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Archives pour la catégorie ‘Histoire’

Les confessions de Napoléon Bonaparte sur l’islam

PAR RENAUD TOWE

Napoléon Bonaparte a énormément péroré sur de grands sujets au cours de sa vie, particulièrement lors de son exil forcé sur l’île de Sainte Hélène. Le lion en cage a par exemple présenté ses avis et convictions vis-à-vis de la religion, ou plutôt des religions. L’islam, qu’il a rencontré lors de son expédition en Egypte, est visiblement celle dont il se sentait le plus proche.

Napoléon Bonaparte entre véritablement en contact pour la première fois avec l’islam en 1798, lors de la campagne d’Egypte (1798-1801). Dès son arrivée, il se montre intrigué par la culture du pays et tout particulièrement par la tradition musulmane, l’appel à la prière et les enseignements coraniques. Certains voient ce rapprochement comme une stratégie pour mieux s’imposer au sein d’un peuple musulman et communiquer plus aisément avec les personnalités locales. D’autres pensent au contraire que Bonaparte est réellement fasciné par la personne de Mohammed et touché par la ferveur religieuse. Dans une lettre datant du 28 août 1798, il se confie au cheikh El-Messiri : « Le général Kleber me rend compte de votre conduite et j’en suis satisfait. (…) J’espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l’Al-coran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes. » (Lettre au Cheikh El-Messiri (11 fructidor an VI), Correspondance de Napoléon Ier, Napoléon Bonaparte, éd. H. Plon, 1861, t. 4, partie Pièce N° 3148, p. 420). Le chef de l’armée d’Orient, ayant perdu la quasi-totalité de sa flotte à Aboukir, rentre discrètement en France le 23 août 1799, et laisse le général Kléber en Egypte pour continuer le combat avec une armée diminuée. Lire la suite…

Ne pas mélanger islam et politique

Le recteur de la mosquée de Paris estime qu’il serait dommageable pour la communauté musulmane que l’islam ne s’immisce dans la campagne électorale.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé ce lundi, dans un communiqué, à ne pas laisser l’islam s’immiscer dans l’élection présidentielle, ce qui «serait dommageable pour la communauté musulmane de France».

La semaine dernière, plus d’une vingtaine d’imams avaient engagé leurs fidèles à se rendre massivement aux urnes pour l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai, afin de «devenir acteurs de leur propre changement».

Le recteur d’une mosquée parisienne avait appelé les musulmans de France à «un vote massif halal», pour «défendre notre dignité contre l’islamophobie et la stigmatisation des membres de notre communauté», tandis que celui de la mosquée de La Défense conseillait le «vote utile», à savoir «François Hollande».

Pour Dalil Boubakeur, «chaque citoyen, quelle que soit sa confession religieuse, est libre d’exprimer ses convictions et ses choix politiques dans le cadre démocratique. Mais il serait toutefois dommageable pour la communauté musulmane de France que l’intrusion des institutions religieuses musulmanes dans le débat électoral puisse être la porte ouverte à l’émergence d’un islam « politique »».

Dans son communiqué, le recteur de la Grande mosquée tient «à rappeler les principes républicains qui régissent la vie cultuelle des musulmans de France, notamment le strict respect des institutions républicaines et de la laïcité, cadre naturel dans lequel s’exprime l’Islam de France».

«Ceci est une exigence en même temps qu’un devoir pour toutes les institutions religieuse de notre pays», souligne-t-il.

(AFP)

http://www.liberation.fr/

Printemps arabe : L’avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy

Olivier Roy était vendredi matin l’invité des Matins de France Culture.

Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d’analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d’expression.

L’heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?

Oui, mais islamistes ils ne sont plus. « Ce sont des post-islamistes », répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.

Il dresse le parallèle avec l’abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n’avaient pas le choix parce que l’idéologie ne marche pas.

Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :

« Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s’appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d’établir la charia.(…)  Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(…) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C’est comme cela  que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d’un siècle. » Lire la suite…

Attester de sa conversion à l’islam pour se marier

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Pour épouser sa compagne marocaine, un Français s’est vu demander par la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) un document qui nécessitait sa conversion à l’islam.

Frédéric Gilbert, journaliste, désirait se marier avec sa compagne marocaine, Hind, avec qui il a une petite fille.
Il devait fournir à la mairie « un certificat de coutume » délivré par le consulat du Maroc, qui exige une conversion à l’islam, nous explique l’AFP, confirmant une information parue, samedi, dans Le Parisien.

« La mairie m’a demandé un certificat de coutume. Or ce certificat n’est délivré par le consulat que lorsqu’on accepte la conversion à l’islam, ce que j’ai refusé car c’est contraire à l’esprit de la République française », a dénoncé le journaliste, qui se dit « laïc convaincu » et « fils de curé défroqué ».

Sur le site du consulat général du Maroc à Paris, parmi les documents à fournir pour obtenir le certificat de coutume figure l’ »Acte de conversion à l’islam du futur conjoint pour la Marocaine désirant se marier avec un non musulman ».

« Ce que je conteste, c’est que les maires puissent exiger un document qui demande la conversion à l’islam », a expliqué le journaliste, dénonçant un « excès de zèle » des services d’état civil. Lire la suite…

Capitale de la culture islamique 2011 Tlemcen Algerie

Année 2011, Tlemcen capitale de la culture islamique

TLEMCEN – La capitale des Zianides, Tlemcen, consacrée tout le long de 2011, « Capitale de la culture islamique » aura vécu une année intense et chargée d’activités scientifiques, artistiques et culturelles de haute facture présentées par des troupes nationales et internationales.
Cet événement, inauguré en grande pompe, a rendu à Tlemcen son lustre d’antan. Il a contribué de manière significative, par le biais des films documentaires, des colloques, des semaines culturelles nationales ou étrangères, du théâtre, des expositions, à dépoussiérer une grande partie du patrimoine immatériel et matériel que recèle la « Perle du Maghreb ».
Les films produits et présentés par leurs réalisateurs dans ce cadre -plus d’une trentaine-, constituent un fond cinématographique de grande importance puisqu’il met en valeur des hommes et des femmes et d’autres figures illustres qui ont marqué l’histoire de Tlemcen et de sa région dans divers domaines.
Le 4ème art s’est, quant à lui, penché sur l’histoire et les hommes qui ont fait l’histoire de la cité en présentant des spectacles abordant Sidi Haloui, Sidi Boumediène et autres faits historiques mettant en exergue un patrimoine et une histoire inégalable aussi riche que variée. Au total, ce sont 17 pièces théâtrales sur les 19 programmées qui ont été présentées à un public avide de connaître et de s’approprier son histoire. Lire la suite…

L’islam évolue avec le temps, en Tunisie aussi

Khadija Katja Wöhler-Khalfallah écrit – Pour éviter que la 2e république tunisienne ne finisse en une farce, il est indispensable de trouver un bon équilibre entre les pouvoirs et éviter le cumul de trop de pouvoirs entre les mains d’une personne.

Il y a environ 150 ans, certains de nos ancêtres, dont on peut estimer qu’ils étaient bien plus profondément enracinés dans leurs traditions, se sont livrés à un vif et intense traitement des idées, qui ont fait naître la démocratie aux États Unis et inspiré la révolution française.

Après 55 ans de dictature et de censure de la libre pensée, il revient à notre génération de retrouver l’élan, interrompu si longtemps par la contrainte, et de sortir la discussion de la tour d’ivoire académique.

La genèse de l’idée démocratique dans les pays islamiques

Bien sûr, la préoccupation scientifique, avec n’importe quelles idées, ne se fait jamais sans balancer le pour et le contre, sans remettre un ou plusieurs aspects en question. La tâche devient encore plus difficile en tenant compte du fait que la France et la Grande-Bretagne se trouvaient en plein effort d’expansion coloniale, un effort qui ne se limitait pas du tout à la terre d’islam. A l’inverse, les États du monde musulman n’étaient pas moins intéressés à mettre en route des armées pour conquérir leur part du gâteau. L’empire Ottoman, lui, comptait à l’époque comme une des forces impériales, au même titre que l’empire de Habsbourg, des Prussiens, des Russes, de l’Espagne, de la France ou de la Grande-Bretagne. Avec les Ottomans, on entrait en coalition ou on entrait en guerre, selon les intérêts politiques et nationaux, ni plus ni moins. L’Égypte sous Muhammad Ali n’était pas moins expansive et son successeur Khédive Ismail n’avait pas de réserves à s’endetter en Europe et aux États-Unis pour réaliser son rêve de devenir Empereur d’Afrique.

Que de pays, aujourd’hui démocratiques, ont commis des injustices et n’ont pas fini hélas parfois d’en commettre, soit par désinformation ou par soumission aveugle au dictat de l’économie ; cela est bien vrai. Mais cela ne devrait nous inciter qu’à adopter et imaginer des mécanismes plus efficaces pour éviter de telles infractions au concept universel du respect des droits de l’homme, aussi bien sur le plan international que sur le plan national. Lire la suite…

Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011 : L’événement phare de l’année

Ce n’est pas sans raison majeure que le dévolu est jeté sur une ville réputée pour son rayonnement culturel, ses multiples apports civilisateurs à travers les âges et les époques.
Ce n’est pas sans raison majeure que le dévolu est jeté sur une ville réputée pour son rayonnement culturel, ses multiples apports civilisateurs à travers les âges et les époques. « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011 » est un juste choix, une reconnaissance et un droit amplement mérités. Lire la suite…

Un appel à égorger des musulmans suscite la colère

Un appel à égorger des musulmans suscite la colère

L’islamophobie est une pensée banale en France et en Europe. Elle est devenue le carburant des courants politiques officiellement non extrémistes. Il n’est pas surprenant de lire sur Facebook un appel à égorger des musulmans le jour de l’Aïd. Le terrain où couve la bête est largement fertilisé.

C’est le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui a donné l’alerte : sur Facebook, une page appelle « à égorger les musulmans à la place des moutons » le 6 novembre prochain à l’occasion de l’Aïd El-Kebir. « Enfin, on pourra faire la fête pour une bonne raison », ajoute l’appel qui a été bloqué par Facebook après une réaction indignée du Conseil français du culte musulman (CFCM). Facebook a beau être un espace où de nombreux tarés, à l’humour douteux, activent, les organisations musulmanes en France semblent prendre au sérieux cet appel. L’islamophobie que les autorités françaises et européennes en général ne prennent pas au sérieux n’est pas une plaisanterie comme le montre le carnage froidement mené par l’islamophobe Anders Behring Breivik, le 22 juillet dernier. Lire la suite…

Les Veillées du Ramadan deviennent le Festival des Cultures d’Islam

En 2011, les Veillées du Ramadan reviennent à Paris sous le nom de « Festival des Cultures d’Islam ». Du 7 au 17 septembre, l’Institut des cultures d’Islam se penche sur l’empreinte laissée par les attentats du 11 septembre 2001 sur toute une religion.

A travers une programmation culturelle décloisonnée et pluridisciplinaire,l’Institut des cultures d’Islam se veut le reflet d’un contexte laïque et moderne. Le festivalIslam & the City en est une des manifestations.
Cette 6e édition des Veillées du Ramadan, rebaptisée « Festival des Cultures d’Islam », est intégralement dédiée aux attaques terroristes du11 septembre 2001 qui ont eu un impact profond sur les représentations de l’islam et des communautés musulmanes dans le monde entier. Islam & the City explore tous les aspects des relations entre l’islam et l’Amérique, à travers des expositions, spectacles, concerts, débats, films et ateliers. Souhaitant décomplexer la question, l’Institut proposera punk islam, country soufie ou stand-up, offrant matière à réfléchir. Lire la suite…

“Nous sommes des créoles musulmans d’origine indienne”

 

“Nous sommes des créoles musulmans d'origine indienne”

Idriss issop-banian. Il n’aime pas trop le mot “zarabe”, en revanche, il aime cette idée d’un islam vécu “à la réunionnaise”, dans la diversité et au contact des autres composantes de l’île. Dans la cour de la mosquée de Saint-Paul, entretien avec un fabricant de lien culturel.

Si je vous dis que vous êtes un “zarabe”, comment le prenez-vous ?

« Zarabes » désigne les indo-musulmans de la Réunion, alors c’est un terme que je n’accepte pas trop vu le raccourci effectué, à tort, avec les « Arabes » d’Arabie. Ce raccourci est le produit de la société coloniale qui a appelé nos ancêtres “Mahométans” ou “arabes de Bombay”, ce qui a donné “zarabes” en créole. C’était peut-être aussi dû à la façon de s’habiller de l’époque : certains portaient la djellabah, le turban… Lire la suite…

Sous le signe d’Ibn Rochd Le consensus politique comme moyen de régulation des antagonismes sociaux

Ibn Rochd est le produit et le précurseur d’une Méditerranée possible, métissée, baignant dans l’histoire mais nullement prisonnière de dogmes. Sans nostalgie aucune, « Sous le signe d’Ibn Rochd » invite au débat, à la créativité et à l’échange. Retour sur un des ateliers reliant la justice et la cité.

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l'artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l’artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR
 Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar

Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar
Capitalisant sur le succès que la première édition avait rencontré l’année dernière, “Sous le signe d’Ibn Rochd” (Averroès), les organisateurs de cette manifestation récidivent avec une deuxième édition toujours sur le sillage de cette même figure emblématique de la pensée arabe.

Pour nous sortir d’une torpeur intellectuelle confortable, des ateliers animés par de prestigieuses personnalités du monde de la culture nous invitent à la réflexion et au débat autour de thématiques aussi riches que variées: “penser la cité”, “penser la justice”, “penser le beau”… C’était compter sans l’élément perturbateur du nuage de cendres volcaniques qui s’est invité de façon impromptue jusque dans cette manifestation pour en chambouler la programmation.

Ce seront donc M. Mohamed Nachi, Professeur de sociologie à l’Institut des sciences humaines et sociales de Liège et M. Michel Péraldi, Directeur du Centre Jacques Berque, qui prendront le relais pour animer conjointement l’atelier du mercredi 12 courant, à la place de M. Michel Guérin. Lire la suite…

Un penseur universel: Ibn Rochd la raison

Par Mustapha Cherif

Le monde en voie de développement, plus que jamais, a besoin de raison, de science, d’objectivité, pour progresser et faire face aux difficultés. Un immense penseur du XIIe siècle, Ibn Rochd-Averroès, qui a vécu en Andalousie à Cordoue, est considéré comme le symbole de la pensée rationnelle dans l’histoire de la civilisation musulmane. Il faut dire que le chemin emprunté par Ibn Rochd pour traiter de la question de la raison est singulièrement original. Il fut un des meilleurs avocats de la raison et a éclairé le monde par ses travaux. Le philosophe a traité du thème du rapport entre le savoir et l’éthique, entre morale et société, entre raison et sentiment. Cette approche est centrale.

Rien n’est donné d’avance

Le débat entre philosophie et subjectivité, spécificité et universalité, fait jaillir la question de la validité de la vérité universelle et celle de l’autonomie de la raison. Cette autonomie de la raison se réalise, pour Averroès, du fait de la nécessité de saisir objectivement les problèmes du monde. Abderrahmane Badawi, un des historiens de la vie et de l’œuvre Ibn Rochd-Averroès, précise que, pour étudier la question de la Cité juste chez notre philosophe, nous avons son commentaire de La République de Platon et celui de la Rhétorique d’Aristote. L’ouverture, pour Ibn Rochd, se réalise par le fait d’interpréter, d’une manière inconditionnellement rationnelle, une réalité où rien n’est donné d’avance. Lire la suite…

LA LUTTE CONTRE LE ROUKOUD EN ISLAM : L’apport des penseurs musulmans

« Plutôt que d´interroger, nous nous interrogeons sur l´avenir de l´homme en général et de l´Occident en particulier puisque c´est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n´arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu´il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l´illusion de sa puissance, prônant l´argent pour Dieu…. (…)»

L’Emir Abd El Kader dans Kitâb al mawâkif

Depuis plus de huit siècles, l’Islam a progressivement laissé se perdre son référent cultuel, intellectuel, culturel pour la civilisation humaine au profit d’un mimétisme d’un monde occidental sûr de lui et se voulant le seul détenteur du sens prônant un «magister dixit», au besoin, par la force. Si les causes du déclin sont connues et en grande partie dues à l’instrumentalisation par le politique du sacré pour des stratégies de pouvoir, cette contribution a pour ambition de décrire et sans être exhaustif, l’apport indéniable de penseurs musulmans qui ont, chacun à sa façon, tenté de réagir contre cette nuit de l’intellect, en combattant aussi avec les armes de l’esprit un Occident qui fait de la civilisation matérielle le but ultime de son apport, reléguant l’homme à un «produit marchand» dans une société chrétienne largement sécularisée.

Le XXe siècle s´est, comme on le sait, clôturé sur de grandes interrogations. On peut dire que le XXIe s´est provisoirement clôturé le 11 septembre 2001. Nous voilà au troisième millénaire avec une mondialisation-laminoir dimensionnée pour les plus nantis, quelles que soient d´ailleurs leurs latitudes. En Occident, où le sécularisme a, pendant deux siècles, éloigné l´homme de sa dimension transcendantale, l´individu est en pleine errance spirituelle, il en est à se bricoler une spiritualité. En puisant dans le supermarché du «croire», ce qui correspond le plus à ses aspirations. Cette errance religieuse induite par le millénarisme, amène à une autre servitude qui attend l’individu-sujet. C´est l´asservissement au marché, au libéralisme sauvage. Pierre Bourdieu a bien raison de concevoir le libéralisme comme un programme de «destruction des structures collectives» et de promotion d´un nouvel ordre fondé sur le culte de «l´individu seul mais libre».(1).

Il est important de connaître l’apport de quelques penseurs musulmans. Nous avons choisi de parler de l’Emir Abdelkader, de Djamel Eddine El Afghani, de Mohamed Iqbal. Chacun à sa façon a tenté d’expliciter les causes du déclin, et les conditions d’une re-naissance de la civilisation islamique.

L’Emir Abd El Kader, l’Homme d’Etat et l’Homme de Dieu Lire la suite…

L’islam : nouvelle cible du christianisme?

Stéphane BRIAND

Depuis les attentats du World Trade Center en 2001, l’islam , dans les rapports supposés qu’il entretiendrait avec la violence, a fait l’objet de nombreux commentaires au point d’occuper régulièrement la scène intellectuelle, médiatique ou politique. C’est ainsi que Michel Orcel, docteur ès lettres et sciences humaines et spécialiste d’islamologie  ,  » à la faveur des recherches sur l’état de l’islamologie contemporaine […] a découvert avec effroi qu’une bonne part de ce qu’on nomme aujourd’hui l’islamophobie savante est intimement liée à l’Eglise.  » Dans un petit livre dense intitulé De la dignité de l’islam et décliné en sept chapitres, l’auteur se propose d’examiner et de réfuter quelques thèses de ce qu’il considère comme la nouvelle islamophobie chrétienne.

La provocation de Ratisbonne

L’ouvrage s’ouvre sur la fameuse provocation de Ratisbonne (12 sept 2006) initiée par le pape Benoît XVI alors fraîchement élu, lequel, sous prétexte d’illustrer le lien entre la raison grecque et la foi chrétienne, cita un propos de l’empereur Manuel II Paléologue énonçant que le prophète de l’islam n’avait rien apporté  » que de mauvais et d’inhumain.  » Cette attaque en règle  contre l’islam – peut-on l’appeler autrement ? -  semble ouvrir  la voie à de nouveaux polémistes chrétiens qui n’auront de cesse, selon l’auteur, de déconsidérer  la religion musulmane au profit de la religion chrétienne. Luxenberg  , Gallez  , Gilliot  , Prémare   et Delcambre  entre autres ) vont ainsi faire l’objet d’un examen critique de la part de l’auteur, lequel souligne que «   figés dans leur dogmatisme, les docteurs musulmans laissent ainsi la place à l’exégèse historico-critique des savants occidentaux, que rien ne retient de mettre en pièces le texte saint. «   Lire la suite…

La liberté religieuse recule dans le monde

JACKIE FRANK ET VICKI ALLEN , WASHINGTON

Un rapport américain souligne l’augmentation des violences à caractère religieux et le recul des libertés confessionnelles dans le monde au cours des cinq dernières années. Une tendance nettement présente dans les pays du Sud mais aussi en Europe, en France et en Angleterre notamment.

Un groupe de recherche américain affirme que près d’un tiers de la population mondiale vit dans des pays où la pratique libre d’une religion est de plus en plus difficile. Le centre de recherche Pew sur la religion et la vie publique a remarqué que les restrictions gouvernementales et l’hostilité du public vis-à-vis de certaines religions ont progressé entre 2006 et 2009 dans certains pays. Selon le rapport « sur les trois années sur lesquelles portent l’étude, l’étendue de la violence et des mauvais traitements pour des raisons religieuses ont diminué dans quelques endroits, mais augmenté dans un grand nombre de cas. » En effet, seulement 1 % de la population vit dans des pays où la tolérance religieuse est en progression. Une hausse importante de l’hostilité publique est visible en Chine, au Nigéria, en Thaïlande, au Vietnam et en Grande-Bretagne tandis que des restrictions gouvernementales ont fortement augmenté en Egypte et en France. Le centre de recherche Pew a étudié les lois et les politiques gouvernementales qui visent à bannir certaines croyances, à limiter les prêches, qui interdisent la conversion et qui favorisent certaines religions.

Des chiffres élevés mais stables

Les données utilisées pour mesurer cette hostilité sont les violences sectaires, l’interdiction de porter certaines tenues religieuses ainsi que d’autres formes d’intimidations. Les pays les plus hostiles et qui prônent les mesures les plus restrictives vis-à-vis de certaines religions sont l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, l’Egypte, l’Iran, le Myanmar, la Russie, la Turquie, le Vietnam, le Nigeria et le Bangladesh, même si dans la plupart de ces pays aucune hausse significative n’a été observée entre 2006 et 2009. En 2009, des personnes ont été tuées, battues, emprisonnées, déplacées de chez elles ou ont perdu tous leurs biens suite à des représailles gouvernementales pour des raisons religieuses dans 101 pays. En 2008, le nombre de pays impliqués dans ces violences étaient de 91. Des violences collectives se sont déroulées dans 52 pays en 2009, ce chiffre étant de 38 l’année précédente. La haine religieuse et les préjugés ont entraîné des violences sur des personnes dans 142 pays sur les 198 étudiés, mais ce chiffre reste stable par rapport à l’année 2008. Selon le Centre de recherche Pew

« dans 74 pays, des groupes terroristes extrémistes ont été actifs entre 2006 et 2009 » et des violences ont eu lieu dans la moitié de ces pays au cours de l’année 2009.

Peur autour de la démographie musulmane

Les chrétiens et les musulmans, les deux groupes religieux les plus présents dans le monde, ont été harcelés dans la plupart des pays. D’autres groupes ont été aussi victimes d’intimidations. Les juifs, qui représentent moins de 1 % de la population mondiale, ont connu des restrictions ou des intimidations dans 75 pays. Dans cinq pays européens : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Russie, la Suède et la Bulgarie, les tensions religieuses se sont cristallisées autour de l’augmentation rapide de la population musulmane. D’autre part, l’antisémitisme et l’antagonisme vis-à-vis de certaines minorités ont augmenté.

http://fr.zaman.com.tr

LES FÊTES RELIGIEUSES DANS LES TRADITIONS

Les sociétés musulmanes qui sont d’esprit profondément religieux, accordent une valeur particulière à la qualité religieuse des individus. De même, l’Islam qui est une religion « révélée », s’intéresse à tous les actes, mêmes les plus ordinaires, de l’individu. En somme, il est à vrai dire une civilisation complète qui n’a pas manqué de donner aux rapports sociaux, à la politesse, à la bienséance, qui en sont les manifestations les plus fréquentes et les plus apparentes, son caractère particulier.

Le Coran, et la Tradition prophétique (hadiths) sont par certains côtés des codes de politesse très étudiés, très suivis et ils confèrent aux règles de la bienséance musulmane une autorité indiscutable et une immuabilité évidente.

LES FÊTES RELIGIEUSES, LE PELERINAGE.

La petite fête : l’Aïd-el-séghir

L’Aïd-el-séghir est la petite fête qui célèbre la rupture du Jeûne. Le premier jour, on fait hors des remparts, à la m’çalla une prière en commun que dirige l’Imam. Ce jour et les deux jours suivants, on rend des visites, on échange des vœux et on fait des aumônes aux pauvres. En principe, chacun doit donner une mesure d’un repas quotidien par membre de sa famille. Cette aumône est dite «zakat de la fitra : c’est une sorte de purification », c’est-à-dire purification de la fortune acquise, qu’elle soit grande ou petite.

La grande fête : l’Aïd-el-Kebir et le pèlerinage.

La fête passée, ceux qui ont l’intention d’accomplir le pèlerinage de la Mecque font leurs préparatifs afin de se trouver dans le lieu Saint au moment de l’Aïd-el-kébir, la grande fête. Elle a lieu deux lunaisons et dix jours après la rupture du Jeûne. Lire la suite…

L’ISLAM À LA CROISÉE DES CHEMINS

Par Pr Chems Eddine CHITOUR

Au XVIIe siècle, l'âge d'or de l'Empire ottoman est déjà révolu
Au XVIIe siècle, l’âge d’or de l’Empire ottoman est déjà révolu

«Al ‘adou amamakoum oua el bahrou ouraakoum» (L’ennemi est en face de vous, la mer derrière vous). Tarik Ibn Ziad

Ce mois sacré du Ramadhan nous donne une fois de plus l’opportunité de faire un rapport d’étape sur la situation peu enviable des musulmans dans le monde en convoquant une fois de plus les causes qui ont amené à ce déclin qui commença depuis la chute de Grenade en 1492. Le destin des pays musulmans, notamment arabes, était lié dans une grande mesure à celui de l’Empire ottoman Au XVIIe siècle, l’âge d’or de l’Empire ottoman est déjà révolu. Lépante en 1571, première défaite majeure, marquait un tournant dans l’histoire de l’État ottoman et un regain de confiance dans la puissance de l’Europe chrétienne. La campagne d’Égypte, expédition militaire entreprise par Napoléon Bonaparte (1798-1801), et l’invasion des troupes du gouverneur de l’Égypte, Mehemed Ali, de la Syrie, secouent brutalement les fondements de l’État ottoman et l’obligent à rechercher des solutions pour les crises qui éclatent au sein de l’empire, c’est l’époque des Tanzimat. Le rôle de l’Angleterre et de la France a été décisif dans le long délitement de l’empire. La technique est connue. Imposer à l’homme malade de l’Europe des réformes et l’amputer inexorablement de ses provinces. Ce fut la Grèce, et au Maghreb l’invasion française de l’Algérie en 1830, précédée, il faut le souligner, de la débâcle de Navarin en 1827, où l’empire perdit sa flotte, même la flotte algérienne venue en aide fut détruite. De plus, les puissances européennes attisant les haines et se voulant protectrices des minorités chrétiennes ont imposé au sultan des gouverneurs chrétiens «les moutassarif». Inexorablement, la scission des populations amena à des émeutes et le rôle de l’Emir Abelkader dans la protection des milliers de chrétiens à Damas, fut reconnue.(1) Lire la suite…

Biographie : qui est Mahomet ?

Prophète de l’Islam, Abû l-Qâsim Muhammad ibn ‘Abdallâh, connu en Occident sous le nom de Mahomet, est né à La Mecque (actuelle Arabie saoudite) vers 570, mort à Médine le 8 juin 632.
La vie de Mahomet ne nous est connue que par des sources islamiques, notamment la Vie du messager de Dieu d’Ibn Hishâm (mort vers 834), ou les Campagnes militaires du messager de Dieu d’al-Wâqidî (mort en 822), auxquels s’ajoutent les recueils de Hadîth. Ces sources fournissent des renseignements détaillés et abondants, mais dont l’authentification et l’interprétation soukèvent d’importantes difficultés.
À la naissance de Mahomet, La Mecque est, depuis plusieurs générations, sous le contrôle de la tribu de Quraysh, qui tire sa richesse du commerce caravanier. Elle est gouvernée par une assemblée des chefs de clans. Sur le plan religieux, la ville reste massivement dominée par un polythéisme aux formes assez primitives, dont le culte est centré sur la « Pierre noire » de la Ka’ba, autour de laquelle un pèlerinage annuel attire les tribus de la région. Une situation analogue prévaut dans le reste de la péninsule arabique, malgré la présence, notamment au Yemen, de noyaux juifs et chrétiens.
La première partie de la vie de Mahomet ne nous est connue que par des traditions où l’histoire est difficile à distinguer de la légende. Issu du clan hâshimite de Quraysh, il se serait trouvé orphelin de bonne heure, et aurait été recueilli par son oncle paternel Abû Tâlib, le chef du clan. Il n’en aurait pas moins subi un certain déclassement social, qui l’aurait obligé à travailler pour le compte d’autrui, comme escorteur de caravanes, jusqu’à ce que son mariage avec Khadîja bint Khuwaylid, une riche veuve dont il était devenu l’homme de confiance, lui permette de retrouver son rang parmi les notables de la tribu. Lire la suite…

L’APPORT DE L’ISLAM À L’HUMANITÉ : Plaidoyer pour la tolérance

«Dites: Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus; à ce qui a été donné à Moïse, et à Jésus; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux; nous sommes soumis à Dieu». 

Coran « Sourate 2 – Verset 136″

A l’occasion du mois de Ramadhan, et comme les années précédentes, nous voulons apporter notre contribution au débat spirituel. Il est connu que l’inquiétude, voire l’angoisse par rapport au monde de l’invisible, a toujours été une constante de l’humain. A partir du moment où il a pris conscience de sa propre fin en voyant les autres mourir, l’homme de la Préhistoire était hanté par le surnaturel et avait la préoccupation de communiquer avec ce monde inconnu. Il a marqué un fort attachement à ses origines, ses morts, ses ancêtres. Ces expressions sont l’image d’une révolution mentale, psychique de l’homme! Pour Rémy Chauvin: «L’homme est le seul animal qui allume le feu et enterre ses morts.» En 1968, Ralph Solecki découvre un squelette néandertalien abondamment entouré de pollen fossile. Rituel funéraire, geste symbolique destiné à provoquer la guérison du malade, ou à le ressusciter? Il y a donc au moins 30.000 ans, l’homme commençait à prendre conscience de la finitude de son espèce.

Devant l’harmonie du monde, le philosophe Jean Guitton nous invite à nous poser la question fondamentale sur le «moteur» de la mécanique céleste: «Si un ordre sous-jacent gouverne l’évolution du réel, il devient impossible de soutenir, d’un point de vue scientifique, que la vie et l’intelligence sont apparues dans l’univers à la suite d’une série d’accidents, d’événements aléatoires dont toute finalité serait absente. La réalité tout entière repose sur un petit nombre de constantes cosmologiques: moins de quinze. Jean Guitton pose alors la question du hasard: «(…) Ni les galaxies et leurs milliards d’étoiles, ni les planètes et les formes de vie qu’elles contiennent ne sont un accident ou une simple «fluctuation du hasard.» Nous ne sommes pas apparus «comme ça», un beau jour plutôt qu’un autre, parce qu’une paire de dés cosmiques a roulé du bon côté.(1) Lire la suite…

L’unité arabe dans la pratique révolutionnaire

Par Youssef Girard

Après la défaite de juin 1967, certains analystes avaient pronostiqué la mort du nationalisme arabe pulvérisé sous les bombes de l’aviation sioniste. En effet, cette défaite humiliante a marqué un sérieux coup d’arrêt pour le mouvement de libération arabe et une remise en cause de l’idée même d’unité arabe et de nation arabe. Différents courants régionalistes s’exprimèrent dans ce sens au nom d’identités locales singulières. Le nationalisme arabe semblait apparaître comme une réalité évanescente et une idée morte devant disparaître après son échec à mettre en œuvre son projet politique. Lire la suite…