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Pour en finir avec l’adjectif « musulman » (ou « islamique ») Gresh Alain

Par gilgamesch
Parmi les sujets les plus controversés sur ce blog, il y a, bien sûr, le conflit israélo-palestinien, mais aussi l’islam, sa place, son rôle. S’agit-il d’une religion à part, fondamentalement différente des autres croyances ? La doctrine religieuse, voire le Coran, permettent-ils de comprendre ce qui se passe dans le monde dit musulman ? Existe-t-il d’ailleurs une entité cohérente « monde musulman » (ou « islamique ») ? Ou « une société musulmane », « une science musulmane », « une histoire musulmane » ?

Que cette religion reçoive un traitement à part en France et en Europe, cela ne fait aucun doute. Imagine-t-on un éditorialiste français écrivant « je suis un peu judéophobe » ? Et pourtant Claude Imbert a écrit, sans en être discrédité, « je suis un peu islamophobe ».

J’en suis persuadé, il existe en France, et plus largement en Europe, une islamophobie. Mais elle couvre évidemment des phénomènes différents :

pour certains, il s’agit simplement d’une reconversion du racisme anti-arabe en un racisme culturel plus facile à défendre ; c’est le cas du Front national ou des droites populistes en pleine expansion ;

pour d’autres, il ne s’agirait que de la poursuite de la lutte pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, lutte qui a été menée par les républicains au début du XXe siècle. Certains, comme le site Riposte laïque, affirment que l’islam est la seule menace et sont prêts à toutes les alliances, y compris avec l’extrême droite, pour libérer la France. D’autres, refusent cet amalgame, et prétendent lutter contre tous les intégrismes, mais n’expliquent jamais pourquoi, dans nos sociétés, seul l’intégrisme musulman est de fait visé. Certains dénoncent toutes les religions, comme si c’était un combat abstrait qui se menait en dehors de tout contexte politique : mesure-t-on, par exemple, que la critique de la religion juive dans les années 1930 pouvait être légitime pour ceux qui combattaient toutes les religions, mais avoir en même temps des implications graves ?

Quoiqu’il en soit, une des erreurs essentielles que l’on retrouve chez nombre de commentateurs est leur tentative d’expliquer le monde musulman actuel, ses forces politiques, ses conflits, par l’islam. Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que le prophète Mohammed ayant été chef militaire, cela expliquerait le caractère guerrier de l’islam (ce qui serait fondamentalement différent du christianisme) ; ou que telle ou telle sourate du Coran, éclairerait les actions d’Al-Qaida ? Lire la suite…

Manuel Valls veut un islam de France laïc et indépendant de la tutelle étrangère

Manuel Valls à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012.

Manuel Valls à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012. V. WARTNER / 20 MINUTES

RELIGION – C’était le premier discours du ministre de l’Intérieur sur la deuxième religion de France…

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé ce vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam «élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui», mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.

Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué deNicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.

«Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé»

S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), Manuel Valls entend «changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années» marquées par le passage deNicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.

«Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris», a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.

«Le culte musulman est par essence difficile à organiser»

Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.

Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de Manuel Valls, même si l’on concède que «le culte musulman est par essence difficile à organiser». «Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels», a tancé vendredi le ministre.

Un projet de réforme proposé début 2012

«Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes», a balisé Manuel Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.

Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: «Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage». Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui «a garanti l’unité de la France».

«L’Islam est un élément constitutif de ce qu’est la France d’aujourd’hui»

«La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre», a-t-il expliqué. Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.

Pour autant, le ministre a dit «condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France». «L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui».

http://www.20minutes.fr/

Valls veut un islam de France indépendant de la tutelle étrangère et laïc

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a invité vendredi les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a invité vendredi les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des « divisions » et à la mise en place d’un « dialogue serein » entre responsables du culte musulman et pouvoirs publics. |Bertrand Langlois

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam « élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui », mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.
Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué de Nicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.

S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), M. Valls entend « changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années » marquées par le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.
« Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris », a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.
Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.
Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de M. Valls, même si l’on concède que « le culte musulman est par essence difficile à organiser ».
Polémiques
« Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels », a tancé vendredi le ministre.
« Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes », a balisé M. Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.
Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: « Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage ».
Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui « a garanti l’unité de la France ».
« La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre », a-t-il expliqué.
Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.
Pour autant, le ministre a dit « condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France ». « L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui ».

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La communauté internationale souhaite « plein succès » au nouveau président égyptien

ALGER- La communauté internationale a dit apprécier le choix du peuple égyptien après l’élection du candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, comme premier président de l’Egypte après la chute d’Hosni Moubarak en février 2011.

Dans le monde arabe, le président tunisien Moncef Marzouki a félicité son homologue, Mohamed Morsi, et lui a souhaité « plein succès » pour réaliser les objectifs de la révolution du 25 janvier dans son pays et pour « consacrer le processus démocratique » en Egypte, indique un communiqué de la présidence.

La Syrie a, pour sa part, félicité Mohamed Morsi, pour sa victoire à la présidentielle en Egypte, tout en lui souhaitant « bonne chance », affirmant soutenir « les choix démocratiques des peuples », dans un communiqué officiel.

De son côté, le roi Abdallah ben Abdel Aziz d’Arabie Saoudite a félicité Mohamed Morsi pour son élection à la présidence de l’Egypte, affirmant qu’il apprécie le choix du peuple, selon l’agence de presse saoudienne, Spa.

En Occident, le président américain Barack Obama a assuré le nouveau président égyptien du « soutien des Etats-Unis à la transition de l’Egypte vers la démocratie », a indiqué la Maison Blanche.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a déclaré dans un communiqué qu’il était « essentiel que le nouveau gouvernement continue à faire de l’Egypte un pilier de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région ».

En Russie, le président Vladimir Poutine a salué la victoire du candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, à la présidentielle en Egypte, et a souhaité une coopération « constructive » avec ce pays, selon un communiqué du Kremlin.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a, quant à lui, fait l’éloge du peuple égyptien pour l’atmosphère pacifique dans laquelle les élections présidentielles ont eu lieu et appelé M. Morsi à « assurer que le peuple de l’Egypte puisse réaliser ses aspirations pour la démocratie, la promotion des droits de l’Homme », selon un communiqué publié dimanche par le porte-parole de M. Ban à New York.

Pour M. Ban, la remise imminente du pouvoir au président élu « marque la fin d’une phase importante de la transition en cours de l’Egypte vers la grande démocratie ».

De son côté, l’Union européenne (UE) a mis l’accent sur la nécessité de respecter le processus démocratique en Egypte et les droits fondamentaux du peuple égyptien.

Dans une déclaration adoptée lundi à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères ont salué « la tenue pacifique de l’élection présidentielle et félicitent Mohammed Morsi pour sa victoire ». Ils se sont dits « prêts à travailler » avec lui.

L’enjeu, maintenant, « est que le processus de transformation démocratique se poursuive » en Egypte, a estimé le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

« Nous sommes prêts à travailler avec le président égyptien dans le respect des droits démocratiques » et « des engagements de l’Egypte », a souligné le chef de la diplomatie française, M. Laurent Fabius.

En Afghanistan, le président Hamid Karzaï a souhaité « coopérer » avec le premier président égyptien démocratiquement élu depuis la chute d’Hosni Moubarak, pour, a-t-il dit « croître les relations bilatérales ».

« Votre élection montre la détermination ferme et la confiance du peuple égyptien en votre programme », a estimé M. Karzaï dans un communiqué.

Enfin en Chine, un porte-parole de la diplomatie chinoise a assuré « respecter le choix indépendant du peuple égyptien », après l’élection de Mohamed Morsi à la présidence de l’Egypte.

« La Chine respecte le choix du peuple égyptien, et croit en plus de progrès et de développement pour l’Egypte sous la présidence de Morsi », a déclaré le porte parole Hong Lee, lors d’un point de presse.

Au lendemain de sa victoire, le nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, a assuré que son pays était prêt à créer un nouvel « équilibre stratégique » régional.

Mohamed Morsi a été déclaré dimanche vainqueur de la présidentielle en Egypte, devenant le premier président élu du pays depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, après plusieurs semaines de révolte populaire.

M. Morsi a obtenu 13 230,131 de voix (51.73%) contre 12 347,380 (48.3%) à son rival Ahmad Chafiq, un ancien Premier ministre de M. Moubarak, selon les résultats du second tour de la présidentielle donnée par le président de la commission électorale, Farouk Soltan.

http://www.aps.dz/

Dieu, le halal, l’État et moi

Par DIDIER RAOULT

La question du halal n’est pas seulement religieuse. Elle concerne également la communauté scientifique et l’État. Embryon de réponse…

Photo d'illustrationPhoto d’illustration © Capman / Sipa

Quel rôle peut jouer le scientifique après les querelles politiques et médiatiques qui ont agité les esprits à propos de la viande halal ? Peut-être tout simplement remettre les choses en perspective.

Si l’État français s’est initialement bâti avec des rois catholiques, nous sommes actuellement dans une société théoriquement laïque où chaque religion doit pouvoir respecter ses règles de vie. Parmi les interdits religieux qui touchent à la fois les juifs et les musulmans, figure la consommation de porc. Or, jusqu’à l’affaire de la maladie de la vache folle, la gélatine de porc était utilisée de manière massive, sans aucune information, dans une quantité de produits, des gélules de médicaments aux bonbons les plus populaires

Des impératifs religieux

La maladie de la vache folle s’est déclarée chez des personnes ayant consommé des vaches rendues « cannibales » en Angleterre, ce qui a amené à s’interroger sur l’usage des produits issus de ces élevages. Et de se rendre compte alors combien l’utilisation de la gélatine de boeuf (et de porc) était répandue. Un constat qui a révélé que l’État autorisait que l’on mette dans des produits alimentaires courants et dans des médicaments, sans en informer le consommateur, des produits issus d’animaux prohibés par la religion d’une partie importante de la population. On n’a alors guère entendu de protestations violentes contre cette tromperie exercée auprès d’une partie des Français. Lire la suite…

Islamophobie assumée, islamophobie mesurée

Ecrit par Jef  Tombeur

Je suis devenu islamophobe assumé, car aussi christianophobe et judéophobe, après avoir été vaguement islamophile, christianophile, judéophile (et le restant d’ailleurs : il y a des aspects sympathiques, notamment chez beaucoup de personnes de diverses communautés). Mais je m’inquiète des propos d’Abdallah Zekri, président du « fantomatique » Observatoire national de l’islamophobie, qui fait état d’un essor (ou d’une recrudescence ?) d’actes de vandalismes, d’injures publiques, visant soit les musulmans en tant que tels, soit des personnes de culture musulmane…
Qu’on ne voie surtout nulle provocation dans l’expression « fantomatique » accolée à l’Oni qui relèverait du CFCM (Conseil français du culte musulman). Abdallah Zekri n’est pas président d’une commission du CFCM, c’est un simple « chargé de mission » et sur le site du Conseil, sa page était encore ce jour « en construction ». Je « m’en » félicite et le déplore à la fois : je souhaiterai ardemment que cet observatoire n’ait pas lieu d’être, tant les faits dénoncés seraient marginaux ; je trouve néfaste qu’on ne puisse se faire une idée plus précise de ce qu’Abdallah Zekri dénonce à très juste titre.

Mais je veux bien le croire sur paroles, soit sur ce qu’il a déclaré à Sébastien Fontenelle, de Bakchich.info («Islamophobie : le grand silence ») : « certains se sentent en quelque sorte encouragés à passer à l’acte – peut-être même se disent-ils que s’ils se font prendre, la justice, par les temps qui courent, se montrera de toute façon clémente… ». Ce n’est pas tout à fait le cas général, car certaines décisions de magistrats valent contre-exemple (je songe notamment à cette propriétaire d’un gîte rural proche d’Épinal, Yvette Truchelut, condamnée à de lourdes amendes et à de la prison avec sursis). Mais, soit, il y aurait un essor d’actes, notamment scandaleux, islamophobes.

Comme Michel Onfray, je considère que « c’est l’islam qui est un problème », ressortant de celui, plus général, que certains font de leurs interprétations de livres « sacrés ». Est-ce là encourager des actes d’ostracisme, voire haineux ? Sincèrement, je ne le pense pas. Mais tout acte, ne serait-ce qu’en « paroles, en pensées, ou par omission », est quelque peu « péché » car vecteur d’effets pervers. Je ne peux garantir en être toujours exempt.

N’omettons rien

Mon islamophobie assumée ne m’empêche pas de fréquenter amicalement des musulmans ou des personnes de culture musulmane que je m’honore de connaître et apprécier. Je prête volontiers une main à une mère de famille voilée encombrée par une poussette dans les escaliers du métropolitain. Je remercie sincèrement tous les musulmans qui m’ont fort bien accueilli lors de multiples périples, j’apprécie la « langue des anges », l’arabe littéral, chantée ou traduite, &c. Les conversions tardives (ou reconversions) de personnes trouvant un réconfort dans une foi religieuse ou une autre restent pour moi un mystère, mais je ne fais nullement injure à leur intelligence (de très grands scientifiques ont fini par abjurer leur athéisme ou leur agnosticisme). Lire la suite…

Cessons de voir en l’islam un ennemi !

par Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études et sénatrice EELV du Val-de-Marne

Le regain de ferveur musulmane dans la France laïque suscite fascination et rejet. Comme si l’islam rappelait aux catholiques de moins en moins catholiques une pratique et une foi oubliées, celles d’avant la laïcité.

Fille aînée de l’Eglise, la France a lutté contre l’emprise de cette dernière, jusqu’à la loi de séparation de 1905. Elle se souvient de l’âpreté de cette lutte. Et elle s’imagine que l’islam pourrait lui faire courir, à nouveau, semblable danger. Ce fantasme ne manque pas de resurgir périodiquement, comme si l’islam était la religion de la majorité des Français.

L’école républicaine est hélas la première responsable de cette pénible situation. Au nom d’une sacro-sainte laïcité, elle hésite à jouer son rôle, et se montre incapable de combattre les effets d’une ignorance bien française des religions. Un enseignement neutre et laïque des religions, parallèlement à une formation à la laïcité, pourrait seul sortir les futurs citoyens d’une sorte d’analphabétisme religieux et culturel aux effets pervers.

La convergence des discours de droite et de gauche contre l’islam qui prospèrent sur ce fond d’inculture n’est pas sans poser problème. D’un côté comme de l’autre, c’est de la laïcité qu’on se réclame. Pour la gauche, il ne faudrait pas laisser la droite accaparer les valeurs de la République, dont la laïcité. Quant à la droite, elle a instrumentalisé ces valeurs à sa guise pour mettre en place sa politique sécuritaire antiterroriste/anti-islamisme/anti-islam = anti-immigrés. Le contexte international n’a pas été propice à l’islam. Et cette situation confuse a favorisé un raidissement, une forme de sacralisation de la laïcité, face à un islam qui menacerait d’étendre ses tentacules.

La conception ouverte et libérale de la laïcité dans laquelle je me reconnais n’est pas celle des « laïques de confession » qui ont embrassé la laïcité comme on embrasse une religion, avec la radicalité de tous les néophytes. Et alors que leConseil d’Etat admet dans son rapport de 2004 que « toutes les religions ont droit à l’expression » à condition qu’il n’y ait pas « accaparement de l’Etat » ni « négation des principes fondamentaux sur lesquels il repose », il ne se passe pas de semaine où l’islam n’est pas dénigré et où les musulmans ne sont pas stigmatisés. Sur la question du voile, que nous traînons depuis une quinzaine d’années, gauche et droite ont oeuvré dans la même direction. Ce sont des députés et sénateurs socialistes, notamment Jack Lang et Laurent Fabius, qui ont les premiers annoncé leur intention de déposer une proposition de loi pour interdire le voile à l’école. Lire la suite…

Musulmans de Gironde : une foi à l’étroit

Par Caroline Campagne

[REPORTAGE] Faute de mosquée au Grand-Parc, le président de l’Union islamique et citoyenne de Bordeaux-Nord accueille des fidèles au-dessus de son commerce dans un centre commercial. Petite visite guidée.

« Le minbar où s'assoit l'imam, servira dans notre futur lieu de culte sur le terrain que l'association culturelle des musulmans va racheter au diocèse », explique Mohammed Habri.

« Le minbar où s’assoit l’imam, servira dans notre futur lieu de culte sur le terrain que l’association culturelle des musulmans va racheter au diocèse », explique Mohammed Habri. (photo Thierry David)

Hier, peu après 13 heures. Cité du Grand-Parc, à Bordeaux. Centre commercial de l’Europe, au pied des tours, face à la Sécurité sociale. Un petit complexe d’une trentaine de boutiques. Inutile de chercher un panneau indiquant une salle de prière pour les musulmans. Officiellement, il n’y en a pas. Seuls les fidèles initiés connaissent ce lieu de culte des plus insolites, situé dans un appartement, au premier étage du Bamo’so café. Cet établissement est géré depuis trois ans par Mohammed Habri. Ce Lot-et-garonnais, tout sourire, originaire du Maroc, est également président de l’Union islamique et citoyenne de Bordeaux-Nord.

On accède à son appartement, qui abrite la salle de prière, par une porte discrète, située à l’arrière du magasin. Et ce n’est un secret pour personne. « Comme nous n’avons pas de mosquée dans notre quartier où il y a beaucoup de musulmans, alors je fais les célébrations chez moi depuis deux ans, plusieurs fois par jours. Au-dessus de mon restaurant dans un appartement. C’est chez moi et jusqu’à preuve du contraire je reçois qui je veux », assure-t-il.

Chemise bleue, pantalon beige emmitouflé dans une doudoune noire, l’homme barbu se montre accueillant et ouvert, à l’heure où une partie de la communauté musulmane bordelaise lui reproche d’être dans la mouvance des salafistes, qui prônent une pratique de la religion assez radicale. « Nous sommes musulmans, un point c’est tout et pas dans un groupe comme certains veulent en créer », dément-il. Lire la suite…

Tunisie – Le sexe hors mariage, désormais « halal » grâce au mariage « coutumier »

 

Entre principes religieux, pulsions sexuelles, conflits familiaux et contraintes financières, le mariage coutumier (ourfi) semble être un raccourci au contrat traditionnel de mariage auquel de plus en plus de jeunes succombent aujourd’hui.

De plus en plus répandu dans les milieux jeunes tunisiens, le mariage coutumier est un contrat signé dans le secret, par les deux « époux », avec la présence de deux témoins (généralement des amis proches et mis dans la confidence) et en l’absence de notaire. Il s’agit d’un acte, sans aucune valeur juridique et le plus souvent même secret, qui ne lie les deux parties par aucun engagement de droits communs et dont la validité peut être rompue à tout moment.
Les deux « époux » peuvent donc en toute « liberté de conscience » avoir des relations sexuelles, sans pour autant s’engager financièrement ou être contraints de vivre ensemble.
Un raccourci attrayant qui séduit de plus en plus de jeunes, aujourd’hui en Tunisie, dans certains quartiers défavorisés de la capitale (Attadhamon, Mellassine, etc.) et qui s’étend petit à petit à d’autres villes tunisiennes.

Le plus aberrant dans cette pratique qui veut donner un cadre religieux aux relations sexuelles hors mariage, est l’absence, dans la plupart des cas, de légitimité religieuse. En effet, deux conditions sine qua non de la « religiosité » de l’acte se retrouvent généralement non satisfaites, avec des contrats à la fois secrets et temporaires.
Grâce à la montée du salafisme et de l’intégrisme et d’un gouvernement islamiste instaurant un cadre où les réunions et les débats sur la religion et la chariâ ne sont plus tabous et interdits, il n’est aujourd’hui plus « concevable de s’adonner à des pratiques contraires à la religion ». C’est ce que déclarent en tout cas certaines jeunes pratiquantes du mariage coutumier. Lire la suite…

Un centre de théologie islamique ouvre ses portes à Tübingen

Annette Schavan, ministre fédérale de l’Éducation et de la Recherche, a inauguré lundi le Centre de théologie islamique de l’Université de Tübingen. Son ministère a consacré au total 20 millions d’euros à cette structure et à trois autres instituts qui doivent voir le jour à Münster/Osnabrück, Frankfurt/Gießen et Erlangen/Nuremberg. Ces centres auront pour mission de former des professeurs de religion islamique, des chercheurs en théologie islamique et d’autres spécialistes de la religion, par exemple des imams pour les mosquées.

Ces prochaines années, il faudra faire appel à 2 000 enseignants pour former quelque 700 000 étudiants musulmans. À Tübingen, la première promotion du cursus « Théologie islamique » compte 36 inscrits pour le semestre d’hiver 2011/2012.

« Nous voulons mettre à profit l’expérience des universités allemandes en matière de théologie pour œuvrer au développement de la théologie islamique », a déclaré Mme Schavan. « Je suis convaincue que cette étape jouera un rôle important pour l’intégration. » En outre, le nouveau centre devrait contribuer à « promouvoir le dialogue avec les religions chrétiennes », estime la ministre.

Dans un premier temps, le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche allouera au centre de Tübingen environ quatre millions d’euros échelonnés sur cinq ans pour financer des chaires de professeur, divers postes salariés ainsi que des bourses pour les jeunes chercheurs. Le premier professeur nommé à l’institut est Omar Hamdan, spécialiste du Coran. Né en 1963, Omar Hamdan a suivi un cursus d’études arabes et d’islamologie à Jérusalem, avant de se consacrer à la théologie comparée à Tübingen. Lire la suite…

Première rencontre entre le Crif et la Grande Mosquée de Paris

Mardi 17 janvier, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Richard Prasquier a officiellement rencontré pour la première fois le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.

« Juifs et musulmans, pour une citoyenneté en partage ». C’est sous cet intitulé que se sont officiellement rencontrés pour la première fois le président du Crif, Richard Prasquier, et le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Une rencontre placée sous le signe de la proximité entre les deux religions, la paix et la compréhension mutuelle. Le président du Crif a, dans son discours, d’abord expliqué la nécessité de mieux se comprendre, d’œuvrer pour le rapprochement des juifs et musulmans de France. Il a ensuite rappelé les liens qui unissent les deux communautés depuis des décennies, que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque des juifs ont trouvé refuge dans l’enceinte de la Grande Mosquée, ou plus tard lors de rapprochements entre l’ancien recteur Hamza Boubakeur et les Grands Rabbins de France Jacob Kaplan et René-Samuel Sirat.

Richard Prasquier a brièvement évoqué le conflit israélo-palestinien, exhortant les deux parties à ne pas exporter le conflit en France : « Il s’agit d’un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qui ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ». Il a enfin explicité les motifs de cette rencontre entre les deux institutions que sont le Crif et l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, « pour marquer la priorité de l’enjeu d’une relation forte et apaisée entre juifs et jusulmans en France. Pour un vivre ensemble harmonieux, respectueux des valeurs républicaines et citoyennes ». Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a quant à lui commencé par illustrer, dans son discours, la proximité entre juifs et musulmans qui se retrouve au sein même du Coran : citant plusieurs versets faisant référence aux juifs (désignés comme  »fils d’Israël »), le recteur a rappelé que le nom de Moïse se retrouve 134 fois dans le Livre saint et celui d’Abraham 44 fois. Lire la suite…

La Communauté musulmane d’Europe existe-t-elle? Les Rencontres d’Averroès discutent de l’Islam en Europe…

Cette assertion (« La communauté musulmane en Europe n’existe pas« ) peut sembler péremptoire. Peut-être même un peu provocante. C’est pourtant ce qu’a affirmé Farida Belkacem, jeune chercheuse à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques, à Paris), lors d’une interview accordée à WRW le 19 novembre 2011, à la sortie de sa conférence aux Rencontres d’Averroès.

Cette 18ème édition des Rencontres s’est tenue du 20 octobre au 3 décembre 2011 conjointement dans plusieurs villes : Marseille, Rabat, et Cordoue, sous la bannière fédératrice du dialogue transméditerranéen.
Le thème de cette année, là encore volontiers provocateur, en dit long sur le climat agité dans lequel se débat actuellement la plupart des intellectuels européens : « L’Europe et l’Islam : la liberté ou la peur ? »

L’Europe, l’Islam : un continent, une religion. Deux visions du monde parfois antagonistes, parfois complémentaires, parfois confondues. Pour Thierry Fabre, le créateur des Rencontres d’Averroès, de nouveau »il n’y a pas d’incompatibilité entre l’Europe et l’Islam, il s’agit de sortir de nos peurs communes« . C’est dans cette dynamique que se sont inscrites les Rencontres d’Averroès cette année, en s’attachant à montrer à travers les trois tables-rondes la continuité qui existait dans la relation qu’entretient bon gré mal gré depuis de nombreux siècles maintenant le couple Islam / Europe.

C’est à une réjouissante effervescence intellectuelle que nous assistons au sein de la communauté des chercheurs en sciences humaines et sociales (notamment chez les sociologues, anthropologues, politistes, voire théologiens), concernant des questions liées à la religion musulmane et à leurs implications dans les dynamiques sociales, économiques et politiques européennes.

Les débats autour de l’Islam ont été ces dix dernières années si fréquents et si riches qu’il nous semble parfois être de retour à l’époque d’Averroès. Ainsi que le dit Thierry Fabre, « la place de l’Islam dans les sociétés européennes n’a en effet jamais été aussi discutée, et même aussi ouvertement contestée qu’aujourd’hui« . Lire la suite…

Claude Guéant à l’épreuve de la mémoire politique

Par Maxime Hanssen

Dans un entretien accordé au Monde daté du mardi 3 janvier,Claude Guéant – ministre de l’Intérieur – tente une volteface vis-à-vis de la communauté musulmane et d’une grande partie des français  choqués par ses frasques incessantes sur le sujet. Selon  certaines études la «mémoire politique»  d’un citoyen est estimée à six mois en moyenne ; au-delà de ce temps, l’homme à tendance à oublier certains évènements, noyés dans le flux permanent de l’information. M. Guéant semble avoir conscience de cela, profitant de cet espace d’expression afin de dédiaboliser  son action et surtout dans le but  d’attendrir une communauté musulmane remontée.

 Ainsi, il estime que l’Islam «  est une religion ouverte, tolérante, pleinement insérée dans la société ».  Malheureusement, la sincérité de cette déclaration peut être remise en cause. En effet,  le 4 avril 2011, l’ancien secrétaire  générale de la présidence avait déclaré à Nantes : « L’accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de leurs comportements posent problème ».

En à peine un an, la communauté musulmane serait donc passée d’un statut de problème sociétal à une entité religieuse parfaitement intégrée dans la société!  Mais par quel « miracle » ce problème à t-il disparu ?

M. le ministre estime  que le «bilan de ces derniers mois est plutôt positif ».Pour qu’il y est bilan, il faut donc des mesures.  

De fait, l’arsenal utilisé par le gouvernement, comme la loi sur le voile intégral ainsi que les mesures prises à l’encontre des prières de rues auraient permis d’éliminer les problèmes qu’engendrent les musulmans vis-à-vis de la société.

Même s’il faut reconnaître que les mesures susdites  étaient des décisions bonnes et inévitables pour défendre la République laïque, les faits qui les ont engendré semblent disproportionnés. En effet, le port du Niqab concernait entre deux mille et trois mille femmes en France, tandis que les prières de rues étaient un fléau essentiellement concentré à Nice et dans quelques quartiers parisiens.

Ces faits-là sont-ils si important pour qualifier l’ensemble de la communauté musulmane comme un «problème » ? On constate aisément que M. Guéant  exploite le moindre dérapage pour stigmatiser l’ensemble de cette communauté.  On se doute du dessein électoral derrière cela. Lire la suite…

Printemps arabe : L’avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy

Olivier Roy était vendredi matin l’invité des Matins de France Culture.

Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d’analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d’expression.

L’heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?

Oui, mais islamistes ils ne sont plus. « Ce sont des post-islamistes », répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.

Il dresse le parallèle avec l’abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n’avaient pas le choix parce que l’idéologie ne marche pas.

Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :

« Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s’appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d’établir la charia.(…)  Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(…) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C’est comme cela  que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d’un siècle. » Lire la suite…

« L’islam a besoin d’une pensée subversive »

Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir

"L'islam a besoin d'une pensée subversive"
Des manifestants prient face à un char de l’armée égyptienne, sur la place Tharir, au Caire, en février dernier.REUTERS/Yannis Behrakis

La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l’émission Islam sur France 2. L’un est chrétien, l’autre musulman, et ils se rejoignent.

Antoine Sfeir: Un frein? Oui et non. La modernité a été accélérée à certaines époques et ralentie à d’autres. Ainsi, il faut rappeler que la naissance de l’islam a conduit à une véritable révolution. Sur le statut de l’épouse, par exemple: la femme faisait partie de l’héritage et, tout à coup, elle devenait héritière. N’oublions pas, non plus, la dynastie des Omeyyades et la fondation d’un véritable Etat, avec l’instauration d’une monnaie, de papiers d’identité. Cette modernité va s’étendre jusqu’à l’Andalousie; on y distribuera des terres, les catholiques et les juifs y seront protégés, et cela durera jusqu’en 1492 et la Reconquista.

A l’inverse, au XIe siècle, un calife qui affronte des révoltes sociales et religieuses va fermer les portes de l’interprétation du Coran (ijtihad). Il va décider de retenir seulement quatre écoles et d’éliminer toutes les autres, y compris celles qui prêchaient la raison. C’est le début du repli.

Ghaleb Bencheikh: Autant l’islam a été un moteur pour la modernité, par exemple, s’adonner à la science était motivé par des raisons religieuses -il fallait effectuer des calculs de trigonométrie pour observer les croissants lunaires ou encore pour déterminer géographiquement l’emplacement de La Mecque afin de mener les prières-, autant une forme de régression s’est installée au fil des siècles. Je ne crois pas que l’on puisse faire remonter le début de cette stagnation à une date précise. Il y a eu, plutôt, des facteurs convergents. Ils sont d’abord militaires, avec, entre autres, la bataille de Lépante, en 1571, qui marque la fin de la puissante thalassocratie ottomane après sa défaite contre la flotte chrétienne.

Le deuxième facteur est économique. Il est dû à la découverte du Nouveau Monde et de la circumnavigation qui a conduit à un moindre usage de la route de la Soie, ce qui a appauvri les villes situées sur cet itinéraire commercial. Du coup, les taxes ont augmenté, des troubles ont éclaté et l’empire s’est délité.

Enfin, il ne faut pas oublier le facteur culturel. L’invention de Gutenberg, repoussée par des sultans qui avaient choisi de privilégier leurs calligraphes face à l’imprimerie, a modifié le rapport de production des textes et des livres. Il était de 1 à 10 en faveur de l’empire islamique; il est passé de 1 contre 100 pour l’Occident en l’espace de quelques décennies.

A. S.: Le refus de l’imprimerie va, d’ailleurs, avoir des conséquences énormes. Pour rattraper le retard, le califat va imprimer et diffuser des ouvrages qui n’avaient pas été rédigés par des véritables savants, et cela aura des répercussions importantes sur la qualité du savoir dispensé.

Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirDébat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirJPGuilloteau/L’Express

G. B.: C’est exact. Et, se rendant compte de la « bourde », on s’est mis à diffuser tout et n’importe quoi, sans précaution. De plus, des ouvrages majeurs qui nécessitent l’intervention de maîtres pour leur interprétation n’ont pas été compris. Du coup, une lecture chaotique et anarchique s’est souvent imposée.

A. S.: Plus tard, quand la colonisation s’est produite, elle a été accompagnée par des orientalistes français plutôt proches intellectuellement de ce qui allait devenir la laïcité en France. Des élites ont alors été formées; d’Alger à Beyrouth, de Damas au Caire. Du coup, ceux qui arracheront l’indépendance à l’empire ottoman sont des gens qui, en islam, auront séparé la religion et la foi. On va assister à la création de la citoyenneté. C’est un moment de grâce, de modernité. Les femmes arabes vont ainsi voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945.

Les femmes arabes vont voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945

Mais, quand, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde arabe est traversé par deux courants d’opinion -l’ »umma arabiya », portée par un républicain, Nasser, et l’ »umma islamiya »-, l’Occident, les Français et les Britanniques vont préférer s’allier avec ceux qui ont une lecture rétrograde du Coran.

G. B.: Je crois, pour ma part, que la colonisation, qui est une abomination, a entraîné une profonde léthargie de la pensée. N’oublions pas, à titre d’exemple, que l’autorité coloniale avait distribué des torches électriques aux marabouts; des lampes qu’ils actionnaient sous le burnous pour faire croire que la lumière divine se manifestait au peuple crédule, qui se prosternait…

Pourtant, il y a eu quelques prises de conscience, notamment chez les ulémas algériens. Certains d’entre eux avaient perçu que la séparation des deux ordres était une marque de progrès, qu’elle offrait l’opportunité de sortir du conservatisme, de cesser de considérer la religion comme l’unique référent identitaire. Rappelons qu’Abd el-Hamid Ben Badis, président de l’Association des ulémas algériens, était à la tête des requérants pour que la loi de 1905 fût appliquée en Algérie. Et, paradoxalement, l’opposition est venue des gouvernements successifs de la République française. Dès l’abolition du califat, en 1923-1924, certains penseurs arabes et musulmans avaient compris que la séparation des ordres était un progrès essentiel, salutaire.

Mais deux problèmes majeurs étaient apparus. Le premier était d’ordre sémantique: la laïcité n’avait pas de traduction dans les langues véhiculaires de la pensée islamique, alors on a essayé de rendre la notion par des barbarismes de type « scientisme » ou « mondité ». Le second obstacle a été l’influence des Frères musulmans, en liaison avec le jeu malsain de Fuad Ier, le roi d’Egypte. Ce dernier a proposé aux Frères musulmans de l’introniser calife à la place du calife et est allé sciemment à l’encontre de la modernité que son pays portait alors.

« Ouvrir la porte »
par Henri Boulas, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie

« On assiste aujourd’hui à une brusque irruption de la modernité. Le xixe siècle a déjà connu un mouvement de ce type, mais il a été interrompu par un effet boomerang, avec la réaction d’Hassan el-Banna [fondateur des Frères musulmans]. Devant l’incapacité des différents acteurs à moderniser l’islam, on a dès lors cherché à islamiser la modernité. Or la notion de modernité est cruciale, pour l’islam comme pour le christianisme: comment l’absorber sans se dénaturer?

L’islam a commencé comme mystique, il a fini comme système en s’accrochant aux versets médinois. Seules trois décisions peuvent y remédier. D’abord trancher entre un Coran créé ou incréé (donc figé); ensuite, il y a tant de versets qui abrogent d’autres versets contradictoires -les médinois abrogent ainsi les mecquois- qu’il faudrait trancher et revenir aux origines mêmes de l’islam; enfin, la suspension de la réflexion critique -selon la célèbre formule: « La porte de l’islam est fermée »- doit être remise en cause. De quel droit ferme-t-on encore une telle porte?

A. S.: Reste que la modernité de l’islam existe, mais on n’en parle peu, comme on parle peu des trains qui arrivent à l’heure. Savez-vous qu’une femme, la « Dame des lumières », dirige depuis Istanbul de 8 à 10 millions de croyants. Savez-vous que les Scouts musulmans de France, qui sont rattachés à la fédération des scouts et des éclaireurs, sont devenus la bête noire des islamistes dans les banlieues?

G. B.: Nous avons, dans l’histoire de la civilisation islamique, de quoi fonder un véritable humanisme. Pour faire émerger une nouvelle raison, comme le dit si bien Mohammed Arkoun, il nous faut faire preuve d’une pensée subversive, développer une investigation dévastatrice du patrimoine théologique, qui n’est qu’un amoncellement de commentaires sur le commentaire et qu’on a sacralisé à travers le temps. Cela conduirait à l’ouverture d’une nouvelle ère. Le printemps arabe renforce ce bourgeonnement possible. Mais les mots d’ordre des manifestants: dignité, liberté, démocratie, justice sociale ne doivent pas être détournés. Les jeunes citoyens doivent être vigilants, faire preuve de discernement pour ne pas se faire confisquer leur mouvement…

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« Je m’appelle pas Ben Laden ! » ou l’islamophobie expliquée aux enfants

Par: Lisa Serero

À l’approche des dix ans du 11 septembre, une bande dessinée pour enfants revient sur l’amalgame entre islam et islamisme qui a suivi cet événement marquant. Entretien avec Bernard Chambaz, auteur de la BD.

L’histoire raconte l’amitié déchue de deux new-yorkais, Nassir et John, âgés de dix ans le 11 septembre 2001. L’un est musulman, l’autre est de religion baptiste. Après l’effondrement des tours jumelles, John commence à éviter Nassir, ses parents lui ayant interdit de fréquenter des « Arabes ». Dix ans plus tard, Oussama Ben Laden est exécuté. Nassir se demande si les choses peuvent enfin redevenir comme avant. Destiné aux enfants à partir de huit ans, l’album s’appuie sur des faits réels et s’accompagne de documents d’époque afin d’apporter des points de repère.

Comment est née l’idée de cet album pour enfants ?

En évoquant les « dégâts colatéraux » du 11 septembre, notamment vis-à-vis des enfants d’origine arabe dans notre propre pays, nous nous sommes dit qu’un livre était nécessaire pour en parler à l’école ou au sein de la famille. Et relativiser le poids des discours officiels.

À quelle tranche d’âge s’adresse le livre ?

Je pense qu’il est accessible dès 8 ans, le cœur de l’école primaire, mais que tous les publics peuvent y trouver leur compte… D’autant plus que, parallèlement à l’histoire de cette amitié qui explose, on trouve dans l’album un récit historique en images qui resitue clairement les événements du 11 septembre et ceux qui y ont conduit. Lire la suite…

Sous le signe d’Ibn Rochd Le consensus politique comme moyen de régulation des antagonismes sociaux

Ibn Rochd est le produit et le précurseur d’une Méditerranée possible, métissée, baignant dans l’histoire mais nullement prisonnière de dogmes. Sans nostalgie aucune, « Sous le signe d’Ibn Rochd » invite au débat, à la créativité et à l’échange. Retour sur un des ateliers reliant la justice et la cité.

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l'artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l’artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR
 Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar

Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar
Capitalisant sur le succès que la première édition avait rencontré l’année dernière, “Sous le signe d’Ibn Rochd” (Averroès), les organisateurs de cette manifestation récidivent avec une deuxième édition toujours sur le sillage de cette même figure emblématique de la pensée arabe.

Pour nous sortir d’une torpeur intellectuelle confortable, des ateliers animés par de prestigieuses personnalités du monde de la culture nous invitent à la réflexion et au débat autour de thématiques aussi riches que variées: “penser la cité”, “penser la justice”, “penser le beau”… C’était compter sans l’élément perturbateur du nuage de cendres volcaniques qui s’est invité de façon impromptue jusque dans cette manifestation pour en chambouler la programmation.

Ce seront donc M. Mohamed Nachi, Professeur de sociologie à l’Institut des sciences humaines et sociales de Liège et M. Michel Péraldi, Directeur du Centre Jacques Berque, qui prendront le relais pour animer conjointement l’atelier du mercredi 12 courant, à la place de M. Michel Guérin. Lire la suite…

Un penseur universel: Ibn Rochd la raison

Par Mustapha Cherif

Le monde en voie de développement, plus que jamais, a besoin de raison, de science, d’objectivité, pour progresser et faire face aux difficultés. Un immense penseur du XIIe siècle, Ibn Rochd-Averroès, qui a vécu en Andalousie à Cordoue, est considéré comme le symbole de la pensée rationnelle dans l’histoire de la civilisation musulmane. Il faut dire que le chemin emprunté par Ibn Rochd pour traiter de la question de la raison est singulièrement original. Il fut un des meilleurs avocats de la raison et a éclairé le monde par ses travaux. Le philosophe a traité du thème du rapport entre le savoir et l’éthique, entre morale et société, entre raison et sentiment. Cette approche est centrale.

Rien n’est donné d’avance

Le débat entre philosophie et subjectivité, spécificité et universalité, fait jaillir la question de la validité de la vérité universelle et celle de l’autonomie de la raison. Cette autonomie de la raison se réalise, pour Averroès, du fait de la nécessité de saisir objectivement les problèmes du monde. Abderrahmane Badawi, un des historiens de la vie et de l’œuvre Ibn Rochd-Averroès, précise que, pour étudier la question de la Cité juste chez notre philosophe, nous avons son commentaire de La République de Platon et celui de la Rhétorique d’Aristote. L’ouverture, pour Ibn Rochd, se réalise par le fait d’interpréter, d’une manière inconditionnellement rationnelle, une réalité où rien n’est donné d’avance. Lire la suite…

LA LUTTE CONTRE LE ROUKOUD EN ISLAM : L’apport des penseurs musulmans

« Plutôt que d´interroger, nous nous interrogeons sur l´avenir de l´homme en général et de l´Occident en particulier puisque c´est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n´arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu´il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l´illusion de sa puissance, prônant l´argent pour Dieu…. (…)»

L’Emir Abd El Kader dans Kitâb al mawâkif

Depuis plus de huit siècles, l’Islam a progressivement laissé se perdre son référent cultuel, intellectuel, culturel pour la civilisation humaine au profit d’un mimétisme d’un monde occidental sûr de lui et se voulant le seul détenteur du sens prônant un «magister dixit», au besoin, par la force. Si les causes du déclin sont connues et en grande partie dues à l’instrumentalisation par le politique du sacré pour des stratégies de pouvoir, cette contribution a pour ambition de décrire et sans être exhaustif, l’apport indéniable de penseurs musulmans qui ont, chacun à sa façon, tenté de réagir contre cette nuit de l’intellect, en combattant aussi avec les armes de l’esprit un Occident qui fait de la civilisation matérielle le but ultime de son apport, reléguant l’homme à un «produit marchand» dans une société chrétienne largement sécularisée.

Le XXe siècle s´est, comme on le sait, clôturé sur de grandes interrogations. On peut dire que le XXIe s´est provisoirement clôturé le 11 septembre 2001. Nous voilà au troisième millénaire avec une mondialisation-laminoir dimensionnée pour les plus nantis, quelles que soient d´ailleurs leurs latitudes. En Occident, où le sécularisme a, pendant deux siècles, éloigné l´homme de sa dimension transcendantale, l´individu est en pleine errance spirituelle, il en est à se bricoler une spiritualité. En puisant dans le supermarché du «croire», ce qui correspond le plus à ses aspirations. Cette errance religieuse induite par le millénarisme, amène à une autre servitude qui attend l’individu-sujet. C´est l´asservissement au marché, au libéralisme sauvage. Pierre Bourdieu a bien raison de concevoir le libéralisme comme un programme de «destruction des structures collectives» et de promotion d´un nouvel ordre fondé sur le culte de «l´individu seul mais libre».(1).

Il est important de connaître l’apport de quelques penseurs musulmans. Nous avons choisi de parler de l’Emir Abdelkader, de Djamel Eddine El Afghani, de Mohamed Iqbal. Chacun à sa façon a tenté d’expliciter les causes du déclin, et les conditions d’une re-naissance de la civilisation islamique.

L’Emir Abd El Kader, l’Homme d’Etat et l’Homme de Dieu Lire la suite…

La liberté religieuse recule dans le monde

JACKIE FRANK ET VICKI ALLEN , WASHINGTON

Un rapport américain souligne l’augmentation des violences à caractère religieux et le recul des libertés confessionnelles dans le monde au cours des cinq dernières années. Une tendance nettement présente dans les pays du Sud mais aussi en Europe, en France et en Angleterre notamment.

Un groupe de recherche américain affirme que près d’un tiers de la population mondiale vit dans des pays où la pratique libre d’une religion est de plus en plus difficile. Le centre de recherche Pew sur la religion et la vie publique a remarqué que les restrictions gouvernementales et l’hostilité du public vis-à-vis de certaines religions ont progressé entre 2006 et 2009 dans certains pays. Selon le rapport « sur les trois années sur lesquelles portent l’étude, l’étendue de la violence et des mauvais traitements pour des raisons religieuses ont diminué dans quelques endroits, mais augmenté dans un grand nombre de cas. » En effet, seulement 1 % de la population vit dans des pays où la tolérance religieuse est en progression. Une hausse importante de l’hostilité publique est visible en Chine, au Nigéria, en Thaïlande, au Vietnam et en Grande-Bretagne tandis que des restrictions gouvernementales ont fortement augmenté en Egypte et en France. Le centre de recherche Pew a étudié les lois et les politiques gouvernementales qui visent à bannir certaines croyances, à limiter les prêches, qui interdisent la conversion et qui favorisent certaines religions.

Des chiffres élevés mais stables

Les données utilisées pour mesurer cette hostilité sont les violences sectaires, l’interdiction de porter certaines tenues religieuses ainsi que d’autres formes d’intimidations. Les pays les plus hostiles et qui prônent les mesures les plus restrictives vis-à-vis de certaines religions sont l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, l’Egypte, l’Iran, le Myanmar, la Russie, la Turquie, le Vietnam, le Nigeria et le Bangladesh, même si dans la plupart de ces pays aucune hausse significative n’a été observée entre 2006 et 2009. En 2009, des personnes ont été tuées, battues, emprisonnées, déplacées de chez elles ou ont perdu tous leurs biens suite à des représailles gouvernementales pour des raisons religieuses dans 101 pays. En 2008, le nombre de pays impliqués dans ces violences étaient de 91. Des violences collectives se sont déroulées dans 52 pays en 2009, ce chiffre étant de 38 l’année précédente. La haine religieuse et les préjugés ont entraîné des violences sur des personnes dans 142 pays sur les 198 étudiés, mais ce chiffre reste stable par rapport à l’année 2008. Selon le Centre de recherche Pew

« dans 74 pays, des groupes terroristes extrémistes ont été actifs entre 2006 et 2009 » et des violences ont eu lieu dans la moitié de ces pays au cours de l’année 2009.

Peur autour de la démographie musulmane

Les chrétiens et les musulmans, les deux groupes religieux les plus présents dans le monde, ont été harcelés dans la plupart des pays. D’autres groupes ont été aussi victimes d’intimidations. Les juifs, qui représentent moins de 1 % de la population mondiale, ont connu des restrictions ou des intimidations dans 75 pays. Dans cinq pays européens : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Russie, la Suède et la Bulgarie, les tensions religieuses se sont cristallisées autour de l’augmentation rapide de la population musulmane. D’autre part, l’antisémitisme et l’antagonisme vis-à-vis de certaines minorités ont augmenté.

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