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	<title>Halal Magazine &#187; Philosophiques</title>
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		<title>Printemps arabe : L&#8217;avènement de la démocratie-islamique, expliqué par Olivier Roy</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 19:46:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Olivier Roy était vendredi matin l&#8217;invité des Matins de France Culture. Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d&#8217;analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Olivier Roy était vendredi matin l&#8217;invité des Matins de <em>France Culture.</em></strong></p>
<p><a href="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2012/01/Olivier-Roy.jpg" rel="lightbox[5193]" title="Olivier Roy"><img class="alignleft size-full wp-image-5194" title="Olivier Roy" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2012/01/Olivier-Roy.jpg" alt="" width="259" height="195" /></a>Un an après le début du Printemps arabe, ce chercheur incomparable dans le paysage intellectuel français, à la fois philosophe et politologue, a répondu à la question du moment. En alliant, comme toujours, une grande profondeur d&#8217;analyse, un esprit critique très affûté, un solide bon sens, et une remarquable simplicité d&#8217;expression.</p>
<p>L&#8217;heure des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte, aurait sonné?</p>
<p>Oui, mais islamistes ils ne sont plus. <strong>&laquo;&nbsp;Ce sont des post-islamistes&nbsp;&raquo;,</strong> répond Olivier Roy. Même à reculons, ils sont entrés dans le système de la constitution, des élections, des coalitions.</p>
<p>Il dresse le parallèle avec l&#8217;abandon du marxisme par les socialistes en France: les socialistes n&#8217;avaient pas le choix parce que l&#8217;idéologie ne marche pas.</p>
<p>Il dresse aussi le parallèle avec le cheminement des démocrates-chrétiens en Europe :</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Les partis islamistes sont devenus des partis conservateurs de droite, qui s&#8217;appuient sur la défense de valeurs telles quel a famille, la pudeur, etc. plutôt que sur la volonté d&#8217;établir la charia.(&#8230;)  Valeurs que défend la droite religieuse américaine, que défend le parti AK (du Premier ministre Erdogan) en Turquie, que défend le Vatican(&#8230;) Ils sont démocrates et ils ont des valeurs conservatrices-religieuses. C&#8217;est comme cela  que la démocratie chrétienne est rentrée dans le paysage politique en Europe il y a moins d&#8217;un siècle.&nbsp;&raquo;<span id="more-5193"></span></strong></p>
<p>Bref, ils ne seraient pas très éloignés de Christine Boutin.<strong><br />
</strong></p>
<p>Pour Olivier Roy, on lit très mal les événements au sud de la Méditerranée, particulièrement en France, lieu d&#8217;un débat très vif et chargé d&#8217;a prioris sur l&#8217;islam et notre modèle laïc :<strong><br />
</strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;On ne veut pas que le printemps arabe réussisse parce qu&#8217;il réussit, ça veut dire que l&#8217;islam est compatible avec la démocratie, avec l&#8217;Occident, etc.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Ses propos sont évidemment beaucoup plus subtils et nuancés que ces deux phrases de résumés. Aussi, je ne peux que vous inciter à l&#8217;écouter<strong>&#8230;</strong></p>
<p>http://globservateur.blogs.ouest-france.fr/</p>
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		<title>&#171;&#160;L&#8217;islam a besoin d&#8217;une pensée subversive&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Jan 2012 13:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir Des manifestants prient face à un char de l&#8217;armée égyptienne, sur la place Tharir, au Caire, en février dernier.REUTERS/Yannis Behrakis La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l&#8217;émission Islam [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir</p>
<div><img src="http://static.lexpress.fr/medias/1656/848056_anti-government-protesters-pray-next-to-tanks-during-friday-prayers-at-tahrir-square-in-cairo.jpg" alt="&quot;L'islam a besoin d'une pensée subversive&quot;" /></div>
<div>Des manifestants prient face à un char de l&#8217;armée égyptienne, sur la place Tharir, au Caire, en février dernier.REUTERS/Yannis Behrakis</p>
<p>La religion du Prophète est-elle un frein à la modernisation des pays arabes? Antoine Sfeir, journaliste et écrivain, débat avec Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences, animateur de l&#8217;émission Islam sur France 2. L&#8217;un est chrétien, l&#8217;autre musulman, et ils se rejoignent.</p>
<div>
<p><strong>Antoine Sfeir:</strong> Un frein? Oui et non. La modernité a été accélérée à certaines époques et ralentie à d&#8217;autres. Ainsi, il faut rappeler que la naissance de l&#8217;islam a conduit à une véritable révolution. Sur le statut de l&#8217;épouse, par exemple: la femme faisait partie de l&#8217;héritage et, tout à coup, elle devenait héritière. N&#8217;oublions pas, non plus, la dynastie des Omeyyades et la fondation d&#8217;un véritable Etat, avec l&#8217;instauration d&#8217;une monnaie, de papiers d&#8217;identité. Cette modernité va s&#8217;étendre jusqu&#8217;à l&#8217;Andalousie; on y distribuera des terres, les catholiques et les juifs y seront protégés, et cela durera jusqu&#8217;en 1492 et la Reconquista.</p>
<p>A l&#8217;inverse, au XIe siècle, un calife qui affronte des révoltes sociales et religieuses va fermer les portes de l&#8217;interprétation du Coran (ijtihad). Il va décider de retenir seulement quatre écoles et d&#8217;éliminer toutes les autres, y compris celles qui prêchaient la raison. C&#8217;est le début du repli.</p>
<p><strong>Ghaleb Bencheikh:</strong> Autant l&#8217;islam a été un moteur pour la modernité, par exemple, s&#8217;adonner à la science était motivé par des raisons religieuses -il fallait effectuer des calculs de trigonométrie pour observer les croissants lunaires ou encore pour déterminer géographiquement l&#8217;emplacement de La Mecque afin de mener les prières-, autant une forme de régression s&#8217;est installée au fil des siècles. Je ne crois pas que l&#8217;on puisse faire remonter le début de cette stagnation à une date précise. Il y a eu, plutôt, des facteurs convergents. Ils sont d&#8217;abord militaires, avec, entre autres, la bataille de Lépante, en 1571, qui marque la fin de la puissante thalassocratie ottomane après sa défaite contre la flotte chrétienne.</p>
<p>Le deuxième facteur est économique. Il est dû à la découverte du Nouveau Monde et de la circumnavigation qui a conduit à un moindre usage de la route de la Soie, ce qui a appauvri les villes situées sur cet itinéraire commercial. Du coup, les taxes ont augmenté, des troubles ont éclaté et l&#8217;empire s&#8217;est délité.</p>
<p>Enfin, il ne faut pas oublier le facteur culturel. L&#8217;invention de Gutenberg, repoussée par des sultans qui avaient choisi de privilégier leurs calligraphes face à l&#8217;imprimerie, a modifié le rapport de production des textes et des livres. Il était de 1 à 10 en faveur de l&#8217;empire islamique; il est passé de 1 contre 100 pour l&#8217;Occident en l&#8217;espace de quelques décennies.</p>
<p><strong>A. S.:</strong> Le refus de l&#8217;imprimerie va, d&#8217;ailleurs, avoir des conséquences énormes. Pour rattraper le retard, le califat va imprimer et diffuser des ouvrages qui n&#8217;avaient pas été rédigés par des véritables savants, et cela aura des répercussions importantes sur la qualité du savoir dispensé.</p>
<div><img src="http://static.lexpress.fr/medias/1656/848071_d-bat-sfeir-ben-cheik.jpg" alt="Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine Sfeir" width="400" height="200" />Débat Sfeir-Ben Cheikh Antoine SfeirJPGuilloteau/L&#8217;Express</p>
</div>
<p><strong>G. B.:</strong> C&#8217;est exact. Et, se rendant compte de la &laquo;&nbsp;bourde&nbsp;&raquo;, on s&#8217;est mis à diffuser tout et n&#8217;importe quoi, sans précaution. De plus, des ouvrages majeurs qui nécessitent l&#8217;intervention de maîtres pour leur interprétation n&#8217;ont pas été compris. Du coup, une lecture chaotique et anarchique s&#8217;est souvent imposée.</p>
<p><strong>A. S.: </strong>Plus tard, quand la colonisation s&#8217;est produite, elle a été accompagnée par des orientalistes français plutôt proches intellectuellement de ce qui allait devenir la laïcité en France. Des élites ont alors été formées; d&#8217;Alger à Beyrouth, de Damas au Caire. Du coup, ceux qui arracheront l&#8217;indépendance à l&#8217;empire ottoman sont des gens qui, en islam, auront séparé la religion et la foi. On va assister à la création de la citoyenneté. C&#8217;est un moment de grâce, de modernité. Les femmes arabes vont ainsi voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu&#8217;en 1945.</p>
<div>
<div>
<p>Les femmes arabes vont voter dès 1920, alors que les femmes françaises devront attendre jusqu&#8217;en 1945</p>
</div>
</div>
<p>Mais, quand, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde arabe est traversé par deux courants d&#8217;opinion -l&#8217;&nbsp;&raquo;umma arabiya&nbsp;&raquo;, portée par un républicain, Nasser, et l&#8217;&nbsp;&raquo;umma islamiya&nbsp;&raquo;-, l&#8217;Occident, les Français et les Britanniques vont préférer s&#8217;allier avec ceux qui ont une lecture rétrograde du Coran.</p>
<p><strong>G. B.:</strong> Je crois, pour ma part, que la colonisation, qui est une abomination, a entraîné une profonde léthargie de la pensée. N&#8217;oublions pas, à titre d&#8217;exemple, que l&#8217;autorité coloniale avait distribué des torches électriques aux marabouts; des lampes qu&#8217;ils actionnaient sous le burnous pour faire croire que la lumière divine se manifestait au peuple crédule, qui se prosternait&#8230;</p>
<p>Pourtant, il y a eu quelques prises de conscience, notamment chez les ulémas algériens. Certains d&#8217;entre eux avaient perçu que la séparation des deux ordres était une marque de progrès, qu&#8217;elle offrait l&#8217;opportunité de sortir du conservatisme, de cesser de considérer la religion comme l&#8217;unique référent identitaire. Rappelons qu&#8217;Abd el-Hamid Ben Badis, président de l&#8217;Association des ulémas algériens, était à la tête des requérants pour que la loi de 1905 fût appliquée en Algérie. Et, paradoxalement, l&#8217;opposition est venue des gouvernements successifs de la République française. Dès l&#8217;abolition du califat, en 1923-1924, certains penseurs arabes et musulmans avaient compris que la séparation des ordres était un progrès essentiel, salutaire.</p>
<p>Mais deux problèmes majeurs étaient apparus. Le premier était d&#8217;ordre sémantique: la laïcité n&#8217;avait pas de traduction dans les langues véhiculaires de la pensée islamique, alors on a essayé de rendre la notion par des barbarismes de type &laquo;&nbsp;scientisme&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;mondité&nbsp;&raquo;. Le second obstacle a été l&#8217;influence des Frères musulmans, en liaison avec le jeu malsain de Fuad Ier, le roi d&#8217;Egypte. Ce dernier a proposé aux Frères musulmans de l&#8217;introniser calife à la place du calife et est allé sciemment à l&#8217;encontre de la modernité que son pays portait alors.</p>
<div>
<h3>&laquo;&nbsp;Ouvrir la porte&nbsp;&raquo;<br />
par Henri Boulas, directeur du Centre culturel jésuite d&#8217;Alexandrie</h3>
<p>&laquo;&nbsp;On assiste aujourd&#8217;hui à une brusque irruption de la modernité. Le xixe siècle a déjà connu un mouvement de ce type, mais il a été interrompu par un effet boomerang, avec la réaction d&#8217;Hassan el-Banna [fondateur des Frères musulmans]. Devant l&#8217;incapacité des différents acteurs à moderniser l&#8217;islam, on a dès lors cherché à islamiser la modernité. Or la notion de modernité est cruciale, pour l&#8217;islam comme pour le christianisme: comment l&#8217;absorber sans se dénaturer?</p>
<p>L&#8217;islam a commencé comme mystique, il a fini comme système en s&#8217;accrochant aux versets médinois. Seules trois décisions peuvent y remédier. D&#8217;abord trancher entre un Coran créé ou incréé (donc figé); ensuite, il y a tant de versets qui abrogent d&#8217;autres versets contradictoires -les médinois abrogent ainsi les mecquois- qu&#8217;il faudrait trancher et revenir aux origines mêmes de l&#8217;islam; enfin, la suspension de la réflexion critique -selon la célèbre formule: &laquo;&nbsp;La porte de l&#8217;islam est fermée&nbsp;&raquo;- doit être remise en cause. De quel droit ferme-t-on encore une telle porte?</p>
</div>
<p><strong>A. S.:</strong> Reste que la modernité de l&#8217;islam existe, mais on n&#8217;en parle peu, comme on parle peu des trains qui arrivent à l&#8217;heure. Savez-vous qu&#8217;une femme, la &laquo;&nbsp;Dame des lumières&nbsp;&raquo;, dirige depuis Istanbul de 8 à 10 millions de croyants. Savez-vous que les Scouts musulmans de France, qui sont rattachés à la fédération des scouts et des éclaireurs, sont devenus la bête noire des islamistes dans les banlieues?</p>
<p><strong>G. B.:</strong> Nous avons, dans l&#8217;histoire de la civilisation islamique, de quoi fonder un véritable humanisme. Pour faire émerger une nouvelle raison, comme le dit si bien Mohammed Arkoun, il nous faut faire preuve d&#8217;une pensée subversive, développer une investigation dévastatrice du patrimoine théologique, qui n&#8217;est qu&#8217;un amoncellement de commentaires sur le commentaire et qu&#8217;on a sacralisé à travers le temps. Cela conduirait à l&#8217;ouverture d&#8217;une nouvelle ère. Le printemps arabe renforce ce bourgeonnement possible. Mais les mots d&#8217;ordre des manifestants: dignité, liberté, démocratie, justice sociale ne doivent pas être détournés. Les jeunes citoyens doivent être vigilants, faire preuve de discernement pour ne pas se faire confisquer leur mouvement&#8230;</p>
<p>http://www.lexpress.fr/</p>
</div>
</div>
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		<title>Sous le signe d&#8217;Ibn Rochd  Le consensus politique comme moyen de régulation des antagonismes sociaux</title>
		<link>http://www.halalmagazine.com/2011/08/29/sous-le-signe-dibn-rochd-le-consensus-politique-comme-moyen-de-regulation-des-antagonismes-sociaux/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Aug 2011 18:36:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ibn Rochd est le produit et le précurseur d’une Méditerranée possible, métissée, baignant dans l’histoire mais nullement prisonnière de dogmes. Sans nostalgie aucune, &#171;&#160;Sous le signe d’Ibn Rochd&#160;&#187; invite au débat, à la créativité et à l’échange. Retour sur un des ateliers reliant la justice et la cité. Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<h2>Ibn Rochd est le produit et le précurseur d’une Méditerranée possible, métissée, baignant dans l’histoire mais nullement prisonnière de dogmes. Sans nostalgie aucune, &laquo;&nbsp;Sous le signe d’Ibn Rochd&nbsp;&raquo; invite au débat, à la créativité et à l’échange. Retour sur un des ateliers reliant la justice et la cité.</h2>
</div>
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<div><img src="http://www.aufaitmaroc.com/pictures/0016/3943/IbnRochd_2_13052010143515_medium.jpg?1294835822" alt="Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l'artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR" /></p>
<h6 style="text-align: left;">Ibn Rochd, détail du Triomphe de Saint-Thomas de l&#8217;artiste florentin Andrea Bonaiuto./DR</h6>
</div>
<div><img src="http://www.aufaitmaroc.com/pictures/0016/3947/IMG_2331_13052010160928_medium.jpg?1294835817" alt=" Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar" /></p>
<h6>Mohamed Nachi, Khaled Al Khamissi, Driss Ksikes et Abdelhay Moudden./ Hicham Zemmar<br />
<span class="Apple-style-span" style="font-size: 13px; font-weight: normal;">Capitalisant sur le succès que la première édition avait rencontré l’année dernière, “Sous le signe d’Ibn Rochd” (Averroès), les organisateurs de cette manifestation récidivent avec une deuxième édition toujours sur le sillage de cette même figure emblématique de la pensée arabe.</span></h6>
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<div>
<p>Pour nous sortir d&#8217;une torpeur intellectuelle confortable, des ateliers animés par de prestigieuses personnalités du monde de la culture nous invitent à la réflexion et au débat autour de thématiques aussi riches que variées: “penser la cité”, “penser la justice”, “penser le beau”… C&#8217;était compter sans l’élément perturbateur du nuage de cendres volcaniques qui s&#8217;est invité de façon impromptue jusque dans cette manifestation pour en chambouler la programmation.</p>
<p>Ce seront donc M. Mohamed Nachi, Professeur de sociologie à l’Institut des sciences humaines et sociales de Liège et M. Michel Péraldi, Directeur du Centre Jacques Berque, qui prendront le relais pour animer conjointement l’atelier du mercredi 12 courant, à la place de M. Michel Guérin.<span id="more-4864"></span></p>
<p>La Justice et la Cité</p>
<p>Et eux nous proposent d’emblée d’élargir la question de la justice en la reliant à la Cité. Un gouvernement peut-il être juste quand il édicte des lois qui ne répondent pas toujours aux attentes des citoyens? Qu’est-ce que la cité? D’abord en tant qu’espace géographique ou comme ordre politique.</p>
<p>Un tantinet provocateur, pour, dit-il “pimenter le débat”,  M. Péraldi fera appel au très controversé penseur allemand Carl Smitt pour définir la cité “comme une forme politique et scénographique de l’être ensemble”: sa façon à lui de pointer du doigt ce qui doit ou non relever du politique.</p>
<p>Une vision complètement inversée puisque l’on passe de la cité pour aborder la politique: qu’est-ce que la politique sinon une sorte d’ajustement progressif, une manière de transformer un problème entre des amis et des ennemis et d&#8217;organiser la vie autour de ces acteurs?</p>
<p>Et aujourd’hui, ces jeux de construction sociale entre amis et ennemis marchent très fort, nous fait-il remarquer, faisant référence à ce qui prévaut en France: pour endiguer la méfiance à l’égard de ses amis, on préfère servir ses ennemis pour les domestiquer.</p>
<p>Il n’en fallait pas plus pour que l’auditoire saisisse la balle au bond!</p>
<p>Si au départ les animateurs ont tenté d’aborder de manière scientifique la question de “La Cité” à travers ses différents prismes, politique, économique, social et culturel, c’est un peu “sous influence”, qu’ils ont été amenés à focaliser leurs interventions sur la gestion politique de la cité dans un contexte conflictuel. Car, comme il fallait s’y attendre, le débat politique qui secoue la France sur la question de l’identité nationale et le port de la burqa, a fini par s’imposer tout naturellement à nos animateurs, qui voyaient bien que l’auditoire les ramenait avec insistance sur ce terrain.</p>
<p>Si la politique c’est l’art de faire des compromis pour arriver à un consensus, il n’en demeure pas moins que la démocratie a besoin de procédures et de règles formelles. Une construction a priori puisque les valeurs et les référentiels sont définis au préalable (exemple de la laïcité pour la République).</p>
<p>L’idée de procédures est alors essentielle, reste que c’est une vision formaliste par rapport à la notion de processus qui lui relève du social.</p>
<p>Comment expliquer que des individus différents décident d’agir en commun pour coordonner ensemble le processus politique?</p>
<p>Le compromis comme moyen de régulation des tensions sociales</p>
<p>Le compromis est un processus, une forme concrète de régulation pour arriver à un accord et à un vivre ensemble. Mais si les compromis existent aussi bien dans la vie sociale que dans la vie publique, comment donc se forment-ils? Il n’existe malheureusement pas de règles permettant d’appréhender comment fonctionnent les compromis historiques et politiques.</p>
<p>Le compromis comme une volonté du vivre ensemble</p>
<p>Quand les groupes sociaux ne partagent pas les mêmes référentiels, il en résulte des conflits et des tensions qui ne peuvent être dissipés et pacifiés que si les uns et les autres acceptent de faire des concessions réciproques.</p>
<p>D’où la nécessité d’impliquer l’ensemble des groupes antagonistes dans la recherche de solutions. Il suffit pourtant que ces groupes soient mus par une volonté de vivre ensemble, une vision commune de l’avenir, pour qu’émerge le compromis. D&#8217;où la nécessité également qu’un tel accord émerge des controverses qui opposent les gens.</p>
<p>Mais le compromis politique n’est jamais définitif comme il n’est jamais équilibré du fait qu’il procède d’une vision éthique de l’idée du bien commun.</p>
<p>Et là, il y a nécessité de distinguer entre éthique de conviction -qui relève du champ des croyances et du religieux- et éthique de responsabilité, mais comme ces deux éthiques ne sont jamais étanches, il y a donc possibilité de composer.</p>
<p>Aux questions: les rapports de force doivent-ils être équilibrés ? Peut-il y avoir compromis en présence d’une quelconque autorité ? Les rapports de force peuvent-ils compromettre le compromis ? Et jusqu’où peut-on aller dans la recherche d’un compromis? Peut-on réussir un compromis quand les groupes sociaux ont des référentiels différents?&#8230;, les animateurs ont voulu conclure ce riche débat sur une note positive en disant que dans tout compromis, il y a toujours, de part et d&#8217;autre, quelque chose à perdre et à gagner. Celui-ci peut cependant apporter une vision plus fructueuse des antagonismes si  ceux-ci font partie du lien social, du besoin de vivre ensemble qui peut-être une solution au compromis.</p>
<p>“L’Homme n’est-il pas un animal social par nature”? se demandait déjà Ibn Rochd.</p>
</div>
<div>
<p>Farida Ouazzani</p>
<p>http://www.aufaitmaroc.com</p>
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		<title>Un penseur universel: Ibn Rochd la raison</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Aug 2011 14:26:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Mustapha Cherif Le monde en voie de développement, plus que jamais, a besoin de raison, de science, d’objectivité, pour progresser et faire face aux difficultés. Un immense penseur du XIIe siècle, Ibn Rochd-Averroès, qui a vécu en Andalousie à Cordoue, est considéré comme le symbole de la pensée rationnelle dans l’histoire de la civilisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Mustapha Cherif</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-4861" title="IbnRochd" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2011/08/IbnRochd.jpg" alt="" width="500" height="390" />Le monde en voie de développement, plus que jamais, a besoin de raison, de science, d’objectivité, pour progresser et faire face aux difficultés. Un immense penseur du XIIe siècle, Ibn Rochd-Averroès, qui a vécu en Andalousie à Cordoue, est considéré comme le symbole de la pensée rationnelle dans l’histoire de la civilisation musulmane. Il faut dire que le chemin emprunté par Ibn Rochd pour traiter de la question de la raison est singulièrement original. Il fut un des meilleurs avocats de la raison et a éclairé le monde par ses travaux. Le philosophe a traité du thème du rapport entre le savoir et l’éthique, entre morale et société, entre raison et sentiment. Cette approche est centrale.</p>
<p>Rien n’est donné d’avance</p>
<p>Le débat entre philosophie et subjectivité, spécificité et universalité, fait jaillir la question de la validité de la vérité universelle et celle de l’autonomie de la raison. Cette autonomie de la raison se réalise, pour Averroès, du fait de la nécessité de saisir objectivement les problèmes du monde. Abderrahmane Badawi, un des historiens de la vie et de l’œuvre Ibn Rochd-Averroès, précise que, pour étudier la question de la Cité juste chez notre philosophe, nous avons son commentaire de La République de Platon et celui de la Rhétorique d’Aristote. L’ouverture, pour Ibn Rochd, se réalise par le fait d’interpréter, d’une manière inconditionnellement rationnelle, une réalité où rien n’est donné d’avance.<span id="more-4860"></span></p>
<p>Il ne s’agit pas de vouloir accorder pour accorder, ni de figer, mais de saisir et de maîtriser la tension entre les différentes dimensions du vivre ensemble où l’autre doit avoir une place éminente, sans qu’on en devienne pour autant l’otage. Cela suppose qu’il soit reconnu que la raison doit pouvoir s’exercer d’une manière inconditionnelle. Penser vrai se fonde sur cette inconditionnalité de la raison, même si l’éclairage du cœur, de l’intuition, a aussi pour but de participer de façon décisive à l’éclosion de l’être libre. De même, obéir à la loi morale universelle, aux principes des devoirs, c’est s’inscrire dans la liberté responsable. Il n’y a pas de liberté sans loi.</p>
<p>La relation sociale dans la Cité a retenu l’attention d’Ibn Rochd d’une manière singulière. Il voulu monter qu’il faut rationaliser les relations sociales. Il a précisé l’importance du lien entre l’individu et la société, le lien social: «L’homme a besoin de l’autre pour acquérir la vertu.» Pour Averroès, l’homme n’a pas la possibilité de percevoir directement la logique, il doit raisonner et s’ouvrir par l’intellect pour être d’abord en accord avec lui. Pour asseoir sa théorie, Averroès se servit de nombreux exemples relatifs au besoin de débat et de dialogue. Pour que l’être humain puisse saisir et voir en signes le sens de la vie, et qu’il puisse apprendre à vivre, il lui reste l’ouverture sur ce qui est. L’intellect passif et la fermeture sont, au contraire, nuisibles; ils constituent des obstacles à la réalisation de la vie.</p>
<p>Ibn Rochd démontre la nécessité du dialogue entre les individus, les peuples et les cultures, par-delà toutes les différences, avec, comme dénominateur commun, la raison, celle-ci devant être à la fois inconditionnelle et éclairée. Il recommande le raisonnement, en respectant le droit à la différence. L’originalité réside dans le fait que la raison fonde l’autonomie et la responsabilité. Elle oriente l’être humain en vue de l’amener à assumer ses responsabilités, de réaliser la justice. Elle permet d’assumer les changements, les transformations et les bouleversements produits par la marche du temps. Elle permet enfin d’accéder, autant que faire se peut, au sens plénier de la vie.</p>
<p>Cultiver le lien social</p>
<p>La nécessité de la culture du lien social, du civisme, est d’une importance capitale quand il s’agit de maîtriser et de dépasser les difficultés du vivre ensemble. Aux yeux d&#8217; Ibn Rochd -Averroès, la raison est l’outil privilégié de cette réalisation, en tant qu’elle précède et détermine la communauté humaine. Avant toutes les déterminations temporelles ou subjectives, le raisonnement est le lien entre les singularités: je me dois de raisonner. Averroès sait que la raison distingue, mais n’oppose pas le subjectif à l’objectif, le sacré au profane, d’autant que le champ du sacré se limite à quelques lieux et symboles. Le but du penseur est de parvenir à une culture universelle de la raison qui habite toute adresse au monde. Cela fait signe à ce que nous appelons aujourd’hui la rationalité universelle.</p>
<p>Ibn Rochd a pensé la dimension du lien, de la jonction dont il décèle les potentialités. Dans sa vision de la société on constate une exigence d’ouverture sur l’autre, sur la base de la raison quand il s’agit de dépasser les tensions. Selon Ibn Rochd, la raison permet le recul, la distance et la nécessité de penser, mais encore il y voit un élément central dans le dessein de bâtir une société équilibrée. L’injonction que souligne Ibn Rochd, c’est celle de donner une réponse sans conditions préalables, qui ne soit soumise ni à quelque influence ni à quelque obligation de limite. La raison est cette réponse objective, nous dit le philosophe. Il faut répondre à soi-même, répondre au monde, répondre à l’autre. Quoi que nous disions, quoi que nous fassions, nous répondons au monde et nous répondons du monde: telle est notre responsabilité. Rien ne doit donc théoriquement conditionner notre attitude en face du monde, afin de faire du bien et dépasser la subjectivité.</p>
<p>Raisonner est une responsabilité, une marque d’inconditionnalité pour parvenir à la bonne gouvernance. Dans la fidélité à Ibn Rochd, on peut aujourd’hui affirmer qu’on ne comprendrait rien au monde si on confondait la raison et le cœur, le sens et la logique, le même et le différent. Opposer sans nuances, confondre sans retenue, voilà qui n’est pas objectif. Des penseurs majeurs, comme Averroès, n’ont pas évité le problème clef du lien social et le besoin de gérer sur des bases saines, tout en réfléchissant sur les thèmes de moralité en relation directe avec le problème éthique. Interpréter, débattre, rechercher des solutions efficientes est un devoir pour servir l’intérêt général. «L’interprétation vraie, nous dit Ibn Rochd, est le dépôt dont fut chargé l’homme.» (Fasl el maqual) Le recul et la distance sont les voies qui appellent à une lecture susceptible de nous aider à saisir le sens du monde, de notre humanité et à trouver des réponses justes pour progresser et se développer. La raison s’adresse à l’être humain; la visée est sans ambiguïté: toute l’humanité est concernée, nul n’a le monopole du développement.</p>
<p>Distinguer</p>
<p>Ibn Rochd a démontré la nécessité de distinguer, de reconnaître que le fait de penser ne devait souffrir aucune frontière ou confusion, ni limite préalable et, en même temps, que la relation d’échanges avec les autres était la condition incontournable de la recherche de la vérité: «Ce serait un devoir pour nous de commencer par l’étude et, pour le chercheur suivant, de demander secours au précédent, cela jusqu&#8217;à ce que la connaissance fût parfaite (…) Il est clair que c’est un devoir pour nous de nous aider dans notre étude de ce qu’ont dit, sur ce sujet, ceux qui l’ont étudié avant nous, qu’ils appartiennent ou non à la même religion que nous (…) Il suffit qu’ils remplissent les conditions de validité.» ( Fasl el maqual)</p>
<p>Les conditions de validité d’accès à l’universel, c’est encore, de nos jours, le problème. En cherchant à cerner la question du lien social, Ibn Rochd a pour souci de cerner la question de la société juste et, par là, le dépassement des antagonismes produits par les différences entre les cultures. En traitant du rapport entre philosophie et culture, il ne cherche pas seulement à les accorder, comme la tradition et l’orientalisme le répètent. Il y a là un moment majeur de la pensée confrontée à la difficulté de la validité de la vérité: «La vérité ne saurait être contraire à la vérité; elle s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur» (Fasl el maqual), proclame Ibn Rochd.</p>
<p>L’accès à la vérité universelle passe par une sorte de comparution devant la raison. N’est pas universel qui veut. La pensée d’Ibn Rochd remet en cause, du même coup, ceux qui imposent des conditions, pratiquent la fermeture, l’opposition et le rejet, et ceux qui se complaisent dans une prétendue conciliation qui n’assume pas la cohérence universelle. Les termes décisifs, dans cette œuvre, sont les verbes lier, joindre, mettre en rapport (wasl), et distinguer, séparer (fasl). Il s’agit bien de distinguer sans opposer, ou de joindre sans confondre, tout ce qui, dans l&#8217;articulation, peut faire sens, pour aboutir à une forme d’inconditionnalité.</p>
<p>La société du savoir</p>
<p>L’acte de penser a pour tâche de prendre conscience simultanément de ces mouvements et de les mettre en relation, de manière à garder une perspective objective. Ibn Rochd considère que s’ouvrir à la raison sans condition et sans préalable est le bon moyen de se développer, connaître objectivement le monde, par l’œuvre d’art on connaît l’artisan, dit-il. Il s’agit de permettre à chacun de dépasser les limites et les conditions imposées par la subjectivité, sans violenter ce niveau naturel. Ibn Rochd montre que non seulement la raison invite à la connaissance, mais encore qu’il en fait une condition sine qua non pour que les humains correspondent, dans la mesure du possible, à ce qui est requis d’eux. Sa pensée est plus que jamais d’actualité; elle nous aide à faire face raisonnablement à la difficulté complexe de vivre de manière responsable, développée, civilisée.</p>
<p>Pour Ibn Rochd, la raison est aussi sensibilité, lieu de la jonction, de la rencontre entre les dimensions essentielles de la vie. L’accueil de la raison, de l’universel est un acte de l’humanité vraie. Raisonner ce n’est point abdiquer ou renoncer au mystère, c’est au contraire prendre conscience, s’élever, de manière responsable, en faisant le lien. Une raison qui n’est pas hospitalière, qui ne fait pas le lien, qui ne vise pas l’intérêt général, est en rupture avec ce qui est requis de la condition humaine. S’instruire, se cultiver, raisonner est la voie pour devenir autonome tout en gardant en vue le bien commun.</p>
<p>Ibn Rochd avait pour souci de maintenir vivant un point de contact entre la raison et la réalité. Il s’agissait pour lui de se développer sur des bases solides, de conjoindre la singularité, la différence et l’universel. L’intuition du cœur comme acte de confiance et l’acte de raisonner comme engagement que l’on doit assumer pour assumer la vie en société. D’où l’importance de donner la priorité à l’éducation, à la culture, à la société du savoir.</p>
<p>Ecrit par : MC</p>
<p>http://commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com</p>
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		<title>La laïcité : un débat épineux</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 16:58:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Mardi 5 Avril se tiendra à Paris la convention de l’UMP sur la laïcité en France : débat houleux non seulement au sein de l’UMP mais aussi entre les représentants du gouvernement et ceux des principaux cultes. Retour sur ce débat qui gangrène la société française. Un débat, de multiples enjeux. Dès le départ, ce débat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 5 Avril se tiendra à Paris la convention de l’UMP sur la  laïcité en France : débat houleux non seulement au sein de l’UMP mais  aussi entre les représentants du gouvernement et ceux des principaux  cultes. Retour sur ce débat qui gangrène la société française.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-4284" title="ecoute_la_rue_marianne_" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2011/04/ecoute_la_rue_marianne_.jpg" alt="" width="400" height="400" /></p>
<p><strong>Un débat, de multiples enjeux. </strong></p>
<p>Dès le départ, ce débat semble relancer l’islamophobie ambiante  notamment suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy assimilant l’échec  du multiculturalisme en France à l’absence d’intégration des musulmans.  Nassurdine Haidari adjoint au maire PS de Marseille a ainsi confié ses  impressions et ses craintes au Monde  et rappelle certaines phrases  malencontreuses tenues lors des dernières présidentielles : «(En  France) <em>on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses  filles, on n’égorge pas les moutons dans son appartement et on respecte  les règles de la République »</em><em>. </em>La crainte est aujourd’hui  la recrudescence de la stigmatisation des musulmans en France. Un  sondage récent a montré que 42% de la population interrogée voient  l’islam comme une menace et 68% pensent que les musulmans sont mal  intégrés. Ce débat fait de plus suite au débat avorté sur l’identité  nationale, instrumentalisé par Le Pen, puis abandonné par l’UMP, devant  les accusations de xénophobies et de virage vers l’extrême droite de la  part du parti présidentiel.</p>
<p><strong>Des dissidences au cœur même de l’UMP. </strong></p>
<p>Ce débat ne créer pas seulement des tensions entre musulmans (qui se  sentent stigmatisés) et non musulmans mais aussi au sein de l’UMP, et  finalement entre l’UMP et les représentants des six plsu grands cultes  en France. Il faut le rappeler, seulement dix des trente membres du  gouvernement Fillon participeront Mardi à la convention. Certains même,  tel Claude Guéant déclarent se « sentir obligé d’y participer ». Le  président du Sénat refuse de se mêler à ce « débat qui stigmatise ». En  ce qui concerne la laïcité, l’UMP montre ici ses nombreuses divergences  d’opinion et les tensions qui en découlent. Enfin, on remarque l’absence  des représentants des cultes les plus importants en France (cultes  catholique, protestants, orthodoxe, juif, musulman, bouddhiste). Ces  derniers, bien que reconnaissant l’adaptation nécessaire des religions  aux sociétés actuelles, refusent de participer à un débat qui pourrait  semer confusion et troubles parmi les croyants.</p>
<p>P.B.</p>
<p><strong>http://e-delit.com/</strong></p>
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		<title>Quand la gauche va-t-elle défendre le multiculturalisme ?</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 11:38:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Michel Wieviorka &#124; Sociologue, EHESS La gauche va-t-elle gober sans broncher les attaques convergentes de la droite et de l&#8217;extrême-droite contre ce qu&#8217;elles appellent le « multiculturalisme » ? « Je ne peux que le féliciter », a déclaré Marine le Pen, la nouvelle dirigeante du Front national, après que David Cameron, le Premier ministre britannique, a affirmé, le 5 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Michel Wieviorka | Sociologue, EHESS</p>
<p><img id="image_asset_wizard_width_15090" title="Un badge avec le slogan du PS lors de l'université d'été de la Rochelle, en août 2009 (Audrey Cerdan/Rue89)." src="http://asset.rue89.com/files/imagecache/asset_wizard_width/files/EmmanuelleBonneau/2007_PS_inside.jpg" alt="Un badge avec le slogan du PS lors de l'université d'été de la Rochelle, en août 2009 (Audrey Cerdan/Rue89)." /></p>
<p>La gauche va-t-elle gober sans broncher les attaques convergentes de  la droite et de l&#8217;extrême-droite contre ce qu&#8217;elles appellent le « multiculturalisme » ?</p>
<p>« Je ne peux que le féliciter », a déclaré Marine le Pen, la nouvelle dirigeante du Front national, après que David Cameron, le Premier ministre britannique, a affirmé, le 5 février, que le multiculturalisme est un échec.</p>
<p>Quatre mois auparavant, en Allemagne, Angela Merkel, la Chancelière, avant lancé l&#8217;offensive des droites en déclarant que « cette approche a échoué, totalement échoué ».</p>
<p>Et lors de l&#8217;émission « Paroles de Français » sur TF1,  vendredi, Nicolas Sarkozy, le chef d&#8217;Etat français, a apporté sa  contribution à la disqualification du multiculturalisme en reprenant la  même antienne. Dans son cas, on hésite quant au diagnostic :  renversement complet ou incohérence ?</p>
<p>Il y a quelques années, en effet, quand il était ministre de  l&#8217;Intérieur, Nicolas Sarkozy proposait la nomination d&#8217;un préfet  musulman, en tant que tel, et jusqu&#8217;en 2009, il se faisait le chantre  des idées qui animent les positions favorables au multiculturalisme, par  exemple en promouvant la discrimination positive ou en installant,  auprès du Premier ministre, un Commissaire en charge de la diversité, Yazid Sabeg.</p>
<p>Ces charges donnent l&#8217;image d&#8217;une grande cohérence idéologique des  droites d&#8217;Europe – à noter qu&#8217;en réaction, le président russe Medvedev  vient de rappeler son attachement au modèle multiculturel.</p>
<h2>Un débat fourre-tout des droites contre l&#8217;islam</h2>
<p>Mais que visent-elles ? En fait, d&#8217;abord et avant tout, non pas tant  un ensemble de différences culturelles clairement identifiées, qui sont  stricto sensu l&#8217;objet du multiculturalisme, mais une nébuleuse  sémantique regroupant l&#8217;immigration, le terrorisme, la criminalité, la  délinquance, l&#8217;insécurité et surtout, l&#8217;islam, c&#8217;est-à-dire une  religion.</p>
<p>Otons l&#8217;islam du débat : que reste-t-il dans le rejet du  « multiculturalisme » ? Les différences régionales, celles liées au  genre, ou aux mœurs sexuelles, l&#8217;existence de communautés, en  particulier venues d&#8217;Asie, qui n&#8217;ont guère de place dans les  préoccupations de l&#8217;opinion et des médias… toutes thématiques  intéressantes, certes, mais relativement secondaires aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Le terme de multiculturalisme est inapproprié ici, car ce qui est en  jeu est d&#8217;abord et avant tout une religion, et non une culture. Que  celles-ci puissent se recouper est une évidence, mais cela n&#8217;autorise en  aucune façon à les confondre, et à rejeter le multiculturalisme pour en  réalité flatter l&#8217;islamophobie.<span id="more-4185"></span></p>
<h2>Un concept qui concilie droit, raison et respect des différences</h2>
<p>Inadapté, le terme est aussi disqualifié dans cette communion des  droites et extrêmes droites, pour devenir toute autre chose que ce que  ses promoteurs tentent d&#8217;expliquer.</p>
<p>Il suffit de lire, par exemple, un de ses meilleurs théoriciens, le chercheur canadien Will Kymlicka,  pour comprendre que le multiculturalisme, aussi bien dans son concept  que dans les dispositifs institutionnels et politiques qui l&#8217;incarnent  réellement, refuse toute tentation communautariste et au contraire  concilie le droit et la raison, d&#8217;une part, et d&#8217;autre part le respect  des différences.</p>
<p>Il est légitime et souhaitable qu&#8217;un chef d&#8217;Etat s&#8217;en prenne au  terrorisme, à la violence, agisse pour mettre fin à la domination des  groupes et de leurs leaders sur les individus relevant de minorités, à  commencer par les femmes.</p>
<p>Mais imputer ces maux au multiculturalisme, c&#8217;est en faire un bouc  émissaire trop commode, ou, au mieux, ne s&#8217;intéresser qu&#8217;aux dérives des  modèles qu&#8217;il promeut, et non à ces modèles eux-mêmes.</p>
<h2>Que signifie l&#8217;injonction de l&#8217;intégration des immigrés ?</h2>
<p>La critique du multiculturalisme par les droites et les  extrêmes-droites comporte une dimension qui mérite d&#8217;être soulignée :  elle va de pair avec l&#8217;appel à l&#8217;intégration des immigrés.</p>
<p>Cet appel est toujours présenté comme une nécessité pour la nation,  pour la société dans son ensemble, et jamais du point de vue des  immigrés.</p>
<p>Ceux-ci sont alors définis comme autant de problèmes ou de sources de  difficultés, rien d&#8217;autres, et le message qui leur est adressé est vite  si peu conforme aux réalités de leur expérience sociale qu&#8217;il ne peut  être qu&#8217;incantatoire, et répressif : que signifie l&#8217;injonction de  l&#8217;intégration, si les moyens de la réussir ne sont guère proposés ?</p>
<h2>Tempéré, le multiculturalisme est une opportunité pour la gauche</h2>
<p>Il y a néanmoins un avantage dans ce rejet par les droites et  extrêmes droites du multiculturalisme au nom d&#8217;une intégration qui  devient mythique : il interpelle les gauches.</p>
<p>Le concept, historiquement, a plutôt été de leur côté, mais il faut  aussitôt ajouter qu&#8217;elles ont toujours été divisées dès qu&#8217;il s&#8217;agissait  de le promouvoir.</p>
<p>En France, notamment, l&#8217;attachement à l&#8217;idéal républicain, version  nationale des valeurs universelles, s&#8217;est souvent soldé, y compris à  gauche, par un refus de tout ce qui semble déboucher sur une  reconnaissance des minorités, et sur un encouragement, dès lors, aux  horreurs du communautarisme.</p>
<p>Qui voudrait vivre dans le Liban de la guerre civile, ou dans  l&#8217;ex-Yougoslavie de la purification ethnique ? Mais, vingt ans après  l&#8217;effondrement du régime soviétique, et, surtout, au moment où les  peuples se soulèvent en Egypte et en Tunisie contre des régimes  dictatoriaux, de tels exemples ne devraient pas interdire à la gauche de  s&#8217;inquiéter tout autant des dérives autoritaires et brutales auxquelles  l&#8217;universalisme abstrait peut lui aussi aboutir.</p>
<p>Le multiculturalisme bien tempéré, s&#8217;il fait l&#8217;objet d&#8217;évaluations  régulières, s&#8217;il est expérimenté avec prudence, et sans généralisation  prématurée, n&#8217;est pas nécessairement l&#8217;abomination que dénoncent les  droites et les extrêmes droites, il pourrait même apporter des solutions  à une gauche soucieuse d&#8217;articuler le respect absolu des valeurs  universelles, et celui des différences.</p>
<p>La  gauche aurait bien tort d&#8217;être paresseuse, ou idéologique, et de se  contenter d&#8217;embrayer le pas aux droites et aux extrêmes droites.</p>
<p><em>Michel Wieviorka, sociologue, directeur d&#8217;études à l&#8217;Ecole des  hautes études en sciences sociales, vient de publier « Pour la prochaine  gauche. Le Monde change, la gauche aussi doit changer » (éd. Robert  Laffont).</em></p>
<p><em>Photo : un badge avec le slogan du PS lors de l&#8217;université d&#8217;été de la Rochelle, en août 2009 (Audrey Cerdan/Rue89)</em></p>
<p><strong>http://www.rue89.com/</strong></p>
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		<title>L&#8217;islam comme chiffon rouge: les analyses de trois chercheurs</title>
		<link>http://www.halalmagazine.com/2011/01/06/lislam-comme-chiffon-rouge-les-analyses-de-trois-chercheurs/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Jan 2011 12:50:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<guid isPermaLink="false">http://www.halalmagazine.com/?p=4005</guid>
		<description><![CDATA[Par Antoine Perraud Lorsque Marine Le Pen désigne l&#8217;islam, les commentateurs regardent le doigt. C&#8217;est précisément pour ne pas s&#8217;en tenir à ce genre de vue bien courte que Mediapart, grâce à son partenariat tissé avec le Centre d&#8217;histoire sociale du XXe siècle (CNRS-Paris I), tente à nouveau de dépasser l&#8217;écume événementielle (nos démarches précédentes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Antoine Perraud</p>
<p>Lorsque Marine Le Pen  désigne l&#8217;islam, les commentateurs regardent le doigt. C&#8217;est précisément  pour ne pas s&#8217;en tenir à ce genre de vue bien courte que Mediapart,     grâce à son partenariat tissé avec le Centre d&#8217;histoire sociale du  XXe siècle (CNRS-Paris I), tente à nouveau de dépasser l&#8217;écume  événementielle (nos démarches précédentes sont regroupées sous     l&#8217;onglet «Prolonger»).</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-4009" title="islam3 chercheurs" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2011/01/islam3-chercheurs.png" alt="" width="300" height="154" />Comment retrouver une profondeur et une réflexion critique, masquées  par les agendas de l&#8217;actualité? Dans le cas d&#8217;espèce, par-delà les  proférations lepénistes, en s&#8217;interrogeant sur l&#8217;existence     d&#8217;une «islamophobie» en France, voire dans un Occident ainsi  reconstitué&#8230;</p>
<p>Pour aborder cette problématique, ont été rassemblées trois  pointures universitaires: la politologue Nonna Mayer, l&#8217;historien  Philippe Rygiel et le philosophe Souleymane Bachir Diagne, né au     Sénégal en 1955, ayant réussi là où avait échoué Senghor (intégrer  l&#8217;École normale supérieure de la rue d&#8217;Ulm!), actuellement professeur à  l&#8217;université Columbia de New York et de passage à Paris     à l&#8217;occasion d&#8217;une soutenance de thèse.</p>
<p>Avant de dialoguer – debout –, chacun s&#8217;est appliqué – assis – à discuter et à éclairer la notion d&#8217;islamophobie:<span id="more-4005"></span></p>
<p><strong>Recul des préjugés dans nos sociétés multiculturelles</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Nonna Mayer et Philippe Rygiel rappellent comment Nicolas Sarkozy a  récupéré l&#8217;électorat du FN en stigmatisant l&#8217;islam, alors que cette  religion suscite en Europe une phobie cristallisant les     angoisses collectives de ce début de millénaire, marqué par la  porosité entre les forces jouant sur ces peurs et l&#8217;appareil d&#8217;État dans  les démocraties occidentales:</p>
<p>Souleymane Bachir Diagne approfondit les différences de perception  de l&#8217;islam, entre les États-Unis d&#8217;Amérique et la France ou l&#8217;Europe,  parfois primordiales, même si des deux côtés de     l&#8217;Atlantique prime l&#8217;ignorance de l&#8217;Autre:</p>
<p>Nonna Mayer, Souleymane Bachir Diagne et Philippe Rygiel, partant de  la question du voile islamique, concluent en notant un recul des  préjugés, moins ancrés que naguère dans nos sociétés de plus     en plus multiculturelles, comme au Canada:</p>
<p>Post-scriptum: l&#8217;islamophobie savante</p>
<p>Post-scriptum: Souleymane Bachir Diagne fait un sort à  «l&#8217;islamophobie savante» à propos de l&#8217;essai de Sylvain Gouguenheim,  Aristote au Mont-Saint-Michel, qui s&#8217;attachait, en 2008, à nier     l&#8217;apport arabe dans la transmission du savoir grec:</p>
<p>Voir aussi sous l&#8217;onglet «Prolonger».</p>
<p>Lire Aussi</p>
<p>Marine Le Pen et la grosse bête qui monte</p>
<p>1 2 3</p>
<p>Culture-Idées extrême droite Histoire Islamophobie Nonna Mayer Philippe Rygiel racisme Souleymane Bachir Diagne</p>
<p>Les trois universitaires ont été interrogés par Françoise Blum et  filmés par Caroline Chalier dans la bibliothèque Jean-Maitron du Centre  d&#8217;histoire sociale du XXe siècle (CNRS-Paris I).</p>
<p>Ce que dit Bachir Diagne est ce que pense la majorité de la  communauté scientifique sur le sujet. La culture islamo-juive d&#8217;Espagne a  joué un grand rôle non seulement dans la transmission de     l&#8217;héritage grec des philosophes mais on doit nombre des contes de la  littérature française et italienne du 16è siècle à cet héritage  islamo-juif : le Décaméron de Boccace, Rabelais, Bonaventure     des Perriers, et nombre de contes des Mille et une nuits sont en  fait des contes tirés du Talmud et traduit en arabe, comme par exemple  toute la série des histoires qui tournent autour de la Cité     de cuivre, du roi Salomon, qu&#8217;on retrouve notamment dans les  Illuminations de Rimbaud, sous le titre &laquo;&nbsp;Villes&nbsp;&raquo;. Et on sait combien les  Mille et une nuits sont un recueil de contes important depuis     le 18è siècle dans la littérature française, jusque chez Proust.</p>
<p>Pourquoi les gens, les politiques, les laïques, les musulman(e)s, ne  signalent-ils pas de simples vérités notées dans le Coran via des  sourates ? !</p>
<p>A) En cherchant sur internet, j’ai trouvé entre autres, ces renseignements</p>
<p>1) Voir sur Internet&nbsp;&raquo; &#8211; La prière en islam &#8211; Assalat, Salat, comment prier ? Comment &#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>La personne qui veut prier se dirige, où qu’elle se trouve, en  direction de la Qibla, c’est-à-dire la Mecque ou [Al-Kaâba] et lui fait  face de tout son corps, en ayant l’intention dans son cœur     de faire la prière, qu’elle soit obligatoire ou surérogatoire.</p>
<p>Des remarques suivent concernant &laquo;&nbsp;Celui qui par erreur ne prie pas en direction de la Ka&#8217;ba&nbsp;&raquo;</p>
<p>Si une personne ne prie pas en direction de la Ka&#8217;ba car les nuages  ne lui ont pas permis de se situer par rapport au soleil ou qu&#8217;après  maintes recherches et efforts de sa part, il n&#8217;a pas pu     trouver la bonne direction, sa prière est valide et elle n&#8217;est pas à  refaire. ……………………………………………………………………………………</p>
<p>Nous devons être très réguliers au sujet de la Salât, nous devons  l’accomplir régulièrement avec dévotion et toujours en « djama’a » (en  groupe)… (NDLR, Voir les tolérances … notées plus loin)     ………………………………………………………………………………</p>
<p>2) Un site où la prière doit se faire debout (Voir la page suivante)  BIZARRE ! Au Nom d&#8217;Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux</p>
<p>As-Salamou &#8216;Alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou Que la Paix  d&#8217;Allah Le Tout Miséricordieux et Sa Miséricorde vous accompagnent</p>
<p>Se tenir debout</p>
<p>6/ La personne qui prie doit obligatoirement se tenir debout.</p>
<p>C&#8217;est un pilier de la prière sauf : pour un guerrier qui accomplit  la prière de la peur lors d&#8217;un combat intense. Il a le droit de prier  sur une monture ou autre. Pour un malade qui est incapable     de prier debout. Qu&#8217;il prie alors assis, s&#8217;il en est incapable,  qu&#8217;il prie couché sur le côté. Pour celui qui accomplit une prière  surérogatoire, il peut en effet prier sur une monture ou bien     assis. Qu&#8217;il s&#8217;incline et se prosterne en faisant un signe de la  tête, la prosternation doit être plus basse que l&#8217;inclinaison. Tout ceci  est aussi valable pour un malade.     ………………………………………………………………………………………. Prier avec ses chaussures,  sandales ou autres</p>
<p>13/ Il est permis de prier pieds nus comme il est permis de prier avec ses chaussettes, sandales ou autres.</p>
<p>14/ Il est préférable de prier tantôt pieds nus, tantôt avec ses  chaussures, selon les situations qui arrangent la personne.  ………………………………….. Par Cheikh El Albani</p>
<p>B)* N’est-il pas clair qu’un(e) Musulman(e), seul, dans une maison,  dans son logis, peut faire ses 5 prières quotidiennes ? ! Même s’il n’y a  pas de mosquée ! Pas d’autres Musulman(e)s ! Pas de     moyen de s’orienter !</p>
<p>** Un(e) Musulman(e) sans mosquée est-il/elle fichu(e) ? !</p>
<p>*** Un(e) Musulman(e) isolé(e) est-il/elle en état de péché ? !</p>
<p>*** A tout moment ou presque, les Musulman(e)s ne peuvent-ils/elles  (par essence) que vivre en groupe comme par ex. les moutons pour pouvoir  prier ? !</p>
<p>C) Dans ces conditions, ces rassemblements dans la rue, puisqu’ils  contreviennent à l’ordre public, au droit de passage des automobilistes,  ne sont-ils pas superfétatoires ? !</p>
<p>Qu’ils interrogent réellement Allah ! Et ils obtiendront la réponse !  (Puisque ce qui est écrit dans les sourates et publié ne semble pas  leur suffire. Voir Internet)</p>
<p>**** Leurs raisons ne sont-elles pas faciles à trouver ? ! A chacun(e) de compléter.</p>
<p>UN PEU D&#8217;HUMOUR</p>
<p>*Un(e) bon(ne) Musulman(e) ne porte-t-il/elle pas sur lui/elle, (par  ex. dissimulé autour de son cou) une petite boussole pour pouvoir  retrouver la direction de La Mecque ?</p>
<p>Combien de cas allant dans ce sens connaissez-vous ? !</p>
<p>(D’où d’ailleurs la blague que tout le monde a entendu parler : «  Comment la police sait-elle presque à coup sûr qu’une personne tuée est  musulmane ? Eh bien, parce qu’elle porte sur elle une     boussole ! C’est évident mon cher Watson ! »</p>
<p>** Quant au reste, n’est-il pas écrit -noir sur blanc- (V. les textes précédents) qu’il s’agit de s’adapter au terrain.</p>
<p>*** A signaler aussi que le/la bon(ne) Musulman(e) n’en a pas fini  avec ses prières si jamais elle/il voulait suivre à la lettre les autres  recommandations avant et après le lever ou coucher du     soleil ! (Ce qui se passerait en dehors de la rue ou de la mosquée).  D’où les tolérances multiples pour s’exempter de certaines … et leurs  adoptions sans la moindre hésitation !</p>
<p>18/12/2010 17:10Par Monkeyman répondrealerter</p>
<p>NouveauEt vous en concluez quoi, M. Monkeyman ?</p>
<p>Vous allez nous faire ensuite une étude des prières chez les Juifs et chez les Chrétiens?</p>
<p>18/12/2010 17:29Par Oliv92 répondrealerter</p>
<p>NouveauNos trois intervenants oublient de rappeler que l&#8217;Europe  s&#8217;est construite depuis le 11è siècle au moins contre l&#8217;Islam. Lisez la  Chanson de Roland. Les grands préjugés contre l&#8217;Islam ont     été construit à cette époque, avec les discours de la moniale  saxone, Hrotswita.</p>
<p>Ceci dit, le discours de gauche pèche par son islamophilie aveugle,  qui renvoie autoritairement toutes les critiques adressées à l&#8217;Islam à  une supposée appartenance à l&#8217;extrême droite. Ce qui est     faux, comme le montrent à juste titres ces trois chercheurs. C&#8217;est  au nom de cette islamophilie aveugle, par exemple, que le discours de  gauche nie les problèmes que rencontrent les professeurs     dans les banlieues.</p>
<p>18/12/2010 17:37Par Michel ALBA répondrealerter</p>
<p>Nouveau&nbsp;&raquo;Vous êtes avec moi ou conter moi&nbsp;&raquo;, c&#8217;est ça votre  raisonnement? On aurait pu espérer que la littérature vous apporte  d&#8217;autres finesses dans les raisonnements.</p>
<p>18/12/2010 17:45  Par Oliv92 répondrealerter</p>
<p>Nouveau. Je ne crois pas que vous m&#8217;ayez bien lu. Vous délirez.</p>
<p>18/12/2010 17:53  Par Michel ALBA répondrealerter</p>
<p>Nouveau. Si on comprend bien Michel Alba, quiconque ne pense pas comme lui &laquo;&nbsp;délire&nbsp;&raquo;.</p>
<p>On a connu ça en d&#8217;autres temps et plus à l&#8217;Est&#8230;</p>
<p>Comme disait feu Claudel (à moins que ce ne soit feu Giraudoux): &laquo;&nbsp;Ne  me parlez pas de tolérance, il y a des maisons pour ça.&nbsp;&raquo;</p>
<p>18/12/2010 18:22  Par Joël Martin répondre alerter</p>
<p>NouveauDe même qu&#8217;il n&#8217;y a pas un judaïsme, mais des judaïsmes à  partir de l&#8217;original qui ne date que de cinq siècles avant notre ère  (comme le prouve des archéologues), de même qu&#8217;il n&#8217;y a pas     un christianisme mais des christianismes à partir de l&#8217;original  inventé par Shaül de Tarse et les évêques votant sous la menace de  l&#8217;empereur Constantin, de même il y a de nombreux islams à     partir de l&#8217;original inventé une centaine d&#8217;années après la mort de  Muhamad et sa caution l&#8217;ange Djibril qui, très compréhensif comme disait  Aïcha, approuva même qu&#8217;il eut douze femmes.</p>
<p>Toutes ces religions dite &laquo;&nbsp;du Livre&nbsp;&raquo; pensent qu&#8217;ont vraiment vécus  Abraham, Isaac, Jacob, ses fils, Moïse, etc&#8230; et que David fut un très  grand roi comme son fils</p>
<p>Des archéologues sérieux prouvent que c&#8217;est faux.</p>
<p>Être certain de l&#8217;existence éternelle bienveillante de Dieu qui nous  invite à aimer si on veut le plus possible autour de nous ne nécessite  pas de pratiquer une des religions inventés par des     hommes qui ont déjà fait bien trop de morts et autres drames.</p>
<p>18/12/2010 17:41Par sprisain répondrealerter</p>
<p>NouveauLe problème des religions &laquo;&nbsp;révélées&nbsp;&raquo;, c&#8217;est que leurs  adeptes, s&#8217;imaginant connaître la &laquo;&nbsp;Vérité&nbsp;&raquo;, une fois au pouvoir,  trucident ou emprisonnent ceux qui n&#8217;y souscrivent pas.</p>
<p>La religion est l&#8217;alibi des assoiffés de puissance.</p>
<p>Mais les fidèles &nbsp;&raquo; de base&nbsp;&raquo; de quelque religion que ce soit ne me  gênent pas tant que nul ne cherche à m&#8217;imposer leurs rites.</p>
<p>De toute façon aucun des &laquo;&nbsp;Livre&nbsp;&raquo; n&#8217;est historiquement ni scientifiquement exact.</p>
<p>Les archéologues mais aussi les paléontologues et les géologues le prouvent abondamment.</p>
<p>18/12/2010 17:50Par JoëlMartin répondrealerter</p>
<p>Nouveauencore une fois, Antoine Perraud, chapeau pour votre  professionnalisme qui consiste non pas à partir à la chasse au scoop  mais à tenter de comprendre l&#8217;évènement avant de nous le     présenter.</p>
<p>Face à la question posée de l&#8217;islamophobie, 3 réponses très différentes selon le champ disciplinaire qui l&#8217;étudie :</p>
<p>- un préjugé global pour la politologue (sociologue ?) qui s&#8217;appuie sur des enquêtes d&#8217;opinion actuelles</p>
<p>- une filiation idéologique pour l&#8217;historien qui replace l&#8217;évènement dans le temps</p>
<p>- une réaction d&#8217;autodéfense à partir d&#8217;une attaque réelle pour le  philosophe qui s&#8217;intéresse au fonctionnement des concepts.</p>
<p>Toutes ces données, parcellaires, ne prennent leur sens qu&#8217;en les croisant.</p>
<p>Merci de l&#8217;avoir fait pour nous</p>
<p><strong>http://forumdesdemocrates.over-blog.com/</strong></p>
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		<item>
		<title>LE MONDE MUSULMAN FACE LA CRISE MONDIALE</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 11:33:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Mustapha Cherif Dans une époque que dominent la connaissance technoscientifique et le concept de la société du savoir, la production scientifique des pays musulmans est encore marginale, selon le dernier rapport de l’Unesco sur la science. Les données fournies par le rapport, établi tous les cinq ans, concernant la production scientifique des pays musulmans, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Mustapha Cherif</strong></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3835" title="crise financière mondiale3" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/12/crise-financière-mondiale3.jpg" alt="" width="576" height="388" />Dans  une époque que dominent la connaissance technoscientifique et le  concept de la société du savoir, la production scientifique des pays  musulmans est encore marginale, selon le dernier rapport de l’Unesco sur  la science. Les données fournies par le rapport, établi tous les cinq  ans, concernant la production scientifique des pays musulmans, sont  significatives d’une situation alarmante. En matière de techno-sciences  le monde musulman, avec une population d’environ 1,5 milliard, près du  quart de la population mondiale, ne produit que moins de 5% de la  production scientifique mondiale! Le sous-développement du Monde arabe  est symbolisé par un autre taux dramatique: environ 40% des populations  sont analphabètes.</p>
<p><strong>Forger au savoir et humaniser</strong><br />
Les capacités de production de la science permettent le développement,  la sauvegarde de la souveraineté et de nouvelles perspectives. La  situation des sociétés musulmanes est préoccupante. Jusqu’à quand les  alarmes seront-elles ignorées? Même la Banque islamique de  développement, en 2008, confirmait le constat alarmant: «Les 57 pays à  population majoritairement musulmane ont sensiblement 25% de la  population mondiale, mais moins d’1% des scientifiques produisent moins  de 5% de la science et font à peine 0,1% des découvertes originales  mondiales liées à la recherche chaque année.» La fuite des cerveaux et  la mainmise par des politiciens médiocres sur les organes de décisions  aggravent la situation.<span id="more-3832"></span></p>
<p>Il est urgent de revoir ces données, tout en tenant compte de  l’hétérogénéité des pays. La Turquie, par exemple, est un pays musulman  émergent, la 16e économie mondiale.<br />
Les chercheurs savent que sans un climat politique ouvert, stable, de  responsabilisation, lié à une échelle des valeurs, soutenu par des  moyens conséquents et un environnement propice à la recherche, il est  difficile de progresser. Qui maîtrise la science détiendra les outils du  développement. L’Ecole et la valorisation du métier d’enseignant, au  centre du système éducatif, en sont les enjeux.</p>
<p>Dans un article paru sur L’Expression, le sociologue Nadji Safir, avec  pertinence et objectivité, analyse les données publiées par l’Unesco  concernant les pays musulmans. Il a raison de tirer la sonnette d’alarme  sur les retards du monde arabo-musulman. La gravité de la crise  mondiale et la complexité du devenir de l’humanité obligent à compléter  l’approche par une critique du système mondial ambivalent et partant des  défis auxquels le Monde arabe est confronté.<br />
Il faut non seulement forger à la science, mais aussi répondre à des  exigences de fond. D’une part, il est clair qu’il n’y a pas  d’alternative à donner la priorité au savoir scientifique si nous  voulons avoir droit au chapitre, répondre aux besoins des populations de  nos sociétés et préserver notre personnalité; d’autre part, il est  évident que les pays développés sont confrontés à une crise sans  précédent. Gardons-nous de les imiter aveuglement au niveau du projet de  société.</p>
<p>Nous sommes dans une phase historique qui interpelle toute l’humanité en  raison des impasses produites par la poursuite d’une croissance  prédatrice en hommes et en matières. La marchandisation du monde et la  perte de valeurs et d’éthiques remettent en cause les fondements de  l’humain. La crise économique est le reflet du désordre. Un autre récent  rapport, celui des Nations unies sur la situation économique mondiale  et les perspectives 2011, montre la gravité de la situation due au  système consumériste et au libéralisme sauvage.<br />
Dans ce contexte troublant, selon les experts, des défis techniques  attendent les économies de la planète, tels comment trouver de nouvelles  ressources financières pour fournir un soutien budgétaire  supplémentaire; trouver une meilleure synergie entre les politiques  budgétaire et monétaire; assurer un financement suffisant des pays en  développement; mieux coordonner les politiques économiques des grands  pays.</p>
<p>Il n’est question que de mesures techniques et non d’une révision de  fond des politiques elles-mêmes. C’est l’économisme qui prévaut. Pour  les pays musulmans, le problème est aigu, car tous les problèmes se  posent en même temps. Il s’agit de penser un projet de société cohérent,  de bâtir un Etat de droit, de former un citoyen instruit et  responsable, d’apprendre à rationnaliser les modes de gestion et de  donner la priorité aux ressources humaines.<br />
La crise générale atteint toutes les branches de l’activité humaine et  se manifeste différemment suivant les pays. Dans le Monde arabe, la  baisse constante du niveau d’éducation et du civisme, la déperdition en  matière de capital humain et la dépendance technoscientifique sont  l’expression d’une faillite du système. Ce sont des questions  politiques.<br />
Le Monde arabe est confronté à un triple défi pour sortir du  sous-développement: sur la base de la démocratisation, de la maîtrise  des sciences et des technologies et d’une vision critique de la crise du  modèle dominant qui mène à la déshumanisation et à des déséquilibres  graves.</p>
<p><strong>Les contradictions</strong></p>
<p>Le temps n’est plus d’imiter le processus de déclin, la difficulté du  savoir moderne à favoriser un monde juste et équilibré, au moment où la  mondialisation est celle des inégalités et se présente comme une  occidentalisation qui impose ses divisions, ses prédicats, ses concepts  et ses catégories et au moment où l’Orient semble incapable de bien  résister par la créativité. Pourtant la révolution scientifique et  technique peut être, non seulement assumée, mais refaçonnée à nos  propres fins. Nous devons pouvoir nous affirmer tels que nous nous  sentons et nous voulons. Or, l’essence de la modernité et, partant, de  la mondialisation, semble vouloir imposer, de la part d’un savoir  dominant, trois facteurs contraignants et discutables.<br />
1. La tension entre science et conscience est forte, car le concept  d’infinité de la recherche est dictatorial, alors qu’il est légitime de  chercher à poser des limites éthiques au déchaînement de toutes les  exploitations. Il ne faut pas avoir peur de la science, il faut bien au  contraire, de la science, nul ne peut, ni ne doit, arrêter le progrès  scientifique, mais pour quelles finalités? Plus que jamais, s’offre la  maxime «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme».</p>
<p>2. L’individu et le vivre-ensemble: Le monde moderne est caractérisé par  l’individualité. L’Occident est moderne parce qu’il a atteint un niveau  élevé dans sa recherche d’un individu autodéterminé. L’individu au  centre, considéré comme la marque propre de l’Occident, prétend montrer  au monde la seule voie possible de l’émancipation. Pourtant l’enjeu  n’est pas seulement l’autonomie de l’individu mais aussi le  vivre-ensemble.<br />
3. La raison et le sensible: Une des dimensions qui caractérisent le  monde moderne est la disjonction entre la logique et le sens. Ces trois  caractéristiques &#8211; l’infinité de la recherche, l’individualisme et la  raison coupée du sens &#8211; posent problème pour les peuples qui recherchent  la cohérence.</p>
<p>Sur le plan du sens de la vie, en conséquence, le premier point  inquiétant est d’ordre éthique qui adhère à une grille de lecture  faisant place aux valeurs de l’esprit et/ou au sentiment religieux, voit  marginaliser tout le champ de la vie. Il n’y a pas de lien entre la  mondialisation de savoirs unilatéraux et le sens de la vie auquel les  peuples, notamment monothéistes ou liés à des sagesses ancestrales, sont  attachés. C’est la fin d’un monde, il nous faut le comprendre pour  tenter d’en inventer un autre qui échappe à toute fermeture.  Aujourd’hui, la réalité, ce n’est pas simplement la sécularisation comme  mouvement positif, mais son corollaire, la désignification du monde.<br />
Sur le plan politique, le problème réside dans le fait que le corps  social est réduit à un corps productif, soumis aux intérêts des  détenteurs de capitaux. C’est la course à la richesse et le consumérisme  dans leurs formes dévastatrices, valorisés comme phénomènes modernes.</p>
<p>Cette dépolitisation de la vie et sa marchandisation remet en cause la  possibilité de faire l’histoire, d’être un peuple responsable, capable  de décider, de résister au nom de la liberté, d’avoir ses raisons et  d’avoir raison, de donner force et réalité à un projet de société choisi  après débat. En dépit de la généralisation de la science, de la  légitimité des institutions, de la prédominance des droits de l’homme,  de la libre entreprise, des normes juridiques, la possibilité d’exister  en tant que peuples et citoyens responsables, participant à la recherche  collective et publique du juste, du beau et du vrai, est hypothéquée.  L’avenir dépend moins de la décision de chaque citoyen que de systèmes.<br />
Le désordre du monde moderne est aveuglant. On va dans une mauvaise  direction. Le système dominant vise l’hégémonie. Il demande une  mobilisation totale, même si ce totalitarisme ne se présente plus sous  sa forme brutale de naguère. Il s’agit pour lui de modeler tous les  systèmes &#8211; scientifiques, éducatifs, culturels, sociaux &#8211; sur les  besoins des entreprises commerciales.</p>
<p>Le processus infini d’accroissement de la production a franchi la limite  au-delà de laquelle il ne lui est plus possible de dissimuler le besoin  de totalité qui lui est inhérent. Mondialisation, totalisation,  clôture: nous sommes engagés dans ce processus. L’individu ne sait plus  comment fonder la validité de ses actes et de ses projets. Au sein même  de l’Occident, des citoyens ne se retrouvent pas dans le système qui  leur est imposé. Les revendications écologiques et sociales vont au-delà  des problèmes immédiats, une dimension du désir profond de l’existence  veut être entendue.<br />
Sur le plan du savoir et de la connaissance, le troisième aspect  inquiétant remet en cause la possibilité de penser et de penser  autrement. Le cloisonnement et la technicité l’emportent sur la  transversalité, la diversité et le partage.<br />
La mondialisation vise à maîtriser toutes les choses de la vie par  l’exploitation des résultats des sciences exactes, appréhendées comme  les seules qui soient pertinentes pour la logique du développement.  Malgré le travail des sciences humaines et sociales, le savoir moderne  privilégie les sciences dites exactes et leurs applications, soumises à  la logique du marché. Il y a un mouvement mondial qui détruit  l’Université selon son concept de lieu du savoir libre et gratuit pour  rectifier des déviations et réexaminer les incohérences, pour décider  librement des objectifs de la recherche et réinventer d’autres formes à  donner à l’existence.</p>
<p><strong>Responsabilité collective</strong><br />
Aujourd’hui, tous les problèmes se posent en même temps, politique,  économique et culturel. C’est un «malaise dans la civilisation» et «une  crise des sciences européennes» déjà annoncée au XXe siècle par des  penseurs, d’Husserl à Heidegger, de Freud à Lacan, de Derrida à  Legendre, de Massignon à Berque. Dans le pire, peut naître le  dépassement.<br />
Le Monde arabe, ankylosé, qui n’a pas réalisé les promesses de  l’indépendance chèrement acquise, doit libérer ses énergies et ses  riches potentialités humaines pour pouvoir s’émanciper, reprendre sa  place et contribuer à forger une nouvelle civilisation qui fait défaut.  L’ère moderne industrielle, malgré de prodigieuses avancées, n’a pas su  créer de civilisation.<br />
Il y a un début de conscience aujourd’hui que notre époque s’éprouve en  impasses, mais aussi en opportunités si on pratique la synergie.</p>
<p>C’est  une responsabilité collective. Il n’y pas de fatalité, ni de  malédiction. Nous devons prendre conscience, que malgré tant  d’archaïsmes, de fermetures et le désert culturel qui nous encerclent,  qu’il peut faire bon vivre dans nos pays, surtout en Algérie, si on sait  allier progrès scientifique et authenticité.</p>
<p>Mustapha Cherif</p>
<p><strong>http://mustapha-cherif.net/</strong></p>
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		<title>Algérie: Conférence internationale sur le &#171;&#160;juste milieu en Islam&#160;&#187; à Alger</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 11:33:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les travaux de la conférence internationale sur le juste milieu en Islam se sont ouverts samedi à Alger avec la participation de penseurs et de savants de nombreux pays arabes. Les organisateurs ont choisi le thème du &#171;&#160;juste milieu et son rôle dans la préservation de la paix sociale&#160;&#187; pour cette manifestation organisée par l&#8217;association [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="para_1">
<div><img title="Algérie: Conférence internationale sur le &quot;juste milieu en Islam&quot; à Alger" src="http://www.atlasinfo.fr/photo/art/default/2571864-3627822.jpg?v=1293289626" alt="Algérie: Conférence internationale sur le &quot;juste milieu en Islam&quot; à Alger" /></div>
<div>
<div>Les travaux de la conférence internationale sur le juste milieu en  Islam se sont ouverts samedi à Alger avec la participation de penseurs  et de savants de nombreux pays arabes.</p>
<p>Les organisateurs ont choisi le thème du &laquo;&nbsp;juste milieu et son rôle  dans la préservation de la paix sociale&nbsp;&raquo; pour cette manifestation  organisée par l&#8217;association El Irchad oua El Islah en collaboration avec  le forum mondial du juste milieu.</p>
<p>Les participants à cette conférence de deux jours, s&#8217;attelleront à  examiner une série de sujets en relation avec le thème dont le concept  du juste milieu et ses manifestations dans la pensée islamique, le juste  milieu et son rôle dans la stabilité de l&#8217;Algérie et les défis que  rencontre ce concept.</p>
<p>Le rôle de chaque partie en faveur de la consécration du concept  du juste milieu dans l&#8217;Islam notamment dans le développement de la  nation et le rôle de la femme dans la consécration de la pensée modérée,  figurent parmi les autres sujets soumis à discussion.</p>
<p>(Source APS)</p></div>
<div><strong>http://www.atlasinfo.fr/</strong></div>
</div>
</div>
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		<title>L’EXTRÊME DROITE EUROPÉENNE Le retour de la bête immonde</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Dec 2010 09:26:13 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le nazisme, le fascisme et le colonialisme ont laissé des traces. Des partis de gauche, des citoyens de confession musulmane et d’autres associations antiracistes en France, appellent à un rassemblement ce jour samedi 18 décembre, contre la haine des groupes d’extrême droite français et européens, qui se tient devant l’Espace Charenton à Paris. Des groupes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img title="Le phénomène des profanations de mosquées et cimetières musulmans se propage" src="http://www.lexpressiondz.com/photos/R20101218/TP101218-01.jpg" border="0" alt="Le phénomène des profanations de mosquées et cimetières musulmans se propage" align="left" /></p>
<p>Le nazisme, le fascisme et le colonialisme ont laissé des traces.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3675" title="mustapha-cherif" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/12/mustapha-cherif.jpg" alt="" width="510" height="319" />Des partis de gauche, des citoyens de confession  musulmane et d’autres associations antiracistes en France, appellent à  un rassemblement ce jour samedi 18 décembre, contre la haine des groupes  d’extrême droite français et européens, qui se tient devant l’Espace  Charenton à Paris. Des groupes d’extrême droite appuyés par des  extrémistes laïcs et dogmatiques ont décidé de se rassembler pour  soi-disant «défendre la laïcité et les valeurs de la civilisation». Le  nazisme, le fascisme et le colonialisme ont laissé des traces, que  certains nostalgiques veulent actualiser. Profitant de la crise  économique et morale qui secoue l’Europe, la bête immonde ose distiller  le venin contre les musulmans. L’amplification de la peur,  l’exploitation avec cynisme des dérives des fondamentalistes jettent  l’opprobre sur tous les musulmans. La propagande du choc des  civilisations gagne du terrain.</p>
<p><span style="color: #aa8800;"><strong>Corriger nos actes et discours</strong></span><br />
Après  les caricatures vulgaires sur le Prophète, le vote suisse sur  l’interdiction de minarets, la multiplication des profanations de  mosquées et cimetières musulmans, le débat sectaire sur l’identité, la  montée des discours extrémistes et racistes dans toute l’Europe et les  discriminations que subissent les musulmans des quartiers défavorisés,  la vigilance s’impose. Ce ne sont plus des phénomènes isolés, mais une  vague de fond populiste, politicienne et électoraliste qui contredit les  valeurs monothéistes et celles des Lumières, et met en danger le  vivre-ensemble et la paix. Dans le monde musulman, on doit se réformer,  corriger nos actes et nos discours afin de ne pas apporter de l’eau aux  moulins des nouveaux racistes.<br />
En France, terre d’Asile et pays des  droits de l’homme, Marine Le Pen, qui rêve de pogroms et de rafles, qui  vise par la surenchère a devenir chef de l’extrême droite raciste, en  termes électoralistes les plus abjects, polémique virulente, compare les  musulmans français aux occupants allemands de la Seconde Guerre  mondiale, alors que l’idéologie nazie est une des sources d’inspiration  de ce parti de la haine. C’est une véritable insulte à l’histoire de  France et aux milliers de musulmans morts pour la libérer. Le sentiment  antimusulman s’amplifie dans un contexte de chômage, de crise morale et  de manipulations tous azimuts. Le musulman est le bouc émissaire. Des  comportements marginaux de musulmans prêtent le flanc et servent de  prétexte aux xénophobes. Ce n’est plus le radicalisme qui est dénoncé.  Les références fondatrices, le Coran et le Prophète sont attaqués.<br />
Cependant,  le peuple français n’est pas dupe. Toute la classe politique française a  condamné les propos hideux et provocateurs de Marine Le Pen, et  commence à comprendre que pour le cas regrettable de la prière  hebdomadaire du vendredi qui déborde sur les lieux publics, la faute  incombe à ceux qui refusent de faciliter aux musulmans l’aide nécessaire  pour édifier leurs lieux de culte. Il faut y apporter des réponses  concrètes et dignes par la construction de mosquées. C’est le rôle d’un  Etat républicain de régler ces problèmes et non de laisser se développer  la stigmatisation de populations défavorisées et marginalisées. Et 24  organisations ont demandé aux autorités d’interdire le projet de  rassemblement d’extrémistes. Le programme de la réunion, la liste des  organisateurs et les personnages annoncés démontrent que cette  initiative vise à favoriser l’expression de thèses xénophobes, racistes,  islamophobes et fascisantes. La Mairie de Paris condamne cette  rencontre et demande à la Préfecture de police «de bien vouloir prendre  toutes les mesures nécessaires» afin que la réunion «ne puisse avoir  lieu» car elle «ne peut qu’engendrer haine, xénophobie et trouble à  l’ordre public».<br />
Il est nécessaire que les humanistes et les  chrétiens français et européens fassent barrage à la montée de la  xénophobie. Il y a des amalgames, des crispations et des interrogations  de la part de chrétiens à cause de la violence inadmissible que  subissent les chrétiens au Moyen-Orient. Il est impérieux de rafraichir  les mémoires et de rappeler que l’Islam n’a rien à voir avec ces  dérives.<br />
Certes, l’instrumentalisation des Ecritures saintes est un  problème qui pose des questions graves aux musulmans et aux chrétiens.  Quiconque pourra toujours manipuler les textes saints pour justifier  l’inadmissible, mais l’extrémisme est l’antireligion. A qui profite le  crime? A ceux qui cherchent à faire diversion aux problèmes politiques  du monde. Ce n’est en aucun cas une question théologique. Les versets du  Coran qui appellent à la légitime défense correspondent à des  circonstances bien précises qui ont peu à voir avec la situation  actuelle. Tout comme était infondée l’interprétation de la Bible que des  chrétiens pratiquaient durant l’Inquisition, les guerres de religion,  de colonisation. C’était aussi de l’usurpation et du fondamentalisme de  type blasphématoire.<span id="more-3674"></span></p>
<p><span style="color: #aa8800;"><strong>Aucune opposition entre les religions et civilisations</strong></span><br />
Sur  le plan historique, l’Islam et la chrétienté, par le passé, se sont  parfois affrontés, mais les peuples ont surtout partagé, coexisté et  fécondé une lumineuse civilisation autour de la Méditerranée. L’Islam a  su mettre en pratique une convivialité réelle pendant des siècles entre  juifs, chrétiens et musulmans. L’Islam a plutôt respecté et protégé les  chrétiens et les juifs, alors que la violence des croisés et du système  colonial a été sans borne. Les chroniqueurs occidentaux décrivent la  sauvagerie des croisés et leur mépris de l’adversaire. En revanche, tous  les historiens reconnaissent la noblesse de Saladin lorsqu’il chassa  l’occupant en épargnant les populations chrétiennes.<br />
Des chrétiens  considèrent qu’après le VIIIe siècle l’Islam a remplacé la chrétienté en  rive Sud de la Méditerranée, mais cela s’est fait plus par le dialogue  et la conduite droite que par la contrainte. La colonisation, dont les  effets pervers n’ont pas encore disparu, de son côté, a tout fait pour  tenter de christianiser les musulmans mais a échoué. Les régimes  d’apartheid sont tous des produits de mouvements politiques occidentaux  et sionistes, qui contrastent avec la cohabitation interculturelle et  interethnique dans le monde musulman où, juifs, musulmans et chrétiens  ont bien cohabité jusqu’au début du XXe siècle. Il n’y a aucune  opposition de principe entre les religions et civilisations.<br />
Le  décret conciliaire sur les religions non chrétiennes adopté en 1965 par  le Vatican est clair, il contient un appel sage aux fidèles des deux  religions à dépasser les controverses du passé et à s’estimer: «Si, au  cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont  manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte  tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension  mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les  hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.»<br />
Prendre  prétexte de la violence aveugle commise par d’inauthentiques musulmans,  comme les récents attentats ignobles contre des chrétiens à Baghdad,  pour stigmatiser l’Islam, procède d’un reflexe irrationnel, qu’il faut  dénoncer. Les musulmans sont plus menacés par les extrémistes que les  chrétiens, un million d’Irakiens sont morts depuis 2003. S’il est vrai  que des chrétiens, dans des pays musulmans, sont parfois soumis à des  épreuves, la cause est à chercher d’une part dans l’ignorance, d’autre  part dans la politique internationale actuelle inique et non pas dans  une lecture littéraliste du Coran.</p>
<p><span style="color: #aa8800;"><strong>Le droit à la différence</strong></span><br />
Reconnaître  en Europe le droit à la différence, ne peut porter atteinte à  l’identité ou à des principes culturels. Les citoyens européens de  confession musulmane dans le respect des lois ont le droit démocratique  d’exprimer pacifiquement, publiquement et en commun leur foi. L’Islam  est séculier, porteur d’un sens élevé de l’humain et les musulmans  européens sont une richesse humaine et respectent les lois et valeurs de  leur société. Une infime minorité d’intégristes, ignorante, ne peut  changer la réalité.<br />
Pour l’Europe, terre des droits de l’homme, ce  serait se renier que remettre en cause le droit à la liberté religieuse.  Même si tous les Européens ne confondent pas Islam et fanatisme, on  constate un emballement inquiétant. Des responsables politiques,  notamment de pays qui ne sont pas quittes avec leur passé et qui  devraient être prudents, opposent abruptement les valeurs des Lumières  ou les valeurs chrétiennes à celles de l’Islam.<br />
Vouloir interdire aux  musulmans de vivre leur foi, librement et paisiblement, conduirait au  totalitarisme. La rencontre d’autrui, lorsqu’elle est respectueuse de  l’altérité, est facteur de civilisation On sort de l’humanisme et du  christianisme si on laisse faire la xénophobie. Le sentiment  antimusulman est une forme de continuité de l’antisémitisme. En ces  temps de crise et de repli, il annonce des lendemains sombres.  L’antisémitisme occidental a conduit à l’innommable. Le remplacer par  l’islamophobie est plus que dangereux.<br />
A tous les chrétiens  d’Occident et de partout, attachés au Message de Jésus, il est important  de rappeler le commandement: «Tu aimeras ton prochain comme toi- même»,  qui est aussi nôtre, et le mot d’ordre du Concile Vatican II: «Le  dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur,  en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi  d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, Miséricordieux, futur Juge  des hommes au dernier jour.» Aux humanistes, de partout, il est urgent  de rappeler la Déclaration universelle des droits de l’homme. Aux  musulmans d’Orient et de partout, on doit de même leur rappeler ces  valeurs, le principe coranique-clé et immuable, «Nulle contrainte en  religion» et le mot prophétique: «Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux  pas qu’on te fasse.»<br />
L’heure est à la solidarité non sélective.  Ensemble, confrontés aux mêmes défis, tous les hommes et femmes de bonne  volonté doivent dire non au retour de la xénophobie. Le devenir est  commun, ou ne sera pas.</p>
<p><strong>intellectuels@yahoo.fr</strong></p>
<p>Mustapha CHÉRIF</p>
<p><strong>http://www.lexpressiondz.com/</strong></p>
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		<title>En Sambre-Avesnois, les Français musulmans ont-ils les mêmes droits face à la mort ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 11:30:47 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en sous-sol?» « Le Droit au sous-sol », film réalisé par Djamel Zaoui et présenté par Place Publique au centre culturel la Florentine, a porté le débat sur l&#8217;avenir des lieux d&#8217;inhumation, une question qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="image"><img src="http://www.lavoixdunord.fr/stories/image250x00/mediastore/VDN/A2010/M12/en-sambre-avesnois-les-francais-musulma-838118.jpg" alt=" «Qu'est-ce qu'une société où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en sous-sol?»" /> «Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société où on demande de vous  intégrer de force et pour le jour ultime, on ne veut plus de vous en  sous-sol?»</div>
<p>« Le Droit au sous-sol », film réalisé par Djamel  Zaoui et présenté par Place Publique au centre culturel la Florentine, a  porté le débat sur l&#8217;avenir des lieux d&#8217;inhumation, une question qui  concerne cinq millions de musulmans en France.</p>
<p>Pour cette première projection dans le bassin de  la Sambre, le réalisateur Djamel Zaoui et le responsable de Place  Publique, Nasser Achour, ont commenté et répondu aux questions sur les  conditions d&#8217;inhumation. Le réalisateur originaire de Maubeuge, fils et  petit-fils de militants algériens qui ont dû fuir leur terre natale,  collecte les témoignages pour comprendre son histoire, son identité.  Après avoir tourné les films « Autre guerre d&#8217;Algérie », « O.A.S »,  « Abécédaire du jeune lascar périphérique », il propose de se pencher  sur le « droit au sous-sol ». A l&#8217;origine de ce tournage, sa fille en  passant devant un cimetière lui a demandé où serait-il enterré ?  Question fondamentale qui touche toutes les familles issus de  l&#8217;immigration &#8211; très ancienne dans la région -, beaucoup de monde au  final.</p>
<div><a href="http://memorix.sdv.fr/RealMedia/ads/click_nx.ads/www.lavoixdunord.fr/infoslocales/maub_articles/1754456537@TopRight,BottomLeft,Position4,Position2,Position3,Position1,Bottom1,Middle,Middle1,Middle2,Middle3,x04,x05,x06,x07,x08,x09,x10,x20,x21,x22,x23,x24,x30,x50,Right,Right2,Right3%21Position1?" target="_top"> </a></div>
<p>Chaque année des centaines de Français de confession musulmane sont  inhumés loin de leur famille, dans leur pays d&#8217;origine, terre inconnue  pour la plupart d&#8217;entre eux. Ils vivent, travaillent et meurent sur le  sol français et sont rapatriés « vers le bled ». Le rapatriement est  très cher. Les assurances sont de l&#8217;ordre de 3 000 à 5 000 E, hors frais  voyage. En outre, le deuil étant important dans la procédure, une bonne  préparation est nécessaire pour que l&#8217;inhumation sur les lieux du décès  soit possible.</p>
<h4>1 400 signatures recueillies</h4>
<p>« Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société  où on demande de vous intégrer de force et pour le jour ultime, on ne  veut plus de vous en sous-sol ? La question est double sur le droit au  sol et au sous-sol. Je vis ici, je travaille ici, où dois-je mourir ? »,  s&#8217;interroge Djamel Zaoui.</p>
<p>Pour les Français de confession musulmane, l&#8217;important est la  position du corps ou du visage orienté vers la Mecque. « L&#8217;association  Place Publique, n&#8217;est pas venue demander des carrés ! », rappelle Nasser  Achour. « Notre objectif est de travailler sur les thématiques proches  de l&#8217;Histoire, la mémoire, la citoyenneté, l&#8217;implication politique,  sociale et professionnelle des personnes vivants dans des quartiers  populaires.</p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;oeuvrer sur les principes républicains de la  fraternité, de la liberté de l&#8217;égalité. Ici, nous parlons d&#8217;inégalité de  traitement devant la mort.</p>
<p>Les cimetières ou carrés musulmans font cruellement défaut. » En  1934, en France, à Bobigny, un cimetière avait été accordé par décret  présidentiel. Depuis les choses n&#8217;ont guère évolué ou si peu. Place  Publique demande un respect de la loi : les maires ont en effet  l&#8217;obligation de regrouper les sépultures de même confession.  L&#8217;association a récolté 1 400 signatures sur le bassin Sambre-Avesnois  adressées aux maires puis à l&#8217;Agglomération, qui n&#8217;a pas la compétence.  « Ici, la municipalité d&#8217;Aulnoye a accordé ce droit à l&#8217;accès au sol. En  toute logique. Si l&#8217;on accorde la citoyenneté et l&#8217;égalité durant les  années de vie, de travail, alors comment peut-on refuser l&#8217;accès au  droit à mourir sur le territoire de vie ? On laisse pratiquer la  religion et au moment de mourir que se passe-t-il ? Il n&#8217;y a pas de  terre sainte pour mourir. » En Sambre-Avesnois, la compréhension des  Élus est à géométrie variable : si l&#8217;acceptation existe quelques  communes ont des difficultés pour trouver des lieux d&#8217;inhumation. •  CLAUDIE JANSHON (CLP)</p>
<p><strong>http://www.lavoixdunord.fr/</strong></p>
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		<title>L’universalisme de l’islam</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 17:05:37 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Si l’espérance n’est pas suivie de l’action, Elle demeure un vain désir.&#160;&#187; Pourquoi une voie soufie telle que la tarîqa ‘Alâwiyya se préoccupe-t-elle de la « Terre », de « l’éducation d’éveil », de la « communication » et des « médias », ou encore de la « mondialisation » ? N’est-elle pas concernée, a priori, uniquement par « la spiritualité et le soufisme », ou encore « la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Si l’espérance n’est pas suivie de l’action, Elle demeure un vain désir.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p><em> </em><img id="prodImage" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51iI8KkW0jL._SS500_.jpg" alt="" width="215" height="259" /></p>
<p>Pourquoi une voie soufie telle que la  tarîqa ‘Alâwiyya se préoccupe-t-elle de la « Terre », de « l’éducation  d’éveil », de la     « communication » et des « médias », ou encore de la  « mondialisation » ? N’est-elle pas concernée, a priori, uniquement par  « la spiritualité et le     soufisme », ou encore « la Révélation » &#8211; autres thèmes traités lors  du congrès de juillet 2009 ??</p>
<p>Autant demander pourquoi le Prophète,  chargé de transmettre un message par essence spirituel, enseignait et  surtout incarnait l’éthique dans toutes les dimensions     de la vie, y compris les plus pratiques. C’est que l’islam, animé  par le principe/expérience de l’Unicité <em>(tawhîd)</em>, n’opère aucune scission entre l’esprit et la matière,     entre ce que le Coran nomme le « monde invisible » <em>(‘âlam al-ghayb)</em> et le monde sensible <em>(‘âlam al-shahâda)</em>.</p>
<p>De cette scission artificielle est  issue précisément la crise écologique moderne. Il est désormais  impossible de séparer l’état de la planète de notre état     spirituel ! Le Vivant <em>(al-Hayy)</em> est présent à  tous les niveaux de la Manifestation universelle, et l’on sait  maintenant que la matière qui paraît la plus inerte est ‘‘     énergie’’ et ‘‘lumière’’.<span id="more-3539"></span></p>
<p>Cette vision intégrale, intégrative,  qui caractérise l’islam bien compris, devient, dans le vécu soufi,  expérience de « réalisation » <em>(tahqîq)</em> du Réel <em>(al-Haqq)</em>, autre nom majeur de Dieu ; expérience d’expansion de la conscience humaine, qui investit dès lors toutes les facettes de la     réalité, ainsi que l’ont souligné beaucoup d’intervenants lors du congrès : <em>« Où que vous vous tourniez, là est la face de Dieu »</em> (Coran 2 : 115). C’est     en ce sens qu’il faut lire les « Recommandations du Centenaire ».</p>
<p>Mais l’homme moderne a inversé le  sens des priorités (cheikh Mehanna d’Egypte), privilégiant la raison  utilitariste, asservie à l’ego, au détriment d’une conscience     universelle qui donne son droit, selon les termes du Prophète, à  chaque niveau de réalité ; privilégiant une raison ‘‘borgne’’, coupée du  Ciel, et donc de la Terre, une raison dominatrice,     arrogante, oubliant la « Matrice », la Rahma, cette qualité  ‘‘féminine’’ de Dieu qui « enveloppe toute chose » (Coran 7 : 156) et  rend possible en nous l’inspiration et     l’intuition.</p>
<p>Considérons le colonialisme, les Guerres Mondiales, le fascisme, le nazisme&#8230; : tout cela n’est pas l’oeuvre de l’Homme, <em>« représentant     de Dieu sur terre »</em> (Coran 2 : 30), mais de l’homme mâle,  impuissant à admettre en lui la part d’Eve. À partir de là, l’illusion  et la distraction font leur travail chez cet     homme : <em>« Les cimetières sont pleins d’hommes qui ont donné leur vie pour des illusions »</em>, disait le cheikh Bentounès lors de la réunion spirituelle du     centenaire, le 30 juillet 2009.</p>
<p>Le domaine religieux islamique a  particulièrement subi cette inversion des valeurs et cette perte du  sens. Alors que les plus grands oulémas tel Ghazâlî et Suyûtî     ont toujours affirmé la précellence de la science intérieure,  spirituelle <em>(al-‘ilm al-bâtin)</em> sur la science religieuse formelle, normative, tributaire des apparences     <em>(al-‘ilm al-zâhir)</em>, on en est venu à  rigidifier, à sédimenter, à compartimenter, cette matière vivante,  dynamique, fluide, qu’était l’islam muhammadien.</p>
<p>Il faut donc recourir à l’ijtihâd, à  l’« effort d’interprétation et d’adaptation des données de la  Révélation » ? Certes, mais l’humanité ne peut     plus se satisfaire de demi-mesures. <em>« Lâ islâh bilâ salâh »</em>,  rappelle le président du conseil supérieur des confréries soufies  d’Egypte, Abdelhadi     al-Kassabi : pas de réforme extérieure sans réforme intérieure  préalable, sans remise en cause permanente de la conscience individuelle  et de ses actes, sans lucidité intransigeante.     <em>« Change-toi, ton monde changera »</em>, lance à son tour Tareq Oubrou.</p>
<p>Lucidité intransigeante sur soi-même,  et miséricorde pour les autres êtres : telle a toujours été la ligne de  conduite des maîtres spirituels du     soufisme<em>. « Agis en sorte que tu sois une miséricorde pour les autres, même si Dieu a fait de toi une épreuve pour toi-même »</em>, disait Junayd de Bagdad (m. 911).     Effort sur soi, et amour/compassion pour autrui.</p>
<p>Le soufisme vise en effet à apporter  le bonheur à l’humanité (cheikh al-Manufi d’Egypte), à redonner du sens,  à renouveler le projet humain. De simples citoyens     algériens ont ainsi témoigné à Mostaganem que le passage de la  « Caravane de l’espoir » dans leur ville leur avait effectivement ouvert  des perspectives insoupçonnées.</p>
<p>L’universalisme de l’islam ou du  soufisme, comme l’a bien compris le Dr. Kojiro Nakamura, repose sur le  fondement de la Fitra, cette nature pure originelle de     l’homme qui lui permet à tout moment de réintégrer l’Unicité. Il  amène l’homme à transcender les réflexes identitaires locaux (Mokhtar  Taleb-Bendiab), les modes d’allégeance de nature tribale,     les appropriations idéologiques, bref, à se déconditionner. Cheikha  Nur (Istanbul) formula à sa manière cette parole ancienne : <em>« Le soufisme, c’est la     liberté ! »</em></p>
<p>Il ne s’agit pas de faire fi de  l’immense patrimoine islamique, mais au contraire d’aller à son essence  pour mieux s’en imprégner et le vivifier. La Tradition rend     libre, tandis que la tradition aliène ! La célébration du centenaire  répondait bien à un souci de mémoire mais, tel le dhikr, « souvenir de  Dieu », elle a eu pour but d’actualiser     cette mémoire, de projeter une énergie spirituelle vers le futur.  Concilier patrimoine et postmodernité, voilà une opération alchimique  que peu savent faire !</p>
<p>En organisant ce centenaire en  Algérie, le cheikh Khaled Bentounès avait bien conscience de créer un  électrochoc dans son pays. Il eut été plus facile, plus     convenu, de célébrer cet événement en Europe, où le soufisme est  très ‘‘tendance’’&#8230; Le pari consistait précisément à faire venir des  milliers de personnes des « cinq continents »,     comme l’a relevé le cheikh ‘‘Zebda’’ – ancien responsable du  F.I.S. -, dans ce pays enclavé, qui vit une situation de malaise  endémique, afin de l’ouvrir aux perspectives     mondialisées.</p>
<p>La philosophie du centenaire n’était  pas d’organiser une célébration narcissique, dont les bénéfices, de  quelque ordre qu’ils soient, reviendraient à la confrérie     <em>‘Alâwiyya.</em> Non, le but était de créer une  ‘‘onde de choc’’ pouvant susciter de vrais débats, afin de contribuer à  l’éveil de la conscience de l’humanité actuelle, musulmane     ou non.</p>
<p>En effet, ne nous leurrons pas, et le  soufisme est là pour nous le rappeler : « La crise est fondamentalement  spirituelle, le reste n’est     qu’habillage » (Pierre Rabhi). Alors que le monde achoppe soit sur  un nihilisme sans issue, soit sur un messianisme morbide, saurons-nous  démentir les indiens Kogis, convaincus que     l’ignorance et l’avidité de l’homme ‘‘civilisé’’ « ne peuvent  qu’aboutir rapidement à la fin de toute vie sur Terre » (Eric Julien) ?</p>
<p>L’appel « Semer l’espérance »  paraîtra à certains par trop naïf. Mais possédons-nous encore l’espace  confortable du scepticisme et de la dérision ? Y     avons-nous encore droit, si l’on considère crûment l’état spirituel  et matériel de la planète &#8211; ce « temple pur », selon les termes du  Prophète &#8211; et de ses habitants ? La     célébration du centenaire a été possible parce que la dynamique qui  l’animait &#8211; perçue par tous les participants &#8211; émanait d’une énergie  qui, dans la pleine lucidité des défis actuels, rend     positive encore et toujours la vie.</p>
<p>Introduction au livre Graines de Lumière. Héritage du Cheikh     al-Alâwî aux éditions Al Bouraq.</p>
<p><strong>http://mosquee-de-geispolsheim.over-blog.org/</strong></p>
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		<title>Un Islam des Lumières et des plaisirs</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 11:05:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plusieurs réactions nous ont demandé de placer cet article initialement mis dans &#171;&#160;Les Brèves&#160;&#187; en article central de notre Blog (ndlr)&#8230; que voici! Malek Chebel parle d’un Islam loin des extrémismes et loin des préjugés. Le philosophe était l’invité de la Villa Empain pour ses rencontres internationales. Entretien Il est difficile de parler sereinement de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS3pcpe7QmmpgfMdzq1BArEuuMzCU9lrER93F1d2X98jgrmgp2_" border="0" alt="" width="200" height="150" /></div>
<p>Plusieurs  réactions nous ont demandé de placer cet article initialement mis dans  &laquo;&nbsp;Les Brèves&nbsp;&raquo; en article central de notre Blog (ndlr)&#8230; que voici!</p>
<p>Malek Chebel parle d’un Islam loin des extrémismes et loin des préjugés.  Le philosophe était l’invité de la Villa Empain pour ses rencontres  internationales.<br />
Entretien</p>
<p>Il est difficile de parler sereinement de l’Islam aujourd’hui. Peu de  sujets sont aussi polémiques. Peu de place subsiste entre les  extrémismes des uns et les préjugés ou amalgames hâtifs des autres. Et  des sujets comme le voile, la burqa ou les islamistes occupent tout le  terrain.</p>
<p>C’est pourquoi la voix de Malek Chebel détonne. Il s’emploie depuis plus  de 20 ans à développer une image libérale de cette religion en traquant  les mensonges et l’hypocrisie des intégristes tout en rappelant aux <em>&laquo;&nbsp;Occidentaux&nbsp;&raquo;</em> que le véritable Islam est bien différent que celui que montrent les islamistes radicaux.</p>
<p>Anthropologue et philosophe d’origine algérienne (il est né en 1953 à  Skikda en Algérie), il a également pratiqué la psychanalyse et enseigné  dans de nombreuses universités. Essayiste et auteur de nombreux ouvrages  spécialisés sur le monde arabe et l’Islam, créateur de l’expression <em>&laquo;&nbsp;L’Islam des Lumières&nbsp;&raquo;</em> (2004), il effectue une vaste enquête sur l’Islam européen et est connu  pour ses prises de position publiques en faveur d’un Islam libéral et  d’une réforme impliquant les aspects les plus positifs de la modernité  politique.</p>
<p>Il est venu cette semaine à Bruxelles pour participer aux secondes  rencontres internationales de la Fondation Boghossian et de la Villa  Empain sur le thème <em>&laquo;&nbsp;l’Orient et l’Occident désorientés?&nbsp;&raquo;</em> L’Occident aurait perdu l’Orient. Peut-on alors considérer la création  artistique comme une source valable de résistance et de nouveaux repères  face à cette désorientation?</p>
<p>Malek Chebel y a parlé <em>&laquo;&nbsp;des bonnes manières et du raffinement en Orient&nbsp;&raquo;</em>,  un sujet qu’il connaît bien, ayant écrit de nombreux livres sur ce  sujet comme sur celui de l’érotique propre à la culture arabe: <em>&laquo;&nbsp;Dictionnaire amoureux de l’Islam&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Le livre des séductions&nbsp;&raquo;</em> et même un <em>&laquo;&nbsp;Kama-sutra arabe&nbsp;&raquo;</em>. Son dernier livre est le <em>&laquo;&nbsp;Dictionnaire amoureux des mille et une nuits&nbsp;&raquo;</em> (Plon). Nous l’avons interrogé lors de ces rencontres.</p>
<p><strong>- Pourquoi l’Islam suscite-t-il tant de passions contradictoires empêchant un débat serein?</strong><br />
- L’émergence de l’Islam en Europe est somme toute récente. Et l’Islam  politique fonctionne selon des normes différentes de l’Europe. Ce  différentiel crée des tensions. De plus, la méconnaissance que l’Europe a  de l’Islam réveille les fantasmes d’un Islam qui fut jadis conquérant  mais qui ne l’est plus. Alors que la sagesse voudrait qu’on utilise la  raison pour analyser ça, ce sont la peur, l’angoisse et l’émotion qui  obscurcissent l’esprit.<span id="more-3430"></span></p>
<p><strong>- Vous prônez un Islam des Lumières. Mais on en est loin apparemment?</strong><br />
- Je milite pour une utopie, c’est vrai, pour un Islam de demain qui  n’est pas encore vraiment là. Je parle d’un Islam des Lumières et non  plus d’un Islam arrêté au VIIè siècle ou d’un Islam qui ne bouge plus et  qui exige que tout le reste du monde s’adapte à lui. Il m’a fallu du  tempérament pour lancer cette idée d’<em>Islam des Lumières</em> en 2004,  lorsque le monde était à feu et à sang et que régnait une phraséologie  d’exclusion. J’ai prôné une vision humaine de l’Islam qui donnerait à  chacun sa place de sujet autonome. Mais je fais face à deux blocs  opposés qui veulent tous deux rendre explosif le débat sur l’Islam. Je  n’aurais jamais lancé ce concept si je n’avais pas senti une demande  venue du terrain qui milite pour que l’Islam bouge en ce sens. 90% des  musulmans aspirent à un Islam ouvert et seuls 1% amènent le feu, mais ce  sont eux qui font la Une des JT.</p>
<p>L’Europe a la chance, aujourd’hui, d’être un laboratoire à taille  humaine pour lancer une telle innovation. Et je sais, à force de voyager  partout dans le monde musulman, du Qatar au Liban, en passant par le  Maroc où je vais 5 à 6 fois par an, que les gens y analysent à la loupe  ce qui se passe en Europe. Je vois quantité de jeunes, de femmes et  d’hommes qui me disent de tenir bon et qui soulignent qu’ils ne veulent  plus d’un Islam réactionnel, voire réactionnaire.</p>
<p><strong>- Mais les extrémismes gagnent du terrain dans les pays musulmans?</strong><br />
- C’est vrai. Il y avait, il y a quelques années, une belle ouverture  pour faire évoluer les choses, mais aujourd’hui, les forces  conservatrices risquent d’étrangler les forces d’ouverture. Au Maroc, il  y a 5 ou 6 ans, le Roi amenait un changement spectaculaire avec  l’instauration du <em>&laquo;&nbsp;code personnel&nbsp;&raquo;</em> (sur l’héritage, la famille,  etc.). Mais depuis, ce code est doucement battu en brèche par des cadis  et imams locaux. Si le Roi attend, ils auront gagné. En Egypte aussi, le  pays était au bord de la démocratie, la première arabe du Moyen-Orient.  Mais depuis, les islamistes et les Frères musulmans ont grignoté une  part de plus en plus grande du débat démocratique. En 20 ans, au Caire,  on a vu les choses régresser: le voile s’impose partout, les  intellectuels sont souvent muselés et le pouvoir ne veut pas se remettre  en question. Si la réforme de l’Islam marque un temps d’arrêt, ce  seront les fondamentalistes qui en profiteront.</p>
<p><strong>- Que dites-vous aux uns et aux autres?</strong><br />
- Les musulmans doivent accepter de vivre en Europe selon un contrat  social différent. La gouvernance humaine appartient aux hommes. Et  l’Islam doit rester du domaine de la foi sans piétiner sur cette  gouvernance. Nos ancêtres sont bien arrivés, à l’époque de Cordoue, à  être à la pointe des sciences, de la philosophie et de l’architecture.  Il faut écarter l’idée que l’Islam serait, par nature, contradictoire  avec une évolution moderne, politique, artistique et sexuelle. J’en  appelle à une reprise en mains du débat sur les textes et à dénoncer les  théologiens réactionnaires. J’ai traduit le Coran et je connais bien  les textes, mais quand j’ai entendu un théologien de l’université al  Azhar du Caire dire que l’excision était compatible avec l’Islam, je me  suis insurgé, comme d’autres l’ont fait avec moi. Il faut stigmatiser  ceux qui justifient la burqa ou la polygamie au nom de l’Islam. Je suis  un militant des Droits de l’Homme, en particulier dans l’Islam. Je  répète que ce sont ceux qui gèlent les choses qui sont, en réalité, les  ennemis de l’Islam et du Coran. Il y a 12 siècles, il y eut même un  mouvement de libres-penseurs dans l’Islam (le mutazilisme). Aujourd’hui,  il y a trop de théologie de l’interdit et du glacis.</p>
<p><strong>- Et que dites-vous aux Occidentaux? Qu’est-ce que l’Islam peut leur apporter?</strong><br />
- Je crois que l’Occident peut aussi évoluer et s’ouvrir à l’Orient,  comme il le fait à la Chine et au Japon, dont les cultures pénètrent la  nôtre. Le danger pour tous, y compris l’Occident, serait l’immobilisme.  Je ne veux pas faire un Orient comme est l’Occident. Les deux doivent  bouger. Sait-on que l’amour courtois fut codifié par les Arabes? Que,  dans l’Islam, une femme qui n’est pas satisfaite par son mari peut aller  devant un juge? Sait-on que la parfumerie et la cosmétique sont nées  dans le monde arabe? Dans l’Islam, l’hygiène du corps est une première  règle de la foi? Que le mot<em> &laquo;&nbsp;savon&nbsp;&raquo;</em> vient de l’arabe? Sur le plan  du raffinement, de l’écologie et du développement durable, l’Occident a  beaucoup à connaître de l’Orient. Le monde occidental est prêt, je  pense, à entendre cet apport spécifique, qui va de l’art de recevoir à  celui du hammam, ce raffinement qui peut être un vocabulaire commun pour  dialoguer.</p>
<p><strong>- Vous parlez beaucoup du plaisir et même d’un Kama-sutra arabe.</strong><br />
- Les textes que je cite sont des textes arabes que j’ai traduits! Nous  devons élargir nos champs de représentation mutuels. Dire aux  Occidentaux de ne pas enterrer trop vite l’Islam sous prétexte qu’il a  de mauvais côtés. Et dire aux musulmans que l’aspiration à la beauté et à  la sexualité est un combat aussi politique qu’esthétique. En disant que  le corps de la femme n’appartient qu’à elle-même, en parlant du désir,  je milite pour faire émerger dans l’Islam un sujet autonome. La femme ne  peut être un objet, aussi sublime soit-il, de l’autre. Ne perd son  identité que celui qui n’a pas d’identité comme sujet autonome.  L’intelligence est distillée de manière équitable partout dans le monde,  mais ce sont les conditions de l’expression de l’intelligence qui sont  mal distillées.</p>
<p><strong>Guy Duplat</strong></p>
<p><strong>http://e-s-g.blogspot.com/</strong></p>
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		<title>MODERNITE DE L&#8217;ISLAM</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Dec 2010 09:40:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je considère toute religion comme un saut considérable de l&#8217;humain vers le sacré, vers ce qu&#8217;il est réellement, c&#8217;est-à-dire un être divin. L&#8217;homme est un animal religieux qui se pose les questions suivantes : d&#8217;où je viens, qui suis-je, ou vais-je ? Les poules, les lapins, les bécasses, les athées, les phoques, les communistes, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Je  considère toute religion comme un saut considérable de l&#8217;humain vers le  sacré, vers ce qu&#8217;il est réellement, c&#8217;est-à-dire un être divin.</div>
<div>
L&#8217;homme est un animal religieux qui se pose les questions suivantes :  d&#8217;où je viens, qui suis-je, ou vais-je ? Les poules, les lapins, les  bécasses, les athées, les phoques, les communistes, les blaireaux et les  gnous ne se posent pas ce genre de questions. Toute religion quelle  qu&#8217;elle soit est une réponse à ces trois questions essentielles.</p>
<p>Désolé si cela vous déplaît, mais l&#8217;Islam est une réponse comme le sont  le bouddhisme, le judaïsme, la philosophie ou votre croyance au retour  de Jésus.<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-3405" title="Croissant Lune" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/12/Croissant-Lune.jpg" alt="" width="245" height="300" /><br />
Concernant l&#8217;Islam, il s&#8217;agit d&#8217;une religion qui existe depuis 1500 ans.  Si elle était aussi cruelle que vous le supposez, il y a belle lurette  qu&#8217;elle aurait disparu. Ce qui est bon pour l&#8217;homme perdure, ce qui lui  est néfaste disparaît spontanément. Voyez le nazisme, le communisme ou  les religions qui sacrifiaient les jeunes filles pour faire tomber la  pluie.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas l&#8217;Islam qui a inventé le sacrifice humain, la loi du  talion, la lapidation, mais bien le judaïsme que vous adorez tant. En  fait, ces sacrifices existaient déjà chez l&#8217;homme préhistorique, le jour  où il a pris conscience de son origine divine.</p>
<p>Tous les dimanches, les Chrétiens commémorent un sacrifice humain, celui  de Jésus, lors de l&#8217;eucharistie. &laquo;&nbsp;Mangez et buvez, ceci est mon corps,  ceci est mon sang&nbsp;&raquo;. Il s&#8217;agit ni plus ni moins d&#8217;un acte de  cannibalisme. Par l&#8217;hostie, les fidèles, dévorent l&#8217;agneau Jésus.</p>
<p>Une hostie est une victime immolée sur la pierre de l&#8217;autel, puis  offerte au dieu. L&#8217;autel n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un dolmen, table de  sacrifice.</p>
<p>On ne retrouve pas pareille imbécilité dans l&#8217;Islam. L&#8217;agneau Jésus,  sacrifié, torturé et crucifié pour sauver les hommes trône dans toutes  les églises, à de nombreuses intersections de routes ou au-dessus du lit  des Chrétiens. N&#8217;est-ce pas cruel, imbécile et primaire de croire qu&#8217;un  sacrifice puisse faire tomber la pluie ou sauver l&#8217;humanité ?</p>
<p>Nous sommes au 21 èmes siècle ! On ne trouve pas cela en Islam sauf le  sacrifice du mouton lors de l&#8217;Aïd el Kébir qui est davantage une fête  qu&#8217;un sacrifice. Dans nos abattoirs républicains, on ne fait pas mieux.</p>
<p>Contrairement à l&#8217;Islam qui est la religion la plus moderne, les  Chrétiens sont encore polythéistes. Ils adorent les saints comme des  dieux. Ils se prosternent devant la statue de plâtre de la Sainte  Vierge, défilent en pèlerinage à Lisieux ou baisent les pieds d&#8217;un Jésus  en plâtre&#8230;</p>
<p>Les Chrétiens sont des idolâtres, les bouddhistes également, mais en  Islam il est interdit de réduire le divin à une statue. L&#8217;art musulman  n&#8217;est pas figuratif pour éviter l&#8217;idolâtrie. Appréciez le dépouillement  d&#8217;une mosquée aux décors indécents du Vatican.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui non seulement les lapidations sont extrêmement rares <em>(appliquées sur des criminelles et non pas pour une simple infidélité),</em> mais elles sont condamnées par la majorité des Musulmans. Comparez aux  220 000 avortements pratiqués rien qu&#8217;en France&#8230; Pour les Juifs et les  Musulmans c&#8217;est une horreur, pour vous c&#8217;est un droit. Si aujourd&#8217;hui  on ne peut plus reprocher d&#8217;atrocités au Chrétiens, ce n&#8217;est pas parce  que cette religion est meilleure, mais parce qu&#8217;elle a perdu son  pouvoir.</p>
<p>Et puis le Pape n&#8217;est guère intelligent lorsqu&#8217;il interdit le préservatif en Afrique touchée par le SIDA.</p>
<p>Conclusion : les religions sont une réponse mais ne sont pas LA réponse à  nos questions existentielles. Elles ont toutes de bons et de mauvais  côtés<em> (plus de mauvais que de bons.)</em></p>
<p>Laissez le temps aux humains de grandir, de s&#8217;humaniser, de découvrir  qui ils sont, d&#8217;évoluer, chacun selon sa voie et sa culture. Vos  croyances et vos pratiques sont les vôtres, les leurs sont les leurs. Un  peu d&#8217;ouverture d&#8217;esprit s&#8217;il vous plaît ! Commencez par voir ce qui  cloche chez vous. L&#8217;Islam, même si c&#8217;est la religion la plus moderne,  n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une religion, souvent détournée par les  politiques, avec des aspects cruels et d&#8217;autres plus intéressants. A  terme, l&#8217;Islam mourra quand l&#8217;humanité aura ouvert les yeux.</p>
<p><strong><em>Xavier de Izarra</em></strong><br />
<a href="mailto:xavier_de_izarra@yahoo.fr">xavier_de_izarra@yahoo.fr</a></div>
<div></div>
<div><strong>http://izarralune.blogspot.com/</strong></div>
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		<title>Aperçu sur l’histoire de la philosophie islamique</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 16:45:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Arefeh Hedjazi</p>
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<p>La philosophie islamique commence bien  évidemment avec l’islam et s’inspire notamment des enseignements  coraniques. Le Coran, pourtant, n’est pas un livre philosophique.  Cependant, avec le développement et l’expansion de l’islam dans des pays  possédant déjà des traditions philosophiques bien ancrées, puis avec  l’important mouvement de traductions et de découvertes des sagesses  antiques des pays conquis, cette nouvelle foi a inspiré une philosophie  nouvelle, qui étudiait les grandes questions posées par le Coran dans  l’optique d’une théosophie islamique. Diverses traditions  philosophiques, de la philosophie grecque aux philosophies indiennes,  chinoises en passant par la philosophie antique iranienne, sont venues  dès le départ enrichir la philosophie islamique naissante. D’autre part,  l’islam s’est très vite divisé en multiples courants de pensées, aux  tendances et aux argumentations théologiques différentes, pour que nous  ne puissions guère parler aujourd’hui d’une seule et unique philosophie  islamique.</p>
<h3>Le mouvement de traductions après l’islam</h3>
<p>Peu après la conquête musulmane, un mouvement de traduction des  ouvrages scientifiques, philosophiques et littéraires des civilisations  conquises ou d’autres civilisations comme la civilisation grecque  commença à partir du califat omeyyade (661-750) pour atteindre son  apogée durant le califat abbasside. Ce mouvement de traduction commença à  la fin du VIIe siècle, continua durant tout le VIIIe siècle pour  atteindre son apogée au IXe siècle. Les premières traductions  comprenaient essentiellement les livres scientifiques, mais avec le  développement de ce mouvement, en particulier à partir du califat de  l’abbasside Abou Dja’far Mansour Davanighi, les domaines de la  traduction se diversifièrent : on passa très vite de la traduction des  ouvrages de sciences pratiques telles que la médecine, le calcul ou  l’alchimie à la traduction des ouvrages de sciences théoriques telles  que la physique, la philosophie, la métaphysique et la théologie. Parmi  ces traductions, les plus lues étaient les ouvrages médicaux et  philosophiques.</p>
<p>Ebn Nadim écrit : <em>« Les musulmans connaissaient les philosophies  présocratiques, les sophistes, les sceptiques, les stoïques et les  épicuriens. Ils connaissaient également l’atomisme de Démocrite. Et </em><em>ة</em><em>picure influença la théologie et le courant asharite de la même manière que la dimension matérialiste du stoïcisme</em> <em>influença la pensée mutazilite. » </em></p>
<p>Ces traductions eurent une grande influence sur le développement  d’une philosophie islamique indépendante, et la révolution scientifique  qu’elles provoquèrent fut encore plus importante que celle que connut  l’Europe au Moyen Age. Ces sciences imprégnèrent toutes les dimensions  du savoir islamique et le firent sortir du cadre d’une foi simple, car  elles obligèrent les musulmans à redéfinir tout ce qu’ils avaient  accepté par la foi et à l’appréhender intellectuellement. Cette  appréhension intellectuelle du savoir par les musulmans leur permit  ainsi de fonder les piliers d’un savoir moderne et original, enrichi par  l’apport des civilisations antiques. Ainsi, la tradition philosophique  musulmane n’est finalement ni une tradition hellénistique, ni une  tradition de pensée asiatique. Elle sut trouver ses propres repères, en  utilisant des enseignements islamiques enrichis par ceux des  civilisations antiques pour d’abord poser des questions nouvelles et  originales, puis tenter d’y répondre dans l’optique d’une philosophie  propre à l’islam se différenciant nettement de la théologie.</p>
<h3>La naissance de la philosophie islamique</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3372" title="Averroès" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Averroès.jpg" alt="" width="500" height="445" />La philosophie islamique s’est très tôt divisée en deux tendances  principales – mais non exclusives l’une de l’autre : celle de pensée  péripatéticienne [1]  arabe inspirée d’Aristote, dont le dernier grand nom fut Averroès, et  l’illuminisme</p>
<p>néoplatonicien notamment avec l’école de l’<em>ishrâq</em>.  Cependant, très tôt, les penseurs musulmans ont commencé à accorder une  grande place à l’ascèse et à la purification intérieure comme  accompagnement de la pensée purement spéculative, ce qui a conduit à  parler davantage de théosophie (<em>hikma</em>) que de pure philosophie<em>. </em>Beaucoup  d’historiens, cantonnant cette tradition de pensée à sa dimension  hellénisante, ont considéré jusqu’à il y a quelques décennies que la  philosophie islamique avait pris avec Averroès. En réalité, la pensée  islamique a bel et bien continué  et s’est enrichie en Iran pour  s’exprimer sous la forme d’une théosophie élargissant les frontières du  raisonnement philosophique, en prenant en compte la dimension imaginale  et intérieure de la pensée, pour pleinement à réconcilier la raison et  la prophétie (<em>nobovvat</em>).</p>
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Averroès répondant à ses détracteurs dans une mosquée</strong></dt>
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<p>Cela dit, la traduction de certains dialogues de Platon et surtout  des œuvres d’Aristote eut un rôle essentiel dans la constitution de la  philosophie islamique notamment chez deux grands penseurs à l’origine de  la philosophie islamique, c’est-à-dire Abou Youssef Ya’ghoub Al- Kindi  et Abou Nasr Fârâbi.</p>
<h3>Al-Kindi</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3374" title="Al-Kindi" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Al-Kindi.jpg" alt="" width="313" height="420" />Abou Youssef Ya’qoub Kindi (801-866), connu sous le nom de  « Philosophe arabe », est considéré comme le père de la philosophie  islamique. Même s’il n’a pas été capable comme Fârâbi, son successeur,  de bâtir un système philosophique homogène, il est tout de même le  premier à avoir théorisé de nombreuses questions auxquelles la  philosophie islamique tenta de répondre après lui.</p>
<p>En philosophie, Al-Kindi était proche de l’école athénienne  néo-platonicienne, plutôt que de l’école d’Alexandrie qu’adopta plus  tard Fârâbi. Il était également influencé par les idées  pythagoriciennes, mais demeura avant tout péripatéticien. Il n’en réfuta  pas moins quelques points l’aristotélisme, comme la théorie de  l’éternité du monde.</p>
<p>Il y a dans la pensée de Kindi une profonde relation entre la  philosophie et la religion qu’on perçoit moins chez Fârâbi et Avicenne.  Al-Kindi croyait en deux formes de connaissances : la connaissance  humaine, dont la plus haute forme est la philosophie, et la connaissance  divine, supérieure à celle de l’homme, en cela que la forme de savoir  qu’elle implique sera toujours hors de l’atteinte de l’homme. Ainsi, il  faut que les vérités qui font l’objet d’une révélation divine<em> </em>et qui sont intellectuellement et rationnellement hors des frontières de la connaissance humaine<em> &#8211; </em>telles  que les questions de la création du monde à partir du néant ou la  résurrection physique des hommes après la mort &#8211; soient acceptées telles  quelles. Pour Al-Kindi, la philosophie et la science sont donc soumises  à la « révélation » <em>(vahy). </em></p>
<h3>Fârâbi</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3375" title="Fârâbi" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Fârâbi.jpg" alt="" width="313" height="412" />Si Al-Kindi est le premier philosophe musulman, c’est pourtant avec  Abou Nasr Mohammad Fârâbi (870-950) que la philosophie islamique  commence véritablement. Surnommé « Magister secundus », il fut le  véritable fondateur de la philosophie hellénisante islamique. C’est dans  son œuvre que de nombreuses questions et problématiques philosophiques à  propos de l’existence <em>(vojoud)</em>, l’existant nécessaire <em>(vâjib al-vojoud)</em>, la quiddité <em>(mâhiyat)</em>, les notions d’éternel et de temporel (<em>qadim, hâdith</em>), l’intellect <em>(’aql)</em>,  etc. furent systématisées pour la première fois. Important commentateur  d’Aristote et de Platon, il fut lui-même un chef d’école et on  considère qu’il eut la même importance dans la philosophie islamique que  Plotin dans la philosophie occidentale.</p>
<p>Comme beaucoup de philosophes postérieurs grecs, il cherchait à  réconcilier les pensées aristotéliciennes et platoniciennes en  s’inspirant notamment de l’interprétation de la philosophie  aristotélicienne par les commentateurs grecs postérieurs. Il s’inspirait  également de la pensée d’Aristote dans le domaine de la logique, de la  connaissance de l’âme, de la métaphysique et de l’éthique, même si on  retrouvait de nombreux motifs platoniciens dans sa pensée et plus  particulièrement dans sa métaphysique.</p>
<p>Fârâbi est également le premier à avoir systématisé la question du rôle de la faculté imaginative (<em>khayâl</em>) et de la philosophie de la prophétie (<em>nobovvat</em>)<em>.</em> Acceptée telle quelle, la prophétie est nécessaire à la perfection de  l’homme, mais en tant qu’elle prend place dans la faculté imaginative de  l’homme, elle aide aussi à enrichir son intellect. Pour Fârâbi, la  prophétie, en ce sens, n’est ni la possession de l’homme par les forces  du monde de l’invisible et des êtres immatériels, ni un état mystique.  Le sujet de la révélation divine est un homme parfait, ayant atteint les  hautes sphères de la pensée qui sont situées au même niveau que les  hautes sphères de la prophétie embrassant les mêmes réalités. La pensée  de Fârâbi est une alliance originale et nouvelle de la philosophie  aristotélicienne et néo-platonicienne avec une coloration islamique et  en particulier, chiite duodécimaine.</p>
<h3>Avicenne</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3376" title="Avicenne" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Avicenne.jpg" alt="" width="313" height="423" />Avicenne apparut à une époque où les bases d’une philosophie  islamique avaient déjà été posées. Il est le premier philosophe musulman  à avoir bâti un système philosophique cohérent qui a dominé la  philosophie islamique durant des siècles, malgré les attaques de  Ghazzâli ou de Fakhr-e Râzi. Cette domination tenait d’une part à  l’aspect achevé du système philosophique avicennien et d’autre part, au  génie et aux analyses précises et subtiles d’Avicenne concernant la  pensée philosophique grecque et islamique. Il fut un brillant héritier  qui non seulement intégra la pensée grecque dans l’édifice de la  philosophie islamique, mais eut aussi une grande influence dans la  scolastique médiévale où sa <em>Métaphysique</em> eut un rôle déterminant  dans la pensée d’Albert le Grand ou de Thomas d’Aquin. La  caractéristique essentielle de la pensée d’Avicenne réside dans la  précision et la méticulosité avec lesquelles il sépare et définit les  concepts. Cette caractéristique rend parfois difficile la compréhension  du système avicennien, tout en donnant une grande précision à ses  argumentations, mais c’est aussi sur cette base qu’Avicenne put bâtir un  système de pensée aussi cohérent.<span id="more-3366"></span></p>
<h3>La métaphysique avicennienne</h3>
<p>Pour Avicenne, la métaphysique est l’explication rationnelle de tout.  Il divise ainsi la science en deux groupes de sciences théoriques et  pratiques : pour lui, la science théorique est la science dont le sujet  est séparé de nous alors que la science pratique s’applique à nous. Il  considère trois sciences comme sciences pratiques : l’art de gouverner,  l’économie et la psychologie, et reconnaît comme telles trois sciences  théoriques : la physique, les mathématiques et la métaphysique.</p>
<p>Le sujet de la métaphysique est l’être en tant qu’être, qui recouvre  tout ce qui existe – c’est à dire comprend autant les êtres matériels  qu’immatériels. Pour mieux le définir, Avicenne a comparé le sujet de la  métaphysique avec le sujet des autres sciences théoriques. Pour lui, la  physique n’est pas la connaissance de l’être en tant qu’être, mais de  l’être en tant que matière en mouvement ou immobile. Quand à la science  mathématique, elle traite selon lui de l’être en tant que quantité  séparée de la matière. Dans ces deux sciences, l’être est étudié de  façon limitée, c’est-à-dire &laquo;&nbsp;en tant que&nbsp;&raquo; matière ou quantité, et non de  matière absolue. Dans ces deux sciences, l’ &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo; est considéré comme  une chose évidente et n’est pas étudié en tant que tel. Ainsi, c’est  uniquement dans la métaphysique que l’être est étudié dans sa totalité,  qu’il soit matériel ou immatériel, quantité ou qualité… la seule  condition étant d’ « être ». Selon Avicenne, le concept de l’être est le  plus évident. Cette notion d’évidence du concept de l’être sera reprise  par des philosophes tels que Thomas d’Aquin puis plus tard, par  Heidegger. Outre l’influence indéniable d’Aristote sur sa pensée,  Avicenne s’est également inspiré des travaux de Fârâbi. Il est également  le premier à faire la distinction entre l’être et l’essence, ce qui  n’avait pas été le cas en métaphysique grecque où cette distinction  n’avait pas été faite sous cette forme. La philosophie avicennienne est  une forme de pensée aristotélicienne renouvelée et complétée, qui est  devenue en soi une pensée indépendante et cohérente.</p>
<h3>La pensée péripatéticienne islamique après Avicenne</h3>
<p>Après Avicenne, la philosophie péripatéticienne islamique eut à affronter un adversaire important : le théologien ash’arite [<a id="nh2" title="L’ash’arisme est un courant de pensée théologique fondé par Abol-Hassan Ali Ibn (...)" rel="footnote" href="http://www.teheran.ir/spip.php?article1294#nb2">2</a>]  Ghazzâli, qui utilisa les armes de la philosophie pour remettre sa  place et son rôle en question. Sous l’effet des attaques de Ghazzâli, la  philosophie et la spéculation intellectuelle et rationnelle perdirent  la place centrale qu’elles occupaient dans la société savante de  l’époque et il fallut les efforts incessants de nouveaux penseurs tels  qu’Averroès ou Nassireddin Toussi pour que la philosophie puisse être  quelque peu réhabilitée.</p>
<h3>Ghazzâli</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3377" title="Ghazzâli" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Ghazzâli.jpg" alt="" width="313" height="407" />Ghazzâli est le plus grand critique musulman de la philosophie.  Théologien ash’arite, il a commencé par étudier la philosophie, qu’il  maîtrisait très bien, mais était arrivé à la conclusion que la  philosophie et la spéculation rationnelle ne menaient pas à Dieu, mais  bien à des égarements dangereux. Après avoir vécu le doute et l’avoir  dépassé par un passage au soufisme, il décida de consacrer les  instruments de la pensée spéculative à la théologie pour justement  attaquer la philosophie. Il lança son attaque contre la philosophie  péripatéticienne d’abord dans son ouvrage <em>Maqâsid al-Falâsifa</em>, qui est sans doute l’un des meilleures manuels de philosophie péripatéticienne dans le monde musulman, puis, dans son fameux <em>Tahâfot al-Falâsifa</em>,  il attaqua directement cette partie de la philosophie qu’il croyait  contradictoire à l’enseignement islamique. Sa critique, menée avec les  instruments de l’argumentation spéculative, eut une grande influence sur  la radicalisation du discours antiphilosophique de l’époque.</p>
<p>Avec Ghazzâli, la philosophie péripatéticienne islamique perdit sa  place d’honneur dans les territoires est du monde musulman et c’est  uniquement à l’ouest du monde musulman, en Espagne et au Maghreb que  durant un siècle de plus, des philosophes tels que Ibn Bâjja, Ibn Tofayl  et surtout Averroès continuèrent cette tradition en l’enrichissant.</p>
<p>Averroès tenta de neutraliser l’effet dévastateur de la critique de Ghazzâli dans son ouvrage <em>Tahâfot al-Tahâfot</em> mais sa parole, qui eut un fort impact en Europe, ne fut guère  commentée dans le monde musulman. Ainsi, à l’époque où la philosophie  péripatéticienne vivait ses derniers grands jours dans le monde  musulman, elle rentrait de nouveau en Occident par la voix d’Averroès  l’andalou.</p>
<h3>La théosophie islamique</h3>
<p>Avec l’affaiblissement relatif de la pensée péripatéticienne, une nouvelle école philosophique illuministe (<em>ishrâqi</em>)  située dans la mouvance néo-platonicienne vit le jour. Les penseurs  péripatéticiens musulmans avaient d’ores et déjà pris en compte cette  dimension de la connaissance se manifestant sous la forme d’une  « illumination » intérieure, ainsi que la nécessité d’une purification  de l’âme préalable à tout questionnement philosophique. De Fârâbi  jusqu’à Avicenne, la plupart des penseurs musulmans avaient réservé une  place à cette dimension &laquo;&nbsp;imaginale&nbsp;&raquo; sans pour autant en faire un système  philosophique. Mais plus particulièrement à partir des attaques de  Ghazzâli et son argument le plus solide basé sur le fait que la raison  ne suffit pas pour atteindre la Vérité, la « théosophie », c’est-à-dire  une philosophie élargie à la dimension intérieure de l’âme, se développa  en tant que voie philosophique.</p>
<h3>L’école de l<em>’ishrâq </em>ou la théosophie de la lumière</h3>
<p>Certains historiens considèrent à tort l’affaiblissement de la  philosophie péripatéticienne musulmane comme la fin de la philosophie  islamique, qui aurait vu son dernier représentant en la personne  d’Averroès. En réalité, l’affaiblissement de la philosophie  péripatéticienne coïncide avec le renforcement d’une pensée  philosophique originale, la théosophie de l’<em>« ishrâq ». </em>Avec son fondateur Shahâbeddin Sohrawardi, surnommé le « Sheikh de l’<em>ishrâq</em> », la théosophie de l’<em>ishrâq</em> ouvrit de nouveaux horizons à la pensée islamique.</p>
<h3>Qu’est-ce que l’<em>ishrâq</em> ?</h3>
<p>Le mot « <em>ishrâq</em> » signifie illuminer. Dans le langage théosophique, « <em>ishrâq</em> » signifie « dévoilement intuitif » ou l’« illumination de l’âme par les Intelligences ». Dans la théosophie de l’<em>ishrâq</em>,  cette « illumination » et ce « dévoilement intuitif » des vérités du  monde ne sont possibles que dans le cadre d’une purification intérieure  constante de son âme. Il ne s’agit pourtant pas d’une doctrine mystique,  mais bien d’une école philosophique, utilisant l’argumentation  spéculative et le raisonnement discursif.</p>
<p>Dans l’introduction de son important ouvrage <em>Hikmât al-Ishrâq</em> (la Sagesse de la Lumière) Sohrawardi écrit : « <em>Avant  ce livre, j’ai déjà rédigé d’autres ouvrages selon la méthode des  péripatéticiens et j’ai résumé leur règles. Mais ce livre est d’un autre  genre. L’ordonnance et le contenu de cet ouvrage m’ont été inspirés,  non par la voie de la raison et de l’intellect, mais par une autre voie,  et ce n’est qu’ensuite que j’ai cherché à argumenter.</em> »</p>
<h3>La méthode philosophique de l’<em>ishrâq</em></h3>
<p>Le philosophe <em>ishrâqi</em> applique une méthode  mystique-argumentative, c’est-à-dire une méthode autant basée sur la  purification de l’âme, l’ascèse, l’illumination et la révélation  intérieure, que sur l’argumentation et la spéculation purement  rationnelles. Sohrawardi disait que sa philosophie s’adressait aux  adeptes de la sagesse spéculative mais aussi aux tenants de la sagesse  née d’une expérience directe, vécue et sapientiale. Et la condition de  compréhension de cette pensée est l’illumination divine du cœur du  philosophe. A la fin de son livre, Sohrawardi écrit : « <em>Ne donnez ce  livre qu’à ses adeptes, c’est-à-dire ceux qui ont bien connu la voie  péripatéticienne et qui cherchent la lumière divine. Avant d’étudier ce  livre, il faut suivre quarante jours d’ascèse&#8230;</em> »</p>
<h3>Les sources de la théosophie de la lumière (<em>hikmat al-ishrâq</em>)</h3>
<p>-La philosophie péripatéticienne islamique : Sohrawardi était un  maître de la philosophie péripatéticienne et il le demeura jusqu’à la  fin de sa courte vie, puisqu’il ne cessa jamais d’utiliser l’apport de  cette philosophie pour enrichir sa propre école de pensée. Il  reconnaissait l’argumentation et la spéculation comme base et  introduction à la philosophie de la lumière. Sa critique de la  philosophie péripatéticienne portait plutôt sur le désintérêt de cette  école quant à l’importance de l’illumination du cœur et de la  compréhension intuitive ; il lui reprochait également sa foi aveugle  dans la seule raison.</p>
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<dt><strong>Buste de Sohrawardi, par Jalâl Rahmati</strong></dt>
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<p>-La sagesse antique iranienne : Sohrawardi s’intéressait vivement à  la théosophie antique iranienne qu’il tenta de ressusciter dans sa  pensée. C’est pour cela qu’il a utilisé et codifié les concepts de cette  pensée, qu’il a alliés aux concepts théologiques du zoroastrisme.</p>
<p>-La philosophie et la pensée grecques : Sohrawardi connaissait et  tenait en estime les philosophes grecs d’inspiration spirituelle. Il  considérait Hermès comme le père des théosophes, Platon comme &laquo;&nbsp;le maître  de la sagesse&nbsp;&raquo; et Empédocle et Pythagore comme des sages légendaires.</p>
<p>-La mystique islamique : la relation entre la philosophie de l’<em>ishrâq</em> et la mystique islamique est si forte qu’on peut dire que cette  philosophie a pour but de déboucher sur une certaine forme de mystique.  Avec cette différence qu’en mystique, seul le cheminement intérieur sans  l’apport de la raison compte, alors que dans cette pensée, le  raisonnement discursif et l’argumentation logique ont une importance  fondamentale.</p>
<p>-Le Coran et les sources du droit islamique : en plus d’un endroit,  Sohrawardi s’inspire de certains versets coraniques et enseignements  islamiques.</p>
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<dt><strong>Ibn Arabi</strong></dt>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-3378" title="Ibn Arabi" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Ibn-Arabi.jpg" alt="" width="313" height="402" />L’impact de la théosophie de l’<em>ishrâq </em>fut très important dans  le monde musulman et donna une nouvelle dimension à la pensée islamique,  d’autant plus que cette pensée commençait à être enrichie avec l’apport  de la mystique. Ainsi, alors que l’islam occidental transmettait le  péripatétisme au monde chrétien, une génération après Sohrawardi, une  nouvelle personnalité naquit dans les territoires musulmans de l’ouest,  qui imprima sa marque dans la mystique en particulier, mais aussi dans  la philosophie islamique. Il s’agissait d’Ibn Arabi. L’auteur du <em>Al-Fotouhât al-Makkiah</em> et du <em>Fossous al-Hikam</em> est le théoricien de la mystique théorique <em>(erfân-e nazari)</em> en islam, qui influença profondément, qu’ils l’acceptent ou qu’ils s’y  opposent, tous les grands mystiques musulmans. De plus, ses  positionnements sur des questions philosophiques telles que l’unicité de  l’être (<em>vahdat al-vojoud</em>), l’union de l’intellect et de l’intelligé (<em>ittihâd al-aqil va al-ma’qoul</em>), l’homme parfait (<em>al-insân al-kâmil</em>),  etc., eurent également une influence notable en philosophie islamique.  Sa pensée influença la philosophie islamique du XIIIe au XVe siècle, en  particulier en Iran, où la confession chiite, qui devint religion d’État  à la même époque, avait toujours accordé une grande place à la pensée  spéculative.</p>
<h3>Khâdjeh Nassireddin Toussi</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3379" title="Nassireddin Toussi" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Nassireddin-Toussi.jpg" alt="" width="313" height="442" />Au XIVe siècle, la philosophie péripatéticienne fut quelque peu  réhabilitée grâce aux efforts de Khâdjeh Nassireddin Toussi. Comme  Avicenne, ce fut un savant encyclopédique qui sut s’illustrer dans la  plupart des sciences de son temps. En philosophie, il répondit aux  questions et critiques soulevées par l’adversaire des philosophes,  Fakhr-e Râzi, un penseur critiquant sévèrement la philosophie à l’instar  de Ghazzâli. L’ouvrage principal de Toussi, dans son apologie de la  rationalité était également un important commentaire de la pensée  avicennienne, ce qui eut pour résultat de remettre à jour une  philosophie péripatéticienne arabe qui avait perdu sa place depuis  quelques siècles. L’autre contribution de Toussi au renouvellement de la  philosophie islamique fut d’éduquer toute une génération de disciples  qui conduisirent la pensée islamique à sa troisième grande école, celle  du <em>Hekmat-e Mote’âliyeh </em>de Mollâ Sadrâ.</p>
<h3>Le rapprochement de la philosophie et de la mystique aux XIIIe et XIVe siècles</h3>
<p>Entre le XIIIe et le XIVe siècle, l’histoire de la philosophie  islamique est peu ou prou confuse et les recherches en la matière encore  insuffisantes. Ce qui est certain est que durant cette période, les  trois mouvances de la pensée péripatéticienne, de la pensée <em>ishrâqi</em> et de la mystique se rapprochèrent. Le chiisme dominant de l’époque  permit à ses trois formes de pensée islamique de s’allier pour donner  naissance à un nouveau courant philosophique qui atteignit son apogée  durant l’ère safavide. Des savants, des penseurs et des philosophes tels  que Ghotboddin Râzi, Ghiâsseddin Mansour Dashtaki, Assireddin Abhari &#8211;  l’auteur du fameux <em>Al-Hidâya</em> qui, commenté par Meybodi et Mollâ  Sadrâ, est l’un des manuels important de philosophie péripatéticienne -,  Mir Seyyed Sharif Jorjani ou Jalâleddin Dawâni, continuèrent  l’enseignement péripatéticien tout en y ajoutant de nouveaux éléments  mystiques ou <em>ishrâqi</em>. La mystique de l’école d’Ibn Arabi fut  commentée par des penseurs tels que Seyyed Heydar Amoli, Ibn Abi  Jomhour, ou Ibn Torkeh Esfahâni, qui l’intégrèrent à la pensée chiite.  Ainsi, l’ère pré-safavide constitua les prémisses d’une renaissance de  la théosophie à l’époque safavide.</p>
<h3>Le développement de la philosophie avec l’officialisation du chiisme au XVe siècle</h3>
<h3>L’école d’Ispahan</h3>
<p>Au XVe siècle, avec l’officialisation du chiisme et le développement  des infrastructures sociales et économiques, ainsi que la sécurisation  de la vie, résultats d’une réelle stabilité politique, une ère faste  s’ouvrit pour le développement des sciences rationnelles et la  théosophie atteignit un nouveau seuil. Le premier grand penseur de cette  époque est Mir Mohammad Bâgher Dâmâd qui allia la philosophie et la  religion et qui écrivit des ouvrages tels que le <em>Qabassât va taqdissât </em>ou <em>Al-Sirât al-Mostaqim va al-Ofoq al-Mobin. </em>Il donna une teinte <em>ishrâqi</em> à la philosophie avicennienne et la développa en tenant compte des  enseignements et de la pensée proprement chiite, en reformulant dans une  nouvelle optique certaines questions de la philosophie islamique. On  peut citer également son contemporain philosophe, Mir Abolghâssem  Fendereski, qui voyagea en Inde et commenta la pensée hindoue, ou le  Sheikh Bahâeddin Ameli, philosophe, poète, mathématicien, et mystique  contemporain de Shâh Abbâs 1er.</p>
<h3>La théosophie de Mollâ Sadrâ</h3>
<dl><img class="alignnone size-full wp-image-3380" title="Mollâ Sadrâ" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Mollâ-Sadrâ.jpg" alt="" width="313" height="369" /></dl>
<p>Le plus grand théosophe musulman de cette époque et de l’avis de  beaucoup, de toute la théosophie islamique, Sadreddin Shirâzi ou &laquo;&nbsp;Mollâ  Sadrâ&nbsp;&raquo; vit le jour à la même époque. Né en 1560, il mourut sous le règne  de Shâh Abbâs le Second en 1640 après avoir enseigné la philosophie  pendant plus de trente ans. Il laissa plus de quarante ouvrages de  philosophie. Certains de ses ouvrages présentent sa propre pensée,  d’autres sont des commentaires et certains débattent d’autres branches  des sciences rationnelles. Au niveau de sa propre pensée, son livre le  plus important est le <em>Al-Asfâr al-Arba’a </em>(Les quatre voyages),  considéré comme le plus grand livre de philosophie islamique, qu’on ne  peut aborder qu’après avoir acquis une connaissance approfondie de  l’ensemble des courants de la philosophie islamique. Ses autres livres  philosophiques tels que <em>Al-Mabdâ’ va al-Ma’âd,</em> <em>Al-Mashâ’ir wa al-Hikmat al-’Arshia, Al-Shawâhid al-Roboubiyya, </em>ses commentaires sur le <em>Hikmat al-Ishrâq </em>de Sohrawardi, son commentaire du <em>Hidâya, </em>ou ses annotations sur les <em>Ilahiyât </em>du <em>Shifâ’ </em>d’Avicenne  sont tous d’importants chefs-d’œuvre philosophiques. La pensée de Mollâ  Sadrâ a eu également une forte influence sur la théologie chiite.</p>
<h3>L’apogée de la théosophie islamique avec la théosophie transcendantale (<em>hikmat mota’âliyyah</em>) de Mollâ Sadrâ</h3>
<p>Avec Mollâ Sadrâ, neuf siècles de pensée islamique atteignirent leur  apogée et les méthodes et assertions de la philosophie argumentative  ainsi que la dimension « imaginale » de la connaissance et la mystique  furent alliées dans un système philosophique intégral et logique. Mollâ  Sadrâ fonda l’ensemble de sa théosophie sur le principe de  l’authenticité de l’être (<em>isâlat al-wojoud</em>), duquel il déduit d’autres aspects de sa pensée tels que l’unicité de l’être (<em>wahdat al-wojoud</em>) ainsi que sa dimension graduée (<em>tashkik</em>), le mouvement transsubtantiel (<em>al-harikat al-jowhariyya</em>), l’union de l’intellect et de l’objet intelligé (<em>ittihâd al-’aqil wa al-ma’qoul</em>),  etc. Il intégra à sa philosophie des concepts et les raisonnements des  écoles philosophiques précédentes tout en leur donnant une toute autre  portée. L’effort de Mollâ Sadrâ résidait avant tout dans la  réconciliation totale de la religion, en particulier du chiisme, de la  philosophie et de la mystique, et il réussit finalement, après neuf  siècles, à achever un effort commencé avec Al-Kindi en montrant comment  la méthode argumentative et spéculative alliée à la méthode intuitive et  <em>ishrâqi</em> c’est-à-dire à la dimension « révélée » du savoir peut  conduire à une même vérité. La puissance et la solidité du système  philosophique de Mollâ Sadrâ étaient telles qu’après sa mort, les  philosophes qui prirent sa suite élaborèrent tous leurs réflexions en  partant des bases qu’il avait posées. Ses élèves, tels que Mollâ Mohsen  Feyz ou Abdorrâzâgh Lahiji, ont continué d’enseigner sa théosophie  jusqu’au XVIIe siècle, époque où la relève fut prise par des penseurs  tels que Ghâzi Saïd Ghommi ou Mowlânâ Mohammad Sâdegh Ardestâni.</p>
<h3>La théosophie islamique aux XVIIe et XVIIIe siècles</h3>
<p>Au XVIIe siècle, avec l’apparition, dans la théologie chiite, de  l’école shaykhie et la forte critique de Sheykh Ahmad Ahsâ’i de la  philosophie de Mollâ Sadrâ et de son élève Mollâ Mohsen Feyz,  l’enseignement philosophique connut de nouveaux quelques tourments, mais  à l’époque qâdjâre, elle put de nouveau prendre un essor avec des  penseurs tels que Mollâ Esmâil Khâjoui, Aghâ Mohammad Bid Abadi, Mollâ  Ali Nouri, Mollâ Esmâ’il Esfahâni, Mollâ Aghây Ghazvini ou encore  Mohammad Ja’far Langaroudi qui rédigèrent de précieux ouvrages  philosophiques. Avec Mollâ Hâdi Sabzevâri, grand penseur du XIXe siècle,  la théosophie sadrienne connut un vrai renouvellement. Dès le XVIIe  siècle, la philosophie sadrienne se répandit également en Inde où Mollâ  Sadrâ demeure commenté et enseigné jusqu’à aujourd’hui. Parmi les  penseurs de l’époque qâdjâre qui ont enseigné la théosophie de Mollâ  Sadrâ, on peut également citer Mohammad Rezâ Ghomshe’i, Mollâ Abdollâh  Zanouzi ou Mirzâ Mehdi Ashtiâni. L’enseignement de la théosophie de  Mollâ Sadrâ ne s’est jamais interrompu, malgré les oppositions qu’il a  dû affronter au cours des époques, et est encore bien vivant  aujourd’hui. La pensée de Mollâ Sadrâ a également contribué à  renouveller l’enseignement des différents courants de la philosophie  islamique traditionnelle.</p>
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<dt><strong>Mollâ Hâdi Sabzevâri</strong></dt>
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<h3><img class="alignnone size-full wp-image-3381" title="Mollâ Hâdi Sabzevâri" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Mollâ-Hâdi-Sabzevâri.jpg" alt="" width="348" height="415" /><br />
La théosophie islamique contemporaine et ses maîtres</h3>
<p>Le plus grand maître contemporain de la théosophie de Mollâ Sadrâ  mais aussi de la philosophie de la lumière de Sohrawardi demeure Allâmeh  Seyyed Mohammad Hossein Tabâtabâ’i, l’auteur du magistral commentaire  du Coran <em>Al-Mizân. </em>Parmi ses ouvrages, on peut citer les <em>Bidâyat al-Hikma </em>et <em>Nihâyat al-Hikma</em>, qui sont utilisés comme manuels de philosophie de nos jours<em>. </em>Il  est également l’auteur de nombreux ouvrages et commentaires sur les  différents courants de la pensée islamique, sur la jurisprudence, la  mystique, les hadiths…</p>
<p>Parmi d’autres maîtres ou commentateurs de la théosophie de Mollâ  Sadrâ, on peut également citer Seyyed Mohammad Kâzem Assâr, Abolhassan  Rafi’i Ghazvini ou Seyyed Jalâleddin Ashtiâni qui fut sans doute  l’auteur contemporain le plus prolixe en matière de théosophie  sadrienne.</p>
<h3>Les enseignements académiques de la Lumière</h3>
<p>Après l’inauguration des premières universités iraniennes, la  philosophie islamique sortit du cadre de l’enseignement traditionnel et  est aujourd’hui étudiée et enseignée par des penseurs également en  contact avec la philosophie occidentale. Parmi eux, on peut citer Seyyed  Hossein Nasr ou Mirzâ Mehdi Hâeri Yazdi, dont la connaissance  approfondie de la philosophie occidentale lui a permis des prises de  positions sans précédent en la matière. A la même époque, Allâmeh  Tabâtabâ’i ou Shahid Mortezâ Motahhari, bien que formés à l’école  religieuse traditionnelle (<em>hawza</em>), s’étaient également distingués  par l’importance qu’ils accordaient à l’étude de la philosophie  occidentale dans le cadre d’une démarche critique et comparative avec la  philosophie islamique.</p>
<h3>La philosophie islamique contemporaine</h3>
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<dt><strong>Allâmeh Seyyed Mohammad Hossein Tabâtabâ’i</strong></dt>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-3382" title="Mohammad Hossein Tabâtabâ’i" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Mohammad-Hossein-Tabâtabâ’i.jpg" alt="" width="313" height="399" />Il existe plusieurs courants dans la philosophie islamique contemporaine dont on peut relever les caractéristiques suivantes :</p>
<p>- La nécessité de formuler une pensée islamique répondant aux  exigences du monde moderne, qui se démarque de la pensée occidentale  dans la mesure où cette pensée ne correspond pas aux fondements  philosophiques et culturels de l’islam traditionnel.</p>
<p>- A partir du XIXe siècle, les philosophes islamiques ont tenté  d’élaborer une nouvelle définition de la pensée islamique. Certains,  comme Hassan Hanafi ou Ali Mazrou’i tentèrent même de donner une  importance mondiale à cette nouvelle philosophie pour en faire un  instrument d’unification de la communauté musulmane.</p>
<p>- En Iran en particulier, l’influence de la théosophie de Sohrawardi  et de Mollâ Sadrâ demeure extrêmement forte. On peut par exemple la voir  dans les œuvres de Henry Corbin ou de Seyyed Hossein Nasr, ou même dans  la gnose de l’imam Khomeyni.</p>
<p>- Très tôt, des penseurs musulmans ont commencé à intégrer les  apports de la philosophie occidentale – entrainant souvent maintes  contradictions et remettant en cause certains fondements de la  philosophie islamique. En Iran, c’est par exemple le cas d’Abdol Karim  Soroush, qui contribua néanmoins à présenter certains aspects de la  pensée occidentale contemporaine aux Iraniens.</p>
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<dt><strong>Shahid Mortezâ Motahhari</strong></dt>
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<h3><img class="alignnone size-full wp-image-3383" title="Shahid Mortezâ Motahhari" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Shahid-Mortezâ-Motahhari.jpg" alt="" width="313" height="408" /></h3>
<h3>Les réactions de la pensée islamique moderne face à l’Occident</h3>
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<dt><strong>Jamâladdin al-Afghâni</strong></dt>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-3384" title="Jamâladdin al-Afghâni" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Jamâladdin-al-Afghâni.jpg" alt="" width="313" height="375" />A partir de la fin du XIXe siècle, le monde musulman vit la naissance  d’un mouvement qui avait pour but l’étude des causes ayant provoqué le  déclin et la décadence relative des sciences et de la rationalité dans  le monde islamique, au moment même où la pensée et la technique  occidentales prenaient un sérieux essor. La prise de conscience de ce  problème eut pour résultat la constitution du <em>Nehzat-e Renaissance</em> (Mouvement pour la renaissance) qui commença en 1850 en Syrie et se  poursuivit, en particulier en Egypte, jusqu’en 1914. Les tenants de ce  mouvement voulaient bénéficier de l’apport scientifique et technologique  de l’Occident sans que cela remette en cause les bases de leur culture,  et en même temps définir une nouvelle identité islamique demeurant  fondée sur les bases traditionnelles. Le but principal de ce mouvement  et de ses nombreux avatars était de ressusciter une culture islamique  moribonde dans un monde dominé par l’Occident. Jamâladdin al-Afghâni ou  Mohammad Abduh répondirent à cette question avec l’argument de la  rationalité essentielle en l’islam. Pour eux, le modernisme et la  modernisation ne remettaient pas en cause les fondations de l’islam,  puisqu’il était par essence rationnel. Dans la même mouvance, Mostafâ  Abdorazzâgh allait jusqu’à penser pouvoir concilier la philosophie  islamique traditionnelle et la pensée moderne occidentale. Ce dernier  défendait l’interrelation profonde entre la Révélation et le  raisonnement spéculatif, ainsi que l’adaptation naturelle des sciences  islamiques – même traditionnelles – avec la rationalité. D’autres  penseurs tels que Mohammad Abed Al-Jabri estimaient que seules la  déconstruction de l’identité islamo-arabe et l’étude des causes de sa  décadence pourraient conduire à la modernisation de la culture  islamique. Pour Al-Jabri en particulier, cette déconstruction passait  par l’idée utopique de l’abandon de la langue arabe en tant que vecteur  d’une pensée arabe qui, selon lui, s’était figée dans l’expression de la  tradition. Un autre penseur musulman, Foâd Zakkaria, estima que la  décadence du monde musulman était le résultat de sa négligence envers  son héritage scientifique et rationnel et son incapacité à porter un  regard historique sur son passé. Zaki Najib Mahmud, lui, souligna le  rôle de la philosophie pour conduire l’homme du connu vers l’inconnu et  pensait que la religion était un obstacle. Hassan Hanafi, autre penseur  musulman, théorisa une forme de phénoménologie selon lui capable de  permettre une nouvelle définition du <em>tawhid – </em>l’Unicité divine <em>- </em>qui  comprenne en soi l’égalité et l’unité de tous les hommes. Il estimait  aussi que l’Occident, ayant désormais entamé un processus de décadence,  avait besoin du sang neuf d’un Orient modernisé. Le penseur pakistanais  Fazlur Rahmân, importante figure de la philosophie politique islamique,  estimait quant à lui que le conservatisme islamique était contraire à  l’essence de l’islam. On peut également citer les travaux des musulmans  américains comme Malcom X. Ces derniers, généralement afro-américains,  tentèrent d’exprimer un multiculturalisme antiraciste et pacifiste à  travers la pensée islamique. Ils mirent en parallèle l’idée du jihad  monothéiste avec la nécessité d’établir une société plus juste, et en  même temps globale et multiculturelle. Dans une optique plus spirituelle  et universitaire et concernant plus spécifiquement la philosophie  « iranienne », on peut également citer le travail de Henry Corbin dans  la compilation et la présentation au public occidental de la philosophie  islamique iranienne après Avicenne. Son introduction de la pensée de  Sohrawardi et de Mollâ Sadrâ en Occident a ainsi conduit à une révision  de l’histoire de la philosophie islamique selon les chercheurs  occidentaux, qui selon eux avait pris fin avec Averroès. Corbin souligna  également la richesse et la centralité de l’apport iranien à la pensée  philosophique et gnostique en terre d’islam.</p>
<h3>Les nouveaux courants</h3>
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<dt><strong>Mohammad Abed Al-Jabri</strong></dt>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-3385" title="Mohammad Abed Al-Jabri" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Mohammad-Abed-Al-Jabri.jpg" alt="" width="313" height="379" />Un nouveau domaine aujourd’hui en pleine expansion est celui de  l’histoire de la philosophie islamique, des écoles philosophiques qui  l’ont enrichie et du degré exact de leur influence mutuelle. On commence  également à étudier la genèse et l’évolution des textes philosophiques  originaux disponibles pour voir comment les questions philosophiques  étaient posées durant les premiers siècles de l’islam. D’autre part,  beaucoup de penseurs contemporains musulmans adoptèrent des positions  leur permettant de porter un regard nouveau sur tel ou tel point de  philosophie islamique. D’autres comme Mohammad Aziz Lahbabi utilisa,  lui, la philosophie hégélienne pour argumenter sur l’تtre dans une  optique totalement nouvelle en philosophie islamique. Enfin, certains  penseurs mêlent la pensée occidentale et islamique, soit dans un esprit  de réconciliation, pour atteindre à une nouvelle vision, soit, au  contraire, pour souligner les contradictions culturelles inhérentes à  ces deux pensées.</p>
<p>Pour finir, même si beaucoup de penseurs musulmans sont opposés à la mystique et à la gnose (<em>‘irfân</em>),  il n’en demeure pas moins certain qu’elle peut offrir un très bon cadre  pour poser des questions de philosophie islamique dans une optique  contemporaine. La tradition gnostique comprend un enseignement complet  et argumenté ainsi qu’un système de pensée rationnel qui pourrait servir  de voie nouvelle à explorer, notamment dans une optique comparative.</p>
<p>A l’époque actuelle, la philosophie islamique n’a aucunement perdu de  sa vitalité et est devenue l’arène de nouvelles questions et de  recherches liées à l’époque actuelle qui n’ont cesse de l’enrichir. On  peut donc affirmer que la philosophie islamique, malgré les importantes  transformations et critiques qu’elle a subies, demeure une pensée bien  vivante.</p>
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<dt><img src="http://www.teheran.ir/local/cache-vignettes/L313xH390/1294-15-4aeb0.jpg" alt="JPEG - 39 ko" width="313" height="390" /></dt>
<dt><strong>Henry Corbin</strong></dt>
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<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Corbin, Henry, <em>Histoire de la philosophie islamique,</em> Paris, Gallimard, Folio essais, 2002.<br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Corbin, Henry, <em>En islam iranien, aspects spirituels et philosophiques. Tome II : Sohrawardî et les platoniciens de Perse, </em>Paris, Gallimard, Tel, 1991.<br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Al-Fakhouri, Hana, Al-Jarr, Khalil, <em>Târikh-e falsafeh dar jahân eslâmi, </em>trad. persane d’Abdol-Mohammad Ayati, Téhéran, ed. Zamân, 1976.<br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Nasr, Seyyed Hossein, <em>Ma’refat-e jâvedân &#8211; majmou’e maghâlât </em>(Connaissance éternelle – recueil d’article)<em>, </em>comp. réalisée par Seyyed Hassan Hosseini, Téhéran, ed. Mehr Nioushâ, 2007.<br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Sharif, Miân Mohammad, <em>Târikh-e falsafeh dar eslâm</em>trad. pers. sous la direction de Nasrollâh Pourjavâdi, Téhéran, ed. Nashr-e dâneshgâhi, 1986.<br />
<img src="http://www.teheran.ir/squelettes-dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Moghniyeh, Mohammad-Javâd, <em>Masâel-e falsafe-ye eslâmi, </em>trad. pers. de Mohammad Rezâ Jowzi, Téhéran, ed. Bonyâd, 1991.<br />
<a rel="nofollow external" href="http://www.tahoor.com/"></a></p>
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<h2>Notes</h2>
<p>[<a id="nb1" title="Notes 1" rev="footnote" href="http://www.teheran.ir/spip.php?article1294#nh1">1</a>] L’adjectif péripatéticien désigne tout ce qui est relatif à la pensée et à la philosophie d’Aristote.</p>
<p>[<a id="nb2" title="Notes 2" rev="footnote" href="http://www.teheran.ir/spip.php?article1294#nh2">2</a>]  L’ash’arisme est un courant de pensée théologique fondé par Abol-Hassan  Ali Ibn Ismâ’il al-Ash’ari au début du Xe siècle. Il s’oppose notamment  au mo’tazilisme répandu à l’époque, qui donnait une importance centrale  au rationalisme et à l’intellect dans l’appréhension des questions  religieuses. L’ash’arisme critique le caractère abstrait de leurs  spéculations et, sans complètement rejeter l’usage de la raison dans le  domaine théologique, rejette le fait qu’elle puisse être un critère  absolu à l’aune de laquelle toutes les vérités religieuses puissent être  exposées rationnellement. Elle souligne de nouveau l’importance de la  foi face à la raison et s’oppose plus particulièrement aux philosophes.</p>
<p><strong>http://www.teheran.ir/</strong></p>
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		<title>LA XÉNOPHOBIE ET LE FANATISME  La course vers l’abîme</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 11:58:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’islamophobie n’est pas une vue de l’esprit, mais une tragique réalité qui présage de lendemains néfastes.﻿ De nouveau, Barack Obama, à l’occasion de sa visite en Indonésie, a réitéré son respect des musulmans. Plus personne ne croit les intentions. De simples paroles ne peuvent cacher la réalité. Les faits contredisent les intentions. La déception est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’islamophobie n’est pas une vue de l’esprit, mais une tragique réalité qui présage de lendemains néfastes.﻿</p>
<p>De nouveau, Barack Obama, à l’occasion de sa visite  en Indonésie, a réitéré son respect des musulmans. Plus personne ne  croit les intentions. De simples paroles ne peuvent cacher la réalité.  Les faits contredisent les intentions. La déception est immense face à  cette rhétorique, qui semble un voeu pieux. L’Occident a un passé  antisémite. Il a fallu une guerre, l’horreur de l’Holocauste pour que la  banalisation de l’antisémitisme dans la société s’estompe nettement;  aujourd’hui, c’est le musulman qui est dans l’oeil du cyclone.  «L’Occident face à l’Islam», tous les jours une certaine presse  occidentale met de l’huile sur le feu et les actes contre les lieux de  culte musulmans et les discriminations se multiplient. Les citoyens sont  choqués, lassés par l’alarmisme et la dichotomie inappropriée qui  exacerbent les crispations. Nous sommes en colère contre les extrêmes de  tous bords. La colère est saine, nous devons alerter l’opinion  internationale, car le déferlement des discours de la haine sont en  train de dépasser toutes les limites. Nous assistons à la mise en  pratique du mot d’ordre funeste du choc des ignorances. Ceux qui se  disent développés, civilisés et modernes ne savent pas garder raison,  ils bafouent le droit à la différence et le respect d’autrui. Ils  alimentent le fanatisme. Xénophobie d’un côté, fanatisme de l’autre  peuvent transformer notre monde en enfer.<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-3320" title="Mustapha CHÉRIF Evèque" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/Mustapha-CHÉRIF-Evèque.jpg" alt="" width="353" height="236" /><br />
<span style="color: #aa8800;"><strong>Riposter sagement</strong></span><br />
A  ce jour, les citoyens, de toutes croyances ou non-croyances ne sont pas  dupes et ne tombent pas dans le piège de la confrontation et des  polémiques. Mais demain, la propagande xénophobe peut créer des  désastres et entraîner le monde entier dans une guerre civile totale.  Dans un monde en crise morale et économique, marquée par le désespoir,  alors que la société a besoin d’apaisement, ce sont surtout des «élites»  médiatiques qui s’agitent et donnent la parole aux extrémistes. Quand  on prétend informer et contribuer à résoudre les problèmes, il est  contradictoire de les poser de manière sciemment tronquée. L’air du  temps délirant perturbe, mais il nous faut informer et riposter sagement  afin que la vie suive son cours et que nul ne puisse empêcher les êtres  humains de se rencontrer, de partager et de s’estimer.<br />
Des médias  occidentaux donnent la parole aux extrémistes du dénigrement qui  redoublent de férocité. Qu’ils cherchent, à partir de l’Islam, comme de  toute autre source, de se concocter une religion hybride, pour eux  seuls, un «self Islam», conforme à la logique faustienne ou à leurs  fantasmes, c’est leur affaire, libre à eux. Ce n’est ni les premiers, ni  les derniers individus qui folklorisent et infantilisent la pratique de  la foi. Certes, ils se prévalent de l’Islam, se présentent comme  «intellectuels musulmans» et en même temps ils le dénigrent de manière  schizophrénique. C’est un signe de dérèglement, ne leur donnons pas  d’importance. Ces «nouveaux intellectuels», dits de culture musulmane,  qui se flagellent, affirment que «l’Islam est foncièrement violent», que  «Dieu» s’est définitivement retiré, que l’au-delà est une fiction et le  Coran un texte sacralisé archaïquement, semblent souffrir. Les plus  virulents adversaires de l’Islam ne parlent pas comme eux, avec une  telle désinvolture et surtout un tel masochisme. C’est une faille  incommensurable. On se demande s’il faut en rire ou pleurer, ou s’il  faut leur porter un quelconque regard? Il faut les ignorer et que les  croyants prient pour eux. De par leur position de dénigrement, ils sont  sollicités par des médias occidentaux qui, n’en croyant pas leur chance,  s’accrochent à eux, les définissent comme «courageux», en vue  périodiquement de sortir l’antienne de l’Occident («civilisé») face à  l’Islam («barbare»).<br />
Ces médias cultivent la religiophobie, excluent  tout autre interlocuteur que les «révoltés» contre leur communauté et  n’ont plus d’arguments que la répétition de mensonges insidieux, adeptes  de l’idée qu’en les répétant, il en restera toujours quelque chose.  Surfant sur l’exaspération face à des comportements fondamentalistes  marginaux mis sur le devant de la scène, ils gomment la frontière  abyssale entre Islam et extrémisme, amplifient la culture de la peur et  sponsorisent ceux qui renient leur «origine», sous prétexte de  «moderniser» l’Islam.</p>
<p><span style="color: #aa8800;"><strong>Les extrêmes se nourrissent</strong></span><br />
Pour  ces «intellectuels musulmans» extrêmes, mi-consciemment,  mi-inconsciemment, c’est la spirale de la surenchère: qui dira le plus  du mal de l’Islam et des musulmans? Par eux, les musulmans sont sommés  de se nier, sinon ils sont diabolisés. De par leur aveuglement ces  «intellectuels» décrédibilisent la logique, pourtant incontournable, de  la critique, de l’interprétation et de la réforme. De plus, il ne s’agit  pas pour nous de remettre en cause le droit de critiquer, la religion, y  compris avec virulence et de manière infondée. Nul de sensé ne peut  soustraire la religion à l’examen critique, mais vouloir stigmatiser,  heurter, injurier gratuitement, de manière obsessionnelle et ouvertement  discriminatoire, n’est pas digne d’une société démocratique.<br />
L’immense  majorité des croyants accepte la critique sans limite, prouve le  mouvement en marchant, vit avec son temps, sait ce qu’elle croit et ce  qu’elle veut et refuse le dénigrement outrancièrement offensant, la  stigmatisation et l’amalgame. Elle refuse tous les extrêmes. Elle sait  que les extrémistes, qui rejettent la critique, instrumentalisent la  religion et s’enferment dans le repli, sont une infime minorité qui  apporte de l’eau au moulin d’autres extrêmes: ceux qui dénigrent de  manière pathologique et contribuent à l’invention d’un nouvel ennemi.  Les dérives ne sont pas d’un seul bord, les extrêmes se nourrissent.  L’immense majorité des croyants sait que les extrémistes, de tous bords,  ne peuvent pas tromper tout le monde tout le temps. De plus, ce qui est  si grand et si haut, en l’occurrence pour les croyants leurs références  fondatrices, parle de lui même et ne peut être atteint. Par la hauteur  de vue et le bel-agir, le besoin de partage et le vivre-ensemble  l’emporteront. En Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan,  partout, le cortège de violences aveugles suit l’envahisseur et  l’occupant.<br />
Ignorance et arrogance s’entremêlent. Ces abcès  métastasent le monde. Les puissants de ce monde semblent ne plus rien  maitriser ni leur économie, ni leur appétit insatiable de puissances, ni  l’avenir. Comme un train fou, sans pilote, le système dominant est  devenu sauvage et cannibale. Au coeur de sa stratégie, la haine du  musulman pour faire diversion.</p>
<p><span style="color: #aa8800;"><strong>Rétablir la confiance</strong></span><br />
L’islamophobie,  comme hier l’antisémitisme, n’est pas une vue de l’esprit, mais une  tragique réalité qui présage de lendemains néfastes. Nous devons appeler  à la résistance pacifique, énergique et plurivoque.<br />
Du dedans, il  nous appartient de rétablir la confiance, en réformant nos sociétés, en  condamnant fermement les violences aveugles, en affichant notre  solidarité avec les croyants discriminés d’autres religions. Les  citoyens européens de confession musulmane doivent adapter leurs  pratiques culturelles et identitaires au contexte du pays où ils vivent,  en se méfiant du repli sur soi et en se tenant à distance des  intégrismes. Les non-musulmans doivent reconnaître le droit à la  différence, pas seulement à peine tolérer l’autre, mais rechercher le  vivre-ensemble, le dialogue et refuser les amalgames. Ils doivent se  souvenir que le problème est éthique, moral, l’injustice étant le  principal problème. Les décideurs politiques européens doivent se garder  de positions électoralistes, d’exploiter les peurs et de stigmatiser  les musulmans. La xénophobie, le sentiment antimusulman, la haine et  l’agressivité qui sous-tendent la terreur des puissants, scient la  branche sur laquelle les sociétés développées sont assises. Les voyous  sont ceux qui ruinent le vivre-ensemble et mettent le feu partout, les  politiciens et les pseudo-intellectuels qui utilisent la peur pour faire  diversion et s’enrichir. Ils nourrissent la haine des uns et le  terrorisme des autres.<br />
L’insécurité est le résultat d’un système qui  refuse de reconnaître les causes des problèmes. Le monde dominant  entraîne toute la planète vers le désastre, s’il ne se corrige pas. On  se dirige tout droit vers l’abîme, si tous les hommes de bonne volonté  ne s’unissent pas pour mettre fin à la xénophobie et au fanatisme, à  tous les délires.</p>
<p>(*) Philosophe<br />
intellectuels@yahoo.fr</p>
<p>Mustapha CHÉRIF (*)</p>
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		<pubDate>Fri, 19 Nov 2010 18:18:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je tiens avant tout à remercier la Junta Islamica Catalana d’avoir organisé ce colloque qui est une véritable bouffée d’oxygène dans une Europe qui se recroqueville sur elle-même, qui est agitée par des débats xénophobes et qui de plus en plus rejette l’altérité. J’espère qu’une telle initiative pourra avoir lieu en France. Avant de rentrer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Je tiens avant tout à remercier la Junta  Islamica Catalana d’avoir organisé ce colloque qui est une véritable  bouffée d’oxygène dans une Europe qui se recroqueville sur elle-même,  qui est agitée par des débats xénophobes et qui de plus en plus rejette  l’altérité.</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p></blockquote>
<p><strong> </strong></p>
<p>J’espère qu’une telle initiative pourra avoir lieu en  France. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à me présenter  car je pense qu’une parole doit toujours être située.<br />
<img class="alignleft size-full wp-image-3172" title="houria-bouteldja-indigenes-republique" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/11/houria-bouteldja-indigenes-republique.jpg" alt="" width="375" height="500" /></p>
<p>Je vis en France, je suis une fille d’immigrés  algériens. Mon père était ouvrier et ma mère au foyer. Je n’interviens  pas en tant que sociologue, chercheuse ou théologienne. En d’autres  termes, je ne suis pas une experte. Je suis une militante et je  m’exprime à partir d’une expérience militante, politique et j’ajouterais  d’une expérience sensible. Je fais toutes ces précisions car je  souhaite que ma démarche soit la plus honnête possible. Et en toute  sincérité, je n’ai pas vraiment réfléchi à ce jour à partir du cadre  problématique posé par le féminisme islamique. Alors pourquoi participer  à ce colloque ? Lorsqu’on m’a invitée, j’ai clairement dit que je  n’avais aucune compétence pour parler de féminisme islamique mais que je  pouvais intervenir sur la notion de féminisme décolonial, une réflexion  qui doit à mon sens être intégrée à celle, générale, sur le féminisme  islamique. C’est pourquoi, je vous propose de poser un certain nombre de  questions qui pourraient être utiles à notre réflexion collective.</p>
<p><img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Le féminisme est-il universel ?<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Quel est le rapport entre les féminismes blancs/occidentaux et les féminismes du tiers-monde et entre autres islamiques ?<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Le féminisme est-il  compatible avec l’islam ?<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Si, oui comment le légitimer et enfin quelles peuvent être ses priorités ?</p>
<h3>Première question : le féminisme est-il universel ?</h3>
<p>Pour moi, c’est la question des  questions lorsqu’on a  une démarche décoloniale et que l’on veut décoloniser le féminisme.  Cette interrogation est essentielle, non pas pour sa réponse mais pour  nous obliger, nous qui vivons en Occident, à prendre les précautions  nécessaires lorsqu’on est confronté à des sociétés Autres. Prenons  l’exemple des sociétés dites occidentales qui ont assisté à l’émergence  des mouvements féministes et qui sont influencés par eux. Les femmes qui  ont lutté contre le patriarcat et pour une égale dignité entre hommes  et femmes ont obtenu des droits et fait progresser la condition des  femmes, dont je suis, moi,  une bénéficiaire. Comparons la situation de  ces femmes, c’est à dire, nous, avec celles de sociétés dites  « primitives » en Amazonie par exemple. Il existe encore ça et là des  sociétés épargnées par l’influence occidentale.  Je précise entre  parenthèse que je ne considère aucune société comme primitive. Je pense  qu’il y a divers espaces/temps sur notre planète, différentes  temporalités, qu’aucune civilisation n’est en avance sur d’autres ou en  retard, que je ne me situe pas sur l’échelle du progrès et que je ne  considère pas non plus le progrès comme une fin en soi ou comme un  horizon politique. Ou pour le dire autrement, je ne considère pas  forcément le progrès comme du progrès mais parfois ou souvent  comme une  régression. Et je pense que la question décoloniale s’applique  également à notre perception du temps. Je ferme la parenthèse. Pour  revenir au sujet, si l’on prend le critère du simple « bien être », qui  dans cette salle peut affirmer que les femmes de ces sociétés (qui ne  connaissent pas le concept de féminisme tel que conçu par nous) sont  plus malheureuses que les femmes européennes qui elles non seulement ont  participé aux luttes mais en ont fait bénéficier leurs sociétés par  leur inestimables acquis ? Je suis pour ma part, bien incapable de  répondre à cette question et bienheureux sera celle ou celui qui le  pourra. Mais encore une fois, la réponse n’est pas importante. C’est la  question qui l’est ! Car elle nous oblige a plus d’humilité et bride nos  tendances impérialistes et nos reflexes d’ingérence. Elle nous force à  ne pas considérer nos normes comme universelles et à ne pas plaquer  notre réalité sur celle des autres. Bref, elle nous oblige à nous situer  dans notre particularité.</p>
<p>Cette question étant posée clairement, je me sens plus  libre pour aborder la seconde question relative aux rapports entre les  féminismes occidentaux et les féminismes du tiers monde.  Ils sont  forcément complexes mais une de leur dimension c’est la domination  nord/sud. Une approche décoloniale doit remettre en question ce rapport  et tenter de le renverser.  Un exemple :</p>
<p>En 2007, des femmes appartenant au Mouvement des  Indigènes de le République ont participé à la marche annuelle du 8 mars  consacrée à la lutte des femmes. A cette période, la campagne  étasunienne contre l’Iran avant commencé. Nous avons décidé de défiler  derrière une banderole dont le mot d’ordre était « pas de féminisme sans  anti-impérialisme ». Nous portions toutes des keffiehs palestiniens et  diffusions un tract en solidarité avec trois femmes irakiennes,  résistantes, faites prisonnières par les Américains. A l’arrivée, les  organisatrices du cortège officiel ont commencé à scander des slogans de  solidarité avec les femmes iraniennes. Ces mots d’ordre en pleine  offensive idéologique contre l’Iran nous ont extrêmement choquées.  Pourquoi les Iraniennes, les Algériennes et pas les Palestiniennes ou  les Irakiennes ? Pourquoi ces choix sélectifs ? Pour contrecarrer ces  slogans, nous avons de notre côté décidé d’exprimer notre solidarité non  pas envers les femmes du tiers monde mais envers les femmes d’occident.  C’est ainsi que nous avons crié :<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Suédoises !<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Italiennes !<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Allemandes !<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Anglaises !<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Françaises !<br />
<img src="http://www.indigenes-republique.fr/puce.gif" alt="-" /> Solidarité avec les Américaines !</p>
<p>Ce qui signifiait : pourquoi vous seules, femmes  blanches, avez le privilège de la solidarité ? Vous aussi vous êtes  battues, violées, vous aussi vous subissez les violences masculines,  vous aussi vous êtes sous payées, méprisées, vous aussi votre corps est  instrumentalisé…</p>
<p>Je peux vous dire qu’elles nous ont regardées comme si  on était des extra terrestres. Ce qu’on disait leur paraissait  surréaliste, inconcevable. C’était la 4ème dimension. Ce n’est pas tant  leur rappeler leur condition de femmes en occident qui les choquait.  C’était le fait que des Africaines et des Arabo-musulmanes  s’autorisaient à renverser symboliquement un rapport de domination et  s’érigeaient en marraines. En d’autres termes, avec cette pirouette  rhétorique, on leur démontrait qu’elles avaient de fait un statut  supérieur au nôtre. Devant leur air incrédule, on a bien rigolé.</p>
<p>Un autre exemple : Une amie me racontait à son retour  d’un voyage de solidarité en Palestine comment des femmes françaises  abordaient des femmes palestiniennes en leur demandant si elles  utilisaient des moyens de contraception pour contrôler leurs grossesses.  D’après mon amie, les palestiniennes ne comprenaient même pas qu’on  puisse leur poser ce genre de questions tellement selon elles l’enjeu  démographique en Palestine est important. Leur perspective est tout à  fait autre. Pour beaucoup de femmes palestiniennes, faire des enfants  est un acte de résistance face au nettoyage ethnique israélien.</p>
<p>Voilà, c’était deux exemples pour illustrer ce qu’est  notre condition de femmes racialisées, comprendre les enjeux et  envisager un cheminement pour combattre le féminisme colonial et  européocentrique.</p>
<p>Dans la foulée de cette question, l’islam est-il  compatible avec le féminisme ? Cette question est de la pure provocation  de ma part. Je ne la supporte pas.  Si je la pose c’est que je me mets  dans la peau d’un journaliste français qui croit poser une question  super pertinente. Pour ma part, je refuse d’y répondre par principe.  D’une part parce qu’elle part d’une position arrogante. Le/la  représentante d’une civilisation X somme le/la représentante d’une  civilisation Y de prouver quelque chose. Y est ainsi mis sur le banc des  accusés et doit fournir les preuves de sa « modernité », se justifier  pour plaire à X. D’autre part parce que la réponse n’est pas simple  quand on sait que le monde islamique n’est pas monolithique. Le débat  peut ainsi s’éterniser jusqu’à l’infini et c’est justement ce qui se  passe quand on fait l’erreur de tenter d’y répondre. Moi, j’y coupe  court en posant la question suivante à X : La République française  est-elle compatible avec le féminisme ? Je peux vous assurer une chose :  la victoire idéologique est au bout de cette question. En France, 1  femme meurt tous les 3 jours de violences conjugales.  On estime à 48  000 le nombre de viols par an. Les femmes sont sous-payées. Les  retraites des femmes sont largement inférieures à celles des hommes. Le  pouvoir politique, économique, symbolique reste principalement entre les  mains des hommes. Certes, depuis les années 60/70, les hommes  participent plus aux travaux ménagers : statistiquement, 3 minutes de  plus en 30 ans !! Donc, je repose ma question : y-a-t-il compatibilité   entre la république française et le féminisme ? On serait tenté de  répondre non ! En fait, la réponse n’est ni oui, ni non. Ce sont les  femmes françaises qui ont libéré les femmes françaises et c’est grâce à  elles que la république est moins machiste qu’elle ne l’était avant. Il  en va de même pour les pays arabo-musulmans, asiatiques ou africains. Ni  plus, ni moins. Avec cependant un défi supplémentaire : consolider la  dimension décoloniale, la critique de la modernité et de  l’européocentrisme dans le combat des femmes.</p>
<p>Et comment légitimer le féminisme islamique ? Pour ma  part, il se légitime a priori et pas a postériori. Il n’a pas à passer  d’examen de féminisme. Le simple fait que des femmes musulmanes s’en  emparent pour revendiquer leur droit et leur dignité suffit pour une  pleine reconnaissance. Et je sais  de par mon intime connaissance des  femmes du Maghreb ou de l’immigration que « lafemmesoumise » n’existe  pas. Elle a été inventée. Je connais des femmes dominées. Soumises,  beaucoup moins !</p>
<p>Je voudrais terminer sur ce que doivent être selon moi  les priorités du féminisme décolonial. Vous avez tous entendu parler de  Amina Wadud et de son engagement dans l’élaboration d’un féminisme  islamique. Elle s’est rendue célèbre le jour où elle a guidé la prière,  rôle qui est d’habitude dévolu aux hommes. Dans l’absolu, hors contexte,  je dirai qu’en apparence on pourrait penser qu’il s’agit d’un acte  révolutionnaire. Or dans le contexte international depuis la révolution  iranienne et surtout depuis le 11 septembre (islamophobie, islam sommé  de faire son aggiornamento, injonction à la modernisation…), c’est un  message beaucoup plus ambigu qui a été diffusé par cet acte.  Répondait-il à une revendication forte, à une urgence, à une attente  fondamentale des femmes de la Oumma ? Ou bien à une attente du monde  blanc ? Permettez-moi de pencher pour la 2ème hypothèse. Non pas qu’il  n’y ait pas de femmes pour trouver injuste le fait que seuls des hommes  dirigent la prière mais parce que les priorités et les urgences des  femmes sont ailleurs. Que veulent les Afghanes, les Irakiennes ou les  Palestiniennes ? La paix, la fin de la guerre et de l’occupation, la  reconstruction de leurs infrastructures, des cadres légaux pour assurer  leur protection et leurs droits, manger et boire à leur faim, nourrir et  éduquer leurs enfants dans de bonnes conditions. Que veulent les femmes  musulmanes d’Europe et plus largement celles issues des immigrations et  qui vivent pour la plupart dans des quartiers populaires ? Du travail,  un logement, des droits qui les protègent tant contre les violences de  l’Etat que contre les violences masculines. Elles exigent le respect  pour leur religion, leur culture. Pourquoi toutes ces revendications  sont-elles tues et pourquoi l’acte de diriger la prière a-t-il fait le  tour de la planète quand christianisme et judaïsme ne se sont jamais  vraiment illustrer pour leur défense intransigeante de l’égalité des  sexes ? Je pense, pour en finir avec cet exemple que l’acte de Amina  Wadud est tout le contraire de ce qu’il prétend être. Dans les faits et  indépendamment de la volonté propre de cette théologienne, c’est pour  moi un acte contre-productif. Il ne pourra prendre son caractère  féministe que lorsque l’islam sera traité de manière égalitaire et  lorsque la revendication de guider la prière émanera de manière réelle  chez les femmes musulmanes.  Il est temps de voir les musulmans et  musulmanes comme ils sont et non pas comme on souhaiterait qu’ils  soient.</p>
<p>Je conclus ici en espérant avoir tracé quelques pistes  pour un véritable féminisme décolonial au service des femmes, de toutes  les femmes lorsque celles-ci jugent que c’est, là, la voie de leur  émancipation.</p>
<p>Houria Bouteldja <em>Madrid, le 22 octobre 2010</em></p>
<p><strong>http://www.islamenfrance.fr/</strong></p>
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		<title>Le Maroc accueille un colloque international sur l&#8217;Islam dans le monde moderne</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 10:06:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un Colloque international sous le thème &#171;&#160;Islam dans le monde moderne: opportunités et défis&#160;&#187; se déroulera, mardi et mercredi à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l&#8217;Université Mohammed V de Rabat. Organisé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques et l&#8217;ambassade de Grande-Bretagne au Maroc, ce Colloque ambitionne d&#8217;examiner, du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br id="sep_para_1" /></p>
<div><a title="Le Maroc accueille un colloque international sur l'Islam dans le monde moderne" rel="http://www.atlasinfo.fr/photo/grande-2451218-3439998.jpg?ibox"><img title="Le Maroc accueille un colloque international sur l'Islam dans le monde moderne" src="http://www.atlasinfo.fr/photo/2451218-3439998.jpg?v=1288647304" alt="Le Maroc accueille un colloque international sur l'Islam dans le monde moderne" width="407.7" /></a></div>
<div>
<div>Un Colloque international sous le thème &laquo;&nbsp;Islam dans le monde  moderne: opportunités et défis&nbsp;&raquo; se déroulera, mardi et mercredi à la  Faculté des lettres et des sciences humaines de l&#8217;Université Mohammed V  de Rabat.</p>
<p>Organisé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques et  l&#8217;ambassade de Grande-Bretagne au Maroc, ce Colloque ambitionne  d&#8217;examiner, du point de vue de l&#8217;Islam, les défis que doit relever le  monde moderne et les questions auxquelles font face les leaders  politiques, les militants de la société civile et les citoyens  ordinaires dans leur vie quotidienne.</p>
<p>Cette rencontre, organisée en collaboration avec British Council  et la Faculté des lettres et des sciences humaines, débattra de  plusieurs sujets portant, entre autres, sur les enseignements à tirer  des politiques visant à rendre hommage à l&#8217;héritage religieux et  culturel, tout en gardant les engagements vis-à-vis des droits de  l&#8217;Homme, les méthodes de traitement par les sociétés des dilemmes et des  conflits résultant des changements et la répartition des rô les entre  hommes et femmes.</p>
<p>Les participants à cette rencontre examineront également la  question de l&#8217;interprétation du patrimoine religieux est son impact sur  l&#8217;édification et la gestion de l&#8217;Etat islamique moderne et de  l&#8217;éducation dans le monde islamique, indique lundi un communiqué du  ministère des Habous et des Affaires islamiques.</p>
<p>Ce Colloque sera décliné en sessions dédiées à des axes  principaux, dont &laquo;&nbsp;les Musulmans en Europe et à travers le monde&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le rô  le des Musulmans européens dans le renouvellement de la civilisation  islamique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;dilemmes résultant des changements et des rô les des hommes  et des femmes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le cadre de la vie publique&nbsp;&raquo;, et &laquo;&nbsp;l&#8217;éducation et la  science dans le monde islamique contemporain.&nbsp;&raquo;</p></div>
</div>
<div></div>
<div><strong>http://www.atlasinfo.fr/</strong></div>
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		<title>ISLAM pour de vrai</title>
		<link>http://www.halalmagazine.com/2010/10/25/islam-pour-de-vrai/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Oct 2010 09:12:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Écrit par Ilyess L&#8217;environnement terrestre est volontairement distrayant et semé d&#8217;embûches. L&#8217;homme est faible, négligent, oublieux et capricieux. L&#8217;Islam (de l&#8217;arabe abandon), par sa doctrine et ses rites, est destiné à le guider pour lui rappeler sa vraie nature, le but réel de son passage sur terre et lui donner toutes les chances de réussir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Écrit par Ilyess</p>
<div><img src="http://www.uam93.com/images/stories/dyl.jpg" border="0" alt="" /></div>
<div>
<p>L&#8217;environnement terrestre est volontairement  distrayant et semé d&#8217;embûches. L&#8217;homme est faible, négligent, oublieux  et capricieux. L&#8217;Islam (de l&#8217;arabe abandon), par sa doctrine et ses  rites, est destiné à le guider pour lui rappeler sa vraie nature, le but  réel de son passage sur terre et lui donner toutes les chances de  réussir son parcours.</p>
<p><strong>La religion est-elle absolument nécessaire ?<br />
</strong>Aucun  chercheur n&#8217;a jamais trouvé d&#8217;explication matérielle plausible à  l&#8217;émergence de la vie sur terre. Les &laquo;&nbsp;négationnistes&nbsp;&raquo; de tous poils  répugnent à l&#8217;idée d&#8217;un DIEU créateur des cieux et de la terre. A l&#8217;aide  d&#8217;arguments fallacieux, ils ont tenté de démontrer l&#8217;existence de  l&#8217;homme par une prétendue évolution de cellules, de poissons et autres  singes savants, sans pour autant s&#8217;expliquer l&#8217;origine de ces derniers  et l&#8217;organisation extraordinaire des mondes dans lequel nous vivons.  Evidemment, la solution de facilité, pour n&#8217;avoir aucune obligation  envers le Grand Horloger qui a tout mis au point, c&#8217;est d&#8217;attribuer au  hasard, à une nature intelligente ou à des êtres inférieurs, les  mécanismes qui régissent l&#8217;univers et les bienfaits dont bénéficie  l&#8217;humanité. Mais est-ce bien scientifique et est-ce bien honnête ?<br />
La  plupart des gens adoptent machinalement la croyance de leurs parents  sans se poser de questions, s&#8217;adressant parfois à des statues de pierre  tout en croyant suivre la vraie voie. Pourtant, la religion, qui a des  répercussions non seulement sur la vie présente mais sur l&#8217;éternité tout  entière, doit-elle être prise à la légère ou être le fruit du hasard ou  d&#8217;un héritage ancestral inconsidéré ?</p>
<p><a href="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/10/Coran-islam.gif" rel="lightbox[2781]" title="Coran islam"><img class="alignleft size-full wp-image-2782" title="Coran islam" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/10/Coran-islam.gif" alt="" width="584" height="597" /></a></p>
<p><strong>L&#8217;Islam et les Musulmans dans le monde</strong><br />
Un  homme sur cinq dans le monde est Musulman et l&#8217;Islam est l&#8217;une des plus  grandes religions de la planète, ne serais-ce que par le nombre de ses  adeptes qui égale voire dépasse celui des nombreuses églises composant  l&#8217;actuelle Chrétienté.<br />
L&#8217;Islam n&#8217;est pas une petite secte sans  importance mais une religion universelle à laquelle de nombreux  occidentaux adhèrent spontanément, en connaissance de cause. En effet,  contrairement à une idée largement répandue, l&#8217;Islam n&#8217;est en aucun cas  réservé aux Arabes, aux Africains, aux Turcs ou aux Persans. Les Arabes  ne représentent d&#8217;ailleurs que le dixième de la communauté musulmane  mondiale et le plus grand pays musulman est un pays asiatique,  l&#8217;Indonésie, dont la population égale quasiment celle de tous les pays  arabes réunis.<br />
Il faut toutefois faire une distinction très nette  entre Islam et Musulmans, car il ne suffit pas de se déclarer Musulman  ou de se considérer comme tel pour l&#8217;être véritablement et  définitivement. Tout croyant cesse de l&#8217;être au moment où il commet  l&#8217;adultère, consomme des boissons alcoolisées ou vole autrui, cela  indique clairement que l&#8217;Islam est une qualité qui, faute d&#8217;entretien,  se perd aussi facilement qu&#8217;elle s&#8217;acquiert. En bref, à chaque fois  qu&#8217;un Musulman est répréhensible, cela ne remet en question que son  engagement religieux et aucunement la justesse de sa religion qui reste,  quoiqu&#8217;il arrive, le meilleur modèle à imiter.</p>
<p><strong>Origine, but et finalité de l&#8217;existence</strong><br />
Les  âmes ont foncièrement une tendance au bien ou au mal. Afin qu&#8217;elles  prennent conscience de leurs véritables aptitudes, DIEU a élaboré un  décor (l&#8217;univers), des personnages (l&#8217;ensemble de la création) et un  scénario (les situations rencontrées). A la fin de son parcours, chacune  d&#8217;entre elles sera mandée par son créateur pour être jugée et rétribuée  en toute justice. En fonction de son bon ou de son mauvais  comportement, elle recevra une récompense ou un châtiment et pourra  alors s&#8217;établir pour l&#8217;éternité dans l&#8217;environnement le mieux adapté à  sa personnalité.</p>
<p><strong>L&#8217;Islam, vrai abandon à DIEU, et la foi</strong><br />
De  même que l&#8217;enfant se fie à ses parents et se plie spontanément à leurs  exigences pour mériter davantage leur amour, un véritable croyant  s&#8217;abandonne corps et âme à son Créateur. La doctrine musulmane (la  Charia), tirée de la révélation divine (le Coran) et des enseignements  du Prophète Mohammed (la Sunna), organise la société et donne une  signification religieuse à toutes les circonstances de la vie, tant sur  le plan individuel que collectif. Bien que paraissant contraignante,  elle est d&#8217;une application suffisamment souple pour convenir en toutes  occasions et comporte de nombreux bienfaits spirituels et matériels. Est  réellement Musulman celui qui y adhère et fait son possible pour s&#8217;y  conformer de son mieux, sachant que DIEU n&#8217;impose à aucune âme une  charge supérieure à sa capacité. Cinq piliers principaux charpentent cet  ensemble homogène que constitue l&#8217;Islam : Une double attestation de foi  en DIEU l&#8217;unique et en la mission de Mohammed Son dernier Envoyé,  concrétisée par des pratiques rituelles assidues parmi lesquelles  accomplir cinq offices de prière (Sala), précédés d&#8217;ablutions, à  différents moments du jour, jeûner chaque année les journées de tout un  mois (Ramadan), s&#8217;acquitter d&#8217;une taxe annuelle (Zaka) à l&#8217;intention des  nécessiteux et effectuer un pèlerinage (Hajj) à la Maison de DIEU (la  Ka&#8217;ba) à La Mecque. La foi islamique requiert de croire au DIEU unique, à  Ses Messagers angéliques, à Ses Livres révélés, à Ses Messagers  humains, au Jour Dernier (de la Résurrection et du Jugement) et à la  détermination du bien et du mal par DIEU.</p>
<p><strong>DIEU unique et incomparable</strong><br />
Les  Musulmans et les Chrétiens du Moyen Orient, pour désigner le DIEU  unique, le Seigneur d&#8217;Abraham, Moïse et Jésus, utilisent le nom arabe  ALLAH qui ne prend ni le féminin, ni le pluriel. Attribuer des associés  ou des intermédiaires à DIEU constitue une offense impardonnable à Sa  Majesté et à Sa toute puissance. Pas d&#8217;icône ni de symbole  représentatif, DIEU est au delà de toute illustration humaine. Il est Le  Maître par excellence et Ses attributs sont les plus élevés, les plus  beaux et les plus purs. De l&#8217;infiniment grand à l&#8217;infiniment petit, rien  ne Lui échappe dans les cieux et sur la terre. Il contrôle le passé, le  présent et l&#8217;avenir et ni le temps, ni aucune de ses créatures n&#8217;ont  d&#8217;emprise sur Lui.</p>
<p><strong>Les Messagers angéliques<br />
</strong>En  Occident, les Anges font partie de l&#8217;imagerie populaire déformée par  les représentations bibliques farfelues. Ils sont les interlocuteurs des  Prophètes afin que ces derniers transmettent les recommandations  divines à l&#8217;humanité, l&#8217;homme ne pouvant soutenir le &laquo;&nbsp;regard majestueux&nbsp;&raquo;  de DIEU. Pour l&#8217;Islam, y ajouter foi, ainsi qu&#8217;à l&#8217;invisible, au  paranormal, est aussi naturel que d&#8217;admettre l&#8217;existence des ondes  acoustiques ou de l&#8217;électricité.</p>
<p><strong>Les Livres révélés</strong><br />
Les  Musulmans vénèrent les Saintes écritures des Juifs et des Chrétiens  contenues dans la Bible (Ancien et Nouveau Testament) mais, du fait de  leur altération, y accordent peu de crédit. Dernière et ultime  révélation divine, le Coran récapitule les précédents messages,  réaffirme ou rétablit la Vérité originelle et demeure à jamais le seul  Livre absolument digne de foi.</p>
<p><strong>Les Messagers humains</strong><br />
L&#8217;homme  étant par nature oublieux et insouciant, DIEU a envoyé à travers les  siècles des milliers d&#8217;Avertisseurs, afin que chaque peuple de la terre  ait un rappel de Ses recommandations. Certains d&#8217;entre eux, bien  qu&#8217;ayant vécu en Orient, ont eu une mission à portée universelle. Les  Musulmans révèrent, sans faire d&#8217;exception ou de différence, tous les  véritables Envoyés de DIEU lesquels sont des modèles de perfection mais  restent dans tous les cas de simples mortels. Attribuer au Créateur une  filiation ou une incarnation est inconsidéré et impardonnable.<br />
Le  sceau de la prophétie est Mohammed (= le loué) qu&#8217;en Occident on appelle  Mahomet. On pense à tort qu&#8217;il a apporté une religion nouvelle,  réservée aux seuls Arabes, alors que l&#8217;Islam est la continuation et  l&#8217;actualisation de la religion originelle transmise à ses prédécesseurs,  les différents Messagers, en partant d&#8217;Adam le premier homme jusqu&#8217;à  Jésus, en passant par Noé, Enoch, Abraham, Isaac, Ismaël, Jacob, Joseph,  Moïse, David, Salomon, Job, Jonas, Zacharie, Jean-Baptiste, pour ne  citer que les plus célèbres. Que la paix et le salut de DIEU soient sur  chacun d&#8217;entre eux !</p>
<p><strong>Les miracles, la science et le Coran</strong><br />
<a href="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/10/mosque-tsunami.jpg" rel="lightbox[2781]" title="mosque tsunami"><img class="alignleft size-full wp-image-2783" title="mosque tsunami" src="http://www.halalmagazine.com/wp-content/uploads/2010/10/mosque-tsunami.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a><br />
La  naissance de Jésus à partir d&#8217;une vierge (Marie) sans qu&#8217;un homme l&#8217;ait  approchée est miraculeuse, mais celle d&#8217;Adam, qui n&#8217;eût ni père ni  mère, l&#8217;est sans nul doute encore plus. Moïse et Jésus, entre autres,  sont réputés grands faiseurs de miracles dont la Bible et le Coran se  font l&#8217;écho. Bien que Mohammed ait suivi leur exemple, pour l&#8217;Islam,  religion immuable de l&#8217;évidence et de la certitude, le plus grand  miracle est la révélation coranique. L&#8217;intelligence, à condition qu&#8217;elle  soit saine, conduit forcément à DIEU et les sciences profanes doivent  naturellement confirmer la science religieuse. De nombreux spécialistes,  scientifiques, médecins, orientalistes, historiens, après avoir mis en  évidence les monumentales erreurs contenues dans les autres révélations,  ont confirmé l&#8217;authenticité des énoncés techniques du Coran et attesté  de son caractère miraculeux. Contrairement aux autres religions, qui ont  toutes souffert de la confrontation de leurs Ecritures  avec la  science, l&#8217;Islam en est sorti grandi.<span id="more-2781"></span></p>
<p><strong>Prédestination, libre arbitre et responsabilité</strong><br />
Avant  d&#8217;arriver sur terre, toute âme a contracté un pacte avec DIEU et  librement accepté les grandes lignes de sa vie terrestre, de sa  prédestination. La notion du bien et du mal étant relatives selon les  individus, seule la norme divine fait Loi. Etant libre de ses bons et  mauvais choix, d&#8217;être Musulman ou non, chaque homme est individuellement  tenu pour responsable de tous ses actes car personne ne portera le  fardeau (la responsabilité) d&#8217;autrui.<br />
Pour les Musulmans, les notions  chrétiennes de péché originel (la désobéissance d&#8217;Adam et Eve),  d&#8217;expiation par leur descendance et de rachat sur la croix par un Jésus  innocent constituent des injustices flagrantes et inadmissibles; la  conséquence des actes ne doit se répercuter que sur ceux qui les  accomplissent. En Islam, la relation entre l&#8217;homme et son DIEU est  directe; pas de prêtres, grands confesseurs et intercesseurs et autant  pécheurs que leurs ouailles. Le concept d&#8217;infaillibilité humaine,  utilisé sans vergogne par les charlatans et autres gourous à seules fins  d&#8217;être divinisés et d&#8217;abuser les faibles d&#8217;esprit, est un mythe  dangereux que toute religion digne de ce nom devrait condamner sans  réserve.</p>
<p><strong>Les qualités  humaines et spirituelles</strong><br />
La  sagesse est la propriété perdue du Musulman, il la récupère là où il la  retrouve. Toutes les qualités humaines sont des vertus islamiques et  tous les vices sont rédhibitoires. Comme les actes ne valent que par les  mobiles qui les ont inspirés, pour être prises en compte les bonnes et  les mauvaises actions doivent être réalisées consciemment. Si en cas  d&#8217;oubli ou d&#8217;erreur, les méfaits sont pardonnés, leur préméditation  constitue par contre une circonstance aggravante. L&#8217;embellissement de la  foi, d&#8217;adorer DIEU comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, Lui  te voit, est l&#8217;idéal spirituel des Musulmans qui souhaitent se  perfectionner pour plaire à leur Créateur. Le renoncement au monde et la  vie monacale étant absolument proscrits en Islam, pour atteindre  l&#8217;excellence spirituelle, le seul exemple à suivre (la seule Sunna et le  seul soufisme authentiques) est celui du Prophète lui-même qui fut un  modèle de sainteté inégalable sans jamais négliger aucune des  responsabilités matérielles qui furent les siennes.</p>
<p><strong>Egalité, fraternité, partage et tolérance</strong><br />
Nul  ne sera véritablement croyant avant d&#8217;aimer pour son frère (humain) ce  qu&#8217;il aime pour lui-même. Pas de supériorité ni de privilèges basés sur  les accidents de la nature, la race, la langue ou le lieu de naissance.  Alors qu&#8217;esclavage, racisme, ostracisme, nationalisme exacerbé et lutte  des classes étaient de rigueur, cautionnés par des religions perverties,  l&#8217;Islam inventa la nationalité idéologique et le respect de la dignité  humaine. Avant l&#8217;heure, il occulta les frontières géographiques et  ethniques et initialisa le processus d&#8217;émancipation progressive des  esclaves.<br />
Nulle contrainte en religion. La séduction, la logique et  la persuasion constituant les points forts de l&#8217;Islam, aucune conversion  de force ou obtenue de façon malhonnête, à l&#8217;instar des missions  humanitaires chrétiennes, n&#8217;est recevable. Contrairement à une imagerie  populaire savamment entretenue, qui en fait la religion de l&#8217;épée,  l&#8217;Islam n&#8217;incite en aucune manière à persécuter autrui pour ses  convictions religieuses. Musulmans et non-Musulmans sont égaux quant aux  souffrances d&#8217;ici-bas selon la juridiction musulmane. Pas de  discrimination dans les affaires d&#8217;ici-bas, ce qui est bien naturel  puisque chaque homme peut à tout moment rallier la vraie foi. Les  minorités religieuses en terre d&#8217;Islam bénéficient d&#8217;une hospitalité  contractuelle, c&#8217;est-à-dire du respect de la liberté de culte et d&#8217;un  statut personnel spécifique.<br />
Sunnisme et Chiisme sont d&#8217;accord sur  les principes essentiels de l&#8217;Islam mais ont une interprétation  différente de la foi et de la politique: le Chiisme préconisait que le  successeur du Prophète soit issu de sa propre famille, mais le Sunnisme  préféra une élection pour désigner le plus qualifié à cette succession.</p>
<p><strong>Justice, équité et pardon</strong><br />
Votre  sang, vos biens, votre honneur sont sacrés. Toute agression envers les  personnes, les propriétés ou la réputation est prohibée sous peine de  réparation voire de sanctions.  Toutefois, en Islam, ni talion  obligatoire comme dans le Judaïsme (œil pour œil et dent pour dent), ni  pardon obligatoire comme dans le Christianisme (si quelqu&#8217;un te gifle  sur la joue droite, tends-lui aussi l&#8217;autre). En vertu de la justice,  seules les victimes (ou à défaut leurs héritiers) sont habilitées à  exiger réparation, à hauteur du préjudice causé, ou de pardonner  généreusement.</p>
<p><strong>Le statut de la femme en Islam</strong><br />
L&#8217;homme  et la femme ne sont identiques ni physiquement ni psychologiquement et  il n&#8217;est pas besoin de chercher bien loin pour s&#8217;en rendre compte. Ce  sont des êtres incomparables qui ont leurs propres aptitudes et dont on  ne devrait parler qu&#8217;en termes de complémentarité et non d&#8217;inégalité ou  de rivalité. En dehors des dégénérés, personne ne devrait vraiment  trouver d&#8217;intérêt à ce que les femmes deviennent hommasses et les hommes  efféminés.<br />
Contrairement aux idées reçues, l&#8217;Islam a largement  contribué à l&#8217;émancipation des femmes en leur donnant des droits  qu&#8217;aucune société ne leur avait jamais concédés jusqu&#8217;alors et, si  certains de leurs acquis sont aujourd&#8217;hui bafoués, c&#8217;est essentiellement  dû au fait que ses enseignements ne sont pas mis en pratique.</p>
<p><strong>Chasteté, mariage, polygamie et voile</strong><br />
Afin  de préserver la société de la débauche, de l&#8217;immoralité et du vice, le  mariage reste le meilleur rempart. Contrairement aux idées reçues,  l&#8217;Islam n&#8217;a ni inventé ni même recommandé la polygamie qui reste dans  tous les cas assujettie à l&#8217;acceptation des femmes et à l&#8217;égalité de  traitement des co-épouses. Si les parlements modernes la proscrivent  aujourd&#8217;hui, lui préférant l&#8217;adultère et la prostitution, ce ne furent  aucunement les traditions juive et chrétienne mais bien l&#8217;Islam qui en  limita textuellement la portée, recommandant même implicitement la  monogamie. Les religieuses, à quelque confession qu&#8217;elles appartiennent,  sont réservées, pudiques et chastes par choix personnel. Le port d&#8217;un  voile ne signifie nullement pour elles la réclusion ou une quelconque  ségrégation sexiste mais une simple marque de décence et une protection  contre la faiblesse des hommes.</p>
<p><strong>Extrémisme, intégrisme, Djihad et terrorisme</strong><br />
La  fin ne justifie jamais les moyens. Loin du capitalisme insensible et du  communisme arbitraire, l&#8217;Islam est la religion du juste milieu qui  condamne les excès aussi bien matériels que spirituels. Le qualificatif  &laquo;&nbsp;intégriste&nbsp;&raquo; tire son origine de l&#8217;extrémisme chrétien. Dès que des  événements les dépassent, tous ceux qui sont à court d&#8217;arguments  l&#8217;utilisent désormais à tort et à travers pour caricaturer des croyants  par trop attachés à leur foi. Le mot arabe Djihad s&#8217;applique à tout  effort produit pour promouvoir un quelconque aspect de la religion et  pas exclusivement à la guerre sainte. Le Musulman se doit d&#8217;être  pacifique mais, si on le contraint à recourir à la guerre, afin de  défendre ou de récupérer ce qui lui est cher, il ne s&#8217;attaque qu&#8217;à ses  agresseurs déclarés, de la manière la plus humaine possible, en  s&#8217;interdisant la vengeance personnelle, le terrorisme aveugle et le  massacre d&#8217;innocents.</p>
<p><strong>Des obligations et des interdits, pourquoi donc ?<br />
</strong>Les  obligations et les interdits sont promulgués dans notre intérêt, quand  bien même nous n&#8217;en comprenons pas toujours la nécessité. La ceinture de  sécurité, le contrôle technique automobile, l&#8217;interdiction d&#8217;allumer du  feu en forêt ou de fumer dans les lieux publics en illustrent bien la  portée. La Bible et le Coran ont prohibé la consommation du porc et on a  découvert que la chair de cet animal malpropre recelait maints germes  extrêmement nuisibles pour l&#8217;homme, l&#8217;alcool est reconnu comme un fléau  dangereux pour la santé, pour la sécurité et pour la moralité, les jeux  de hasard réduisent des familles à la misère, etc, etc, etc&#8230;</p>
<p><strong>Daniel-Youssof Leclercq</strong></p>
<p><strong>http://www.uam93.com/</strong></p>
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		<title>L’islam demande le cœur</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Oct 2010 09:24:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ALINE JACCOTTET   RELIGIONGuide spirituel de la voie soufie alâwiyya, un des courants mystiques de l’islam, le cheikh Khaled Bentounes était l’invité, hier, de Guy Mettan, au Club suisse de la presse. Ouverture, dialogue, spiritualité: le Club suisse de la presse accueillait hier un de ces hommes dont la présence chaleureuse suffit à offrir une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>ALINE JACCOTTET			   			   <a href="http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/suisse/lislam-demande-le-coeur_10-224965#comments"></a></div>
<p id="chapeau">RELIGION<strong>Guide spirituel de la voie soufie alâwiyya, un des courants mystiques de l’islam, le cheikh Khaled Bentounes était l’invité, hier, de Guy Mettan, au Club suisse de la presse.</strong></p>
<p><a title="Le sheikh Khaled Bentounes était invité par le Club Suisse de la presse. LDD" rel="Lightbox" href="http://www.lenouvelliste.ch/multimedia/images/img_traitees/2010/10/20101001-su1_detail_popup.jpg"><img title="Le sheikh Khaled Bentounes était invité par le Club Suisse de la presse. LDD" src="http://www.lenouvelliste.ch/multimedia/images/img_traitees/2010/10/20101001-su1_normal.jpg" alt="Le sheikh Khaled Bentounes était invité par le Club Suisse de la presse. LDD" /></a></p>
<p>Ouverture, dialogue, spiritualité: le Club suisse de la presse accueillait hier un de ces hommes dont la présence chaleureuse suffit à offrir une bouffée d’air frais à un débat sur l’islam gangrené par le communautarisme, les préjugés et l’incompréhension. Car Khaled Bentounes, Algérien d’origine et membre fondateur du Culte musulman de France, passe sa vie à prêcher la fraternité, «chemin vers Dieu», et à tenter de réunir les gens, même ceux qui ne peuvent plus se voir en peinture. Rencontre avec un sage, un vrai.</p>
<p><strong>La communauté musulmane connaît actuellement de nombreuses difficultés. Sont-elles dues à nos préjugés ou à l’attitude des musulmans européens?</strong><br />
La responsabilité est partagée! Les musulmans doivent abandonner le communautarisme pour devenir des citoyens à part entière, et non à part, des pays dans lesquels ils vivent. Qu’ils pratiquent leur religion, mais avec sagesse, sans brusquer personne! D’un autre côté, les Européens doivent comprendre que la présence des musulmans est une réalité avec laquelle il faut avancer. Et que les musulmans ont énormément à leur apporter! Malgré les réticences des uns et des autres, l’humanité est en train de changer radicalement par le métissage. Le monde devient un grand village. Et nous devons reconnaître qu’au-delà de nos différences, certaines choses nous unissent, comme la présence de Dieu en chaque être humain.</p>
<p><strong>Le voile intégral, entre autres, crée une immense polémique&#8230;</strong><br />
Il faut le savoir une bonne fois pour toutes: ce n’est pas la religion mais les coutumes qui poussent les femmes à le porter. Il n’y a aucune injonction à ce sujet dans le Coran. Ainsi, nous devons tous &#8211; les musulmans aussi &#8211; réviser notre compréhension de l’islam, et de ceux qui le pratiquent. Par exemple, on ne parle que des musulmans arabes ou maghrébins, mais on oublie que la majorité des fidèles sont d’origine asiatique! (ndlr: l’islam compte 1,8 milliards d’adeptes, dont 20% seulement dans les pays arabes.). Et puis, tout le monde a le rigorisme saoudien en tête, mais ce n’est qu’une manière de pratiquer l’islam parmi des centaines d’autres! La réalité du monde musulman est mille fois plus riche et complexe que ce qu’on imagine en Europe.</p>
<p><strong>Dans cette réalité, il y a le soufisme. Pouvez-vous en donner une définition?</strong><br />
Le soufisme est le cœur spirituel de l’islam. Nous, soufis, essayons de le pratiquer en suivant non seulement la loi (chari’a) mais par la foi, en suivant la certitude de notre cœur, qui nous dit que Dieu est Un. Nous exprimons tout cela par la fraternité dans la relation à l’autre, à la Création et à Dieu, en essayant d’éveiller pleinement notre conscience à cette réalité.</p>
<p><strong>Au cœur de tout cela, il y a la foi. Comment la définiriez-vous?</strong><br />
C’est la lumière de l’intériorité, qui nous ramène tous à un état originel non distinct de Dieu. La croyance, elle, est différente: elle nous vient de notre culture, de l’héritage donné par nos parents, c’est une notion sociale. Mais la foi vient dans la solitude de la rencontre à Dieu. C’est une quête intime. Et dans cette quête, l’islam demande le cœur.<br />
Vous êtes devenu sheikh à 25 ans seulement et conseillez une communauté qui compte des milliers de personnes.</p>
<p><strong>Comment gérez-vous ces responsabilités?</strong><br />
Je fais confiance à l’Esprit divin qui m’accompagne, je le sais, partout où je vais et quoi que je fasse.</p>
<p><strong>Dans vos engagements, il y a celui du dialogue interreligieux, miné par l’éternel conflit israélo-palestinien. Comment gérez-vous cet écueil?</strong><br />
Je ne vais pas nier que soixante ans de conflit, ça pèse, d’autant plus que le problème empire. Mais j’essaye de mettre mon sentimentalisme et mes opinions personnelles de côté. Parce que dialoguer, c’est faire un chemin ensemble. Alors, quelles que soient les difficultés, les vraies intentions de notre cœur doivent être celles d’une paix partagée. Sinon, elle n’adviendra jamais.</p>
<p><strong>Ce point de vue doit vous valoir des ennemis&#8230;</strong><br />
On ne peut pas plaire à tout le monde&#8230; surtout pas aux idéologues (sourire).</p>
<p><strong>Comment voyez-vous l’avenir des musulmans en Europe?</strong><br />
Je suis pessimiste. En continuant à propager la peur, nous allons enfermer nos enfants dans une identité meurtrière, faite de haine et de préjugés dégradants. Voyez: les jeunes ne savent même plus, et c’est grave, que le monde actuel a été façonné entre autres par de brillants échanges entre chrétiens, juifs et musulmans en Espagne, il y a quelques siècles de cela. Oublier ce pan de l’histoire, c’est zapper ce qui fait notre humanité, notre identité communes.</p>
<p>Tout le monde surfe, et c’est une honte, sur la vague de la peur et de l’ignorance. Quant à moi, je ne cesserai jamais de demander: que faites-vous de la sagesse? Que faites-vous de la fraternité?<br />
<strong>http://www.lenouvelliste.ch/</strong></p>
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