Archive for the ‘Discussions’ Category

L’islam au quotidien sur Internet

Le site « Islam questions réponses » aide les pratiquants à vivre selon les préceptes du Coran

par Christelle Gerand

Le site Islam questions réponses élucide les interrogations des musulmans sur leur quotidien. Foi, famille, éducation, il aborde sans tabou de nombreuses questions, posées par les internautes. Cheikh Muhammed Salih Al-Munajjid y répond en se basant sur le Coran et la Sunna.

« Puis-je étudier dans une université catholique » ? « Existe-t-il des animaux marins qu’il n’est pas permis de consommer » ? « Quand doit-on apprendre à son enfant à se raser le pubis ? ». Le site Islam questions réponses propose des réponses à des interrogations aussi diverses que celles-ci. Les explications détaillées, basées sur le Coran et la Sunna, sont approuvées par un auteur et conférencier spécialiste de l’islam, Cheikh Muhammed Salih Al-Munajjid. Le site, aux réponses très claires, est destiné aux musulmans pratiquants, bien sûr, mais également aux personnes qui désirent apprendre l’islam, et aux non-musulmans qui voudraient savoir ce que suggère le Coran face à certaines situations.

Les questions sont classées par thèmes tels que : éléments constitutifs de la foi, droit de la famille, mœurs, éducation… D’autres sites basés sur le même principe existent, comme Fatawaislam ou Questions-réponses dont l’avantage est de pouvoir écouter les réponses, mais les deux interfaces ne permettent pas de poster de questions. C’est cette possibilité qui fait la richesse du site Islam questions réponses, qui va de questions larges sur les règles de la récitation, du mariage, du repentir par exemple à des interrogations beaucoup plus précises. Au final, il constitue une mine d’informations, que l’on peut rechercher par mots-clés ou par thèmes. Et, le petit plus : le site est disponible en français et en arabe, mais aussi en anglais, turc, chinois, ouïghour, et depuis peu en russe et hindi.

http://www.afrik.com/

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Télévision : « Qui a peur de l’Islam ? »

Archives J.-F. Frey

Archives J.-F. Frey

Vendredi 10 septembre 2010 à 22 h 45, France 4 diffusera un documentaire intitulé «Qui a peur de l’Islam?», réalisé par le journaliste John Paul Lepers.

Depuis les débats sur l’identité nationale, les minarets ou la burqa, la crainte d’une « islamisation » de la société française trouve un nouvel écho.  En sillonnant le pays à bord de leur camping-car, John Paul Lepers et son équipe ont écouté ceux qui, souvent par ignorance, ont « peur de l’Islam » et interrogé ceux qui ont intérêt à propager ces craintes.

C’est pour explorer une autre démarche que celle de l’exploitation politique ou celle du repli identitaire que le réalisateur a entrepris ce documentaire.

Attachés aux valeurs républicaines de laïcité qui établissent la séparation entre les églises et l’Etat, les reporters interrogent des musulmans mais aussi des chrétiens de tout bord. Agressée par un traditionaliste catholique devant l’église parisienne de Saint Nicolas du Chardonnet, l’équipe est particulièrement bien accueillie chez les musulmans. Au fil de leur enquête, ils constatent que de nombreux musulmans pratiquants commencent à s’organiser et à se replier sur eux-mêmes. Se sentant stigmatisés par les politiques et les médias, ils font le choix de se regrouper en communauté.  Certains, comme le théologien et prédicateur Tarik Ramadan, proposent même de se constituer en « contre-pouvoir ». Un discours qui séduit de plus en plus les jeunes, qui y trouvent une solution à leurs problèmes d’insertion dans une société de plus en plus sclérosée.

Le réalisateur interviewe des esprits éclairés, comme le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Obrou. Un brillant intellectuel français formé chez les fondamentalistes musulmans, mais qui progresse aujourd’hui vers la définition d’un Islam de France. Il ne s’agit pas pour lui de remettre en cause les piliers de l’Islam, mais « d’adapter la maison au climat » de notre pays. Avec lui et d’autres intervenants, John Paul Lepers tente de nous faire comprendre que nous sommes tous, musulmans ou chrétiens, croyants ou non croyants, enfermés dans des craintes et des certitudes.

http://www.lalsace.fr/

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Un « temps musulman » avec l’horloge géante de La Mecque ?

A l’occasion du début de ramadan, l’Arabie saoudite va mettre en service une horloge géante installée en haut d’un gratte-ciel en construction. Objectif : instaurer une « heure de La Mecque » pour concurrencer le temps GMT universel de Greenwich.


Les fidèles du monde entier pourront prochainement régler leurs montres sur l’horloge géante en cours d’installation à La Mecque, premier lieu saint de l’islam, en Arabie saoudite. Le mécanisme sera mis en service, pour un essai de trois mois, cette semaine pour le début du ramadan. Les Saoudiens espèrent que cette horloge monumentale établira pour les musulmans une « heure de La Mecque« , pour concurrencer le temps moyen de Greenwich.

D’un diamètre de 46 mètres (soit six fois ceux de Big Ben à Londres), les quatre cadrans, faits de matériaux de haute technologie et lacérés d’or, domineront de plus de 400 mètres le complexe de la Grande mosquée. Sous chaque cadran, figurera la phrase « Au nom d’Allah« , illuminée de 2 millions de lampes à DEL.

En haut d’une tour de 600 mètres

L’horloge sera installée en haut d’une tour qui mesurera 601 mètres, soit le bâtiment le plus haut du monde après Burj Khalifa de Dubaï. Environ 21.000 lampes blanches et vertes décorant le sommet de la tour seront visibles à 30 kilomètres et serviront à signaler l’horaire des cinq prières quotidiennes. Et, à l’occasion des fêtes musulmanes, 16 bandes de lumière enverront dans le ciel des faisceaux de 10 kilomètres.

L’horloge s’inscrit dans la volonté de certains musulmans de remplacer le temps universel coordonné (UTC), en vigueur depuis 1972, par un temps moyen de La Mecque. Réuni en conférence à Doha en 2008, des religieux musulmans ont affirmé, arguments « scientifiques » à l’appui, que l’heure de La Mecque était le véritable temps moyen. Selon eux, la ville se trouve au centre du monde et non le méridien de Greenwich, imposé par l’Occident en 1884.

http://lci.tf1.fr/

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Six questions sur le halal

Par Idir HOCINI,

Les musulmans sont entrés mercredi en période de ramadan. A cette occasion, le budget alimentaire des ménages pratiquant le jeûne explose. Un phénomène qui profite avant tout au marché du halal. Décryptage.

Le halal c’est quoi ?

Le terme désigne tous ce qui est licite pour un musulman. Un aliment est halal lorsqu’il peut être consommé. En France, le label concerne principalement la viande. Manger halal exclut donc les interdits religieux comme le cochon, l’alcool, le sang (donc double interdit sur le boudin) et toute viande qui n’a pas été sacrifiée selon le rite musulman : le sacrificateur prononce une invocation rituelle avant d’égorger la bête. Paquet de biscuits, bouteille d’eau, soupe de poisson ou bâton de rouge à lèvres font partie des produit qui peuvent aussi être labélisés halal.

Où trouve t-on du halal ?

Dans les quelques 9.000 boucheries musulmanes répertoriées en France, situées pour la plupart en région parisienne et à Marseille. EIles ont encore la haute main sur le marché du halal. Mais ces dix dernières années, des grands groupes agro-alimentaires comme Soviba et Charal ont crée leur département halal. Ils fournissent les enseignes de grande distribution comme Carrefour, Auchan, Leclerc, Intermarché ou Franprix, qui disposent tous d’un rayon halal dans leurs magasins, pour peu qu’il existe une clientèle consommant ces produits à proximité. Le Quick d’Argenteuil propose également des hamburgers halal à ses clients.

Y a-t-il un marché du halal ?

Selon Solis, cabinet d’études marketing, le marché du halal représente en France 5,5 milliards d’euros. C’est quatre fois plus que le bio. Pendant le mois de ramadan, la consommation, et donc les ventes, explosent. Le marché du halal existe depuis 40 ans en France. D’après Florence Bergeaud-Blackler, sociologue au CNRS, spécialiste de la question et auteur de Comprendre le halal, «  le marché a été initié par les exportateurs occidentaux dans les années 1970 pour vendre leurs carcasses dans les pays  musulmans. Il s’est ensuite, dans les années 80-90, adapté à la demande intérieure des immigrés et de leurs familles« .

Qui certifie les produits halal ?

Le développement du marché du halal s’est fait de manière désordonnée, avec la multiplication du nombre d’organismes de certification. Ces derniers se présentent sous la forme d’associations ou de sociétés qui ont la particularité de ne pas avoir un cahier des charges commun. D’après Florence Bergeaud-Blackler, « les certificateurs qui font, et ont les moyens de bien faire leur travail, se comptent sur les doigts d’une main. Les autres sont bien trop attachés aux entreprises productives et sont donc à la fois juges et parties« . Selon une enquête de l’Asidcom (Association de sensibilisation, d’information et de défense des consommateurs musulmans) parue en 2009, beaucoup de ces labels ne sont pas fiables: « Certains organismes mettent en place des procédures pour suivre la traçabilité de l’abattoir jusqu’à la boucherie. Pour d’autres, la traçabilité se limite à l’envoi de la photocopie du certificat halal« 

Qui contrôle le halal en France ?

Personne. Pour Florence Bergeaud-Blackler : « Il faudrait une organisation ombrelle, comme dans le bio, qui contrôle les organismes de certification halal. Mais pour se faire, il faut s’entendre sur un cahier des charges, qui fasse consensus chez les religieux, les producteurs et les consommateurs. Il y a  encore du chemin pour y parvenir« . Néanmoins, la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes affirme avoir procédé, en 2008, à des contrôles sur la viande servant à fabriquer des merguez étiquetées comme halal.

Le halal finance t-il le culte musulman?

Selon Florence Bergeaud-Blackler : « L’argent du halal ne finance pas le culte musulman, il bénéficie avant tout aux firmes agro-alimentaires. Les certificats halal ne sont pas délivrés par des imams ou des mosquées, ils sont vendus par des entreprises privées de certification qui n’ont pour l’immense majorité aucun lien avec une mosquée. « 

http://lci.tf1.fr/

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LA RELIGION COMME ACCÉLÉRATEUR D’INTÉGRATION

En Alsace, on estime que la communauté musulmane, majoritairement turque et maghrébine, compte 120 000 fidèles et une soixantaine de lieux de culte. A ceux-ci devrait s’ajouter en février ou mars 2011, la Grande mosquée de Strasbourg.

Le chantier de la Grande mosquée de Strasbourg. (Photo DNA-Cédric Joubert)

Le chantier de la Grande mosquée de Strasbourg. (Photo DNA-Cédric Joubert)

Le chantier de la Grande Mosquée de Strasbourg a connu une succession de rebondissements et d’interruptions dus à des soucis financiers, ou, cet hiver, à des intempéries. Elle devrait néanmoins voir le jour en février ou mars 2011, estime Fouad Douai, gérant de la SCI Grande Mosquée de Strasbourg. Dans les jours à venir les travaux devraient commencer à l’intérieur de l’édifice, marquant un tournant très attendu.

Un cimetière musulman à Strasbourg

« Théoriquement, on a bouclé le projet financier », affirme le gérant. Le coût est estimé à 8,7 millions d’euros. Mais la prudence reste de mise car certaines promesses de dons « avec engagement ferme » n’ont pas encore été suivies d’effet. Ces dons encore conditionnels, à hauteur de 1,2 million d’euros, proviennent de différents pays musulmans.
Si Fouad Douai reste confiant dans le versement de cette somme, il compte toujours sur les dons des fidèles locaux. « Le ramadan est un mois de générosité. Dès que les échafaudages auront été retirés, les fidèles seront contents de voir la coupole qui brille de loin », espère-t-il.
L’islam jouit en Alsace, sous l’influence du Concordat, de conditions propres à son épanouissement au sein de la République. Les collectivités territoriales prennent part au quotidien de la communauté musulmane alsacienne. Municipalité de Strasbourg, conseil général du Bas-Rhin et conseil régional auront participé à plus d’un quart du budget de construction de la Grande Mosquée de Strasbourg.
Il a en outre été décidé, le 7 juin dernier, que Strasbourg verrait pour la première fois en France la construction sur initiative publique d’un cimetière musulman. Avec les carrés confessionnels déjà existants, ce cimetière, qui devrait être achevé en 2011, permettra aux citoyens musulmans d’être enterrés là où ils ont vécu, comme un signe fort d’intégration, tout en respectant l’orientation des corps inhumés en direction de La Mecque.
A l’avenir, les musulmans d’Alsace espèrent que ces particularismes régionaux devraient permettre -comme c’est le cas pour le catholicisme, le protestantisme ou le judaïsme en Alsace et en Moselle-, l’enseignement de l’islam dans les écoles publiques, voire dans une faculté de théologie musulmane.

Hélène David

http://www.dna.fr/

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Des taupes pas très « catholiques »

Deuxième volet de mon enquête sur les conséquences du 11 Septembre
pour la communauté arabo-musulmane de Dearborn.

Muslim American Center Dearborn

L’Imam Steve Mustapha Elturk a pris le soin de me faire visiter son établissement dans les moindres recoins et l’initiative d’enregistrer notre conversation. L’habitude sans doute. Que le FBI surveille les mosquées, sur le fond, il n’y voit rien à redire : «Ils font ce qu’ils ont à faire, même si on n’aime pas ça.»
Ce sont les méthodes employées par l’agence qui le hérissent. «Ils recrutent des gens qui ont commis des crimes, ou qui ont des problèmes avec la loi, ou avec les services d’immigration.» Il se fait plus précis : «Le FBI a approché un de nos membres pour devenir un de leurs informateurs.» Un type «d’une vingtaine d’années», qui, selon les dires de l’imam, «s’était introduit sur le site d’un complexe militaire.» «Après une nuit en prison, poursuit-il, ils lui ont demandé s’il voulait espionner ma mosquée pour leur compte.»
Il y a, en filigrane, la crainte que ces informateurs ne deviennent eux-mêmes les instigateurs zélés du crime, des agents provocateurs venus pousser quelque esprit faible dans une entreprise terroriste. «Ça n’a rien à voir avec la théorie du complot, pointe Andrew Shryock, il n’y a qu’à regarder les infos

Imam Dearborn

À Dearborn, un fait divers est encore dans tous les esprits : la mort brutale d’un Imam, dont le corps a été retrouvé criblé de 20 balles, lors d’une opération montée par le FBI. Selon ces derniers, l’Imam aurait tiré sur un de leurs chiens quand ils sont venus l’arrêter.
Selon les défenseurs de l’homme de foi, celui-ci n’aurait fait que se défendre quand l’animal l’a attaqué. L’affaire est aujourd’hui dans les mains de la justice, mais les résultats d’une autopsie indépendante ont d’ores et déjà mis en évidence que le visage et la main de l’Imam portaient des traces de morsures.
L’incident a choqué la communauté et au-delà. Sally Howell évoque «un homme qui œuvrait pour les plus démunis au sein de sa communauté», et ne s’étonne guère qu’il ait porté une arme. «Si je devais travailler dans le quartier dans lequel il officiait, je peux vous dire que moi aussi j’aurais porté une arme.»
De nouveau, ce sont les méthodes qui sont contestées : là encore, il s’agissait d’une de ces sting operations dans laquelle des agents du FBI se font passer pour des revendeurs de marchandises volées. De nombreuses voix ont dénoncé un recours excessif à la force pour interpeller un recéleur présumé.
Sally Howell pointe une autre conséquence du 11 Septembre pour la population de Dearborn. «Trois œuvres de charité ont été fermées. Celles-ci font l’objet de raids et sont régulièrement poursuivies en justice.» La conséquence de tout cela : «Il est devenu difficile pour les musulmans ici de donner à des organisations caritatives dans leurs pays d’origine. Mais comme ils doivent bien accomplir le Zakat (1), ils donnent l’argent sur place, à leur mosquée.»

Voiture police Dearborn

Sally estime que cette manne inattendue a participé au développement et au renouveau de la communauté. «En 2001, explique-t-elle, on comptait 38 mosquées à Dearborn. Il y en a aujourd’hui soixante, sans parler des opérations de rénovation et d’embellissement qui ont pu être financées ainsi.» Et il y a plus : entre 2000 et 2005, la population musulmane aurait grossi «de 30%», dans une période d’immigration restreinte.
L’imam Elturk a son explication. Il affirme que depuis le 11 Septembre, les conversions vont bon train, notamment parmi les Américains dits de souche : «Le 11 Septembre nous a donné une formidable opportunité de parler de notre foi, d’ouvrir nos lieux de prière, d’entamer le dialogue avec les Américains. Nous aurions dû faire cela bien avant. De leur côté, beaucoup d’Américains se sont mis à lire sur l’Islam, cela a nourri leur curiosité… Je crois que notre religion parle à leur cœur car il y a en Islam le principe de non-discrimination…»
De fait, tous les leaders religieux que j’ai rencontrés au cours de mon enquête m’ont fait la même surprenante confession. Je me rappelle qu’un confrère Égyptien avait fait cette observation de retour d’une visite d’une mosquée en Virginie. Il avait été frappé par le nombre de fidèles d’origine WASP, mais y suspectait plutôt une volonté de surveiller de l’intérieur ce qui s’y passe…

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Au final, la communauté musulmane de Dearborn pourrait donc paradoxalement sortir renforcée par les épreuves traversées. Ce qui ne doit pas surprendre, en réalité. Celle-ci est solidement ancrée dans le paysage du Michigan : sa présence remonte à plus d’une centaine d’année, elle est économiquement bien intégrée, et ses rapports avec les autres communautés ont toujours été cordiaux.
Il y a bien entendu des raisons historiques à cela. Tout d’abord, la communauté arabe de Dearborn est chrétienne à 80%, et constitue un ciment solide entre les deux mondes. Andrew Shryock explique en outre que lorsque les États-Unis ont fermé les robinets de l’immigration, en 1925, les Musulmans qui s’étaient établis à Dearborn depuis la fin du 19e siècle «se sont américanisés. En l’espace de quarante ans, ils se sont assimilés au point où ils ne parlaient plus Arabe et beaucoup avaient renié l’Islam pour embrasser le Christianisme.»
Les immigrants de confession musulmane qui recommencent à affluer à partir de 1965 viennent d’un Orient décolonisé. «C’est une population différente, qui connaît davantage de problèmes d’intégration, poursuit Andrew Shryock. Aujourd’hui, 75% des musulmans de la région de Detroit sont nés à l’étranger.» Ces nouveaux arrivants ont toutefois profité d’un socle stable sur lequel ils ont prospéré.
À suivre…

(1) Le Zakat est la troisième des piliers de l’Islam, il consiste en l’aumône accordée aux membres les plus pauvres de la communauté.

http://blog.lefigaro.fr/

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Un mois sous le signe du partage et de la spiritualité

Un mois sous le signe du partage et de la spiritualité

Le Ramadan a débuté hier soir à la Réunion. Pour la communauté musulmane de l’île, cette période de jeûne va au-delà de la simple privation physique. Il s’agit de réaffirmer sa foi et surpasser ses mauvais instincts.

Le Ramadan est un moment clé dans l’histoire de tout musulman. Et pour cause,cette période de jeûne constitue l’un des cinq piliers de l’Islam, au même titre que le voyage à la Mecque.
L’apparition de la Lune hier soir a marqué le début d’une période de pénitence, de prière et de partage. Les membres de la communauté musulmane se priveront de nourriture, de boisson, de pratiques sexuelles durant 29 ou 30 jours selon la prochaine apparition de l’astre. Et chaque soir, la communauté se retrouvera autour d’un repas familial, signe d’une pleine harmonie entre les individus.
Du lever au coucher du soleil, les musulmans s’évertueront à offrir le meilleur d’eux mêmes, à développer leurs qualités d’écoute et de partage. A la privation physique s’ajoutera la plénitude de l’esprit au travers des nombreuses prières qui rythmeront les journées. En outre, la communauté musulmane de la Réunion bénéficiera d’un avantage par rapport à la Métropole. Le Ramadan qui aura lieu cette année durant l’hiver austral devrait être moins rigoureux qu’en temps normal où les températures élevées rendent vraiment difficile la période de jeûne.
Dans les écoles coraniques, les jeunes préparent eux aussi le Ramadan. Ces dernières journées de congés scolaires seront dédiées à la récitation du Coran. Les textes du livre sacré déjà bien connus par la jeune génération seront relus à différentes périodes de la journée, comme chaque année.
Le Ramadan est obligatoire dès lors qu’un musulman atteint l’âge de puberté. Si cette période se place sous le signe du sacrifice, c’est bien le premier jour de jeûne qui s’avère le plus difficile à passer selon les membres de la communauté.
A l’issue de ce mois de prière, les musulmans célèbreront la fête de l’Aïd El Kebir (El Séghir, ndlr), qui signifie littéralement « la grande fête » (la petite fête, ndlr).
http://www.linfo.re/

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“On peut vraiment parler d’un islam réunionnais”

“On peut vraiment parler d'un islam réunionnais”

“L’histoire montre qu’un modèle ne se transpose jamais. Ce qui est possible, c’est qu’en métropole, on s’inspire de ce qui a été possible à La Réunion et que l’on réfléchisse à ce qui peut être fait”.

Marie-France Mourrégot. En cette semaine de début de ramadan, la parole à une universitaire qui, depuis près de vingt ans, observe et analyse les communautés musulmanes de La Réunion. à travers le regard du chercheur pointe une admiration certaine pour cette harmonie réussie sur un territoire français.

Comment une chercheuse universitaire zoreil en est-elle venue à s’intéresser à l’islam à La Réunion ?

J’avais l’intention de me lancer dans un mémoire de maîtrise d’histoire consacré à la visite de l’émir Abdel-Kader à Paris en 1852, lorsque je suis allée en vacances à La Réunion chez un ami d’enfance. Nous étions au début des années 1990 et la métropole était régulièrement secouée par des “affaires” de musulmans : construction de mosquées qui posaient problème, filles exclues de leur collège parce qu’elles portaient un foulard en classe… Bref, je me suis rendue compte qu’à La Réunion, les choses se vivaient naturellement, sans poser de problèmes. J’ai donc décidé de laisser l’Emir Abdel-Kader reposer en paix et changé l’orientation de mes recherches pour m’intéresser à une communauté vivante qui semblait en harmonie avec la société dans laquelle elle était installée. J’ai consacré beaucoup de temps à la recherche de terrain effectuée au cours de nombreux voyages à La Réunion entre 1993 et 2008.

Vous parlez de “visibilité tranquille” de l’islam à la Réunion. Pourquoi ?

J’ai choisi ces termes par comparaison avec la situation de métropole, où construire une mosquée, obtenir un cimetière privé, ouvrir une école coranique, porter un hijab en classe était une source infinie de problèmes, exacerbés par les enjeux électoraux. Il est beaucoup plus facile de pratiquer sa religion pour un musulman à La Réunion. Il a “à sa portée” toutes les institutions, les infrastructures requises par la loi islamique pour l’accomplissement des rites. Les Réunionnais non-musulmans sont habitués à l’appel à la prière par haut-parleur, aux costumes islamiques dans les rues… Les minarets font depuis longtemps partie du paysage. Tous les symboles islamiques font désormais partie du patrimoine culturel réunionnais.

Peut-on véritablement parler d’un “islam réunionnais” ?

Oui. Bien sûr, le Coran et la Tradition du Prophète sont, sous toutes les latitudes, les fondements immuables de la loi islamique, mais la manière de pratiquer l’islam varie en fonction des pays, des sociétés. A La Réunion, les musulmans sunnites, d’origine indienne, se reconnaissent dans un islam turco-persan, et non pas dans un islam arabe. Ils ont des oulémas dont le Centre de légitimité se trouve en Inde, à Déoband, et qui professe un hanafisme strict. En ce sens, l’islam pratiqué à La Réunion est plus proche de celui qui est pratiqué en Afrique du Sud et à Maurice qu’en métropole. Les Gujaratis musulmans qui émigraient ont choisi La Réunion comme patrie. C’est là qu’ils ont voulu élever leurs enfants, où sont enterrés leurs parents, où ils ont leurs intérêts économiques et financiers. Ils ont voulu devenir Français choisissant de ce fait d’être régis par les lois de la République française et non pas par la Charia – la loi islamique – qui reste dans la sphère privée. L’islam réunionnais est un islam “ouvert”, modéré. Chacun peut pratiquer ou pas, observer les règles religieuses ou pas ; le croyant musulman est libre de mener sa vie à sa guise sans encourir de châtiment. Seul son Créateur appréciera ses actions au jour du Jugement. Cet islam “ouvert” dialogue avec les autres religions : le Groupe de dialogue interreligieux est particulièrement présent sur la scène réunionnaise et son président est un Indo-musulman.

Existe-t-il pour autant une “face cachée” de la pratique réunionnaise, moins ouverte, moins modérée ?

Je ne vois pas de “face cachée” de l’islam à La Réunion. Chez vous, tout est sous contrôle. Il existe un mouvement pour la propagation de la foi qui s’emploie à faire des musulmans de meilleurs musulmans, qui donnent une part importante de leur vie à “sortir sur le sentier de Dieu” pour aller, à La Réunion, dans les îles de l’océan Indien, etc., à la rencontre des musulmans et les inviter à calquer leur comportement sur celui du Prophète et de ses compagnons. Ce mouvement entraîne ses adeptes dans ce qui apparaît à certains autres musulmans, et aux non-musulmans, comme un repli, un enfermement. Apprécier leur nombre est impossible. Certains sont des piliers du mouvement de prédication, d’autres en font partie un temps ou de manière occasionnelle. Il ne s’agit pas d’un mouvement propre à La Réunion, il s’agit d’un mouvement transnational, la Tablighi-Jamaat, (mot ourdou pour « groupe de prédication »), né en Inde dans les années 1920 et arrivé à La Réunion en 1956. En tout état de cause, aucun de ces “missionnaires” ne songe à remettre en cause les institutions de la République : tous savent que dans aucun pays musulman, ils ne bénéficieraient des conditions de vie, de la liberté qu’ils ont à La Réunion.

Les Zarabs et les Karanes, venus de Madagascar, semblent parfaitement intégrés dans la société réunionnaise. En revanche, la place d’autres musulmans, comme les Comoriens et Mahorais n’est pas si simple. Existe-t-il des frictions, des inquiétudes quant à leur intégration “religieuse” ?

Les Karanes, qui sont des chiites, appartiennent à trois obédiences dont chacune a ses spécificités. Comme vous le savez, les Karanes ont trouvé leurs marques dans le département et appartiennent au monde socialement privilégié. A La Réunion, il n’existe aucun problème entre chiites et sunnites. Les Comoriens et Mahorais sont des musulmans sunnites comme les Indo-musulmans, ils appartiennent à une école juridique différente de ceux-ci, mais le rituel shaféite ne diffère du rituel hanafite que sur des points de détail. Ils peuvent donc prier ensemble, dans les mêmes lieux de culte. Cependant, Comoriens et Mahorais sont attachés à des pratiques étrangères aux Indo-musulmans, en particulier la célébration avec faste de l’anniversaire de la naissance du Prophète. Ils ont à cœur d’avoir leurs propres structures où ils peuvent se réunir et vivre leur foi selon leurs propres traditions (il existe une mosquée comorienne au Port). Il n’existe pas pour autant d’inquiétudes quant à leur intégration religieuse. Comoriens et Mahorais sont partie prenante de la communauté musulmane, ils ont participé à la création et à la mise en place du Conseil régional de culte musulman voulu par l’Etat. Il leur est demandé de se conformer aux règles en vigueur dans les institutions religieuses créées et gérées par les Indo-musulmans et de pratiquer leurs particularismes culturels, dans d’autres lieux.

Le terme zarab a-t-il toujours été assumé par les musulmans ?

Il a été employé par les Créoles lors de l’immigration gujaratie parce qu’à cette époque, tout ce qui avait un rapport avec l’islam était forcément “arabe”. On ne savait pas que la majorité des musulmans dans le monde n’est pas arabe et qu’en particulier, ceux qui vivent dans le sous-continent forment la plus grande masse musulmane du monde. Les Indo-musulmans réunionnais se sont habitués à cette appellation. Un Zarab est dans l’imaginaire collectif quelqu’un qui a de l’argent, quelqu’un qui a un magasin ! C’était vrai dans le passé mais, il y a des années que les choses ne sont plus celles-là. Les Gujaratis se sont installés à La Réunion dans la seconde moitié du XIXe siècle, disons à partir des années 1860. Ils ont ouvert des bazars où l’on trouvait tout mais principalement, des grains et des tissus. C’est après la départementalisation, dans les années 1950, qu’ils ont permis aux Réunionnais d’acheter près de chez eux des vêtements en prêt-à-porter qu’on appelait le “décrochez-moi-ça” et des meubles, d’abord des meubles “péi” fabriqués principalement à la Rivière Saint-Louis, puis des meubles importés.

En métropole, les musulmans font globalement partie des classes sociales les plus défavorisées, alors qu’ici, les Zarabs font partie des catégories plutôt à l’abri du besoin. C’est ce qui change tout ?

Effectivement. Les Zarabes ont une surface financière qui leur permet de peser sur les décisions politiques et économiques. Leur détermination à investir une grande partie de leurs bénéfices commerciaux dans les structures religieuses dont ils avaient besoin pour accomplir leurs pratiques religieuses a été totale dès les années 1890. Ils n’ont eu besoin d’aucun bailleur de fonds extérieur. De ce fait, ils sont maîtres de leurs choix et n’obéissent à aucune consigne, comme c’est le cas pour les musulmans de métropole qui récoltent des fonds au Maghreb ou dans les pays du Golfe et qui doivent, ensuite se conformer à des directives venues des généreux donateurs. Le problème en métropole, c’est que les musulmans sont “pluriels”, ils sont Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Africains, musulmans du sous-continent… Bref, toute une constellation d’origines d’où les enjeux de pouvoirs et les querelles intestines qui n’ont pas de raison d’être à La Réunion. Certes, l’homogénéité d’origine ne règle pas tout. Il existe parfois des dissensions, des sujets de controverse, mais tout se règle “entre soi”, sur un consensus.

Le modèle réunionnais est-il transposable en métropole ?

Sans doute pas. L’histoire montre qu’un modèle ne se transpose jamais. La Réunion est une terre d’immigration, elle s’est construite avec les apports culturels des uns et des autres. Les musulmans y ont bénéficié d’atouts exceptionnels. Ce qui est possible, c’est qu’en métropole, on s’inspire de ce qui a été possible à La Réunion et que l’on réfléchisse à ce qui peut être fait. Les musulmans de métropole pourraient aussi s’inspirer de la remarquable organisation des comités de gestion mis en place par les Gujaratis et créer des associations sur le modèle des Volontaires d’entraide musulmane (VEM) dont les services auprès des familles sont exemplaires.

Entretien : David Chassagne

http://www.clicanoo.re/

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Le ramadan : « un retour au spirituel ! »

Amine au moment du « fthor » ou rupture du jeûne.

Amine au moment du « fthor » ou rupture du jeûne.

CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Le ramadan a débuté mercredi. Moment clé du calendrier musulman, il est l’occasion pour chaque croyant de se replonger dans les fondamentaux du Coran… Exemple avec Amine, conseiller bancaire.

«J’ACCOMPLIS le jeûne du ramadan depuis mes 11 ans. Je le perçois comme un retour au spirituel au détriment du matériel ! »
À 28 ans, Amine a débuté mercredi son 17e ramadan. Mois sacré pour tous les musulmans puisqu’il coïncide avec la révélation du Coran au prophète Mohamed, il se traduit par un jeûne obligatoire de trente jours fixé d’après le calendrier lunaire de l’Hégire.
Le calendrier musulman comptant onze à douze jours de moins que le calendrier solaire et aucune intercalation, le ramadan se décale chaque année et passe progressivement d’une saison à l’autre. Cette année, il intervient en pleine saison estivale et induit donc des journées de jeûne plus longues : « Je me lève à 4 heures du matin pour pouvoir manger et faire ma prière avant le lever du soleil. Je retourne ensuite me coucher avant de partir un peu plus tard au travail… », explique Amine.
Souvent perçu exclusivement comme un mois d’abstinence (ne pas boire, ne pas manger…) par les non-musulmans, le ramadan dépasse pourtant le simple cadre du simple jeûne : « Au départ, je le voyais comme un ensemble d’interdictions, puis j’ai compris l’importance de ce mois d’expiation. Nous nous replongeons dans la lecture du Coran pendant nos veillés à la mosquée. C’est une période de grande fraternité et de partage durant laquelle on s’acquitte de la « zakat » (aumône) qui constitue un des 5 piliers de l’Islam au même titre que le ramadan. »

Nuits écourtées

Conseiller bancaire, Amine, ne jouit pas d’aménagements particuliers lors de ses journées de travail. Une donnée qui ne semble guère l’importuner : « Nous sommes épargnés par la canicule pour le moment alors que les membres de ma famille en Algérie doivent supporter de fortes chaleurs. Mon travail ne nécessite pas d’efforts physiques mais plutôt intellectuels donc je ne peux pas dire que le jeûne influe beaucoup sur mes performances au bureau. Le fait de couper mon sommeil pour me nourrir avant le lever du soleil écourte cependant mes nuits et entraîne une légère fatigue en fin de semaine. Je m’efforce de tout mettre en œuvre pour que cela ne joue pas sur la qualité de mon travail… »
Même si la période du ramadan est entrée dans les mœurs dans l’Hexagone, il demeure encore assez peu compris tant sur la forme que sur le fond par les non-musulmans : « C’est vrai que j’ai certains collègues qui font preuve de curiosité vis-à-vis de ma pratique de l’Islam. Ils connaissent mes obligations et les respectent et je n’ai jamais eu de remarques négatives sur ce sujet aussi bien en dedans qu’en dehors du cadre professionnel. »
Originaire de Franche-Comté, Amine accomplit le jeûne loin des siens cette année encore. Une donnée qui ne le ravit pas en cette période propice aux retrouvailles familiales et au dialogue : « Ce n’est pas l’idéal d’être à distance de ma famille. Le ramadan c’est l’occasion de se retrouver avec les proches autour d’une grande table garnie et de plats multiples et variés. Je suis issu d’une famille nombreuse et il y a donc beaucoup de monde qui gravite autour de la table au moment de rompre le jeûne, aussi bien la famille que les amis et les voisins. J’ai d’ailleurs posé des congés pour fêter la fin du jeûne avec eux en septembre ! »
Une fin de jeûne qui interviendra vers le 10 septembre avec Laïd el-Fitr.

Karim IMESSAD

http://www.lunion.presse.fr/

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Existe-t-il un scandale du faux halal ?

par Catherine Segurane

Pour savoir s’il existe un scandale du faux halal, il importerait d’abord d’avoir une définition précise de ce qu’est le halal, car une certification ne peut être fausse que par rapport à une norme.

On ne peut pas dire que le marché du halal soit un modèle de transparence. Les consommateurs laïcs en savent quelque chose, puisque même le ministère de l’Agriculture, dans une réponse à une question écrite, a répondu cyniquement que les professionnels n’ont pas l’obligation d’informer les consommateurs du mode d’abattage des animaux ; nous mangeons donc tous de la viande abattue rituellement sans le savoir, et le ministère s’en satisfait.
Mais le problème symétrique existerait aussi : tout internet bruisse de cette possible révélation : il existerait un scandale gigantesque du faux halal. L’assoctation CFCM TV a même constitué un dossier de presse sur le sujet, dossier qui mérite la lecture, même si, de façon totalement injuste, elle s’en prend on ne sait trop à qui, en insinuant qu’une réaction violente serait justifiée :

« Comment réagiraient les musulmans d’Europe quand ils sauront que ce qu’ils consomment en guise de viandes dites “halal” est une pure tromperie, une vaste escroquerie dont sont aussi victimes les populations d’autres pays arabes et/ou musulmans ? En ces temps de tensions et de crise, quelle serait la réaction des musulmans de France s’ils découvraient que les viandes qu’ils consomment n’ont rien de halal et sont très loin de constituer une alimentation saine ?

Sachant l’embrasement qu’ont connu les banlieues, ces deux questions permettent de toucher du doigt une réalité amère qui n’augure pas de lendemains sereins partout où la viande est cédée au nom du halal. »

Que faut-il croire de ces accusations de faux halal ? Nous examinerons cette questions sous trois angles, à savoir :
1 quelles sont les normes halal par rapport auxquelles certaines viandes seraient faussement certifiées ?
2 quelles sont les difficultés spécifiques au poulet ?
3 quels sont les enjeux économiques des exigences démultipliées de certains acteurs ?
QUELLES SONT LES NORMES DU HALAL ?
La République ne se mêlant pas de dogmes religieux, elle n’a pas défini de normes du halal, mais reconnait trois mosquées qui peuvent délivrer des cartes de sacrificateur.
Les normes du halal sont donc celles appliquées par ces mosquées. Celles-ci devraient, en principe, suivre le Coran, qui indique :
« Vous est permise la nourriture des Gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. »

Parmi les « Gens du Livre », il y a les chrétiens, qui n’ont aucune exigence rituelle en matière de nourriture. On ne voit donc pas trop, dès le départ, pourquoi il faut toutes ces revendications et ces dérogations aux règles classiques d’abattage.

Même pour l’abattage purement musulman, les règles coraniques ne sont pas excessivement complexes :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »

On ne voit là rien d’extraordinairement difficile à suivre. Même la bête assommée est expressément autorisée à condition qu’on l’égorge avant qu’elle soit morte, ce qui correspond à la demande de Brigitte Bardot.
Alors, pourquoi toutes ces questions ?
He bien parce que chaque secte et chaque association de consommateurs musulmans se veut plus rigoureuse que les mosquées, rajoute sa petite exigence et y va de son interprétation théologique, le but étant de trouver tous les autres certificateurs laxistes pour rester maître du marché.
LE PROBLEME SPECIFIQUE AU POULET
Il importe quand même de signaler le cas particulier du poulet.

Pourquoi le cas du poulet est-il aussi spécifique ? Pourquoi les accusations de faux halal lui sont elles quasiment consubstantielles ? Ou encore, dit autrement : pourquoi la filière poulet est-elle incapable, dans des conditions économiques normales, d’obéir à des normes halal dans leurs formes les plus strictes (ou les plus volontairement complexifiées) ?

Tout simplement parce qu’un poulet est un animal de petite taille. Si l’on paie une personne à effectuer un rituel sacrificiel pour chaque poulet individuellement, la cadence en est considérablement ralentie (contrairement au cas d’animaux de grande taille, pour lesquels l’accomplissement du rite est sans influence majeure sur la cadence).

Pour des raisons de rentabilité, l’abattage du poulet est mécanisé partout, y compris dans le cas du poulet halal. C’est sur ce point que porte la controverse : pour les intégristes du halal, chaque poulet devrait être égorgé à la main par un “sacrificateur” obligatoirement musulman et en récitant une prière.

A partir de là, chacun y va de son petit calcul arithmétique, et en déduit que les abattoirs n’ont en principe pas le personnel suffisant et qu’il y a donc forcément un bogue quelque part. D’après Rue 89 , relayant le point de vue de la mosquée de Lyon, un sacrificateur rituel ne peut pas aller au-delà de 1800-2000 volaille/heure, mais la cadence chez Doux atteint 7000 à 8000 poulets /heure ; un syndicaliste aurait même parlé de 380 000 poulets par jour, ce que Al Kanz relève dans un article spécifique.

On voit par là que, pour abattre chaque poulet individuellement en prononçant une prière à chaque fois, il faudrait au moins quadrupler le personnel, ce qui ferait exploser le prix. Or, sauf dans des circuits spécialisés, le poulet halal n’est pas plus cher que le poulet standard. Cherchez l’erreur … d’ailleurs, tout l’internet musulman cherche …
Quand au consommateur laïc, tout ce qu’il peut en dire, c’est, encore une fois, qu’il est anormal de le faire acheter halal sans le lui dire. Si des organismes de consommateurs musulmans veulent faire multiplier le prix du halal par quatre ou cinq, c’est leur droit le plus strict, à condition que les filières halal et « laïque » soient bien séparées, et que le consommateur laïque ne se voie pas répercuter une partie du prix de revient. de la viande halal.
ENJEUX ECONOMIQUES
Les enjeux économiques sont considérables, car le but recherché est en réalité de constituer toute une bureaucratie du halal, et de réserver des emplois à des musulmans, la norme religieuse servant à « justifier » une « discrimination positive » qui ne dit pas son nom.

Pour l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon, une certification hallal de qualité nécessite, outre l’abattage par un sacrificateur agréé, la présence permanente d’un ou plusieurs contrôleur(s) rituel(s) durant toute la durée de l’opération de production hallal, et ce depuis le sacrifice rituel jusqu’au conditionnement final du produit, ainsi que la traçabilité complète de l’ensemble des matières vendues dans le restaurant (quelles soient carnées et non carnées dans la mesure où certains additifs sont illicites),

C’est donc beaucoup d’emplois et de salaires que nécessiterait la certification halal telle qu’on la rêve chez les plus intégristes, ou chez les plus désireux de créer des emplois pour leurs coréligionnaires. D’autant plus que, au delà de l’abattage, c’est, pour les plus intégristes, toute la filière qu’il s’agit d’agréer, comme dans le cas du certificateur AVS.

Le fonctionnement d’AVS est des plus problématiques, et consiste en la mise en place d’un système complet : personnel musulman tout au long de la chaîne de production et de disbribution de la viande, multiplication des points d’inspection, surveillance quotidienne des boucheries pour s’assurer que la viande halal n’y cotoie aucun produit non halal.
C’est toute une société parallèle entièrement musulmane qui ainsi est mise en place, aux frais partiels du consommateur laïque puisque, comme nous l’avons déjà dit, celui-ci mange souvent halal sans le savoir.
Source:   http://www.agoravox.fr/

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