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Archives pour la catégorie ‘Culture’

25% de musulmans dans des écoles catholiques

21/01/2012

Julien Heyligen

Les inscriptions d’élèves musulmans dans les 59 établissements catholiques de l’Essonne sont en hausse constante. Il y en aurait plus de 2000, soit près de 10% des effectifs.

<br />Quelle que soit leur religion, les jeunes bénéficient d’un enseignement de culture générale religieuse commun, mais ils sont séparés lors de la préparation pour les sacrements notamment.  </p><p>

Quelle que soit leur religion, les jeunes bénéficient d’un enseignement de culture générale religieuse commun, mais ils sont séparés lors de la préparation pour les sacrements notamment. | (AFP.)

Les établissements scolaires catholiques du département accueillent de plus en plus d’élèves musulmans. Aucune statistique officielle n’existe, mais, selon la direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC), il y aurait près de 10% d’élèves musulmans sur un total de 22000 dans les 26 écoles, 16 collèges et 17 lycées chrétiens qu’elle gère dans l’Essonne.

 certains secteurs géographiques, comme à Evry, cela monte à près de 25% », précise Gérald Omnes, directeur adjoint à la DDEC. Un phénomène en pleine expansion, à l’heure ou deux projets d’établissement scolaire musulman, dont le département est aujourd’hui totalement dépourvu, sont en projet à Evry et à Corbeil (voir ci-contre). Lire la suite…

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Première rencontre entre le Crif et la Grande Mosquée de Paris

20/01/2012

Mardi 17 janvier, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Richard Prasquier a officiellement rencontré pour la première fois le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.

« Juifs et musulmans, pour une citoyenneté en partage ». C’est sous cet intitulé que se sont officiellement rencontrés pour la première fois le président du Crif, Richard Prasquier, et le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Une rencontre placée sous le signe de la proximité entre les deux religions, la paix et la compréhension mutuelle. Le président du Crif a, dans son discours, d’abord expliqué la nécessité de mieux se comprendre, d’œuvrer pour le rapprochement des juifs et musulmans de France. Il a ensuite rappelé les liens qui unissent les deux communautés depuis des décennies, que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque des juifs ont trouvé refuge dans l’enceinte de la Grande Mosquée, ou plus tard lors de rapprochements entre l’ancien recteur Hamza Boubakeur et les Grands Rabbins de France Jacob Kaplan et René-Samuel Sirat.

Richard Prasquier a brièvement évoqué le conflit israélo-palestinien, exhortant les deux parties à ne pas exporter le conflit en France : « Il s’agit d’un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qui ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ». Il a enfin explicité les motifs de cette rencontre entre les deux institutions que sont le Crif et l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, « pour marquer la priorité de l’enjeu d’une relation forte et apaisée entre juifs et jusulmans en France. Pour un vivre ensemble harmonieux, respectueux des valeurs républicaines et citoyennes ». Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a quant à lui commencé par illustrer, dans son discours, la proximité entre juifs et musulmans qui se retrouve au sein même du Coran : citant plusieurs versets faisant référence aux juifs (désignés comme  »fils d’Israël »), le recteur a rappelé que le nom de Moïse se retrouve 134 fois dans le Livre saint et celui d’Abraham 44 fois. Lire la suite…

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Crif et Grande mosquée de Paris appellent à « faire tomber le mur de la méfiance »

20/01/2012

La Grande mosquée de Paris et Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se sont engagés, lors de leur première rencontre officielle mardi 17 janvier à la mosquée de Paris, « à faire tomber le mur de la méfiance » entre leurs deux communautés.

Prenant la parole devant une cinquantaine de représentants juifs et musulmans, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a souhaité « juguler l’impression de malaise et de non-communication entre les deux familles spirituelles concernées ». « Constatons qu’avant tout, c’est l’ignorance ou la volonté d’ignorance réciproque qui peut être un facteur qu’il urge avant tout de combattre. Il faut reconstruire une mémoire commune », a-t-il martelé.

Soulignant que « l’islam n’est pas antisémite », Dalil Boubakeur a proposé que des commissions œuvrent pour rétablir la connaissance réciproque des deux communautés, notamment par un travail dans le domaine de l’histoire, de la civilisation.

« UN DIFFÉREND D’ORDRE POLITIQUE ET NON MÉTAPHYSIQUE »

Une autre commission œuvrerait pour « éviter que les tensions nées hors de France aient un retentissement chez nous » et empêcher chaque communauté de se « communautariser dans l’inquiétude ».

Dans son intervention, Richard Prasquier, président du Crif, a souligné en préambule que son organisme, qui rassemble représente 72 organisations juives en France, n’a aucune légitimité théologique dans cette rencontre.

« La problématique qui est la nôtre est politique et non pas religieuse », a-t-il donc expliqué, soulignant que les difficultés nées du conflit israélo-palestinien « parfois inutilement invoqué » comme enjeu de politique intérieure, est avant tout « un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qu’il ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ». Lire la suite…

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La Communauté musulmane d’Europe existe-t-elle? Les Rencontres d’Averroès discutent de l’Islam en Europe…

19/01/2012

Cette assertion (« La communauté musulmane en Europe n’existe pas« ) peut sembler péremptoire. Peut-être même un peu provocante. C’est pourtant ce qu’a affirmé Farida Belkacem, jeune chercheuse à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques, à Paris), lors d’une interview accordée à WRW le 19 novembre 2011, à la sortie de sa conférence aux Rencontres d’Averroès.

Cette 18ème édition des Rencontres s’est tenue du 20 octobre au 3 décembre 2011 conjointement dans plusieurs villes : Marseille, Rabat, et Cordoue, sous la bannière fédératrice du dialogue transméditerranéen.
Le thème de cette année, là encore volontiers provocateur, en dit long sur le climat agité dans lequel se débat actuellement la plupart des intellectuels européens : « L’Europe et l’Islam : la liberté ou la peur ? »

L’Europe, l’Islam : un continent, une religion. Deux visions du monde parfois antagonistes, parfois complémentaires, parfois confondues. Pour Thierry Fabre, le créateur des Rencontres d’Averroès, de nouveau »il n’y a pas d’incompatibilité entre l’Europe et l’Islam, il s’agit de sortir de nos peurs communes« . C’est dans cette dynamique que se sont inscrites les Rencontres d’Averroès cette année, en s’attachant à montrer à travers les trois tables-rondes la continuité qui existait dans la relation qu’entretient bon gré mal gré depuis de nombreux siècles maintenant le couple Islam / Europe.

C’est à une réjouissante effervescence intellectuelle que nous assistons au sein de la communauté des chercheurs en sciences humaines et sociales (notamment chez les sociologues, anthropologues, politistes, voire théologiens), concernant des questions liées à la religion musulmane et à leurs implications dans les dynamiques sociales, économiques et politiques européennes.

Les débats autour de l’Islam ont été ces dix dernières années si fréquents et si riches qu’il nous semble parfois être de retour à l’époque d’Averroès. Ainsi que le dit Thierry Fabre, « la place de l’Islam dans les sociétés européennes n’a en effet jamais été aussi discutée, et même aussi ouvertement contestée qu’aujourd’hui« . Lire la suite…

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Happy Birthday Mohamed Ali !

19/01/2012

L’immense champion de boxe célèbre aujourd’hui son 70e anniversaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le plus grand boxeur de tous les temps fête aujourd’hui ses 70 ans. Né le 17 janvier 1942 à Louisville dans le Kentucky sous le nom de Cassius Clay, celui qui est devenu Mohamed Ali en se convertissant à l’Islam n’a pas seulement marqué l’histoire de la boxe. Il a aussi marqué celle du sport et toute une époque. Champion olympique à Rome en 1960, à dix-huit ans, il va écrire sa légende durant près de vingt ans. Sacré champion du monde à trois reprises, ses combats contre Frazier ou Foreman sont désormais mythiques. Mohamed Ali, ce boxeur qui « dansait comme un papillon et piquait comme une abeille » est devenu une icone aux côtés des Pelé, Maradona ou encore Michael Jordan. S’il a autant imprégné les esprits, c’est parce qu’il avait un don pour la boxe mais aussi un caractère au moins aussi fort que son talent. Ainsi, en 1966, il avait refusé d’aller se battre au Vietnam : « Pourquoi irais-je combattre les Vietnamiens ? Eux ne m’ont jamais traité de négro », argumentait « The Greatest ». Lire la suite…

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Laissez-nous haïr librement

15/01/2012

parJean-Pierre Cavaillé

En quelques semaines un nouveau mot s’est imposé dans le débat public, à travers l’importance médiatique concédée aux manifestations de catholiques « traditionnalistes » contre les pièces de théâtre Sur le concept du vrai visage du fils de Dieu et Golgota Picnic. Celui de Christianophobie. On a vu aussi apparaître « cathophobie » qui, parmi les chrétiens, fait le tri, et semble donc moins « porteur ». Ces mots sont évidemment dérivés d’autres devenus communs : islamophobie, judéophobie, homophobie, handiphobie… Pascal Galinier, dans Le Monde, a récemment souligné la multiplication des néologismes forgés à partir du mot grec « phobos », peur, rejet, mais phobie signifie désormais surtout, de fait, haine. Tous ces mots servent en effet à désigner et à dénoncer d’abord des discours et des comportements (prétendument) haineux visant une entière « communauté » définie selon les critères religieux, ethniques, sexuels ou autres. La haine n’est donc pas ici envisagée comme manifestée par des discours et des actes contre des individus désignés, mais contre des groupes. Et évidemment les notions de phobie et de haine excèdent infiniment et de toute part l’appel au meurtre contre une communauté donnée, dont on peut en effet difficilement défendre la licéité.

Une remarque générale, toutefois, de grande importance s’impose : la haine qui ne se traduit pas par des actes de violence et des propos injurieux contre des personnes, ne semble pouvoir relever du droit que si l’on accepte de remettre en cause, et de la manière la plus radicale, la liberté d’expression. En effet, si l’on ne s’en prend physiquement à personne, si l’on n’injurie personne en particulier, c’est évidemment qu’on limite ses actes à des actes de parole (car si l’on agit physiquement, on s’en prend à des personnes, ou alors à des biens, privés ou publics) et des actes de parole, on l’a dit, qui ne s’adressent pas aux individus. Or la liberté d’expression n’est pleine et entière que si l’on garantit la liberté publique de toutes formes d’actes de parole qui ne diffament ni n’injurient les individus, et qui n’appellent pas au massacre ou à la persécution effective des communautés. Hé bien, force est de constater que nous sommes en train, et très rapidement, de renoncer à cette liberté, dès lors que l’on accepte d’inscrire dans le droit des notions comme celle d’homophobie ou d’handiphobie, et demain peut-être celles d’islamophobie et de christianophobie. Car il va de soi que l’égalité devant le droit implique que la protection contre le discours de haine ne soit pas réservée à telle ou telle communauté, mais que toutes, potentiellement, puissent en bénéficier. Lire la suite…

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Entretien avec Youssef Girard : « L’islamophobie est une idéologie hégémonique en France »

14/01/2012

Par Youssef Girard

Entretien avec Echourouk en décembre 2011. L’article n’est plus accessible sur ce site, mais on peut le retrouver, en arabe, sur le site du Centre d’Etudes Assala.

Youssef Girard a grandi dans une famille « de gauche » avant de se convertir à l’islam à l’âge de dix-huit ans. Il a entamé une recherche historique et il a découvert la propagande mensongère de la politique française. De même, il met en avant le racisme occidental qui cherche à réduire le monde entier à son histoire spécifique. Youssef Girard a soutenu une thèse de doctorat en histoire sur le mouvement nationaliste algérien. Dans cette interview, il explique sa conversion à l’islam et dénonce les mensonges derrière lesquels se retranche l’Occident notamment la France où les droits des autres peuples sont niés. Il affirme que la France n’est pas prête à reconnaitre la liberté religieuse et la pluralité culturelle qu’elle brandit uniquement comme un slogan. Youssef Girard explique les moyens mis en œuvre pour écarter les musulmans de la vie sociale et politique et les pressions exercées quotidiennement sur eux en France.

Entretien avec Youssef Girard  : 'L’islamophobie est une idéologie hégémonique en France'

France, 2011 : manifestation contre l’islamophobie
Comment vous-êtes vous converti à l’islam ?

J’ai grandi dans un « quartier populaire » de la banlieue parisienne dans lequel vivaient des gens d’origines diverses notamment des Africains et des Maghrébins. J’avais des relations amicales avec des jeunes de ces communautés. Rares étaient ceux qui étaient des musulmans pratiquants. La plupart se contentait de jeûner durant le mois de ramadan. A la fin de l’adolescence, avec un groupe d’amis, nous avons commencé à chercher notre voie. Ainsi, j’ai découvert l’islam et j’y ai adhéré comme l’ont fait d’autres amis qui se sont convertis ou qui se sont mis à pratiquer l’islam avec assiduité. Par la suite, chacun a suivi son propre chemin. Certains, par exemple, sont partis en Égypte pour poursuivre des études et apprendre le Coran. J’ai entrepris des études d’histoire sur le mouvement nationaliste algérien car j’étais persuadé que la colonisation de l’Algérie était un élément central dans les débats sur l’islam en France. En effet, la façon dont l’islam est traité en France est liée à l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Lire la suite…

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France : A Strasbourg, les musulmans auront leur cimetière

14/01/2012

Grâce à la non-application de la loi sur la laïcité en Alsace, un premier cimetière musulman sera créé dans quelques jours.

Strasbourg, chef-lieu de l’Alsace, sera la première ville française où sera inauguré, au début du mois de février, un cimetière musulman. Sur 25 000 m2, un millier de sépultures pourront être créées. Toutes les conditions du rite musulman y seront remplies : orientation des tombes vers La Mecque, salles pour les ablutions, espace couvert pour les prières.
Pour la porteuse du projet, l’adjointe au maire, Anne-Pernelle Richardot, «il n’y aura pas de crémation des restes au bout de nombreuses années, mais on y créera un ossuaire puisqu’il ne peut pas y avoir de crémation dans le rite musulman».

Selon l’élue, qui s’exprimait sur Alsace 12, «on peut comprendre que des gens, qui vivent leur foi, veuillent être enterrés selon leur rite et leur culture. Je pense que cela permet à chacun de se sentir bien. Lorsque j’ai vu le maire signer la convention de gestion des carrés musulmans, et qu’il a déclaré que Strasbourg s’engageait à créer le premier cimetière musulman, j’ai vu des gens émus aux larmes».

Pour les populations musulmanes, c’est une forme d’intégration «que d’être enterrés dans le pays qui vous a accueilli, où pour telle ou telle raison vous avez posé vos valises, où vous avez élevé vos enfants et où vivent vos petits-enfants. Intégration, mais aussi signe d’appartenance. On appartient à la terre où on a vécu, où on a été heureux, malheureux, où on a vécu sa vie d’adulte», ajoute la responsable municipale. Un mot enfin pour dire qu’en Alsace-Lorraine, la loi de 1905 sur la laïcité ne s’applique pas, et les pouvoirs publics peuvent intervenir dans l’organisation et le financement des cultes.

Walid Mebarek

http://www.elwatan.com/

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Le FN fait un flop à Avallon

13/01/2012
 Par anne duvivier

À Avallon, le FN essaie opiniâtrement d’allumer une querelle avec la modeste communauté musulmane. Mais jusqu’à maintenant, sans résultat.

Emplacement de la future mosquée, quartier de la Morlande, Avallon.
Emplacement de la future mosquée, quartier de la Morlande, Avallon.© AD

L’initiative d’Édouard Ferrand, président du groupe FN au conseil régional de Bourgogne, a fait long feu. Il avait prévu de tenir une conférence de presse ce samedi 7 janvier à 10 heures, au Bar Le Relax à Avallon, sur le thème « Avallon est en danger ! »


Seulement il avait négligé de prévenir le propriétaire du bar, qui, averti par la bande, a refusé catégoriquement de se prêter à l’opération. « D’autant, rapporte notre confrère Franck Morales, de L’Yonne républicaine, que lorsqu’il a demandé des explications à l’élu frontiste mercredi soir au téléphone, ce dernier a évoqué « une rencontre informelle ». « On nous met devant le fait accompli et en plus on nous ment. C’est dégueulasse ! »
Comme cet homme, qui nous disait n’aspirer qu’à retrouver la paix et l’anonymat, après un pic de notoriété soudaine dont il se serait bien passé, Jean-Yves Caullet, le maire PS d’Avallon, est navré. Manifestement, pas grand monde n’a envie de s’épancher sur des sujets qui font l’objet d’un consensus, au risque d’attirer l’attention, à propos des projets de la petite cité, de personnes extérieures plus ou moins bien intentionnées. Lire la suite…

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Claude Guéant à l’épreuve de la mémoire politique

11/01/2012

Par Maxime Hanssen

Dans un entretien accordé au Monde daté du mardi 3 janvier,Claude Guéant – ministre de l’Intérieur – tente une volteface vis-à-vis de la communauté musulmane et d’une grande partie des français  choqués par ses frasques incessantes sur le sujet. Selon  certaines études la «mémoire politique»  d’un citoyen est estimée à six mois en moyenne ; au-delà de ce temps, l’homme à tendance à oublier certains évènements, noyés dans le flux permanent de l’information. M. Guéant semble avoir conscience de cela, profitant de cet espace d’expression afin de dédiaboliser  son action et surtout dans le but  d’attendrir une communauté musulmane remontée.

 Ainsi, il estime que l’Islam «  est une religion ouverte, tolérante, pleinement insérée dans la société ».  Malheureusement, la sincérité de cette déclaration peut être remise en cause. En effet,  le 4 avril 2011, l’ancien secrétaire  générale de la présidence avait déclaré à Nantes : « L’accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de leurs comportements posent problème ».

En à peine un an, la communauté musulmane serait donc passée d’un statut de problème sociétal à une entité religieuse parfaitement intégrée dans la société!  Mais par quel « miracle » ce problème à t-il disparu ?

M. le ministre estime  que le «bilan de ces derniers mois est plutôt positif ».Pour qu’il y est bilan, il faut donc des mesures.  

De fait, l’arsenal utilisé par le gouvernement, comme la loi sur le voile intégral ainsi que les mesures prises à l’encontre des prières de rues auraient permis d’éliminer les problèmes qu’engendrent les musulmans vis-à-vis de la société.

Même s’il faut reconnaître que les mesures susdites  étaient des décisions bonnes et inévitables pour défendre la République laïque, les faits qui les ont engendré semblent disproportionnés. En effet, le port du Niqab concernait entre deux mille et trois mille femmes en France, tandis que les prières de rues étaient un fléau essentiellement concentré à Nice et dans quelques quartiers parisiens.

Ces faits-là sont-ils si important pour qualifier l’ensemble de la communauté musulmane comme un «problème » ? On constate aisément que M. Guéant  exploite le moindre dérapage pour stigmatiser l’ensemble de cette communauté.  On se doute du dessein électoral derrière cela. Lire la suite…

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Steak-pâtes. Facile, pas cher et halal d’ailleurs

11/01/2012

NajibL, Ingénieur mécanique

J’ai grandi à Valentigney, près de Belfort, dans un quartier populaire appelé « Les Buis », bien qu’il n’y ait plus un seul de ces arbustes là-bas. J’ai trente ans. Je suis d’origine marocaine comme mon prénom peut le laisser deviner.

A la question posée par nos instituteurs en école primaire : « que font vos parents dans la vie ? », la réponse standard associée était « mon père travaille chez Peugeot » (sous-entendu ouvrier chez Peugeot) et pour les plus « riches » d’entre nous, nos mères étaient femmes de ménage. J’étais dans ce cas : imaginez notre richesse dans notre HLM !

Un jour, un ami m’a dit que l’éducation se faisait à trois endroits : à la maison, à l’école et dans la rue. J’ai vraiment aimé cette vision.

« Va chercher notre casserole chez les Turcs »

La maison n’était pas vraiment une maison. Il s’agissait de la maison de tout le monde puisque nous étions locataires dans le bâtiment 32. Nous habitions au 2ème étage d’un immeuble en comportant trois auxquels il faut rajouter un rez-de-chaussée.

Pour notre seule cage d’escalier, il y avait des Turcs, des Marocains (nous), des Algériens, des Français et des Portugais.

Quand ma mère me disait « va chercher notre casserole chez les Turcs du dessus », ce n’était pas méchant, juste plus simple. D’ailleurs, tous les ustensiles de cuisine ont voyagé chez tout le monde : notre couscoussière chez nos voisins français, eux-mêmes qui nous avait prêté une assiette qui s’est retrouvée chez le Portugais qui ont donné de la morue aux Algériens et qui, à l’occasion du ramadan offraient des gâteaux à tout le monde… Lire la suite…

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Printemps arabe : L’avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy

10/01/2012

Olivier Roy était vendredi matin l’invité des Matins de France Culture.

Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d’analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d’expression.

L’heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?

Oui, mais islamistes ils ne sont plus. « Ce sont des post-islamistes », répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.

Il dresse le parallèle avec l’abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n’avaient pas le choix parce que l’idéologie ne marche pas.

Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :

« Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s’appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d’établir la charia.(…)  Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(…) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C’est comme cela  que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d’un siècle. » Lire la suite…

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Attester de sa conversion à l’islam pour se marier

10/01/2012

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Pour épouser sa compagne marocaine, un Français s’est vu demander par la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) un document qui nécessitait sa conversion à l’islam.

Frédéric Gilbert, journaliste, désirait se marier avec sa compagne marocaine, Hind, avec qui il a une petite fille.
Il devait fournir à la mairie « un certificat de coutume » délivré par le consulat du Maroc, qui exige une conversion à l’islam, nous explique l’AFP, confirmant une information parue, samedi, dans Le Parisien.

« La mairie m’a demandé un certificat de coutume. Or ce certificat n’est délivré par le consulat que lorsqu’on accepte la conversion à l’islam, ce que j’ai refusé car c’est contraire à l’esprit de la République française », a dénoncé le journaliste, qui se dit « laïc convaincu » et « fils de curé défroqué ».

Sur le site du consulat général du Maroc à Paris, parmi les documents à fournir pour obtenir le certificat de coutume figure l’ »Acte de conversion à l’islam du futur conjoint pour la Marocaine désirant se marier avec un non musulman ».

« Ce que je conteste, c’est que les maires puissent exiger un document qui demande la conversion à l’islam », a expliqué le journaliste, dénonçant un « excès de zèle » des services d’état civil. Lire la suite…

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La mosquée encore vandalisée

10/01/2012

Le Centre islamique de l'Outaouais situé sur la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Le Centre islamique de l’Outaouais situé sur la rue Lois, à Gatineau, a encore été vandalisé hier. Il s’agit là du quatrième acte de vandalisme en autant de mois.

PATRICK WOODBURY, LEDROIT

« F**k Arab », « F**k Halah (sic) ». « Vive David ». « Terrorist ». La mosquée du secteur Hull a été le théâtre d’une nouvelle vague d’actes de vandalisme, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Cette fois, plusieurs graffitis à caractère haineux ont été peints à l’aérosol sur les murs et les portes d’entrée du lieu de culte, vers 2 h 30. À l’entrée principale, au-dessus du « F**k Arab », des étoiles de David, symbole de l’État hébreu, ont été peintes en blanc dans les petites fenêtres des portes brunâtres.

Ces actes de vandalisme surviennent moins de 72 h après que des fenêtres du Centre islamique de l’Outaouais, situé sur la rue Lois, aient été fracassées et que des voitures garées dans le stationnement aient été partiellement incendiées.

C’est la quatrième fois en quatre mois que ce temple musulman est la cible d’un vandale. Une provocation de plus en plus soutenue qui fait monter l’inquiétude déjà grandissante des quelque 4000 fidèles de la communauté musulmane qui fréquentent la mosquée.

Appel au calme

Hier, la direction a lancé un appel au calme. « On demande à la communauté de rester sereine face à la provocation », a lancé, exaspéré, Amadou Oumar Thiam, l’un des membres du conseil d’administration du centre.

« On demande aux autorités policières de ne ménager aucun effort et de faire tout ce qui est possible pour attraper la personne responsable », ajoute-t-il.

http://www.cyberpresse.ca/


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Serra, un solitaire au Qatar

09/01/2012

Par Valérie Duponchelle
7, la plus haute sculpture jamais réalisée par Richard Serra, paraît presque petite
7, la plus haute sculpture jamais réalisée par Richard Serra, paraît presque petite

Le sculpteur américain a créé une œuvre monumentale, postée comme un phare en face du Musée d’art islamique de Doha. Rencontre au désert.

Serra l’Américain a choisi son chiffre symbole pour sa première grande œuvre publique au Moyen-Orient, ce sera 7. C’est le titre, digne d’un mystique du Coran ou d’un thriller de David Fincher, de sa tour d’acier Corten posée comme un phare du futur dans la baie de Doha. Pile en face du Musée d’art islamique (MIA), dessiné tout en gradins géants par l’architecte américain d’origine chinoise Ieoh Ming Pei, 94 ans. Trois ans après l’inauguration princière de ce bloc de pierre, aussi massif que la Grande Pyramide de Gizeh,la sculpture de Richard Serra est un signal fort vers l’art minimal et contemporain. C’est aussi la démonstration de la volonté du Qatar de s’imposer, vite et bien, comme le fer de lance culturel des émirats, ces riches terres arabes du golfe Persique qui marient les contraires.

«Il y a trois ans et demi, j’ai reçu à New York la visite de S.E. la cheikha al-Mayassa qui pensait déjà à l’avenir autour du MIA alors que le musée n’était même pas achevé», raconte Richard Serra, de noir vêtu comme un clergyman. La fille chérie de l’émir du Qatar, SA le cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani, voulait un projet fort pour marquer son «MIA Park», espace public de 25 hectares au bord de la corniche de cette capitale du désert. L’artiste de 72 ans n’aime rien tant que les défis monumentaux, comme il l’a prouvé avec ses stèles d’acier dignes de Stonehenge au Grand Palais, en 2008. Buriné, fatigué mais souriant sous le soleil d’hiver du Qatar, cette star de l’art international ressemble toujours à l’architecte un peu menaçant que lui a fait jouer le plasticien américain Matthew Barney dans sa vidéo Cremaster. Lire la suite…

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Après le PSG, le Qatar au chevet des banlieues françaises

09/01/2012

Abderrezak Khachane, président de l'association "Mieux vivre au Valibout", a écrit à l'ambassade du Qatar pour obtenir des fonds pour la rénovation du quartier.

Abderrezak Khachane, président de l’association « Mieux vivre au Valibout », a écrit à l’ambassade du Qatar pour obtenir des fonds pour la rénovation du quartier.Jean-Gabriel Bontinck/PHOTOPQR/LE PARISIEN

Jusqu’où ira le Qatar? Le pays est grand comme la Corse mais possède une impressionnante force de frappe financière. Après le PSG et les droits télé de la Ligue des champions, c’est dans les banlieues françaises que le petit émirat a décidé d’investir. Il a annoncé, le 9 décembre 2011, la création d’un fonds d’investissement de 50 millions d’euros destiné aux quartiers français en difficulté, pour 2012. La somme est d’importance. C’est près de 10 % des 548 millions d’euros du budget du ministère de la ville de cette année.

L’enveloppe doit servir à financer les projets des jeunes entrepreneurs des cités en mal de reconnaissance et de subsides pour créer leurs entreprises. L’initiative a faitgrincer des dents certains. Elle a été saluée par d’autres. Pour une écrasante majorité, elle souligne surtout un peu plus l’abandon des banlieues par l’Etat français.

L’idée d’un rapprochement entre les banlieues et le Qatar n’est pas venue de la pétromonarchie mais de l’Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld). Un collectif d’élus de droite et de gauche ayant en commun d’être fils ou petit-fils d’immigrés et qui constate l’impasse dans laquelle se trouvent les banlieues françaises depuis plusieurs années. « On y est allés au culot », expliqueHaouaria Hadj-Chikh, élue du Front de gauche à Marseille et membre de l’association.

Cet automne, les élus écrivent à l’ambassadeur du Qatar en France, qui accepte de les recevoir. Peu de temps après, ce dernier organise un voyage d’une semaine à Doha, la capitale de l’émirat. Dix élus s’y rendent. Là-bas, la délégation déjeune avec l’émir cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, rencontre plusieurs responsables et distribue plusieurs dizaines de CV français. « Pour une fois, notre identité était valorisée et n’était plus un handicap », explique Kamel Hamza, président de l’Aneld et conseiller municipal UMP à La Courneuve. « L’aide du Qatar n’est que le résultat de difficultés exacerbées », plaide Haouaria Hadj-Chikh. Lire la suite…

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Prudence du Qatar sur le financement de mosquées

08/01/2012


Billet de banque du Qatar

Alors que le Qatar vient d’annoncer son intention de financer à hauteur de 50 millions d’euros des projets dans les banlieues françaises (lire l’enquête dans Le Monde du 6 janvier), l’émirat se montre plutôt discret sur les sujets relatifs à l’islam. « Comme l’Arabie saoudite, l’émirat marche désormais sur des œufs pour ne pas apparaitre comme un financeur de mosquées ou comme un soutien à des mouvements extrémistes », estime un bon connaisseur du milieu. La crainte d’être soupçonné « d’ingérence » limite aussi les investissements, souligne le chercheur Nabil Ennasri, qui ajoute: « certains responsables qataris considèrent en outre que les besoins des musulmans sont ailleurs, en Afrique ou en Asie du Sud-Est ».

L’émirat, fréquemment sollicité par des associations françaises gestionnaires de mosquées, préfèrerait donc s’appuyer sur les aspects culturels de l’islam de France ou sur des projets précis estampillés par les pouvoirs publics français. Ainsi, l’Institut des cultures d’islam (ICI), le projet porté par la mairie de Paris, qui doit à terme fournir un ensemble cultuel et un lieu culturel au 18ème arrondissement de la capitale, devrait bénéficier dès cette année d’aides financières qataries pour des expositions prévues dans la partie culturelle de l’Institut. Lire la suite…

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Les arts de l’islam sous un voile de verre

08/01/2012

Le nouveau département des arts de l’islam au musée du Louvre ouvrira ses portes en septembre 2012.

Par DOMINIQUE POIRET

La couverture de la cour Visconti,département des Arts de l’Islam, musée du Louvre. (R. Ricciotti – M. Bellini © Musée du Louvre / Olivier Ouadah)

Un toit flottant au-dessus du Louvre. Vingt ans après la création de la pyramide dessinée par Pei dans la cour Carrée, le Louvre parachève l’installation du département des arts de l’islam au centre de la cour Visconti. Sauf contretemps de dernière minute, tout sera prêt en mai, pour ouvrir au public très probablement après l’été.

Signée des architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti, la structure qui coiffe ce nouveau pavillon est constituée d’une résille de verre et de métal, une «aile de libellule», comme la nomme Mario Bellini. «Il s’agit de présenter la face lumineuse de cette civilisation qui engloba en son sein une humanité infiniment variée et riche», explique le président du musée Henri Loyrette, qui avait souhaité sortir les arts de l’islam de leur«marginalisation» dès son arrivée au Louvre en 2001. Lire la suite…

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Au Qatar, l’art pour l’image

08/01/2012

DOHA (QATAR), ENVOYÉ SPÉCIAL - Doha, Qatar, 5 décembre 2011. Beau temps, 20 °C, fraîcheur inopinée d’un vent marin. Soudain, une série d’explosions, et la température monte d’un coup, une rafale torride cuit le visage : l’artiste chinois Cai Guo-Qiang vient de mettre le feu à ses poudres à canon, et le souffle a atteint les spectateurs, installés à une centaine de mètres. A Doha, l’art contemporain réchauffe même le désert. Du public viennent des « Oh ! » et des « Ah ! » Le ciel bleu est ponctué de nuages roses et verts, d’autres canonnades expédient des taches noires, comme celles qui signalent l’activité de la DCA allemande dans les films de guerre. Un feu d’artifice en plein jour.

Cai Guo-Qiang, 54 ans, est coutumier du fait. Sa rétrospective en 2008 fut un des grands moments de l’histoire du Musée Guggenheim de New York. C’est à lui que furent confiées les illuminations – spectaculaires – qui ont ouvert la même année les Jeux olympiques de Pékin. La veille, le 20e Congrès mondial du pétrole se tenait dans un tout nouveau bâtiment, le Qatar National Convention Center (QNCC), conçu par l’architecte japonais Arata Isozaki : 40 000 m2 et une façade – assez lourdingue – dont la superstructure évoque des branches d’arbre. Dans l’avion, on a aussi croisé l’artiste franco-chinois Yan Pei-Ming, auteur des portraits de l’émir et d’une de ses épouses, Mozah Bint Nasser Al-Misnad, qui ornent le hall du Mathaf, le Musée d’art moderne arabe construit en 2010 par Jean-François Bodin. Yan Pei-Ming prépare une grande exposition à Doha pour 2013. L’artiste japonais Takashi Murakami est aussi annoncé pour une rétrospective – le Qatar avait en partie financé son exposition controversée au château de Versailles, en 2010.

 Les Qataris tourneraient-ils leurs regards vers l’Extrême-Orient ? Pas seulement. Le QNCC abrite dans son hall Maman, une menaçante araignée de bronze et d’acier sculptée par Louise Bourgeois, qui se dresse sur ses huit pattes à 9 mètres de haut. Le 15 décembre, c’était au tour de l’artiste américain Richard Serra devenir inaugurer une tour d’acier de 24 mètres, installée sur une digue spécialement aménagée dans la baie de Doha. Elle ponctue ce qui sera bientôt un jardin de sculptures de 25 hectares, reliant l’oeuvre de Serra au Musée d’art islamique, achevé en 2008 par l’architecte Ieoh Ming Pei (la pyramide du Louvre, c’est lui).

Quand la cheikha Al-Mayassa Bint Hamad bin Khalifa Al-Thani, fille du monarque local et présidente du Qatar Museums Authority, lui en a passé commande, Richard Serra est venu à Doha pour décider d’un lieu d’implantation. Aucun ne lui convenait, à part un emplacement au milieu de la baie, en pleine eau. Pas de problème, il a suffi de construire une presqu’île artificielle pour installer la structure… Intitulée Seven, elle est constituée de sept rectangles d’acier posés verticalement qui tendent à former un cercle à leur sommet. Une oeuvre inspirée, dit Serra, de célèbres minarets. Le résultat est un défi, un chef-d’oeuvre, et un étalon pour ce qui se construira ici à l’avenir. Lire la suite…

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L’islamisme: un label qui, à lui seul, n’explique plus rien

07/01/2012

Par Les invités de Mediapart

Il y a les progressistes et les conservateurs, ceux qui s’accomodent des constitutions de leur pays et ceux qui voudrient les modifier, il y a aussi les démocrates et les «jihadistes»: un an après le début des révolutions arabes, les «islamistes» sont multiples, souligne le chercheur Baudoin Dupret, directeur du centre Jacques-Berque de Rabat.

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puceinvite.jpgPrintemps arabes, automnes électoraux, hivers islamistes. 2011 aura vécu au rythme des scansions politiques des pays de la Ligue arabe. Après avoir cru à la victoire d’une jeunesse cybernétique et post-islamiste, l’Occident observe aujourd’hui l’avènement d’anciennes oppositions partisanes aux deux pieds ancrés dans l’islam politique. Rien de très étonnant, en fait, si l’on veut bien se souvenir que l’essentiel de la contestation des régimes autoritaires en place dans ces pays a quitté, depuis les années 1970 à tout le moins, les rivages de la gauche, discréditée par ses échecs locaux et internationaux, et a fait voile vers la rhétorique de l’authenticité. Celle-ci, plus audible culturellement, a d’autant mieux fonctionné qu’elle était radicalement exclue de la gestion des affaires et pouvait capitaliser sur les dérives sécuritaires et autoritaires des régimes en place.

Mais quand on parle d’islamisme, autrement dit de l’islam utilisé comme référent dans le champ politique, on n’a encore rien dit. Sur le terrain de l’islam, en effet, bien peu de choses distinguaient les régimes de leurs oppositions. En Egypte, les caciques du Parti national démocrate rivalisaient sous la coupole du Parlement pour faire état de leur piété. En Algérie, plusieurs partis se revendiquant de l’islamisme participent depuis des années au gouvernement, lequel a par ailleurs projeté la construction de la plus grande mosquée du monde. Le Soudan a adopté un code pénal labellisé «islamique». On fait difficilement plus «halal» que la monarchie saoudienne sur le plan du dogme religieux. En somme, le répertoire, la pertinence islamique s’est imposée dans l’espace public au point de devenir incontournable, au point qu’il n’est plus possible aujourd’hui de ne pas lui payer tribut. Lire la suite…

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