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Marseille : les musulmans font un état des lieux de l’islamophobie

« Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue

Le Collectif contre l'islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

Photo LP
Le Collectif contre l’islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

L’islamophobie gagne du terrain et prend un tour inquiétant, selon les participants de la 11e rencontre annuelle des musulmans du Sud, organisée hier au Parc Chanot de Marseille par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du Religieux.
Selon lui, « nous sommes dans une situation comparable aux années 1930″ avec des musulmans « pris en étau » entre progressistes et traditionalistes. « L’Europe est sur le déclin, explique le sociologue, elle n’est plus le centre du monde. On ne peut pas en vouloir à la Chine, l’Inde, le Brésil ou au capitalisme mondialisé, alors il faut personnaliser la cause. Et les musulmans sont là pour personnaliser la cause ». Une « laïcité en état de siège » conduirait à des « mesures d’exception »comme l’interdiction faite aux mères portant un voile simple d’accompagner les sorties scolaires ou visant les nounous à domicile.

Porte-parole du collectif contre l’islamophobie, Marwan Muhammad a recensé en 2012 469 actes reposant sur la discrimination. Il distingue une « islamophobie de droite bâtie autour de l’identité, de l’assimilation pour laquelle le musulman est désigné comme une menace » d’une « islamophobie de gauche plus pernicieuse car construite autour de valeurs ayant une connotation positive comme la liberté des femmes, la liberté d’expression, la laïcité ». L’islamophobie, selon le collectif,« instrumentalise les valeurs de gauche pour rendre le racisme acceptable. Ce n’est plus : « Sale Arabe, rentre chez toi ! » C’est désormais : « Il convient de réaffirmer la laïcité avec force ! »

« Bons citoyens

La loi de mars 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics entre, selon Raphaël Liogier, pour la première fois en « contradiction avec les droits de l’homme » mais, explique-t-il, son respect montre que « les musulmans sont de bons citoyens car ils obéissent à une loi qui leur était défavorable ».
ontre annuelle s’est questionnée sur « un manque de communication des musulmans » qui représentent 10 % de la société française. S’interrogeant sur leur part de responsabilité dans l’islamophobie, Rachid Lamaarti, administrateur de l’UOIF, a appelé les musulmans à « vivre à l’intérieur de notre société. C’est bien d’écouter Al Djazira mais c’est ici que ça se passe. Nous avons la place que nous méritons. »
Il a souhaité le développement de médias musulmans et invité à « quitter des espaces sécurisés dont on a du mal à sortir par peur d’une perte identitaire pour vivre, de manière plurielle, avec la société à laquelle nous appartenons ». L’opposition au mariage pour tous aura fourni l’occasion d’un tel décloisonnement.

Luc Leroux

 http://www.laprovence.com/

Allemagne : les jours fériés musulmans reconnus à Brême

brême

La ville-Etat de Brême a annoncé, vendredi 30 novembre, qu’elle allait devenir le deuxième Etat régional allemand à reconnaître les fêtes religieuses musulmanes, après Hambourg, qui avait signé un contrat en ce sens avec les représentants de la communauté musulmane en novembre.

« Je suis heureux (que nous nous soyons mis d’accord), car les musulmans font partie intégrante de notre ville et de notre vie », a déclaré le maire de Brême, Jens Böhrnsen.

Le contrat prévoit notamment que les salariés musulmans auront le droit de prendre des jours de repos non-payés à l’occasion des principales fêtes musulmanes.

Il doit toutefois encore être ratifié par le « Sénat », qui représente l’échelon régional, et par l’autorité municipale. A Hambourg, également une ville-Etat, le contrat a déjà été approuvée par le Sénat. Il doit encore recevoir l’aval des autorités municipales hambourgeoises avant d’entrer formellement en vigueur.

http://www.algerie-focus.com/

Des musulmans sauvent une synagogue en Grande-Bretagne

 

A Bradford, une ville située en Angleterre, une petite communauté juive de trente personnes a vu sa synagogue sauvée par des musulmans de la même ville. Construite en 1880, l’édifice religieux, remarquable de par son architecture mauresque et victorienne, était sujet à l’érosion et menacé de fermeture. Face à cette situation, les représentants de la communauté musulmane se sont mobilisés avec les autorités de la ville afin d’organiser une levée de fonds pour s’assurer que ce lieu de prière en péril reste «un espace sacré pour les générations futures». En recueillant 2.000 livres sterling (environ 2.400 euros), les musulmans ont ainsi permis de sauver la synagogue.

http://www.zamanfrance.fr/

Canular concernant la communauté musulmane de Rimouski

La Ville de Rimouski tient une fois de plus à rétablir les faits tout en dénonçant le caractère raciste et le contenu alarmiste d’un courriel circulant sur Internet depuis quelques années, dont les données et informations sont fausses.

Le canular diffusé par courriel prétend qu’il y a une « invasion de musulmans à Rimouski » et qu’une rue de la ville a été nommée « en l’honneur d’un de leur grand prêtre ».

Les données présentées dans ce canular sont fausses et revêtent un caractère totalement absurde. En réalité, les immigrants nés à l’étranger représentent moins de 2 % de la population de Rimouski et sont majoritairement originaires de France. Environ 125 personnes, sur plus de 47 000 habitants, sont de religion musulmane, soit moins de 0,3 % de la population rimouskoise.

La Ville de Rimouski reconnaît l’apport de ces personnes à l’économie locale, de même qu’à la culture et au savoir rimouskois.

Quant à la rue Mohammed-El-Sabh, elle fut nommée ainsi à la demande de la Ville de Rimouski, en mémoire d’un illustre scientifique du domaine océanographique, spécialisé dans la gestion des catastrophes naturelles. Monsieur El-Sabh (1940-1999), né en Égypte, est arrivé à Rimouski en 1972. Selon le maire de Rimouski, M. Éric Forest, ce courriel est une injure à la mémoire de ce « grand scientifique qui a contribué à consolider l’Institut national de recherche scientifique (INRS) en océanographie et l’UQAR (Université du Québec à Rimouski) », deux institutions majeures de la ville.

La Ville de Rimouski demande aux personnes recevant ce courriel de le détruire immédiatement pour que cesse enfin cette campagne de salissage.

http://www.lavantage.qc.ca/

Prêtre agressé à Avignon : les musulmans soutiennent le père Grégoire

Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans
Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans (KATHY HANIN)

Lundi, ce prête de la communauté Saint-Jean a été passé à tabac. Jeudi, ils ont ensemble dénoncé le silence des élus, interpellé le maire et mis en garde contre les amalgames hatifs.

« Je n’ai reçu aucun soutien des élus locaux. Pas un mail, pas un texto, pas un coup de fil, se désole le père Grégoire, violemment agressé lundi soir, dans le quartier Saint-Ruf, pour s’être défendu alors qu’on lui volait son portable. Seuls les députés Jacques Bompard et Marion Maréchal-Le Pen m’ont envoyé un mail… »

« Ce silence nous blesse, nous sommes à 500 mètres de la mairie de quartier, personne n’est venu », renchérit le père Marie-Christophe, responsable de la communauté de Saint-Jean. La communauté musulmane d’Avignon aussi a été choquée par cette absence de réaction officielle. Alors, elle a spontanément apporté son soutien au prêtre jeudi et avait tenu à le faire savoir dans le hall de la mairie, place de l’Horloge.

« Toucher à un homme d’église et de paix, c’est intolérable, on a franchi un cap. Une société sans foi ni loi, c’est la porte ouverte à l’anarchie. Mais après le désordre risque de venir un grand ordre », s’alarme Abderrahmane Bouaffad, porte-parole de la communauté des musulmans du Grand Avignon, faisant allusion aux tentations extrémistes facilement ravivées par ce genre d’agression.

Un appel au ministre de l’intérieur

Khalid Belkhadir, président du conseil régional du culte musulman avait tenu à venir de Marseille « pour soutenir notre frère agressé par des voyous, pas par des musulmans. Nous devons réfléchir au bien-vivre ensemble pour éviter les amalgames faciles. » « La démission des élus a entraîné la création de ghettos, la marginalisation des jeunes, l’insécurité ambiante, on appelle le ministre de l’Intérieur, qui est aussi celui des cultes, à venir nous rencontrer tous ensemble à Avignon », lance Abderrahmane Bouaffad qui suggère d’aller jusqu’au bureau du maire.

Les frères rackettés

Pas la peine. « Le Bon Dieu fait bien les choses », voilà Marie-Josée Roig qui traverse le hall et se retrouve bientôt interpellée par le petit groupe. « Je rentre juste de Paris, s’excuse l’élue qui assure avoir contacté l’évêque dès qu’elle a appris la nouvelle. Pour le père Grégoire, cette agression doit servir à aider les autres, « tous ceux qui se font attaquer et dont on n’entend pas la voix. » « Je suis d’accord, j’irai dans votre paroisse », promet le maire avant de s’éclipser.  »Elle nous a joué un morceau de flûte », réagit, désabusé, le père Marie-Christophe dont la paroisse est régulièrement la cible des petits malfrats. Régulièrement, le tronc de l’église est pillé,scooters et ordinateurs sont volés. « Le Jeudi saint, des jeunes en planque m’ont dit : “Si tu ne veux pas être volé, tu paye”. On ne supporte plus ce racket permanent. »

Une marche inter-religieuse

Un portable volé, c’est tragiquement la banalité quotidienne de la petite délinquance opportuniste. « Il faut que les élus réfléchissent à l’irrespect, la violence, l’éducation, à la zone de non-droit, qui se développent », lancent les hommes de foi. Eux, imaginent une marche inter-religieuse pour la paix par exemple. « Il faut sacraliser le vivre ensemble, dit Abderrahmane Bouaffad. À la mosquée ou à l’église, nous sommes avec nos frères en religion, mais dans la rue, nous sommes tous avec nos frères et sœurs en humanité. » Certains le savent déjà qui, non croyant et n’habitant même pas Avignon, ont spontanément contacté le père Grégoire pour lui donner un téléphone, de l’argent pour un nouveau forfait. Un petit geste de solidarité pour croire encore en l’homme.

http://www.midilibre.fr/

Liberté totale pour les profs d’islam

© REPORTERS

À l’école, le port du voile ne peut leur être limité aux cours de religion islamique donnés en classe

BRUXELLES Les établissements scolaires ne peuvent obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant leurs cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement (comme dans les couloirs, les réfectoires, les salles de réunion, les cours de récréation).

Et Grâce-Hollogne, qui pratiquait cette règle dans ses établissements, est condamnée à modifier son règlement d’ordre intérieur : le Conseil d’État l’oblige à retirer la disposition qui, depuis 2011, n’autorisait aux enseignantes d’islam de porter le voile que dans leur classe et pendant leurs cours, et pas ailleurs à l’école.

L’arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est définitif.

Pouvoir organisateur, Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves : “Le voile islamique est un symbole religieux visible et fort, incompatible avec le devoir de neutralité.”

Selon le Conseil d’État , les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues.

Dans l’arrêt que la DH a pu lire, le Conseil d’État établit au contraire que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”.

Pour l’enseignante voilée qui a le soutien du Mrax, c’est l’aboutissement d’un combat de deux ans et demi qui lui coûta notamment de ne pas être renouvelée. Elle a d’ailleurs introduit un recours contre Grâce-Hollogne, qu’elle a toutes les chances de gagner.

Elle raconte que la commune lui a même envoyé la police pour lui interdire l’accès à l’école à moins d’ôter le voile et le remettre en classe. Elle n’a pas cédé. Elle ajoute avoir essuyé des observations “agressives et humiliantes ” de sa directrice : “Et en plus, tu es têtue. Je me demande ce qu’on me dirait si je faisais ça dans ton pays d’origine.”

La commune ne voyait aucun obstacle à l’autoriser à “exposer ce signe d’appartenance à la religion qu’elle enseigne aux élèves ayant fait le choix de cet enseignement” . Mais “les professeurs disposant d’une autorité sur les élèves voire d’une influence sur eux” , Grâce-Hollogne maintenait qu’il “n’est pas opportun, aux fins de respecter la liberté de conscience des autres élèves, qu’un professeur de cours philosophiques soit autorisé à déambuler dans l’établissement en portant un tel signe ostensible risquant d’influencer des élèves qui n’ont pas fait ce choix.”

Le Conseil d’État constate que le décret neutralité du 17 décembre 2003 impose certes aux enseignants “d’adopter une attitude réservée traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser , s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit” .

En revanche, “rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire” .

Plus fort, le conseil d’État cite Xavier Delgrange pour qui “l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir de neutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable”.

Prof aux Facultés Saint-Louis, Xavier Delgrange est 1er auditeur chef de section au Conseil d’État.

Gilbert Dupont

http://www.dhnet.be/

Belgique : les professeurs enseignant l’islam désormais autorisées à garder leur hijab à l’école publique

Par Abdou Semmar
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Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait.

Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait. Après un combat juridique intense, le Conseil d’Etat belge a estimé que les professeurs de religion n’étaient pas tenus au devoir de neutralité. Selon le site belge La dernière heure, la commune de Grâce-Hollogne avait adopté un règlement d’ordre intérieur qui imposait aux professeur de religion la neutralité religieuse en dehors de leur classe. En d’autres termes, une professeur voilée enseignant l’islam était autorisée à porter le hijab au sein de sa classe durant ses cours mais devait le retirer dans les couloirs de l’établissement, à la cantine…et partout ailleurs au sein de l’établissement.

L’arrêt du Conseil d’Etat a contraint la commune de Grâce-Hollogne a revoir sa copie. Il estime que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”. L’enseignante à l’origine de cette affaire raconte que l’établissement où elle travaillait est allé jusqu’à appeler la police pour lui interdire l’accès à l’école, un épisode qui ne devrait pas se reproduire puisque la décision du Conseil d’Etat est définitive et devrait s’étendre à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

http://www.algerie-focus.com/

L’islamophobie en forte hausse depuis le début de l’année

Par LEXPRESS.fr

Selon le Conseil français du culte musulman, 50 actes anti-musulmans ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie au premier trimestre 2012. C’est 25% de plus que l’an dernier à la même période.

L'islamophobie en forte hausse depuis le début de l'année

Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, sont repartis à la hausse

afp.com/Gerard Julien

 

Une hausse inquiétante. Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, ont augmenté au premier trimestre de 2013, a noté le Conseil français du culte musulman (CFCM). « Ce sont 50 actes anti-musulmans qui ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie pour le 1er trimestre 2013, contre 40 pour la même période en 2012, soit 25% d’augmentation », selon un bilan de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Dans un précédent bilan, cet organisme qui dépend du CFCM avait enregistré quinze actes anti-musulmans en novembre 2012 et onze le mois suivant. Au total, 201 actes anti-musulmans (53 actions et 148 menaces) ont été enregistrés en 2012 (155 en 2011), soit une hausse de 28 %. Entre 2011 et 2010 la hausse était de 34 %.

La « cyberhaine » pointée du doigt

« La montée d’un certain radicalisme islamique qui nuit d’abord aux citoyens français de confession musulmane » mais aussi « la promotion de discours franchement populistes de certains leaders d’opinion », sont notamment à l’origine des actes islamophobes, analyse le président de l’Observatoire, Abdallah Zekri, qui note une « forte hausse de la cyberhaine ».

« La cyberhaine, notamment via les courriels en chaîne, est à l’origine d’une propagation de mensonges envers les musulmans et l’Islam », dénonce-t-il en remarquant que « dans un grand nombre de ces courriels, l’Islam est associé exclusivement au terrorisme, à l’extrémisme et à une menace pour d’autres cultures ». Abdallah Zekri appelle une nouvelle fois le président François Hollande à « déclarer la lutte contre l’islamophobie cause nationale, comme il l’a fait pour la lutte contre l’antisémitisme ».

http://www.lexpress.fr/

 

Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif

halal verif certificateur halal

L’union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a annoncé avoir créé une nouvelle certification baptisée Halal Verif.
Lancé le 2 mars lors d’un congrès sur l’électronarcose à Montreuil, ce certificateur halal va venir s’ajouter à la déjà longue liste de certificateurs halal en france.
Le secrétaire général d’UAM 93, M’Hammed Henniche, explique que Halal Verif  « est né de la volonté de l’UAM 93 de s’intéresser plus sérieusement à la problématique du halal en France » et de lutter contre « le faux halal, les certifications de complaisance et le mépris du consommateur musulman. »
Si le certificateur ne certifie pour l’instant aucun produit halal, la ligne de conduite est déjà claire : « Nous ne voulons pas que cet organisme soit soumis à la loi du marché ou aux avis des uns ou des autres mais qu’il soit endossé à un organisme de savants-experts en halal qui lui fixe une ligne de conduite »
Et vous, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que la multiplication des certificateurs soit une bonne chose pour le halal en France ?
http://alimentation.al-manakh.com

Chasse au voile : une entreprise de purification nationale

Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS

Cela fait plusieurs décennies que la France est engagée dans une chasse aux sorcières qui se fait chaque jour plus insidieuse, plus implacable.

Le récent scandale provoqué par l’arrêt de la Cour de cassation, dans le litige qui oppose à son employeur une femme licenciée d’une crèche pour avoir refusé d’enlever son voile, n’en est que le dernier rebondissement.

Comme dans chacun des épisodes précédents, la réaction dans les médias est quasi unanime et présente la laïcité comme une citadelle assiégée par l’islam.

L’ex-présidente de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), Jeannette Bougrab, estime que « la dernière digue a cédé » et que la république est menacée.

Un groupe d’intellectuels réclame déjà à cor et à cri un aménagement du droit pour étendre la laïcité au secteur privé (sic) et interdire aux femmes dites voilées l’accès aux professions de la petite enfance. Comme en écho, le Défenseur des droits réclame une « clarification » de la loi et le gouvernement s’est dores et déjà dit prêt à en examiner l’opportunité. Une loi de plus sur le voile ?


Une femme voilée à Vénissieux, en 2009 (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP)

Des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires

L’acharnement dans la traque du voile ressemble au jeu cruel d’un enfant qui arrache une à une les ailes d’une mouche. Après que l’on eut exclu des jeunes filles des collèges publics et incité – au nom de la laïcité et du refus du communautarisme – à les enfermer dans des écoles musulmanes, des mères ont été interdites d’accompagnement des sorties scolaires, puis décrétées indésirables à la porte des écoles.

Le foulard a été proscrit des photos des pièces d’identité, signe s’il en est de l’appartenance nationale. Ecoles, crèches, hôpitaux, police, administrations, services parapublics doivent être purgés de leurs femmes voilées et le secteur privé emboîte le pas.

Ces femmes voilées devraient disparaître de la vue du public, et particulièrement des jeunes enfants, comme si elles constituaient une intolérable obscénité. Les universités ne sont pas en reste, qui déjà sont tentées de faire enlever leur foulard aux étudiantes.

La burqa a été bannie de l’espace public au terme d’un gigantesque emballement médiatico-politique pour quelques centaines de cas recensés : une unanimité facilement acquise derrière un gouvernement engagé dans la promotion de l’identité nationale.

Une chanteuse (Diams) a été traînée dans la boue par la presse pour avoir discrètement posé un bonnet sous sa capuche de rappeuse, et les dénigrements les plus virulents émanaient d’une secrétaire d’Etat l’accusantd’être « un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires ».

Une militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a subi la même campagne houleuse qui a tenté de l’empêcher de présenter sa candidature à des élections… La liste continue à s’allonger des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires – droit à la scolarisation, droit au travail, droit d’accompagner leurs enfants à l’école, éligibilité – pour une pièce de tissu recouvrant leurs cheveux.

Derrière le voile, une religion : l’islam

Derrière le voile, une religion : l’islam. La laïcité ne serait plus la séparation de l’Etat et de la religion, elle ne serait plus la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, ni ce principe visant à garantir le droit de pratiquer le culte de son choix et le droit d’exprimer librement ses convictions.

Dans son nouvel habillage, la laïcité devrait extirper toute manifestation de la religion (c’est-à-dire de l’islam) d’une sphère publique qui s’avère à géométrie variable, puisqu’il s’agirait non plus seulement de l’extirper de l’Etat, mais de l’espace public (pourtant lieu par excellence de l’expression de la liberté d’expression) et désormais du secteur privé.

Le droit ne le permet pas ? Il n’y a qu’à le détourner. « Aux élus de nous sortir de la confusion » dit l’appel « pour une loi sur les signes religieux ». « Notre loi doit impérativement être modifiée […] nous en appelons au législateur. »

Par petites touches, en prenant le prétexte des signes religieux, qui fait illusion malgré son caractère ouvertement fallacieux, une législation dérogatoire pour l’islam se fabrique, comme au temps des colonies, lorsqu’il fallait surseoir au principe fondateur du droit français depuis l’abolition des privilèges en 1789 – l’égalité de tous devant la loi – pour doter les « indigènes » d’un statut particulier.

L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une république laïque

Faut-il rappeler que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’est jamais appliquée dans les trois départements de l’Algérie « française » et que la « république laïque » a substitué à la catégorie « indigène » celle de Français musulman d’Algérie (FMA) pour restreindre les droits de ceux qu’elle désignait ainsi jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie et au-delà ?

Cette histoire n’est pas si ancienne. C’était alors la République qui imposait une censure sévère sur toute expression critique de sa politique coloniale. Alors que la question du foulard n’en finit pas de rebondir pour servir de prétexte à de continuelles restrictions de l’expression de l’islam dans la société française, c’est l’islam qui est très directement accusé de constituer une menace pour la liberté d’expression.

Une telle rhétorique fondée sur l’inversion fantasmatique des rapports réels est une caractéristique récurrente des politiques d’oppression. L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une République laïque était il y a trente ans portée, au mieux, par quelques dizaines d’intellectuels qui s’exprimaient constamment dans les médias. Ils partageaient en cela parfaitement les idéaux des mouvements intégristes qui prenaient de l’ampleur dans le monde à la même période.

L’idée a gagné les médias

C’est une idée qui a largement gagné les médias, et ceux-ci multiplient les sondages visant à montrer qu’elle est désormais répandue dans les deux tiers, voire les trois quarts de la population française. Depuis trente ans cependant, toutes les études sérieuses ont montré que les musulmans en France ne se distinguaient pas par leurs opinions des autres citoyens et adhéraient en particulier massivement au principe d’un Etat laïc.

N’est-ce pas la « République », par la voix de ceux qui s’en revendiquent les défenseurs, qui proclame son incompatibilité avec l’islam, avançant chaque jour d’un cran dans la violence verbale et symbolique, exigeant sans cesse de nouveaux dispositifs juridiques ? Que l’islam soit une menace pour la France était jadis l’un des slogans du Front national. Ce temps semble déjà très loin.

Des intellectuels ont depuis largement pris le relais pour accréditer cette idée, avec une efficacité bien plus redoutable, et une agressivité qui ne cesse de s’amplifier.

Sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes

Certains de ses mouvements, de ses courants et de ses figures intellectuelles tentent de faire du féminisme un appareil idéologique d’Etat, pièce maîtresse de l’idéologie de l’identité nationale qui s’érige sur le culte de la république et le rejet symétrique de l’islam. La sacralisation de la laïcité et sa production en slogan politique déconnecté de ses ancrages juridiques historiques est le dispositif central de cette collusion.

Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

Le féminisme des années 70 se donnait comme objectif d’émanciper les femmes, toutes les femmes. Ce n’est plus le cas de certains courants du féminisme contemporain qui, en s’adossant à l’Etat, prononcent des excommunications et secrètent des figures de sorcières malfaisantes.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates, ces salopes ? Les prises de position médiatiques se déchaînent : lorsqu’elles ne sont pas victimes ou aliénées, c’est qu’elles sont comploteuses, manipulatrices, dangereuses.

De la femme qui refuse de se soumettre à la salope, la prostituée, il n’y a jamais qu’une frontière ténue, car la femme scandaleuse est par définition celle qui échappe aux prescriptions et ne se cantonne pas à la place qui lui est assignée.

Et dans les campagnes médiatico-politiques qui se déploient, il en va effectivement des femmes voilées comme des prostituées : au nom de la laïcité, au nom de l’égalité homme-femme, au nom de la république, cette nouvelle Trinité du « bien », la frénésie qui tente de les faire disparaître de la vue en prétendant les arracher à leur soumission, cette frénésie ne semble connaître aucune limite.

Ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits

Cette frénésie a un nom, et ce nom est particulièrement inquiétant : c’est une véritable entreprise de purification nationale qui peu à peu s’est mise en place à partir de la première « affaire du voile » des années 90. Et il serait temps d’en prendre conscience, car il ne peut y avoir aucune limite à une telle entreprise de purification.

Son objet étant fantasmatique, la poursuite de son éradication ne pourra trouver aucune borne. A l’invention de quel genre de bûcher va-t-on assister demain pour brûler ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits ?

http://www.rue89.com/

Un « lycée musulman modèle », ça ressemble à quoi ?

Chloé Andries  Journaliste

La cour du lycée Averroès cet hiver (Chloé Andries)

Oubliez les très chics Henri IV et autres Louis-le-Grand  : en 2013, le meilleur lycée de France serait un lycée… musulman, de la banlieue populaire de Lille. C’est en tout cas le résultat du palmarès 2013 du Parisien, qui place le lycée Averroès, seul établissement secondaire privé musulman sous contrat avec l’Etat depuis 2008, en tête du classement hexagonal.

Passons sur la pertinence toute relative de ce genre de classements. Ce qui nous intéresse est ailleurs  : depuis une semaine, une pluie d’élogess’abat donc sur ce lycée, que l’on présente plus que jamais comme un modèle de réussite scolaire.

L’UOIF, Union des organisations islamiques de France, à l’origine du projet, a bien pris soin de placer son lycée modèle en tête de gondole de son dernier rassemblement au Bourget, le week-end dernier.

L’affaire du voile, le déclencheur

Drôle de paradoxe, à l’heure où les débats sur le foulard reprennent de plus belle sur d’autres fronts. Car c’est précisément l’exclusion d’une vingtaine de lycéennes voilées de lycées publics lillois au milieu desannées 1990 qui a servi de déclencheur à la création du lycée Averroès, en 2003.

Niché au sein-même des locaux de la mosquée de Lille Sud, le micro-établissement accueillait alors une dizaine de lycéens, dont certaines jeunes filles voilées exclues du public, que l’imam des lieux, Amar Lasfar, membre de l’UOIF, avait pris en charge dès les années 1990.

Soupçons de fondamentalisme, peur d’une école ghetto née paradoxalement de l’exclusion de filles voilées au nom de la laïcité ; parmi les Lillois, y compris musulmans, le projet était loin de faire l’unanimité.

50% de boursiers, 100% de réussite au bac

Dix ans plus tard, changement de décor. Finie l’époque des salles de classes coincées à l’ombre de la mosquée. Le lycée a déménagé dans des locaux flambant neufs, 5 000 m² d’un ancien centre de formation dans le quartier de Lille Sud, et affiche des chiffres de réussite à faire pâlir plusieurs lycées cathos de la région  :

  • 100% de réussite au bac, dont 70% avec mention ;
  • des frais d’inscription de 800 euros par an et par élève, avec une moitié de boursiers ;
  • au total, ce sont 290 lycéens (filières L, S, ES et STMG) qui sont scolarisés à Averroès.

L’établissement, qui mise sur l’encadrement et le goût de l’effort, a d’ailleurs ouvert une cinquantaine de places en collège à la dernière rentrée, et le succès est tel que l’équipe enseignante n’aura que l’embarras du choix parmi les 300 à 400 dossiers de demande d’inscription attendus pour la rentrée prochaine.

Entre-soi communautaire

Dans la cour de l’école, en fin d’après-midi, les gamins sont boutonneux comme ailleurs, un garçon et une fille un peu gauches se taquinent, les deux tiers des lycéennes sont voilées, certaines bien plus couvertes que d’autres, quand le reste des élèves portent la tête nue.

Samia (les prénoms des élèves ont été modifiés) est en 1ère. Comme beaucoup de ses camarades, elle vient d’une école catho.

«  Mes parents trouvent que dans le privé, t’es plus encadré, t’as plus de chances de réussir. Mais dans le catho, même si j’avais des copines, je ne me sentais pas toujours dans le même délire que les autres. Cette année, au lycée Averroès, je me sens vraiment bien. Ici, on est comme dans une petite famille, on a les mêmes valeurs. On sait qu’à la sortie personne ne va fumer, on mange halal, ceux qui le souhaitent peuvent aller prier dans la salle de prière… »

Sa copine Nadia vient quant à elle surtout pour pouvoir porter son foulard… et pour le niveau :

« Moi je suis ici car je peux laisser le voile, c’est important pour moi. Mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, de moins en moins de filles le portent et franchement, la religion, c’est pas notre sujet de conversation favori. Mes parents voulaient aussi que je vienne à Averroès pour sa réputation. Ici, tous les professeurs nous connaissent, on sent qu’ils sont derrière nous, qu’ils nous motivent. »

Entre-soi communautaire et intégration

Ici, les garçons et les filles mangent dans des réfectoires distincts, et les cours de sport ne sont pas mixtes. Les lycéennes racontent :

« On a aussi un prof qui refuse que les filles s’asseyent à côté des garçons. Mais bon, on le laisse dire et l’heure d’après, on change de place. »

Mais le lycée ne vit pas non plus renfermé sur lui-même, les sorties culturelles proposées aux élèves sont nombreuses, de la visite de musées majeurs à la signature d’un contrat avec la Rose des Vents, principal théâtre de la métropole, permettant aux élèves d’assister aux spectacles et de rencontrer les artistes.

Ecole d’excellence, cadre musulman, ambiance d’entre-soi communautaire doublée d’une volonté d’intégration : c’est ce mélange particulier qui fait le succès du lycée aujourd’hui.

Génération réislamisée

En 2010, un rapport de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et de l’IISMM (Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman) dressait un tableau des écoles privées musulmanes de France (il en existe plus d’une vingtaine aujourd’hui, mais pas sous contrat avec l’Etat).

Il pointait globalement trois facteurs de développement de ce type de structures, qui collent parfaitement à la situation du lycée Averroès  :

  • L’offre idéologique  : l’action des Frères musulmans

Les Frères musulmans en Europe, représentés par l’UOIF, sont à l’origine d’au moins la moitié des projets d’établissements dans l’Hexagone, mus par une volonté de préserver l’identité musulmane des communautés immigrées et de « réislamiser  » les jeunes générations, pour créer une «  citoyenneté musulmane  », à la fois intégrée dans la société et gardant sa spécificité religieuse.

Leur action militante s’est traduite d’abord par la construction de mosquées et l’organisation de séminaires religieux. La construction d’écoles est vue comme une étape supplémentaire dans cette dynamique de réislamisation.

  • La crise de l’école publique  : produit d’appel

Pour les auteurs du rapport :

« La progression de l’enseignement privé musulman dans le paysage scolaire français paraît inéluctable au regard de l’accroissement de la part de la population qui s’identifie comme musulmane. De plus, cette demande est clairement activée par la “ crise ” de l’enseignement public, qui touche particulièrement les banlieues où résident majoritairement les publics potentiels de ces établissements, au point que cette crise fournit un fort produit d’appel pour ces derniers. »

Dans ce contexte, les écoles privées s’affichent comme des lieux d’excellence, même si, au fil du temps, « le dilemme extension versus élitisme » se pose.

  • Le voile  : le déclencheur

Dans beaucoup de cas de création d’écoles privées, la loi sur le voile, en 2004, a servi de déclencheur ou de catalyseur à cette réflexion. Mais le problème généralement observé dans ces structures, c’est le manque de moyens et souvent aussi le manque d’ouverture.

Et c’est ce qui distingue aujourd’hui le lycée Averroès d’autres établissements musulmans  : en développant de bonnes relations avec les politiques et pouvoirs publics locaux, en prônant l’ouverture à tous dès sa création, le lycée a pu signer un contrat d’association avec l’Etat, ce qui a fait passer son budget de 120 000 à 400 000 euros.

Et le directeur de l’établissement, Hassan Oufker, tient à garantir cette ouverture :

«  Dès l’origine, notre philosophie a été l’ouverture à tous. Même si l’affaire du foulard a déclenché la réflexion, nous ne voulions pas en rester à cet aspect des choses. Si au départ, les parents mettaient leurs enfants ici pour des raisons d’encadrement musulman, le public s’est progressivement diversifié, grâce aux bons résultats du lycée et à la signature du contrat avec l’Etat.  »

« Ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir votre famille »

L’équipe enseignante accueille d’ailleurs quelques profs non musulmans. C’est le cas de Mme Houdinet, prof d’anglais, arrivée en septembre dernier.

«  Auparavant, j’enseignais en Angleterre dans des établissements multiculturels. En revenant dans le Nord, j’ai vu que ce lycée existait. Je voulais découvrir la communauté musulmane de l’intérieur, alors j’ai envoyé ma candidature spontanée.

Je me souviens que lorsque j’ai rencontré le directeur, je lui disais “ mais vous savez, je ne suis pas musulmane ”. Lui ne voyait vraiment pas le problème. Franchement, si j’avais eu l’impression d’arriver dans une communauté de barbus intégristes, je serais partie  !  »

En ce qui concerne les cours d’éthique musulmane – 1 à 2 heures par semaine, optionnelles, mais suivies par 85% des étudiants –, Hassan Oufker insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de traiter de religion pure, et de ne pas imposer telle ou telle position aux élèves  :

«  Pour la religion, il y a la mosquée  ! Nous, nous sommes une école, notre mission c’est la formation des élèves. D’ailleurs, la sécularisation est une très bonne chose pour l’islam. On sait bien que chez les musulmans, la religion prend une très grande place. Mettre du religieux partout est source de distance entre les gens.

Nous invitons plutôt les jeunes à lever le pied. Ce que je leur dis, c’est qu’à 35 ans, ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir leur famille  !  »

Faire oublier les dérapages

Soucieux de conserver son image d’ouverture, le lycée Averroès tente aussi de faire oublier un coup de canif dans son histoire modèle. En 2004, Hassan Iquioussen, prédicateur de la mosquée d’Escaudain, dans le Nord, et aussi professeur d’éthique musulmane à Averroès,avait enregistré une conférence sur la Palestine, dans laquelle il traitait les juifs «  d’avares  » et «  ingrats  », et les voyaient comme des comploteurs contre l’islam.

Depuis, le prédicateur s’est excusé, et la direction de l’établissement estime le sujet clos. Hassan Iquioussen accompagnait encore les élèves en voyage de classe en Turquie en mars 2012, et des élèves de Terminale suivaient une de ses conférences en décembre 2011. Mais « il n’intervient plus désormais à Averroès », selon Hassan Oufker. Motif invoqué : « Il s’agit de raisons d’emploi du temps  ».

Et dans la cour de récré, rien qu’à regarder la longueur des différents foulards, on perçoit en filigrane qu’un autre défi de l’équipe d’Averroès aujourd’hui est de faire cohabiter un public varié dans ses attentes religieuses, tout en poursuivant son ouverture aux non musulmans, qui boudent encore ce lycée.

http://blogs.rue89.com/

Islamophobie: trois victimes sur quatre ne portent pas plainte

Ricardo Gutiérrez

Un « Livre blanc » dresse l’état des lieux de l’islamophobie en Belgique francophone. Trois victimes sur quatre ne donnent aucune suite aux discriminations ou violences subies. La nouvelle plateforme associative musulmane Muslim Rights répétera l’exercice chaque année.

J’étais à l’arrêt de bus avec une autre amie aussi convertie et on attendait le bus pour aller chez moi. De jeunes hommes sont arrivés et voyant qu’on était des Belges devenues musulmanes avec un foulard, ils nous ont arrachés le foulard et nous ont traitées de ‘collabos’. On a eu tellement peur et nous ne savions pas ce que nous avions fait pour mériter ça » Le Livre blanc de l’islamophobie, publié ce jeudi, par la nouvelle plateforme associative Muslim Rights, s’ouvre sur le témoignage de Virginie, une jeune musulmane de Charleroi.

C’est la force de ce premier état des lieux : il est basé sur près de 600 témoignages concrets de citoyens de confession musulmane qui s’estiment discriminés en raison de leur religion. Quel bilan tirer des 576 faits enregistrés ? Muslim Rights tire quatre grandes conclusions de son enquête :

1. Les femmes sont davantage ciblées. Globalement, deux personnes discriminées sur trois (61,8 %) sont des femmes, et la proportion monte même à trois sur quatre si on s’en tient aux faits portant sur les pratiques vestimentaires.

2. Les jeunes sont davantage visés. L’enquête montre que deux personnes discriminées sur trois (62 %) sont des jeunes de moins de 30 ans. A peine 2 % des cas concernent des citoyens musulmans âgés de plus de 49 ans.

3. La discrimination à l’emploi est banalisée. C’est dans le domaine de l’emploi que les discriminations sont les plus courantes, après les agressions verbales et les manifestations de haine via internet ou les médias : 33 % des témoignages portent sur des refus d’embauche, de stage ou de promotion justifiés par la conviction religieuse des victimes.

4. Les victimes ne portent pas plainte. Enfin, l’enquête montre que trois personnes s’estimant victime d’islamophobie sur quatre (74,8 %) restent sans réaction. A peine 3 % signalent les faits au Centre pour l’égalité des chances, et 4 % portent plainte en justice ou auprès de la police. A noter : le succès relatif des procédures de médiation ou de conciliation (18 % des victimes optent pour cette voie).

A lire : la version intégrale du « Livre blanc sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone »

http://www.lesoir.be/

Exclusif: l’islamophobie en forte augmentation

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rendu jeudi 21 mars un rapport révélé en exclusivité par La Croix sur la perception par les Français des questions liées à l’émigration.

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rab...

(ERIC CABANIS / AFP)

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche, deuxième rang)

L’augmentation observée de la délinquance à caractère raciste doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse la France.

La délinquance à caractère raciste a connu une forte augmentation l’an dernier. Les actes et menaces en direction des immigrés, des personnes de couleur, des juifs et des musulmans se sont élevés à 1 539, contre 1 256 l’année précédente (+ 23 %), selon la CNCDH.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la forte percée des actes visant les Maghrébins et, plus particulièrement, par la montée d’un profond sentiment antimusulman, précise Christine Lazerges, présidente de la CNCDH. Il s’agit d’une tendance qui se confirme malheureusement d’année en année. » Pour preuve, les actes visant les musulmans ont augmenté de 30 % en 2012, après une première hausse de 34 % l’année précédente.

AUGMENTATION DE L’INTOLÉRANCE VIS-À-VIS DES MUSULMANS

Par-delà ces chiffres bruts, tout l’intérêt du rapport de la CNCDH réside dans les conclusions de trois études qualitatives commandées au CSA, à TNS Sofres et au Cevipof (1). Ce sont elles, en effet, qui permettent d’une année sur l’autre d’évaluer la perception par les Français des questions liées à l’immigration et de faire le point sur l’évolution de leurs préjugés. Or, cette année, toutes trois concluent à une forte augmentation de l’intolérance vis-à-vis des musulmans.

Ainsi, seules 22 % des personnes interrogées disent avoir une opinion positive de l’islam (contre 29 % en 2011) et 55 % estiment qu’il ne faut pas faciliter l’exercice du culte musulman en France (+ 7 % par rapport à 2011). En parallèle, la tolérance à l’égard des pratiques religieuses s’avère, elle aussi, en baisse.

DÉCROCHAGE À PARTIR DE 2010

Le véritable décrochage s’est opéré à partir de 2010. Le débat sur la burqa, suivie de la polémique sur les prières de rue, l’explique en partie.« La réprobation des prières de rue ou du port de la burqa a fini par rejaillir sur d’autres pratiques qui, jusqu’ici, ne posaient pas problème à la population française : le jeûne du Ramadan, la non-consommation de porc, le sacrifice du mouton lors de la fête de l’Aïd », décrypte Nonna Mayer, directrice de recherche en sciences politiques au CNRS.

Cette recrudescence d’opinions négatives à l’égard des musulmans doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse actuellement la France. C’est en tout cas l’analyse d’Emmanuel Rivière, à TNS Sofres :« L’identité française est perçue comme de plus en plus trouble et insaisissable. Dans ce contexte, certaines pratiques musulmanes semblent, aux yeux d’un nombre croissant de Français, mettre encore plus à mal cette identité affaiblie. »

LA LAÏCITÉ, PERCUE COMME CIMENT SOCIAL

Certaines revendications religieuses (notamment concernant le port du voile) sont d’autant moins bien acceptées qu’elles viennent questionner le principe de laïcité. « On touche là un point fondamental, car la laïcité devient centrale dans le discours, poursuit le sondeur. Elle est en effet perçue comme l’un des rares ciments au sein d’une société de plus en plus atomisée, et chaque exception à la règle laïque est vécue comme un signe inquiétant de renoncement. »

L’actualité internationale récente n’a pas joué, elle non plus, en faveur de la communauté musulmane. « Les révolutions arabes ont été saluées au départ comme un réveil démocratique. Mais l’arrivée au pouvoir des islamistes a finalement encore accru la défiance de toute une partie des Français vis-à-vis de l’islam en général », renchérit Nonna Mayer.

MONTÉE DU SENTIMENT ANTIMUSULMAN

La montée du sentiment antimusulman commence à s’étendre à de nouvelles couches de population. « Sur une échelle d’aversion à l’islam – qui mesure les opinions négatives à l’égard des prières de rue, du port du voile, du Ramadan –, on constate une augmentation spectaculaire du rejet chez les diplômés du supérieur », constate Nonna Mayer.

58 % d’entre eux se déclarent critiques vis-à-vis de telles pratiques, là où ils n’étaient que 34 % il y a trois ans. « C’est là une évolution tout à fait notable, car les diplômés du supérieur sont traditionnellement plus tolérants, moins xénophobes et moins racistes que la moyenne. Et ils le restent, d’ailleurs, mais affichent une nette réticence à l’égard des pratiques de l’islam dans l’espace public. » Parallèlement, la population féminine se montre de plus en plus critique vis-à-vis des pratiques musulmanes (59 % en 2012, contre 42 % en 2009).

ANTIRACISME ET RÉACTIONS RACISTES

L’autre enseignement du rapport porte sur l’ampleur du racisme en France. Seules 7 % des personnes interrogées se déclarent « plutôt racistes », un chiffre constant d’une année sur l’autre.

L’antiracisme semble être devenu la norme démocratique. Cette stabilité cache toutefois une progression d’attitudes racistes. Ainsi, 65 % des personnes interrogées estiment que « certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes ». « Les Français s’interdisent massivement d’être racistes, mais concèdent désormais ouvertement être de moins en moins tolérants », note Christine Lazerges.

Emmanuel Rivière ne dit rien d’autre : « Quasiment plus personne ne se définit comme raciste. Les Français reconnaissent plus fréquemment avoir des réactions ponctuelles. Ils se sentent plus libres qu’auparavant de dénoncer de manière véhémente les comportements d’une communauté particulière. »

RÉCRIMINATIONS À L’ENCONTRE DES IMMIGRÉS

Dernier constat dressé par la CNCDH : les récriminations à l’encontre des immigrés sont de plus en plus manifestes. 69 % des personnes interrogées estiment « qu’il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », un score en progression de 22 points par rapport à 2009 et une opinion qu’on retrouve en priorité au sein des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées et chez les moins diplômés. Mais pas seulement. Ce sentiment est désormais majoritaire chez

les sympathisants de gauche, qui partagent cette opinion à 51 %, contre 40 % il y a un an. Fait nouveau : elle est même devenue majoritaire chez les personnes de nationalité étrangère elles-mêmes (51 %).

Une évolution des mentalités qui trouve notamment son origine dans la crise économique. « Pour un nombre croissant de Français, la société se divise entre, d’un côté, ceux qui souffrent, de l’autre, ceux qui profitent. À les entendre, toute une partie des immigrés ne vient que pour bénéficier des avantages sociaux, analyse Emmanuel Rivière, mettant en péril notre régime de protection sociale déjà fragilisé. » Aux dires des sondeurs, la polarisation des débats autour de l’immigration ces dernières années explique elle aussi en partie cette évolution des préjugés.

Les chiffres du rapport

En 2012, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a recensé – 118 « actions » et 606 « menaces » racistes et xénophobes ;

– 177 « actions » et 437 « menaces » antisémites ;

– 53 « actions » et 148 « menaces » antimusulmanes.

Les « actions » regroupent les homicides, attentats et tentatives, les incendies, les dégradations et les violences et voies de fait.

Les « menaces » regroupent les propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, les inscriptions, tracts et lettres.

Les sources

La CNCDH se base sur les chiffres communiqués par trois ministères : l’intérieur, la justice et l’éducation nationale. Pour les deux premiers,

il s’agit des plaintes déposées et des procès. Pour le troisième, il s’agit des actes ou menaces recensés au titre de la violence scolaire. Chaque trimestre,

les chefs d’établissement doivent communiquer au ministère les actes violents commis, en précisant s’ils ont une motivation raciste, antisémite ou sexiste.

Les violences antimusulmanes ne sont pas distinguées des violences racistes. La séparation des violences antimusulmanes par rapport aux violences racistes en général n’est d’ailleurs observée par le ministère de l’intérieur que depuis deux ans.

Les chiffres communiqués à la CNCDH sont déjà « triés » par nature (actions ou menaces) et catégorie (antisémite, antimusulmane, raciste et xénophobe).

La commission n’a pas droit de regard sur leur élaboration. Elle n’a pas accès aux sources brutes.

Le rôle des associations

La CNCDH ne tient pas compte des chiffres répertoriés par les associations.

En revanche, elle souligne que le ministère de l’intérieur a passé des conventions avec la Licra et deux représentants des communautés : le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM). Chaque trimestre, ces trois organismes peuvent confronter les chiffres du ministère avec les faits qu’ils ont eux-mêmes recensés.

(1) L’étude du CSA s’est déroulée en décembre 2012 auprès d’un échantillon de 1 029 personnes. L’étude du Cevipof a permis d’analyser les résultats obtenus par le CSA sur plusieurs années. L’étude TNS Sofres s’est déroulée en janvier 2013 selon la méthode d’entretiens semi-individuels semi-directifs (sur 38 personnes).

MARIE BOËTON

http://www.la-croix.com/

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique.

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination « religieuse », près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à « rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école ».

http://www.lesoir.be/

La viande halal, un marché bien organisé dans la Nièvre

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration - MASSON  Christophe

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration – MASSON Christophe

En grande surface ou chez le boucher du quartier, la viande halal connaît le même circuit de distribution que les autres produits : des abattoirs, des grossistes, des revendeurs. La différence : des abattoirs assermentés, et surtout des organismes qui vérifient et certifient que les animaux ont bel et bien été abattus selon les lois en vigueur édictées dans la religion musulmane.

Dans la Nièvre, c’est l’abattoir de Cosne-sur-Loire qui remplit cet office. Il est le seul dans la Nièvre. « Nous pratiquons l’électronarcose, c’est-à-dire que la bête est assommée avant d’être tuée. Nous avons privilégié le bien-être de l’aninal. Un des salariés, musulman, se charge d’égorger les bêtes et de dire les prières » explique Dominique de Villiers, directeur de l’abattoir.

Le boucher de Cosne-sur-Loire vient également sacrifier quelques bêtes. « Ce sont des personnes spécialement formées à ce type d’abattage ».

« Le principal souci, c’est que nous manquons
de bovins à abattre »

« Le principal souci, c’est que nous manquons de bovins. Pour le halal, on en abat une dizaine de moins. C’est beaucoup. Mais, c’est la conjoncture actuelle sur le marché national… ».

À la boucherie du Gaspard, à Nevers, les étals sont, pourtant, bien remplis. « Je me fournis auprès de grossistes comme Bigard, par exemple » détaille le jeune boucher. « Ce qui est important, c’est que tous les produits soient certifiés par AVS. Comme ça je suis certain, et mes clients aussi, que les bêtes ont bien été abattues selon le rituel ».

Ses affaires tournent « plutôt correctement », connaissant quelques hauts et des bas selon les périodes. Ses clients sont, bien sûr, de confession musulmane. Mais pas uniquement. « L’été, j’ai beaucoup de clients qui viennent pour mes merguez ».

Grandes surfaces

Selon Abdellah Sghir, de l’Association musulmane de Nevers, les besoins en produits halal sont largement couverts par l’offre nivernaise.

« Les gens ont l’habitude d’acheter des grosses quantités de viande et de la congeler. Ils se sont organisés depuis longtemps ».

Les grandes surfaces sont venues apporter une offre variée, complémentaire. « C’est typiquement là que l’on va se servir pour un repas improvisé, pour trouver quelque chose de différent » explique Abdellah Sghir, « mais la demande est satisfaite ».

Laure Brunet

http://www.lejdc.fr

Du porc dans les saucisses halal de poulet

Des saucisses.

Des saucisses. (Photo Jay Directo. AFP)

La découverte a été faite dans des cantines scolaires de Londres, qui avaient procédé à des tests suite au scandale de la viande de cheval.

Par AFP

La présence d’ADN de porc a été détectée dans des saucisses halal au poulet au menu d’écoles et de crèches dans le centre de Londres, ont annoncé jeudi les autorités locales.

Celles-ci avaient fait faire de leur propre chef des tests dans certaines cantines scolaires de l’arrondissement de Westminster, dans le sillage du scandale de la viande de cheval découverte dans des plats préparés, présentés comme étant au boeuf.

Aucune trace de cheval n’a été détectée, mais ces examens ont montré la possible présence d’ADN de porc dans des saucisses halal au poulet, confirmée ensuite par une deuxième série de tests.

«Les résultats ont confirmé aujourd’hui la présence de porc dans un échantillon de saucisses halal qui ont potentiellement été servies dans 19 écoles et crèches» où elles étaient proposées au menu, a expliqué dans un communiqué la municipalité.

Des traces d’agneau et de porc ont également été retrouvées dans du boeuf haché non halal utilisé par les cantines de 17 autres établissements du secteur.

Toute la viande livrée par le fournisseur incriminé a été retirée des cantines de l’arrondissement et une enquête a été ouverte.

«Nous sommes extrêmement préoccupés de voir qu’un de nos fournisseurs n’a pas obéi aux règles strictes auxquelles nous leur demandons de souscrire», a souligné la direction des services de l’enfance de l’arrondissement.

Une ligne téléphonique a été mise en place pour répondre aux inquiétudes des parents et la mairie a pris contact avec des représentants des communautés musulmane et juive.

http://www.liberation.fr/

Le halal se cherche un label en France

En France, la majorité des produits estampillés halal ne répondraient pas aux critères de définition du label. Ces critères font encore débat notamment à cause des différences au niveau des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par les organismes de surveillance qui attribuent le label.

Le 16 janvier dernier, le site Débat Halal révélait être en possession de preuves accablantes contre un producteur alimentaire international. Les saucisses de volaille Herta, certifiée halal et commercialisée par Nestlé, contiendrait du porc, un aliment haram (interdit) pour les musulmans.

Une semaine après, alors qu’un premier test conduit par Herta n’avait rien révélé, les chaînes de supermarché comme Casino ont retiré les produits de leurs magasins pour effectuer leurs propres tests.

Mais il est acquis que certaines techniques de production actuelles, surtout dans le secteur de la volaille, sont particulièrement éloignées des règles du halal. Ainsi 90% de la volaille vendue sous le terme halal en France ne remplirait pas les standards. Standards qui varient eux-mêmes selon les entreprises et associations.

Interrogé par le Time, Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil, une agence de consultation en marketing confie:

«La question du halal en France est supervisée par les trois mosquées influentes à Paris, Evry et Lyon. Chacune a ses propres critères, inspecteurs, sociétés et produits qu’elles approuvent ou non. La communauté musulmane est riche d’une mosaïque de coutumes, de goûts et d’habitudes. A moins d’unifier, de codifier et de réguler le système, le marché du halal français restera éclaté et ses règles obscures.»

Les accusations portées contre ces aliments auraient surtout servi de prise de conscience. Alors que la nouvelle avait immédiatement poussé les supermarchés à vider leur étagères, de nombreux musulmans se sont posés la question de la provenance de la nourriture halal.

Pour palier le manque de règles concernant le label, certains observateurs espèrent maintenant que les différentes associations de musulmans de France parviendront à se mettre d’accord sur un code unique pour le secteur de la nourriture halal, un des plus gros marchés de niche, selon le Time.

http://www.slate.fr/

«Halal à tous les étals»: le halal, ce n’est pas que la viande

05/02/2013 un commentaire

Le marché s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services. Extrait du livre-enquête de Michel Turin.

Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples.- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -

Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.  

Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.

Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.

Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:

«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»

«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux»«Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.

Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:

«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»

C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:

«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»

Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.

Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.

Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.

Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:

«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»

Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.

Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.

D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».

Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.

Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.

Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.

La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.

Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:

«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»

Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!

Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:

«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»

En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.

Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.

Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.

La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.

«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.

Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.

«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.

Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.

La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.

A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.

Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:

«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»

Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:

«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»

Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.

Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.

«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).

L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.

Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Michel Turin

http://www.slate.fr

Tags « provocateur » sur les murs de deux mosquées de Besançon

Une enquête a été ouverte dimanche après la découverte aux mosquées Sunna et El-Fath de Besançon d’un graffiti « provocateur », a annoncé la préfecture du Doubs. L’inscription représente une étoile de David.

  • avec l’AFP
  • Publié le 03/02/2013 | 14:55, mis à jour le 03/02/2013 | 17:11
Le tag a été bombé sur le mur d'enceinte de l'une des mosquées de Besançon. © Philippe Arbez
© Philippe Arbez Le tag a été bombé sur le mur d’enceinte de l’une des mosquées de Besançon.
L’étoile, symbole du judaïsme, a été bombée à deux endroits de Besançon.   »Le dossier a été transmis à l’autorité judiciaire », a dit le secrétaire général
de la préfecture du Doubs, Joël Maturin, parlant de « graffiti isolé et inutilement provocateur ». La première étoile de David a été découverte dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur extérieur de la mosquée d’El Fath, située dans le quartier Planoise; le graffiti aurait été dessiné dans la nuit de vendredi à samedi. La seconde, peinte sur un pilier extérieur à la grande mosquée El-Sunna dans le quartier saint-Claude, a été retrouvée dimanche matin. Les responsables de la mosquée ont alerté la police, qui s’est rendue sur les lieux. Le secrétaire général a ajouté que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée dans cette affaire ».
Les pratiquants réunis ce matin à la mosquée sont dépités par autant de bêtises. Le tag de la mosquée de Planoise est déjà effacé.
Par ailleurs, deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été inscrits dans la nuit sur un bâtiment abritant une mosquée à Ozoir-La-Ferrière en Seine-et-Marne. Sur son site internet, le CCIF ( Collectif Contre l’Islamophobie en France) a recensé dans son rapport annuel 414 actes islamophobes en France envers des institutions ou individus, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 38%. L’année dernière, quarante mosquées avaient été visées.
http://franche-comte.france3.fr

Des croix gammées dessinées sur une mosquée en Seine-et-Marne

Des graffitis sur la façade de la mosquée d'Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013

Des graffitis sur la façade de la mosquée d’Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013 (Photo AFP)

Deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche sur une mosquée d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), suscitant l’indignation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

A Besançon, ce sont des étoiles de David qui ont été dessinées sur deux mosquées. Mais dans ces cas, des sources proches de l’enquête incitent à la prudence sur la nature islamophobe de l’acte, n’excluant pas, parmi d’autres, la piste d’un fidèle mécontent.

Dans une rue calme et bordée de pavillons d’Ozoir-La-Ferrière, à environ 35 km à l’est de Paris, les fidèles de la mosquée Taouba venaient pour la prière de l’aube quand ils ont découvert deux croix gammées et deux slogans, « Vive la Gaule » et « Nike l’islam », tagués à la bombe noire sur la façade jaune clair et la porte blanche.

Une enquête pour « dégradations aggravées » car réalisées « sur un lieu de culte » a été ouverte, a indiqué une source judiciaire, soulignant qu’il n’y avait pas eu « de faits équivalents récemment » dans la zone. L’enquête va tenter d’exploiter « les vidéos (de surveillance, ndlr) des axes à proximité de la mosquée », a-t-elle ajouté.

Ce lieu de culte discret, bâti en 2002, accueille chaque vendredi 200 à 300 musulmans. Dimanche, tandis que des enfants arrivaient pour leur cours d’arabe, les responsables de la mosquée, qui avaient recouvert les inscriptions, exprimaient leur incompréhension.

« On est tous des Gaulois, c’est vraiment n’importe quoi! », réagissait, sous couvert d’anonymat, un père amenant sa fille. De tels actes peuvent susciter « de la colère, or ce qu’on souhaite c’est que les gens soient apaisés car on prône la tolérance et la paix », dit Abdelaziz Aït Ali, le secrétaire de la mosquée.

« Nazillons »

« Depuis dix ans qu’on est ici, on s’entend très bien avec les voisins », a expliqué à l’AFP Hamed Kamouch, président de l’association.

Les autorités locales confirment que cette mosquée est sans histoires, dénuée de toute obédience fondamentaliste, et qu’elle n’a jamais connu le moindre problème.

Si M. Aït Ali dénonce « un acte isolé », le président de l’Observatoire de l’islamophobie, Abdellah Zekri, a exprimé auprès de l’AFP sa « colère et (son) dégoût devant des individus qui ne respectent absolument rien, des apprentis nazillons ».

Il énumère les mosquées cibles d’actes islamophobes et racistes depuis un peu plus d’un mois: Val-de-Reuil (Eure), le Barp (Gironde), Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)… M. Zekri « réitère (son) appel » à François Hollande « de déclarer que le combat contre l’islamophobie est une cause nationale. C’est un geste fort que nous attendons », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le CFCM « appelle l’ensemble des musulmans de France à la vigilance et à la sérénité face à ces provocations contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». SOS Racisme « demande aux pouvoirs publics de s’engager davantage et urgemment dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec la plus grande sévérité la profanation » de la mosquée par « des inscriptions nauséabondes et haineuses ».

En 2012, 201 actes anti-musulmans ont été enregistrés, soit une augmentation de 28% par rapport à 2011, selon l’Observatoire de l’islamophobie.

Interrogé par l’AFP sur les inscriptions, le maire UMP Jean-François Onesto a déploré « ces messages lâches parce qu’anonymes ». Selon lui, « c’est la première fois que ce genre de tag raciste » est retrouvé à Ozoir.

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