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Archives pour la catégorie ‘Islam’

Allemagne : les jours fériés musulmans reconnus à Brême

brême

La ville-Etat de Brême a annoncé, vendredi 30 novembre, qu’elle allait devenir le deuxième Etat régional allemand à reconnaître les fêtes religieuses musulmanes, après Hambourg, qui avait signé un contrat en ce sens avec les représentants de la communauté musulmane en novembre.

« Je suis heureux (que nous nous soyons mis d’accord), car les musulmans font partie intégrante de notre ville et de notre vie », a déclaré le maire de Brême, Jens Böhrnsen.

Le contrat prévoit notamment que les salariés musulmans auront le droit de prendre des jours de repos non-payés à l’occasion des principales fêtes musulmanes.

Il doit toutefois encore être ratifié par le « Sénat », qui représente l’échelon régional, et par l’autorité municipale. A Hambourg, également une ville-Etat, le contrat a déjà été approuvée par le Sénat. Il doit encore recevoir l’aval des autorités municipales hambourgeoises avant d’entrer formellement en vigueur.

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Ils ouvrent les premières pompes funèbres musulmanes picardes

Abdel-Kalik Kouadria vient de monter son affaire à Creil. Il n’existait aucun commerce de ce type en Picardie auparavant. Une bonne nouvelle pour la communauté.

 

Saïd Khellaf et Hakim Laïb sont les associés d’Abdel-Kalik Kouadria (à droite), gérant de KL Funéraire.

Avant, le plus proche, c’était l’Ile-de-France », explique Abdel-Kalik Kouadria. La cinquantaine passée, cet ancien salarié d’un institut de sondages de Paris a sauté le pas : ouvrir sa propre affaire. Pas n’importe laquelle : des pompes funèbres musulmanes, KL Funéraire. Un double défi pour cet homme. « Cela fait dix ans que j’y réfléchis, raconte-t-il. Mais pour moi, c’était une évidence. » À Creil, sa ville natale qu’il n’a jamais quittée, il a fait un constat : la communauté musulmane ne cesse de croître. « Ils sont de plus en plus nombreux à venir s’installer ici. Sans doute à cause de la flambée des prix des loyers à Paris. »

Pourquoi pas aussi à Beauvais et Noyon ?

Et quand vient l’heure d’un proche, ces musulmans se tournent vers des pompes funèbres qu’ils connaissent. « Mais elles sont toutes dans les grandes villes : Paris, Lille, Marseille…, liste Abdel-Kalik Kouadria. Ils sont nombreux, c’est la bataille là-bas. »
Le chef d’entreprise creillois, lui, joue le jeu de la proximité et de la réactivité. « Dans l’heure qui suit, on est sur place, détaille-t-il. On veut que ce moment se passe bien, selon les rites, mais qu’il se déroule vite aussi. Que la famille puisse passer à autre chose. »
Il a approché les hôpitaux, les mosquées pour faire connaître KL Funéraire. « On se fait connaître par le bouche à oreille, explique-t-il. C’est comme ça que ça marche chez les musulmans. » Son téléphone sonne : un texto l’avertit d’un décès à Creil. « Vous voyez, on se prévient entre nous », souligne Abdel-Kalik Kouadria. Et de sourire : « C’est le téléphone arabe. »

De plus en plus de musulmans se font inhumer en France

Rien de communautariste dans sa démarche, assure-t-il. « Les pompes funèbres classiques ne sont pas contactées par les musulmans. Une question d’habitude. Ils ne savent pas comment s’y prendre avec les rites. » Dans la religion de Mahomet, le défunt est recouvert d’un simple linceul, avant l’intervention d’un religieux pour les prières. Parfois, la dépouille doit être transférée à l’étranger. « Mais de plus en plus de musulmans se font inhumer en France », note le Creillois.
Mis à part la notion religieuse, Abdel-Kalik Kouadria est un entrepreneur en pompes funèbres tout ce qu’il y a de plus classique. Une formation de 200 heures, comprenant gestion administrative, accueil, conseils…
Il s’est rapproché de ses collègues des pompes funèbres de Creil. « Ils m’ont très bien accueilli. Je travaille en relation avec eux », indique-t-il. Son entreprise, KL Funéraire, est aménagée dans les entrepôts de la rue des Usines. Avec un chiffre d’affaires de 6 000 euros, il emploie deux personnes, Hakim Laïb et Saïd Khellaf. « On cherche un local en centre-ville, explique Abdel-Kalik Kouadria. Mais ce n’est pas facile. » Il songe à l’avenir à installer d’autres pompes funèbres musulmanes dans l’Oise, comme à Beauvais ou Noyon. « Ce serait le top ! »
ANGÉLIQUE GOYET
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Prêtre agressé à Avignon : les musulmans soutiennent le père Grégoire

Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans
Le père Grégoire entouré des représentants religieux musulmans (KATHY HANIN)

Lundi, ce prête de la communauté Saint-Jean a été passé à tabac. Jeudi, ils ont ensemble dénoncé le silence des élus, interpellé le maire et mis en garde contre les amalgames hatifs.

« Je n’ai reçu aucun soutien des élus locaux. Pas un mail, pas un texto, pas un coup de fil, se désole le père Grégoire, violemment agressé lundi soir, dans le quartier Saint-Ruf, pour s’être défendu alors qu’on lui volait son portable. Seuls les députés Jacques Bompard et Marion Maréchal-Le Pen m’ont envoyé un mail… »

« Ce silence nous blesse, nous sommes à 500 mètres de la mairie de quartier, personne n’est venu », renchérit le père Marie-Christophe, responsable de la communauté de Saint-Jean. La communauté musulmane d’Avignon aussi a été choquée par cette absence de réaction officielle. Alors, elle a spontanément apporté son soutien au prêtre jeudi et avait tenu à le faire savoir dans le hall de la mairie, place de l’Horloge.

« Toucher à un homme d’église et de paix, c’est intolérable, on a franchi un cap. Une société sans foi ni loi, c’est la porte ouverte à l’anarchie. Mais après le désordre risque de venir un grand ordre », s’alarme Abderrahmane Bouaffad, porte-parole de la communauté des musulmans du Grand Avignon, faisant allusion aux tentations extrémistes facilement ravivées par ce genre d’agression.

Un appel au ministre de l’intérieur

Khalid Belkhadir, président du conseil régional du culte musulman avait tenu à venir de Marseille « pour soutenir notre frère agressé par des voyous, pas par des musulmans. Nous devons réfléchir au bien-vivre ensemble pour éviter les amalgames faciles. » « La démission des élus a entraîné la création de ghettos, la marginalisation des jeunes, l’insécurité ambiante, on appelle le ministre de l’Intérieur, qui est aussi celui des cultes, à venir nous rencontrer tous ensemble à Avignon », lance Abderrahmane Bouaffad qui suggère d’aller jusqu’au bureau du maire.

Les frères rackettés

Pas la peine. « Le Bon Dieu fait bien les choses », voilà Marie-Josée Roig qui traverse le hall et se retrouve bientôt interpellée par le petit groupe. « Je rentre juste de Paris, s’excuse l’élue qui assure avoir contacté l’évêque dès qu’elle a appris la nouvelle. Pour le père Grégoire, cette agression doit servir à aider les autres, « tous ceux qui se font attaquer et dont on n’entend pas la voix. » « Je suis d’accord, j’irai dans votre paroisse », promet le maire avant de s’éclipser.  »Elle nous a joué un morceau de flûte », réagit, désabusé, le père Marie-Christophe dont la paroisse est régulièrement la cible des petits malfrats. Régulièrement, le tronc de l’église est pillé,scooters et ordinateurs sont volés. « Le Jeudi saint, des jeunes en planque m’ont dit : “Si tu ne veux pas être volé, tu paye”. On ne supporte plus ce racket permanent. »

Une marche inter-religieuse

Un portable volé, c’est tragiquement la banalité quotidienne de la petite délinquance opportuniste. « Il faut que les élus réfléchissent à l’irrespect, la violence, l’éducation, à la zone de non-droit, qui se développent », lancent les hommes de foi. Eux, imaginent une marche inter-religieuse pour la paix par exemple. « Il faut sacraliser le vivre ensemble, dit Abderrahmane Bouaffad. À la mosquée ou à l’église, nous sommes avec nos frères en religion, mais dans la rue, nous sommes tous avec nos frères et sœurs en humanité. » Certains le savent déjà qui, non croyant et n’habitant même pas Avignon, ont spontanément contacté le père Grégoire pour lui donner un téléphone, de l’argent pour un nouveau forfait. Un petit geste de solidarité pour croire encore en l’homme.

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Liberté totale pour les profs d’islam

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À l’école, le port du voile ne peut leur être limité aux cours de religion islamique donnés en classe

BRUXELLES Les établissements scolaires ne peuvent obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant leurs cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement (comme dans les couloirs, les réfectoires, les salles de réunion, les cours de récréation).

Et Grâce-Hollogne, qui pratiquait cette règle dans ses établissements, est condamnée à modifier son règlement d’ordre intérieur : le Conseil d’État l’oblige à retirer la disposition qui, depuis 2011, n’autorisait aux enseignantes d’islam de porter le voile que dans leur classe et pendant leurs cours, et pas ailleurs à l’école.

L’arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est définitif.

Pouvoir organisateur, Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves : “Le voile islamique est un symbole religieux visible et fort, incompatible avec le devoir de neutralité.”

Selon le Conseil d’État , les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues.

Dans l’arrêt que la DH a pu lire, le Conseil d’État établit au contraire que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”.

Pour l’enseignante voilée qui a le soutien du Mrax, c’est l’aboutissement d’un combat de deux ans et demi qui lui coûta notamment de ne pas être renouvelée. Elle a d’ailleurs introduit un recours contre Grâce-Hollogne, qu’elle a toutes les chances de gagner.

Elle raconte que la commune lui a même envoyé la police pour lui interdire l’accès à l’école à moins d’ôter le voile et le remettre en classe. Elle n’a pas cédé. Elle ajoute avoir essuyé des observations “agressives et humiliantes ” de sa directrice : “Et en plus, tu es têtue. Je me demande ce qu’on me dirait si je faisais ça dans ton pays d’origine.”

La commune ne voyait aucun obstacle à l’autoriser à “exposer ce signe d’appartenance à la religion qu’elle enseigne aux élèves ayant fait le choix de cet enseignement” . Mais “les professeurs disposant d’une autorité sur les élèves voire d’une influence sur eux” , Grâce-Hollogne maintenait qu’il “n’est pas opportun, aux fins de respecter la liberté de conscience des autres élèves, qu’un professeur de cours philosophiques soit autorisé à déambuler dans l’établissement en portant un tel signe ostensible risquant d’influencer des élèves qui n’ont pas fait ce choix.”

Le Conseil d’État constate que le décret neutralité du 17 décembre 2003 impose certes aux enseignants “d’adopter une attitude réservée traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser , s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit” .

En revanche, “rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire” .

Plus fort, le conseil d’État cite Xavier Delgrange pour qui “l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir de neutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable”.

Prof aux Facultés Saint-Louis, Xavier Delgrange est 1er auditeur chef de section au Conseil d’État.

Gilbert Dupont

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Belgique : les professeurs enseignant l’islam désormais autorisées à garder leur hijab à l’école publique

Par Abdou Semmar
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Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait.

Le Conseil d’Etat Belge vient de donner raison à une professeur musulmane voilée qui enseignait l’islam au sein d’une école publique tout en gardant son hijab alors que la commune avait adopté un règlement qui lui interdisait. Après un combat juridique intense, le Conseil d’Etat belge a estimé que les professeurs de religion n’étaient pas tenus au devoir de neutralité. Selon le site belge La dernière heure, la commune de Grâce-Hollogne avait adopté un règlement d’ordre intérieur qui imposait aux professeur de religion la neutralité religieuse en dehors de leur classe. En d’autres termes, une professeur voilée enseignant l’islam était autorisée à porter le hijab au sein de sa classe durant ses cours mais devait le retirer dans les couloirs de l’établissement, à la cantine…et partout ailleurs au sein de l’établissement.

L’arrêt du Conseil d’Etat a contraint la commune de Grâce-Hollogne a revoir sa copie. Il estime que “porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures des cours et aux locaux auxquels ils sont affectés”. L’enseignante à l’origine de cette affaire raconte que l’établissement où elle travaillait est allé jusqu’à appeler la police pour lui interdire l’accès à l’école, un épisode qui ne devrait pas se reproduire puisque la décision du Conseil d’Etat est définitive et devrait s’étendre à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Un « lycée musulman modèle », ça ressemble à quoi ?

Chloé Andries  Journaliste

La cour du lycée Averroès cet hiver (Chloé Andries)

Oubliez les très chics Henri IV et autres Louis-le-Grand  : en 2013, le meilleur lycée de France serait un lycée… musulman, de la banlieue populaire de Lille. C’est en tout cas le résultat du palmarès 2013 du Parisien, qui place le lycée Averroès, seul établissement secondaire privé musulman sous contrat avec l’Etat depuis 2008, en tête du classement hexagonal.

Passons sur la pertinence toute relative de ce genre de classements. Ce qui nous intéresse est ailleurs  : depuis une semaine, une pluie d’élogess’abat donc sur ce lycée, que l’on présente plus que jamais comme un modèle de réussite scolaire.

L’UOIF, Union des organisations islamiques de France, à l’origine du projet, a bien pris soin de placer son lycée modèle en tête de gondole de son dernier rassemblement au Bourget, le week-end dernier.

L’affaire du voile, le déclencheur

Drôle de paradoxe, à l’heure où les débats sur le foulard reprennent de plus belle sur d’autres fronts. Car c’est précisément l’exclusion d’une vingtaine de lycéennes voilées de lycées publics lillois au milieu desannées 1990 qui a servi de déclencheur à la création du lycée Averroès, en 2003.

Niché au sein-même des locaux de la mosquée de Lille Sud, le micro-établissement accueillait alors une dizaine de lycéens, dont certaines jeunes filles voilées exclues du public, que l’imam des lieux, Amar Lasfar, membre de l’UOIF, avait pris en charge dès les années 1990.

Soupçons de fondamentalisme, peur d’une école ghetto née paradoxalement de l’exclusion de filles voilées au nom de la laïcité ; parmi les Lillois, y compris musulmans, le projet était loin de faire l’unanimité.

50% de boursiers, 100% de réussite au bac

Dix ans plus tard, changement de décor. Finie l’époque des salles de classes coincées à l’ombre de la mosquée. Le lycée a déménagé dans des locaux flambant neufs, 5 000 m² d’un ancien centre de formation dans le quartier de Lille Sud, et affiche des chiffres de réussite à faire pâlir plusieurs lycées cathos de la région  :

  • 100% de réussite au bac, dont 70% avec mention ;
  • des frais d’inscription de 800 euros par an et par élève, avec une moitié de boursiers ;
  • au total, ce sont 290 lycéens (filières L, S, ES et STMG) qui sont scolarisés à Averroès.

L’établissement, qui mise sur l’encadrement et le goût de l’effort, a d’ailleurs ouvert une cinquantaine de places en collège à la dernière rentrée, et le succès est tel que l’équipe enseignante n’aura que l’embarras du choix parmi les 300 à 400 dossiers de demande d’inscription attendus pour la rentrée prochaine.

Entre-soi communautaire

Dans la cour de l’école, en fin d’après-midi, les gamins sont boutonneux comme ailleurs, un garçon et une fille un peu gauches se taquinent, les deux tiers des lycéennes sont voilées, certaines bien plus couvertes que d’autres, quand le reste des élèves portent la tête nue.

Samia (les prénoms des élèves ont été modifiés) est en 1ère. Comme beaucoup de ses camarades, elle vient d’une école catho.

«  Mes parents trouvent que dans le privé, t’es plus encadré, t’as plus de chances de réussir. Mais dans le catho, même si j’avais des copines, je ne me sentais pas toujours dans le même délire que les autres. Cette année, au lycée Averroès, je me sens vraiment bien. Ici, on est comme dans une petite famille, on a les mêmes valeurs. On sait qu’à la sortie personne ne va fumer, on mange halal, ceux qui le souhaitent peuvent aller prier dans la salle de prière… »

Sa copine Nadia vient quant à elle surtout pour pouvoir porter son foulard… et pour le niveau :

« Moi je suis ici car je peux laisser le voile, c’est important pour moi. Mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, de moins en moins de filles le portent et franchement, la religion, c’est pas notre sujet de conversation favori. Mes parents voulaient aussi que je vienne à Averroès pour sa réputation. Ici, tous les professeurs nous connaissent, on sent qu’ils sont derrière nous, qu’ils nous motivent. »

Entre-soi communautaire et intégration

Ici, les garçons et les filles mangent dans des réfectoires distincts, et les cours de sport ne sont pas mixtes. Les lycéennes racontent :

« On a aussi un prof qui refuse que les filles s’asseyent à côté des garçons. Mais bon, on le laisse dire et l’heure d’après, on change de place. »

Mais le lycée ne vit pas non plus renfermé sur lui-même, les sorties culturelles proposées aux élèves sont nombreuses, de la visite de musées majeurs à la signature d’un contrat avec la Rose des Vents, principal théâtre de la métropole, permettant aux élèves d’assister aux spectacles et de rencontrer les artistes.

Ecole d’excellence, cadre musulman, ambiance d’entre-soi communautaire doublée d’une volonté d’intégration : c’est ce mélange particulier qui fait le succès du lycée aujourd’hui.

Génération réislamisée

En 2010, un rapport de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et de l’IISMM (Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman) dressait un tableau des écoles privées musulmanes de France (il en existe plus d’une vingtaine aujourd’hui, mais pas sous contrat avec l’Etat).

Il pointait globalement trois facteurs de développement de ce type de structures, qui collent parfaitement à la situation du lycée Averroès  :

  • L’offre idéologique  : l’action des Frères musulmans

Les Frères musulmans en Europe, représentés par l’UOIF, sont à l’origine d’au moins la moitié des projets d’établissements dans l’Hexagone, mus par une volonté de préserver l’identité musulmane des communautés immigrées et de « réislamiser  » les jeunes générations, pour créer une «  citoyenneté musulmane  », à la fois intégrée dans la société et gardant sa spécificité religieuse.

Leur action militante s’est traduite d’abord par la construction de mosquées et l’organisation de séminaires religieux. La construction d’écoles est vue comme une étape supplémentaire dans cette dynamique de réislamisation.

  • La crise de l’école publique  : produit d’appel

Pour les auteurs du rapport :

« La progression de l’enseignement privé musulman dans le paysage scolaire français paraît inéluctable au regard de l’accroissement de la part de la population qui s’identifie comme musulmane. De plus, cette demande est clairement activée par la “ crise ” de l’enseignement public, qui touche particulièrement les banlieues où résident majoritairement les publics potentiels de ces établissements, au point que cette crise fournit un fort produit d’appel pour ces derniers. »

Dans ce contexte, les écoles privées s’affichent comme des lieux d’excellence, même si, au fil du temps, « le dilemme extension versus élitisme » se pose.

  • Le voile  : le déclencheur

Dans beaucoup de cas de création d’écoles privées, la loi sur le voile, en 2004, a servi de déclencheur ou de catalyseur à cette réflexion. Mais le problème généralement observé dans ces structures, c’est le manque de moyens et souvent aussi le manque d’ouverture.

Et c’est ce qui distingue aujourd’hui le lycée Averroès d’autres établissements musulmans  : en développant de bonnes relations avec les politiques et pouvoirs publics locaux, en prônant l’ouverture à tous dès sa création, le lycée a pu signer un contrat d’association avec l’Etat, ce qui a fait passer son budget de 120 000 à 400 000 euros.

Et le directeur de l’établissement, Hassan Oufker, tient à garantir cette ouverture :

«  Dès l’origine, notre philosophie a été l’ouverture à tous. Même si l’affaire du foulard a déclenché la réflexion, nous ne voulions pas en rester à cet aspect des choses. Si au départ, les parents mettaient leurs enfants ici pour des raisons d’encadrement musulman, le public s’est progressivement diversifié, grâce aux bons résultats du lycée et à la signature du contrat avec l’Etat.  »

« Ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir votre famille »

L’équipe enseignante accueille d’ailleurs quelques profs non musulmans. C’est le cas de Mme Houdinet, prof d’anglais, arrivée en septembre dernier.

«  Auparavant, j’enseignais en Angleterre dans des établissements multiculturels. En revenant dans le Nord, j’ai vu que ce lycée existait. Je voulais découvrir la communauté musulmane de l’intérieur, alors j’ai envoyé ma candidature spontanée.

Je me souviens que lorsque j’ai rencontré le directeur, je lui disais “ mais vous savez, je ne suis pas musulmane ”. Lui ne voyait vraiment pas le problème. Franchement, si j’avais eu l’impression d’arriver dans une communauté de barbus intégristes, je serais partie  !  »

En ce qui concerne les cours d’éthique musulmane – 1 à 2 heures par semaine, optionnelles, mais suivies par 85% des étudiants –, Hassan Oufker insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de traiter de religion pure, et de ne pas imposer telle ou telle position aux élèves  :

«  Pour la religion, il y a la mosquée  ! Nous, nous sommes une école, notre mission c’est la formation des élèves. D’ailleurs, la sécularisation est une très bonne chose pour l’islam. On sait bien que chez les musulmans, la religion prend une très grande place. Mettre du religieux partout est source de distance entre les gens.

Nous invitons plutôt les jeunes à lever le pied. Ce que je leur dis, c’est qu’à 35 ans, ce n’est pas la lecture du Coran qui va nourrir leur famille  !  »

Faire oublier les dérapages

Soucieux de conserver son image d’ouverture, le lycée Averroès tente aussi de faire oublier un coup de canif dans son histoire modèle. En 2004, Hassan Iquioussen, prédicateur de la mosquée d’Escaudain, dans le Nord, et aussi professeur d’éthique musulmane à Averroès,avait enregistré une conférence sur la Palestine, dans laquelle il traitait les juifs «  d’avares  » et «  ingrats  », et les voyaient comme des comploteurs contre l’islam.

Depuis, le prédicateur s’est excusé, et la direction de l’établissement estime le sujet clos. Hassan Iquioussen accompagnait encore les élèves en voyage de classe en Turquie en mars 2012, et des élèves de Terminale suivaient une de ses conférences en décembre 2011. Mais « il n’intervient plus désormais à Averroès », selon Hassan Oufker. Motif invoqué : « Il s’agit de raisons d’emploi du temps  ».

Et dans la cour de récré, rien qu’à regarder la longueur des différents foulards, on perçoit en filigrane qu’un autre défi de l’équipe d’Averroès aujourd’hui est de faire cohabiter un public varié dans ses attentes religieuses, tout en poursuivant son ouverture aux non musulmans, qui boudent encore ce lycée.

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« M » : Islam de France, les convertis face aux clichés

Par Judith Perrignon/Illustrations Cristiana Couceiro

 

Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l'islam : "Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et que Mahomet est son Prophète." Illustration: Cristiana Couceiro pour M Le magazine du Monde

 

 Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l’islam : « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son Prophète. » Ils se rappellent un décor simple : la petite mosquée de Gennevilliers pour Abdel Raouf, car la grande n’existait pas encore ; celle de Melun pour Bilal ; ou une salle de prière du côté du métro Couronnes, à Paris, pour Amin. Ils racontent la présence d’un ami musulman, simple pratiquant, pas forcément d’un imam – « pas d’intermédiaire avec Dieu », dit Amin. Ils répètent cette phrase qu’on leur a dite si vite : « Ça y est, tu es musulman. » Ils dépeignent une religion où il est facile d’entrer. Ils ont alors changé de prénom : Raoul est devenu Abdel Raouf, William est devenu Bilal, David est devenu Amin.

Et, plus ou moins rapidement, ils l’ont annoncé à leurs parents. Abdel Raouf se souvient de son père conciliant : « Tant que tu trouves ton bonheur… » ; de sa mère, fervente catholique, tendue et silencieuse, qui semblait promener au-dessus de sa tête une bulle pensive de bande dessinée dans laquelle son fils apparaissait en terroriste. A sa famille juive, David devenu Amin n’a rien dit tout de suite. Sa mère a remarqué quelque chose de différent. Leurs rapports étaient plus simples, moins tendus. Elle a compris au moment du ramadan. « Tu as changé, je ne suis pas bête, tu t’es fait musulman. » Elle a préféré qu’il n’en parle pas à son père, qui a fini par lire la vérité dans la barbe de son fils qui s’allongeait. Finalement, seuls ses deux frères l’ont très mal pris. Chez Baptiste, le père a sorti des « trucs bêtes »(« Alors, tu vas plus manger de porc ! »), la mère était au bord des larmes lorsqu’il a demandé qu’on l’appelle désormais autrement. « Elle a eu peur que je change, que je ne sois plus le fils qu’elle a eu. » Face à l’émotion de sa mère, Baptiste a expliqué que ce n’était pas obligatoire de changer de prénom. Il est resté Baptiste.« Je ne savais pas qu’on pouvait faire autrement », s’étonne William, devenu Bilal, assis à côté de lui. « Ma mère aussi avait les larmes aux yeux », ajoute-t-il.

http://www.lemonde.fr/

Belgique : Des cours de religion islamique dans les écoles catholiques ?

Les écoles catholiques en Belgique souhaiteraient dispenser des cours de religion islamique à l’école « dans une perspective de dialogue interreligieux ». A l’occasion d’un congrès sur l’avenir de l’enseignement catholique pour les dix prochaines années, qui s´est tenu à Louvain-la-Neuve, au sud-est de Bruxelles, le 20 octobre 2012, Etienne Michel, directeur du SeGEC (Secrétariat général de l´enseignement catholique), s’est publiquement demandé s’il était « juste, lorsqu´une majorité des élèves qui fréquentent une école catholique est de confession musulmane, de ne pas offrir le choix de suivre un cours de cette confession » ?

Dans des propos repris le 20 octobre dernier par l’édition en ligne de l’hebdomadaire Le Vif/L´Express, il estime qu´il est « nécessaire, pour construire un vrai dialogue ‘interconvictionnel’ dans les écoles, de ne pas reléguer le religieux dans la sphère privée. Car une telle attitude de rejet n´offre aucune solution à l´égard des risques de dérive fondamentaliste. »

Actuellement, une seule école catholique à Cheratte (province de Liège) bénéficie d’une dérogation pour pouvoir dispenser un tel cours, que le cadre légal exclut de l’enseignement catholique depuis plus d’une dizaine d’années contrairement à l’enseignement public.  (Sources : apic/Le Vif L’Express  DICI n°265 du 23/11/12)

http://www.dici.org/

La Suisse découvre les vertus du tourisme «voilé»

Par Marc-Henri Jobin

TOURISME ISLAMIQUE
Genève a fait oeuvre de pionnier. Mais d’autres destinations en Suisse et dans le monde jouent désormais la carte tourisme «islamique». A Interlaken, la clientèle du Moyen-Orient a décuplé depuis 2004.

1/7:  Interlaken démarche la clientèle du Moyen-Orient depuis 2004. Depuis, sa clientèle islamique a décuplé. A l’échelon suisse, le tourisme en provenance des pays du Golfe a progressé de 41% au 1er semestre 2012.
Image: Béatrice Devènes

L’hôtellerie suisse a perdu 643’000 nuitées au 1er semestre 2012. A contre-courant, la «Genève touristique» s’est maintenue à flot (+0,1%), portée par une hausse de 84% de la fréquentation de sa clientèle du Moyen-Orient. A Interlaken (BE), le nombre des nuitées des touristes en provenance du Golfe a bondi de 95% dans les six premiers mois de l’année.

Le tourisme arabe est en plein essor en Suisse. Depuis 2000, il a doublé pour atteindre plus de 400’000 visiteurs par année. Aujourd’hui, il permet aux régions qui ont misé sur ce créneau de contrebalancer le recul de la clientèle occidentale. Lire la suite…

Les confessions de Napoléon Bonaparte sur l’islam

PAR RENAUD TOWE

Napoléon Bonaparte a énormément péroré sur de grands sujets au cours de sa vie, particulièrement lors de son exil forcé sur l’île de Sainte Hélène. Le lion en cage a par exemple présenté ses avis et convictions vis-à-vis de la religion, ou plutôt des religions. L’islam, qu’il a rencontré lors de son expédition en Egypte, est visiblement celle dont il se sentait le plus proche.

Napoléon Bonaparte entre véritablement en contact pour la première fois avec l’islam en 1798, lors de la campagne d’Egypte (1798-1801). Dès son arrivée, il se montre intrigué par la culture du pays et tout particulièrement par la tradition musulmane, l’appel à la prière et les enseignements coraniques. Certains voient ce rapprochement comme une stratégie pour mieux s’imposer au sein d’un peuple musulman et communiquer plus aisément avec les personnalités locales. D’autres pensent au contraire que Bonaparte est réellement fasciné par la personne de Mohammed et touché par la ferveur religieuse. Dans une lettre datant du 28 août 1798, il se confie au cheikh El-Messiri : « Le général Kleber me rend compte de votre conduite et j’en suis satisfait. (…) J’espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l’Al-coran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes. » (Lettre au Cheikh El-Messiri (11 fructidor an VI), Correspondance de Napoléon Ier, Napoléon Bonaparte, éd. H. Plon, 1861, t. 4, partie Pièce N° 3148, p. 420). Le chef de l’armée d’Orient, ayant perdu la quasi-totalité de sa flotte à Aboukir, rentre discrètement en France le 23 août 1799, et laisse le général Kléber en Egypte pour continuer le combat avec une armée diminuée. Lire la suite…

Le ramadan ou le deuxième Noël des commerçants

Durant le mois de ramadan, jeûner rime souvent avec consommer. Et ce, pour le plus grand bonheur des commerçants et de la grande distribution, qui tirent bien leur épingle du jeu.

Etal de viande halal à Rungis © Anaïs Toro-EngelEn France, «près de 350 millions d’euros sont dépensés par les ménages musulmans pendant le mois de ramadan».

Cette estimation publiée par le cabinet Solis, spécialisé enétudes marketing, ne fait aucun doute: si le ramadan est une célébration religieuse clé de la religion musulmane, c’est aussi une belle opportunité pour les commerçants et l’industrie agroalimentaire pour augmenter leur chiffre d’affaires.

Pendant les trente jours de jeûne, les musulmans s’abstiennent de manger ou de boire du lever au coucher du soleil… et se rattrapent le soir.

Le paradoxe est que la consommation moyenne des familles musulmanes de France augmente, avec des dépenses jusqu’à 30% supérieures au reste de l’année. On se fait plaisir, et on veut faire plaisir. Lire la suite…

Communauté musulmane : les pratiques varient, les préceptes demeurent

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

© Reuters

« Les musulmans sont unis quand il s’agit des grands préceptes » tels que la croyance en un Dieu unique et son prophète Mahomet ou la pratique du Ramadan mais « sont divers, et quelquefois de beaucoup » en matière d’implication religieuse, d’interprétation de l’islam ou dans l’acceptation du chiisme, indique son principal auteur James Bell, l’un des directeurs de Pew.
Cette vaste étude, « sans précédent » selon M. Bell, a été conduite en plus de 80 langues dans 39 pays représentant 67% des musulmans du monde, auprès de 38.000 personnes interrogées en 2008-2009 et 2011-2012. Inscrite dans un projet plus large sur le changement religieux mondial, elle sera suivie d’une enquête sur les attitudes sociales et politiques des musulmans.
Entre 85 et 100% des musulmans croient en Dieu et en Mahomet, relève l’enquête. En revanche, si pour huit personnes sur dix dans les pays d’Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et du Sud, la religion est « très importante », elles sont six sur dix au Moyen-Orient et Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Maroc) et pas plus d’une sur deux dans des pays anciennement communistes comme la Russie et les anciennes républiques d’Asie centrale.
Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la différence est aussi générationnelle, les plus de 35 ans étant plus religieux que les jeunes alors que c’est le contraire dans la seule Russie.
Si les hommes vont plus souvent à la mosquée que les femmes, pour « des raisons plus culturelles que religieuses », selon M. Bell, la lecture du Coran ou l’observance du Ramadan sont partagées.
Globalement, 63% des musulmans – mais seulement 37% des musulmans américains – estiment qu’il n’y a qu’une seule façon d’interpréter l’islam.
L’étude remarque néanmoins que les pays où sunnites et chiites vivent côte à côte sont ceux qui ont davantage tendance à accepter le courant chiite. A contrario, au Pakistan, à écrasante domination sunnite, 41% des musulmans sunnites pensent que les chiites ne sont pas de vrais musulmans.
Par ailleurs, neuf musulmans sur dix sont nés musulmans. Les ex-pays communistes sont ceux qui enregistrent la plus forte conversion (7% en Russie), souvent de fidèles élevés dans l’athéisme. « La conversion à l’islam ne joue pas un rôle important dans la croissance de la population musulmane », conclut M. Bell, qui évoque plutôt le taux de fertilité.

http://www.levif.be/

Les musulmans, une communauté contrastée de 1,6 milliard de personnes

 

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d'individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.

« Les musulmans sont unis quand il s’agit des grands préceptes » tels que la croyance en un Dieu unique et son prophète Mahomet ou la pratique du Ramadan mais « sont divers, et quelquefois de beaucoup » en matière d’implication religieuse, d’interprétation de l’islam ou dans l’acceptation du chiisme, indique à l’AFP son principal auteur James Bell, l’un des directeurs de Pew.

Cette vaste étude, « sans précédent » selon M. Bell, a été conduite en plus de 80 langues dans 39 pays représentant 67% des musulmans du monde, auprès de 38.000 personnes interrogées en 2008-2009 et 2011-2012. Inscrite dans un projet plus large sur le changement religieux mondial, elle sera suivie d’une enquête sur les attitudes sociales et politiques des musulmans.

Entre 85 et 100% des musulmans croient en Dieu et en Mahomet, relève l’enquête.

En revanche, si pour huit personnes sur dix dans les pays d’Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et du Sud, la religion est « très importante », elles sont six sur dix au Moyen-Orient et Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Maroc) et pas plus d’une sur deux dans des pays anciennement communistes comme la Russie et les anciennes républiques d’Asie centrale.

Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la différence est aussi générationnelle, les plus de 35 ans étant plus religieux que les jeunes alors que c’est le contraire dans la seule Russie.

Si les hommes vont plus souvent à la mosquée que les femmes, pour « des raisons plus culturelles que religieuses », selon M. Bell, la lecture du Coran ou l’observance du Ramadan sont partagées.

Globalement, 63% des musulmans – mais seulement 37% des musulmans américains – estiment qu’il n’y a qu’une seule façon d’interpréter l’islam.

L’étude remarque néanmoins que les pays où sunnites et chiites vivent côte à côte sont ceux qui ont davantage tendance à accepter l’autre courant, comme au Liban et en Irak. A contrario, au Pakistan, à écrasante domination sunnite, 41% des musulmans pensent que les chiites ne sont pas de vrais musulmans.

Par ailleurs, neuf musulmans sur dix sont nés musulmans. Les ex-pays communistes sont ceux qui enregistrent la plus forte conversion (7% en Russie), souvent de fidèles élevés dans l’athéisme. « La conversion à l’islam ne joue pas un rôle important dans la croissance de la population musulmane », conclut M. Bell, qui évoque plutôt le taux de fertilité.

http://www.lepoint.fr/

Table ouverte à la mosquée pour le ramadan

Lætitia VOLGA

La mosquée d’Angoulême sert les repas de rupture du jeûne pendant le mois du ramadan. Ce moment de partage est ouvert à tous, en particulier aux plus démunis.

L\'année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

L’année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

Ça sent bon dans la cuisine de la mosquée d’Angoulême, rue de la Charité. Une dizaine de femmes cuisinent, des mères au foyer et beaucoup de retraitées. Les unes coupent les légumes pour la soupe, d’autres s’occupent de roussir la viande. Dans l’espace réduit, on peut aisément se marcher sur les pieds. Mais comme elles sont organisées, les préparations avancent lentement mais sûrement.

Pendant le ramadan, le rituel est chaque jour le même. Les femmes du quartier se retrouvent à la mosquée pour préparer l’iftar, le repas de rupture du jeûne. Bénévoles, elles prennent de leur temps pour préparer de bons petits plats pour les personnes seules, célibataires ou étudiants.

Aujourd’hui, le menu est copieux: une soupe de légumes, un tajine tunisien (une quiche sans pâte, à base de viande, d’oeufs et de curcuma), de la choukchouka (une ratatouille relevée à partager dans un même plat) et de la viande d’agneau accompagnée de salsifis.

Cette rupture du jeûne à la mosquée a été mise en place l’année dernière. «Une des bénévoles a vu à la télévision que cela existait ailleurs», explique Zoulikha, la coordinatrice du groupe.

Pratiqué par 80 % des musulmans, le ramadan revêt une importance bien particulière.«On se doit de penser davantage aux pauvres et de les aider. Grâce aux aumônes des fidèles, on peut offrir un tel service gratuitement», déclare Kader Bouazza, président de l’Association des musulmans de Charente.

Entre les débuts du projet et aujourd’hui, le nombre de bénévoles a doublé. Et vient qui veut, selon ses disponibilités. A travers les assiettes, on voyage dans différents pays d’Afrique – Soudan, Algérie, Maroc ou Sénégal. Pour les femmes, c’est l’occasion d’apprendre de nouvelles recettes, de partager un moment entre amies et d’aider les autres.

Un dîner ouvert à tout le monde

Et où sont les hommes pendant ce temps-là ? À la maison pour beaucoup. Ils ne prennent le relais qu’une fois les marmites pleines, en assurant le service du soir. A ce moment-là, les femmes rentrent chez elles se reposer… et préparer le repas de leur famille. «On cuisine pour les nécessiteux et après pour notre foyer. Au moment de casser le jeûne, on reste chez nous en famille.»

Le soir venu, la mosquée se remplit pour la quatrième prière de la journée. Celle qui a lieu à la tombée du soleil. Les bénévoles masculins ont déjà dressé les deux longues tables dans la salle à manger.

Après la rupture du jeûne, avec une datte et un verre de lait, une douzaine d’hommes se mettent à table. Des jeunes, des vieux, que des hommes. «À la mosquée, les hommes et les femmes sont toujours séparés, rappelle Mohamed, de l’Association des musulmans de Charente. Si des femmes veulent venir manger, on mettra une table dans leur salle, mais il n’y a pas de demande.»

Moussa est à Angoulême depuis un an. Il a trouvé à la mosquée une nouvelle famille.«Le repas du ramadan a une autre signification et je préfère venir à la mosquée le partager», explique le jeune Comorien.

Il n’y a pas que les musulmans qui peuvent venir souper à la mosquée. Tout le monde est bienvenu. Si quelqu’un est dans le besoin, «on va l’accueillir», souligne Mohamed.«C’est l’esprit du ramadan.»

http://www.charentelibre.fr/

Tunisie : pour les islamistes, la femme est « complémentaire »

Thierry Brésillon
Journaliste

Une comédienne devant le théâtre municipal de Tunis le 25 mars 2012 (Thierry Brésillon)

Mercredi, les membres de la commission droits et libertés de l’Assemblée constituante ont voté un article selon lequel la femme et l’homme s’inscrivent dans un rapport de complémentarité. Une formulation qui soulève un tollé et met directement en question le principe d’égalité.

C’est Selma Mabrouk, membre d’Ettakatol partenaire d’Ennahdha dans la coalition gouvernementale qui a donné l’alerte mercredi soir.

Un article du chapitre consacré aux femmes a été mis aux voix au sein de la commission. Deux versions, rapporte-t-elle, étaient proposées (selon sa propre traduction).

  • La première :

« L’Etat garantit les droits de la femme et ses acquis dans tous les domaine. Il est interdit de promulguer des lois pouvant y porter atteinte de quelque manière que ce soit. L’Etat se doit de lutter contre toutes les formes de discriminations ou de violence physique ou psychique contre les femmes. »

Elle a recueilli huit voix.

  • La seconde, proposée par Ennahdha :

« L’Etat assure la protection des droits de la femme et de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec l’homme au sein de la famille et en tant qu’associé à l’homme dans le développement de la patrie.
L’Etat garantit l’égalité des chances pour la femme dans toutes les responsabilités. L’Etat garantit la lutte contre les violences faites aux femmes. »

Elle a recueilli les voix des neuf membres d’Ennahdha, plus celles de deux députés du Congrès pour la République (CPR) et celle d’un indépendant.

Féminisme islamiste

La notion de complémentarité soulève une vive émotion. Elle remet en question le principe d’égalité qui était jusqu’à présent la doctrine officielle en Tunisie et intériorisée par de nombreuses tunisiennes.

Cette notion est issue de la réflexion du féminisme islamique. Du moins dans sa version islamiste.

Son objectif est de relire la tradition islamique pour la dégager des préjugés archaïques afin d’accorder aux femmes l’accès à la sphère publique et à des droits. Mais elle entend se distinguer du féminisme égalitariste et individualiste, considéré comme occidental.

Nadia Yassine, fille du cheikh Abdesselam Yassine, fondateur du mouvement islamiste marocain, lors du débat sur la Moudawana (la loi qui a modernisé le statut de la femme au Maroc et qu’elle a contribué à faire adopter), avait explicité cette théorie :

« De plus en plus se posent la question essentielle de savoir si ce sont les textes originels, en l’occurrence le Coran et la Sunna, qui cautionnent l’infériorisation des femmes ? Ou bien est-ce justement notre éloignement de ces sources qui a fait que cette infériorité évidente soit mise sur le compte de l’Islam…

Il ne s’agit pas de prendre sa revanche sur une société machiste. Il s’agit de se réinscrire dans le cadre d’une complémentarité où la femme et l’homme sont des partenaires à part égale et dans la perspective d’une société plus équitable  ». Lire la suite…

Libertés religieuses : Washington critique la loi contre la burqa en France

Libertés religieuses :  Washington critique la loi contre la burqa en France

Dans un rapport international sur les libertés religieuses publié lundi, le département d’État américain condamne les pays dont certaines lois restreignent les libertés religieuses. La France est pointée du doigt pour sa législation sur la burqa.

 Par Dépêche (texte)

AFP - Les Etats-Unis ont dénoncé lundi une poussée de l’antisémitisme et de l’hostilité à l’égard des musulmans en Europe, critiquant notamment les lois contre la burqa en France et en Belgique, dans un rapport du département d’Etat sur les libertés religieuses dans le monde.

Dans ce rapport exhaustif concernant l’année 2011, Washington fustige également une « nette dégradation » des libertés religieuses en Chine et critique l’Egypte pour n’avoir pas jugulé les attaques contre la minorité chrétienne copte.

« Les pays européens sont de plus en plus divers en termes ethniques, raciaux et religieux. Ces évolutions démographiques s’accompagnent parfois d’une augmentation de la xénophobie, de l’antisémitisme et de sentiments antimusulmans », pointe le rapport. Le département d’Etat met également en exergue « le nombre croissant de pays européens, parmi lesquels la Belgique et la France, dont les lois restreignant le code vestimentaire ont un effet défavorable sur des musulmans et sur d’autres », en référence aux législations européennes visant le port du voile intégral.

En France, la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public a été adoptée par le Parlement en septembre 2010 et est appliquée depuis le 11 avril 2011. Avant d’être élu, le président de la République François Hollande s’était engagé à la maintenir.

La Belgique a adopté le même type de législation en juillet 2011.

ÉCLAIRAGE
Le voile intégral en Europe

La semaine dernière, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, avait appelé les gouvernements européens, citant Paris et Bruxelles, à « renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmans ».

De manière générale, le rapport international sur les libertés religieuses en 2011 du département d’Etat –le premier depuis le Printemps arabe– met au jour « les conséquences sur les minorités religieuses des transitions politiques et démographiques, l’impact des conflits sur la liberté religieuse et (…) la poussée de l’antisémitisme ».

Saluant les « transitions » démocratiques en cours « en Afrique du Nord et au Moyen-Orient », notamment en « Tunisie, Libye, Egypte », le département d’Etat rappelle que la « situation des minorités religieuses dans ces pays fait la Une de l’actualité ».

Mais les Etats-Unis redoutent maintenant « des tensions exacerbées entre ceux qui ont été opprimés depuis longtemps et qui réclament plus de liberté et ceux qui craignent le changement ».

Washington s’inquiète aussi en particulier du sort des minorités « bahaïe et soufie en Iran, des chrétiens en Egypte, des musulmans dans plusieurs pays (y compris en Europe), des bouddhistes tibétains, des chrétiens et des musulmans ouïghours en Chine et des juifs dans de nombreux endroits du monde ».

http://www.france24.com/fr

Pour en finir avec l’adjectif « musulman » (ou « islamique ») Gresh Alain

Par gilgamesch
Parmi les sujets les plus controversés sur ce blog, il y a, bien sûr, le conflit israélo-palestinien, mais aussi l’islam, sa place, son rôle. S’agit-il d’une religion à part, fondamentalement différente des autres croyances ? La doctrine religieuse, voire le Coran, permettent-ils de comprendre ce qui se passe dans le monde dit musulman ? Existe-t-il d’ailleurs une entité cohérente « monde musulman » (ou « islamique ») ? Ou « une société musulmane », « une science musulmane », « une histoire musulmane » ?

Que cette religion reçoive un traitement à part en France et en Europe, cela ne fait aucun doute. Imagine-t-on un éditorialiste français écrivant « je suis un peu judéophobe » ? Et pourtant Claude Imbert a écrit, sans en être discrédité, « je suis un peu islamophobe ».

J’en suis persuadé, il existe en France, et plus largement en Europe, une islamophobie. Mais elle couvre évidemment des phénomènes différents :

pour certains, il s’agit simplement d’une reconversion du racisme anti-arabe en un racisme culturel plus facile à défendre ; c’est le cas du Front national ou des droites populistes en pleine expansion ;

pour d’autres, il ne s’agirait que de la poursuite de la lutte pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, lutte qui a été menée par les républicains au début du XXe siècle. Certains, comme le site Riposte laïque, affirment que l’islam est la seule menace et sont prêts à toutes les alliances, y compris avec l’extrême droite, pour libérer la France. D’autres, refusent cet amalgame, et prétendent lutter contre tous les intégrismes, mais n’expliquent jamais pourquoi, dans nos sociétés, seul l’intégrisme musulman est de fait visé. Certains dénoncent toutes les religions, comme si c’était un combat abstrait qui se menait en dehors de tout contexte politique : mesure-t-on, par exemple, que la critique de la religion juive dans les années 1930 pouvait être légitime pour ceux qui combattaient toutes les religions, mais avoir en même temps des implications graves ?

Quoiqu’il en soit, une des erreurs essentielles que l’on retrouve chez nombre de commentateurs est leur tentative d’expliquer le monde musulman actuel, ses forces politiques, ses conflits, par l’islam. Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que le prophète Mohammed ayant été chef militaire, cela expliquerait le caractère guerrier de l’islam (ce qui serait fondamentalement différent du christianisme) ; ou que telle ou telle sourate du Coran, éclairerait les actions d’Al-Qaida ? Lire la suite…

À Tombouctou, le « choc frontal » entre deux branches de l’islam

Explication sur les motivations des islamistes qui en viennent à détruire des lieux saints musulmans à Tombouctou

Image extraite d'une vidéo montrant les islamistes détruisant un sanctuaire à Tombouctou, dimanch...

AFP PHOTO

Image extraite d’une vidéo montrant les islamistes détruisant un sanctuaire à Tombouctou, dimanche 1er juillet.

Après avoir démoli pendant le week-end des 30 juin et 1er juillet sept des seize mausolées de saints musulmans de la ville, les islamistes du groupe armé Ansar Eddine (Défenseurs de l’islam) qui contrôlent Tombouctou (nord du Mali) depuis trois mois ont poursuivi lundi 2 juillet la destruction de biens religieux en brisant la porte sacrée d’une mosquée du XVe siècle.

La porte en bois située côté sud de la mosquée de Sidi Yahia est fermée depuis des décennies car, selon des croyances locales, son ouverture éventuelle porterait malheur. Un membre de la famille d’un imam, interrogé par l’AFP, a dit qu’ils avaient agi ainsi car « certains disaient que le jour où on ouvrirait cette porte, ce serait la fin du monde et ils ont voulu montrer que ce n’est pas la fin du monde ».

« Il s’agit là de la rencontre frontale entre deux branches de l’islam complètement opposées », explique le P. Étienne Renaud, père blanc, ancien directeur de l’Institut pontifical d’études Arabes et d’islamologie (Pisai) à Rome. D’un côté, ces mausolées de saints sont le fruit de la religiosité populaire, du besoin des fidèles musulmans “de sentir, de toucher”. Des zaouïa , petits édifices religieux, sont construits sur les tombes de ces saints et que les fidèles fréquentent quotidiennement. Le cheikh de la zaouïa , souvent un descendant du saint lui-même, est consulté, sollicité pour une intercession…

LA LIGNE LA PLUS DURE DE L’ISLAM

« C’est l’islam populaire, qui véhicule certes quelques superstitions, mais très attachant », souligne le P. Renaud, qui a observé ces mausolées au Soudan, au Yémen mais aussi en Algérie. Un islam parfois lié au soufisme (branche spirituelle de l’islam) « mais qui le déborde ». Cet islam a notamment été décrit par l’islamologue Émile Dermenghem dans son ouvrage de 1954 (deux fois réédité) : Le culte des saints dans l’islam maghrébin .

« Face à lui, les islamistes d’Ansar Eddine se réfèrent à la ligne la plus dure de l’islam : celle du hanbalisme, la plus stricte de ses quatre écoles juridiques, qui ne reconnaît que le Coran et la tradition (la Sunna ) comme source de la loi (charia)  », poursuit le P. Renaud. Cette doctrine a été reprise au XVIIIe siècle sous l’impulsion de Mohammed ibn Abdelwahhab, prédicateur musulman qui prônait un retour à l’islam originel, initiateur du « wahhabisme ».

Les tenants de cet islam dur rejettent comme « innovation blâmable »(bidaa)  le culte des saints, qui porte atteinte – à leurs yeux – à la pureté du culte de Dieu. « Ils ont d’ailleurs appliqué cette doctrine de manière systématique dans toute la péninsule arabique, détruisant tout ce qui relevait de la religiosité populaire. Certains étaient même partisans de détruire le tombeau du prophète Mohammed à Médine », rappelle Étienne Renaud.

DES RAISONS POLITIQUES ET DIPLOMATIQUES

De fait, depuis l’alliance contractée entre Mohammed ibn Abdelwahhab et le prince Mohammed ibn Saoud, « l’Arabie saoudite est devenue la caisse de résonance de cette branche qui a donné naissance à la fois aux Frères musulmans, aux salafistes », note le P. Renaud. La manne pétrolière aidant, cet islam rigoriste se diffuse partout dans le monde et notamment dans plusieurs pays d’Afrique noire.

À ces motivations religieuses s’ajoutent sans doute d’autres raisons politiques et diplomatiques. En effet, le groupe Ansar Eddine avait indiqué agir en représailles à la décision de l’Unesco, le 28 juin, d’inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril.

ANNE-BENEDICTE HOFFNER

http://www.la-croix.com/

Manuel Valls veut un islam de France laïc et indépendant de la tutelle étrangère

Manuel Valls à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012.

Manuel Valls à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012. V. WARTNER / 20 MINUTES

RELIGION – C’était le premier discours du ministre de l’Intérieur sur la deuxième religion de France…

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé ce vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam «élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui», mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.

Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué deNicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.

«Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé»

S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), Manuel Valls entend «changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années» marquées par le passage deNicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.

«Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris», a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.

«Le culte musulman est par essence difficile à organiser»

Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.

Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de Manuel Valls, même si l’on concède que «le culte musulman est par essence difficile à organiser». «Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels», a tancé vendredi le ministre.

Un projet de réforme proposé début 2012

«Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes», a balisé Manuel Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.

Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: «Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage». Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui «a garanti l’unité de la France».

«L’Islam est un élément constitutif de ce qu’est la France d’aujourd’hui»

«La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre», a-t-il expliqué. Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.

Pour autant, le ministre a dit «condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France». «L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui».

http://www.20minutes.fr/

Valls veut un islam de France indépendant de la tutelle étrangère et laïc

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a invité vendredi les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a invité vendredi les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des « divisions » et à la mise en place d’un « dialogue serein » entre responsables du culte musulman et pouvoirs publics. |Bertrand Langlois

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam « élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui », mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.
Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué de Nicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.

S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), M. Valls entend « changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années » marquées par le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.
« Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris », a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.
Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.
Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de M. Valls, même si l’on concède que « le culte musulman est par essence difficile à organiser ».
Polémiques
« Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels », a tancé vendredi le ministre.
« Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes », a balisé M. Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.
Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: « Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage ».
Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui « a garanti l’unité de la France ».
« La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre », a-t-il expliqué.
Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.
Pour autant, le ministre a dit « condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France ». « L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui ».

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