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Archives pour la catégorie ‘EMPLOI-JOB’

Islam : La pensée cultuelle, thème d’une rencontre internationale à Constantine

La pensée cultuelle chez les oulémas algériens  est le thème du 2e séminaire international, ouvert mardi, à Constantine  à l’initiative du Laboratoire de recherches en études cultuelles et religions  comparées de l’université Emir Abdelkader.


La rencontre a pour objectif de « faire connaître la contribution des  penseurs et des hommes de religion algériens dans la purification de la foi  de certains phénomènes non tolérés par l’islam comme l’extrémisme, la négligence  des valeurs, l’éloignement des préceptes du Saint Coran et de la Sunna et de  certains rituels et attitudes sociales intruses dans la pratique quotidienne  de notre culte », a indiqué le Pr Salah Naâmane, directeur du Laboratoire  organisateur.
Des hommes de culte et des spécialistes venus d’Arabie Saoudite, du  Maroc et de Tunisie, ainsi que de différentes wilayas du pays, communiqueront  durant les deux journées de cette rencontre autour des « du patrimoine hérité  des oulémas algériens du XXe siècle en matière de religion », a-t-il précisé.  Le Pr. Naâmane a également fait savoir que les travaux consisteront  à mettre en exergue les efforts fournis par les oulémas à travers leurs  manuscrits, « dont la plus grande partie est encore insuffisamment exploitée »,  pour préserver la foi de toute velléité d’obscurantisme et des agissements prémédités contraires à son authenticité.  L’apport des penseurs contemporains en matière de pratiques cultuelles  et « l’investissement » dans la pensée religieuse afin de « bannir à jamais les  pratiques tendancieuses, importées et adoptées telles quelles d’une manière  inconsciente » seront également débattus.   Le programme de cette rencontre prévoit notamment, une conférence  du Dr. Mohamed Fawzi El Mouhadjer, de l’université Zitouna de Tunis, sur les  « Musulmans et les défis de la problématique de la christianisation orientaliste », et une communication du Pr. Souleiman Ben Salah El Ghosn d’Arabie Saoudite consacrée  à la « Réforme cultuelle chez l’Imam Abdelhamid Ben Badis ».

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Le marketing identitaire en plein boom en France

Hanan Ben Rhouma

Conférence-débat de l’IMS à l’IMA

Le marketing identitaire (ou ethnique), qui prend en compte les marchés de niche et les besoins spécifiques des consommateurs, se développe doucement mais sûrement en France. La diversité des consommateurs et de leurs habitudes interroge les entreprises sur leur politique en matière de stratégie commerciale et publicitaire.

Le marketing identitaire en plein boom en France
Crée en 1986 par l’homme d’affaires Claude Bébéar, IMS-Entreprendre pour la Cité s’est donné pour mission d’accompagner les entreprises dans leur engagement sociétal, de les sensibiliser autour de nouveaux enjeux de société et de valoriser les bonnes pratiques des entreprises qui sont passées à l’action.La diversité, à travers de laquelle découle le marketing ethnique, est résolument un des enjeux phares que promeut l’organisme, qui fédère aujourd’hui plus de 200 entreprises. « Entreprises et marketing identitaire : cibler ou intégrer les différences ? » : c’est le thème de la conférence organisée par l’IMS, qui s’est déroulée lundi 11 octobre, à l’Institut du monde arabe.

La publicité, outil essentiel du marketing identitaire

Ces dernières années, la représentation de la diversité progresse dans les campagnes de communication, car elle participe de la responsabilité sociale sur laquelle les grandes entreprises prennent des engagements. Surtout, les entreprises mesurent mieux aujourd’hui l’intérêt économique que représente une meilleure prise en compte de la diversité dans leur politique de marketing, arguent les responsables d’IMS.Adapter son offre à des besoins spécifiques est aujourd’hui devenu nécessaire. Homos, séniors, handicapés, femmes… il y en a pour tous les goûts.

Parmi les populations cibles du moment pour les entreprises agro-alimentaires, les musulmans figurent en bonne place avec le marché du halal, un marché de niche auparavant négligé par les grandes enseignes. Avec Zakia Halal, qui a lancé pour la première fois une publicité télévisée vantant ses produits halal, une brèche a été ouverte. Depuis, d’autres marques prennent le relais à l’instar d’Isla Délice.

Quant à la stratégie de commercialisation, il ne suffit plus aujourd’hui de développer ces produits particuliers puis de les vendre dans des petites enseignes spécialisées. « Les personnes issues de groupes minoritaires doivent pouvoir consommer des produits correspondant à leurs besoins et envies. Mais il est important qu’elles puissent le faire avec les mêmes marques et dans les mêmes magasins que le reste de la population. D’abord, c’est plus pratique, cela rassure sur le plan de la qualité, mais surtout cela montre qu’elles sont des membres à part entière de la société française de consommation et des consommateurs dignes d’intérêt », argumente Rokhaya Diallo, présidente des Indivisibles, association qui lutte contre les préjugés ethno-raciaux.

Mansour Zoubairi, directeur de la promotion de la diversité au sein du groupe Casino, détenteur de Wassila, la seule marque de distributeur halal au monde, relativisera plus tard : oui à la diversité des offres mais « nous vendons les produits qui se vendent ! ». Un slogan commun à toute entreprise mercantile.

La diversité mieux représentée dans les publicités, mais peut mieux faire

« La France d’aujourd’hui ne se résume plus à un coupl hétérosexuel vivant en pavillon avec deux enfants blonds et un chien », affirme l’IMS. Alors, lorsque des produits sont censés être destinés à tous, il convient de promouvoir la diversité au niveau des castings publicitaires, l’essentiel étant de faire attention à ce que la campagne de communication ne véhicule pas de stéréotypes négatifs et de préjugés racistes à l’encontre d’une catégorie de personnes. Tel est le rôle que s’est attribué l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), seul organisme français habilité à voir et à analyser les publicités avant leur publication et/ou leur diffusion.Tous plaident pour la diversité, y compris Anne Chanon, directrice des relations avec les institutions et la société au sein de l’Union des annonceurs (UDA). Cependant, il ne faut pas porter toute la responsabilité sociale sur la publicité, l’objectif premier et essentiel de celle-ci pour les entreprises étant purement le business, rappelle-t-elle.

Finalement, « le juge de paix, ce sont les résultats chiffrés », conclut Benjamin Blavier, directeur des Relations Entreprises Diversité et Emploi à l’IMS. A l’exemple de Quick, qui, malgré les controverses, ne s’est pas gêné pour lancer sa gamme halal dans 22 de ses restaurants.

Hanan Ben Rhouma

Ces pauvres musulmans en France, si riches aux Etats-Unis

La polémique entourant la construction d’une mosquée à New York et l’appel à brûler des exemplaires du Coran ont récemment trouvé un grand écho dans la presse, nourrissant l’image d’une islamophobie grandissante au Etats-Unis. Une idée qui s’avère cependant erronée dans une Amérique qui a depuis longtemps fait une place à ses communautés musulmanes.

Tom Heneghan

Tom Heneghan

Réalité frappante, aux Etats-Unis la stigmatisation montante de l’islam découle surtout d’une récupération politique en vue des prochaines élections. C’est ce processus que le rédacteur en chef des informations religieuses à l’agence Reuters, Tom Heneghan, est venu expliquer dans les locaux de l’association Plateforme la semaine dernière. Les polémiques autour de l’islam sont alimentées en vue des élections du 2 novembre 2010, assure le conférencier. Lors de ces élections de mi-mandat, les Américains se présenteront aux urnes pour renouveler bon nombre d’importants élus. C’est à la suite des réactions qu’ont suscitées les attaques du 11 septembre que certains partis ont décidé d’exploiter « une veille tradition politique de rejet aux Etats-Unis qui vise ceux qui ne sont pas complètement américains », a affirmé le conférencier, ajoutant que certains partis ont trouvé là une brèche car « l’Amérique était blessée et attaquée ». Le mouvement Tea Party, par exemple, a saisi cette occasion. Ils ont utilisé volontairement les termes abusifs de « mosquée de la victoire » et « mosquée Ground zero » (épicentre d’un tremblement de terre, ndlr) pour qualifier le projet de construction du centre islamique de Manhattan, critique M. Heneghan. L’affaire du prêcheur d’une petite communauté en Floride qui déclarait vouloir brûler le Coran suit la même logique, signe d’un débat politique qui est devenu assez primaire, regrette M. Heneghan, mais assurant que c’est parce que beaucoup d’Américains n’ont pas encore pris politiquement position : « c’est ça le business. Tout ça est lié aux élections. »

Des musulmans américanisés

Malgré cette stigmatisation, les musulmans américains sont bien intégrés. « Ils sont bien américanisés », précise le conférencier, ajoutant que « 60% ont au moins un bac+4 et beaucoup ont des doctorats ». Aux Etats-Unis, note M. Heneghan, « 20% des musulmans gagnent plus de 100.000 dollars par an ». Parmi les 4 à 5 millions de musulmans que comptent les Etats-Unis, « beaucoup sont médecins, scientifiques, ingénieurs et spécialistes en finance et en informatique ».  Avant le 11 septembre, les musulmans étaient, pour les Américains, des immigrés modèles. Si les attentats ont abîmé cette image, le rejet reste donc relatif et plus ou moins important selon les Etats et les villes. « Le premier musulman que rencontrait un américain, c’était son nouveau médecin ou un spécialiste informatique » a ajouté M. Heneghan. Ces diplômés ont avant tout bénéficié d’un procédé d’intégration qui se fait par le bas : « pour être Américain : il faut travailler, avoir un sens de la famille, payer les impôts et respecter la loi. S’ils font ça, c’est ok. » C’est la forte tradition de liberté religieuse, fondamentale aux Etats-Unis, qui a aussi facilité cette intégration. Le troisième président des Etats-Unis Thomas Jefferson possédait un Coran, nous a révélé M. Heneghan. C’est d’ailleurs sur cet exemplaire qu’un élu musulman posa la main pour prêter serment lorsqu’il intégra le Congrès il y a quelques années. D’ailleurs, comme à New York où aujourd’hui un fort dialogue interreligieux est installé, « dans les grandes villes, l’islam fait partie du quotidien » a terminé M. Heneghan.

Fatih Tursun Paris

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