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Islamophobie assumée, islamophobie mesurée
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Haine, Islamophobie, Nationale le 2nd février 2012
Ecrit par Jef  Tombeur
Je suis devenu islamophobe assumé, car aussi christianophobe et judéophobe, après avoir été vaguement islamophile, christianophile, judéophile (et le restant d’ailleurs : il y a des aspects sympathiques, notamment chez beaucoup de personnes de diverses communautés). Mais je m’inquiète des propos d’Abdallah Zekri, président du « fantomatique » Observatoire national de l’islamophobie, qui fait état d’un essor (ou d’une recrudescence ?) d’actes de vandalismes, d’injures publiques, visant soit les musulmans en tant que tels, soit des personnes de culture musulmane…
Qu’on ne voie surtout nulle provocation dans l’expression « fantomatique » accolée à l’Oni qui relèverait du CFCM (Conseil français du culte musulman). Abdallah Zekri n’est pas président d’une commission du CFCM, c’est un simple « chargé de mission » et sur le site du Conseil, sa page était encore ce jour « en construction ». Je « m’en » félicite et le déplore à la fois : je souhaiterai ardemment que cet observatoire n’ait pas lieu d’être, tant les faits dénoncés seraient marginaux ; je trouve néfaste qu’on ne puisse se faire une idée plus précise de ce qu’Abdallah Zekri dénonce à très juste titre.
Mais je veux bien le croire sur paroles, soit sur ce qu’il a déclaré à Sébastien Fontenelle, de Bakchich.info («Islamophobie : le grand silence ») : « certains se sentent en quelque sorte encouragés à passer à l’acte – peut-être même se disent-ils que s’ils se font prendre, la justice, par les temps qui courent, se montrera de toute façon clémente… ». Ce n’est pas tout à fait le cas général, car certaines décisions de magistrats valent contre-exemple (je songe notamment à cette propriétaire d’un gîte rural proche d’Épinal, Yvette Truchelut, condamnée à de lourdes amendes et à de la prison avec sursis). Mais, soit, il y aurait un essor d’actes, notamment scandaleux, islamophobes.
Comme Michel Onfray, je considère que « c’est l’islam qui est un problème », ressortant de celui, plus général, que certains font de leurs interprétations de livres « sacrés ». Est-ce là encourager des actes d’ostracisme, voire haineux ? Sincèrement, je ne le pense pas. Mais tout acte, ne serait-ce qu’en « paroles, en pensées, ou par omission », est quelque peu « péché » car vecteur d’effets pervers. Je ne peux garantir en être toujours exempt.
N’omettons rien
Mon islamophobie assumée ne m’empêche pas de fréquenter amicalement des musulmans ou des personnes de culture musulmane que je m’honore de connaître et apprécier. Je prête volontiers une main à une mère de famille voilée encombrée par une poussette dans les escaliers du métropolitain. Je remercie sincèrement tous les musulmans qui m’ont fort bien accueilli lors de multiples périples, j’apprécie la « langue des anges », l’arabe littéral, chantée ou traduite, &c. Les conversions tardives (ou reconversions) de personnes trouvant un réconfort dans une foi religieuse ou une autre restent pour moi un mystère, mais je ne fais nullement injure à leur intelligence (de très grands scientifiques ont fini par abjurer leur athéisme ou leur agnosticisme). Lire le reste…
Cessons de voir en l’islam un ennemi !
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Islam, Nationale, Sagesses le 30th janvier 2012
par Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études et sénatrice EELV du Val-de-Marne
Le regain de ferveur musulmane dans la France laïque suscite fascination et rejet. Comme si l’islam rappelait aux catholiques de moins en moins catholiques une pratique et une foi oubliées, celles d’avant la laïcité.
Fille aînée de l’Eglise, la France a lutté contre l’emprise de cette dernière, jusqu’à la loi de séparation de 1905. Elle se souvient de l’âpreté de cette lutte. Et elle s’imagine que l’islam pourrait lui faire courir, à nouveau, semblable danger. Ce fantasme ne manque pas de resurgir périodiquement, comme si l’islam était la religion de la majorité des Français.
L’école républicaine est hélas la première responsable de cette pénible situation. Au nom d’une sacro-sainte laïcité, elle hésite à  jouer son rôle, et se montre incapable de combattre les effets d’une ignorance bien française des religions. Un enseignement neutre et laïque des religions, parallèlement à une formation à la laïcité, pourrait seul sortir les futurs citoyens d’une sorte d’analphabétisme religieux et culturel aux effets pervers.
La convergence des discours de droite et de gauche contre l’islam qui prospèrent sur ce fond d’inculture n’est pas sans poser problème. D’un côté comme de l’autre, c’est de la laïcité qu’on se réclame. Pour la gauche, il ne faudrait pas laisser la droite accaparer les valeurs de la République, dont la laïcité. Quant à la droite, elle a instrumentalisé ces valeurs à sa guise pour mettre en place sa politique sécuritaire antiterroriste/anti-islamisme/anti-islam = anti-immigrés. Le contexte international n’a pas été propice à l’islam. Et cette situation confuse a favorisé un raidissement, une forme de sacralisation de la laïcité, face à un islam qui menacerait d’étendre ses tentacules.
La conception ouverte et libérale de la laïcité dans laquelle je me reconnais n’est pas celle des « laïques de confession » qui ont embrassé la laïcité comme on embrasse une religion, avec la radicalité de tous les néophytes. Et alors que leConseil d’Etat admet dans son rapport de 2004 que « toutes les religions ont droit à l’expression »Â à condition qu’il n’y ait pas « accaparement de l’Etat »Â ni « négation des principes fondamentaux sur lesquels il repose », il ne se passe pas de semaine où l’islam n’est pas dénigré et où les musulmans ne sont pas stigmatisés. Sur la question du voile, que nous traînons depuis une quinzaine d’années, gauche et droite ont oeuvré dans la même direction. Ce sont des députés et sénateurs socialistes, notamment Jack Lang et Laurent Fabius, qui ont les premiers annoncé leur intention de déposer une proposition de loi pour interdire le voile à l’école. Lire le reste…
Tunisie – Le sexe hors mariage, désormais « halal » grâce au mariage « coutumier »
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Internationale le 27th janvier 2012

Entre principes religieux, pulsions sexuelles, conflits familiaux et contraintes financières, le mariage coutumier (ourfi) semble être un raccourci au contrat traditionnel de mariage auquel de plus en plus de jeunes succombent aujourd’hui.
De plus en plus répandu dans les milieux jeunes tunisiens, le mariage coutumier est un contrat signé dans le secret, par les deux « époux », avec la présence de deux témoins (généralement des amis proches et mis dans la confidence) et en l’absence de notaire. Il s’agit d’un acte, sans aucune valeur juridique et le plus souvent même secret, qui ne lie les deux parties par aucun engagement de droits communs et dont la validité peut être rompue à tout moment.
Les deux « époux » peuvent donc en toute « liberté de conscience » avoir des relations sexuelles, sans pour autant s’engager financièrement ou être contraints de vivre ensemble.
Un raccourci attrayant qui séduit de plus en plus de jeunes, aujourd’hui en Tunisie, dans certains quartiers défavorisés de la capitale (Attadhamon, Mellassine, etc.) et qui s’étend petit à petit à d’autres villes tunisiennes.
Le plus aberrant dans cette pratique qui veut donner un cadre religieux aux relations sexuelles hors mariage, est l’absence, dans la plupart des cas, de légitimité religieuse. En effet, deux conditions sine qua non de la « religiosité » de l’acte se retrouvent généralement non satisfaites, avec des contrats à la fois secrets et temporaires.
Grâce à la montée du salafisme et de l’intégrisme et d’un gouvernement islamiste instaurant un cadre où les réunions et les débats sur la religion et la chariâ ne sont plus tabous et interdits, il n’est aujourd’hui plus « concevable de s’adonner à des pratiques contraires à la religion ». C’est ce que déclarent en tout cas certaines jeunes pratiquantes du mariage coutumier. Lire le reste…
La Communauté musulmane d’Europe existe-t-elle? Les Rencontres d’Averroès discutent de l’Islam en Europe…
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Islam, Islamophobie, Nationale, Sagesses le 19th janvier 2012

Cette assertion (« La communauté musulmane en Europe n’existe pas« ) peut sembler péremptoire. Peut-être même un peu provocante. C’est pourtant ce qu’a affirmé Farida Belkacem, jeune chercheuse à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques, à Paris), lors d’une interview accordée à WRW le 19 novembre 2011, à la sortie de sa conférence aux Rencontres d’Averroès.
Cette 18ème édition des Rencontres s’est tenue du 20 octobre au 3 décembre 2011 conjointement dans plusieurs villes : Marseille, Rabat, et Cordoue, sous la bannière fédératrice du dialogue transméditerranéen.
Le thème de cette année, là encore volontiers provocateur, en dit long sur le climat agité dans lequel se débat actuellement la plupart des intellectuels européens : « L’Europe et l’Islam : la liberté ou la peur ? »
L’Europe, l’Islam : un continent, une religion. Deux visions du monde parfois antagonistes, parfois complémentaires, parfois confondues. Pour Thierry Fabre, le créateur des Rencontres d’Averroès, de nouveau »il n’y a pas d’incompatibilité entre l’Europe et l’Islam, il s’agit de sortir de nos peurs communes« . C’est dans cette dynamique que se sont inscrites les Rencontres d’Averroès cette année, en s’attachant à montrer à travers les trois tables-rondes la continuité qui existait dans la relation qu’entretient bon gré mal gré depuis de nombreux siècles maintenant le couple Islam / Europe.
C’est à une réjouissante effervescence intellectuelle que nous assistons au sein de la communauté des chercheurs en sciences humaines et sociales (notamment chez les sociologues, anthropologues, politistes, voire théologiens), concernant des questions liées à la religion musulmane et à leurs implications dans les dynamiques sociales, économiques et politiques européennes.
Les débats autour de l’Islam ont été ces dix dernières années si fréquents et si riches qu’il nous semble parfois être de retour à l’époque d’Averroès. Ainsi que le dit Thierry Fabre, « la place de l’Islam dans les sociétés européennes n’a en effet jamais été aussi discutée, et même aussi ouvertement contestée qu’aujourd’hui« . Lire le reste…
Claude Guéant à l’épreuve de la mémoire politique
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Islam, Nationale, Sagesses le 11th janvier 2012
Par Maxime Hanssen
Dans un entretien accordé au Monde daté du mardi 3 janvier,Claude Guéant – ministre de l’Intérieur – tente une volteface vis-à -vis de la communauté musulmane et d’une grande partie des français choqués par ses frasques incessantes sur le sujet. Selon certaines études la «mémoire politique» d’un citoyen est estimée à six mois en moyenne ; au-delà de ce temps, l’homme à tendance à oublier certains évènements, noyés dans le flux permanent de l’information. M. Guéant semble avoir conscience de cela, profitant de cet espace d’expression afin de dédiaboliser son action et surtout dans le but d’attendrir une communauté musulmane remontée.
 Ainsi, il estime que l’Islam «  est une religion ouverte, tolérante, pleinement insérée dans la société ». Malheureusement, la sincérité de cette déclaration peut être remise en cause. En effet, le 4 avril 2011, l’ancien secrétaire générale de la présidence avait déclaré à Nantes : « L’accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de leurs comportements posent problème ».
En à peine un an, la communauté musulmane serait donc passée d’un statut de problème sociétal à une entité religieuse parfaitement intégrée dans la société! Mais par quel « miracle » ce problème à t-il disparu ?
M. le ministre estime que le «bilan de ces derniers mois est plutôt positif ».Pour qu’il y est bilan, il faut donc des mesures. Â
De fait, l’arsenal utilisé par le gouvernement, comme la loi sur le voile intégral ainsi que les mesures prises à l’encontre des prières de rues auraient permis d’éliminer les problèmes qu’engendrent les musulmans vis-à -vis de la société.
Même s’il faut reconnaître que les mesures susdites étaient des décisions bonnes et inévitables pour défendre la République laïque, les faits qui les ont engendré semblent disproportionnés. En effet, le port du Niqab concernait entre deux mille et trois mille femmes en France, tandis que les prières de rues étaient un fléau essentiellement concentré à Nice et dans quelques quartiers parisiens.
Ces faits-là sont-ils si important pour qualifier l’ensemble de la communauté musulmane comme un «problème » ? On constate aisément que M. Guéant exploite le moindre dérapage pour stigmatiser l’ensemble de cette communauté. On se doute du dessein électoral derrière cela. Lire le reste…
Printemps arabe : L’avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Histoire, Internationale, Islam, Philosophiques le 10th janvier 2012
Olivier Roy était vendredi matin l’invité des Matins de France Culture.
Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d’analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d’expression.
L’heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?
Oui, mais islamistes ils ne sont plus. « Ce sont des post-islamistes », répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.
Il dresse le parallèle avec l’abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n’avaient pas le choix parce que l’idéologie ne marche pas.
Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :
« Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s’appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d’établir la charia.(…) Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(…) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C’est comme cela que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d’un siècle. » Lire le reste…
« L’islam a besoin d’une pensée subversive »
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Discussions, Islam, Nationale, Philosophiques le 4th janvier 2012
Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir

La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l’émission Islam sur France 2. L’un est chrétien, l’autre musulman, et ils se rejoignent.
Antoine Sfeir: Un frein? Oui et non. La modernité a été accélérée à certaines époques et ralentie à d’autres. Ainsi, il faut rappeler que la naissance de l’islam a conduit à une véritable révolution. Sur le statut de l’épouse, par exemple: la femme faisait partie de l’héritage et, tout à coup, elle devenait héritière. N’oublions pas, non plus, la dynastie des Omeyyades et la fondation d’un véritable Etat, avec l’instauration d’une monnaie, de papiers d’identité. Cette modernité va s’étendre jusqu’à l’Andalousie; on y distribuera des terres, les catholiques et les juifs y seront protégés, et cela durera jusqu’en 1492 et la Reconquista.
A l’inverse, au XIe siècle, un calife qui affronte des révoltes sociales et religieuses va fermer les portes de l’interprétation du Coran (ijtihad). Il va décider de retenir seulement quatre écoles et d’éliminer toutes les autres, y compris celles qui prêchaient la raison. C’est le début du repli.
Ghaleb Bencheikh: Autant l’islam a été un moteur pour la modernité, par exemple, s’adonner à la science était motivé par des raisons religieuses -il fallait effectuer des calculs de trigonométrie pour observer les croissants lunaires ou encore pour déterminer géographiquement l’emplacement de La Mecque afin de mener les prières-, autant une forme de régression s’est installée au fil des siècles. Je ne crois pas que l’on puisse faire remonter le début de cette stagnation à une date précise. Il y a eu, plutôt, des facteurs convergents. Ils sont d’abord militaires, avec, entre autres, la bataille de Lépante, en 1571, qui marque la fin de la puissante thalassocratie ottomane après sa défaite contre la flotte chrétienne.
Le deuxième facteur est économique. Il est dû à la découverte du Nouveau Monde et de la circumnavigation qui a conduit à un moindre usage de la route de la Soie, ce qui a appauvri les villes situées sur cet itinéraire commercial. Du coup, les taxes ont augmenté, des troubles ont éclaté et l’empire s’est délité.
Enfin, il ne faut pas oublier le facteur culturel. L’invention de Gutenberg, repoussée par des sultans qui avaient choisi de privilégier leurs calligraphes face à l’imprimerie, a modifié le rapport de production des textes et des livres. Il était de 1 à 10 en faveur de l’empire islamique; il est passé de 1 contre 100 pour l’Occident en l’espace de quelques décennies.
A. S.: Le refus de l’imprimerie va, d’ailleurs, avoir des conséquences énormes. Pour rattraper le retard, le califat va imprimer et diffuser des ouvrages qui n’avaient pas été rédigés par des véritables savants, et cela aura des répercussions importantes sur la qualité du savoir dispensé.
Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirJPGuilloteau/L’Express
G. B.: C’est exact. Et, se rendant compte de la « bourde », on s’est mis à diffuser tout et n’importe quoi, sans précaution. De plus, des ouvrages majeurs qui nécessitent l’intervention de maîtres pour leur interprétation n’ont pas été compris. Du coup, une lecture chaotique et anarchique s’est souvent imposée.
A. S.: Plus tard, quand la colonisation s’est produite, elle a été accompagnée par des orientalistes français plutôt proches intellectuellement de ce qui allait devenir la laïcité en France. Des élites ont alors été formées; d’Alger à Beyrouth, de Damas au Caire. Du coup, ceux qui arracheront l’indépendance à l’empire ottoman sont des gens qui, en islam, auront séparé la religion et la foi. On va assister à la création de la citoyenneté. C’est un moment de grâce, de modernité. Les femmes arabes vont ainsi voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945.
Les femmes arabes vont voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945
Mais, quand, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde arabe est traversé par deux courants d’opinion -l’ »umma arabiya », portée par un républicain, Nasser, et l’ »umma islamiya »-, l’Occident, les Français et les Britanniques vont préférer s’allier avec ceux qui ont une lecture rétrograde du Coran.
G. B.: Je crois, pour ma part, que la colonisation, qui est une abomination, a entraîné une profonde léthargie de la pensée. N’oublions pas, à titre d’exemple, que l’autorité coloniale avait distribué des torches électriques aux marabouts; des lampes qu’ils actionnaient sous le burnous pour faire croire que la lumière divine se manifestait au peuple crédule, qui se prosternait…
Pourtant, il y a eu quelques prises de conscience, notamment chez les ulémas algériens. Certains d’entre eux avaient perçu que la séparation des deux ordres était une marque de progrès, qu’elle offrait l’opportunité de sortir du conservatisme, de cesser de considérer la religion comme l’unique référent identitaire. Rappelons qu’Abd el-Hamid Ben Badis, président de l’Association des ulémas algériens, était à la tête des requérants pour que la loi de 1905 fût appliquée en Algérie. Et, paradoxalement, l’opposition est venue des gouvernements successifs de la République française. Dès l’abolition du califat, en 1923-1924, certains penseurs arabes et musulmans avaient compris que la séparation des ordres était un progrès essentiel, salutaire.
Mais deux problèmes majeurs étaient apparus. Le premier était d’ordre sémantique: la laïcité n’avait pas de traduction dans les langues véhiculaires de la pensée islamique, alors on a essayé de rendre la notion par des barbarismes de type « scientisme » ou « mondité ». Le second obstacle a été l’influence des Frères musulmans, en liaison avec le jeu malsain de Fuad Ier, le roi d’Egypte. Ce dernier a proposé aux Frères musulmans de l’introniser calife à la place du calife et est allé sciemment à l’encontre de la modernité que son pays portait alors.
« Ouvrir la porte »
par Henri Boulas, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie
« On assiste aujourd’hui à une brusque irruption de la modernité. Le xixe siècle a déjà connu un mouvement de ce type, mais il a été interrompu par un effet boomerang, avec la réaction d’Hassan el-Banna [fondateur des Frères musulmans]. Devant l’incapacité des différents acteurs à moderniser l’islam, on a dès lors cherché à islamiser la modernité. Or la notion de modernité est cruciale, pour l’islam comme pour le christianisme: comment l’absorber sans se dénaturer?
L’islam a commencé comme mystique, il a fini comme système en s’accrochant aux versets médinois. Seules trois décisions peuvent y remédier. D’abord trancher entre un Coran créé ou incréé (donc figé); ensuite, il y a tant de versets qui abrogent d’autres versets contradictoires -les médinois abrogent ainsi les mecquois- qu’il faudrait trancher et revenir aux origines mêmes de l’islam; enfin, la suspension de la réflexion critique -selon la célèbre formule: « La porte de l’islam est fermée »- doit être remise en cause. De quel droit ferme-t-on encore une telle porte?
A. S.: Reste que la modernité de l’islam existe, mais on n’en parle peu, comme on parle peu des trains qui arrivent à l’heure. Savez-vous qu’une femme, la « Dame des lumières », dirige depuis Istanbul de 8 à 10 millions de croyants. Savez-vous que les Scouts musulmans de France, qui sont rattachés à la fédération des scouts et des éclaireurs, sont devenus la bête noire des islamistes dans les banlieues?
G. B.: Nous avons, dans l’histoire de la civilisation islamique, de quoi fonder un véritable humanisme. Pour faire émerger une nouvelle raison, comme le dit si bien Mohammed Arkoun, il nous faut faire preuve d’une pensée subversive, développer une investigation dévastatrice du patrimoine théologique, qui n’est qu’un amoncellement de commentaires sur le commentaire et qu’on a sacralisé à travers le temps. Cela conduirait à l’ouverture d’une nouvelle ère. Le printemps arabe renforce ce bourgeonnement possible. Mais les mots d’ordre des manifestants: dignité, liberté, démocratie, justice sociale ne doivent pas être détournés. Les jeunes citoyens doivent être vigilants, faire preuve de discernement pour ne pas se faire confisquer leur mouvement…
http://www.lexpress.fr/
LA LUTTE CONTRE LE ROUKOUD EN ISLAM : L’apport des penseurs musulmans
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Histoire, Internationale, Islam, Sagesses le 29th août 2011
« Plutôt que d´interroger, nous nous interrogeons sur l´avenir de l´homme en général et de l´Occident en particulier puisque c´est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n´arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu´il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l´illusion de sa puissance, prônant l´argent pour Dieu…. (…)»
L’Emir Abd El Kader dans Kitâb al mawâkif
Depuis plus de huit siècles, l’Islam a progressivement laissé se perdre son référent cultuel, intellectuel, culturel pour la civilisation humaine au profit d’un mimétisme d’un monde occidental sûr de lui et se voulant le seul détenteur du sens prônant un «magister dixit», au besoin, par la force. Si les causes du déclin sont connues et en grande partie dues à l’instrumentalisation par le politique du sacré pour des stratégies de pouvoir, cette contribution a pour ambition de décrire et sans être exhaustif, l’apport indéniable de penseurs musulmans qui ont, chacun à sa façon, tenté de réagir contre cette nuit de l’intellect, en combattant aussi avec les armes de l’esprit un Occident qui fait de la civilisation matérielle le but ultime de son apport, reléguant l’homme à un «produit marchand» dans une société chrétienne largement sécularisée.
Le XXe siècle s´est, comme on le sait, clôturé sur de grandes interrogations. On peut dire que le XXIe s´est provisoirement clôturé le 11 septembre 2001. Nous voilà au troisième millénaire avec une mondialisation-laminoir dimensionnée pour les plus nantis, quelles que soient d´ailleurs leurs latitudes. En Occident, où le sécularisme a, pendant deux siècles, éloigné l´homme de sa dimension transcendantale, l´individu est en pleine errance spirituelle, il en est à se bricoler une spiritualité. En puisant dans le supermarché du «croire», ce qui correspond le plus à ses aspirations. Cette errance religieuse induite par le millénarisme, amène à une autre servitude qui attend l’individu-sujet. C´est l´asservissement au marché, au libéralisme sauvage. Pierre Bourdieu a bien raison de concevoir le libéralisme comme un programme de «destruction des structures collectives» et de promotion d´un nouvel ordre fondé sur le culte de «l´individu seul mais libre».(1).
Il est important de connaître l’apport de quelques penseurs musulmans. Nous avons choisi de parler de l’Emir Abdelkader, de Djamel Eddine El Afghani, de Mohamed Iqbal. Chacun à sa façon a tenté d’expliciter les causes du déclin, et les conditions d’une re-naissance de la civilisation islamique.
L’Emir Abd El Kader, l’Homme d’Etat et l’Homme de Dieu Lire le reste…
La liberté religieuse recule dans le monde
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Haine, Histoire, Internationale, Religieuses le 28th août 2011
JACKIE FRANK ET VICKI ALLEN , WASHINGTON
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Un rapport américain souligne l’augmentation des violences à caractère religieux et le recul des libertés confessionnelles dans le monde au cours des cinq dernières années. Une tendance nettement présente dans les pays du Sud mais aussi en Europe, en France et en Angleterre notamment.
Un groupe de recherche américain affirme que près d’un tiers de la population mondiale vit dans des pays où la pratique libre d’une religion est de plus en plus difficile. Le centre de recherche Pew sur la religion et la vie publique a remarqué que les restrictions gouvernementales et l’hostilité du public vis-à -vis de certaines religions ont progressé entre 2006 et 2009 dans certains pays. Selon le rapport « sur les trois années sur lesquelles portent l’étude, l’étendue de la violence et des mauvais traitements pour des raisons religieuses ont diminué dans quelques endroits, mais augmenté dans un grand nombre de cas. » En effet, seulement 1 % de la population vit dans des pays où la tolérance religieuse est en progression. Une hausse importante de l’hostilité publique est visible en Chine, au Nigéria, en Thaïlande, au Vietnam et en Grande-Bretagne tandis que des restrictions gouvernementales ont fortement augmenté en Egypte et en France. Le centre de recherche Pew a étudié les lois et les politiques gouvernementales qui visent à bannir certaines croyances, à limiter les prêches, qui interdisent la conversion et qui favorisent certaines religions.
Des chiffres élevés mais stables
Les données utilisées pour mesurer cette hostilité sont les violences sectaires, l’interdiction de porter certaines tenues religieuses ainsi que d’autres formes d’intimidations. Les pays les plus hostiles et qui prônent les mesures les plus restrictives vis-à -vis de certaines religions sont l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, l’Egypte, l’Iran, le Myanmar, la Russie, la Turquie, le Vietnam, le Nigeria et le Bangladesh, même si dans la plupart de ces pays aucune hausse significative n’a été observée entre 2006 et 2009. En 2009, des personnes ont été tuées, battues, emprisonnées, déplacées de chez elles ou ont perdu tous leurs biens suite à des représailles gouvernementales pour des raisons religieuses dans 101 pays. En 2008, le nombre de pays impliqués dans ces violences étaient de 91. Des violences collectives se sont déroulées dans 52 pays en 2009, ce chiffre étant de 38 l’année précédente. La haine religieuse et les préjugés ont entraîné des violences sur des personnes dans 142 pays sur les 198 étudiés, mais ce chiffre reste stable par rapport à l’année 2008. Selon le Centre de recherche Pew
« dans 74 pays, des groupes terroristes extrémistes ont été actifs entre 2006 et 2009 » et des violences ont eu lieu dans la moitié de ces pays au cours de l’année 2009.
Peur autour de la démographie musulmane
Les chrétiens et les musulmans, les deux groupes religieux les plus présents dans le monde, ont été harcelés dans la plupart des pays. D’autres groupes ont été aussi victimes d’intimidations. Les juifs, qui représentent moins de 1 % de la population mondiale, ont connu des restrictions ou des intimidations dans 75 pays. Dans cinq pays européens : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Russie, la Suède et la Bulgarie, les tensions religieuses se sont cristallisées autour de l’augmentation rapide de la population musulmane. D’autre part, l’antisémitisme et l’antagonisme vis-à -vis de certaines minorités ont augmenté.
http://fr.zaman.com.tr
« Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″ : Plus de 80 ambassadeurs attendus à la cérémonie d’ouverture
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, CULTURELLE, Histoire, Internationale, REUSSITES le 11th avril 2011
Plus de 80 ambassadeurs accrédités en Algérie sont attendus à la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril.
D.RPlus de 80 ambassadeurs accrédités en Algérie sont attendus à la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril, a annoncé hier, le wali.  Il a affirmé, lors d’une rencontre d’information, organisée en présence des autorités locales, des élus et des représentants de la société civile, que « toutes les conditions sont réunies pour garantir le bon déroulement de cette manifestation qui accueillera des délégations de pays frères et amis ».   Après avoir mis en exergue les infrastructures réalisées en prévision de cette manifestation, à l’instar du palais de la culture, du centre des études andalouses, du théâtre de plein air et du Centre culturel islamique, le chef de l’exécutif de wilaya, a souligné que « Tlemcen a été choisie capitale de la culture islamique car elle remplit les conditions pour cela et dispose de toutes les potentialités scientifiques et culturelles ainsi que les moyens nécessaires pour abriter une telle manifestation dans les meilleures conditions ».
Il a ajouté qu’en plus, la wilaya a enregistré, ces dernières années, un bond qualitatif en matière de développement.   La cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011″, le 16 avril courant, sera marquée par un programme d’animation grandiose au niveau du plateau « Lalla Setti » surplombant Tlemcen.
La phase nationale de cette manifestation a eu lieu le 15 février dernier à l’occasion de la célébration du Mawlid Ennabaoui.
http://www.elmoudjahid.com/
Le recensement religieux : l’islam
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Histoire, Islam, Nationale le 7th avril 2011
Comment est-il possible d’estimer le nombre de musulmans en France ? Thomas Vampouille, journaliste au Figaro.fr s’est penché sur la question . Marie-Audrey Demayo a lu cet article pour StreetGeneration.
Thomas Vampouille rappelle que depuis 1872, la loi française interdit toute question relative à la religion pendant les recensements réalisés par les organismes, comme pour appuyer cette première loi, une seconde datant du 6 janvier 1978, renforce cette conception de laïcité. Et pourtant on constate qu’il est effectivement possible de détourner la loi et d’avoir des chiffres. Effectivement le journaliste du Figaro affirme que les sondages ne sont pas concernés par ces lois. Les organismes publics tels que l’INED ou l’INSEE, ne le sont pas non plus. La voie est libre pour cette course au recensement religieux. Le leader français des études marketing et d’opinion (TNS Sofres) recensait 3% de la population française en 2007, 4% pour le CSA et un chiffre de 5,8% pour l’IFOP.  En 2010, les deux organismes publics l’INSEE et l’INED, recensent 2,1 millions de musulmans « déclarés » en France. En revanche Thomas Vampouille ajoute, que le ministre de l’intérieur Claude Guéant affirme que la France compte 5 à 6 millions de musulmans, d’après la place Beauvau en juin 2010. Pour cela, le gouvernement passe par l’origine géographique des personnes et non l’appartenance religieuse. Toutes les personnes venant d’un pays à dominante musulmane ont été comptabilisés comme étant musulman. Le ministère déclare que 33% des 5 à 6 millions sont croyants et pratiquants, soit les 2 millions recensés par les sondages de l’INSEE et l’INED.
http://streetgeneration.fr/
Laïcité, un débat qui tend vers l’islamophobie
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Islamophobie, Nationale le 6th avril 2011
Par Melissa Ramanou
Le « tête-à -tête malsain » du ministre « avec Marine Le Pen » comme le nomme le numéro deux du PS, Harlem Désir, est désertée par le Conseil français du culte musulman (CFCM) et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le ministre de l’Intérieur Claude Guéant  a ravivé la polémique, en déclarant que l’augmentation du nombre de fidèles musulmans depuis 1905 était problématique « C’est vrai que l’accroissement du nombre des fidèles de cette religion, un certain nombre de comportements, posent problème. »

SOS Racisme a annoncé qu’il allait porter plainte contre le ministre une décision que l’organisation dit : « irrévocable ». Dominique Sopo président de l’asociation a fustigé des « propos qui stigmatisent une population en raison de son origine » et jugé qu’ils visent en fait « la population arabo-musulmane ».
« Je pense que c’est plus grave que ce qu’on a reproché à Brice Hortefeux », le prédécesseur de Claude Guéant, a poursuivi Dominique Sopo. « On a là quelqu’un qui très calmement prononce ces propos pour que l’on comprenne bien ce qu’il est en train de dire. »
Pour Jean-Paul Alduy, sénateur UMP proche de Jean-Louis Borloo, « la loi sur la laïcité est totalement suffisante. Il faut juste l’appliquer. Les préfets peuvent demander que les prières de rue ne se fassent pas sur l’espace public ». Ce débat mène selon l’élu de Perpignan à « une stigmatisation inévitable de l’Islam » qui fait « les choux gras du FN ». Patrice Gélard, sénateur UMP de Seine-Maritime, ne veut pas « perdre son temps. Ce n’est pas la peine ».
Hugues Portelli, sénateur UMP du Val-d’Oise, n’ira « sûrement pas » au débat. « Il n’y a pas lieu de débattre. Il n’y a pas de problème de laïcité. C’est une très mauvaise idée. C’est très mal ressenti par les musulmans », pense le sénateur, qui a rencontré Claude Guéant il y a quelques jours : « Il m’a dit que ce sera 2 heures de débat et c’est tout ».
Et pourtant l’objectif de l’organisateur de l’évènement : le patron de l’UMP Jean-François Copé est de donner une vision positive de la laïcité. Il assume pleinement sa volonté d’apporter de nouvelles « réponses concrètes » à la « vieille antienne de l’extrême droite » consistant à dire que « tout existe déjà  » ou à « dénoncer les problèmes sans apporter de solutions ».
Pourtant ce code ne sera adopté qu’après 2012, il serait fâcheux après ses nombreux coups durs pour la majorité, de se voir désavoué  (si cela est encore possible) en cas de rejet du code.
http://www.planetecampus.com/
Produits halal, « beauté noire »… Et si c’était ça l’intégration?
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Consommation, Culture, CULTURELLE, ECONOMIQUE, Halal, Loisirs, PRODUITS, REUSSITES, Sagesses le 5th avril 2011
Mai Lam Nguyen-Conan, auteur et spécialiste du marketing ethnique © DR / Michalon / TF1 NewsLa diversité, les mélanges, c’est sa vie, depuis une enfance entre le Laos et la Normandie. Après quinze années passées au sein de directions marketing dans de grands groupes internationaux, Mai Lam Nguyen-Conan en a même fait son métier. Pour l’Institut Viavoice, elle conseille désormais entreprises et organisations sur les meilleures pratiques en la matière. Dans un livre qui vient de paraître, elle démonte les idées reçues sur le « marketing ethnique ». Sa conviction, c’est que le halal et d’autres produits à destination de minorités, si souvent décriés, sont en réalité de formidables signes d’intégration. Mai Lam Nguyen-Conan nous explique pourquoi.
TF1 News : Le marketing ethnique, c’est quoi?
Mai Lam Nguyen-Conan, auteur : Cela reste du marketing et cela consiste à développer des produits, des campagnes de communication, des réseaux de distribution en adéquation avec des consommateurs…  Sa particularité, c’est qu’il est à destination des minorités visibles dans les pays développés.
TF1 News : D’où vient cette tendance ?
M. L. N-C. : Le marketing ethnique est né aux Etats-Unis car c’est un pays où la lutte des Noirs pour les libertés civiques a été très importante. Il y a eu une revendication forte d’une spécificité ethnique et identitaire qu’est l’afro-américanisme, prolongée dans le monde universitaire avec les Cultural Studies. Mais c’est l’arrivée massive d’autres minorités – hispaniques et asiatiques – qui a tout changé. Les entreprises ont alors réalisé que des populations autrefois minoritaires, un marché de niche, sont devenues majoritaires dans certains Etats, comme la Californie. Alors qu’elles vendaient auparavant à tous le monde les mêmes produits, elles ont décidé de s’adapter à chacun, par exemple en utilisant sa langue d’origine. C’est cela la révolution du marketing ethnique.
TF1 News : Progressivement, cela a essaimé dans le monde entier…
M. L. N-C. : Oui, car des multinationales comme L’Oréal, Nestlé ou Carrefour, pensent leur marketing au niveau mondial. Ils ne se limitent pas aux frontières nationales. Par exemple, L’Oréal va s’intéresser aux populations aux peaux noires ou basanées sur l’ensemble du globe. Ce qu’ils vont faire avec leur marque Soft SheenCarson aux Etats-Unis, va être décliné en France ou en Afrique, avec des adaptations, comme un niveau de prix différent. Avant  de se lancer en France, Nestlé s’est aussi beaucoup servi de son expertise sur le halal car une des ses marques, Maggi, était déjà très présente en Malaysie et en Indonésie. Lire le reste…
Faut-il craindre le marketing ethnique?
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Consommation, Culture, ECONOMIQUE, Halal, Nationale, NOUVEAUTE, PRODUITS, REUSSITES, Sagesses le 5th avril 2011
Par Claire Chartier
Quick halal, produits de beauté pour peaux noires… La pratique se développe en France. Entre stratégie commerciale et pratique discriminatoire, le marketing ethnique suscite le débat. Que pensez-vous de ce type d’argument de vente?
D’un côté, des minorités ethniques de plus en plus visibles et de plus en plus désireuses d’assouvir leurs goûts « à elles » au moment de se mettre à table, de se coiffer ou de s’acheter une crème de beauté. De l’autre, de grandes ou petites entreprises, alléchées par ce nouvel horizon de prospérité, qui ne demandent qu’à les satisfaire.
Hormis cette petite affiche, difficile de différencier ce Quick halal d’un autre.
LEXPRESS.fr / Aurélien Chartendrault
La chaîne Quick en est ainsi à une vingtaine de restaurants halal en France. Le « marketing ethnique », formule de plus en plus en vogue, serait-il en train de nous mener, mine de rien, sur la pente périlleuse du communautarisme? Robert Rochefort le redoute, au contraire de Mai Lam Nguyen-Conan, consultante en marketing d’origine vietnamienne, qui ose une thèse hardie sur le sujet (1): les stratégies développées par les enseignes pour cibler les minorités en partant de leurs besoins luttent, peut-être mieux que tout autre dispositif sociopolitique, contre les discriminations. Consommer pour s’intégrer?
http://www.lexpress.fr/
Certification halal: les clefs pour comprendre
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Consommation, Européenne, Fraude, Halal, Haram, Nationale le 5th avril 2011
Anne-Katell Mousset
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À l’export, un des enjeux des industriels agroalimentaires est de concevoir des produits halal typiquement français comme par exemple des bières désalcoolisés, des cannelés au rhum sans alcool ou des crêpes halal. |
Le marché français des produits halal est estimé à 4 milliards d’euros par an (source : Xerfi). Définition, certification, distribution : quels sont les enjeux clés de ce marché ? Éléments de réponse grâce à un panel d’experts intervenus lors d’une d’une réunion à la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne à Lorient.
Halal vs Haram
Dans la religion musulmane, les produits halal sont à opposer aux produits haram. Halal signifie tout simplement « licite » pour le consommateur musulman selon les préceptes religieux. Parmi les interdits majeurs : le porc qui suscite une très forte aversion et, dans une moindre mesure, l’alcool. Pour le reste, les interprétations sont diverses et relèvent de la théologie. C’est cette absence de définition unique qui empêche la création d’un standard international et même, en ce qui concerne la France, d’une norme nationale. Comme l’explique Bruno Bernard, expert en commerce international et créateur de la certification halal émise par la Chambre de commerce de l’industrie belge : « Il y a dans le halal plusieurs vérités. Ce qui est halal dans une région du monde ne le sera pas dans un autre. Il n’y a donc pas une solution unique, mais des solutions ». Le halal est un concept religieux. Mais, on parle ici de production et de commerce. Pour Bruno Bernard : « il faut appréhender cette certification avec une logique de respect et de l’éthique, sinon s’est voué à l’échec. Mais il ne faut pas oublier que c’est aussi un concept commercial ».
Bien choisir son certificateur
En France, il existe une soixantaine d’organismes certificateurs. La majorité du marché est cependant dominé par les trois grandes mosquées : Paris, Évry et Lyon. Chaque organisme possède ses propres critères et sa façon de travailler. Par exemple, certains se chargent directement de surveiller la production, d’autres comme la Mosquée de Paris, peuvent proposer à des salariés de l’industriel de devenir référents « halal » et d’être garants de la production. Il faut savoir que certains organismes certificateurs peuvent ne pas être reconnus à l’export. Chaque pays à en effet sa façon d’appréhender le halal, et ses propres référentiels. Comme le souligne Mohamed Benjouad, dirigeant de RDF Bretagne, société d’accompagnement à l’international à destination des pays arabo-musulmans. « En Malaisie, il y a un véritable business du halal, très bien organisé. Ils ont leur propre norme, mais elle n’est pas forcément reconnue dans l’Union européenne ou au Maghreb ». Le pays a en effet créé un texte réglementaire en agroalimentaire sur le halal. Cette norme, la MS 1500 : 2009, s’inspire de la méthode HACCP et porte sur l’ensemble de la chaîne.
http://www.processalimentaire.com/
Débat sur l’islam : laïcs ou religieux, même malaise
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Discussions, Haine, Islam, Islamophobie le 4th avril 2011
En 2004 , nous avions rencontré cette famille, chez elle, pour un reportage sur la fin du ramadan. Photo Archives/Hubert Van MaeleDes invités qui boudent, les représentants des différents cultes qui s’unissent pour dire non, un Nicolas Sarkozy qui s’entête à maintenir un débat qui déchaîne, déjà , les passions, et des musulmans qui observent tout ça avec inquiétude. Ce qu’ils en disent.
FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Chez les Dahmani, à Tourcoing, on a le sens des traditions. Thé, gâteaux secs, hospitalité chaleureuse et… inquiétude réelle.
Fathia, 27 ans, infirmière, s’interroge sur la dénomination même de ce débat organisé par l’UMP. « On fait comme s’ils allaient parler de laïcité, alors que tout le monde a bien compris que le sujet, c’est l’islam. » Khadija, sa soeur, est formelle : « On se sent montré du doigt. Comme si on ne respectait pas, a priori, la laïcité ! Mais on parle de qui au juste ? Des quelques extrémistes, comme il y en a dans toutes les religions ou de l’immense majorité des musulmans qui vivent leur foi tranquillement ? » Elle-même avoue une pratique plutôt relâchée de son islam. « Je l’accommode à ma manière. Je fais le ramadan mais, pour le reste, ma religion c’est surtout des valeurs que j’essaye de mettre en pratique. Je ne me reconnais pas du tout dans les caricatures que j’entends. » Leur mère, Zohra, arrivée en France dans les années 70, approuve ses filles. « J’ai deux nièces qui portent le foulard et quand elles allaient à l’école, elles ne le mettaient pas. On respecte les lois. » D’ailleurs, sa cadette a fini, d’elle-même, par enlever ce foulard qu’elle a porté peu de temps et contre l’avis de sa mère « parce que je n’avais plus besoin d’afficher ma religion ». Elle a 19 ans, elle est étudiante, et elle se sent « d’abord française ».
Ici, la déclaration de François Fillon, il y a quelques semaines, à propos des « Français d’origine musulmane » a fait sursauter.
« C’est quoi d’origine musulmane ? » lance Fathia alors qu’Abdelmalik, son cousin, revient sur les propos de Marine Le Pen sur les prières de rue : « C’est marginal et c’est parce qu’ils n’ont pas, dans certaines villes, de mosquées dignes de ce nom. On a l’impression que quand il faut construire une mosquée, il va inévitablement y avoir des crispations. C’est désolant parce que c’est quand les musulmans sont obligés de prier dans des caves que ça craint. » À 31 ans, Abdelmalik, délégué de parents d’élèves dans l’école de sa fille, se sent moyennement concerné par la question religieuse. « Je ne pratique pas, je ne vais pas à la mosquée. Si je fais le ramadan, c’est surtout pour la famille » reconnaît-il, franchement agacé qu’« automatiquement, parce que tu es d’origine arabe, tu serais musulman. On n’a pas ce genre de raisonnement avec les « Français d’origine » qui ne sont pas, systématiquement, catalogués catholiques. Pourquoi ? » Mise à l’index Zine Sihem, présidente de Union for Palestine, a écrit une lettre ouverte à Jean-François Copé dans laquelle elle s’indigne de ce que « vous parlez des étrangers comme s’ils étaient un mal, alors que les richesses des pays viennent d’eux à travers la diversité ». Elle accuse la majorité actuelle d’« opposer les non-croyants aux croyants. Pourquoi les non-croyants ne devraient pas tolérer les croyants et en quel honneur auraient-ils plus de droits qu’eux ? » Du côté de l’association Égale, on parle d’une « mise à l’index intolérable d’une partie de nos concitoyens » et on accuse ce débat d’ « encourager la peur, l’exclusion de l’autre, le repli communautaire et la division de notre société ». Un réquisitoire. Lire le reste…
Laïcité: Copé reproche à Fillon de ne pas «jouer collectif»
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Islam, Islamophobie, Nationale le 4th avril 2011
Par Flore Galaud

«Il y en a, disons les choses, qui y ont trouvé l’occasion d’une posture», a relevé lundi Jean-François Copé (à gauche) au sujet du débat sur la laïcité.
VIDÉO – Un proche du premier ministre réclame mardi la démission du secrétaire général de l’UMP après la violente sortie de ce dernier sur le chef du gouvernement. Nicolas Sarkozy a décidé de maintenir le débat sur la laïcité, qui divise la majorité.
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Le débat sur la laïcité va-t-il raviver la guerre des chefs à droite ? Si celui-ci aura bien lieu, a tranché Nicolas Sarkozy lundi, au lendemain de cantonales au résultat décevant pour la majorité, il n’en finit plus de susciter la controverse au sein même de l’UMP. Le patron du parti majoritaire, Jean-François Copé, qui organise le débat le 5 avril, est donc monté au créneau. Dans son viseur, le premier ministre en personne.
Interrogé sur Canal + au sujet des réserves émises par François Fillon sur l’organisation de ce débat, Jean-François Copé a expliqué que «certains n’en veulent pas (…) parce qu’ils ont probablement été mal informés». «Et puis il y en a, disons les choses, qui y ont trouvé l’occasion d’une posture», a-t-il ajouté. Alors que le journaliste suggérait le nom du premier ministre, il a répondu après une brève pause : «Peut-être après tout». «On ne peut pas jouer collectif une fois ?», s’est interrogé Jean-François Copé. À la question : François Fillon «vous a manqué sur ce sujet ?», il a répondu : «Exactement!»
La sortie de Copé a provoqué l’ire d’un proche du premier ministre, le député UMP Etienne Pinte, qui a réclamé mardi matin la démission du secrétaire général du parti. «S’il n’est pas d’accord avec le premier ministre, (…) il a toujours la possibilité de donner sa démission, et à mes yeux, plus tôt il le fera, mieux ça vaudra, afin de ne pas être le fossoyeur de l’UMP», a lancé le député des Yvelines.
Fin février, le premier ministre avait déclaré qu’il s’opposerait à ce débat s’il «devait être centré sur l’islam» ou «d’une manière ou d’une autre», conduire à «stigmatiser les musulmans». Quelques jours plus tard, devant l’Assemblée nationale, il avait toutefois jugé ce débat «nécessaire».
Peu après ses déclarations sur la chaîne privée, le patron de l’UMP a tenu à s’expliquer auprès de l’Agence France-Presse. «C’est un appel solennel à jouer collectif autour du président de la République», a-t-il précisé, souhaitant que le débat sur la laïcité soit l’occasion pour «chaque personnalité de la majorité» d’exprimer ses convictions de manière positive. Au lendemain des cantonales, «l’heure est à se rassembler et à jouer collectif». Lire le reste…
Pourquoi l’islam est au coeur du débat en France
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Haine, Islam, Islamophobie, Nationale, Sagesses le 4th avril 2011

Fin connaisseur des religions, Olivier Bobineau remet en perspective le débat sur la laïcité et les problèmes posés par la visibilité de la religion musulmane dans l’espace public.
Entretien paru dans dimanche Ouest-France du 3 avril.
Olivier Bobineau, 39 ans, sociologue des religions (Sciences Po), dirige la formation des imams à la laïcité à la Catho de Paris.
L’islam, selon vous, ne pose pas de problèmes majeurs en France.
Mon travail de chercheur, spécialiste de la place des religions dans l’espace public depuis des années, me permet d’affirmer que 98 % des musulmans vivent paisiblement leur foi en France et ne causent aucun trouble à l’ordre public. Les prières dans les rues, les créneaux horaires réservés aux femmes dans les piscines, les repas halal dans les cantines… sont autant de phénomènes marginaux. L’islam radical ne représente que 2 % des effectifs.
Le débat sur l’islam ne serait donc pas religieux ?
Non. La question est avant tout sociale, économique, culturelle. Une confusion s’opère dans l’opinion entre les musulmans et les problèmes rencontrés dans les quartiers populaires. Face aux échecs dans ces territoires, après de multiples politiques publiques, on cherche des responsables. On fait jouer ce rôle à la religion musulmane.
Sa visibilité dans l’espace public est-elle une source de crispation ?
Islam et laïcité : Claude Guéant invente le code de l’« islaïcité »
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Haine, Islam, Islamophobie, Nationale le 4th avril 2011
Par Mouloud Akkouche
A chaque réunion, le ministre de l’Intérieur et ses conseillers chantent-ils en chÅ“ur « Catholique et Français toujours » ? Après les dernières déclarations de Claude Guéant, on peut légitimement se poser la question. Il ambitionne de rédiger un code de la laïcité…

Profitons de son initiative – truffée d’arrière-pensées électoralistes – pour rappeler l’importance de la loi de 1905. Surtout aujourd’hui où, mise à mal par une minorité d’intégristes, elle sert aussi de caution à de prétendus laïcs aux glaives sélectifs. De faux amis d’apéro…
Laïcité à géométrie variable
Pour l’élaboration de son code de la laïcité, Claude Guéant a du pain – blanc ou noir ? – sur la planche. Il doit d’abord :
- convaincre l’hôte de l’Elysée et chanoine du Latran d’éviter ce genre de discours (écrit par Guéant ou Guaino) devant des caméras :
« […] Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »
- le dissuader de se rendre en mai à Rome pour la béatification de Jean-Paul II. Difficile car Nicolas Sarkozy désigne le souverain pontife polonais comme un des hommes l’ayant le plus inspiré. Ce sera une occasion de revoir Benoît XVI dont il dit : » J’aime bien ce pape ». Avec ou sans SMS cette fois ? Un pèlerinage élyséen peu judicieux après une telle claque électorale ;
- recommander à la Première dame de France plus de discrétion pour ces dons destinés à la réfection du dôme d’une église italienne. De l’argent de ses droits d’auteur ou de sa fortune personnelle ? Pas du tout. Un geste sur les deniers publics d’un Etat laïc : l’argent de tous les contribuables. Même celui de nous les athées. Imaginez le tollé s’il s’était agi d’une mosquée ou d’une synagogue.
Le ministre des Cultes devra ensuite plancher sur l’Alsace-Moselle. Des régions pas soumises au régime de la loi de 1905. La vue de crucifix dans certaines écoles publiques et mairies semble moins le gêner que des usagers du service public porteurs de signes religieux.
Bien sûr, personne ne peut nier les problèmes de respect de la laïcité. Une amie infirmière dans un hôpital m’a raconté ses difficultés, notamment avec certaines patientes voilées, mais précise que ce n’est qu’une minorité. Un sujet de société donc à ne pas traiter à la légère… et hors échéances électorales. Lire le reste…
Des instits du privé à l’école de l’Islam
Posté par admin dans Actualités, Avis, CONFERENCES, Culture, Islam, Nationale, Sagesses le 4th avril 2011
ROUBAIX / ALMA
Les enseignants accueillis dans la salle de prières, celle des hommes.Alors que le débat sur la laïcité suscite pas mal de controverses, les enseignants de trois écoles privées tourquennoises ont participé hier à une formation inédite à la mosquée de la rue Saint-Maurice. Ils voulaient qu’on leur explique l’Islam pour mieux comprendre et accueillir leurs élèves musulmans.
En jargon pédagogique dans l’enseignement catholique privé, on appelle cela une « formation intra-inter ». Autrement dit une formation qui échappe aux schémas académiques pré-établis par de brillants experts. À Tourcoing, les enseignants des écoles Saint-Pierre, Saint-Mathieu et Saint-Jean ont souhaité tout simplement s’intéresser à l’Islam. « Dans nos écoles sont inscrits des enfants issus de familles musulmanes. On a à coeur de les accueillir le mieux possible, d’éviter toute boulette tout en gardant notre identité. C’est important de connaître la religion de ceux qu’on côtoie » , nous explique une enseignante.
D’où une formation spécifique de deux fois trois heures. « Pour nous c’est un peu une première », reconnaît Thierry Vanholderbeke, animateur pastoral à la direction diocésaine de l’enseignement catholique à l’origine, avec Pascal Dame, délégué diocésain à l’interreligieux et président de Roubaix Espérance, de ce stage inédit.
Hier, une trentaine d’enseignants ont ainsi été accueillis à la mosquée la Sunna rue Saint-Maurice, la doyenne des institutions musulmanes de Roubaix puisqu’elle a vu le jour en 1982. Rachid Sahri, président du collectif des institutions musulmanes de Roubaix et guide de cette visite, n’a éludé aucune question. Y compris celles concernant la place de la femme dans la société islamique. Il a admis que la délimitation entre salles de prières pour hommes et pour femmes pouvait paraître anachronique. « Il y a d’un côté la pratique religieuse et le poids de la tradition. La religion n’a jamais établi de supériorité entre les sexes. Mais dans la tradition, au Maghreb, on fait encore la différence. » Appelant de ses voeux l’Islam à l’ouverture et à la modernité, Rachid Sahri trouve également anormal que les prières se fassent en arabe alors que 80 % des musulmans de Roubaix ne le comprennent plus. De là à envisager un Vatican II de l’Islam ?
Le débat sur la laïcité ? Pour quoi faire ? L’Islam n’a rien de monolithique. « Nous sommes avant tout des citoyens. Les intégristes, ce sont ceux qui pensent qu’ils sont les seuls à avoir tout compris des textes. Chez nous, comme chez vous, vous ne trouverez pas deux personnes qui ont le même rapport à la foi. Le but d’Allah, ce n’est pas d’avoir des petits soldats en uniforme.
http://www.nordeclair.fr/

