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Archives pour la catégorie ‘Sagesses’

Allemagne : les jours fériés musulmans reconnus à Brême

brême

La ville-Etat de Brême a annoncé, vendredi 30 novembre, qu’elle allait devenir le deuxième Etat régional allemand à reconnaître les fêtes religieuses musulmanes, après Hambourg, qui avait signé un contrat en ce sens avec les représentants de la communauté musulmane en novembre.

« Je suis heureux (que nous nous soyons mis d’accord), car les musulmans font partie intégrante de notre ville et de notre vie », a déclaré le maire de Brême, Jens Böhrnsen.

Le contrat prévoit notamment que les salariés musulmans auront le droit de prendre des jours de repos non-payés à l’occasion des principales fêtes musulmanes.

Il doit toutefois encore être ratifié par le « Sénat », qui représente l’échelon régional, et par l’autorité municipale. A Hambourg, également une ville-Etat, le contrat a déjà été approuvée par le Sénat. Il doit encore recevoir l’aval des autorités municipales hambourgeoises avant d’entrer formellement en vigueur.

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Des musulmans sauvent une synagogue en Grande-Bretagne

 

A Bradford, une ville située en Angleterre, une petite communauté juive de trente personnes a vu sa synagogue sauvée par des musulmans de la même ville. Construite en 1880, l’édifice religieux, remarquable de par son architecture mauresque et victorienne, était sujet à l’érosion et menacé de fermeture. Face à cette situation, les représentants de la communauté musulmane se sont mobilisés avec les autorités de la ville afin d’organiser une levée de fonds pour s’assurer que ce lieu de prière en péril reste «un espace sacré pour les générations futures». En recueillant 2.000 livres sterling (environ 2.400 euros), les musulmans ont ainsi permis de sauver la synagogue.

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Prêtre agressé à Avignon : les musulmans soutiennent le père Grégoire

Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans
Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans (KATHY HANIN)

Lundi, ce prête de la communauté Saint-Jean a été passé à tabac. Jeudi, ils ont ensemble dénoncé le silence des élus, interpellé le maire et mis en garde contre les amalgames hatifs.

« Je n’ai reçu aucun soutien des élus locaux. Pas un mail, pas un texto, pas un coup de fil, se désole le père Grégoire, violemment agressé lundi soir, dans le quartier Saint-Ruf, pour s’être défendu alors qu’on lui volait son portable. Seuls les députés Jacques Bompard et Marion Maréchal-Le Pen m’ont envoyé un mail… »

« Ce silence nous blesse, nous sommes à 500 mètres de la mairie de quartier, personne n’est venu », renchérit le père Marie-Christophe, responsable de la communauté de Saint-Jean. La communauté musulmane d’Avignon aussi a été choquée par cette absence de réaction officielle. Alors, elle a spontanément apporté son soutien au prêtre jeudi et avait tenu à le faire savoir dans le hall de la mairie, place de l’Horloge.

« Toucher à un homme d’église et de paix, c’est intolérable, on a franchi un cap. Une société sans foi ni loi, c’est la porte ouverte à l’anarchie. Mais après le désordre risque de venir un grand ordre », s’alarme Abderrahmane Bouaffad, porte-parole de la communauté des musulmans du Grand Avignon, faisant allusion aux tentations extrémistes facilement ravivées par ce genre d’agression.

Un appel au ministre de l’intérieur

Khalid Belkhadir, président du conseil régional du culte musulman avait tenu à venir de Marseille « pour soutenir notre frère agressé par des voyous, pas par des musulmans. Nous devons réfléchir au bien-vivre ensemble pour éviter les amalgames faciles. » « La démission des élus a entraîné la création de ghettos, la marginalisation des jeunes, l’insécurité ambiante, on appelle le ministre de l’Intérieur, qui est aussi celui des cultes, à venir nous rencontrer tous ensemble à Avignon », lance Abderrahmane Bouaffad qui suggère d’aller jusqu’au bureau du maire.

Les frères rackettés

Pas la peine. « Le Bon Dieu fait bien les choses », voilà Marie-Josée Roig qui traverse le hall et se retrouve bientôt interpellée par le petit groupe. « Je rentre juste de Paris, s’excuse l’élue qui assure avoir contacté l’évêque dès qu’elle a appris la nouvelle. Pour le père Grégoire, cette agression doit servir à aider les autres, « tous ceux qui se font attaquer et dont on n’entend pas la voix. » « Je suis d’accord, j’irai dans votre paroisse », promet le maire avant de s’éclipser.  »Elle nous a joué un morceau de flûte », réagit, désabusé, le père Marie-Christophe dont la paroisse est régulièrement la cible des petits malfrats. Régulièrement, le tronc de l’église est pillé,scooters et ordinateurs sont volés. « Le Jeudi saint, des jeunes en planque m’ont dit : “Si tu ne veux pas être volé, tu paye”. On ne supporte plus ce racket permanent. »

Une marche inter-religieuse

Un portable volé, c’est tragiquement la banalité quotidienne de la petite délinquance opportuniste. « Il faut que les élus réfléchissent à l’irrespect, la violence, l’éducation, à la zone de non-droit, qui se développent », lancent les hommes de foi. Eux, imaginent une marche inter-religieuse pour la paix par exemple. « Il faut sacraliser le vivre ensemble, dit Abderrahmane Bouaffad. À la mosquée ou à l’église, nous sommes avec nos frères en religion, mais dans la rue, nous sommes tous avec nos frères et sœurs en humanité. » Certains le savent déjà qui, non croyant et n’habitant même pas Avignon, ont spontanément contacté le père Grégoire pour lui donner un téléphone, de l’argent pour un nouveau forfait. Un petit geste de solidarité pour croire encore en l’homme.

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Liberté totale pour les profs d’islam

© REPORTERS

À l’école, le port du voile ne peut leur être limité aux cours de religion islamique donnés en classe

BRUXELLES Les établissements scolaires ne peuvent obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant leurs cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement (comme dans les couloirs, les réfectoires, les salles de réunion, les cours de récréation).

Et Grâce-Hollogne, qui pratiquait cette règle dans ses établissements, est condamnée à modifier son règlement d’ordre intérieur : le Conseil d’État l’oblige à retirer la disposition qui, depuis 2011, n’autorisait aux enseignantes d’islam de porter le voile que dans leur classe et pendant leurs cours, et pas ailleurs à l’école.

L’arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est définitif.

Pouvoir organisateur, Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves : “Le voile islamique est un symbole religieux visible et fort, incompatible avec le devoir de neutralité.”

Selon le Conseil d’État , les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues.

Dans l’arrêt que la DH a pu lire, le Conseil d’État établit au contraire que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”.

Pour l’enseignante voilée qui a le soutien du Mrax, c’est l’aboutissement d’un combat de deux ans et demi qui lui coûta notamment de ne pas être renouvelée. Elle a d’ailleurs introduit un recours contre Grâce-Hollogne, qu’elle a toutes les chances de gagner.

Elle raconte que la commune lui a même envoyé la police pour lui interdire l’accès à l’école à moins d’ôter le voile et le remettre en classe. Elle n’a pas cédé. Elle ajoute avoir essuyé des observations “agressives et humiliantes ” de sa directrice : “Et en plus, tu es têtue. Je me demande ce qu’on me dirait si je faisais ça dans ton pays d’origine.”

La commune ne voyait aucun obstacle à l’autoriser à “exposer ce signe d’appartenance à la religion qu’elle enseigne aux élèves ayant fait le choix de cet enseignement” . Mais “les professeurs disposant d’une autorité sur les élèves voire d’une influence sur eux” , Grâce-Hollogne maintenait qu’il “n’est pas opportun, aux fins de respecter la liberté de conscience des autres élèves, qu’un professeur de cours philosophiques soit autorisé à déambuler dans l’établissement en portant un tel signe ostensible risquant d’influencer des élèves qui n’ont pas fait ce choix.”

Le Conseil d’État constate que le décret neutralité du 17 décembre 2003 impose certes aux enseignants “d’adopter une attitude réservée traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser , s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit” .

En revanche, “rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire” .

Plus fort, le conseil d’État cite Xavier Delgrange pour qui “l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir de neutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable”.

Prof aux Facultés Saint-Louis, Xavier Delgrange est 1er auditeur chef de section au Conseil d’État.

Gilbert Dupont

http://www.dhnet.be/

Belgique : les professeurs enseignant l’islam désormais autorisées à garder leur hijab à l’école publique

Par Abdou Semmar
hijab-enseignante (1)

Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait.

Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait. Après un combat juridique intense, le Conseil d’Etat belge a estimé que les professeurs de religion n’étaient pas tenus au devoir de neutralité. Selon le site belge La dernière heure, la commune de Grâce-Hollogne avait adopté un règlement d’ordre intérieur qui imposait aux professeur de religion la neutralité religieuse en dehors de leur classe. En d’autres termes, une professeur voilée enseignant l’islam était autorisée à porter le hijab au sein de sa classe durant ses cours mais devait le retirer dans les couloirs de l’établissement, à la cantine…et partout ailleurs au sein de l’établissement.

L’arrêt du Conseil d’Etat a contraint la commune de Grâce-Hollogne a revoir sa copie. Il estime que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”. L’enseignante à l’origine de cette affaire raconte que l’établissement où elle travaillait est allé jusqu’à appeler la police pour lui interdire l’accès à l’école, un épisode qui ne devrait pas se reproduire puisque la décision du Conseil d’Etat est définitive et devrait s’étendre à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

http://www.algerie-focus.com/

Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif

halal verif certificateur halal

L’union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) a annoncé avoir créé une nouvelle certification baptisée Halal Verif.
Lancé le 2 mars lors d’un congrès sur l’électronarcose à Montreuil, ce certificateur halal va venir s’ajouter à la déjà longue liste de certificateurs halal en france.
Le secrétaire général d’UAM 93, M’Hammed Henniche, explique que Halal Verif  « est né de la volonté de l’UAM 93 de s’intéresser plus sérieusement à la problématique du halal en France » et de lutter contre « le faux halal, les certifications de complaisance et le mépris du consommateur musulman. »
Si le certificateur ne certifie pour l’instant aucun produit halal, la ligne de conduite est déjà claire : « Nous ne voulons pas que cet organisme soit soumis à la loi du marché ou aux avis des uns ou des autres mais qu’il soit endossé à un organisme de savants-experts en halal qui lui fixe une ligne de conduite »
Et vous, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que la multiplication des certificateurs soit une bonne chose pour le halal en France ?
http://alimentation.al-manakh.com

Un « lycée musulman modèle », ça ressemble à quoi ?

Chloé Andries  Journaliste

La cour du lycée Averroès cet hiver (Chloé Andries)

Oubliez les très chics Henri IV et autres Louis-le-Grand  : en 2013, le meilleur lycée de France serait un lycée… musulman, de la banlieue populaire de Lille. C’est en tout cas le résultat du palmarès 2013 du Parisien, qui place le lycée Averroès, seul établissement secondaire privé musulman sous contrat avec l’Etat depuis 2008, en tête du classement hexagonal.

Passons sur la pertinence toute relative de ce genre de classements. Ce qui nous intéresse est ailleurs  : depuis une semaine, une pluie d’élogess’abat donc sur ce lycée, que l’on présente plus que jamais comme un modèle de réussite scolaire.

L’UOIF, Union des organisations islamiques de France, à l’origine du projet, a bien pris soin de placer son lycée modèle en tête de gondole de son dernier rassemblement au Bourget, le week-end dernier.

L’affaire du voile, le déclencheur

Drôle de paradoxe, à l’heure où les débats sur le foulard reprennent de plus belle sur d’autres fronts. Car c’est précisément l’exclusion d’une vingtaine de lycéennes voilées de lycées publics lillois au milieu desannées 1990 qui a servi de déclencheur à la création du lycée Averroès, en 2003.

Niché au sein-même des locaux de la mosquée de Lille Sud, le micro-établissement accueillait alors une dizaine de lycéens, dont certaines jeunes filles voilées exclues du public, que l’imam des lieux, Amar Lasfar, membre de l’UOIF, avait pris en charge dès les années 1990.

Soupçons de fondamentalisme, peur d’une école ghetto née paradoxalement de l’exclusion de filles voilées au nom de la laïcité ; parmi les Lillois, y compris musulmans, le projet était loin de faire l’unanimité.

50% de boursiers, 100% de réussite au bac

Dix ans plus tard, changement de décor. Finie l’époque des salles de classes coincées à l’ombre de la mosquée. Le lycée a déménagé dans des locaux flambant neufs, 5 000 m² d’un ancien centre de formation dans le quartier de Lille Sud, et affiche des chiffres de réussite à faire pâlir plusieurs lycées cathos de la région  :

  • 100% de réussite au bac, dont 70% avec mention ;
  • des frais d’inscription de 800 euros par an et par élève, avec une moitié de boursiers ;
  • au total, ce sont 290 lycéens (filières L, S, ES et STMG) qui sont scolarisés à Averroès.

L’établissement, qui mise sur l’encadrement et le goût de l’effort, a d’ailleurs ouvert une cinquantaine de places en collège à la dernière rentrée, et le succès est tel que l’équipe enseignante n’aura que l’embarras du choix parmi les 300 à 400 dossiers de demande d’inscription attendus pour la rentrée prochaine.

Entre-soi communautaire

Dans la cour de l’école, en fin d’après-midi, les gamins sont boutonneux comme ailleurs, un garçon et une fille un peu gauches se taquinent, les deux tiers des lycéennes sont voilées, certaines bien plus couvertes que d’autres, quand le reste des élèves portent la tête nue.

Samia (les prénoms des élèves ont été modifiés) est en 1ère. Comme beaucoup de ses camarades, elle vient d’une école catho.

«  Mes parents trouvent que dans le privé, t’es plus encadré, t’as plus de chances de réussir. Mais dans le catho, même si j’avais des copines, je ne me sentais pas toujours dans le même délire que les autres. Cette année, au lycée Averroès, je me sens vraiment bien. Ici, on est comme dans une petite famille, on a les mêmes valeurs. On sait qu’à la sortie personne ne va fumer, on mange halal, ceux qui le souhaitent peuvent aller prier dans la salle de prière… »

Sa copine Nadia vient quant à elle surtout pour pouvoir porter son foulard… et pour le niveau :

« Moi je suis ici car je peux laisser le voile, c’est important pour moi. Mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, de moins en moins de filles le portent et franchement, la religion, c’est pas notre sujet de conversation favori. Mes parents voulaient aussi que je vienne à Averroès pour sa réputation. Ici, tous les professeurs nous connaissent, on sent qu’ils sont derrière nous, qu’ils nous motivent. »

Entre-soi communautaire et intégration

Ici, les garçons et les filles mangent dans des réfectoires distincts, et les cours de sport ne sont pas mixtes. Les lycéennes racontent :

« On a aussi un prof qui refuse que les filles s’asseyent à côté des garçons. Mais bon, on le laisse dire et l’heure d’après, on change de place. »

Mais le lycée ne vit pas non plus renfermé sur lui-même, les sorties culturelles proposées aux élèves sont nombreuses, de la visite de musées majeurs à la signature d’un contrat avec la Rose des Vents, principal théâtre de la métropole, permettant aux élèves d’assister aux spectacles et de rencontrer les artistes.

Ecole d’excellence, cadre musulman, ambiance d’entre-soi communautaire doublée d’une volonté d’intégration : c’est ce mélange particulier qui fait le succès du lycée aujourd’hui.

Génération réislamisée

En 2010, un rapport de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et de l’IISMM (Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman) dressait un tableau des écoles privées musulmanes de France (il en existe plus d’une vingtaine aujourd’hui, mais pas sous contrat avec l’Etat).

Il pointait globalement trois facteurs de développement de ce type de structures, qui collent parfaitement à la situation du lycée Averroès  :

  • L’offre idéologique  : l’action des Frères musulmans

Les Frères musulmans en Europe, représentés par l’UOIF, sont à l’origine d’au moins la moitié des projets d’établissements dans l’Hexagone, mus par une volonté de préserver l’identité musulmane des communautés immigrées et de « réislamiser  » les jeunes générations, pour créer une «  citoyenneté musulmane  », à la fois intégrée dans la société et gardant sa spécificité religieuse.

Leur action militante s’est traduite d’abord par la construction de mosquées et l’organisation de séminaires religieux. La construction d’écoles est vue comme une étape supplémentaire dans cette dynamique de réislamisation.

  • La crise de l’école publique  : produit d’appel

Pour les auteurs du rapport :

« La progression de l’enseignement privé musulman dans le paysage scolaire français paraît inéluctable au regard de l’accroissement de la part de la population qui s’identifie comme musulmane. De plus, cette demande est clairement activée par la “ crise ” de l’enseignement public, qui touche particulièrement les banlieues où résident majoritairement les publics potentiels de ces établissements, au point que cette crise fournit un fort produit d’appel pour ces derniers. »

Dans ce contexte, les écoles privées s’affichent comme des lieux d’excellence, même si, au fil du temps, « le dilemme extension versus élitisme » se pose.

  • Le voile  : le déclencheur

Dans beaucoup de cas de création d’écoles privées, la loi sur le voile, en 2004, a servi de déclencheur ou de catalyseur à cette réflexion. Mais le problème généralement observé dans ces structures, c’est le manque de moyens et souvent aussi le manque d’ouverture.

Et c’est ce qui distingue aujourd’hui le lycée Averroès d’autres établissements musulmans  : en développant de bonnes relations avec les politiques et pouvoirs publics locaux, en prônant l’ouverture à tous dès sa création, le lycée a pu signer un contrat d’association avec l’Etat, ce qui a fait passer son budget de 120 000 à 400 000 euros.

Et le directeur de l’établissement, Hassan Oufker, tient à garantir cette ouverture :

«  Dès l’origine, notre philosophie a été l’ouverture à tous. Même si l’affaire du foulard a déclenché la réflexion, nous ne voulions pas en rester à cet aspect des choses. Si au départ, les parents mettaient leurs enfants ici pour des raisons d’encadrement musulman, le public s’est progressivement diversifié, grâce aux bons résultats du lycée et à la signature du contrat avec l’Etat.  »

« Ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir votre famille »

L’équipe enseignante accueille d’ailleurs quelques profs non musulmans. C’est le cas de Mme Houdinet, prof d’anglais, arrivée en septembre dernier.

«  Auparavant, j’enseignais en Angleterre dans des établissements multiculturels. En revenant dans le Nord, j’ai vu que ce lycée existait. Je voulais découvrir la communauté musulmane de l’intérieur, alors j’ai envoyé ma candidature spontanée.

Je me souviens que lorsque j’ai rencontré le directeur, je lui disais “ mais vous savez, je ne suis pas musulmane ”. Lui ne voyait vraiment pas le problème. Franchement, si j’avais eu l’impression d’arriver dans une communauté de barbus intégristes, je serais partie  !  »

En ce qui concerne les cours d’éthique musulmane – 1 à 2 heures par semaine, optionnelles, mais suivies par 85% des étudiants –, Hassan Oufker insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de traiter de religion pure, et de ne pas imposer telle ou telle position aux élèves  :

«  Pour la religion, il y a la mosquée  ! Nous, nous sommes une école, notre mission c’est la formation des élèves. D’ailleurs, la sécularisation est une très bonne chose pour l’islam. On sait bien que chez les musulmans, la religion prend une très grande place. Mettre du religieux partout est source de distance entre les gens.

Nous invitons plutôt les jeunes à lever le pied. Ce que je leur dis, c’est qu’à 35 ans, ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir leur famille  !  »

Faire oublier les dérapages

Soucieux de conserver son image d’ouverture, le lycée Averroès tente aussi de faire oublier un coup de canif dans son histoire modèle. En 2004, Hassan Iquioussen, prédicateur de la mosquée d’Escaudain, dans le Nord, et aussi professeur d’éthique musulmane à Averroès,avait enregistré une conférence sur la Palestine, dans laquelle il traitait les juifs «  d’avares  » et «  ingrats  », et les voyaient comme des comploteurs contre l’islam.

Depuis, le prédicateur s’est excusé, et la direction de l’établissement estime le sujet clos. Hassan Iquioussen accompagnait encore les élèves en voyage de classe en Turquie en mars 2012, et des élèves de Terminale suivaient une de ses conférences en décembre 2011. Mais « il n’intervient plus désormais à Averroès », selon Hassan Oufker. Motif invoqué : « Il s’agit de raisons d’emploi du temps  ».

Et dans la cour de récré, rien qu’à regarder la longueur des différents foulards, on perçoit en filigrane qu’un autre défi de l’équipe d’Averroès aujourd’hui est de faire cohabiter un public varié dans ses attentes religieuses, tout en poursuivant son ouverture aux non musulmans, qui boudent encore ce lycée.

http://blogs.rue89.com/

La viande halal, un marché bien organisé dans la Nièvre

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration - MASSON  Christophe

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration – MASSON Christophe

En grande surface ou chez le boucher du quartier, la viande halal connaît le même circuit de distribution que les autres produits : des abattoirs, des grossistes, des revendeurs. La différence : des abattoirs assermentés, et surtout des organismes qui vérifient et certifient que les animaux ont bel et bien été abattus selon les lois en vigueur édictées dans la religion musulmane.

Dans la Nièvre, c’est l’abattoir de Cosne-sur-Loire qui remplit cet office. Il est le seul dans la Nièvre. « Nous pratiquons l’électronarcose, c’est-à-dire que la bête est assommée avant d’être tuée. Nous avons privilégié le bien-être de l’aninal. Un des salariés, musulman, se charge d’égorger les bêtes et de dire les prières » explique Dominique de Villiers, directeur de l’abattoir.

Le boucher de Cosne-sur-Loire vient également sacrifier quelques bêtes. « Ce sont des personnes spécialement formées à ce type d’abattage ».

« Le principal souci, c’est que nous manquons
de bovins à abattre »

« Le principal souci, c’est que nous manquons de bovins. Pour le halal, on en abat une dizaine de moins. C’est beaucoup. Mais, c’est la conjoncture actuelle sur le marché national… ».

À la boucherie du Gaspard, à Nevers, les étals sont, pourtant, bien remplis. « Je me fournis auprès de grossistes comme Bigard, par exemple » détaille le jeune boucher. « Ce qui est important, c’est que tous les produits soient certifiés par AVS. Comme ça je suis certain, et mes clients aussi, que les bêtes ont bien été abattues selon le rituel ».

Ses affaires tournent « plutôt correctement », connaissant quelques hauts et des bas selon les périodes. Ses clients sont, bien sûr, de confession musulmane. Mais pas uniquement. « L’été, j’ai beaucoup de clients qui viennent pour mes merguez ».

Grandes surfaces

Selon Abdellah Sghir, de l’Association musulmane de Nevers, les besoins en produits halal sont largement couverts par l’offre nivernaise.

« Les gens ont l’habitude d’acheter des grosses quantités de viande et de la congeler. Ils se sont organisés depuis longtemps ».

Les grandes surfaces sont venues apporter une offre variée, complémentaire. « C’est typiquement là que l’on va se servir pour un repas improvisé, pour trouver quelque chose de différent » explique Abdellah Sghir, « mais la demande est satisfaite ».

Laure Brunet

http://www.lejdc.fr

Le halal se cherche un label en France

En France, la majorité des produits estampillés halal ne répondraient pas aux critères de définition du label. Ces critères font encore débat notamment à cause des différences au niveau des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par les organismes de surveillance qui attribuent le label.

Le 16 janvier dernier, le site Débat Halal révélait être en possession de preuves accablantes contre un producteur alimentaire international. Les saucisses de volaille Herta, certifiée halal et commercialisée par Nestlé, contiendrait du porc, un aliment haram (interdit) pour les musulmans.

Une semaine après, alors qu’un premier test conduit par Herta n’avait rien révélé, les chaînes de supermarché comme Casino ont retiré les produits de leurs magasins pour effectuer leurs propres tests.

Mais il est acquis que certaines techniques de production actuelles, surtout dans le secteur de la volaille, sont particulièrement éloignées des règles du halal. Ainsi 90% de la volaille vendue sous le terme halal en France ne remplirait pas les standards. Standards qui varient eux-mêmes selon les entreprises et associations.

Interrogé par le Time, Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil, une agence de consultation en marketing confie:

«La question du halal en France est supervisée par les trois mosquées influentes à Paris, Evry et Lyon. Chacune a ses propres critères, inspecteurs, sociétés et produits qu’elles approuvent ou non. La communauté musulmane est riche d’une mosaïque de coutumes, de goûts et d’habitudes. A moins d’unifier, de codifier et de réguler le système, le marché du halal français restera éclaté et ses règles obscures.»

Les accusations portées contre ces aliments auraient surtout servi de prise de conscience. Alors que la nouvelle avait immédiatement poussé les supermarchés à vider leur étagères, de nombreux musulmans se sont posés la question de la provenance de la nourriture halal.

Pour palier le manque de règles concernant le label, certains observateurs espèrent maintenant que les différentes associations de musulmans de France parviendront à se mettre d’accord sur un code unique pour le secteur de la nourriture halal, un des plus gros marchés de niche, selon le Time.

http://www.slate.fr/

«Halal à tous les étals»: le halal, ce n’est pas que la viande

05/02/2013 un commentaire

Le marché s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services. Extrait du livre-enquête de Michel Turin.

Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples.- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -

Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.  

Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.

Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.

Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:

«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»

«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux»«Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.

Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:

«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»

C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:

«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»

Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.

Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.

Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.

Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:

«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»

Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.

Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.

D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».

Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.

Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.

Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.

La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.

Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:

«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»

Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!

Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:

«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»

En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.

Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.

Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.

La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.

«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.

Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.

«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.

Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.

La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.

A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.

Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:

«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»

Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:

«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»

Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.

Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.

«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).

L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.

Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Michel Turin

http://www.slate.fr

« M » : Islam de France, les convertis face aux clichés

Par Judith Perrignon/Illustrations Cristiana Couceiro

 

Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l'islam : "Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et que Mahomet est son Prophète." Illustration: Cristiana Couceiro pour M Le magazine du Monde

 

 Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l’islam : « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son Prophète. » Ils se rappellent un décor simple : la petite mosquée de Gennevilliers pour Abdel Raouf, car la grande n’existait pas encore ; celle de Melun pour Bilal ; ou une salle de prière du côté du métro Couronnes, à Paris, pour Amin. Ils racontent la présence d’un ami musulman, simple pratiquant, pas forcément d’un imam – « pas d’intermédiaire avec Dieu », dit Amin. Ils répètent cette phrase qu’on leur a dite si vite : « Ça y est, tu es musulman. » Ils dépeignent une religion où il est facile d’entrer. Ils ont alors changé de prénom : Raoul est devenu Abdel Raouf, William est devenu Bilal, David est devenu Amin.

Et, plus ou moins rapidement, ils l’ont annoncé à leurs parents. Abdel Raouf se souvient de son père conciliant : « Tant que tu trouves ton bonheur… » ; de sa mère, fervente catholique, tendue et silencieuse, qui semblait promener au-dessus de sa tête une bulle pensive de bande dessinée dans laquelle son fils apparaissait en terroriste. A sa famille juive, David devenu Amin n’a rien dit tout de suite. Sa mère a remarqué quelque chose de différent. Leurs rapports étaient plus simples, moins tendus. Elle a compris au moment du ramadan. « Tu as changé, je ne suis pas bête, tu t’es fait musulman. » Elle a préféré qu’il n’en parle pas à son père, qui a fini par lire la vérité dans la barbe de son fils qui s’allongeait. Finalement, seuls ses deux frères l’ont très mal pris. Chez Baptiste, le père a sorti des « trucs bêtes »(« Alors, tu vas plus manger de porc ! »), la mère était au bord des larmes lorsqu’il a demandé qu’on l’appelle désormais autrement. « Elle a eu peur que je change, que je ne sois plus le fils qu’elle a eu. » Face à l’émotion de sa mère, Baptiste a expliqué que ce n’était pas obligatoire de changer de prénom. Il est resté Baptiste.« Je ne savais pas qu’on pouvait faire autrement », s’étonne William, devenu Bilal, assis à côté de lui. « Ma mère aussi avait les larmes aux yeux », ajoute-t-il.

http://www.lemonde.fr/

Belgique : Des cours de religion islamique dans les écoles catholiques ?

Les écoles catholiques en Belgique souhaiteraient dispenser des cours de religion islamique à l’école « dans une perspective de dialogue interreligieux ». A l’occasion d’un congrès sur l’avenir de l’enseignement catholique pour les dix prochaines années, qui s´est tenu à Louvain-la-Neuve, au sud-est de Bruxelles, le 20 octobre 2012, Etienne Michel, directeur du SeGEC (Secrétariat général de l´enseignement catholique), s’est publiquement demandé s’il était « juste, lorsqu´une majorité des élèves qui fréquentent une école catholique est de confession musulmane, de ne pas offrir le choix de suivre un cours de cette confession » ?

Dans des propos repris le 20 octobre dernier par l’édition en ligne de l’hebdomadaire Le Vif/L´Express, il estime qu´il est « nécessaire, pour construire un vrai dialogue ‘interconvictionnel’ dans les écoles, de ne pas reléguer le religieux dans la sphère privée. Car une telle attitude de rejet n´offre aucune solution à l´égard des risques de dérive fondamentaliste. »

Actuellement, une seule école catholique à Cheratte (province de Liège) bénéficie d’une dérogation pour pouvoir dispenser un tel cours, que le cadre légal exclut de l’enseignement catholique depuis plus d’une dizaine d’années contrairement à l’enseignement public.  (Sources : apic/Le Vif L’Express  DICI n°265 du 23/11/12)

http://www.dici.org/

Interdiction du foulard islamique levée dans une école thurgovienne

Pour le Tribunal administratif thurgovien, l'interdiction du foulard à l'école ne se justifie pas. [AFP]

Pour le Tribunal administratif thurgovien, l’interdiction du foulard à l’école ne se justifie pas. [AFP]
Une école de Bürglen, dans le canton de Thurgovie, doit à nouveau autoriser le port du foulard islamique dans ses murs, suite à une décision du Tribunal administratif cantonal qui a désavoué le Département thurgovien de l’instruction publique.

Le Tribunal administratif du canton de Thurgovie a levé l’interdiction du foulard islamique décrétée dans une école à Bürglen. Les juges ont estimé qu’il n’existait pas de base légale suffisante pour une interdiction générale, peut-on lire dans l’arrêt publié par la NZZ am Sonntag.

Le tribunal a également considéré que cette mesure ne respectait pas le principe de proportionnalité. Il a ainsi désavoué le Département thurgovien de l’instruction publique. Ce dernier est dirigé par la conseillère d’Etat UDC Monika Knill. En automne 2011, il avait approuvé, en première instance, la décision de l’école de Bürglen.

Porter l’affaire au Tribunal fédéral

Au printemps 2011, l’école avait interdit à deux jeunes filles musulmanes venant d’Albanie le port du foulard islamique durant les heures d’enseignement. Sa direction avait estimé qu’il était contraire aux prescriptions scolaires sur l’habillement des élèves.

L’école ne veut cependant pas s’incliner et a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal fédéral. « De cette manière, nous espérons avoir un éclaircissement définitif sur cette question », a déclaré à la SonntagsZeitung Rolf Gmünder, président de l’établissement.

ats/pym

http://www.rts.ch/

La Défense : quand l’imam fait visiter la mosquée au rabbin

Yann Foreix

Zoom

 

« Alors qui n’est jamais entré dans une mosquée ? » Trois, puis quatre doigts se lèvent. Mohamed El Madani, administrateur de la mosquée de Puteaux, dans le quartier de La Défense (Hauts-de-Seine), est gêné : «On aimerait vous accueillir dans de meilleures conditions que sous ce chapiteau froid mais notre mosquée est en travaux».

En face de lui, Stephen Berkowitz, le rabbin du 15ème arrondissement de Paris, et une dizaine de personnes de la communauté juive française. Juifs et Musulmans se rencontrent lors de cette journée porte ouverte particulière sur l’invitation de l’AJMF, l’Amitié Judéo-Musulmane de France.

« Donc, il faut enlever ses chaussures ? C’est ça ? » Joignant le geste à la parole, une des visiteuses se déchausse et pénètre dans l’édifice religieux. « J’en rêvais depuis si longtemps, s’exclame Christine, membre de la communauté juive. Quand je rencontrais un musulman avec sa grande robe et sa grande barbe, je ne savais pas comment le regarder. Aujourd’hui, je peux le regarder droit dans les yeux et dialoguer avec lui ».

Autour d’un thé à la menthe, les deux groupes échangent et la discussion se fait plus animée. « Il s’agit de se connaître, de se comprendre… », lance un participant. Pourtant, malgré la bonne humeur, les débats divisent. « Quand on entend parler en arabe, on est surpris, admet Marc Konczaty, président du Mouvement juif libéral de France. On se dit : pourquoi ces gens qui sont Français ne parlent-ils pas français ? » Un membre de la mosquée de Puteaux lui répond : « On a besoin que nos enfants parlent arabe pour qu’ils n’oublient pas leurs traditions. »

Le Parisien.fr a assisté à la rencontre.

http://www.leparisien.fr/

La mouvance des « identitaires », une plaie pour la démocratie et la diversité

Source : UDB

Porte-parole:Mona Bras

RENNES/ROAZHON—Communiqué de l’Union Démocratique Bretonne du 31 octobre 2012

La xénophobie d’État nourrie par Sarkozy, Besson et Heurtefeux continue de faire des dégâts. Islamophobie, xénophobie, racisme et antisémitisme relayés par le Front National et certains responsables UMP, polluent le climat au pays des droits de l’homme et ébranlent les fondements de la République, Liberté-Egalité-Fraternité. Le 27 septembre 2012 à Marseille, dans l’ État de droit qu’est la République française, des Français ont rendu une «justice» expéditive et violente en expulsant eux-mêmes des Roms qui occupaient des logements vacants. Ces néo-miliciens ont ensuite allumé un incendie volontaire pour détruire les biens des occupants, ce qui relève du crime dans le droit national. Le 20 octobre 2012 à Poitiers, «Génération identitaire» occupe le chantier de la mosquée pour protester contre ce qu«ils appellent »l’islamisation de la France«, assurant par la couverture médiatique de leur action, un relais de leur idéologie. Le 7 novembre prochain, le groupuscule d’extrême droite Jeune Bretagne appelle à un rassemblement devant une ancienne maison de retraite désaffectée et occupée par des demandeurs d’asile à Pacé, qualifiant ces derniers de »famille de délinquants«. La France est pourtant tenue par ses engagements internationaux et la Cour européenne de justice a tranché, le 27 septembre 2012, rappelant à la France que les normes minimales pour l’accueil des demandeurs, fixées par une loi européenne de 2003, (soit un logement, de la nourriture, des vêtements, en nature ou sous forme d’allocation) s’appliquent à tous les demandeurs d’asile. Janvier 2011, n’oublions pas les attaques racistes anonymes publiées sur le site d’extrême droite Breiz Atao, contre le sonneur noir Yannick Martin double champion de Bretagne des sonneurs de bombarde. 2011 et 2012 : l’UDB et sa porte-parole sont victimes de diffamation et de menaces de la part de Jeune Bretagne, une plainte est en cours contre ce groupuscule d’extrême-droite. Si l’UDB se félicite de l’abrogation du délit de solidarité, elle s’inquiète de la multiplication de discours et d’actions visant à faire naître la haine raciale et la xénophobie. L’UDB condamne les atteintes à l’humanité des sans papiers et des demandeurs d’asile, condamne les incitations à l’islamophobie, au racisme et à l’antisémitisme des mouvements apparentés aux »identitaires » et demande à l’Etat d’être ferme et sans concession face à ceux qui mettent en péril le vivre ensemble et la cohésion d’une société multiculturelle et multicultuelle. L’UDB demande à la France de respecter ses engagements internationaux et de ne pas laisser dégrader davantage son image de pays des droits de l’homme.

Mona Bras porte-parole de l’UDB ■

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La Suisse découvre les vertus du tourisme «voilé»

Par Marc-Henri Jobin

TOURISME ISLAMIQUE
Genève a fait oeuvre de pionnier. Mais d’autres destinations en Suisse et dans le monde jouent désormais la carte tourisme «islamique». A Interlaken, la clientèle du Moyen-Orient a décuplé depuis 2004.

1/7:  Interlaken démarche la clientèle du Moyen-Orient depuis 2004. Depuis, sa clientèle islamique a décuplé. A l’échelon suisse, le tourisme en provenance des pays du Golfe a progressé de 41% au 1er semestre 2012.
Image: Béatrice Devènes

L’hôtellerie suisse a perdu 643’000 nuitées au 1er semestre 2012. A contre-courant, la «Genève touristique» s’est maintenue à flot (+0,1%), portée par une hausse de 84% de la fréquentation de sa clientèle du Moyen-Orient. A Interlaken (BE), le nombre des nuitées des touristes en provenance du Golfe a bondi de 95% dans les six premiers mois de l’année.

Le tourisme arabe est en plein essor en Suisse. Depuis 2000, il a doublé pour atteindre plus de 400’000 visiteurs par année. Aujourd’hui, il permet aux régions qui ont misé sur ce créneau de contrebalancer le recul de la clientèle occidentale. Lire la suite…

Les confessions de Napoléon Bonaparte sur l’islam

PAR RENAUD TOWE

Napoléon Bonaparte a énormément péroré sur de grands sujets au cours de sa vie, particulièrement lors de son exil forcé sur l’île de Sainte Hélène. Le lion en cage a par exemple présenté ses avis et convictions vis-à-vis de la religion, ou plutôt des religions. L’islam, qu’il a rencontré lors de son expédition en Egypte, est visiblement celle dont il se sentait le plus proche.

Napoléon Bonaparte entre véritablement en contact pour la première fois avec l’islam en 1798, lors de la campagne d’Egypte (1798-1801). Dès son arrivée, il se montre intrigué par la culture du pays et tout particulièrement par la tradition musulmane, l’appel à la prière et les enseignements coraniques. Certains voient ce rapprochement comme une stratégie pour mieux s’imposer au sein d’un peuple musulman et communiquer plus aisément avec les personnalités locales. D’autres pensent au contraire que Bonaparte est réellement fasciné par la personne de Mohammed et touché par la ferveur religieuse. Dans une lettre datant du 28 août 1798, il se confie au cheikh El-Messiri : « Le général Kleber me rend compte de votre conduite et j’en suis satisfait. (…) J’espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l’Al-coran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes. » (Lettre au Cheikh El-Messiri (11 fructidor an VI), Correspondance de Napoléon Ier, Napoléon Bonaparte, éd. H. Plon, 1861, t. 4, partie Pièce N° 3148, p. 420). Le chef de l’armée d’Orient, ayant perdu la quasi-totalité de sa flotte à Aboukir, rentre discrètement en France le 23 août 1799, et laisse le général Kléber en Egypte pour continuer le combat avec une armée diminuée. Lire la suite…

Communauté musulmane : les pratiques varient, les préceptes demeurent

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

© Reuters

« Les musulmans sont unis quand il s’agit des grands préceptes » tels que la croyance en un Dieu unique et son prophète Mahomet ou la pratique du Ramadan mais « sont divers, et quelquefois de beaucoup » en matière d’implication religieuse, d’interprétation de l’islam ou dans l’acceptation du chiisme, indique son principal auteur James Bell, l’un des directeurs de Pew.
Cette vaste étude, « sans précédent » selon M. Bell, a été conduite en plus de 80 langues dans 39 pays représentant 67% des musulmans du monde, auprès de 38.000 personnes interrogées en 2008-2009 et 2011-2012. Inscrite dans un projet plus large sur le changement religieux mondial, elle sera suivie d’une enquête sur les attitudes sociales et politiques des musulmans.
Entre 85 et 100% des musulmans croient en Dieu et en Mahomet, relève l’enquête. En revanche, si pour huit personnes sur dix dans les pays d’Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et du Sud, la religion est « très importante », elles sont six sur dix au Moyen-Orient et Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Maroc) et pas plus d’une sur deux dans des pays anciennement communistes comme la Russie et les anciennes républiques d’Asie centrale.
Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la différence est aussi générationnelle, les plus de 35 ans étant plus religieux que les jeunes alors que c’est le contraire dans la seule Russie.
Si les hommes vont plus souvent à la mosquée que les femmes, pour « des raisons plus culturelles que religieuses », selon M. Bell, la lecture du Coran ou l’observance du Ramadan sont partagées.
Globalement, 63% des musulmans – mais seulement 37% des musulmans américains – estiment qu’il n’y a qu’une seule façon d’interpréter l’islam.
L’étude remarque néanmoins que les pays où sunnites et chiites vivent côte à côte sont ceux qui ont davantage tendance à accepter le courant chiite. A contrario, au Pakistan, à écrasante domination sunnite, 41% des musulmans sunnites pensent que les chiites ne sont pas de vrais musulmans.
Par ailleurs, neuf musulmans sur dix sont nés musulmans. Les ex-pays communistes sont ceux qui enregistrent la plus forte conversion (7% en Russie), souvent de fidèles élevés dans l’athéisme. « La conversion à l’islam ne joue pas un rôle important dans la croissance de la population musulmane », conclut M. Bell, qui évoque plutôt le taux de fertilité.

http://www.levif.be/

Le ramadan, une opportunité commerciale

Hafèdh Moussaoui

Dans les grandes villes comme Lyon, certains quartiers s’animent dès le matin autour des petits commerces et des vendeurs à la sauvette qui proposent tout ce qu’il faut pour la rupture du jeûne. Un reportage du quotidien algérien El-Watan.

Vente de gateaux à Paris pour célebrer le début de la période de jeûne.

Vente de gateaux à Paris pour célebrer le début de la période de jeûne.

Lyon, la troisième ville de France, accueille une importante communauté de confession musulmane de toutes nationalités. Dans cette ville de 479 800 habitants, selon un recensement effectué en 2009, chaque communauté religieuse, de la plus importante à la plus confidentielle – témoins de Jéhovah ou adeptes du spiritisme – a ses lieux de culte. Les musulmans lyonnais ont à leur disposition la grande mosquée du 8e arrondissement et de multiples autres mosquées et salles de prière.

Le fief historique des Algériens est incontestablement la place Gabriel Péri plus connue sous le nom de place du Pont, dans le quartier de la Guillotière. En ce ramadan 1433 [année de l'hégire, départ du prophète de La Mecque pour Médine, date importante dans le calendrier musulman], on y vient de Vénissieux, Bron, St-Fons ou Vaulx-en-Velin pour y faire ses emplettes. Dès le matin, le quartier est en pleine activité. Les épiceries spécialisées en produits maghrébins, dattes, sodas algériens, couscous et autres pâtisseries orientales, ainsi que les boucheries halal ne désemplissent pas de la journée. Ici, les commerçants arméniens, juifs et arabes ont pignon sur rue. Pour 9 euros le menu, de petits restaurants offrent des repas traditionnels de rupture du jeûne (iftar). Une foule bigarrée et cosmopolite vaque à ses occupations en ce jour de jeûne.

On parle un amalgame de français, d’arabe et de tamazight [la langue berbère] fort attrayant qui guérit du dépaysement et de la nostalgie du bled. Dans l’après-midi, l’activité redouble d’intensité.
Un marché se forme sur une partie de la place du Pont. Des marchands à la sauvette, dont des femmes, proposent des feuilles de brick et des boureks maison. Dans le souci d’offrir un supplément de confort à la communauté musulmane, la municipalité permet, contre la modique somme de 1,50 euro, à ces revendeurs occasionnels d’obtenir une patente pour s’adonner à cette activité faisant le bonheur des jeûneurs.

Ceux-ci peuvent aussi se ravitailler dans les grandes surfaces de la ville. Ayant pesé le poids économique de la communauté musulmane, les grandes enseignes de distribution, Auchan, Carrefour et Leclerc n’hésitent plus à consacrer des gondoles entières aux produits dits ethniques. Comme Noël, Pâques, le nouvel an chinois ou la rentrée des classes, le ramadan est désormais une opportunité de décupler leurs dividendes. Visiblement, le poids économique de la communauté musulmane, dont ce rite annuel a pour caractéristique de fortement booster la consommation, n’est plus négligeable.

Mais tout cela ne veut pas dire que le ramadan est une sinécure à Lyon. Outre le fait de jeûner dans un environnement urbain non musulman où toutes les tentations s’offrent aux individus, les musulmans de France ne bénéficient pas d’un aménagement des horaires de travail comme cela se fait dans les pays musulmans, et les journées estivales sont longues sous ces latitudes. La radio communautaire, Salem, annonce la rupture du jeûne vers 21 h 30. « Je fais le ramadan depuis mon enfance, et c’est à chaque fois l’occasion de découvrir un autre aspect de moi-même et des autres », confie Zohir, un gone [nom donné aux jeunes Lyonnais] né en 1975 à Lyon de parents algériens. Chauffeur d’engins de travaux publics, marié et père d’un petit garçon, il travaille de 6 heures à 16 heures. Habitant non loin de la place du Pont, il y vient pour y faire ses commissions « spéciales ramadan », épices pour la chorba [soupe épaisse à base de viande de mouton] et la doubara [plat à base de pois chiches ou de fèves]. Il assure que Lyon est une ville où la tolérance et le vivre ensemble ne sont pas des termes creux.

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Les musulmans, une communauté contrastée de 1,6 milliard de personnes

 

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d'individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

« Les musulmans sont unis quand il s’agit des grands préceptes » tels que la croyance en un Dieu unique et son prophète Mahomet ou la pratique du Ramadan mais « sont divers, et quelquefois de beaucoup » en matière d’implication religieuse, d’interprétation de l’islam ou dans l’acceptation du chiisme, indique à l’AFP son principal auteur James Bell, l’un des directeurs de Pew.

Cette vaste étude, « sans précédent » selon M. Bell, a été conduite en plus de 80 langues dans 39 pays représentant 67% des musulmans du monde, auprès de 38.000 personnes interrogées en 2008-2009 et 2011-2012. Inscrite dans un projet plus large sur le changement religieux mondial, elle sera suivie d’une enquête sur les attitudes sociales et politiques des musulmans.

Entre 85 et 100% des musulmans croient en Dieu et en Mahomet, relève l’enquête.

En revanche, si pour huit personnes sur dix dans les pays d’Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et du Sud, la religion est « très importante », elles sont six sur dix au Moyen-Orient et Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Maroc) et pas plus d’une sur deux dans des pays anciennement communistes comme la Russie et les anciennes républiques d’Asie centrale.

Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la différence est aussi générationnelle, les plus de 35 ans étant plus religieux que les jeunes alors que c’est le contraire dans la seule Russie.

Si les hommes vont plus souvent à la mosquée que les femmes, pour « des raisons plus culturelles que religieuses », selon M. Bell, la lecture du Coran ou l’observance du Ramadan sont partagées.

Globalement, 63% des musulmans – mais seulement 37% des musulmans américains – estiment qu’il n’y a qu’une seule façon d’interpréter l’islam.

L’étude remarque néanmoins que les pays où sunnites et chiites vivent côte à côte sont ceux qui ont davantage tendance à accepter l’autre courant, comme au Liban et en Irak. A contrario, au Pakistan, à écrasante domination sunnite, 41% des musulmans pensent que les chiites ne sont pas de vrais musulmans.

Par ailleurs, neuf musulmans sur dix sont nés musulmans. Les ex-pays communistes sont ceux qui enregistrent la plus forte conversion (7% en Russie), souvent de fidèles élevés dans l’athéisme. « La conversion à l’islam ne joue pas un rôle important dans la croissance de la population musulmane », conclut M. Bell, qui évoque plutôt le taux de fertilité.

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