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La Finance Islamique : De nouvelles solutions d’épargne

Dans le contexte de crise actuelle, la finance est souvent pointée du doigt voir diabolisée. En effet, ses détracteurs lui reprochent d’avoir favorisé la recherche de profit rapide  au détriment de son rôle initial, à savoir le développement de l’activité économique.

Pour nombre d’investisseurs, la finance éthique apparait comme une porte de salut vers un développement responsable, centrée sur l’intérêt général. En effet, la finance éthique intègre des critères autres que la rentabilité dans les choix de placements et la gestion de portefeuilles.  Elle se distingue notamment par la sélection de valeurs basée sur des critères sociaux, environnementaux et moraux. Les fonds éthiques permettent donc aux épargnants de financer des activités en accord avec leurs croyances et leurs convictions.

La finance éthique n’est cependant pas une nouveauté, en effet, on en retrouve les prémices dans le code d’Hammourabi, la Genèse ainsi que dans le Coran. Parmi les courants de la finance éthique ayant le vent en poupe, la finance islamique semble tirer son épingle du jeu. En effet, depuis plusieurs années la finance islamique connait une croissance importante et représente à ce jour un encours dépassant les 1 000 milliards de dollars.

Dans le cadre de la finance islamique, les investissements réalisés doivent répondre à des critères sociaux et moraux. Ces principes directeurs sont au nombre de cinq :

  • L’équité dans les rapports : risques et bénéfices doivent être partagés,
  •  L’interdiction de « l’incertitude » (gharar) et de la « spéculation » (maysir),
  • L’adossement de l’investissement à un actif tangible,
  •  L’interdiction de l’usure et de l’intérêt (riba),
  •  La licéité des secteurs investis : ainsi, les jeux de hasard, les activités liées à l’alcool, à l’élevage porcin, à  l’armement ou encore à l’industrie pornographique sont exclues.

L’islam n’est pas opposé au profit financier tant qu’il n’entre pas en contradiction avec la Sharia et qu’il aboutit à une augmentation de valeur du travail ou du bien produit. Les intérêts étant interdits, les bailleurs de fonds deviennent des investisseurs, et non des créanciers. Ils partagent avec l’entrepreneur les bénéfices et les risques de l’opération. La finance islamique prohibe l’enrichissement sans cause (la thésaurisation), l’argent représente ici un moyen d’échange et non une finalité.

Malgré une croissance annuelle à deux chiffres (21,4% entre 2010 et 2011), la finance islamique représente seulement 1% de la finance mondiale. Ce secteur, bien qu’encore peu exploité, possède une marge de progression énorme. En effet, la population musulmane représente 25% de la population mondiale et on estime que d’ici 10 ans, 40 à 50 % de son épargne sera gérée par la finance islamique. Bien que l’intérêt de la finance islamique ne soit plus à démontrer, la France à pris du retard par rapport à ses voisins européens. Le Luxembourg en 2002, puis le Royaume Uni et l’Allemagne en 2004 ont mis sur le marché des produits « Sharia compatibles ». La France comble cependant petit à petit ce retard. En effet, face à une demande croissante, quelques banques de détail françaises développent des produits d’épargne conformes à la Sharia.

Ces produits d’épargne s’apparentent à des contrats en unités de compte au sein desquels  l’épargnant peut choisir parmi différents supports d’investissement. Ces contrat dits « Sharia compatibles » permettent d’investir dans un ou plusieurs fonds (SICAV, FCP…).  En France, les banques qui proposent ce type de placement restent peu nombreuses. C’est BNP Paribas qui fit office de précurseur en lançant en 2006 un Fonds Commun de Placement (FCP), le « BNP PARIBAS Islamic Fund ». Il permet d’investir parmi les composantes de l’indice Dow Jones Islamic Titans 100 Index. Plus tard, en 2012, il fut rejoint par le premier contrat d’assurance vie Sharia compatible, Salam Epargne et Placement par SwissLife. Salam Epargne et Placement est un contrat multi supports qui permet d’investir au sein de Salam-Pax Sicav Ethical Fund of Funds dont les investissements sont composés d’OPCVM conformes à la Sharia.

Un nouveau type de placement s’apprête à voir le jour : en effet, France Sukuk doit mettre sur le marché une Société Civile de Placement Immobilier (SCPI) conforme aux principes de la Sharia. Cette SCPI sera le premier produit d’épargne immobilière Halal. Le placement à un horizon de 9 ans se compose d’actifs immobiliers parisiens. Cet investissement permettra à ses détenteurs de recevoir un revenu annuel qui évoluera en fonction des loyers et des plus values immobilières en rapport avec le marché locatif de bureaux.

Ainsi, la finance islamique bien que longtemps délaissée séduit de plus en plus d’investisseurs pour ses principes éthiques et sa capacité à résister à la crise. Ses perspectives d’évolution en France sont réelles, compte tenu de l’importance de la population de confession musulmane. On peut donc prévoir un avenir prometteur à ce secteur encore trop peu connu de l’économie française.

Envoyé par mail Anthony Amour

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Le halal se cherche un label en France

En France, la majorité des produits estampillés halal ne répondraient pas aux critères de définition du label. Ces critères font encore débat notamment à cause des différences au niveau des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par les organismes de surveillance qui attribuent le label.

Le 16 janvier dernier, le site Débat Halal révélait être en possession de preuves accablantes contre un producteur alimentaire international. Les saucisses de volaille Herta, certifiée halal et commercialisée par Nestlé, contiendrait du porc, un aliment haram (interdit) pour les musulmans.

Une semaine après, alors qu’un premier test conduit par Herta n’avait rien révélé, les chaînes de supermarché comme Casino ont retiré les produits de leurs magasins pour effectuer leurs propres tests.

Mais il est acquis que certaines techniques de production actuelles, surtout dans le secteur de la volaille, sont particulièrement éloignées des règles du halal. Ainsi 90% de la volaille vendue sous le terme halal en France ne remplirait pas les standards. Standards qui varient eux-mêmes selon les entreprises et associations.

Interrogé par le Time, Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil, une agence de consultation en marketing confie:

«La question du halal en France est supervisée par les trois mosquées influentes à Paris, Evry et Lyon. Chacune a ses propres critères, inspecteurs, sociétés et produits qu’elles approuvent ou non. La communauté musulmane est riche d’une mosaïque de coutumes, de goûts et d’habitudes. A moins d’unifier, de codifier et de réguler le système, le marché du halal français restera éclaté et ses règles obscures.»

Les accusations portées contre ces aliments auraient surtout servi de prise de conscience. Alors que la nouvelle avait immédiatement poussé les supermarchés à vider leur étagères, de nombreux musulmans se sont posés la question de la provenance de la nourriture halal.

Pour palier le manque de règles concernant le label, certains observateurs espèrent maintenant que les différentes associations de musulmans de France parviendront à se mettre d’accord sur un code unique pour le secteur de la nourriture halal, un des plus gros marchés de niche, selon le Time.

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«Halal à tous les étals»: le halal, ce n’est pas que la viande

05/02/2013 un commentaire

Le marché s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services. Extrait du livre-enquête de Michel Turin.

Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples.- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -

Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.  

Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.

Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.

Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:

«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»

«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux»«Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.

Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:

«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»

C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:

«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»

Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.

Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.

Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.

Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:

«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»

Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.

Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.

D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».

Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.

Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.

Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.

La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.

Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:

«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»

Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!

Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:

«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»

En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.

Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.

Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.

La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.

«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.

Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.

«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.

Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.

La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.

A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.

Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:

«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»

Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:

«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»

Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.

Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.

«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).

L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.

Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Michel Turin

http://www.slate.fr

Bientôt du dentifrice halal fabriqué en France

Depuis près d’un an et demi les cosmétiques halals font sensation. Ciblant les femmes musulmanes, ces produits de beauté sont certifiés sans alcool, ni extraits animaux. Les rouges à lèvres et soins pour la peau sans graisse de porc sont importés de Belgique, d’Indonésie ou d’Australie mais la France pourrait bien se positionner sur ce marché en plein boom.

En effet, selon le quotidien Le Parisien un site industriel français viendrait pour la première fois « d’obtenir la certification officielle de Bruxelles pour fabriquer des dentifrices halal ». En France, Bruno Bernard, un spécialiste de la certification halal, estime qu’un million de musulmans utilisent régulièrement des cosmétiques halals. En Asie, ce marché pèserait plus de 3 milliards d’euros selon une estimation d’une université Malaisienne.

Certaines entreprises françaises croient dur comme fer dans le marché des cosmétiques halals. C’est le cas de la marque Jamal, créée en 2007 par une Française, Chantal Japhet dans la péninsule arabique. Elle a également lancé un label certifié par la Mosquée de Paris. « Mon objectif, c’est que le halal redevienne tendance, et je suis sûre que ça le sera dans les années à venir. Après tout, c’est du végétal, ça respecte l’homme et la nature, et c’est de l’éthique ».

Jamal et les autres entreprises de cosmétique halal, comme Cosmelal ou OnePure, attendent avec impatience l’arrivée des grands groupes, qui pourront, grâce à leur notoriété, faire exploser le marché. Les intéressés ne ferment pas la porte : « Le marché des cosmétiques halals est un marché que nous regardons, comme d’autres, compte-tenu de notre ambition d’universalisation de la beauté », indique L’Oréal, contacté par l’AFP.

http://bien-etre.excite.fr/

MEKNÈS PRÉPARE SON SALON DES PRODUITS «HALAL»

C’est officiel. Meknès prépare son «Expo halal international au Maroc». L’événement, qui se tient du 13 au 15 septembre dans le somptueux complexe des Habous, résulte d’une étude d’opportunité qui souligne les trois grands marqueurs d’un marché en pleine évolution. Un potentiel que l’on estime aujourd’hui être porté par une population mondiale de 1,3 milliard de musulmans, peser plus de 500 milliards de dollars, et connaître une croissance remarquable de 10% par an. C’est dans cette optique que le salon de Meknès est pensé. Organisée en partenariat avec les ministères de l’Agriculture, du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies, et des Affaires générales et de la Gouvernance, cette première édition jouit de l’appui du Centre régional d’investissement de Meknès-Tafilalet, la direction régionale de l’agriculture, la CGEM, la Chambre de commerce, d’industrie et de services, la Chambre d’agriculture, la direction régionale de l’ONSSA, la commune de Meknès, et la délégation régionale du ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies.
Bref, tous les partenaires voulant marquer le calendrier de la capitale ismaïlienne par la naissance d’une nouvelle manifestation sont présents. «Nous voulons accompagner la mise en place d’une nouvelle filière d’export et de production, basée sur le strict respect de la norme halal marocaine, appelée à devenir une référence internationale, avec l’appui de l’Ompic, partenaire du salon», explique Mohamed El Ouahdoudi, Lire la suite…

LE BUSINESS DU HALAL DES MARCHÉS À PRENDRE POUR LE MAROC

H. E.

UN POTENTIEL DE 700 MILLIARDS DE DOLLARS
LA CERTIFICATION, NOUVEAU PASSEPORT POUR L’EXPORT
Le business du halal Des marchés à prendre pour le Maroc

En 2010, le marché international du halal était estimé à plus de 660 milliards de dollars. En 2012, il est évalué à plus de 700 milliards de dollars

Une manne ignorée jusqu’à présent par les exportateurs nationaux. Le marché mondial du halal est actuellement estimé à près de 700 milliards de dollars. Une offre qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans les pays islamiques, mais aussi dans les pays qui accueillent une communauté musulmane. Le plus gros se trouve en Asie (plus de 400 milliards de dollars), notamment dans les pays du Golfe, la Malaisie et l’Indonésie. Comment saisir donc les opportunités que recèle ce marché porteur?
Plusieurs entreprises nationales, opérant dans l’agroalimentaire, participent régulièrement à des salons spécialisés, organisés dans cette partie du monde comme le Gulfood, qui a eu lieu du 25 au 28 février à Dubai. Mais aucun exportateur marocain n’était certifié halal. Or, les consommateurs des pays du Golfe, avertis au sujet de cette norme, sont très regardants sur ce qu’ils achètent, ne serait-ce que des tablettes de chocolat ou des produits de confiserie. Le label halal est donc un visa incontournable pour adresser les pays musulmans. D’ailleurs, une multinationale suisse, installée au Maroc, spécialisée dans la production de lait et de dérivés laitiers se voit toujours exiger le label halal pour pouvoir exporter en Algérie, par exemple. Un certificat qu’elle doit obtenir à l’étranger. «Dès que le gouvernement a constaté que l’absence d’une certification halal devient un obstacle pour les exportations, il a décidé d’élaborer un système de labellisation dédié», explique Mohamed Essabar, chargé d’études à la direction de la politique et des échanges commerciaux au sein de la tutelle. La norme et la procédure de certification halal seront officiellement dévoilées lors du salon international Expo Halal, qui se tiendra du 13 au 15 septembre à Meknès. Un événement orienté essentiellement export.
«Le label halal n’est plus seulement un concept religieux. Il est devenu un concept marketing et un segment commercial», explique Torek Farhadi, coordinateur régional du programme de renforcement des capacités commerciales des pays arabes (En
Act), développé au Maroc par le Centre du commerce international (CCI) de Genève. Selon l’expert, le Royaume dispose d’une large gamme de produits agroalimentaires pour lesquels des pays lointains comme la Malaisie, l’Indonésie ou encore les pays d’Afrique de l’Est sont très demandeurs.

http://www.leconomiste.com

L’avenir est au halal

De plus en plus d’entreprises belges lorgnent le marché des produits halal. « Nous sommes en temps de crise et l’exportation de produits halal offre beaucoup de perspectives », explique Bruno Bernard, auteur du livre « Comprendre le halal » et consultant externe pour le Beci, la chambre de commerce bruxelloise.

Assortiment de produits halal. © BELGA

Le « halal » ne concerne pas uniquement la méthode d’abattage rituel au sens strict, mais qualifie tout ce qui est permis pour un musulman, par opposition au « haram » qui est relatif au péché ou au sacré. Aucun chiffre d’affaires officiel n’est connu pour le marché du halal en Belgique mais il serait évalué à 1,5 milliard d’euros par an, selon Bruno Bernard.

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises belges s’intéressent à ce marché en pleine expansion. Delhaize lancera ainsi au milieu du mois d’août un assortiment d’une vingtaine de produits intégrés (c’est-à-dire vendus sous la marque Delhaize) halal (charcuterie, viande, fromage) dans une vingtaine de ses points de vente en Belgique. « Cela fait partie de notre stratégie commerciale d’offrir un assortiment adapté à des clients spécifiques », explique Roel Dekelver, de Delhaize. Cette démarche s’applique uniquement aux produits vendus sur le marché belge.

Cette certification ne concerne pas seulement la viande ou les produits alimentaires. Des articles comme les compléments alimentaires ou les produits pour hôpitaux peuvent également être qualifiés de halal. « Pour pénétrer certains marchés, il est important de disposer de tels produits certifiés », explique Bruno Bernard. Il y a 1,2 milliard de musulmans dans le monde dont environ 60 millions en Europe, c’est donc un marché plus que conséquent qui s’ouvre aux entreprises proposant des produits halal.

Certifié halal

L’exportation de produits certifiés halal offre ainsi des débouchés importants pour les sociétés proposant ces articles. C’est pourquoi le Beci, la chambre de commerce bruxelloise, a lancé un processus de certification halal ouvert à toutes les entreprises en 2009. Une société qui en fait la demande devra d’abord subir un audit industriel. S’il s’avère concluant, un imam algérien se rend sur place afin de vérifier que le procédé de fabrication soit aux normes. En cas de jugement positif, l’entreprise en question se voit décerner sa certification qui est valable pour un an. Lorsque celle-ci expire, le procédé doit être repris. Le Beci certifie ainsi des produits laitiers, cosmétiques ou encore médicaux, mais pas de produits carniers.

« C’est une extension des services à l’exportation que nous avons mise en place pour faciliter l’accès aux marchés des pays musulmans », explique Samira Aarbaj, responsable des formalités à l’exportation du BECI. Depuis 2009, une trentaine d’entreprises ont profité de cette certification, parmi lesquelles des sociétés belges, mais aussi allemandes, roumaines et même mexicaines, preuve du succès de cette certification. « Nous sommes actuellement en contact avec des institutions, notamment en Indonésie, pour obtenir une validation d’une autorité musulmane internationalement reconnue », indique Samira Aarbaj. Cette validation permettrait d’encore accroître la reconnaissance dont jouit cette certification.

Selon des estimations communiquées lors de la cinquième conférence internationale de la nourriture halal, organisée par le HFCE (« Halal food Council of Europe ») en mars à Zaventem, le marché du « halal » pèserait près de 115 milliards d’euros par an dans le monde, avec une croissance annuelle de 10 à 20%.

http://trends.levif.be/

Eïd Moubarak à la communauté musulmane

 

Eïd Moubarak-Rupture de jeûne

Eïd Moubarak-Rupture de jeûne

L’Eïd el-Fitr est une grande fête pour tous les Musulmans. C’est la fin d’un grand chemin spirituel pour toute la communauté. Prières, repas et bonne humeur vont rythmer cette journée.

Les produits halal ont beaucoup de succès

Les Français non-musulmans se mettent à consommer halal. Certains consomment cette viande car elle est moins chère, des bas morceaux, rarement de la viande de qualité. D’autres habitent un quartier à forte concentration musulmane et profitent des commerces halal sans se préoccuper si leur viande est halal ou pas. Pour d’autres encore, la viande halal serait une garantie de qualité.

Si le halal interdit l’utilisation de graisses animales dans les produits de beauté, il ne garantit pas forcément l’absence de conservateurs ou de composants chimiques. Certaines marques misent sur la combinaison des deux labels aussi bien les cosmétiques que dans le secteur alimentaire. La société Malaïka commercialise des petits pots pour bébés à la fois halal et bio.

 

Les non-musulmans se mettent à consommer halal aussi parce qu’ils imaginent que cette filière garantit un contrôle rigoureux, une traçabilité qui assure la transparence. Dans la réalité, c’est souvent faux. En effet, les autorités musulmanes et les entreprises peinent à élaborer une certification autour d’une norme commune et respectée de tous. Même si la définition du halal est plus ou moins acceptée par les différents courants religieux au sein de l’islam, les choses se corsent dès qu’il s’agit de contrôler que les paramètres sont respectés. Et les affaires se multiplient : la marque Herta a suspendu ses knacki halal car des traces de porc avaient été détectées. Même scandale autour des bonbons de la marque Fini.  Doux ne remplissait pas les critères d’abattage alors que les poulets étaient expédiés jusqu’en Arabie Saoudite.

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Une société de cosmétiques « halal » à Reims

Jamal veut dire beauté en arabe. Sandrine Jathet et sa mère, Chantal, en ont fait une marque commerciale qui n’est pas passée inaperçue à Innovact. C’est un nom auquel il faudra s’habituer à Reims, puisque Jamal ne va pas tarder à s’installer dans des locaux de la pépinière Farman, à Reims. « C’est une holding coiffant nos deux sociétés parisiennes Candea et CBFP, qui va venir à Reims. Nous y avons reçu un excellent accueil dès notre première participation à Innovact en 2010, avec le Technopole de Reims » explique Chantal Jathet.

Jamal, c’est une gamme de dix produits cosmétiques halal, qui ne contiennent pas, en l’occurrence, de graisses animales. Ces crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants et autres soins de la peau ont été certifiées par la Grande mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin. « Il a vérifié les formules. » Seul parfum autorisé, le chèvrefeuille qui est anallergique.
Ces produits fabriqués à Montpellier sont déjà diffusés à partir d’un site marchand. Après quelques pharmacies, ils auront demain leur place dans certaines parfumeries sélectives espère Chantal Dathet, qui mise également beaucoup sur de la vente à domicile. « Il faut créer un climat de confiance, pénétrer les communautés musulmanes où les soins corporels sont très associés à l’esprit de purification. »

Cosmétique ethnique
La créatrice de Jamal réfute tout esprit de communautarisme. « Des Occidentales se sont ruées sur un stand que nous tenions à Paris La Défense, car nos produits sont très sécurisants. Les certifications que nous imposons à leur élaboration sont encore plus contraignantes que pour les produits bio. »
Chantal Jathet fait également la promotion de la cosmétique dite ethnique naturelle. Ce sont des produits cosmétiques qui aident la peau à se régénérer pour des femmes de couleur utilisant des produits éclaircissants. « Il existe dans ce domaine beaucoup de produits qui se vendent sous le manteau. Nous voulons travailler dans ce domaine avec des laboratoires de R & D, pour devenir centre d’expertise. »

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