Archive for the ‘Fraude’ Category
Des certifications «halal» à la tête du client
Posté par admin dans Actualités, Consommation, Européenne, Fraude, Halal le 26th août 2010
Contrairement au bio, il n’existe pas (encore) de réglementation stricte définissant ce qui est ou non «halal». Conséquence : certains font de l’argent en «certifiant» halal n’importe quoi n’importe comment. Il faut dire que ce genre de label ouvre les portes vers un «business» gigantesque…
© Belga/AFP
Une certification avec la chambre de commerce de Bruxelles
Objectif export
Halal « Il faut de vrais contrôles »
Posté par admin dans Actualités, Consommation, Fraude, Halal, Nationale le 15th août 2010
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La viande que découpe David sous les yeux de Baker Aldilaimi est halal : « J’en suis certain », sourit le directeur du Baker Market. Photo JPH
Baker Aldilaimi, grossiste en viandes, estime que 90 % des produits estampillés « halal » ne le sont pas vraiment.
Techniquement, qu’est-ce qu’une viande halal ?
« L’abattage du bovin, de l’ovin ou de la volaille doit être effectué à la main, par un musulman pratiquant et la bête doit être consciente. La vache est par exemple maintenue tête relevée et le sacrificateur tranche les artères du cou au nom de Dieu.
Pourquoi la bête doit-elle être consciente ?
« Son corps et ses muscles doivent se vider entièrement de leur sang et la viande est alors « saine ». Pour cela, la bête ne doit être ni étourdie par électronarcose (*), ni tuée avant d’être saignée »
D’où vient cette polémique sur le faux halal ?
« L’industrie agroalimentaire et leurs marques ont flairé la bonne affaire du halal avec plusieurs dizaines de millions de musulmans en France et en Europe. Sauf qu’elles ne sont pas contrôlées et ne respectent pas la règle. Il existe certes en France une vingtaine d’organismes de contrôle halal mais deux sont fiables ! Je ne mangerais pas de viande certifiée par des organismes agréés par les mosquées de Paris, d’Évry ou de Lyon… Lyon est un peu à part : elle est fiable pour les moutons mais tolère l’électronarcose pour les volailles »
Vous êtes extrêmement pointilleux ?
« Je suis musulman pratiquant ; je mange de la viande halal. Ce que je propose à mes clients, c’est ce que je mangerai moi-même… »
Ne craignez-vous pas d’être taxé d’intégriste ?
« Chacun fait ce qu’il veut, s’il est prévenu. Je souhaite simplement que lorsqu’un mouton est endormi avant d’être tué, ce soit mentionné sur l’emballage des côtelettes qui sont ensuite vendues avec la mention halal. Et ce même si le reste du rituel a été respecté. Ensuite, le client musulman, informé, a le choix de choisir cette viande ou ce plat cuisiné. »
Vous avez lancé votre marque…
« Oui, Halaland : des surgelés de viande, de volaille, plats cuisinés… »
Comment pouvez-vous contrôler le processus de A à Z ?
« Un exemple : Halaland propose par exemple des cheeseburgers. Je sous-traite avec Charal. Je fournis la viande, sous scellés. Un contrôleur de mon entreprise constate que l’atelier de Charal a été entièrement nettoyé. La viande est alors déballée et les hamburgers fabriqués. Tous les autres ingrédients sont les mêmes que pour un hamburger classique. Je peux inscrire sur mes quatre cheeseburgers surgelés : halal. »
Propos recueillis par Jean-Pascal Hamida
(*) L’électronarcose provoque l’étourdissement suite à la traversée du cerveau par un courant électrique.
http://www.presseocean.fr
Existe-t-il un scandale du faux halal ?
Posté par admin dans Actualités, Consommation, Discussions, Fraude, Nationale, Philosophiques le 1st juillet 2010
Pour savoir s’il existe un scandale du faux halal, il importerait d’abord d’avoir une définition précise de ce qu’est le halal, car une certification ne peut être fausse que par rapport à une norme.
On ne peut pas dire que le marché du halal soit un modèle de transparence. Les consommateurs laïcs en savent quelque chose, puisque même le ministère de l’Agriculture, dans une réponse à une question écrite, a répondu cyniquement que les professionnels n’ont pas l’obligation d’informer les consommateurs du mode d’abattage des animaux ; nous mangeons donc tous de la viande abattue rituellement sans le savoir, et le ministère s’en satisfait.« Comment réagiraient les musulmans d’Europe quand ils sauront que ce qu’ils consomment en guise de viandes dites “halal” est une pure tromperie, une vaste escroquerie dont sont aussi victimes les populations d’autres pays arabes et/ou musulmans ? En ces temps de tensions et de crise, quelle serait la réaction des musulmans de France s’ils découvraient que les viandes qu’ils consomment n’ont rien de halal et sont très loin de constituer une alimentation saine ?
Sachant l’embrasement qu’ont connu les banlieues, ces deux questions permettent de toucher du doigt une réalité amère qui n’augure pas de lendemains sereins partout où la viande est cédée au nom du halal. »
Parmi les « Gens du Livre », il y a les chrétiens, qui n’ont aucune exigence rituelle en matière de nourriture. On ne voit donc pas trop, dès le départ, pourquoi il faut toutes ces revendications et ces dérogations aux règles classiques d’abattage.
Même pour l’abattage purement musulman, les règles coraniques ne sont pas excessivement complexes :
« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »
Pourquoi le cas du poulet est-il aussi spécifique ? Pourquoi les accusations de faux halal lui sont elles quasiment consubstantielles ? Ou encore, dit autrement : pourquoi la filière poulet est-elle incapable, dans des conditions économiques normales, d’obéir à des normes halal dans leurs formes les plus strictes (ou les plus volontairement complexifiées) ?
Tout simplement parce qu’un poulet est un animal de petite taille. Si l’on paie une personne à effectuer un rituel sacrificiel pour chaque poulet individuellement, la cadence en est considérablement ralentie (contrairement au cas d’animaux de grande taille, pour lesquels l’accomplissement du rite est sans influence majeure sur la cadence).
Pour des raisons de rentabilité, l’abattage du poulet est mécanisé partout, y compris dans le cas du poulet halal. C’est sur ce point que porte la controverse : pour les intégristes du halal, chaque poulet devrait être égorgé à la main par un “sacrificateur” obligatoirement musulman et en récitant une prière.
A partir de là, chacun y va de son petit calcul arithmétique, et en déduit que les abattoirs n’ont en principe pas le personnel suffisant et qu’il y a donc forcément un bogue quelque part. D’après Rue 89 , relayant le point de vue de la mosquée de Lyon, un sacrificateur rituel ne peut pas aller au-delà de 1800-2000 volaille/heure, mais la cadence chez Doux atteint 7000 à 8000 poulets /heure ; un syndicaliste aurait même parlé de 380 000 poulets par jour, ce que Al Kanz relève dans un article spécifique.
Pour l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon, une certification hallal de qualité nécessite, outre l’abattage par un sacrificateur agréé, la présence permanente d’un ou plusieurs contrôleur(s) rituel(s) durant toute la durée de l’opération de production hallal, et ce depuis le sacrifice rituel jusqu’au conditionnement final du produit, ainsi que la traçabilité complète de l’ensemble des matières vendues dans le restaurant (quelles soient carnées et non carnées dans la mesure où certains additifs sont illicites),
C’est donc beaucoup d’emplois et de salaires que nécessiterait la certification halal telle qu’on la rêve chez les plus intégristes, ou chez les plus désireux de créer des emplois pour leurs coréligionnaires. D’autant plus que, au delà de l’abattage, c’est, pour les plus intégristes, toute la filière qu’il s’agit d’agréer, comme dans le cas du certificateur AVS.
De la viande halal vendue comme non-halal
Posté par admin dans Actualités, Consommation, Fraude, Halal, Nationale le 24th juin 2010
Fabien Fournier (lefigaro.fr)

Selon une enquête menée par l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir, 62% des ovins et caprins ont été abattus selon un rite religieux.
La pratique se veut discrète , mais une grande partie des viandes sortant des abattoirs français sont conformes aux préceptes religieux et vendues sans mention spécifique.
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«Le système est très opaque», accuse Frédéric Freund, directeur de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) qui milite pour le droit animal. Sur le papier, les choses semblent pourtant claires : la règlementation européenne qui impose l’étourdissement de l’animal avant son abattage autorise des dérogations pour obéir aux rites juifs et musulmans. Ceux-ci stipulent en effet que l’animal ne peut être blessé et donc étourdi avant d’être égorgé. Autre obligation : cet abattage doit être accompli par un sacrificateur agréé pour que la viande soit halal. Dans les faits, cette distinction n’est pourtant pas si nette.
«Plus de chance de manger halal que non-halal»
Une enquête menée par les directions départementales des services vétérinaires de Basse et Haute-Normandie conclut qu’une part significative de bêtes abattues selon un rituel religieux entre dans le circuit classique de commercialisation, sans mention particulière. Cette proportion varie de 0 à 60% selon les abattoirs pour la production halal et celle-ci est même supérieure à 70% pour la production kascher (destinée aux consommateurs juifs). L’OABA a mené en 2006 et 2007 une enquête auprès de 225 établissements. Les résultats détonnent : 28% des bovins, 43% des veaux et 62% des ovins et caprins ont été occis selon un rite religieux. Des proportions bien supérieures aux consommations des juifs et musulmans, preuve que ces produits sont réinjectés dans les étals classiques de la grande distribution. «Les groupes agro-alimentaires peuvent ainsi disposer d’une seule chaîne de production au lieu de deux», décrypte Fateh Kimouche, fondateur du portail Al-Kanz. «L’abattage halal est tellement peu différent de l’abattage conventionnel qu’il s’est généralisé, en particulier pour les ovins. Aussi le consommateur lambda a-t-il plus de chance d’acheter dans certains supermarchés du mouton halal non étiqueté comme tel», explique Florence Blackler, sociologue. Une situation choquante pour l’OABA qui réclame une meilleure traçabilité des produits. «L’industrie agro-alimentaire doit assumer ses choix : les étiquettes de ces articles devraient porter une mention spécifique pour ne pas cristalliser les ressentiments», enjoint aussi Fateh Kimouche. L’OABA propose aux abattoirs d’insensibiliser les bêtes tout de suite après leur égorgement, ce qui pourrait satisfaire des consommateurs juifs, musulmans et athées.
«Beaucoup de viandes prétendument halal n’en sont pas»
La production halal est aussi victime de ces pratiques douteuses. Notamment parce que la filière souffre d’une absence de certification au-dessus de tout soupçon. «Beaucoup de viandes prétendument halal n’en sont pas», affirme Fateh Kimouche. Le tribunal correctionnel d’Arras a par exemple condamné en 2007 l’entreprise «Aux collines de l’Artois» qui a commercialisé pendant près de quatre ans des merguez certifiées halal qui contenaient du porc. Quand ce n’est pas le caractère licite du bien qui est incriminé, c’est sa qualité qui peut être mise en doute. «Pour les ovins comme pour les bovins, ce marché constitue une voie de dégagement : ce qui n’est pas vendu sur le marché classique est réorienté vers les circuits halal», affirme une étude de l’OABA. Ce n’est pas le mode d’abattage qui est ici suspect car conforme aux principes islamiques. Sont visés l’élevage des animaux susceptibles d’avoir été nourris par des farines animales et donc de porcs ou encore la qualité des produits. Selon l’OABA, celle-ci est particulièrement à la baisse lors des périodes de pénurie de viande.
Source: http://www.lefigaro.fr/
