, avec des inscriptions insultantes envers l’Islam et les incendies  d’édifices cultuels, soit sept mosquées pour le seul mois de novembre, les données de l’Observatoire de l’islamophobie sur le sujet sont édifiantes.          Son responsable Abdallah Zekri déplore ainsi, qu’au cours des premiers  mois de l’année, des tracts insultants, des menaces de mort contre des pratiquants musulmans, des pages du Saint-Coran brûlés, ou jetés dans des lieux insalubres,  ont été constatés, sans compter les violences anti-musulmanes, menées par des réseaux qui organisent des campagnes contre la construction de mosquées. Une hausse de 34 % des actes d’agressions, d’insultes verbales, d’incendies visant des lieux de culte ou des profanations, a été enregistrée au cours de l’année en cours, signale cette instance qui s’inquiète de l’augmentation « très  importante » des actes islamophobes qui s’en prennent aux signes visibles du  culte musulman dans une pays qui fait pourtant du respect des droits de l’homme et des libertés individuelles, sa « devise ». Quelque 45 atteintes pour lesquelles il y a eu dépôt de plainte ont été enregistrée pour le seul premier trimestre de l’année 2011, selon l’observatoire  qui considère qu’il faut multiplier les chiffres officiels par deux si l’on tient compte des actes pour lesquels il n’y a pas eu de dépôt de plainte.  Un phénomène devenu « trop grave » pour ne pas s’en préoccuper et l’intolérance  gagne du terrain et prend de l’ampleur « à mesure que les échéances électorales se rapprochent en France », estime-t-on par ailleurs. Ces actes anti-musulmans ont mis en évidence un rejet flagrant  de l’islam et de ses fidèles, entretenu par une frange de la classe politique  française et de médias grand public qui entretiennent l’ignorance construite  sur les peurs que l’Islam constitue une menace. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) de  même que le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) confirment dans  leurs rapports respectifs que les sentiments xénophobes et l’intolérance « gagnent  du terrain », ouvrant le champ à une forte hausse des actes stigmatisant les musulmans. Les Maghrébins demeurent les principales cibles de ces actes et 36 % d’entre eux, en ont été victime durant l’année, affirment ces deux instances. « Il faut que les hommes politiques prennent conscience de l’impact de leurs déclarations sur la cohésion sociale », a récemment estimé Régis de Gouttes, membre de la CNCDH. Lire la suite…

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« L’islam a besoin d’une pensée subversive »

04/01/2012

Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir

"L'islam a besoin d'une pensée subversive"
Des manifestants prient face à un char de l’armée égyptienne, sur la place Tharir, au Caire, en février dernier.REUTERS/Yannis Behrakis

La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l’émission Islam sur France 2. L’un est chrétien, l’autre musulman, et ils se rejoignent.

Antoine Sfeir: Un frein? Oui et non. La modernité a été accélérée à certaines époques et ralentie à d’autres. Ainsi, il faut rappeler que la naissance de l’islam a conduit à une véritable révolution. Sur le statut de l’épouse, par exemple: la femme faisait partie de l’héritage et, tout à coup, elle devenait héritière. N’oublions pas, non plus, la dynastie des Omeyyades et la fondation d’un véritable Etat, avec l’instauration d’une monnaie, de papiers d’identité. Cette modernité va s’étendre jusqu’à l’Andalousie; on y distribuera des terres, les catholiques et les juifs y seront protégés, et cela durera jusqu’en 1492 et la Reconquista.

A l’inverse, au XIe siècle, un calife qui affronte des révoltes sociales et religieuses va fermer les portes de l’interprétation du Coran (ijtihad). Il va décider de retenir seulement quatre écoles et d’éliminer toutes les autres, y compris celles qui prêchaient la raison. C’est le début du repli.

Ghaleb Bencheikh: Autant l’islam a été un moteur pour la modernité, par exemple, s’adonner à la science était motivé par des raisons religieuses -il fallait effectuer des calculs de trigonométrie pour observer les croissants lunaires ou encore pour déterminer géographiquement l’emplacement de La Mecque afin de mener les prières-, autant une forme de régression s’est installée au fil des siècles. Je ne crois pas que l’on puisse faire remonter le début de cette stagnation à une date précise. Il y a eu, plutôt, des facteurs convergents. Ils sont d’abord militaires, avec, entre autres, la bataille de Lépante, en 1571, qui marque la fin de la puissante thalassocratie ottomane après sa défaite contre la flotte chrétienne.

Le deuxième facteur est économique. Il est dû à la découverte du Nouveau Monde et de la circumnavigation qui a conduit à un moindre usage de la route de la Soie, ce qui a appauvri les villes situées sur cet itinéraire commercial. Du coup, les taxes ont augmenté, des troubles ont éclaté et l’empire s’est délité.

Enfin, il ne faut pas oublier le facteur culturel. L’invention de Gutenberg, repoussée par des sultans qui avaient choisi de privilégier leurs calligraphes face à l’imprimerie, a modifié le rapport de production des textes et des livres. Il était de 1 à 10 en faveur de l’empire islamique; il est passé de 1 contre 100 pour l’Occident en l’espace de quelques décennies.

A. S.: Le refus de l’imprimerie va, d’ailleurs, avoir des conséquences énormes. Pour rattraper le retard, le califat va imprimer et diffuser des ouvrages qui n’avaient pas été rédigés par des véritables savants, et cela aura des répercussions importantes sur la qualité du savoir dispensé.

Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirDébat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirJPGuilloteau/L’Express

G. B.: C’est exact. Et, se rendant compte de la « bourde », on s’est mis à diffuser tout et n’importe quoi, sans précaution. De plus, des ouvrages majeurs qui nécessitent l’intervention de maîtres pour leur interprétation n’ont pas été compris. Du coup, une lecture chaotique et anarchique s’est souvent imposée.

A. S.: Plus tard, quand la colonisation s’est produite, elle a été accompagnée par des orientalistes français plutôt proches intellectuellement de ce qui allait devenir la laïcité en France. Des élites ont alors été formées; d’Alger à Beyrouth, de Damas au Caire. Du coup, ceux qui arracheront l’indépendance à l’empire ottoman sont des gens qui, en islam, auront séparé la religion et la foi. On va assister à la création de la citoyenneté. C’est un moment de grâce, de modernité. Les femmes arabes vont ainsi voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945.

Les femmes arabes vont voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945

Mais, quand, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde arabe est traversé par deux courants d’opinion -l’ »umma arabiya », portée par un républicain, Nasser, et l’ »umma islamiya »-, l’Occident, les Français et les Britanniques vont préférer s’allier avec ceux qui ont une lecture rétrograde du Coran.

G. B.: Je crois, pour ma part, que la colonisation, qui est une abomination, a entraîné une profonde léthargie de la pensée. N’oublions pas, à titre d’exemple, que l’autorité coloniale avait distribué des torches électriques aux marabouts; des lampes qu’ils actionnaient sous le burnous pour faire croire que la lumière divine se manifestait au peuple crédule, qui se prosternait…

Pourtant, il y a eu quelques prises de conscience, notamment chez les ulémas algériens. Certains d’entre eux avaient perçu que la séparation des deux ordres était une marque de progrès, qu’elle offrait l’opportunité de sortir du conservatisme, de cesser de considérer la religion comme l’unique référent identitaire. Rappelons qu’Abd el-Hamid Ben Badis, président de l’Association des ulémas algériens, était à la tête des requérants pour que la loi de 1905 fût appliquée en Algérie. Et, paradoxalement, l’opposition est venue des gouvernements successifs de la République française. Dès l’abolition du califat, en 1923-1924, certains penseurs arabes et musulmans avaient compris que la séparation des ordres était un progrès essentiel, salutaire.

Mais deux problèmes majeurs étaient apparus. Le premier était d’ordre sémantique: la laïcité n’avait pas de traduction dans les langues véhiculaires de la pensée islamique, alors on a essayé de rendre la notion par des barbarismes de type « scientisme » ou « mondité ». Le second obstacle a été l’influence des Frères musulmans, en liaison avec le jeu malsain de Fuad Ier, le roi d’Egypte. Ce dernier a proposé aux Frères musulmans de l’introniser calife à la place du calife et est allé sciemment à l’encontre de la modernité que son pays portait alors.

« Ouvrir la porte »
par Henri Boulas, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie

« On assiste aujourd’hui à une brusque irruption de la modernité. Le xixe siècle a déjà connu un mouvement de ce type, mais il a été interrompu par un effet boomerang, avec la réaction d’Hassan el-Banna [fondateur des Frères musulmans]. Devant l’incapacité des différents acteurs à moderniser l’islam, on a dès lors cherché à islamiser la modernité. Or la notion de modernité est cruciale, pour l’islam comme pour le christianisme: comment l’absorber sans se dénaturer?

L’islam a commencé comme mystique, il a fini comme système en s’accrochant aux versets médinois. Seules trois décisions peuvent y remédier. D’abord trancher entre un Coran créé ou incréé (donc figé); ensuite, il y a tant de versets qui abrogent d’autres versets contradictoires -les médinois abrogent ainsi les mecquois- qu’il faudrait trancher et revenir aux origines mêmes de l’islam; enfin, la suspension de la réflexion critique -selon la célèbre formule: « La porte de l’islam est fermée »- doit être remise en cause. De quel droit ferme-t-on encore une telle porte?

A. S.: Reste que la modernité de l’islam existe, mais on n’en parle peu, comme on parle peu des trains qui arrivent à l’heure. Savez-vous qu’une femme, la « Dame des lumières », dirige depuis Istanbul de 8 à 10 millions de croyants. Savez-vous que les Scouts musulmans de France, qui sont rattachés à la fédération des scouts et des éclaireurs, sont devenus la bête noire des islamistes dans les banlieues?

G. B.: Nous avons, dans l’histoire de la civilisation islamique, de quoi fonder un véritable humanisme. Pour faire émerger une nouvelle raison, comme le dit si bien Mohammed Arkoun, il nous faut faire preuve d’une pensée subversive, développer une investigation dévastatrice du patrimoine théologique, qui n’est qu’un amoncellement de commentaires sur le commentaire et qu’on a sacralisé à travers le temps. Cela conduirait à l’ouverture d’une nouvelle ère. Le printemps arabe renforce ce bourgeonnement possible. Mais les mots d’ordre des manifestants: dignité, liberté, démocratie, justice sociale ne doivent pas être détournés. Les jeunes citoyens doivent être vigilants, faire preuve de discernement pour ne pas se faire confisquer leur mouvement…

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La mosquée d’Is-sur-Tille au centre de l’actualité

04/01/2012

A l’échelle locale, la mosquée d’Is-sur-Tille, ou plutôt la salle de prière – les musulmans ne font pas la distinction entre les deux termes –, est probablement le sujet religieux qui aura fait le plus parler. La question faisait parler dès le mois de janvier, quand la communauté musulmane d’Is annonçait avoir trouvé un accord avec la mairie pour l’achat d’un terrain. L’objectif était de construire un lieu de culte, selon la dénomination officielle, susceptible d’accueillir les fidèles d’Is-sur-Tille et de Selongey. Le permis a été signé fin septembre par le maire de la commune, Michel Maillot.

Sortira donc de terre un bâtiment d’une surface de 200m², de quoi donner un peu plus d’espace que dans l’ancienne salle, qui faisait, selon la communauté musulmane locale, seulement 27 m². Reste à savoir quand elle sera mise en service, probablement courant 2012. Contrairement à ce que certains esprits chagrins auraient espéré, cette construction n’a pas fait trop de bruit. Il faut dire qu’à Is-sur-Tille, l’histoire locale est teintée d’Islam : dans les années 1960, le bourg a accueilli des Harkis, ces soldats musulmans restés fidèles à la France après la fin de la guerre d’Algérie. Lire la suite…

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Les musulmans veulent un local de prière

02/01/2012

Lors des questions diverses, Johanne Masclet, d’Union pour Sin, …s’est interrogée sur la question de la pratique religieuse des membres de l’Association musulmane de l’union sinoise (AMU). Ceux-ci prient dehors par manque de place.

Christian Entem a confirmé que le projet architectural avait été validé par la Communauté d’agglomération du Douaisis (les terrains pressentis font l’objet d’une procédure d’acquisition par la CAD, par voie amiable pour partie et par la voie de l’expropriation pour cause d’utilité publique pour le surplus) tout comme le projet de voirie pour y accéder. Il a ajouté que la promesse faite lors de la campagne électorale de 2008 sera tenue tout en précisant qu’actuellement, malgré la demande faite par l’association, aucun local ni aucune parcelle n’est à vendre ou à louer pour permettre aux musulmans de pratiquer leur religion dans de bonnes conditions en attendant la réalisation du projet.

Yves Bottiaux, secrétaire de l’AMU présent dans le public nous confiera, une fois la séance achevée du besoin d’une aide provisoire qui permettrait aux fidèles de prier dans des conditions dignes. Le retard pris dans laréalisation de la mosquée résulte de celui prispar la CAD dans la mise en oeuvre de l’écoquartier du Raquet. Créée en 2005, l’AMU revendique plus de 1 000 fidèles « sans distinction de nationalité ». Lire la suite…

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A Nice, les tombes musulmanes au centre d’une controverse

02/01/2012

L’exhumation de certains corps, souhaitée par la mairie pour des raisons de place, soulève des questions au sein de la communauté musulmane.

Début décembre, les familles venues se recueillir sur la tombe de leurs proches dans l’un des carrés musulmans du cimetière de l’Est, à Nice (Alpes-Maritimes) ont découvert des affichettes évoquant une prochaine exhumation et les invitant à prendre contact avec les responsables du cimetière. Dans la panique, quatre d’entre elles ont fait rapatrier les corps dans leur pays d’origine. Avec l’aide d’un conseiller municipal de l’opposition socialiste, Abderrazak Fetnan, elles ont créé le collectif « Touchez pas à nos tombes » et organisé une manifestation dimanche 18 décembre.

Dès 2010, le vice-président du conseil régional du culte musulman, Boubekeur Bekri, a soulevé devant le maire de Nice, Christian Estrosi, le problème de la « saturation » des quatre carrés musulmans existants.

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Alain Gresh : La fin de l’islamophobie dans les médias français n’est pas en vue

31/12/2011

Par Frederic Schmachtel

Directeur adjoint du Monde diplomatique et spécialiste du Proche-Orient, Alain Gresh a suivi de près les révolutions arabes. Il a notamment critiqué les « éditocrates », ces éditorialistes français qui recommencent à brandir le spectre de l’islamisme.

Le printemps arabe a-t-il poussé les médias à nuancer leurs propos en ce qui concerne « l’islamisme et les islamistes ?

Les révolutions arabes ont créé un intérêt car il y a eu une espèce d’illusion. Comme il n’y avait, au départ, pas d’islamistes aux révolutions Il n’y avait, pour les journalistes, plus d’islamistes du tout. Aujourd’hui, le réveil est un peu brutal car les résultats des élections qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte et au Maroc montrent que ce n’est pas vrai!

Néanmoins, il y a certainement un effort fait, dans la presse écrite surtout, pour donner une image plus balancée de ce qu’est Ennahda, par exemple. Mais la presse écrite n’a que peu d’influence par rapport à la télé et la radio qui forment le courant dominant. Il pose les islamistes comme principal danger et va jusqu’à créer une sorte de guerre de civilisation. France Inter, par exemple, une radio publique, est un bastion de l’islamophobie et sa couverture de sujets liés à l’islam relève, pour moi, de la pire propagande.

Comment ce courant islamophobe a-t-il pu devenir dominant ?

Le racisme anti-arabes a été remplacé par une dénonciation de l’islam qui était d’autant plus facile à mettre en œuvre qu’une partie de la gauche y participait. Dès lors, on ne pouvait la qualifier de raciste. Cette islamophobie a connu des hauts et des bas dans le cadre de la crise économique et sociale en France. Ce sera un thème important de la campagne électorale. Le Sénat qui vient de basculer à gauche illustre le fait que les différences partisanes s’estompent. Parmi les premiers textes discutés, il y a une loi qui doit interdire aux accompagnatrices ou éducatrices dans des structures privées de porter le voile ; un texte proposé par la Gauche. C’est étonnant, cela montre ses priorités.

Le vocabulaire utilisé influence beaucoup le contenu du discours, notamment « islamiste ». Comment l’utilisez-vous ?

En effet, il est très important et on est piégé par ce vocabulaire. Voltaire utilisait le mot « islamisme » en parallèle à « islam ». C’est la science politique française qui a créé le terme « islamiste », car on aime les choses qui globalisent. Les politiques ont repris ce terme surtout après la chute du mur de Berlin en 1989. Il fallait trouver un autre ennemi pour justifier les budgets de la défense. Aujourd’hui, on met sous la dénomination « islamiste » des choses très différentes comme Hezbollah, Al Qaïda, les Frères Musulmans etc. On sait plus quel vocabulaire utiliser, c’est compliqué et cela facilite les amalgames. La seule manière de lutter contre ces amalgames est de montrer concrètement la diversité qui se cache derrière le mot « islamistes ». C’est pour cela que je n’utilise le mot qu’au pluriel.

Quelles conséquences a eu l’emploi à outrance du mot islamisme ?

Aujourd’hui, une peur se déclenche chez les gens quand on parle de l’islam. Cette hostilité n’est pas seulement liée à la situation extérieure mais aussi à la situation européenne. Les musulmans ont pris la place des juifs des années 30 dans les fantasmes occidentaux. Preuve en est l’évolution de forme de l’extrémisme de droite en Europe vers une position pro-israélienne et anti-musulmane partout en Europe. Un des derniers partis à ne pas avoir fait cette évolution c’est le Front National, mais les efforts de Marine Le Pen vont dans ce sens. Elle veut à tout prix établir des relations avec Israël.

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Le rire contre l’islamophobie américaine

30/12/2011

Ils veulent combattre l’islamophobie par l’humour. Negin Farsad, Dean Obeidallah, Omar Elba et Maysoon Zayid sont Américains et musulmans. Ce groupe de comédiens a créé la troupe «Les musulmans arrivent!» (The muslims are coming!), pour défaire les préjugés que peuvent avoir beaucoup d’Américains envers les musulmans, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Leur tournée en Alabama, Géorgie, et Tennessee aux Etats-Unis pendant l’automne 2011 fera l’objet d’un film en 2012, dont leWashington Post publie un extrait, ainsi qu’un entretien avec les quatre comédiens.

Le groupe composé de deux hommes et deux femmes ne se contentent pas de faire un spectacle, ils parcourent les rues des villes qu’ils visitent pour interroger les gens sur leurs rapports aux musulmans. L’une des personnes interrogées, par exemple, se demande «pourquoi n’entend-on pas plus la voix des musulmans qui critiquent des extrêmistes?»«Il faut demander aux grands médias», répond l’un des membres de la troupe. Pour amener sur la table le sujet de la religion de façon décomplexée, ils organisent aussi des petits jeux dans la rue. Dans l’un de ces jeux, baptisé «Trouve la religion», ils lisent des passages de textes religieux aux passants qui doivent deviner de quel livre sacré il s’agit. Certains étaient surpris par les réponses.

Ces quatre Américains ont chacun leur propre vision de l’islam et leur propre relation à Dieu. Maysoon est très croyante: «Je pense que la religion est quelque chose de très personnel. Je me décris comme une musulmane. (…) La religion joue un rôle important dans ma vie quotidienne». Alors que Negin se dit simplement de culture musulmane, comme certains de ses amis «qui diront qu’ils sont chrétiens mais qui ne vont jamais à l’église». Mais leur cible à tous est la même: «les gens qui se font une image erronée de l’islam», explique Omar.

Pour Dean, il ne s’agit pas non plus de se moquer de la religion:

«Je n’essaie pas de rendre la religion drôle. Je ne fais pas d’humour sur les principes de l’islam, ou de n’importe qu’elle religion. En parlant de la religion, en tant que comédien, je vise à défendre la liberté de culte pour tous les Américains, peu importe leur confession», précise-t-il.

Avant d’ajouter, très lucide:

«Nous ne nous faisons pas d’illusions. Une tournée dans quelques villes ne va pas faire disparaître l’islamophobie, mais petit à petit, nous essayons juste de la faire diminuer un peu».

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Luxe : un rosé français sans alcool, certifié halal pour l’export

29/12/2011

Vendre en France et à l’international un « vin mousseux » sans alcool et le faire certifier halal, c’est le pari qu’a réalisé la Maison Honoré du Faubourg avec son « 1688 Grand Rosé ».

Lancé en avril 2011, ce produit français est né de la volonté de « proposer une offre haut de gamme sans alcool pour tout événement festif, particulier ou professionnel. » Fruit d’un assemblage de raisin rouge et blanc, ce rosé est élaboré sans sucres ajoutés avec des ingrédients naturels. Les 3500 bouteilles mises en ventes au lancement « se sont toutes vendues rapidement », explique au MOCI Rémi Rossano, directeur de l’entreprise. Signe que le produit avait son marché.

D’abord en France, avec de « gros clients » tels le Quai d’Orsay, l’Assemblée nationale ou encore Air France, puis l’export. « Nous voulons réaliser notre volume de chiffre d’affaires à l’international », précise le dirigeant. Il trouve alors un important distributeur en Malaisie, qui, satisfait de l’échantillon, lui commande quatre palettes de bouteilles. Puis, ce client suggère de certifier le produit en halal pour « faciliter les ventes ». Cela signifiant « ce qui est permis par l’islam » et ne comporte donc ni porc et, pour ce cas-là, ni alcool.

Convaincu, le patron décide de contacter la Mosquée de Paris et de Lyon. « Cela a été très compliqué, personne ne me répondait ou bien on me disait que ma bouteille ressemblait trop à du champagne…Je me suis finalement tourné vers la Belgique, plus ouverte, et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bruxelles qui donne une certification européenne halal ». Résultat, depuis le 20 décembre, l’entreprise française dispose du fameux certificat, véritable visa pour l’exportation. Bruno Bernard, un consultant de la CCI et créateur de la certification européenne, est venu chez leur embouteilleur à Beauvais pour faire un audit industriel, supervisé par un imam d’Algérie, raconte Rémi Rossano.

Maintenant, la PME peut se tourner vers d’autres marchés plus conséquents : le Liban notamment, qui redistribue vers les pays limitrophes (Jordanie, Yémen, Syrie jusqu’en Turquie) et l’Indonésie. « La certification halal est un plus, mais je ne veux pas être sectorisé. Mon produit est pour tout le monde », nuance le chef d’entreprise. Certes le produit halal est un marché de niche et au marketing très porteur, mais le vin 1688 n’aura pas attendu cette certification pour se faire connaître. En plus de la Malaisie, l’entreprise dispose déjà d’un distributeur en Allemagne, au Japon et aux Emirats arabes unis. Un maillage international « très long à développer » et bien parti pour s’élargir.

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LA FINANCE ISLAMIQUE FAIT SALON

28/12/2011

PAR PIERRE ALONSO

Ne pas faire de politique. Rester dans les thématiques religieuses, et économiques. Lynda Ayadi, vice-présidente de l’Union des musulmans de France, avait des projets précis pour le Salon international du monde musulman qui s’est tenu du 17 au 19 décembre au parc des expositions du Bourget.

La directrice du salon avait aussi de l’ambition : réunir l’ensemble des acteurs qui animent la vie des musulmans en France, notamment sur les questions bancaires. Dix stands étaient réservés à des représentants de la finance islamique. Parmi eux, l’Association d’innovation pour le développement économique et immobilier (l’Aidimm).

Finance éthique

Créée en 2005, l’Aidimm, recherchait des alternatives à l’accession à la propriété explique le président, Saer Saïd :

En creusant les alternatives, nous avons d’abord découvert la finance éthique puis la finance islamique. Elle correspond à une structuration différente et elle est calquée sur l’économie réelle.

Le motif est religieux : la notion de riba issue du Coran interdit de rémunérer l’argent. Proscrits, donc, les taux d’intérêt et l’emprunt. La rémunération d’un placement doit correspondre aux dividendes qu’il a effectivement créés, d’où l’inscription revendiquée dans l’économie réelle et son ancrage dans la finance alternative. Pour Robin Martel qui a mené des recherches sur la finance islamique en France à la School of Oriental and African Studies de Londres : Lire la suite…

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