Archive for the ‘Culture’ Category

L’islam au quotidien sur Internet

Le site « Islam questions réponses » aide les pratiquants à vivre selon les préceptes du Coran

par Christelle Gerand

Le site Islam questions réponses élucide les interrogations des musulmans sur leur quotidien. Foi, famille, éducation, il aborde sans tabou de nombreuses questions, posées par les internautes. Cheikh Muhammed Salih Al-Munajjid y répond en se basant sur le Coran et la Sunna.

« Puis-je étudier dans une université catholique » ? « Existe-t-il des animaux marins qu’il n’est pas permis de consommer » ? « Quand doit-on apprendre à son enfant à se raser le pubis ? ». Le site Islam questions réponses propose des réponses à des interrogations aussi diverses que celles-ci. Les explications détaillées, basées sur le Coran et la Sunna, sont approuvées par un auteur et conférencier spécialiste de l’islam, Cheikh Muhammed Salih Al-Munajjid. Le site, aux réponses très claires, est destiné aux musulmans pratiquants, bien sûr, mais également aux personnes qui désirent apprendre l’islam, et aux non-musulmans qui voudraient savoir ce que suggère le Coran face à certaines situations.

Les questions sont classées par thèmes tels que : éléments constitutifs de la foi, droit de la famille, mœurs, éducation… D’autres sites basés sur le même principe existent, comme Fatawaislam ou Questions-réponses dont l’avantage est de pouvoir écouter les réponses, mais les deux interfaces ne permettent pas de poster de questions. C’est cette possibilité qui fait la richesse du site Islam questions réponses, qui va de questions larges sur les règles de la récitation, du mariage, du repentir par exemple à des interrogations beaucoup plus précises. Au final, il constitue une mine d’informations, que l’on peut rechercher par mots-clés ou par thèmes. Et, le petit plus : le site est disponible en français et en arabe, mais aussi en anglais, turc, chinois, ouïghour, et depuis peu en russe et hindi.

http://www.afrik.com/

Aucun commentaire


Jour de prières de ramadan à la mosquée Ennour de Lomme

 Une centaine de fidèles ont participé à la prière de la nuit à la mosquée de Lomme.
Une centaine de fidèles ont participé à la prière de la nuit à la mosquée de Lomme.

L’appel retentit dans la mosquée Ennour de Lomme. C’est l’heure de la prière de la nuit que l’on nomme Isha. Dans les pays arabes, ce rite de l’Islam se fait à l’extérieur pour prévenir les fidèles. Rue de la Mitterie, il a lieu à l’intérieur. Question de respect pour le quartier et signe d’intégration au mode de vie du pays d’accueil.

PAR CAROLE MOCELLIN

lambersart@lavoixdunord.fr

La mosquée a vu le jour en 1991 sous l’impulsion de l’association islamique d’entraide et de fraternité qui a aménagé un ancien magasin de meubles en lieu de culte. Sur la façade, aucune inscription. « L’islam dans les caves, c’est fini », dit Uhaud Chaïb, le président de l’association. « Nous n’avons rien à cacher, mais indiquer sur la porte qu’il s’agit d’une mosquée ne fait pas partie pour l’instant des priorités ». Soixante à soixante-dix personnes de confession musulmane hommes et femmes la fréquentent quotidiennement et entre deux à trois cents durant le mois sacré du ramadan.

Depuis neuf années qu’il préside au fonctionnement de la mosquée, Uhaud Chaïb préfère s’attarder sur la modernisation apportée au lieu. Une bibliothèque avec des livres qui permettent d’aborder le Coran. La nouvelle moquette de la salle de prières conforme aux consignes de sécurité anti-incendie, les salles de classes pour les jeunes et pour tous ceux qui souhaitent apprendre l’arabe et… le français. Il y a par exemple des dames qui font partie de la première génération d’arrivants en France qui n’ont jamais eu la possibilité d’étudier le français. Ici, elles peuvent le faire.

Mais les activités à la mosquée sont centrées sur la religion, insiste le président. « Ici pas de politique, je n’en veux pas !

» lance-t-il. « Depuis la tragédie du World Trade Center, les musulmans du monde entier sont mal vus. » Une tragédie dont les effets ont été aussi dévastateurs pour les musulmans qui veulent vivre un Islam moderne et intégré dans la société française. Ce qui prend tournure avec par exemple la normalisation du ramadan dans les entreprises notamment dans les secteurs du BTP et de l’automobile… « Les racines nous devons les garder. Mais on vit en France et on remercie la France », appuie Uhaud Chaïb.

Au sein de la mosquée, le personnage de référence est l’imam. Et pour savoir « comment bien se conduire selon les enseignements du Coran », les fidèles peuvent s’en ouvrir à leur « saint homme ». « Dieu nous a donné une religion simple et facile à pratiquer que chacun adapte en fonction de sa vie personnelle et des horaires de travail » précise Uhaud Chaïb.

Outre les cinq prières quotidiennes, Ahmed Ellabbar assure également des conférences sur des thèmes de la vie courante. Celle d’hier soir s’attachait à définir quelle était la meilleure façon de vivre entre gens de différentes cultures. « Avec respect.. » a répondu un fidèle. •

http://www.lavoixdunord.fr/

Aucun commentaire


Le Ramadan : un mois de jeûne et d’entraide

Prière, jeûne et solidarité marquent le Ramadan pour les musulmans de l’agglomération||Imam khalil à Pau depuis dix-huit mois, il souligne l’essor de l’islam en France et Europe.

Télévision : « Qui a peur de l’Islam ? »

Archives J.-F. Frey

Archives J.-F. Frey

Vendredi 10 septembre 2010 à 22 h 45, France 4 diffusera un documentaire intitulé «Qui a peur de l’Islam?», réalisé par le journaliste John Paul Lepers.

Depuis les débats sur l’identité nationale, les minarets ou la burqa, la crainte d’une « islamisation » de la société française trouve un nouvel écho.  En sillonnant le pays à bord de leur camping-car, John Paul Lepers et son équipe ont écouté ceux qui, souvent par ignorance, ont « peur de l’Islam » et interrogé ceux qui ont intérêt à propager ces craintes.

C’est pour explorer une autre démarche que celle de l’exploitation politique ou celle du repli identitaire que le réalisateur a entrepris ce documentaire.

Attachés aux valeurs républicaines de laïcité qui établissent la séparation entre les églises et l’Etat, les reporters interrogent des musulmans mais aussi des chrétiens de tout bord. Agressée par un traditionaliste catholique devant l’église parisienne de Saint Nicolas du Chardonnet, l’équipe est particulièrement bien accueillie chez les musulmans. Au fil de leur enquête, ils constatent que de nombreux musulmans pratiquants commencent à s’organiser et à se replier sur eux-mêmes. Se sentant stigmatisés par les politiques et les médias, ils font le choix de se regrouper en communauté.  Certains, comme le théologien et prédicateur Tarik Ramadan, proposent même de se constituer en « contre-pouvoir ». Un discours qui séduit de plus en plus les jeunes, qui y trouvent une solution à leurs problèmes d’insertion dans une société de plus en plus sclérosée.

Le réalisateur interviewe des esprits éclairés, comme le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Obrou. Un brillant intellectuel français formé chez les fondamentalistes musulmans, mais qui progresse aujourd’hui vers la définition d’un Islam de France. Il ne s’agit pas pour lui de remettre en cause les piliers de l’Islam, mais « d’adapter la maison au climat » de notre pays. Avec lui et d’autres intervenants, John Paul Lepers tente de nous faire comprendre que nous sommes tous, musulmans ou chrétiens, croyants ou non croyants, enfermés dans des craintes et des certitudes.

http://www.lalsace.fr/

Aucun commentaire


Une Web TV lyonnaise pour les musulmans

Par Loïc Blache
GML TV ()

Le 11 août a sonné le début, pour la communauté musulmane, du ramadan de l’année 1431/H. En parallèle, la Grande Mosquée de Lyon a aussi lancé sa Web TV : GML TV, accessible gratuitement sur le net. Désormais, les quelque 200 000 musulmans du Rhône pourront faire partager ces moments de prières via Internet. Une des seules initiatives en Europe.

La Grande Mosquée de Lyon investit le web en vidéo. Depuis le 11 août dernier (début du ramadan), l’établissement religieux a lancé, sur son site internet , la GML TV (pour Grande Mosquée de Lyon TV), accessible gratuitement sur le net. Au programme : les appels à la prière pour la rupture du jeûne pendant le ramadan et les prières du vendredi (13h30-15h). Par la suite, elle diffusera différents événements comme des séminaires ou des conférences. Le premier d’entre eux sera les Journées du patrimoine. Pour un investissement de 5 000 euros, la Web TV se compose, pour le moment, de deux caméras installées dans la salle de prière, d’un caméscope et d’une équipe de quatre jeunes bénévoles. Ces derniers parcourent actuellement les quartiers, marchés et autres lieux de vie pour interroger les croyants sur « le ramadan dans la vie », un programme qui sera prochainement diffusé sur le web.

Salle de prière ()
© Loïc Blache

« Ancrer la religion dans les moyens d’information modernes »

« Le ramadan est un moment où la communauté musulmane a besoin de se conforter dans ses croyances ; c’est un mois de paix et de solidarité , explique Kamel Kabtane, le recteur de la Mosquée. Cela permet aux musulmans d’être dans l’ambiance et d’ancrer la religion dans les moyens d’information modernes. Nous voulons montrer que la Grande Mosquée de Lyon est un lieu de rayonnement.  » Si le recteur admet quelques réticences au départ de la part des moins jeunes, il assure que cela reste « à la marge « .

Mosquée ()
© Loïc Blache

« Avant, nous diffusions des vidéos sur Dailymotion « , se souvient Hacene Taibi, chargé de l’enseignement à la Mosquée. Lui qui gère la Web TV se réjouit de ses premiers chiffres d’audience : 600 connectés quotidiens et jusqu’à 2 600 pour la prière de début du ramadan. Des internautes venus de France, du Maghreb, du Canada et des Etats-Unis. Aujourd’hui, GML TV ne diffuse que de 20h30 à minuit (en dehors de la prière du vendredi et d’éventuels événements). Mais demain, si le succès est au rendez-vous, elle pourrait bien devenir une Web TV en continu.

http://mosquee-lyon.org/?cat=GML-TV

http://www.lyoncapitale.fr/

Aucun commentaire


Oui, ça me fait marrer, et alors ?

La première fois que j’ai vu cette affiche devant moi en passant en voiture, j’ai éclaté de rire.
Le culot chez les gens, ça me plait !
Le lendemain, toujours en voiture, je la montre à ma femme musulmane, elle me dit « ils y vont fort, quand même » (il faut dire qu’entre le con d’ex-mari qui lui faisait porter le voile, et les souchiens convaincus qui ont essayé maintes fois de l’inciter à manger du porc et picoler, elle a parfois du mal à s’affirmer), je lui réponds « franchement, que vois-tu d’exagéré là dedans ? c’est un marketing comme un autre ! et puis ces produits se trouvent depuis des années dans les grandes surfaces, et reconnais que l’air digne du boeuf est sympa; est ce de la provocation, de l’incitation à la haine raciale ? non, juste une pub un peu taquineuse, rien de bien méchant, il n’y a que les imbéciles que ça met hors d’eux, comme si les musulmans allaient prendre le pouvoir par le biais de pubs, et crâmer toutes les églises à la suite de ça ? »
Elle m’a répondu « c’est vrai, tu as raison, et puis la tête du boeuf est sympa, lol ! »
J’ai lu de sombres crétins être horrifiés du rite halal, parce qu’on n’endort pas la bête avant de la saigner, des Brigitte Barjo en puissance, cette grosse vache qui s’asseoit sur le Ramadan.
Elle a raison, avec son gros cul, elle devrait être capable d’exterminer tout les musulmans en s’asseyant dessus !
Qu’ils arrêtent de raconter n’importe quoi, chez nous ce sont les poulets accrochés par les pattes à la chaîne, après s’être bousculés dans 20 cm2 chacun, dans l’obscurité, les moutons ejectés vivants comme des merdes des camions, avec un mépris, une inhumanité… et on leur fait la grâce de les endormir avant de les saigner…. qu’est ce qu’on est bons, qu’est ce qu’on est gentils, et comme nous pouvons nous permettre de nous gargariser de notre humanité !
C’est marrant, ça, les gens, quand le musulman (je pourrai généraliser en disant « celui qui ne vit pas tout à fait comme eux ») se planque comme un rat, ils sont très tolérants, dès qu’il sort un tant soit peu du bois, oula, c’est la panique, on nous parle de refaire les croisades et tout… à mourir de rire.
Ce pays se chie tellement dessus, il est tellement sclérosé qu’il devient complètement parano.
Voila quelques chiffres de l’islam en France :
On est loin de l’invasion, sur 60 millions de français.
le front national lui même estime le chiffre à 8 millions.
On est encore loin des 60 millions.
Quand aux soucheux convertis comme moi, là on se tient les côtes de rire :
« Le nombre de Français convertis est estimé entre 30 000 et 70 000 selon les sources »
De plus : Au moins 2100 mosquées sont dénombrées en France, la plupart du temps un simple garage ou un local, moins de 50 sont des vraies, contre 60000 églises chrétiennes environ, dont 45000 catholiques, et environ 300 synagogues.
C’est sûr, demain on est une république islamique !
Quant à la polémique sur les minarets, ça ne vaut même pas une phrase…
J’entends assez comme ça les cloches d’une religion que je n’ai jamais souhaité embrasser, heureusement mes parents ont eu le mérite de ne pas me l’imposer, mais je fais avec, on est en laïcité, et ça me convient très bien, d’ailleurs.
Mais dans une laïcité honnête, on laisse les religions s’exprimer de la même façon, pas les catholiques qui crient, et les juifs et les musulmans qui chuchotent.
A vouloir faire fermer leurs gueules aux autres, ça crée quelques excités parmi ces autres qui hurlent plus fort que tout le monde.
Ce n’est pas demain la veille que ce pays va se désengluer de ses habitudes colonialistes.
Certains vont me dire « bah va t’installer dans un pays musulman, tu seras bien »
Bah non, désolé, à moins qu’on m’enlève ma nationalité pour défaut de culte (par les temps qui courent, on ne sait jamais), j’aime mon pays, je ne le trahis pas, je suis né français d’une mère française et d’un père naturalisé suite à 5 ans de bons et loyaux services pendant la guerre d’indochine dans la légion étrangère, et je n’ai pas l’intention de prendre un charter, je préfère la classe affaire, pour voyager.
Ici, je parle de ça, c’est chez moi, c’est mon blog, et encore, ce n’est pas souvent, mais dans la vie de tous les jours, je suis discret là dessus, trop compliqué, pas envie de me prendre la tête, c’est peine perdue, on va croire que je mets un sac à patates sur la tête de ma compagne et que je la fais marcher devant moi avec une badine à la main en lui faisant porter toutes les courses…
Pensez donc, un musulman, c’est déjà un fou avec un couteau entre les dents, mais un converti, ça dépasse l’entendement…
http://marre-et-remarre.blogspot.com/

Aucun commentaire


Pub : les marques halal se modernisent

Isla Délice revendique haut et fort sa position de pionnier et de leader du marché, avec des affiches visibles sur 6 000 panneaux dans 150 villes en France.
Isla Délice revendique haut et fort sa position de pionnier et de leader du marché, avec des affiches visibles sur 6 000 panneaux dans 150 villes en France.

Zakia mise sur la télévision, Isla Délice tente de dépoussiérer les codes d’un marché très discret.

Le marché du halal, en France, pèsera bientôt 5 milliards d’euros. L’estimation du cabinet Solis fait réfléchir : 5 milliards, c’est deux fois la ­valeur du marché du bio. Or, il n’est pas une marque de l’agroalimentaire ni une enseigne de la grande distribution qui ne se soient lancées, cette année, dans un battage publicitaire sans précédent sur le bio. Les produits halal, eux, demeurent d’une rare discrétion en communication. Le grand public ignore que les gammes se sont élargies – on trouve désormais de la raclette ou des nems halal – et que ce marché attire désormais les groupes généralistes (Fleury Michon, Herta, Liebig, Maggi…) ou les distributeurs, comme ­Intermarché. La concurrence s’intensifie, aussi les acteurs qui voudront grossir avec ce marché devront-ils nécessairement livrer bataille au niveau marketing et publicitaire. Or, les premiers à prendre position bénéficieront d’un précieux capital que les autres auront du mal à égaler en notoriété.

C’est Zakia Halal qui a lancé l’offensive. Cette marque de Panzani est la première à avoir propulsé son spot sur TF1 et M6. Elle fera des émules. L’alimentaire halal sort des circuits de distribution spécialisés et investit progressivement les grandes surfaces, dont les médias de masse restent le principal levier pour activer les ventes. Le message Zakia se contente toutefois d’aller à l’essentiel : la marque diversifie ses produits, avec des sauces et des plats cuisinés, accessibles dans les rayons de supermarché. La signature, elle, joue sur une rime aussi basique que la promesse : «Zakia Halal, toujours un régal».

Clichés orientalistes

Avec Isla Délice, le marché franchit un cap cette année, en matière d’approche publicitaire. Isla Délice revendique haut et fort sa position de pionnier et de leader du marché. Les affiches, visibles sur 6 000 panneaux dans 150 villes en France, ont montré pendant huit jours un splendide bœuf charolais ou un poulet hiératique, flanqué du slogan «Fièrement halal». «Nous avons délibérément choisi des images très qualitatives dans l’univers de l’agroalimentaire. Nous voulions débarrasser le halal des clichés orientalistes, du type arabesque et danse du ventre, insiste Luc Wise, cofondateur de l’agence Herezie. Les consommateurs musulmans que nous avons testés sont unanimes. Ils aspirent à être enfin représentés comme des consommateurs modernes, qui ­allient le halal à la cuisine thaïlandaise ou aux hamburgers. L’objectif est de faire parler Isla Délice comme la grande marque alimentaire très diversifiée qu’elle est et non comme une marque communautaire.»

Les dépenses consenties par les ménages français dans l’alimentaire halal ont été multipliées par vingt en cinq ans. Un chiffre qui traduit la croissance de l’offre sur ce marché, mais également une demande qui dépasse évidemment le cadre du ramadan.

Or, la communication des marques halal reste cantonnée à cette période. Pour s’imposer face à leurs concurrentes généralistes, elles devront, aussi, parler tout au long de l’année.

http://www.lefigaro.fr/

Aucun commentaire


« Le ramadan permet de se recentrer » – Saint-Herblain

Le ramadan est un des cinq piliers de l'islam. Tous ceux qui le peuvent le font.</P>

Des dizaines de familles herblinoises sont entrées dans le mois du ramadan mercredi 11. Jusqu’aux alentours du 10 septembre, elles jeûneront du lever au coucher du soleil. Quelques explications.

Entretien

Avec Jamal, imam à la mosquée Al Houda de Preux, et Zeinab, organisatrice de cours pour enfants.

À quoi correspond le ramadan ?

C’est l’un des cinq piliers de l’islam, un mois consacré à l’adoration d’Allah par le biais du jeûne. C’est l’expiation des péchés, la préparation au paradis, la bénédiction, etc. Durant cette période définie par le calendrier lunaire, les musulmans ont l’obligation de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des rapports sexuels, du lever au coucher du soleil.

Sur le plan humain, qu’est-ce que cela vous apporte ?

Le ramadan permet de couper la monotonie de la vie. Et puis notre religion tient compte de deux choses : le matériel qui a souvent tendance à prendre le dessus et le spirituel. La philosophie de l’islam, c’est de permettre à un homme de vivre son humanité dans de bonnes conditions en ayant une bonne maîtrise intérieure. De ses passions, de ses pensées. Ça permet de se recentrer. Le ramadan est un geste de fidélité et davantage de croyants sont présents à la mosquée pour les prières.

Le ramadan est aussi un temps de partage…

C’est une période de resserrement des liens. Familiaux d’abord. Et les musulmans doivent redistribuer une partie de leur richesse aux plus démunis. À la mosquée, par exemple, nous récoltons des fonds que nous donnons aux mosquées de la Boissière et de Malakoff. Ça leur permet d’acheter de la nourriture pour la rupture du jeûne offerte aux sans-abri.

Qui fait le ramadan ?

Tous ceux qui le peuvent. Les plus jeunes commencent réellement à l’adolescence. Les vieillards, les femmes enceintes, les malades où ceux qui ne supportent pas la soif, par exemple, sont exemptés. Et si un jour est annulé parce qu’on a bu ou mangé, on le rattrape à la fin du ramadan.

À la fin du jeûne, au moment de l’Aïd el-Fitr, comment vous sentez-vous ?

On se sent fier, c’est une victoire. C’est comme avoir réussi un examen. Ensuite, il faut continuer dans cette pureté, ce bon rapport avec le Créateur.

Mosquée Al Houda et Association musulmane de Saint-Herblain (AMSH), 3-5, impasse Marie-Noël. Tél. : 02 40 92 19 35.

http://www.ouest-france.fr/

Aucun commentaire


Un mois sous le signe du partage et de la spiritualité

Un mois sous le signe du partage et de la spiritualité

Le Ramadan a débuté hier soir à la Réunion. Pour la communauté musulmane de l’île, cette période de jeûne va au-delà de la simple privation physique. Il s’agit de réaffirmer sa foi et surpasser ses mauvais instincts.

Le Ramadan est un moment clé dans l’histoire de tout musulman. Et pour cause,cette période de jeûne constitue l’un des cinq piliers de l’Islam, au même titre que le voyage à la Mecque.
L’apparition de la Lune hier soir a marqué le début d’une période de pénitence, de prière et de partage. Les membres de la communauté musulmane se priveront de nourriture, de boisson, de pratiques sexuelles durant 29 ou 30 jours selon la prochaine apparition de l’astre. Et chaque soir, la communauté se retrouvera autour d’un repas familial, signe d’une pleine harmonie entre les individus.
Du lever au coucher du soleil, les musulmans s’évertueront à offrir le meilleur d’eux mêmes, à développer leurs qualités d’écoute et de partage. A la privation physique s’ajoutera la plénitude de l’esprit au travers des nombreuses prières qui rythmeront les journées. En outre, la communauté musulmane de la Réunion bénéficiera d’un avantage par rapport à la Métropole. Le Ramadan qui aura lieu cette année durant l’hiver austral devrait être moins rigoureux qu’en temps normal où les températures élevées rendent vraiment difficile la période de jeûne.
Dans les écoles coraniques, les jeunes préparent eux aussi le Ramadan. Ces dernières journées de congés scolaires seront dédiées à la récitation du Coran. Les textes du livre sacré déjà bien connus par la jeune génération seront relus à différentes périodes de la journée, comme chaque année.
Le Ramadan est obligatoire dès lors qu’un musulman atteint l’âge de puberté. Si cette période se place sous le signe du sacrifice, c’est bien le premier jour de jeûne qui s’avère le plus difficile à passer selon les membres de la communauté.
A l’issue de ce mois de prière, les musulmans célèbreront la fête de l’Aïd El Kebir (El Séghir, ndlr), qui signifie littéralement « la grande fête » (la petite fête, ndlr).
http://www.linfo.re/

Aucun commentaire


“On peut vraiment parler d’un islam réunionnais”

“On peut vraiment parler d'un islam réunionnais”

“L’histoire montre qu’un modèle ne se transpose jamais. Ce qui est possible, c’est qu’en métropole, on s’inspire de ce qui a été possible à La Réunion et que l’on réfléchisse à ce qui peut être fait”.

Marie-France Mourrégot. En cette semaine de début de ramadan, la parole à une universitaire qui, depuis près de vingt ans, observe et analyse les communautés musulmanes de La Réunion. à travers le regard du chercheur pointe une admiration certaine pour cette harmonie réussie sur un territoire français.

Comment une chercheuse universitaire zoreil en est-elle venue à s’intéresser à l’islam à La Réunion ?

J’avais l’intention de me lancer dans un mémoire de maîtrise d’histoire consacré à la visite de l’émir Abdel-Kader à Paris en 1852, lorsque je suis allée en vacances à La Réunion chez un ami d’enfance. Nous étions au début des années 1990 et la métropole était régulièrement secouée par des “affaires” de musulmans : construction de mosquées qui posaient problème, filles exclues de leur collège parce qu’elles portaient un foulard en classe… Bref, je me suis rendue compte qu’à La Réunion, les choses se vivaient naturellement, sans poser de problèmes. J’ai donc décidé de laisser l’Emir Abdel-Kader reposer en paix et changé l’orientation de mes recherches pour m’intéresser à une communauté vivante qui semblait en harmonie avec la société dans laquelle elle était installée. J’ai consacré beaucoup de temps à la recherche de terrain effectuée au cours de nombreux voyages à La Réunion entre 1993 et 2008.

Vous parlez de “visibilité tranquille” de l’islam à la Réunion. Pourquoi ?

J’ai choisi ces termes par comparaison avec la situation de métropole, où construire une mosquée, obtenir un cimetière privé, ouvrir une école coranique, porter un hijab en classe était une source infinie de problèmes, exacerbés par les enjeux électoraux. Il est beaucoup plus facile de pratiquer sa religion pour un musulman à La Réunion. Il a “à sa portée” toutes les institutions, les infrastructures requises par la loi islamique pour l’accomplissement des rites. Les Réunionnais non-musulmans sont habitués à l’appel à la prière par haut-parleur, aux costumes islamiques dans les rues… Les minarets font depuis longtemps partie du paysage. Tous les symboles islamiques font désormais partie du patrimoine culturel réunionnais.

Peut-on véritablement parler d’un “islam réunionnais” ?

Oui. Bien sûr, le Coran et la Tradition du Prophète sont, sous toutes les latitudes, les fondements immuables de la loi islamique, mais la manière de pratiquer l’islam varie en fonction des pays, des sociétés. A La Réunion, les musulmans sunnites, d’origine indienne, se reconnaissent dans un islam turco-persan, et non pas dans un islam arabe. Ils ont des oulémas dont le Centre de légitimité se trouve en Inde, à Déoband, et qui professe un hanafisme strict. En ce sens, l’islam pratiqué à La Réunion est plus proche de celui qui est pratiqué en Afrique du Sud et à Maurice qu’en métropole. Les Gujaratis musulmans qui émigraient ont choisi La Réunion comme patrie. C’est là qu’ils ont voulu élever leurs enfants, où sont enterrés leurs parents, où ils ont leurs intérêts économiques et financiers. Ils ont voulu devenir Français choisissant de ce fait d’être régis par les lois de la République française et non pas par la Charia – la loi islamique – qui reste dans la sphère privée. L’islam réunionnais est un islam “ouvert”, modéré. Chacun peut pratiquer ou pas, observer les règles religieuses ou pas ; le croyant musulman est libre de mener sa vie à sa guise sans encourir de châtiment. Seul son Créateur appréciera ses actions au jour du Jugement. Cet islam “ouvert” dialogue avec les autres religions : le Groupe de dialogue interreligieux est particulièrement présent sur la scène réunionnaise et son président est un Indo-musulman.

Existe-t-il pour autant une “face cachée” de la pratique réunionnaise, moins ouverte, moins modérée ?

Je ne vois pas de “face cachée” de l’islam à La Réunion. Chez vous, tout est sous contrôle. Il existe un mouvement pour la propagation de la foi qui s’emploie à faire des musulmans de meilleurs musulmans, qui donnent une part importante de leur vie à “sortir sur le sentier de Dieu” pour aller, à La Réunion, dans les îles de l’océan Indien, etc., à la rencontre des musulmans et les inviter à calquer leur comportement sur celui du Prophète et de ses compagnons. Ce mouvement entraîne ses adeptes dans ce qui apparaît à certains autres musulmans, et aux non-musulmans, comme un repli, un enfermement. Apprécier leur nombre est impossible. Certains sont des piliers du mouvement de prédication, d’autres en font partie un temps ou de manière occasionnelle. Il ne s’agit pas d’un mouvement propre à La Réunion, il s’agit d’un mouvement transnational, la Tablighi-Jamaat, (mot ourdou pour « groupe de prédication »), né en Inde dans les années 1920 et arrivé à La Réunion en 1956. En tout état de cause, aucun de ces “missionnaires” ne songe à remettre en cause les institutions de la République : tous savent que dans aucun pays musulman, ils ne bénéficieraient des conditions de vie, de la liberté qu’ils ont à La Réunion.

Les Zarabs et les Karanes, venus de Madagascar, semblent parfaitement intégrés dans la société réunionnaise. En revanche, la place d’autres musulmans, comme les Comoriens et Mahorais n’est pas si simple. Existe-t-il des frictions, des inquiétudes quant à leur intégration “religieuse” ?

Les Karanes, qui sont des chiites, appartiennent à trois obédiences dont chacune a ses spécificités. Comme vous le savez, les Karanes ont trouvé leurs marques dans le département et appartiennent au monde socialement privilégié. A La Réunion, il n’existe aucun problème entre chiites et sunnites. Les Comoriens et Mahorais sont des musulmans sunnites comme les Indo-musulmans, ils appartiennent à une école juridique différente de ceux-ci, mais le rituel shaféite ne diffère du rituel hanafite que sur des points de détail. Ils peuvent donc prier ensemble, dans les mêmes lieux de culte. Cependant, Comoriens et Mahorais sont attachés à des pratiques étrangères aux Indo-musulmans, en particulier la célébration avec faste de l’anniversaire de la naissance du Prophète. Ils ont à cœur d’avoir leurs propres structures où ils peuvent se réunir et vivre leur foi selon leurs propres traditions (il existe une mosquée comorienne au Port). Il n’existe pas pour autant d’inquiétudes quant à leur intégration religieuse. Comoriens et Mahorais sont partie prenante de la communauté musulmane, ils ont participé à la création et à la mise en place du Conseil régional de culte musulman voulu par l’Etat. Il leur est demandé de se conformer aux règles en vigueur dans les institutions religieuses créées et gérées par les Indo-musulmans et de pratiquer leurs particularismes culturels, dans d’autres lieux.

Le terme zarab a-t-il toujours été assumé par les musulmans ?

Il a été employé par les Créoles lors de l’immigration gujaratie parce qu’à cette époque, tout ce qui avait un rapport avec l’islam était forcément “arabe”. On ne savait pas que la majorité des musulmans dans le monde n’est pas arabe et qu’en particulier, ceux qui vivent dans le sous-continent forment la plus grande masse musulmane du monde. Les Indo-musulmans réunionnais se sont habitués à cette appellation. Un Zarab est dans l’imaginaire collectif quelqu’un qui a de l’argent, quelqu’un qui a un magasin ! C’était vrai dans le passé mais, il y a des années que les choses ne sont plus celles-là. Les Gujaratis se sont installés à La Réunion dans la seconde moitié du XIXe siècle, disons à partir des années 1860. Ils ont ouvert des bazars où l’on trouvait tout mais principalement, des grains et des tissus. C’est après la départementalisation, dans les années 1950, qu’ils ont permis aux Réunionnais d’acheter près de chez eux des vêtements en prêt-à-porter qu’on appelait le “décrochez-moi-ça” et des meubles, d’abord des meubles “péi” fabriqués principalement à la Rivière Saint-Louis, puis des meubles importés.

En métropole, les musulmans font globalement partie des classes sociales les plus défavorisées, alors qu’ici, les Zarabs font partie des catégories plutôt à l’abri du besoin. C’est ce qui change tout ?

Effectivement. Les Zarabes ont une surface financière qui leur permet de peser sur les décisions politiques et économiques. Leur détermination à investir une grande partie de leurs bénéfices commerciaux dans les structures religieuses dont ils avaient besoin pour accomplir leurs pratiques religieuses a été totale dès les années 1890. Ils n’ont eu besoin d’aucun bailleur de fonds extérieur. De ce fait, ils sont maîtres de leurs choix et n’obéissent à aucune consigne, comme c’est le cas pour les musulmans de métropole qui récoltent des fonds au Maghreb ou dans les pays du Golfe et qui doivent, ensuite se conformer à des directives venues des généreux donateurs. Le problème en métropole, c’est que les musulmans sont “pluriels”, ils sont Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Africains, musulmans du sous-continent… Bref, toute une constellation d’origines d’où les enjeux de pouvoirs et les querelles intestines qui n’ont pas de raison d’être à La Réunion. Certes, l’homogénéité d’origine ne règle pas tout. Il existe parfois des dissensions, des sujets de controverse, mais tout se règle “entre soi”, sur un consensus.

Le modèle réunionnais est-il transposable en métropole ?

Sans doute pas. L’histoire montre qu’un modèle ne se transpose jamais. La Réunion est une terre d’immigration, elle s’est construite avec les apports culturels des uns et des autres. Les musulmans y ont bénéficié d’atouts exceptionnels. Ce qui est possible, c’est qu’en métropole, on s’inspire de ce qui a été possible à La Réunion et que l’on réfléchisse à ce qui peut être fait. Les musulmans de métropole pourraient aussi s’inspirer de la remarquable organisation des comités de gestion mis en place par les Gujaratis et créer des associations sur le modèle des Volontaires d’entraide musulmane (VEM) dont les services auprès des familles sont exemplaires.

Entretien : David Chassagne

http://www.clicanoo.re/

Aucun commentaire



SetPageWidth