Archive for the ‘Philosophiques’ Category

Printemps arabe : L’avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy

Olivier Roy était vendredi matin l’invité des Matins de France Culture.

Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d’analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d’expression.

L’heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?

Oui, mais islamistes ils ne sont plus. « Ce sont des post-islamistes », répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.

Il dresse le parallèle avec l’abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n’avaient pas le choix parce que l’idéologie ne marche pas.

Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :

« Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s’appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d’établir la charia.(…)  Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(…) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C’est comme cela  que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d’un siècle. » Lire le reste…

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« L’islam a besoin d’une pensée subversive »

Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir

"L'islam a besoin d'une pensée subversive"
Des manifestants prient face à un char de l’armée égyptienne, sur la place Tharir, au Caire, en février dernier.REUTERS/Yannis Behrakis

La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l’émission Islam sur France 2. L’un est chrétien, l’autre musulman, et ils se rejoignent.

Antoine Sfeir: Un frein? Oui et non. La modernité a été accélérée à certaines époques et ralentie à d’autres. Ainsi, il faut rappeler que la naissance de l’islam a conduit à une véritable révolution. Sur le statut de l’épouse, par exemple: la femme faisait partie de l’héritage et, tout à coup, elle devenait héritière. N’oublions pas, non plus, la dynastie des Omeyyades et la fondation d’un véritable Etat, avec l’instauration d’une monnaie, de papiers d’identité. Cette modernité va s’étendre jusqu’à l’Andalousie; on y distribuera des terres, les catholiques et les juifs y seront protégés, et cela durera jusqu’en 1492 et la Reconquista.

A l’inverse, au XIe siècle, un calife qui affronte des révoltes sociales et religieuses va fermer les portes de l’interprétation du Coran (ijtihad). Il va décider de retenir seulement quatre écoles et d’éliminer toutes les autres, y compris celles qui prêchaient la raison. C’est le début du repli.

Ghaleb Bencheikh: Autant l’islam a été un moteur pour la modernité, par exemple, s’adonner à la science était motivé par des raisons religieuses -il fallait effectuer des calculs de trigonométrie pour observer les croissants lunaires ou encore pour déterminer géographiquement l’emplacement de La Mecque afin de mener les prières-, autant une forme de régression s’est installée au fil des siècles. Je ne crois pas que l’on puisse faire remonter le début de cette stagnation à une date précise. Il y a eu, plutôt, des facteurs convergents. Ils sont d’abord militaires, avec, entre autres, la bataille de Lépante, en 1571, qui marque la fin de la puissante thalassocratie ottomane après sa défaite contre la flotte chrétienne.

Le deuxième facteur est économique. Il est dû à la découverte du Nouveau Monde et de la circumnavigation qui a conduit à un moindre usage de la route de la Soie, ce qui a appauvri les villes situées sur cet itinéraire commercial. Du coup, les taxes ont augmenté, des troubles ont éclaté et l’empire s’est délité.

Enfin, il ne faut pas oublier le facteur culturel. L’invention de Gutenberg, repoussée par des sultans qui avaient choisi de privilégier leurs calligraphes face à l’imprimerie, a modifié le rapport de production des textes et des livres. Il était de 1 à 10 en faveur de l’empire islamique; il est passé de 1 contre 100 pour l’Occident en l’espace de quelques décennies.

A. S.: Le refus de l’imprimerie va, d’ailleurs, avoir des conséquences énormes. Pour rattraper le retard, le califat va imprimer et diffuser des ouvrages qui n’avaient pas été rédigés par des véritables savants, et cela aura des répercussions importantes sur la qualité du savoir dispensé.

Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirDébat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirJPGuilloteau/L’Express

G. B.: C’est exact. Et, se rendant compte de la « bourde », on s’est mis à diffuser tout et n’importe quoi, sans précaution. De plus, des ouvrages majeurs qui nécessitent l’intervention de maîtres pour leur interprétation n’ont pas été compris. Du coup, une lecture chaotique et anarchique s’est souvent imposée.

A. S.: Plus tard, quand la colonisation s’est produite, elle a été accompagnée par des orientalistes français plutôt proches intellectuellement de ce qui allait devenir la laïcité en France. Des élites ont alors été formées; d’Alger à Beyrouth, de Damas au Caire. Du coup, ceux qui arracheront l’indépendance à l’empire ottoman sont des gens qui, en islam, auront séparé la religion et la foi. On va assister à la création de la citoyenneté. C’est un moment de grâce, de modernité. Les femmes arabes vont ainsi voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945.

Les femmes arabes vont voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu’en 1945

Mais, quand, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde arabe est traversé par deux courants d’opinion -l’ »umma arabiya », portée par un républicain, Nasser, et l’ »umma islamiya »-, l’Occident, les Français et les Britanniques vont préférer s’allier avec ceux qui ont une lecture rétrograde du Coran.

G. B.: Je crois, pour ma part, que la colonisation, qui est une abomination, a entraîné une profonde léthargie de la pensée. N’oublions pas, à titre d’exemple, que l’autorité coloniale avait distribué des torches électriques aux marabouts; des lampes qu’ils actionnaient sous le burnous pour faire croire que la lumière divine se manifestait au peuple crédule, qui se prosternait…

Pourtant, il y a eu quelques prises de conscience, notamment chez les ulémas algériens. Certains d’entre eux avaient perçu que la séparation des deux ordres était une marque de progrès, qu’elle offrait l’opportunité de sortir du conservatisme, de cesser de considérer la religion comme l’unique référent identitaire. Rappelons qu’Abd el-Hamid Ben Badis, président de l’Association des ulémas algériens, était à la tête des requérants pour que la loi de 1905 fût appliquée en Algérie. Et, paradoxalement, l’opposition est venue des gouvernements successifs de la République française. Dès l’abolition du califat, en 1923-1924, certains penseurs arabes et musulmans avaient compris que la séparation des ordres était un progrès essentiel, salutaire.

Mais deux problèmes majeurs étaient apparus. Le premier était d’ordre sémantique: la laïcité n’avait pas de traduction dans les langues véhiculaires de la pensée islamique, alors on a essayé de rendre la notion par des barbarismes de type « scientisme » ou « mondité ». Le second obstacle a été l’influence des Frères musulmans, en liaison avec le jeu malsain de Fuad Ier, le roi d’Egypte. Ce dernier a proposé aux Frères musulmans de l’introniser calife à la place du calife et est allé sciemment à l’encontre de la modernité que son pays portait alors.

« Ouvrir la porte »
par Henri Boulas, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie

« On assiste aujourd’hui à une brusque irruption de la modernité. Le xixe siècle a déjà connu un mouvement de ce type, mais il a été interrompu par un effet boomerang, avec la réaction d’Hassan el-Banna [fondateur des Frères musulmans]. Devant l’incapacité des différents acteurs à moderniser l’islam, on a dès lors cherché à islamiser la modernité. Or la notion de modernité est cruciale, pour l’islam comme pour le christianisme: comment l’absorber sans se dénaturer?

L’islam a commencé comme mystique, il a fini comme système en s’accrochant aux versets médinois. Seules trois décisions peuvent y remédier. D’abord trancher entre un Coran créé ou incréé (donc figé); ensuite, il y a tant de versets qui abrogent d’autres versets contradictoires -les médinois abrogent ainsi les mecquois- qu’il faudrait trancher et revenir aux origines mêmes de l’islam; enfin, la suspension de la réflexion critique -selon la célèbre formule: « La porte de l’islam est fermée »- doit être remise en cause. De quel droit ferme-t-on encore une telle porte?

A. S.: Reste que la modernité de l’islam existe, mais on n’en parle peu, comme on parle peu des trains qui arrivent à l’heure. Savez-vous qu’une femme, la « Dame des lumières », dirige depuis Istanbul de 8 à 10 millions de croyants. Savez-vous que les Scouts musulmans de France, qui sont rattachés à la fédération des scouts et des éclaireurs, sont devenus la bête noire des islamistes dans les banlieues?

G. B.: Nous avons, dans l’histoire de la civilisation islamique, de quoi fonder un véritable humanisme. Pour faire émerger une nouvelle raison, comme le dit si bien Mohammed Arkoun, il nous faut faire preuve d’une pensée subversive, développer une investigation dévastatrice du patrimoine théologique, qui n’est qu’un amoncellement de commentaires sur le commentaire et qu’on a sacralisé à travers le temps. Cela conduirait à l’ouverture d’une nouvelle ère. Le printemps arabe renforce ce bourgeonnement possible. Mais les mots d’ordre des manifestants: dignité, liberté, démocratie, justice sociale ne doivent pas être détournés. Les jeunes citoyens doivent être vigilants, faire preuve de discernement pour ne pas se faire confisquer leur mouvement…

http://www.lexpress.fr/

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Sous le signe d’Ibn Rochd Le consensus politique comme moyen de régulation des antagonismes sociaux

Ibn Rochd est le produit et le précurseur d’une Méditerranée possible, métissée, baignant dans l’histoire mais nullement prisonnière de dogmes. Sans nostalgie aucune, « Sous le signe d’Ibn Rochd » invite au débat, à la créativité et à l’échange. Retour sur un des ateliers reliant la justice et la cité.

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l'artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR

Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l’artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR
 Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar

Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar
Capitalisant sur le succès que la première édition avait rencontré l’année dernière, “Sous le signe d’Ibn Rochd” (Averroès), les organisateurs de cette manifestation récidivent avec une deuxième édition toujours sur le sillage de cette même figure emblématique de la pensée arabe.

Pour nous sortir d’une torpeur intellectuelle confortable, des ateliers animés par de prestigieuses personnalités du monde de la culture nous invitent à la réflexion et au débat autour de thématiques aussi riches que variées: “penser la cité”, “penser la justice”, “penser le beau”… C’était compter sans l’élément perturbateur du nuage de cendres volcaniques qui s’est invité de façon impromptue jusque dans cette manifestation pour en chambouler la programmation.

Ce seront donc M. Mohamed Nachi, Professeur de sociologie à l’Institut des sciences humaines et sociales de Liège et M. Michel Péraldi, Directeur du Centre Jacques Berque, qui prendront le relais pour animer conjointement l’atelier du mercredi 12 courant, à la place de M. Michel Guérin. Lire le reste…

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Un penseur universel: Ibn Rochd la raison

Par Mustapha Cherif

Le monde en voie de développement, plus que jamais, a besoin de raison, de science, d’objectivité, pour progresser et faire face aux difficultés. Un immense penseur du XIIe siècle, Ibn Rochd-Averroès, qui a vécu en Andalousie à Cordoue, est considéré comme le symbole de la pensée rationnelle dans l’histoire de la civilisation musulmane. Il faut dire que le chemin emprunté par Ibn Rochd pour traiter de la question de la raison est singulièrement original. Il fut un des meilleurs avocats de la raison et a éclairé le monde par ses travaux. Le philosophe a traité du thème du rapport entre le savoir et l’éthique, entre morale et société, entre raison et sentiment. Cette approche est centrale.

Rien n’est donné d’avance

Le débat entre philosophie et subjectivité, spécificité et universalité, fait jaillir la question de la validité de la vérité universelle et celle de l’autonomie de la raison. Cette autonomie de la raison se réalise, pour Averroès, du fait de la nécessité de saisir objectivement les problèmes du monde. Abderrahmane Badawi, un des historiens de la vie et de l’œuvre Ibn Rochd-Averroès, précise que, pour étudier la question de la Cité juste chez notre philosophe, nous avons son commentaire de La République de Platon et celui de la Rhétorique d’Aristote. L’ouverture, pour Ibn Rochd, se réalise par le fait d’interpréter, d’une manière inconditionnellement rationnelle, une réalité où rien n’est donné d’avance. Lire le reste…

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La laïcité : un débat épineux

Mardi 5 Avril se tiendra à Paris la convention de l’UMP sur la laïcité en France : débat houleux non seulement au sein de l’UMP mais aussi entre les représentants du gouvernement et ceux des principaux cultes. Retour sur ce débat qui gangrène la société française.

Un débat, de multiples enjeux.

Dès le départ, ce débat semble relancer l’islamophobie ambiante notamment suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy assimilant l’échec du multiculturalisme en France à l’absence d’intégration des musulmans. Nassurdine Haidari adjoint au maire PS de Marseille a ainsi confié ses impressions et ses craintes au Monde  et rappelle certaines phrases malencontreuses tenues lors des dernières présidentielles : «(En France) on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles, on n’égorge pas les moutons dans son appartement et on respecte les règles de la République ». La crainte est aujourd’hui la recrudescence de la stigmatisation des musulmans en France. Un sondage récent a montré que 42% de la population interrogée voient l’islam comme une menace et 68% pensent que les musulmans sont mal intégrés. Ce débat fait de plus suite au débat avorté sur l’identité nationale, instrumentalisé par Le Pen, puis abandonné par l’UMP, devant les accusations de xénophobies et de virage vers l’extrême droite de la part du parti présidentiel.

Des dissidences au cœur même de l’UMP.

Ce débat ne créer pas seulement des tensions entre musulmans (qui se sentent stigmatisés) et non musulmans mais aussi au sein de l’UMP, et finalement entre l’UMP et les représentants des six plsu grands cultes en France. Il faut le rappeler, seulement dix des trente membres du gouvernement Fillon participeront Mardi à la convention. Certains même, tel Claude Guéant déclarent se « sentir obligé d’y participer ». Le président du Sénat refuse de se mêler à ce « débat qui stigmatise ». En ce qui concerne la laïcité, l’UMP montre ici ses nombreuses divergences d’opinion et les tensions qui en découlent. Enfin, on remarque l’absence des représentants des cultes les plus importants en France (cultes catholique, protestants, orthodoxe, juif, musulman, bouddhiste). Ces derniers, bien que reconnaissant l’adaptation nécessaire des religions aux sociétés actuelles, refusent de participer à un débat qui pourrait semer confusion et troubles parmi les croyants.

P.B.

http://e-delit.com/

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Quand la gauche va-t-elle défendre le multiculturalisme ?

Par Michel Wieviorka | Sociologue, EHESS

Un badge avec le slogan du PS lors de l'université d'été de la Rochelle, en août 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

La gauche va-t-elle gober sans broncher les attaques convergentes de la droite et de l’extrême-droite contre ce qu’elles appellent le « multiculturalisme » ?

« Je ne peux que le féliciter », a déclaré Marine le Pen, la nouvelle dirigeante du Front national, après que David Cameron, le Premier ministre britannique, a affirmé, le 5 février, que le multiculturalisme est un échec.

Quatre mois auparavant, en Allemagne, Angela Merkel, la Chancelière, avant lancé l’offensive des droites en déclarant que « cette approche a échoué, totalement échoué ».

Et lors de l’émission « Paroles de Français » sur TF1, vendredi, Nicolas Sarkozy, le chef d’Etat français, a apporté sa contribution à la disqualification du multiculturalisme en reprenant la même antienne. Dans son cas, on hésite quant au diagnostic : renversement complet ou incohérence ?

Il y a quelques années, en effet, quand il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy proposait la nomination d’un préfet musulman, en tant que tel, et jusqu’en 2009, il se faisait le chantre des idées qui animent les positions favorables au multiculturalisme, par exemple en promouvant la discrimination positive ou en installant, auprès du Premier ministre, un Commissaire en charge de la diversité, Yazid Sabeg.

Ces charges donnent l’image d’une grande cohérence idéologique des droites d’Europe – à noter qu’en réaction, le président russe Medvedev vient de rappeler son attachement au modèle multiculturel.

Un débat fourre-tout des droites contre l’islam

Mais que visent-elles ? En fait, d’abord et avant tout, non pas tant un ensemble de différences culturelles clairement identifiées, qui sont stricto sensu l’objet du multiculturalisme, mais une nébuleuse sémantique regroupant l’immigration, le terrorisme, la criminalité, la délinquance, l’insécurité et surtout, l’islam, c’est-à-dire une religion.

Otons l’islam du débat : que reste-t-il dans le rejet du « multiculturalisme » ? Les différences régionales, celles liées au genre, ou aux mœurs sexuelles, l’existence de communautés, en particulier venues d’Asie, qui n’ont guère de place dans les préoccupations de l’opinion et des médias… toutes thématiques intéressantes, certes, mais relativement secondaires aujourd’hui.

Le terme de multiculturalisme est inapproprié ici, car ce qui est en jeu est d’abord et avant tout une religion, et non une culture. Que celles-ci puissent se recouper est une évidence, mais cela n’autorise en aucune façon à les confondre, et à rejeter le multiculturalisme pour en réalité flatter l’islamophobie. Lire le reste…

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L’islam comme chiffon rouge: les analyses de trois chercheurs

Par Antoine Perraud

Lorsque Marine Le Pen désigne l’islam, les commentateurs regardent le doigt. C’est précisément pour ne pas s’en tenir à ce genre de vue bien courte que Mediapart, grâce à son partenariat tissé avec le Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CNRS-Paris I), tente à nouveau de dépasser l’écume événementielle (nos démarches précédentes sont regroupées sous l’onglet «Prolonger»).

Comment retrouver une profondeur et une réflexion critique, masquées par les agendas de l’actualité? Dans le cas d’espèce, par-delà les proférations lepénistes, en s’interrogeant sur l’existence d’une «islamophobie» en France, voire dans un Occident ainsi reconstitué…

Pour aborder cette problématique, ont été rassemblées trois pointures universitaires: la politologue Nonna Mayer, l’historien Philippe Rygiel et le philosophe Souleymane Bachir Diagne, né au Sénégal en 1955, ayant réussi là où avait échoué Senghor (intégrer l’École normale supérieure de la rue d’Ulm!), actuellement professeur à l’université Columbia de New York et de passage à Paris à l’occasion d’une soutenance de thèse.

Avant de dialoguer – debout –, chacun s’est appliqué – assis – à discuter et à éclairer la notion d’islamophobie: Lire le reste…

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LE MONDE MUSULMAN FACE LA CRISE MONDIALE

Par Mustapha Cherif

Dans une époque que dominent la connaissance technoscientifique et le concept de la société du savoir, la production scientifique des pays musulmans est encore marginale, selon le dernier rapport de l’Unesco sur la science. Les données fournies par le rapport, établi tous les cinq ans, concernant la production scientifique des pays musulmans, sont significatives d’une situation alarmante. En matière de techno-sciences le monde musulman, avec une population d’environ 1,5 milliard, près du quart de la population mondiale, ne produit que moins de 5% de la production scientifique mondiale! Le sous-développement du Monde arabe est symbolisé par un autre taux dramatique: environ 40% des populations sont analphabètes.

Forger au savoir et humaniser
Les capacités de production de la science permettent le développement, la sauvegarde de la souveraineté et de nouvelles perspectives. La situation des sociétés musulmanes est préoccupante. Jusqu’à quand les alarmes seront-elles ignorées? Même la Banque islamique de développement, en 2008, confirmait le constat alarmant: «Les 57 pays à population majoritairement musulmane ont sensiblement 25% de la population mondiale, mais moins d’1% des scientifiques produisent moins de 5% de la science et font à peine 0,1% des découvertes originales mondiales liées à la recherche chaque année.» La fuite des cerveaux et la mainmise par des politiciens médiocres sur les organes de décisions aggravent la situation. Lire le reste…

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Algérie: Conférence internationale sur le « juste milieu en Islam » à Alger

Algérie: Conférence internationale sur le "juste milieu en Islam" à Alger
Les travaux de la conférence internationale sur le juste milieu en Islam se sont ouverts samedi à Alger avec la participation de penseurs et de savants de nombreux pays arabes.

Les organisateurs ont choisi le thème du « juste milieu et son rôle dans la préservation de la paix sociale » pour cette manifestation organisée par l’association El Irchad oua El Islah en collaboration avec le forum mondial du juste milieu.

Les participants à cette conférence de deux jours, s’attelleront à examiner une série de sujets en relation avec le thème dont le concept du juste milieu et ses manifestations dans la pensée islamique, le juste milieu et son rôle dans la stabilité de l’Algérie et les défis que rencontre ce concept.

Le rôle de chaque partie en faveur de la consécration du concept du juste milieu dans l’Islam notamment dans le développement de la nation et le rôle de la femme dans la consécration de la pensée modérée, figurent parmi les autres sujets soumis à discussion.

(Source APS)

http://www.atlasinfo.fr/

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L’EXTRÊME DROITE EUROPÉENNE Le retour de la bête immonde

Le phénomène des profanations de mosquées et cimetières musulmans se propage

Le nazisme, le fascisme et le colonialisme ont laissé des traces.

Des partis de gauche, des citoyens de confession musulmane et d’autres associations antiracistes en France, appellent à un rassemblement ce jour samedi 18 décembre, contre la haine des groupes d’extrême droite français et européens, qui se tient devant l’Espace Charenton à Paris. Des groupes d’extrême droite appuyés par des extrémistes laïcs et dogmatiques ont décidé de se rassembler pour soi-disant «défendre la laïcité et les valeurs de la civilisation». Le nazisme, le fascisme et le colonialisme ont laissé des traces, que certains nostalgiques veulent actualiser. Profitant de la crise économique et morale qui secoue l’Europe, la bête immonde ose distiller le venin contre les musulmans. L’amplification de la peur, l’exploitation avec cynisme des dérives des fondamentalistes jettent l’opprobre sur tous les musulmans. La propagande du choc des civilisations gagne du terrain.

Corriger nos actes et discours
Après les caricatures vulgaires sur le Prophète, le vote suisse sur l’interdiction de minarets, la multiplication des profanations de mosquées et cimetières musulmans, le débat sectaire sur l’identité, la montée des discours extrémistes et racistes dans toute l’Europe et les discriminations que subissent les musulmans des quartiers défavorisés, la vigilance s’impose. Ce ne sont plus des phénomènes isolés, mais une vague de fond populiste, politicienne et électoraliste qui contredit les valeurs monothéistes et celles des Lumières, et met en danger le vivre-ensemble et la paix. Dans le monde musulman, on doit se réformer, corriger nos actes et nos discours afin de ne pas apporter de l’eau aux moulins des nouveaux racistes.
En France, terre d’Asile et pays des droits de l’homme, Marine Le Pen, qui rêve de pogroms et de rafles, qui vise par la surenchère a devenir chef de l’extrême droite raciste, en termes électoralistes les plus abjects, polémique virulente, compare les musulmans français aux occupants allemands de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’idéologie nazie est une des sources d’inspiration de ce parti de la haine. C’est une véritable insulte à l’histoire de France et aux milliers de musulmans morts pour la libérer. Le sentiment antimusulman s’amplifie dans un contexte de chômage, de crise morale et de manipulations tous azimuts. Le musulman est le bouc émissaire. Des comportements marginaux de musulmans prêtent le flanc et servent de prétexte aux xénophobes. Ce n’est plus le radicalisme qui est dénoncé. Les références fondatrices, le Coran et le Prophète sont attaqués.
Cependant, le peuple français n’est pas dupe. Toute la classe politique française a condamné les propos hideux et provocateurs de Marine Le Pen, et commence à comprendre que pour le cas regrettable de la prière hebdomadaire du vendredi qui déborde sur les lieux publics, la faute incombe à ceux qui refusent de faciliter aux musulmans l’aide nécessaire pour édifier leurs lieux de culte. Il faut y apporter des réponses concrètes et dignes par la construction de mosquées. C’est le rôle d’un Etat républicain de régler ces problèmes et non de laisser se développer la stigmatisation de populations défavorisées et marginalisées. Et 24 organisations ont demandé aux autorités d’interdire le projet de rassemblement d’extrémistes. Le programme de la réunion, la liste des organisateurs et les personnages annoncés démontrent que cette initiative vise à favoriser l’expression de thèses xénophobes, racistes, islamophobes et fascisantes. La Mairie de Paris condamne cette rencontre et demande à la Préfecture de police «de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires» afin que la réunion «ne puisse avoir lieu» car elle «ne peut qu’engendrer haine, xénophobie et trouble à l’ordre public».
Il est nécessaire que les humanistes et les chrétiens français et européens fassent barrage à la montée de la xénophobie. Il y a des amalgames, des crispations et des interrogations de la part de chrétiens à cause de la violence inadmissible que subissent les chrétiens au Moyen-Orient. Il est impérieux de rafraichir les mémoires et de rappeler que l’Islam n’a rien à voir avec ces dérives.
Certes, l’instrumentalisation des Ecritures saintes est un problème qui pose des questions graves aux musulmans et aux chrétiens. Quiconque pourra toujours manipuler les textes saints pour justifier l’inadmissible, mais l’extrémisme est l’antireligion. A qui profite le crime? A ceux qui cherchent à faire diversion aux problèmes politiques du monde. Ce n’est en aucun cas une question théologique. Les versets du Coran qui appellent à la légitime défense correspondent à des circonstances bien précises qui ont peu à voir avec la situation actuelle. Tout comme était infondée l’interprétation de la Bible que des chrétiens pratiquaient durant l’Inquisition, les guerres de religion, de colonisation. C’était aussi de l’usurpation et du fondamentalisme de type blasphématoire. Lire le reste…

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En Sambre-Avesnois, les Français musulmans ont-ils les mêmes droits face à la mort ?

 «Qu'est-ce qu'une société où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en sous-sol?» «Qu’est-ce qu’une société où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en sous-sol?»

« Le Droit au sous-sol », film réalisé par Djamel Zaoui et présenté par Place Publique au centre culturel la Florentine, a porté le débat sur l’avenir des lieux d’inhumation, une question qui concerne cinq millions de musulmans en France.

Pour cette première projection dans le bassin de la Sambre, le réalisateur Djamel Zaoui et le responsable de Place Publique, Nasser Achour, ont commenté et répondu aux questions sur les conditions d’inhumation. Le réalisateur originaire de Maubeuge, fils et petit-fils de militants algériens qui ont dû fuir leur terre natale, collecte les témoignages pour comprendre son histoire, son identité. Après avoir tourné les films « Autre guerre d’Algérie », « O.A.S », « Abécédaire du jeune lascar périphérique », il propose de se pencher sur le « droit au sous-sol ». A l’origine de ce tournage, sa fille en passant devant un cimetière lui a demandé où serait-il enterré ? Question fondamentale qui touche toutes les familles issus de l’immigration – très ancienne dans la région -, beaucoup de monde au final.

Chaque année des centaines de Français de confession musulmane sont inhumés loin de leur famille, dans leur pays d’origine, terre inconnue pour la plupart d’entre eux. Ils vivent, travaillent et meurent sur le sol français et sont rapatriés « vers le bled ». Le rapatriement est très cher. Les assurances sont de l’ordre de 3 000 à 5 000 E, hors frais voyage. En outre, le deuil étant important dans la procédure, une bonne préparation est nécessaire pour que l’inhumation sur les lieux du décès soit possible.

1 400 signatures recueillies

« Qu’est-ce qu’une société où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en sous-sol ? La question est double sur le droit au sol et au sous-sol. Je vis ici, je travaille ici, où dois-je mourir ? », s’interroge Djamel Zaoui.

Pour les Français de confession musulmane, l’important est la position du corps ou du visage orienté vers la Mecque. « L’association Place Publique, n’est pas venue demander des carrés ! », rappelle Nasser Achour. « Notre objectif est de travailler sur les thématiques proches de l’Histoire, la mémoire, la citoyenneté, l’implication politique, sociale et professionnelle des personnes vivants dans des quartiers populaires.

Il s’agit d’oeuvrer sur les principes républicains de la fraternité, de la liberté de l’égalité. Ici, nous parlons d’inégalité de traitement devant la mort.

Les cimetières ou carrés musulmans font cruellement défaut. » En 1934, en France, à Bobigny, un cimetière avait été accordé par décret présidentiel. Depuis les choses n’ont guère évolué ou si peu. Place Publique demande un respect de la loi : les maires ont en effet l’obligation de regrouper les sépultures de même confession. L’association a récolté 1 400 signatures sur le bassin Sambre-Avesnois adressées aux maires puis à l’Agglomération, qui n’a pas la compétence. « Ici, la municipalité d’Aulnoye a accordé ce droit à l’accès au sol. En toute logique. Si l’on accorde la citoyenneté et l’égalité durant les années de vie, de travail, alors comment peut-on refuser l’accès au droit à mourir sur le territoire de vie ? On laisse pratiquer la religion et au moment de mourir que se passe-t-il ? Il n’y a pas de terre sainte pour mourir. » En Sambre-Avesnois, la compréhension des Élus est à géométrie variable : si l’acceptation existe quelques communes ont des difficultés pour trouver des lieux d’inhumation. • CLAUDIE JANSHON (CLP)

http://www.lavoixdunord.fr/

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L’universalisme de l’islam

« Si l’espérance n’est pas suivie de l’action, Elle demeure un vain désir. »

Pourquoi une voie soufie telle que la tarîqa ‘Alâwiyya se préoccupe-t-elle de la « Terre », de « l’éducation d’éveil », de la « communication » et des « médias », ou encore de la « mondialisation » ? N’est-elle pas concernée, a priori, uniquement par « la spiritualité et le soufisme », ou encore « la Révélation » – autres thèmes traités lors du congrès de juillet 2009 ??

Autant demander pourquoi le Prophète, chargé de transmettre un message par essence spirituel, enseignait et surtout incarnait l’éthique dans toutes les dimensions de la vie, y compris les plus pratiques. C’est que l’islam, animé par le principe/expérience de l’Unicité (tawhîd), n’opère aucune scission entre l’esprit et la matière, entre ce que le Coran nomme le « monde invisible » (‘âlam al-ghayb) et le monde sensible (‘âlam al-shahâda).

De cette scission artificielle est issue précisément la crise écologique moderne. Il est désormais impossible de séparer l’état de la planète de notre état spirituel ! Le Vivant (al-Hayy) est présent à tous les niveaux de la Manifestation universelle, et l’on sait maintenant que la matière qui paraît la plus inerte est ‘‘ énergie’’ et ‘‘lumière’’. Lire le reste…

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Un Islam des Lumières et des plaisirs

Plusieurs réactions nous ont demandé de placer cet article initialement mis dans « Les Brèves » en article central de notre Blog (ndlr)… que voici!

Malek Chebel parle d’un Islam loin des extrémismes et loin des préjugés. Le philosophe était l’invité de la Villa Empain pour ses rencontres internationales.
Entretien

Il est difficile de parler sereinement de l’Islam aujourd’hui. Peu de sujets sont aussi polémiques. Peu de place subsiste entre les extrémismes des uns et les préjugés ou amalgames hâtifs des autres. Et des sujets comme le voile, la burqa ou les islamistes occupent tout le terrain.

C’est pourquoi la voix de Malek Chebel détonne. Il s’emploie depuis plus de 20 ans à développer une image libérale de cette religion en traquant les mensonges et l’hypocrisie des intégristes tout en rappelant aux « Occidentaux » que le véritable Islam est bien différent que celui que montrent les islamistes radicaux.

Anthropologue et philosophe d’origine algérienne (il est né en 1953 à Skikda en Algérie), il a également pratiqué la psychanalyse et enseigné dans de nombreuses universités. Essayiste et auteur de nombreux ouvrages spécialisés sur le monde arabe et l’Islam, créateur de l’expression « L’Islam des Lumières » (2004), il effectue une vaste enquête sur l’Islam européen et est connu pour ses prises de position publiques en faveur d’un Islam libéral et d’une réforme impliquant les aspects les plus positifs de la modernité politique.

Il est venu cette semaine à Bruxelles pour participer aux secondes rencontres internationales de la Fondation Boghossian et de la Villa Empain sur le thème « l’Orient et l’Occident désorientés? » L’Occident aurait perdu l’Orient. Peut-on alors considérer la création artistique comme une source valable de résistance et de nouveaux repères face à cette désorientation?

Malek Chebel y a parlé « des bonnes manières et du raffinement en Orient », un sujet qu’il connaît bien, ayant écrit de nombreux livres sur ce sujet comme sur celui de l’érotique propre à la culture arabe: « Dictionnaire amoureux de l’Islam », « Le livre des séductions » et même un « Kama-sutra arabe ». Son dernier livre est le « Dictionnaire amoureux des mille et une nuits » (Plon). Nous l’avons interrogé lors de ces rencontres.

- Pourquoi l’Islam suscite-t-il tant de passions contradictoires empêchant un débat serein?
- L’émergence de l’Islam en Europe est somme toute récente. Et l’Islam politique fonctionne selon des normes différentes de l’Europe. Ce différentiel crée des tensions. De plus, la méconnaissance que l’Europe a de l’Islam réveille les fantasmes d’un Islam qui fut jadis conquérant mais qui ne l’est plus. Alors que la sagesse voudrait qu’on utilise la raison pour analyser ça, ce sont la peur, l’angoisse et l’émotion qui obscurcissent l’esprit. Lire le reste…

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MODERNITE DE L’ISLAM

Je considère toute religion comme un saut considérable de l’humain vers le sacré, vers ce qu’il est réellement, c’est-à-dire un être divin.
L’homme est un animal religieux qui se pose les questions suivantes : d’où je viens, qui suis-je, ou vais-je ? Les poules, les lapins, les bécasses, les athées, les phoques, les communistes, les blaireaux et les gnous ne se posent pas ce genre de questions. Toute religion quelle qu’elle soit est une réponse à ces trois questions essentielles.

Désolé si cela vous déplaît, mais l’Islam est une réponse comme le sont le bouddhisme, le judaïsme, la philosophie ou votre croyance au retour de Jésus.

Concernant l’Islam, il s’agit d’une religion qui existe depuis 1500 ans. Si elle était aussi cruelle que vous le supposez, il y a belle lurette qu’elle aurait disparu. Ce qui est bon pour l’homme perdure, ce qui lui est néfaste disparaît spontanément. Voyez le nazisme, le communisme ou les religions qui sacrifiaient les jeunes filles pour faire tomber la pluie.

Ce n’est pas l’Islam qui a inventé le sacrifice humain, la loi du talion, la lapidation, mais bien le judaïsme que vous adorez tant. En fait, ces sacrifices existaient déjà chez l’homme préhistorique, le jour où il a pris conscience de son origine divine.

Tous les dimanches, les Chrétiens commémorent un sacrifice humain, celui de Jésus, lors de l’eucharistie. « Mangez et buvez, ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Il s’agit ni plus ni moins d’un acte de cannibalisme. Par l’hostie, les fidèles, dévorent l’agneau Jésus.

Une hostie est une victime immolée sur la pierre de l’autel, puis offerte au dieu. L’autel n’est rien d’autre qu’un dolmen, table de sacrifice.

On ne retrouve pas pareille imbécilité dans l’Islam. L’agneau Jésus, sacrifié, torturé et crucifié pour sauver les hommes trône dans toutes les églises, à de nombreuses intersections de routes ou au-dessus du lit des Chrétiens. N’est-ce pas cruel, imbécile et primaire de croire qu’un sacrifice puisse faire tomber la pluie ou sauver l’humanité ?

Nous sommes au 21 èmes siècle ! On ne trouve pas cela en Islam sauf le sacrifice du mouton lors de l’Aïd el Kébir qui est davantage une fête qu’un sacrifice. Dans nos abattoirs républicains, on ne fait pas mieux.

Contrairement à l’Islam qui est la religion la plus moderne, les Chrétiens sont encore polythéistes. Ils adorent les saints comme des dieux. Ils se prosternent devant la statue de plâtre de la Sainte Vierge, défilent en pèlerinage à Lisieux ou baisent les pieds d’un Jésus en plâtre…

Les Chrétiens sont des idolâtres, les bouddhistes également, mais en Islam il est interdit de réduire le divin à une statue. L’art musulman n’est pas figuratif pour éviter l’idolâtrie. Appréciez le dépouillement d’une mosquée aux décors indécents du Vatican.

Aujourd’hui non seulement les lapidations sont extrêmement rares (appliquées sur des criminelles et non pas pour une simple infidélité), mais elles sont condamnées par la majorité des Musulmans. Comparez aux 220 000 avortements pratiqués rien qu’en France… Pour les Juifs et les Musulmans c’est une horreur, pour vous c’est un droit. Si aujourd’hui on ne peut plus reprocher d’atrocités au Chrétiens, ce n’est pas parce que cette religion est meilleure, mais parce qu’elle a perdu son pouvoir.

Et puis le Pape n’est guère intelligent lorsqu’il interdit le préservatif en Afrique touchée par le SIDA.

Conclusion : les religions sont une réponse mais ne sont pas LA réponse à nos questions existentielles. Elles ont toutes de bons et de mauvais côtés (plus de mauvais que de bons.)

Laissez le temps aux humains de grandir, de s’humaniser, de découvrir qui ils sont, d’évoluer, chacun selon sa voie et sa culture. Vos croyances et vos pratiques sont les vôtres, les leurs sont les leurs. Un peu d’ouverture d’esprit s’il vous plaît ! Commencez par voir ce qui cloche chez vous. L’Islam, même si c’est la religion la plus moderne, n’est rien d’autre qu’une religion, souvent détournée par les politiques, avec des aspects cruels et d’autres plus intéressants. A terme, l’Islam mourra quand l’humanité aura ouvert les yeux.

Xavier de Izarra
xavier_de_izarra@yahoo.fr

http://izarralune.blogspot.com/

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Aperçu sur l’histoire de la philosophie islamique

Arefeh Hedjazi

La philosophie islamique commence bien évidemment avec l’islam et s’inspire notamment des enseignements coraniques. Le Coran, pourtant, n’est pas un livre philosophique. Cependant, avec le développement et l’expansion de l’islam dans des pays possédant déjà des traditions philosophiques bien ancrées, puis avec l’important mouvement de traductions et de découvertes des sagesses antiques des pays conquis, cette nouvelle foi a inspiré une philosophie nouvelle, qui étudiait les grandes questions posées par le Coran dans l’optique d’une théosophie islamique. Diverses traditions philosophiques, de la philosophie grecque aux philosophies indiennes, chinoises en passant par la philosophie antique iranienne, sont venues dès le départ enrichir la philosophie islamique naissante. D’autre part, l’islam s’est très vite divisé en multiples courants de pensées, aux tendances et aux argumentations théologiques différentes, pour que nous ne puissions guère parler aujourd’hui d’une seule et unique philosophie islamique.

Le mouvement de traductions après l’islam

Peu après la conquête musulmane, un mouvement de traduction des ouvrages scientifiques, philosophiques et littéraires des civilisations conquises ou d’autres civilisations comme la civilisation grecque commença à partir du califat omeyyade (661-750) pour atteindre son apogée durant le califat abbasside. Ce mouvement de traduction commença à la fin du VIIe siècle, continua durant tout le VIIIe siècle pour atteindre son apogée au IXe siècle. Les premières traductions comprenaient essentiellement les livres scientifiques, mais avec le développement de ce mouvement, en particulier à partir du califat de l’abbasside Abou Dja’far Mansour Davanighi, les domaines de la traduction se diversifièrent : on passa très vite de la traduction des ouvrages de sciences pratiques telles que la médecine, le calcul ou l’alchimie à la traduction des ouvrages de sciences théoriques telles que la physique, la philosophie, la métaphysique et la théologie. Parmi ces traductions, les plus lues étaient les ouvrages médicaux et philosophiques.

Ebn Nadim écrit : « Les musulmans connaissaient les philosophies présocratiques, les sophistes, les sceptiques, les stoïques et les épicuriens. Ils connaissaient également l’atomisme de Démocrite. Et ةpicure influença la théologie et le courant asharite de la même manière que la dimension matérialiste du stoïcisme influença la pensée mutazilite. »

Ces traductions eurent une grande influence sur le développement d’une philosophie islamique indépendante, et la révolution scientifique qu’elles provoquèrent fut encore plus importante que celle que connut l’Europe au Moyen Age. Ces sciences imprégnèrent toutes les dimensions du savoir islamique et le firent sortir du cadre d’une foi simple, car elles obligèrent les musulmans à redéfinir tout ce qu’ils avaient accepté par la foi et à l’appréhender intellectuellement. Cette appréhension intellectuelle du savoir par les musulmans leur permit ainsi de fonder les piliers d’un savoir moderne et original, enrichi par l’apport des civilisations antiques. Ainsi, la tradition philosophique musulmane n’est finalement ni une tradition hellénistique, ni une tradition de pensée asiatique. Elle sut trouver ses propres repères, en utilisant des enseignements islamiques enrichis par ceux des civilisations antiques pour d’abord poser des questions nouvelles et originales, puis tenter d’y répondre dans l’optique d’une philosophie propre à l’islam se différenciant nettement de la théologie.

La naissance de la philosophie islamique

La philosophie islamique s’est très tôt divisée en deux tendances principales – mais non exclusives l’une de l’autre : celle de pensée péripatéticienne [1] arabe inspirée d’Aristote, dont le dernier grand nom fut Averroès, et l’illuminisme

néoplatonicien notamment avec l’école de l’ishrâq. Cependant, très tôt, les penseurs musulmans ont commencé à accorder une grande place à l’ascèse et à la purification intérieure comme accompagnement de la pensée purement spéculative, ce qui a conduit à parler davantage de théosophie (hikma) que de pure philosophie. Beaucoup d’historiens, cantonnant cette tradition de pensée à sa dimension hellénisante, ont considéré jusqu’à il y a quelques décennies que la philosophie islamique avait pris avec Averroès. En réalité, la pensée islamique a bel et bien continué  et s’est enrichie en Iran pour s’exprimer sous la forme d’une théosophie élargissant les frontières du raisonnement philosophique, en prenant en compte la dimension imaginale et intérieure de la pensée, pour pleinement à réconcilier la raison et la prophétie (nobovvat).


Averroès répondant à ses détracteurs dans une mosquée

Cela dit, la traduction de certains dialogues de Platon et surtout des œuvres d’Aristote eut un rôle essentiel dans la constitution de la philosophie islamique notamment chez deux grands penseurs à l’origine de la philosophie islamique, c’est-à-dire Abou Youssef Ya’ghoub Al- Kindi et Abou Nasr Fârâbi.

Al-Kindi

Abou Youssef Ya’qoub Kindi (801-866), connu sous le nom de « Philosophe arabe », est considéré comme le père de la philosophie islamique. Même s’il n’a pas été capable comme Fârâbi, son successeur, de bâtir un système philosophique homogène, il est tout de même le premier à avoir théorisé de nombreuses questions auxquelles la philosophie islamique tenta de répondre après lui.

En philosophie, Al-Kindi était proche de l’école athénienne néo-platonicienne, plutôt que de l’école d’Alexandrie qu’adopta plus tard Fârâbi. Il était également influencé par les idées pythagoriciennes, mais demeura avant tout péripatéticien. Il n’en réfuta pas moins quelques points l’aristotélisme, comme la théorie de l’éternité du monde.

Il y a dans la pensée de Kindi une profonde relation entre la philosophie et la religion qu’on perçoit moins chez Fârâbi et Avicenne. Al-Kindi croyait en deux formes de connaissances : la connaissance humaine, dont la plus haute forme est la philosophie, et la connaissance divine, supérieure à celle de l’homme, en cela que la forme de savoir qu’elle implique sera toujours hors de l’atteinte de l’homme. Ainsi, il faut que les vérités qui font l’objet d’une révélation divine et qui sont intellectuellement et rationnellement hors des frontières de la connaissance humainetelles que les questions de la création du monde à partir du néant ou la résurrection physique des hommes après la mort – soient acceptées telles quelles. Pour Al-Kindi, la philosophie et la science sont donc soumises à la « révélation » (vahy).

Fârâbi

Si Al-Kindi est le premier philosophe musulman, c’est pourtant avec Abou Nasr Mohammad Fârâbi (870-950) que la philosophie islamique commence véritablement. Surnommé « Magister secundus », il fut le véritable fondateur de la philosophie hellénisante islamique. C’est dans son œuvre que de nombreuses questions et problématiques philosophiques à propos de l’existence (vojoud), l’existant nécessaire (vâjib al-vojoud), la quiddité (mâhiyat), les notions d’éternel et de temporel (qadim, hâdith), l’intellect (’aql), etc. furent systématisées pour la première fois. Important commentateur d’Aristote et de Platon, il fut lui-même un chef d’école et on considère qu’il eut la même importance dans la philosophie islamique que Plotin dans la philosophie occidentale.

Comme beaucoup de philosophes postérieurs grecs, il cherchait à réconcilier les pensées aristotéliciennes et platoniciennes en s’inspirant notamment de l’interprétation de la philosophie aristotélicienne par les commentateurs grecs postérieurs. Il s’inspirait également de la pensée d’Aristote dans le domaine de la logique, de la connaissance de l’âme, de la métaphysique et de l’éthique, même si on retrouvait de nombreux motifs platoniciens dans sa pensée et plus particulièrement dans sa métaphysique.

Fârâbi est également le premier à avoir systématisé la question du rôle de la faculté imaginative (khayâl) et de la philosophie de la prophétie (nobovvat). Acceptée telle quelle, la prophétie est nécessaire à la perfection de l’homme, mais en tant qu’elle prend place dans la faculté imaginative de l’homme, elle aide aussi à enrichir son intellect. Pour Fârâbi, la prophétie, en ce sens, n’est ni la possession de l’homme par les forces du monde de l’invisible et des êtres immatériels, ni un état mystique. Le sujet de la révélation divine est un homme parfait, ayant atteint les hautes sphères de la pensée qui sont situées au même niveau que les hautes sphères de la prophétie embrassant les mêmes réalités. La pensée de Fârâbi est une alliance originale et nouvelle de la philosophie aristotélicienne et néo-platonicienne avec une coloration islamique et en particulier, chiite duodécimaine.

Avicenne

Avicenne apparut à une époque où les bases d’une philosophie islamique avaient déjà été posées. Il est le premier philosophe musulman à avoir bâti un système philosophique cohérent qui a dominé la philosophie islamique durant des siècles, malgré les attaques de Ghazzâli ou de Fakhr-e Râzi. Cette domination tenait d’une part à l’aspect achevé du système philosophique avicennien et d’autre part, au génie et aux analyses précises et subtiles d’Avicenne concernant la pensée philosophique grecque et islamique. Il fut un brillant héritier qui non seulement intégra la pensée grecque dans l’édifice de la philosophie islamique, mais eut aussi une grande influence dans la scolastique médiévale où sa Métaphysique eut un rôle déterminant dans la pensée d’Albert le Grand ou de Thomas d’Aquin. La caractéristique essentielle de la pensée d’Avicenne réside dans la précision et la méticulosité avec lesquelles il sépare et définit les concepts. Cette caractéristique rend parfois difficile la compréhension du système avicennien, tout en donnant une grande précision à ses argumentations, mais c’est aussi sur cette base qu’Avicenne put bâtir un système de pensée aussi cohérent. Lire le reste…

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LA XÉNOPHOBIE ET LE FANATISME La course vers l’abîme

L’islamophobie n’est pas une vue de l’esprit, mais une tragique réalité qui présage de lendemains néfastes.

De nouveau, Barack Obama, à l’occasion de sa visite en Indonésie, a réitéré son respect des musulmans. Plus personne ne croit les intentions. De simples paroles ne peuvent cacher la réalité. Les faits contredisent les intentions. La déception est immense face à cette rhétorique, qui semble un voeu pieux. L’Occident a un passé antisémite. Il a fallu une guerre, l’horreur de l’Holocauste pour que la banalisation de l’antisémitisme dans la société s’estompe nettement; aujourd’hui, c’est le musulman qui est dans l’oeil du cyclone. «L’Occident face à l’Islam», tous les jours une certaine presse occidentale met de l’huile sur le feu et les actes contre les lieux de culte musulmans et les discriminations se multiplient. Les citoyens sont choqués, lassés par l’alarmisme et la dichotomie inappropriée qui exacerbent les crispations. Nous sommes en colère contre les extrêmes de tous bords. La colère est saine, nous devons alerter l’opinion internationale, car le déferlement des discours de la haine sont en train de dépasser toutes les limites. Nous assistons à la mise en pratique du mot d’ordre funeste du choc des ignorances. Ceux qui se disent développés, civilisés et modernes ne savent pas garder raison, ils bafouent le droit à la différence et le respect d’autrui. Ils alimentent le fanatisme. Xénophobie d’un côté, fanatisme de l’autre peuvent transformer notre monde en enfer.

Riposter sagement
A ce jour, les citoyens, de toutes croyances ou non-croyances ne sont pas dupes et ne tombent pas dans le piège de la confrontation et des polémiques. Mais demain, la propagande xénophobe peut créer des désastres et entraîner le monde entier dans une guerre civile totale. Dans un monde en crise morale et économique, marquée par le désespoir, alors que la société a besoin d’apaisement, ce sont surtout des «élites» médiatiques qui s’agitent et donnent la parole aux extrémistes. Quand on prétend informer et contribuer à résoudre les problèmes, il est contradictoire de les poser de manière sciemment tronquée. L’air du temps délirant perturbe, mais il nous faut informer et riposter sagement afin que la vie suive son cours et que nul ne puisse empêcher les êtres humains de se rencontrer, de partager et de s’estimer.
Des médias occidentaux donnent la parole aux extrémistes du dénigrement qui redoublent de férocité. Qu’ils cherchent, à partir de l’Islam, comme de toute autre source, de se concocter une religion hybride, pour eux seuls, un «self Islam», conforme à la logique faustienne ou à leurs fantasmes, c’est leur affaire, libre à eux. Ce n’est ni les premiers, ni les derniers individus qui folklorisent et infantilisent la pratique de la foi. Certes, ils se prévalent de l’Islam, se présentent comme «intellectuels musulmans» et en même temps ils le dénigrent de manière schizophrénique. C’est un signe de dérèglement, ne leur donnons pas d’importance. Ces «nouveaux intellectuels», dits de culture musulmane, qui se flagellent, affirment que «l’Islam est foncièrement violent», que «Dieu» s’est définitivement retiré, que l’au-delà est une fiction et le Coran un texte sacralisé archaïquement, semblent souffrir. Les plus virulents adversaires de l’Islam ne parlent pas comme eux, avec une telle désinvolture et surtout un tel masochisme. C’est une faille incommensurable. On se demande s’il faut en rire ou pleurer, ou s’il faut leur porter un quelconque regard? Il faut les ignorer et que les croyants prient pour eux. De par leur position de dénigrement, ils sont sollicités par des médias occidentaux qui, n’en croyant pas leur chance, s’accrochent à eux, les définissent comme «courageux», en vue périodiquement de sortir l’antienne de l’Occident («civilisé») face à l’Islam («barbare»).
Ces médias cultivent la religiophobie, excluent tout autre interlocuteur que les «révoltés» contre leur communauté et n’ont plus d’arguments que la répétition de mensonges insidieux, adeptes de l’idée qu’en les répétant, il en restera toujours quelque chose. Surfant sur l’exaspération face à des comportements fondamentalistes marginaux mis sur le devant de la scène, ils gomment la frontière abyssale entre Islam et extrémisme, amplifient la culture de la peur et sponsorisent ceux qui renient leur «origine», sous prétexte de «moderniser» l’Islam.

Les extrêmes se nourrissent
Pour ces «intellectuels musulmans» extrêmes, mi-consciemment, mi-inconsciemment, c’est la spirale de la surenchère: qui dira le plus du mal de l’Islam et des musulmans? Par eux, les musulmans sont sommés de se nier, sinon ils sont diabolisés. De par leur aveuglement ces «intellectuels» décrédibilisent la logique, pourtant incontournable, de la critique, de l’interprétation et de la réforme. De plus, il ne s’agit pas pour nous de remettre en cause le droit de critiquer, la religion, y compris avec virulence et de manière infondée. Nul de sensé ne peut soustraire la religion à l’examen critique, mais vouloir stigmatiser, heurter, injurier gratuitement, de manière obsessionnelle et ouvertement discriminatoire, n’est pas digne d’une société démocratique.
L’immense majorité des croyants accepte la critique sans limite, prouve le mouvement en marchant, vit avec son temps, sait ce qu’elle croit et ce qu’elle veut et refuse le dénigrement outrancièrement offensant, la stigmatisation et l’amalgame. Elle refuse tous les extrêmes. Elle sait que les extrémistes, qui rejettent la critique, instrumentalisent la religion et s’enferment dans le repli, sont une infime minorité qui apporte de l’eau au moulin d’autres extrêmes: ceux qui dénigrent de manière pathologique et contribuent à l’invention d’un nouvel ennemi. Les dérives ne sont pas d’un seul bord, les extrêmes se nourrissent. L’immense majorité des croyants sait que les extrémistes, de tous bords, ne peuvent pas tromper tout le monde tout le temps. De plus, ce qui est si grand et si haut, en l’occurrence pour les croyants leurs références fondatrices, parle de lui même et ne peut être atteint. Par la hauteur de vue et le bel-agir, le besoin de partage et le vivre-ensemble l’emporteront. En Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, partout, le cortège de violences aveugles suit l’envahisseur et l’occupant.
Ignorance et arrogance s’entremêlent. Ces abcès métastasent le monde. Les puissants de ce monde semblent ne plus rien maitriser ni leur économie, ni leur appétit insatiable de puissances, ni l’avenir. Comme un train fou, sans pilote, le système dominant est devenu sauvage et cannibale. Au coeur de sa stratégie, la haine du musulman pour faire diversion.

Rétablir la confiance
L’islamophobie, comme hier l’antisémitisme, n’est pas une vue de l’esprit, mais une tragique réalité qui présage de lendemains néfastes. Nous devons appeler à la résistance pacifique, énergique et plurivoque.
Du dedans, il nous appartient de rétablir la confiance, en réformant nos sociétés, en condamnant fermement les violences aveugles, en affichant notre solidarité avec les croyants discriminés d’autres religions. Les citoyens européens de confession musulmane doivent adapter leurs pratiques culturelles et identitaires au contexte du pays où ils vivent, en se méfiant du repli sur soi et en se tenant à distance des intégrismes. Les non-musulmans doivent reconnaître le droit à la différence, pas seulement à peine tolérer l’autre, mais rechercher le vivre-ensemble, le dialogue et refuser les amalgames. Ils doivent se souvenir que le problème est éthique, moral, l’injustice étant le principal problème. Les décideurs politiques européens doivent se garder de positions électoralistes, d’exploiter les peurs et de stigmatiser les musulmans. La xénophobie, le sentiment antimusulman, la haine et l’agressivité qui sous-tendent la terreur des puissants, scient la branche sur laquelle les sociétés développées sont assises. Les voyous sont ceux qui ruinent le vivre-ensemble et mettent le feu partout, les politiciens et les pseudo-intellectuels qui utilisent la peur pour faire diversion et s’enrichir. Ils nourrissent la haine des uns et le terrorisme des autres.
L’insécurité est le résultat d’un système qui refuse de reconnaître les causes des problèmes. Le monde dominant entraîne toute la planète vers le désastre, s’il ne se corrige pas. On se dirige tout droit vers l’abîme, si tous les hommes de bonne volonté ne s’unissent pas pour mettre fin à la xénophobie et au fanatisme, à tous les délires.

(*) Philosophe
intellectuels@yahoo.fr

Mustapha CHÉRIF (*)

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Je tiens avant tout à remercier la Junta Islamica Catalana d’avoir organisé ce colloque qui est une véritable bouffée d’oxygène dans une Europe qui se recroqueville sur elle-même, qui est agitée par des débats xénophobes et qui de plus en plus rejette l’altérité.

J’espère qu’une telle initiative pourra avoir lieu en France. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à me présenter car je pense qu’une parole doit toujours être située.

Je vis en France, je suis une fille d’immigrés algériens. Mon père était ouvrier et ma mère au foyer. Je n’interviens pas en tant que sociologue, chercheuse ou théologienne. En d’autres termes, je ne suis pas une experte. Je suis une militante et je m’exprime à partir d’une expérience militante, politique et j’ajouterais d’une expérience sensible. Je fais toutes ces précisions car je souhaite que ma démarche soit la plus honnête possible. Et en toute sincérité, je n’ai pas vraiment réfléchi à ce jour à partir du cadre problématique posé par le féminisme islamique. Alors pourquoi participer à ce colloque ? Lorsqu’on m’a invitée, j’ai clairement dit que je n’avais aucune compétence pour parler de féminisme islamique mais que je pouvais intervenir sur la notion de féminisme décolonial, une réflexion qui doit à mon sens être intégrée à celle, générale, sur le féminisme islamique. C’est pourquoi, je vous propose de poser un certain nombre de questions qui pourraient être utiles à notre réflexion collective.

- Le féminisme est-il universel ?
- Quel est le rapport entre les féminismes blancs/occidentaux et les féminismes du tiers-monde et entre autres islamiques ?
- Le féminisme est-il compatible avec l’islam ?
- Si, oui comment le légitimer et enfin quelles peuvent être ses priorités ?

Première question : le féminisme est-il universel ?

Pour moi, c’est la question des questions lorsqu’on a une démarche décoloniale et que l’on veut décoloniser le féminisme. Cette interrogation est essentielle, non pas pour sa réponse mais pour nous obliger, nous qui vivons en Occident, à prendre les précautions nécessaires lorsqu’on est confronté à des sociétés Autres. Prenons l’exemple des sociétés dites occidentales qui ont assisté à l’émergence des mouvements féministes et qui sont influencés par eux. Les femmes qui ont lutté contre le patriarcat et pour une égale dignité entre hommes et femmes ont obtenu des droits et fait progresser la condition des femmes, dont je suis, moi, une bénéficiaire. Comparons la situation de ces femmes, c’est à dire, nous, avec celles de sociétés dites « primitives » en Amazonie par exemple. Il existe encore ça et là des sociétés épargnées par l’influence occidentale. Je précise entre parenthèse que je ne considère aucune société comme primitive. Je pense qu’il y a divers espaces/temps sur notre planète, différentes temporalités, qu’aucune civilisation n’est en avance sur d’autres ou en retard, que je ne me situe pas sur l’échelle du progrès et que je ne considère pas non plus le progrès comme une fin en soi ou comme un horizon politique. Ou pour le dire autrement, je ne considère pas forcément le progrès comme du progrès mais parfois ou souvent comme une régression. Et je pense que la question décoloniale s’applique également à notre perception du temps. Je ferme la parenthèse. Pour revenir au sujet, si l’on prend le critère du simple « bien être », qui dans cette salle peut affirmer que les femmes de ces sociétés (qui ne connaissent pas le concept de féminisme tel que conçu par nous) sont plus malheureuses que les femmes européennes qui elles non seulement ont participé aux luttes mais en ont fait bénéficier leurs sociétés par leur inestimables acquis ? Je suis pour ma part, bien incapable de répondre à cette question et bienheureux sera celle ou celui qui le pourra. Mais encore une fois, la réponse n’est pas importante. C’est la question qui l’est ! Car elle nous oblige a plus d’humilité et bride nos tendances impérialistes et nos reflexes d’ingérence. Elle nous force à ne pas considérer nos normes comme universelles et à ne pas plaquer notre réalité sur celle des autres. Bref, elle nous oblige à nous situer dans notre particularité.

Cette question étant posée clairement, je me sens plus libre pour aborder la seconde question relative aux rapports entre les féminismes occidentaux et les féminismes du tiers monde. Ils sont forcément complexes mais une de leur dimension c’est la domination nord/sud. Une approche décoloniale doit remettre en question ce rapport et tenter de le renverser. Un exemple :

En 2007, des femmes appartenant au Mouvement des Indigènes de le République ont participé à la marche annuelle du 8 mars consacrée à la lutte des femmes. A cette période, la campagne étasunienne contre l’Iran avant commencé. Nous avons décidé de défiler derrière une banderole dont le mot d’ordre était « pas de féminisme sans anti-impérialisme ». Nous portions toutes des keffiehs palestiniens et diffusions un tract en solidarité avec trois femmes irakiennes, résistantes, faites prisonnières par les Américains. A l’arrivée, les organisatrices du cortège officiel ont commencé à scander des slogans de solidarité avec les femmes iraniennes. Ces mots d’ordre en pleine offensive idéologique contre l’Iran nous ont extrêmement choquées. Pourquoi les Iraniennes, les Algériennes et pas les Palestiniennes ou les Irakiennes ? Pourquoi ces choix sélectifs ? Pour contrecarrer ces slogans, nous avons de notre côté décidé d’exprimer notre solidarité non pas envers les femmes du tiers monde mais envers les femmes d’occident. C’est ainsi que nous avons crié :
- Solidarité avec les Suédoises !
- Solidarité avec les Italiennes !
- Solidarité avec les Allemandes !
- Solidarité avec les Anglaises !
- Solidarité avec les Françaises !
- Solidarité avec les Américaines !

Ce qui signifiait : pourquoi vous seules, femmes blanches, avez le privilège de la solidarité ? Vous aussi vous êtes battues, violées, vous aussi vous subissez les violences masculines, vous aussi vous êtes sous payées, méprisées, vous aussi votre corps est instrumentalisé…

Je peux vous dire qu’elles nous ont regardées comme si on était des extra terrestres. Ce qu’on disait leur paraissait surréaliste, inconcevable. C’était la 4ème dimension. Ce n’est pas tant leur rappeler leur condition de femmes en occident qui les choquait. C’était le fait que des Africaines et des Arabo-musulmanes s’autorisaient à renverser symboliquement un rapport de domination et s’érigeaient en marraines. En d’autres termes, avec cette pirouette rhétorique, on leur démontrait qu’elles avaient de fait un statut supérieur au nôtre. Devant leur air incrédule, on a bien rigolé.

Un autre exemple : Une amie me racontait à son retour d’un voyage de solidarité en Palestine comment des femmes françaises abordaient des femmes palestiniennes en leur demandant si elles utilisaient des moyens de contraception pour contrôler leurs grossesses. D’après mon amie, les palestiniennes ne comprenaient même pas qu’on puisse leur poser ce genre de questions tellement selon elles l’enjeu démographique en Palestine est important. Leur perspective est tout à fait autre. Pour beaucoup de femmes palestiniennes, faire des enfants est un acte de résistance face au nettoyage ethnique israélien.

Voilà, c’était deux exemples pour illustrer ce qu’est notre condition de femmes racialisées, comprendre les enjeux et envisager un cheminement pour combattre le féminisme colonial et européocentrique.

Dans la foulée de cette question, l’islam est-il compatible avec le féminisme ? Cette question est de la pure provocation de ma part. Je ne la supporte pas. Si je la pose c’est que je me mets dans la peau d’un journaliste français qui croit poser une question super pertinente. Pour ma part, je refuse d’y répondre par principe. D’une part parce qu’elle part d’une position arrogante. Le/la représentante d’une civilisation X somme le/la représentante d’une civilisation Y de prouver quelque chose. Y est ainsi mis sur le banc des accusés et doit fournir les preuves de sa « modernité », se justifier pour plaire à X. D’autre part parce que la réponse n’est pas simple quand on sait que le monde islamique n’est pas monolithique. Le débat peut ainsi s’éterniser jusqu’à l’infini et c’est justement ce qui se passe quand on fait l’erreur de tenter d’y répondre. Moi, j’y coupe court en posant la question suivante à X : La République française est-elle compatible avec le féminisme ? Je peux vous assurer une chose : la victoire idéologique est au bout de cette question. En France, 1 femme meurt tous les 3 jours de violences conjugales. On estime à 48 000 le nombre de viols par an. Les femmes sont sous-payées. Les retraites des femmes sont largement inférieures à celles des hommes. Le pouvoir politique, économique, symbolique reste principalement entre les mains des hommes. Certes, depuis les années 60/70, les hommes participent plus aux travaux ménagers : statistiquement, 3 minutes de plus en 30 ans !! Donc, je repose ma question : y-a-t-il compatibilité entre la république française et le féminisme ? On serait tenté de répondre non ! En fait, la réponse n’est ni oui, ni non. Ce sont les femmes françaises qui ont libéré les femmes françaises et c’est grâce à elles que la république est moins machiste qu’elle ne l’était avant. Il en va de même pour les pays arabo-musulmans, asiatiques ou africains. Ni plus, ni moins. Avec cependant un défi supplémentaire : consolider la dimension décoloniale, la critique de la modernité et de l’européocentrisme dans le combat des femmes.

Et comment légitimer le féminisme islamique ? Pour ma part, il se légitime a priori et pas a postériori. Il n’a pas à passer d’examen de féminisme. Le simple fait que des femmes musulmanes s’en emparent pour revendiquer leur droit et leur dignité suffit pour une pleine reconnaissance. Et je sais de par mon intime connaissance des femmes du Maghreb ou de l’immigration que « lafemmesoumise » n’existe pas. Elle a été inventée. Je connais des femmes dominées. Soumises, beaucoup moins !

Je voudrais terminer sur ce que doivent être selon moi les priorités du féminisme décolonial. Vous avez tous entendu parler de Amina Wadud et de son engagement dans l’élaboration d’un féminisme islamique. Elle s’est rendue célèbre le jour où elle a guidé la prière, rôle qui est d’habitude dévolu aux hommes. Dans l’absolu, hors contexte, je dirai qu’en apparence on pourrait penser qu’il s’agit d’un acte révolutionnaire. Or dans le contexte international depuis la révolution iranienne et surtout depuis le 11 septembre (islamophobie, islam sommé de faire son aggiornamento, injonction à la modernisation…), c’est un message beaucoup plus ambigu qui a été diffusé par cet acte. Répondait-il à une revendication forte, à une urgence, à une attente fondamentale des femmes de la Oumma ? Ou bien à une attente du monde blanc ? Permettez-moi de pencher pour la 2ème hypothèse. Non pas qu’il n’y ait pas de femmes pour trouver injuste le fait que seuls des hommes dirigent la prière mais parce que les priorités et les urgences des femmes sont ailleurs. Que veulent les Afghanes, les Irakiennes ou les Palestiniennes ? La paix, la fin de la guerre et de l’occupation, la reconstruction de leurs infrastructures, des cadres légaux pour assurer leur protection et leurs droits, manger et boire à leur faim, nourrir et éduquer leurs enfants dans de bonnes conditions. Que veulent les femmes musulmanes d’Europe et plus largement celles issues des immigrations et qui vivent pour la plupart dans des quartiers populaires ? Du travail, un logement, des droits qui les protègent tant contre les violences de l’Etat que contre les violences masculines. Elles exigent le respect pour leur religion, leur culture. Pourquoi toutes ces revendications sont-elles tues et pourquoi l’acte de diriger la prière a-t-il fait le tour de la planète quand christianisme et judaïsme ne se sont jamais vraiment illustrer pour leur défense intransigeante de l’égalité des sexes ? Je pense, pour en finir avec cet exemple que l’acte de Amina Wadud est tout le contraire de ce qu’il prétend être. Dans les faits et indépendamment de la volonté propre de cette théologienne, c’est pour moi un acte contre-productif. Il ne pourra prendre son caractère féministe que lorsque l’islam sera traité de manière égalitaire et lorsque la revendication de guider la prière émanera de manière réelle chez les femmes musulmanes. Il est temps de voir les musulmans et musulmanes comme ils sont et non pas comme on souhaiterait qu’ils soient.

Je conclus ici en espérant avoir tracé quelques pistes pour un véritable féminisme décolonial au service des femmes, de toutes les femmes lorsque celles-ci jugent que c’est, là, la voie de leur émancipation.

Houria Bouteldja Madrid, le 22 octobre 2010

http://www.islamenfrance.fr/

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Le Maroc accueille un colloque international sur l’Islam dans le monde moderne


Le Maroc accueille un colloque international sur l'Islam dans le monde moderne
Un Colloque international sous le thème « Islam dans le monde moderne: opportunités et défis » se déroulera, mardi et mercredi à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat.

Organisé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques et l’ambassade de Grande-Bretagne au Maroc, ce Colloque ambitionne d’examiner, du point de vue de l’Islam, les défis que doit relever le monde moderne et les questions auxquelles font face les leaders politiques, les militants de la société civile et les citoyens ordinaires dans leur vie quotidienne.

Cette rencontre, organisée en collaboration avec British Council et la Faculté des lettres et des sciences humaines, débattra de plusieurs sujets portant, entre autres, sur les enseignements à tirer des politiques visant à rendre hommage à l’héritage religieux et culturel, tout en gardant les engagements vis-à-vis des droits de l’Homme, les méthodes de traitement par les sociétés des dilemmes et des conflits résultant des changements et la répartition des rô les entre hommes et femmes.

Les participants à cette rencontre examineront également la question de l’interprétation du patrimoine religieux est son impact sur l’édification et la gestion de l’Etat islamique moderne et de l’éducation dans le monde islamique, indique lundi un communiqué du ministère des Habous et des Affaires islamiques.

Ce Colloque sera décliné en sessions dédiées à des axes principaux, dont « les Musulmans en Europe et à travers le monde », « le rô le des Musulmans européens dans le renouvellement de la civilisation islamique », « dilemmes résultant des changements et des rô les des hommes et des femmes », « le cadre de la vie publique », et « l’éducation et la science dans le monde islamique contemporain. »

http://www.atlasinfo.fr/

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ISLAM pour de vrai

Écrit par Ilyess

L’environnement terrestre est volontairement distrayant et semé d’embûches. L’homme est faible, négligent, oublieux et capricieux. L’Islam (de l’arabe abandon), par sa doctrine et ses rites, est destiné à le guider pour lui rappeler sa vraie nature, le but réel de son passage sur terre et lui donner toutes les chances de réussir son parcours.

La religion est-elle absolument nécessaire ?
Aucun chercheur n’a jamais trouvé d’explication matérielle plausible à l’émergence de la vie sur terre. Les « négationnistes » de tous poils répugnent à l’idée d’un DIEU créateur des cieux et de la terre. A l’aide d’arguments fallacieux, ils ont tenté de démontrer l’existence de l’homme par une prétendue évolution de cellules, de poissons et autres singes savants, sans pour autant s’expliquer l’origine de ces derniers et l’organisation extraordinaire des mondes dans lequel nous vivons. Evidemment, la solution de facilité, pour n’avoir aucune obligation envers le Grand Horloger qui a tout mis au point, c’est d’attribuer au hasard, à une nature intelligente ou à des êtres inférieurs, les mécanismes qui régissent l’univers et les bienfaits dont bénéficie l’humanité. Mais est-ce bien scientifique et est-ce bien honnête ?
La plupart des gens adoptent machinalement la croyance de leurs parents sans se poser de questions, s’adressant parfois à des statues de pierre tout en croyant suivre la vraie voie. Pourtant, la religion, qui a des répercussions non seulement sur la vie présente mais sur l’éternité tout entière, doit-elle être prise à la légère ou être le fruit du hasard ou d’un héritage ancestral inconsidéré ?

L’Islam et les Musulmans dans le monde
Un homme sur cinq dans le monde est Musulman et l’Islam est l’une des plus grandes religions de la planète, ne serais-ce que par le nombre de ses adeptes qui égale voire dépasse celui des nombreuses églises composant l’actuelle Chrétienté.
L’Islam n’est pas une petite secte sans importance mais une religion universelle à laquelle de nombreux occidentaux adhèrent spontanément, en connaissance de cause. En effet, contrairement à une idée largement répandue, l’Islam n’est en aucun cas réservé aux Arabes, aux Africains, aux Turcs ou aux Persans. Les Arabes ne représentent d’ailleurs que le dixième de la communauté musulmane mondiale et le plus grand pays musulman est un pays asiatique, l’Indonésie, dont la population égale quasiment celle de tous les pays arabes réunis.
Il faut toutefois faire une distinction très nette entre Islam et Musulmans, car il ne suffit pas de se déclarer Musulman ou de se considérer comme tel pour l’être véritablement et définitivement. Tout croyant cesse de l’être au moment où il commet l’adultère, consomme des boissons alcoolisées ou vole autrui, cela indique clairement que l’Islam est une qualité qui, faute d’entretien, se perd aussi facilement qu’elle s’acquiert. En bref, à chaque fois qu’un Musulman est répréhensible, cela ne remet en question que son engagement religieux et aucunement la justesse de sa religion qui reste, quoiqu’il arrive, le meilleur modèle à imiter.

Origine, but et finalité de l’existence
Les âmes ont foncièrement une tendance au bien ou au mal. Afin qu’elles prennent conscience de leurs véritables aptitudes, DIEU a élaboré un décor (l’univers), des personnages (l’ensemble de la création) et un scénario (les situations rencontrées). A la fin de son parcours, chacune d’entre elles sera mandée par son créateur pour être jugée et rétribuée en toute justice. En fonction de son bon ou de son mauvais comportement, elle recevra une récompense ou un châtiment et pourra alors s’établir pour l’éternité dans l’environnement le mieux adapté à sa personnalité.

L’Islam, vrai abandon à DIEU, et la foi
De même que l’enfant se fie à ses parents et se plie spontanément à leurs exigences pour mériter davantage leur amour, un véritable croyant s’abandonne corps et âme à son Créateur. La doctrine musulmane (la Charia), tirée de la révélation divine (le Coran) et des enseignements du Prophète Mohammed (la Sunna), organise la société et donne une signification religieuse à toutes les circonstances de la vie, tant sur le plan individuel que collectif. Bien que paraissant contraignante, elle est d’une application suffisamment souple pour convenir en toutes occasions et comporte de nombreux bienfaits spirituels et matériels. Est réellement Musulman celui qui y adhère et fait son possible pour s’y conformer de son mieux, sachant que DIEU n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Cinq piliers principaux charpentent cet ensemble homogène que constitue l’Islam : Une double attestation de foi en DIEU l’unique et en la mission de Mohammed Son dernier Envoyé, concrétisée par des pratiques rituelles assidues parmi lesquelles accomplir cinq offices de prière (Sala), précédés d’ablutions, à différents moments du jour, jeûner chaque année les journées de tout un mois (Ramadan), s’acquitter d’une taxe annuelle (Zaka) à l’intention des nécessiteux et effectuer un pèlerinage (Hajj) à la Maison de DIEU (la Ka’ba) à La Mecque. La foi islamique requiert de croire au DIEU unique, à Ses Messagers angéliques, à Ses Livres révélés, à Ses Messagers humains, au Jour Dernier (de la Résurrection et du Jugement) et à la détermination du bien et du mal par DIEU.

DIEU unique et incomparable
Les Musulmans et les Chrétiens du Moyen Orient, pour désigner le DIEU unique, le Seigneur d’Abraham, Moïse et Jésus, utilisent le nom arabe ALLAH qui ne prend ni le féminin, ni le pluriel. Attribuer des associés ou des intermédiaires à DIEU constitue une offense impardonnable à Sa Majesté et à Sa toute puissance. Pas d’icône ni de symbole représentatif, DIEU est au delà de toute illustration humaine. Il est Le Maître par excellence et Ses attributs sont les plus élevés, les plus beaux et les plus purs. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, rien ne Lui échappe dans les cieux et sur la terre. Il contrôle le passé, le présent et l’avenir et ni le temps, ni aucune de ses créatures n’ont d’emprise sur Lui.

Les Messagers angéliques
En Occident, les Anges font partie de l’imagerie populaire déformée par les représentations bibliques farfelues. Ils sont les interlocuteurs des Prophètes afin que ces derniers transmettent les recommandations divines à l’humanité, l’homme ne pouvant soutenir le « regard majestueux » de DIEU. Pour l’Islam, y ajouter foi, ainsi qu’à l’invisible, au paranormal, est aussi naturel que d’admettre l’existence des ondes acoustiques ou de l’électricité.

Les Livres révélés
Les Musulmans vénèrent les Saintes écritures des Juifs et des Chrétiens contenues dans la Bible (Ancien et Nouveau Testament) mais, du fait de leur altération, y accordent peu de crédit. Dernière et ultime révélation divine, le Coran récapitule les précédents messages, réaffirme ou rétablit la Vérité originelle et demeure à jamais le seul Livre absolument digne de foi.

Les Messagers humains
L’homme étant par nature oublieux et insouciant, DIEU a envoyé à travers les siècles des milliers d’Avertisseurs, afin que chaque peuple de la terre ait un rappel de Ses recommandations. Certains d’entre eux, bien qu’ayant vécu en Orient, ont eu une mission à portée universelle. Les Musulmans révèrent, sans faire d’exception ou de différence, tous les véritables Envoyés de DIEU lesquels sont des modèles de perfection mais restent dans tous les cas de simples mortels. Attribuer au Créateur une filiation ou une incarnation est inconsidéré et impardonnable.
Le sceau de la prophétie est Mohammed (= le loué) qu’en Occident on appelle Mahomet. On pense à tort qu’il a apporté une religion nouvelle, réservée aux seuls Arabes, alors que l’Islam est la continuation et l’actualisation de la religion originelle transmise à ses prédécesseurs, les différents Messagers, en partant d’Adam le premier homme jusqu’à Jésus, en passant par Noé, Enoch, Abraham, Isaac, Ismaël, Jacob, Joseph, Moïse, David, Salomon, Job, Jonas, Zacharie, Jean-Baptiste, pour ne citer que les plus célèbres. Que la paix et le salut de DIEU soient sur chacun d’entre eux !

Les miracles, la science et le Coran

La naissance de Jésus à partir d’une vierge (Marie) sans qu’un homme l’ait approchée est miraculeuse, mais celle d’Adam, qui n’eût ni père ni mère, l’est sans nul doute encore plus. Moïse et Jésus, entre autres, sont réputés grands faiseurs de miracles dont la Bible et le Coran se font l’écho. Bien que Mohammed ait suivi leur exemple, pour l’Islam, religion immuable de l’évidence et de la certitude, le plus grand miracle est la révélation coranique. L’intelligence, à condition qu’elle soit saine, conduit forcément à DIEU et les sciences profanes doivent naturellement confirmer la science religieuse. De nombreux spécialistes, scientifiques, médecins, orientalistes, historiens, après avoir mis en évidence les monumentales erreurs contenues dans les autres révélations, ont confirmé l’authenticité des énoncés techniques du Coran et attesté de son caractère miraculeux. Contrairement aux autres religions, qui ont toutes souffert de la confrontation de leurs Ecritures  avec la science, l’Islam en est sorti grandi. Lire le reste…

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L’islam demande le cœur

ALINE JACCOTTET  

RELIGIONGuide spirituel de la voie soufie alâwiyya, un des courants mystiques de l’islam, le cheikh Khaled Bentounes était l’invité, hier, de Guy Mettan, au Club suisse de la presse.

Le sheikh Khaled Bentounes était invité par le Club Suisse de la presse. LDD

Ouverture, dialogue, spiritualité: le Club suisse de la presse accueillait hier un de ces hommes dont la présence chaleureuse suffit à offrir une bouffée d’air frais à un débat sur l’islam gangrené par le communautarisme, les préjugés et l’incompréhension. Car Khaled Bentounes, Algérien d’origine et membre fondateur du Culte musulman de France, passe sa vie à prêcher la fraternité, «chemin vers Dieu», et à tenter de réunir les gens, même ceux qui ne peuvent plus se voir en peinture. Rencontre avec un sage, un vrai.

La communauté musulmane connaît actuellement de nombreuses difficultés. Sont-elles dues à nos préjugés ou à l’attitude des musulmans européens?
La responsabilité est partagée! Les musulmans doivent abandonner le communautarisme pour devenir des citoyens à part entière, et non à part, des pays dans lesquels ils vivent. Qu’ils pratiquent leur religion, mais avec sagesse, sans brusquer personne! D’un autre côté, les Européens doivent comprendre que la présence des musulmans est une réalité avec laquelle il faut avancer. Et que les musulmans ont énormément à leur apporter! Malgré les réticences des uns et des autres, l’humanité est en train de changer radicalement par le métissage. Le monde devient un grand village. Et nous devons reconnaître qu’au-delà de nos différences, certaines choses nous unissent, comme la présence de Dieu en chaque être humain.

Le voile intégral, entre autres, crée une immense polémique…
Il faut le savoir une bonne fois pour toutes: ce n’est pas la religion mais les coutumes qui poussent les femmes à le porter. Il n’y a aucune injonction à ce sujet dans le Coran. Ainsi, nous devons tous – les musulmans aussi – réviser notre compréhension de l’islam, et de ceux qui le pratiquent. Par exemple, on ne parle que des musulmans arabes ou maghrébins, mais on oublie que la majorité des fidèles sont d’origine asiatique! (ndlr: l’islam compte 1,8 milliards d’adeptes, dont 20% seulement dans les pays arabes.). Et puis, tout le monde a le rigorisme saoudien en tête, mais ce n’est qu’une manière de pratiquer l’islam parmi des centaines d’autres! La réalité du monde musulman est mille fois plus riche et complexe que ce qu’on imagine en Europe.

Dans cette réalité, il y a le soufisme. Pouvez-vous en donner une définition?
Le soufisme est le cœur spirituel de l’islam. Nous, soufis, essayons de le pratiquer en suivant non seulement la loi (chari’a) mais par la foi, en suivant la certitude de notre cœur, qui nous dit que Dieu est Un. Nous exprimons tout cela par la fraternité dans la relation à l’autre, à la Création et à Dieu, en essayant d’éveiller pleinement notre conscience à cette réalité.

Au cœur de tout cela, il y a la foi. Comment la définiriez-vous?
C’est la lumière de l’intériorité, qui nous ramène tous à un état originel non distinct de Dieu. La croyance, elle, est différente: elle nous vient de notre culture, de l’héritage donné par nos parents, c’est une notion sociale. Mais la foi vient dans la solitude de la rencontre à Dieu. C’est une quête intime. Et dans cette quête, l’islam demande le cœur.
Vous êtes devenu sheikh à 25 ans seulement et conseillez une communauté qui compte des milliers de personnes.

Comment gérez-vous ces responsabilités?
Je fais confiance à l’Esprit divin qui m’accompagne, je le sais, partout où je vais et quoi que je fasse.

Dans vos engagements, il y a celui du dialogue interreligieux, miné par l’éternel conflit israélo-palestinien. Comment gérez-vous cet écueil?
Je ne vais pas nier que soixante ans de conflit, ça pèse, d’autant plus que le problème empire. Mais j’essaye de mettre mon sentimentalisme et mes opinions personnelles de côté. Parce que dialoguer, c’est faire un chemin ensemble. Alors, quelles que soient les difficultés, les vraies intentions de notre cœur doivent être celles d’une paix partagée. Sinon, elle n’adviendra jamais.

Ce point de vue doit vous valoir des ennemis…
On ne peut pas plaire à tout le monde… surtout pas aux idéologues (sourire).

Comment voyez-vous l’avenir des musulmans en Europe?
Je suis pessimiste. En continuant à propager la peur, nous allons enfermer nos enfants dans une identité meurtrière, faite de haine et de préjugés dégradants. Voyez: les jeunes ne savent même plus, et c’est grave, que le monde actuel a été façonné entre autres par de brillants échanges entre chrétiens, juifs et musulmans en Espagne, il y a quelques siècles de cela. Oublier ce pan de l’histoire, c’est zapper ce qui fait notre humanité, notre identité communes.

Tout le monde surfe, et c’est une honte, sur la vague de la peur et de l’ignorance. Quant à moi, je ne cesserai jamais de demander: que faites-vous de la sagesse? Que faites-vous de la fraternité?
http://www.lenouvelliste.ch/

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