Archive

Archives pour la catégorie ‘Islamophobie’

Marseille : les musulmans font un état des lieux de l’islamophobie

« Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue

Le Collectif contre l'islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

Photo LP
Le Collectif contre l’islamophobie a recensé 469 actes commis en 2012 contre des musulmans en raison de leur religion.

L’islamophobie gagne du terrain et prend un tour inquiétant, selon les participants de la 11e rencontre annuelle des musulmans du Sud, organisée hier au Parc Chanot de Marseille par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Les musulmans sont devenus des cibles », affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du Religieux.
Selon lui, « nous sommes dans une situation comparable aux années 1930″ avec des musulmans « pris en étau » entre progressistes et traditionalistes. « L’Europe est sur le déclin, explique le sociologue, elle n’est plus le centre du monde. On ne peut pas en vouloir à la Chine, l’Inde, le Brésil ou au capitalisme mondialisé, alors il faut personnaliser la cause. Et les musulmans sont là pour personnaliser la cause ». Une « laïcité en état de siège » conduirait à des « mesures d’exception »comme l’interdiction faite aux mères portant un voile simple d’accompagner les sorties scolaires ou visant les nounous à domicile.

Porte-parole du collectif contre l’islamophobie, Marwan Muhammad a recensé en 2012 469 actes reposant sur la discrimination. Il distingue une « islamophobie de droite bâtie autour de l’identité, de l’assimilation pour laquelle le musulman est désigné comme une menace » d’une « islamophobie de gauche plus pernicieuse car construite autour de valeurs ayant une connotation positive comme la liberté des femmes, la liberté d’expression, la laïcité ». L’islamophobie, selon le collectif,« instrumentalise les valeurs de gauche pour rendre le racisme acceptable. Ce n’est plus : « Sale Arabe, rentre chez toi ! » C’est désormais : « Il convient de réaffirmer la laïcité avec force ! »

« Bons citoyens

La loi de mars 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics entre, selon Raphaël Liogier, pour la première fois en « contradiction avec les droits de l’homme » mais, explique-t-il, son respect montre que « les musulmans sont de bons citoyens car ils obéissent à une loi qui leur était défavorable ».
ontre annuelle s’est questionnée sur « un manque de communication des musulmans » qui représentent 10 % de la société française. S’interrogeant sur leur part de responsabilité dans l’islamophobie, Rachid Lamaarti, administrateur de l’UOIF, a appelé les musulmans à « vivre à l’intérieur de notre société. C’est bien d’écouter Al Djazira mais c’est ici que ça se passe. Nous avons la place que nous méritons. »
Il a souhaité le développement de médias musulmans et invité à « quitter des espaces sécurisés dont on a du mal à sortir par peur d’une perte identitaire pour vivre, de manière plurielle, avec la société à laquelle nous appartenons ». L’opposition au mariage pour tous aura fourni l’occasion d’un tel décloisonnement.

Luc Leroux

 http://www.laprovence.com/

Canular concernant la communauté musulmane de Rimouski

La Ville de Rimouski tient une fois de plus à rétablir les faits tout en dénonçant le caractère raciste et le contenu alarmiste d’un courriel circulant sur Internet depuis quelques années, dont les données et informations sont fausses.

Le canular diffusé par courriel prétend qu’il y a une « invasion de musulmans à Rimouski » et qu’une rue de la ville a été nommée « en l’honneur d’un de leur grand prêtre ».

Les données présentées dans ce canular sont fausses et revêtent un caractère totalement absurde. En réalité, les immigrants nés à l’étranger représentent moins de 2 % de la population de Rimouski et sont majoritairement originaires de France. Environ 125 personnes, sur plus de 47 000 habitants, sont de religion musulmane, soit moins de 0,3 % de la population rimouskoise.

La Ville de Rimouski reconnaît l’apport de ces personnes à l’économie locale, de même qu’à la culture et au savoir rimouskois.

Quant à la rue Mohammed-El-Sabh, elle fut nommée ainsi à la demande de la Ville de Rimouski, en mémoire d’un illustre scientifique du domaine océanographique, spécialisé dans la gestion des catastrophes naturelles. Monsieur El-Sabh (1940-1999), né en Égypte, est arrivé à Rimouski en 1972. Selon le maire de Rimouski, M. Éric Forest, ce courriel est une injure à la mémoire de ce « grand scientifique qui a contribué à consolider l’Institut national de recherche scientifique (INRS) en océanographie et l’UQAR (Université du Québec à Rimouski) », deux institutions majeures de la ville.

La Ville de Rimouski demande aux personnes recevant ce courriel de le détruire immédiatement pour que cesse enfin cette campagne de salissage.

http://www.lavantage.qc.ca/

L’islamophobie en forte hausse depuis le début de l’année

Par LEXPRESS.fr

Selon le Conseil français du culte musulman, 50 actes anti-musulmans ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie au premier trimestre 2012. C’est 25% de plus que l’an dernier à la même période.

L'islamophobie en forte hausse depuis le début de l'année

Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, sont repartis à la hausse

afp.com/Gerard Julien

 

Une hausse inquiétante. Les actes anti-musulmans, qui avaient connu une baisse fin 2012, ont augmenté au premier trimestre de 2013, a noté le Conseil français du culte musulman (CFCM). « Ce sont 50 actes anti-musulmans qui ont été enregistrés auprès des services de police et de gendarmerie pour le 1er trimestre 2013, contre 40 pour la même période en 2012, soit 25% d’augmentation », selon un bilan de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Dans un précédent bilan, cet organisme qui dépend du CFCM avait enregistré quinze actes anti-musulmans en novembre 2012 et onze le mois suivant. Au total, 201 actes anti-musulmans (53 actions et 148 menaces) ont été enregistrés en 2012 (155 en 2011), soit une hausse de 28 %. Entre 2011 et 2010 la hausse était de 34 %.

La « cyberhaine » pointée du doigt

« La montée d’un certain radicalisme islamique qui nuit d’abord aux citoyens français de confession musulmane » mais aussi « la promotion de discours franchement populistes de certains leaders d’opinion », sont notamment à l’origine des actes islamophobes, analyse le président de l’Observatoire, Abdallah Zekri, qui note une « forte hausse de la cyberhaine ».

« La cyberhaine, notamment via les courriels en chaîne, est à l’origine d’une propagation de mensonges envers les musulmans et l’Islam », dénonce-t-il en remarquant que « dans un grand nombre de ces courriels, l’Islam est associé exclusivement au terrorisme, à l’extrémisme et à une menace pour d’autres cultures ». Abdallah Zekri appelle une nouvelle fois le président François Hollande à « déclarer la lutte contre l’islamophobie cause nationale, comme il l’a fait pour la lutte contre l’antisémitisme ».

http://www.lexpress.fr/

 

Chasse au voile : une entreprise de purification nationale

Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS

Cela fait plusieurs décennies que la France est engagée dans une chasse aux sorcières qui se fait chaque jour plus insidieuse, plus implacable.

Le récent scandale provoqué par l’arrêt de la Cour de cassation, dans le litige qui oppose à son employeur une femme licenciée d’une crèche pour avoir refusé d’enlever son voile, n’en est que le dernier rebondissement.

Comme dans chacun des épisodes précédents, la réaction dans les médias est quasi unanime et présente la laïcité comme une citadelle assiégée par l’islam.

L’ex-présidente de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), Jeannette Bougrab, estime que « la dernière digue a cédé » et que la république est menacée.

Un groupe d’intellectuels réclame déjà à cor et à cri un aménagement du droit pour étendre la laïcité au secteur privé (sic) et interdire aux femmes dites voilées l’accès aux professions de la petite enfance. Comme en écho, le Défenseur des droits réclame une « clarification » de la loi et le gouvernement s’est dores et déjà dit prêt à en examiner l’opportunité. Une loi de plus sur le voile ?


Une femme voilée à Vénissieux, en 2009 (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP)

Des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires

L’acharnement dans la traque du voile ressemble au jeu cruel d’un enfant qui arrache une à une les ailes d’une mouche. Après que l’on eut exclu des jeunes filles des collèges publics et incité – au nom de la laïcité et du refus du communautarisme – à les enfermer dans des écoles musulmanes, des mères ont été interdites d’accompagnement des sorties scolaires, puis décrétées indésirables à la porte des écoles.

Le foulard a été proscrit des photos des pièces d’identité, signe s’il en est de l’appartenance nationale. Ecoles, crèches, hôpitaux, police, administrations, services parapublics doivent être purgés de leurs femmes voilées et le secteur privé emboîte le pas.

Ces femmes voilées devraient disparaître de la vue du public, et particulièrement des jeunes enfants, comme si elles constituaient une intolérable obscénité. Les universités ne sont pas en reste, qui déjà sont tentées de faire enlever leur foulard aux étudiantes.

La burqa a été bannie de l’espace public au terme d’un gigantesque emballement médiatico-politique pour quelques centaines de cas recensés : une unanimité facilement acquise derrière un gouvernement engagé dans la promotion de l’identité nationale.

Une chanteuse (Diams) a été traînée dans la boue par la presse pour avoir discrètement posé un bonnet sous sa capuche de rappeuse, et les dénigrements les plus virulents émanaient d’une secrétaire d’Etat l’accusantd’être « un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires ».

Une militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a subi la même campagne houleuse qui a tenté de l’empêcher de présenter sa candidature à des élections… La liste continue à s’allonger des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires – droit à la scolarisation, droit au travail, droit d’accompagner leurs enfants à l’école, éligibilité – pour une pièce de tissu recouvrant leurs cheveux.

Derrière le voile, une religion : l’islam

Derrière le voile, une religion : l’islam. La laïcité ne serait plus la séparation de l’Etat et de la religion, elle ne serait plus la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, ni ce principe visant à garantir le droit de pratiquer le culte de son choix et le droit d’exprimer librement ses convictions.

Dans son nouvel habillage, la laïcité devrait extirper toute manifestation de la religion (c’est-à-dire de l’islam) d’une sphère publique qui s’avère à géométrie variable, puisqu’il s’agirait non plus seulement de l’extirper de l’Etat, mais de l’espace public (pourtant lieu par excellence de l’expression de la liberté d’expression) et désormais du secteur privé.

Le droit ne le permet pas ? Il n’y a qu’à le détourner. « Aux élus de nous sortir de la confusion » dit l’appel « pour une loi sur les signes religieux ». « Notre loi doit impérativement être modifiée […] nous en appelons au législateur. »

Par petites touches, en prenant le prétexte des signes religieux, qui fait illusion malgré son caractère ouvertement fallacieux, une législation dérogatoire pour l’islam se fabrique, comme au temps des colonies, lorsqu’il fallait surseoir au principe fondateur du droit français depuis l’abolition des privilèges en 1789 – l’égalité de tous devant la loi – pour doter les « indigènes » d’un statut particulier.

L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une république laïque

Faut-il rappeler que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’est jamais appliquée dans les trois départements de l’Algérie « française » et que la « république laïque » a substitué à la catégorie « indigène » celle de Français musulman d’Algérie (FMA) pour restreindre les droits de ceux qu’elle désignait ainsi jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie et au-delà ?

Cette histoire n’est pas si ancienne. C’était alors la République qui imposait une censure sévère sur toute expression critique de sa politique coloniale. Alors que la question du foulard n’en finit pas de rebondir pour servir de prétexte à de continuelles restrictions de l’expression de l’islam dans la société française, c’est l’islam qui est très directement accusé de constituer une menace pour la liberté d’expression.

Une telle rhétorique fondée sur l’inversion fantasmatique des rapports réels est une caractéristique récurrente des politiques d’oppression. L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une République laïque était il y a trente ans portée, au mieux, par quelques dizaines d’intellectuels qui s’exprimaient constamment dans les médias. Ils partageaient en cela parfaitement les idéaux des mouvements intégristes qui prenaient de l’ampleur dans le monde à la même période.

L’idée a gagné les médias

C’est une idée qui a largement gagné les médias, et ceux-ci multiplient les sondages visant à montrer qu’elle est désormais répandue dans les deux tiers, voire les trois quarts de la population française. Depuis trente ans cependant, toutes les études sérieuses ont montré que les musulmans en France ne se distinguaient pas par leurs opinions des autres citoyens et adhéraient en particulier massivement au principe d’un Etat laïc.

N’est-ce pas la « République », par la voix de ceux qui s’en revendiquent les défenseurs, qui proclame son incompatibilité avec l’islam, avançant chaque jour d’un cran dans la violence verbale et symbolique, exigeant sans cesse de nouveaux dispositifs juridiques ? Que l’islam soit une menace pour la France était jadis l’un des slogans du Front national. Ce temps semble déjà très loin.

Des intellectuels ont depuis largement pris le relais pour accréditer cette idée, avec une efficacité bien plus redoutable, et une agressivité qui ne cesse de s’amplifier.

Sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes

Certains de ses mouvements, de ses courants et de ses figures intellectuelles tentent de faire du féminisme un appareil idéologique d’Etat, pièce maîtresse de l’idéologie de l’identité nationale qui s’érige sur le culte de la république et le rejet symétrique de l’islam. La sacralisation de la laïcité et sa production en slogan politique déconnecté de ses ancrages juridiques historiques est le dispositif central de cette collusion.

Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

Le féminisme des années 70 se donnait comme objectif d’émanciper les femmes, toutes les femmes. Ce n’est plus le cas de certains courants du féminisme contemporain qui, en s’adossant à l’Etat, prononcent des excommunications et secrètent des figures de sorcières malfaisantes.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates, ces salopes ? Les prises de position médiatiques se déchaînent : lorsqu’elles ne sont pas victimes ou aliénées, c’est qu’elles sont comploteuses, manipulatrices, dangereuses.

De la femme qui refuse de se soumettre à la salope, la prostituée, il n’y a jamais qu’une frontière ténue, car la femme scandaleuse est par définition celle qui échappe aux prescriptions et ne se cantonne pas à la place qui lui est assignée.

Et dans les campagnes médiatico-politiques qui se déploient, il en va effectivement des femmes voilées comme des prostituées : au nom de la laïcité, au nom de l’égalité homme-femme, au nom de la république, cette nouvelle Trinité du « bien », la frénésie qui tente de les faire disparaître de la vue en prétendant les arracher à leur soumission, cette frénésie ne semble connaître aucune limite.

Ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits

Cette frénésie a un nom, et ce nom est particulièrement inquiétant : c’est une véritable entreprise de purification nationale qui peu à peu s’est mise en place à partir de la première « affaire du voile » des années 90. Et il serait temps d’en prendre conscience, car il ne peut y avoir aucune limite à une telle entreprise de purification.

Son objet étant fantasmatique, la poursuite de son éradication ne pourra trouver aucune borne. A l’invention de quel genre de bûcher va-t-on assister demain pour brûler ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits ?

http://www.rue89.com/

Islamophobie: trois victimes sur quatre ne portent pas plainte

Ricardo Gutiérrez

Un « Livre blanc » dresse l’état des lieux de l’islamophobie en Belgique francophone. Trois victimes sur quatre ne donnent aucune suite aux discriminations ou violences subies. La nouvelle plateforme associative musulmane Muslim Rights répétera l’exercice chaque année.

J’étais à l’arrêt de bus avec une autre amie aussi convertie et on attendait le bus pour aller chez moi. De jeunes hommes sont arrivés et voyant qu’on était des Belges devenues musulmanes avec un foulard, ils nous ont arrachés le foulard et nous ont traitées de ‘collabos’. On a eu tellement peur et nous ne savions pas ce que nous avions fait pour mériter ça » Le Livre blanc de l’islamophobie, publié ce jeudi, par la nouvelle plateforme associative Muslim Rights, s’ouvre sur le témoignage de Virginie, une jeune musulmane de Charleroi.

C’est la force de ce premier état des lieux : il est basé sur près de 600 témoignages concrets de citoyens de confession musulmane qui s’estiment discriminés en raison de leur religion. Quel bilan tirer des 576 faits enregistrés ? Muslim Rights tire quatre grandes conclusions de son enquête :

1. Les femmes sont davantage ciblées. Globalement, deux personnes discriminées sur trois (61,8 %) sont des femmes, et la proportion monte même à trois sur quatre si on s’en tient aux faits portant sur les pratiques vestimentaires.

2. Les jeunes sont davantage visés. L’enquête montre que deux personnes discriminées sur trois (62 %) sont des jeunes de moins de 30 ans. A peine 2 % des cas concernent des citoyens musulmans âgés de plus de 49 ans.

3. La discrimination à l’emploi est banalisée. C’est dans le domaine de l’emploi que les discriminations sont les plus courantes, après les agressions verbales et les manifestations de haine via internet ou les médias : 33 % des témoignages portent sur des refus d’embauche, de stage ou de promotion justifiés par la conviction religieuse des victimes.

4. Les victimes ne portent pas plainte. Enfin, l’enquête montre que trois personnes s’estimant victime d’islamophobie sur quatre (74,8 %) restent sans réaction. A peine 3 % signalent les faits au Centre pour l’égalité des chances, et 4 % portent plainte en justice ou auprès de la police. A noter : le succès relatif des procédures de médiation ou de conciliation (18 % des victimes optent pour cette voie).

A lire : la version intégrale du « Livre blanc sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone »

http://www.lesoir.be/

Exclusif: l’islamophobie en forte augmentation

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rendu jeudi 21 mars un rapport révélé en exclusivité par La Croix sur la perception par les Français des questions liées à l’émigration.

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rab...

(ERIC CABANIS / AFP)

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche, deuxième rang)

L’augmentation observée de la délinquance à caractère raciste doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse la France.

La délinquance à caractère raciste a connu une forte augmentation l’an dernier. Les actes et menaces en direction des immigrés, des personnes de couleur, des juifs et des musulmans se sont élevés à 1 539, contre 1 256 l’année précédente (+ 23 %), selon la CNCDH.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la forte percée des actes visant les Maghrébins et, plus particulièrement, par la montée d’un profond sentiment antimusulman, précise Christine Lazerges, présidente de la CNCDH. Il s’agit d’une tendance qui se confirme malheureusement d’année en année. » Pour preuve, les actes visant les musulmans ont augmenté de 30 % en 2012, après une première hausse de 34 % l’année précédente.

AUGMENTATION DE L’INTOLÉRANCE VIS-À-VIS DES MUSULMANS

Par-delà ces chiffres bruts, tout l’intérêt du rapport de la CNCDH réside dans les conclusions de trois études qualitatives commandées au CSA, à TNS Sofres et au Cevipof (1). Ce sont elles, en effet, qui permettent d’une année sur l’autre d’évaluer la perception par les Français des questions liées à l’immigration et de faire le point sur l’évolution de leurs préjugés. Or, cette année, toutes trois concluent à une forte augmentation de l’intolérance vis-à-vis des musulmans.

Ainsi, seules 22 % des personnes interrogées disent avoir une opinion positive de l’islam (contre 29 % en 2011) et 55 % estiment qu’il ne faut pas faciliter l’exercice du culte musulman en France (+ 7 % par rapport à 2011). En parallèle, la tolérance à l’égard des pratiques religieuses s’avère, elle aussi, en baisse.

DÉCROCHAGE À PARTIR DE 2010

Le véritable décrochage s’est opéré à partir de 2010. Le débat sur la burqa, suivie de la polémique sur les prières de rue, l’explique en partie.« La réprobation des prières de rue ou du port de la burqa a fini par rejaillir sur d’autres pratiques qui, jusqu’ici, ne posaient pas problème à la population française : le jeûne du Ramadan, la non-consommation de porc, le sacrifice du mouton lors de la fête de l’Aïd », décrypte Nonna Mayer, directrice de recherche en sciences politiques au CNRS.

Cette recrudescence d’opinions négatives à l’égard des musulmans doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse actuellement la France. C’est en tout cas l’analyse d’Emmanuel Rivière, à TNS Sofres :« L’identité française est perçue comme de plus en plus trouble et insaisissable. Dans ce contexte, certaines pratiques musulmanes semblent, aux yeux d’un nombre croissant de Français, mettre encore plus à mal cette identité affaiblie. »

LA LAÏCITÉ, PERCUE COMME CIMENT SOCIAL

Certaines revendications religieuses (notamment concernant le port du voile) sont d’autant moins bien acceptées qu’elles viennent questionner le principe de laïcité. « On touche là un point fondamental, car la laïcité devient centrale dans le discours, poursuit le sondeur. Elle est en effet perçue comme l’un des rares ciments au sein d’une société de plus en plus atomisée, et chaque exception à la règle laïque est vécue comme un signe inquiétant de renoncement. »

L’actualité internationale récente n’a pas joué, elle non plus, en faveur de la communauté musulmane. « Les révolutions arabes ont été saluées au départ comme un réveil démocratique. Mais l’arrivée au pouvoir des islamistes a finalement encore accru la défiance de toute une partie des Français vis-à-vis de l’islam en général », renchérit Nonna Mayer.

MONTÉE DU SENTIMENT ANTIMUSULMAN

La montée du sentiment antimusulman commence à s’étendre à de nouvelles couches de population. « Sur une échelle d’aversion à l’islam – qui mesure les opinions négatives à l’égard des prières de rue, du port du voile, du Ramadan –, on constate une augmentation spectaculaire du rejet chez les diplômés du supérieur », constate Nonna Mayer.

58 % d’entre eux se déclarent critiques vis-à-vis de telles pratiques, là où ils n’étaient que 34 % il y a trois ans. « C’est là une évolution tout à fait notable, car les diplômés du supérieur sont traditionnellement plus tolérants, moins xénophobes et moins racistes que la moyenne. Et ils le restent, d’ailleurs, mais affichent une nette réticence à l’égard des pratiques de l’islam dans l’espace public. » Parallèlement, la population féminine se montre de plus en plus critique vis-à-vis des pratiques musulmanes (59 % en 2012, contre 42 % en 2009).

ANTIRACISME ET RÉACTIONS RACISTES

L’autre enseignement du rapport porte sur l’ampleur du racisme en France. Seules 7 % des personnes interrogées se déclarent « plutôt racistes », un chiffre constant d’une année sur l’autre.

L’antiracisme semble être devenu la norme démocratique. Cette stabilité cache toutefois une progression d’attitudes racistes. Ainsi, 65 % des personnes interrogées estiment que « certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes ». « Les Français s’interdisent massivement d’être racistes, mais concèdent désormais ouvertement être de moins en moins tolérants », note Christine Lazerges.

Emmanuel Rivière ne dit rien d’autre : « Quasiment plus personne ne se définit comme raciste. Les Français reconnaissent plus fréquemment avoir des réactions ponctuelles. Ils se sentent plus libres qu’auparavant de dénoncer de manière véhémente les comportements d’une communauté particulière. »

RÉCRIMINATIONS À L’ENCONTRE DES IMMIGRÉS

Dernier constat dressé par la CNCDH : les récriminations à l’encontre des immigrés sont de plus en plus manifestes. 69 % des personnes interrogées estiment « qu’il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », un score en progression de 22 points par rapport à 2009 et une opinion qu’on retrouve en priorité au sein des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées et chez les moins diplômés. Mais pas seulement. Ce sentiment est désormais majoritaire chez

les sympathisants de gauche, qui partagent cette opinion à 51 %, contre 40 % il y a un an. Fait nouveau : elle est même devenue majoritaire chez les personnes de nationalité étrangère elles-mêmes (51 %).

Une évolution des mentalités qui trouve notamment son origine dans la crise économique. « Pour un nombre croissant de Français, la société se divise entre, d’un côté, ceux qui souffrent, de l’autre, ceux qui profitent. À les entendre, toute une partie des immigrés ne vient que pour bénéficier des avantages sociaux, analyse Emmanuel Rivière, mettant en péril notre régime de protection sociale déjà fragilisé. » Aux dires des sondeurs, la polarisation des débats autour de l’immigration ces dernières années explique elle aussi en partie cette évolution des préjugés.

Les chiffres du rapport

En 2012, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a recensé – 118 « actions » et 606 « menaces » racistes et xénophobes ;

– 177 « actions » et 437 « menaces » antisémites ;

– 53 « actions » et 148 « menaces » antimusulmanes.

Les « actions » regroupent les homicides, attentats et tentatives, les incendies, les dégradations et les violences et voies de fait.

Les « menaces » regroupent les propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, les inscriptions, tracts et lettres.

Les sources

La CNCDH se base sur les chiffres communiqués par trois ministères : l’intérieur, la justice et l’éducation nationale. Pour les deux premiers,

il s’agit des plaintes déposées et des procès. Pour le troisième, il s’agit des actes ou menaces recensés au titre de la violence scolaire. Chaque trimestre,

les chefs d’établissement doivent communiquer au ministère les actes violents commis, en précisant s’ils ont une motivation raciste, antisémite ou sexiste.

Les violences antimusulmanes ne sont pas distinguées des violences racistes. La séparation des violences antimusulmanes par rapport aux violences racistes en général n’est d’ailleurs observée par le ministère de l’intérieur que depuis deux ans.

Les chiffres communiqués à la CNCDH sont déjà « triés » par nature (actions ou menaces) et catégorie (antisémite, antimusulmane, raciste et xénophobe).

La commission n’a pas droit de regard sur leur élaboration. Elle n’a pas accès aux sources brutes.

Le rôle des associations

La CNCDH ne tient pas compte des chiffres répertoriés par les associations.

En revanche, elle souligne que le ministère de l’intérieur a passé des conventions avec la Licra et deux représentants des communautés : le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM). Chaque trimestre, ces trois organismes peuvent confronter les chiffres du ministère avec les faits qu’ils ont eux-mêmes recensés.

(1) L’étude du CSA s’est déroulée en décembre 2012 auprès d’un échantillon de 1 029 personnes. L’étude du Cevipof a permis d’analyser les résultats obtenus par le CSA sur plusieurs années. L’étude TNS Sofres s’est déroulée en janvier 2013 selon la méthode d’entretiens semi-individuels semi-directifs (sur 38 personnes).

MARIE BOËTON

http://www.la-croix.com/

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique.

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination « religieuse », près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à « rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école ».

http://www.lesoir.be/

Grande-Bretagne : des traces de porc dans la viande halal des prisons

grande-bretagne--des-traces-de-porc-dans-la-viande-halal-des-prisons

La communauté musulmane de Grande-Bretagne forte de trois millions de membres est indignée de découvrir que des traces d’ADN de porc ont été retrouvées dans la viande halal proposée dans les prisons du pays. 

Le ministère de la justice a du suspendre une entreprise fournissant de la viande dans les prisons après avoir effectué des tests sur des tartes et des viandes dits halal dans lesquels des traces d’ADN de porcs ont été trouvées.

L’Agence des Normes Alimentaires a affirmé que l’autorité locale impliquée dans cette affaire fait l’objet d’une enquête.

Le ministre de la Justice, Jeremy Wright, a déclaré que cet incident était absolument inacceptable : « c’est une situation absolument inacceptable que nous regrettons grandement ».

Certains professeurs et professionnels appartenant à l’agence de normes alimentaires clament déjà la difficulté de vérifier la conformité de la viande tout au long de la chaîne alimentaire pour se défaire d’une quelconque responsabilité.

Il est bien désolant qu’une telle affaire soit nécessaire pour faire réagir les agences de surveillance et pour durcir les contrôles grâce à un sursaut de rigidité de la justice au sujet des normes alimentaires, a regretté la Commission musulmane des droits humains, basée en Grande-Bretagne.

Le marché du halal couvre deux trillions de dollars à travers le monde.

http://www.trtfrancais.com

Tags « provocateur » sur les murs de deux mosquées de Besançon

Une enquête a été ouverte dimanche après la découverte aux mosquées Sunna et El-Fath de Besançon d’un graffiti « provocateur », a annoncé la préfecture du Doubs. L’inscription représente une étoile de David.

  • avec l’AFP
  • Publié le 03/02/2013 | 14:55, mis à jour le 03/02/2013 | 17:11
Le tag a été bombé sur le mur d'enceinte de l'une des mosquées de Besançon. © Philippe Arbez
© Philippe Arbez Le tag a été bombé sur le mur d’enceinte de l’une des mosquées de Besançon.
L’étoile, symbole du judaïsme, a été bombée à deux endroits de Besançon.   »Le dossier a été transmis à l’autorité judiciaire », a dit le secrétaire général
de la préfecture du Doubs, Joël Maturin, parlant de « graffiti isolé et inutilement provocateur ». La première étoile de David a été découverte dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur extérieur de la mosquée d’El Fath, située dans le quartier Planoise; le graffiti aurait été dessiné dans la nuit de vendredi à samedi. La seconde, peinte sur un pilier extérieur à la grande mosquée El-Sunna dans le quartier saint-Claude, a été retrouvée dimanche matin. Les responsables de la mosquée ont alerté la police, qui s’est rendue sur les lieux. Le secrétaire général a ajouté que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée dans cette affaire ».
Les pratiquants réunis ce matin à la mosquée sont dépités par autant de bêtises. Le tag de la mosquée de Planoise est déjà effacé.
Par ailleurs, deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été inscrits dans la nuit sur un bâtiment abritant une mosquée à Ozoir-La-Ferrière en Seine-et-Marne. Sur son site internet, le CCIF ( Collectif Contre l’Islamophobie en France) a recensé dans son rapport annuel 414 actes islamophobes en France envers des institutions ou individus, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 38%. L’année dernière, quarante mosquées avaient été visées.
http://franche-comte.france3.fr

Des croix gammées dessinées sur une mosquée en Seine-et-Marne

Des graffitis sur la façade de la mosquée d'Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013

Des graffitis sur la façade de la mosquée d’Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013 (Photo AFP)

Deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche sur une mosquée d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), suscitant l’indignation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

A Besançon, ce sont des étoiles de David qui ont été dessinées sur deux mosquées. Mais dans ces cas, des sources proches de l’enquête incitent à la prudence sur la nature islamophobe de l’acte, n’excluant pas, parmi d’autres, la piste d’un fidèle mécontent.

Dans une rue calme et bordée de pavillons d’Ozoir-La-Ferrière, à environ 35 km à l’est de Paris, les fidèles de la mosquée Taouba venaient pour la prière de l’aube quand ils ont découvert deux croix gammées et deux slogans, « Vive la Gaule » et « Nike l’islam », tagués à la bombe noire sur la façade jaune clair et la porte blanche.

Une enquête pour « dégradations aggravées » car réalisées « sur un lieu de culte » a été ouverte, a indiqué une source judiciaire, soulignant qu’il n’y avait pas eu « de faits équivalents récemment » dans la zone. L’enquête va tenter d’exploiter « les vidéos (de surveillance, ndlr) des axes à proximité de la mosquée », a-t-elle ajouté.

Ce lieu de culte discret, bâti en 2002, accueille chaque vendredi 200 à 300 musulmans. Dimanche, tandis que des enfants arrivaient pour leur cours d’arabe, les responsables de la mosquée, qui avaient recouvert les inscriptions, exprimaient leur incompréhension.

« On est tous des Gaulois, c’est vraiment n’importe quoi! », réagissait, sous couvert d’anonymat, un père amenant sa fille. De tels actes peuvent susciter « de la colère, or ce qu’on souhaite c’est que les gens soient apaisés car on prône la tolérance et la paix », dit Abdelaziz Aït Ali, le secrétaire de la mosquée.

« Nazillons »

« Depuis dix ans qu’on est ici, on s’entend très bien avec les voisins », a expliqué à l’AFP Hamed Kamouch, président de l’association.

Les autorités locales confirment que cette mosquée est sans histoires, dénuée de toute obédience fondamentaliste, et qu’elle n’a jamais connu le moindre problème.

Si M. Aït Ali dénonce « un acte isolé », le président de l’Observatoire de l’islamophobie, Abdellah Zekri, a exprimé auprès de l’AFP sa « colère et (son) dégoût devant des individus qui ne respectent absolument rien, des apprentis nazillons ».

Il énumère les mosquées cibles d’actes islamophobes et racistes depuis un peu plus d’un mois: Val-de-Reuil (Eure), le Barp (Gironde), Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)… M. Zekri « réitère (son) appel » à François Hollande « de déclarer que le combat contre l’islamophobie est une cause nationale. C’est un geste fort que nous attendons », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le CFCM « appelle l’ensemble des musulmans de France à la vigilance et à la sérénité face à ces provocations contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». SOS Racisme « demande aux pouvoirs publics de s’engager davantage et urgemment dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec la plus grande sévérité la profanation » de la mosquée par « des inscriptions nauséabondes et haineuses ».

En 2012, 201 actes anti-musulmans ont été enregistrés, soit une augmentation de 28% par rapport à 2011, selon l’Observatoire de l’islamophobie.

Interrogé par l’AFP sur les inscriptions, le maire UMP Jean-François Onesto a déploré « ces messages lâches parce qu’anonymes ». Selon lui, « c’est la première fois que ce genre de tag raciste » est retrouvé à Ozoir.

http://www.liberation.fr/

Ozoir-la-Ferrière : des croix gammées taguées sur la mosquée

Nicolas Sivan et Stéphanie Auguy

Les fidèles de la mosquée d’Ozoir-la-Ferrière ont découvert avec stupeur, hier matin, que des tags islamophobes avaient été inscrits sur la façade et la porte de la mosquée Taouba pendant la nuit.

<br />
Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. </p>
<p>

Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. | (LP/N.S.)

Des tags islamophobes et des croix gammées sur la façade et la porte de la mosquée Taouba. Les fidèles d’Ozoir-la-Ferrière étaient sous le choc, hier matin, en découvrant la profanation, dans la nuit de samedi à dimanche, de leur édifice religieux. Ouvert en 2002, ce lieu de prière rassembleparfois jusqu’à trois cents personnes.Des membres de la communauté musulmane sous le choc mais aussi dans l’incompréhension. « Nous n’avons jamais eu aucun souci avec qui que ce soit ici, rappelle Ahmed Kamouch,président de l’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière. C’est un acte gratuit et raciste qui éloigne les communautés. »

« Nike l’islam », « Vive la Gaule ». Les fidèles ont découvert ces tags vers 6 heures, en arrivant à la mosquée pour la prière de l’aube. L’étonnement passé, ils se sont empressés de les recouvrir de bâches en plastique. Ils voulaient cacher ces insultes avant que les jeunes élèves du cours d’arabe n’arrivent. L’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière a ensuite porté plainte auprès du commissariat de Pontault-Combault, qui a ouvert une enquête. « Ce geste est très grave, se désole Driss Lachhab, vice-président du conseil régional du culte musulman de l’est de l’Ile-de-France. C’est la première fois qu’une telle chose arrive en Seine-et-Marne. »

De nombreuses réactions

Cette profanation est fermement condamnée de toutes parts. Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, parle d’« inscriptions nauséabondes et haineuses ». « La République n’acceptera jamais de telles provocations et saura se montrer très ferme à l’égard de ceux qui tentent de diviser les Français et de porter atteinte à notre cohésion nationale », prévient-il.

« C’est un acte inacceptable et répugnant, a, de son côté, vivement réagi le député socialiste du secteur, Eduardo Rihan-Cypel. Ces tags ont un sens. On ne peut pas laisser passer ça. » « J’espère que l’on trouvera les auteurs, renchérit Jean-François Oneto, maire UMP d’Ozoir-la-Ferrière. Il n’y a jamais eu d’actes racistes dans notre commune, je désapprouve totalement ces méthodes. » L’élu promet que les services de la mairie aideront à effacer ces tags haineux.

« Cela fait désormais six mosquées profanées depuis le début de l’année », dénonce, de son côté, Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il a indiqué attendre « un geste fort » du président de la République contre l’islamophobie.

http://www.leparisien.fr/

France. Hausse des actes islamophobes en 2012

France. Hausse des actes islamophobes en 2012
Cible principale de l’islamophobie, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Remy Gabalda / AFP.

Le Collectif contre l’islamophobie en France vient de publier les chiffres de 2012. Comme on s’y attendait, ils ne sont pas encourageants. Les actes islamophobes sont en constante augmentation par rapport aux années précédentes. Inquiétant.
« Poursuivant la tendance notée depuis 2008, la progression des actes islamophobes s’accentue de manière très inquiétante en 2012 ».

Dans son communiqué de presse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) dévoile ses derniers chiffres et s’en inquiète. En 2012, le CCIF a recensé 414 actes islamophobes envers des institutions ou des individus. Soit une augmentation de 38% par rapport à 2010 où le collectif en avait répertorié 188. En 2011, 298 avaient été recensés.

87% d’actes touchent les femmes

L’augmentation la plus marquante concerne les actes touchant les individus. En 2012, 364 personnes ont été visés par des actes islamophobes contre 262 en 2011, « soit 102 actes de plus : chaque jour en France, un individu est victime d’islamophobie », s’alarme le CCIF.

Comme les années précédentes, ce sont les femmes qui pâtissent le plus de cette montée de l’islamophobie. Sur les 364 cas visant des individus, 87,3% touchent des femmes. Cible principale, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Ce passage à l’acte « se libère de manière assez grave » s’alarme le CCIF qui répertorie 122 actes d’agressions verbales en 2012 contre « seulement » 52 l’an passé.  

L’Etat se trouve également dans le viseur du CCIF qui souligne qu’ « un fonctionnaire est mis en cause dans 39% des cas recensés » d’actes islamophobes.

Islamophobie grandissante sur les lieux de travail

Le CCIF a aussi observé une évolution notable dans les lieux où se développe l’islamophobie : « désormais, elle s’étend au monde du travail, dans le secteur privé, sous formes d’atteintes interpersonnelles ou d’agressions ». Les derniers chiffres corroborent ces dires.

L’islamophobie au travail a bondi, passant de « 59% d’actes islamophobes en 2012 contre 10,47% pour l’année passée. 16,8% de ces actes touchent les femmes voilées, souvent les premières exclues sur leur lieux de travail.

Les lieux de culte sont toujours la cible principale des agresseurs, 40 mosquées ont été attaquées en 2012. Les associations, centres culturels ou boucheries halal n’ont pas été épargnés non plus.Fait nouveau cette année, deux maisons où résident des familles musulmanes ont été taguées d’injures racistes.

Après avoir donné une liste non exhaustive des agressions islamophobes les plus marquantes de 2012 (femme voilée frappée au  visage, agression de jeunes à l’arme blanche d’Aigues mortes, femme en Niqab agressée à Marseille…), le CCIF insiste sur le fait que « ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg, bien en deçà de la réalité islamophobe  à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années ».

Cette montée de l’islamophobie a de quoi inquiéter mais ne surprend pas vraiment au vu du climat délétère entourant la communauté en 2012. Selon le CCIF, l’islamophobie a pris du poids dans la société « passant d’une islamophobie politique à une islamophobie culturelle, relayée médiatiquement et politiquement ».

Espérons que 2013 sonne le glas de cette inquiétante montée de racisme à l’encontre de la communauté musulmane.

Jonathan Ardines

http://www.lecourrierdelatlas.com

Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (1/2)

Houria Bouteldja

D’abord, la France est une entité qu’on ne peut pas essentialiser. Affirmer que «la France est islamophobe», ou qu’elle ne l’est pas cela ne veut rien dire car elle est traversée de conflits politiques.

Par contre on peut dire qu’il y a un sentiment dominant dans l’opinion qui reflète une hostilité grandissante à l’égard de l’Islam et des musulmans. Je pense pour ma part qu’on assiste effectivement en France à une régénérescence du racisme à travers l’islamophobie  et qu’elle est entretenue par les médias et par les grands partis politiques dans un objectif bien précis.

La droite et l’extrême-droite l’entretiennent évidemment, mais la gauche institutionnelle, représentée par le PS, également. L’extrême gauche n’est pas en reste. Rappelons en effet que l’interdiction du voile à l’école a été soutenue, voire portée, par de larges franges de l’extrême gauche dans les années 2000.
Si cette idéologie recouvre un si large spectre politique, alors on peut dire que l’islamophobie est largement partagée. Elle transcende largement les partis politiques. Si sur certaines questions, comme le mariage gay par exemple, le clivage gauche-droite persiste relativement, ce n’est pas le cas pour l’islamophobie.

L’islamophobie, un racisme d’Etat

Je ne crois pas qu’il faille parler de «sentiment» pour l’islamophobie. On utilise en effet souvent les mots «représentations» et «imaginaire», alors que l’islamophobie est institutionnalisée. En effet, il y a des lois islamophobes.
La loi de 2004, par exemple, est une loi contre les jeunes filles qui portent le foulard, c’est une loi qui a transformé – je dirais même trahi – l’esprit de laïcité de la loi de 1905. La laïcité, cela signifie en effet neutralité de l’Etat : l’Etat est sans religion, il est neutre, donc il n’est pas athée ni agnostique. Avec la loi de 2004, la neutralité, qui est un devoir de l’Etat, devient un devoir des citoyens.
Parler de sentiment pour l’islamophobie, c’est un euphémisme. L’islamophobie est d’abord et avant tout un racisme d’Etat.
Je dis bien un «racisme», car le mot «islamophobie» peut paraître vague. Il y a un débat pour déterminer s’il faut plutôt dire «islamophobie»  ou «musulmanophobie». Pour moi, l’essentiel, c’est de bien définir le terme. Qu’on parle de musulmanophobie ou d’islamophobie, peu importe, ce qu’il faut entendre derrière c’est que c’est un racisme d’Etat.

Ce racisme n’a pas d’autre objectif que de maintenir une population dans un statut de subalterne. Le terme même de «musulmans» est déjà problématique en soi. Je suis musulmane, mais il y a 25 ans je n’étais pas considérée comme musulmane, alors que je l’étais déjà. A l’époque, j’étais une «beurette» ou une «issue de l’immigration». M’identifier moi-même comme musulmane n’est pas un problème, c’est même une fierté. Par contre le fait qu’on me perçoive d’office comme musulmane me gêne.  Car les non musulmans ne sont pas appréhendés à priori par leur religion. C’est une manière de définir les citoyens selon des catégories et des classements établis par les politiques et le débat publique. On classe d’office toute une population, sans faire la différence entre ceux qui sont musulmans, pratiquants, agnostiques ou encore athées. On est placé dans la catégorie musulman quelle que soit notre subjectivité.

Classé d’office comme citoyen à problèmes

Je dirais même que «musulman» peut être étendu à «habitant des quartiers populaires». C’est parfois un euphémisme pour dire «banlieue». Pour ma part, je n’aime pas être placée dans cette catégorie d’office car je ne suis pas maîtresse de sa définition. Son contenu est péjoratif, il est associé au terrorisme, à la violence, à l’intégrisme. Il m’échappe. C’est cette impuissance et cette condition qui font de moi une indigène de la république. La charte sur l’islam que l’UMP souhaite faire adopter n’est ni plus ni moins qu’un nouveau code de l’indigénat. Quand on parle de musulmans, on parle toujours d’une catégorie de population problématique, qui doit montrer patte blanche, dénoncer les terroristes et Ben Laden. Or, à titre d’exemple, on ne demande pas aux Corses lambda de condamner des attentats sur leur île, et à juste titre car ce sont des attentats politiques qui ne doivent être assumés que par leurs auteurs. Nous, les musulmans, nous sommes tous coupables. Le paradoxe, c’est que pour beaucoup, c’est à partir de cette identité que va se mener la lutte. S’affirmer musulman à partir de notre propre définition, c’est une manière d’ échapper à la définition étatique qui nous enferre. Les Antillais diraient qu’on marronne en référence aux nègres marrons, ces esclaves qui se sont enfuis et qui ont su préserver leur mode de vie africains.

La source de l’islamophobie reste l’Etat et la politique internationale. La guerre contre «l’Axe du mal» a produit de l’islamophobie à l’échelle internationale, qui se réfracte sur les politiques françaises, et qui est ensuite exploitée à l’intérieur du débat français.

http://www.newsring.fr

Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (2/2)

Houria Bouteldja

En ce qui concerne les médias, l’affaire de Charlie Hebdo en septembre dernier illustre une dissymétrie en termes de liberté d’expression. S’il est vrai que Charlie Hebdo s’en est beaucoup pris par le passé à la religion catholique, on omet de dire que c’est un journal de Blancs qui critique une religion «de Blancs» , ou considérée comme telle.

Si Tariq Ramadan prenait la liberté de faire ce que fait Charlie Hebdo…

Si un Tariq Ramadan prenait la liberté de faire exactement ce que fait Charlie Hebdo vis-à-vis soit des juifs ou des catholiques, il se prendrait une volée de bois vert. Vous imaginez un journal musulman avec en couverture le pape ou un rabbin avec une bombe sur la tête ? Ce qu’on présente comme une liberté d’expression pour tous reste en réalité le privilège de la population dominante. Il est évident que si on se permettait de faire le millième de cela, en critiquant les catholiques ou la religion juive, l’ensemble du champs politique serait contre nous. Et même les plus bouffeurs de curés! On admet que Charlie Hebdo critique la religion catholique, mais on n’admettrait pas que nous le fassions à notre tour. Les véritables questions qu’il faut se poser sont : Qui a le droit de critiquer ? Et qu’est-ce-qu’on a le droit de critiquer ? Enfin les journalistes de Charlie Hebdo se présentent comme des valeureux résistants à l’islamisation sans s’interroger véritablement sur l’Islam dans son contexte français. En France, l’Islam, c’est d’abord la religion des pauvres et des immigrées donc d’une catégorie de la population qui n’a aucun pouvoir politique, économique ou médiatique. On s’attaque à une population qui n’a pas la possibilité de répondre avec autant de puissance que ceux qui portent les coups.

Je fais souvent le parallèle avec les années 30 et le débat sur la liberté d’expression au sujet de la religion juive. Est-ce-qu’on trouverait responsable, d’un point de vue politique, de critiquer les juifs dans les années 30, quand ils étaient victimes d’antisémitisme d’Etat ?
Souvent, on nous renvoie à ce qui se passe en Arabie saoudite, ou dans d’autres pays musulmans. Si j’étais en Arabie saoudite, je critiquerais évidemment la politique de l’Etat saoudien. Mais on est en France et l’Islam y est une religion minoritaire et dominée.

L’islamophobie, peur irrationnelle et symptôme d’un déclin

Pour comprendre cette montée de l’islamophobie, il faut analyser la situation actuelle. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de crise économique globale, de crise de déclin de l’identité européenne face aux pays émergents, la Chine, l’Inde, etc.
L’identité européenne blanche qui a dominé le monde pendant 500 ans est en phase de déclin. Et ce qu’expriment les voix – souvent hystériques – qui s’élèvent dans les médias contre l’Islam, c’est au fond la peur de ce déclin. Qu’est-ce-qui explique cette peur irrationnelle ? Les Blancs perdent leur centralité historique, leur triple A, en quelque sorte, et ils voient tous les non Blancs, abusivement associés, à l’Islam comme une menace pour leur identité. Après avoir dominé pendant des siècles, ils se rendent compte que les autres veulent, comme eux, vivre et s’affirmer, transformer l’ordre établi par le racisme et le colonialisme ce qui de fait signifie une perte de pouvoir et des privilèges afférents. Ceux qui contestent cet ordre, à juste titre, pour réclamer leur droit et leur place pleine et entière, qui contestent les discriminations sont ainsi perçus comme des envahisseurs.

La résistance indigène est perçue comme terrifiante, illégitime et abusive alors que ce que demandent les milieux de l’immigration et des quartiers populaires, c’est d’abord l’égalité de traitement et de droits. Des revendications qui ne me paraissent pas insensées mais qui le sont pour celles et ceux qui se battent pour sauver leur privilèges, leur statut et qui dans le même mouvement font pression pour que les «Musulmans» restent en position de subalternes, d’indigènes. Ce conflit génère lutte et résistance de part et d’autre dont l’issue n’est pas écrite à l’avance mais dont on peut craindre le pire. Il faut espérer que les victimes du racisme d’Etat s’organisent rapidement pour que naisse une véritable alternative politique.

http://www.newsring.fr

Islamophobie… quand tu nous tiens par la barbichette

 Serge ULESKI

Gardons-nous bien de voir de l’islamophobie (1)  là où il est surtout question de difficultés de cohabitation avec un particularisme vestimentaire à caractère religieux qui peut être aussi considéré, et à juste titre pour les uns, comme une provocation et une atteinte à la laïcité :

« Je n’ai pas à connaître votre religion…

- Votre tenue vestimentaire m’impose une information que je n’ai pas demandée…

 - Nulle autre religion agit de la sorte car on peut encore aujourd’hui croiser des Juifs et des Catholiques pratiquants (voire même… intégristes, extrémistes et exterminateurs !) sans pour autant soupçonner un instant qu’ils le sont ; et c’est une très bonne chose…

 - Doit-on aussi rappeler qu’ici, sous notre climat, l’Eglise ainsi que le machisme ont  longtemps maltraité les femmes ! Et certains d’entre nous en général, et certaines d’entre elles en particulier, s’en souviennent encore ! Sans oublier le fait que la France s’est aussi construite, dans son histoire récente, contre cette même Eglise, jusqu’à sa « mise au pas ».

- On ne peut pas non plus ignorer le déficit d’image de l’Islam dans une actualité internationale où la pratique de la tolérance et de l’amour de l’autre par cette religion, et plus encore quand il est tout autre, serait la règle et non l’exception ; et même si l’Islam n’est pas la seule religion concernée (2), n’empêche !

 - Laissez-nous le temps de nous adapter car c’est bel et bien un nouveau paysage qui se dessine là sous nos yeux ! Et à ce sujet, la tolérance pourrait aussi trouver sa place chez ceux qui semblent un peu trop prompts à dénoncer une islamophobie fantôme ; et quand on sait que les femmes qui arborent une telle tenue sont de plus en plus nombreuses… on n’est décidément pas au bout de nos peines !

Mon-hijab.jpg____________

Rappelons à toutes fins utiles que l’islamophobie, et pour peu qu’il en soit réellement question, ne fait pas de la France un pays raciste et islamophobe, tout en précisant ceci : sermonner et condamner les populations avec des « C’est pas bien d’être islamophobe » n’a jamais dissuadé qui que ce soit de le demeurer ou de le devenir. Aussi, la lutte contre l’islamophobie ne peut être qu’un point de départ et sûrement pas un point d’arrivée. Dans le cas contraire, ce sera un échec un peu à la manière d’un SOS racisme enfermé dans sa Tour d’Ivoire moralisatrice dans le cadre d’un job à plein temps avec ses officiels, ses titulaires et ses suppléants, retraite assurée, ce qui n’a jamais servi aucune cause ; un « SOS racisme » cache misère intellectuel et politique autour de questions que l’on ne posera pas ; sans oublier les cas où l’intelligence fait cruellement défaut, et les cyniques qui n’ont aucun intérêt particulier à ce que les bonnes questions soient posées faute de volonté ou de possibilité d’y répondre efficacement car, si tout est dans l’exécution, quand on ne peut plus agir, notamment sur le plan social, une fois que l’on a déserté le terrain économique sans lequel aucune action digne de ce nom n’est possible, et que l’on est tout nus…

Vers qui, vers quoi peut-on alors se tourner ?

Après l’épuisement, vient le pourrissement ; il ne faudrait pas que la lutte contre l’islamophobie devienne une chasse à l’homme car à ce jeu là, le gibier sera toujours bien plus nombreux que les chasseurs : et la solidarité entre volaille, ça existe aussi !

La gestion des tensions ne se fera pas sans un dialogue entre tous, et la stigmatisation ne rendra aucun service et sera contreproductive. D’autant plus qu’il semblerait que l’ignorance des uns, ou leurs préjugés, soit l’exacte réplique de l’ignorance des autres ; d’où l’absence de compréhension et la tentation d’un repli vers une posture victimaire de tous les acteurs en présence : préjugés et rejet à tendance islamophobe contre ignorance historique feinte (3) ou authentique, de la part de ceux qui résident dans le pays d’accueil ou pays d’adoption par filiation.

Aussi, que la bien-pensance soit exclue de ce débat au plus vite ! Ce qui, en revanche, n’empêchera nullement la bienséance d’y trouver toute sa place dans une conduite des débats qui tienne compte de tous les ressentis car personne ne doit être rejeté ! Et si toutes les expériences et les opinions ne se valent pas, toutefois, on ne fera pas l’économie de les entendre toutes et de les comprendre, et qui sait… de voir sous un tout autre jour, la question de l’islamophobie : « mot-valise » pour les VRP d’une conscience humaniste dans le meilleur des cas ;  verdict aussi violent que définitif qui n’ouvre aucune porte et qui semble les fermer toutes, dans le pire.

Une société a aussi et surtout besoin de savoir et de comprendre ; pas simplement de juger (4).

Or, il semblerait que les médias principalement dits « de gauche » (à leurs heures – de nuit, de préférence ?), Médiapart inclus, s’orientent vers une stigmatisation et un débat à sens unique : on peut donc compter sur le fait que seules les « victimes » auront droit à la parole, entourées d’observateurs et d’experts (sociologues de la bien-pensance ?) compatissants et sermonneurs.

Aussi, il serait temps que ces mêmes médias réalisent que la lutte contre l’islamophobie mérite une autre approche que celle qui, hier, a consisté à organiser, par exemple, la promotion et l’animation de l’anti-sarkozysme, car l’enjeu est d’une tout autre nature et d’une tout autre importance.

http://atelier.rfi.fr/

Face à l’islamophobie, de la fierté et de la dignité

Rokhaya Diallo

La fabrique à ressentiments marche à plein régime. Encore une fois, je ne suis pas certaine que l’on se rende vraiment compte de la frustration croissante vécue par une partie de nos concitoyens. Les susceptibilités sont grandes, mais si les musulmans ne se retrouvaient pas constamment propulsés sur le devant de la scène et ce, de manière négative, on n’observerait pas, en retour, cette extrême sensibilité.

Un contexte inévitablement tendu

A partir du moment où la majorité des propos sur l’islam flirte avec un racisme qui ne dit pas son nom, pas étonnant que le second voire le troisième degré ait du mal à passer chez certains. La réalité est celle-ci: nous sommes dans un contexte tendu où la moindre critique, remarque ironique ou simple plaisanterie fait écho à des insultes plus graves ou des lois que beaucoup jugent discriminantes.

Au final, ainsi que l’explique très bien l’écrivain Amin Maalouf , lorsqu’on ressent autant de mépris pour sa culture comme pour sa religion, on n’éprouve qu’une seule envie, celle de les étreindre encore davantage. C’est autant un réflexe de fierté que de dignité.

Respecter une identité complexe

Aujourd’hui, lorsque de jeunes franco-algériens brandissent le drapeau de l’Algérie en cas de victoire des Fennecs, l’équipe nationale, ce n’est qu’une manière, pour eux, d’exprimer leur amour-propre. A leurs yeux, la réputation de ce pays est trop souvent entaillée. Ils sont français, musulmans mais également algériens et ils entendent légitimement que l’on respecte cette identité complexe. Le problème, c’est qu’à dénigrer régulièrement les deux derniers pans de leur personnalité, on les incite d’autant plus à s’en réclamer.

L’hostilité d’une partie des citoyens contre une autre pousse au repli. Les gens se rattachent aux traditions, à leur quartier et leur entourage proche… Un petit univers où ils sont identifiés positivement, où ils ont un rôle et un statut. En quelque sorte, à l’abri d’une société où ils se sentent inexorablement rejetés en bas de l’échelle sociale.

http://www.newsring.fr/

Face à l’islamophobie, il y a toujours autant de Justes en France (3/3)

Marek Halter

On aime à parler, à leur égard, d’immigration, alors que pour la plupart, il s’agit de la troisième génération. On les accepte à la télévision lorsqu’ils nous font rire – souvent, d’ailleurs, avec des mots arabes – mais pas, quand ils se mettent à prier un Dieu qui n’est pas le nôtre.

C’est un fait indéniable. Mais, dire que nous sommes islamophobes me paraît, pour autant, trop simplificateur.

Les Français ne sont pas plus islamophobes ou antisémites que d’autres peuples. Bien que réel, le racisme n’est pas plus exacerbé ici qu’ailleurs; tout juste la République a-t-elle un problème avec la question des différences et des communautés.

Nous avons créé «SOS racisme», il y a plus de vingt ans, dans l’idée que ce pays deviendra multicolore. Cela a marché tant que la France était plus ou moins prospère. Tant qu’il y a du boulot, nous sommes tous de bons petits Français, peu soucieux des différences de chacun. Mais dès que la première crise est apparue, on s’est soudainement aperçu que nous n’étions pas tous blancs, que certains avaient un accent comme le mien…

Ainsi, les sous-entendus d’une partie de la presse ou de la classe politique qui, sous couvert d’impertinence, flirtent avec le racisme sont éminemment dangereux. Pour la simple et bonne raison qu’on ne peut rire de tout, ni traiter de manière insouciante une communauté sans conséquences fâcheuses. On n’est pas au bistrot et il s’agit de savoir rire de soi plutôt que des autres.

Dans le cas inverse, c’est de la satire, une forme d’agressivité envers son  prochain. Prenez Woody Allen, lui ne se moque que des juifs, non des autres. Jamel Debbouze, idem, il est, le plus souvent, dans l’auto-dérision. Elle est est là la force du rire…

Malheureusement, nous vivons une époque où la haine de l’autre, qui existe en chacun de nous, prend le dessus.

Il faut, tout de même, reconnaître que nous sommes tous racistes. Fort heureusement, beaucoup contrôlent leurs pulsions, font un effort pour passer outre et regarder l’autre comme s’ils se regardaient dans un miroir. Si la majorité ne fait plus ce travail là, il faudra le faire pour eux.

Je pense donc qu’il faut faire très attention. Si l’on simplifie, on ne trouvera jamais le remède. La Bible dit ainsi une très jolie chose: quand Dieu crée une maladie, il conçoit immédiatement l’antidote. Il s’agit donc de bien déterminer la maladie, si l’on veut être en mesure de la combattre. Et de s’en débarrasser.

Sinon, nous serons condamnés à vivre longtemps avec.

Nous ne sommes pas sur une seule barricade, mais sur plusieurs. Nous luttons sur plusieurs fronts. Et cela nous engage pleinement en tant qu’êtres humains.

http://www.newsring.fr/

Face à l’islamophobie, il y a toujours autant de Justes en France (2/3)

Marek Halter

Imaginez, dans ce contexte, ce que peut ressentir une communauté – qui représente tout de même environ 10% de la population (même si faute de statistiques ethniques autorisées, ce chiffre reste à affiner) – confrontée à une hostilité grandissante. Propos anti-musulmans ou anti-Arabes, peu importe. L’une des raisons qui explique une telle poussée de xénophobie est évidemment à chercher dans la crise actuelle.

Le fait est, et depuis toujours, quand tout va bien, vous n’avez aucun problème avec votre voisin, qu’il soit noir, arabe ou juif. Rien ne vous amène à penser qu’il mange le pain censé vous nourrir.

La crise aidant, les regards changent imperceptiblement , les relations se durcissent, l’autre devient menace. Une évolution presque inévitable… Et si ces réaction de malveillance ne s’expriment pas davantage, c’est grâce aux lois qui sanctionnent tout appel à la haine raciale.

Au-delà, ces ressentiments existent bel et bien. Et sont, plus que jamais, partagés.

Chose qui n’arrange rien, notre pays, non seulement, ne reconnaît pas les communautés, mais ne les valorise pas non plus. Cela serait pourtant si facile à l’école de rappeler, en quelques mots, l’apport du monde arabe à la civilisation judéo-chrétienne. En évoquant par exemple, le rôle essentiel joué par les Arabes dans l’élaboration des mathématiques. Ce sont des petites choses mais ces marques d’intérêt envers leurs aïeux aideraient également les enfants, issus de l’immigration, à s’intégrer dans la société actuelle.

Et encore! Là aussi, cela pose problème. Car, dans notre République, nous ne réclamons pas l’intégration – ce qui suffit largement aux Allemands à l’encontre des Turcs -, mais bien plus encore: nous exigeons l’assimilation. Nous attendons d’eux qu’ils deviennent des Français de souche. Dans les classes, il n’y a pas encore si longtemps, on enseignait ainsi  «Nos ancêtres, les Gaulois»!

Il y a donc, et je me répète, un véritable problème. Mais d’où vient-il? Observation anecdotique mais symbolique à plus d’un titre : avec la mondialisation, les six millions de Français d’origine arabe n’ont plus le regard focalisé sur la télé française, ils suivent aussi d’autres chaînes étrangères. Aux yeux de beaucoup, ils se mettent, dès lors, en marge de la société. La crise économique sapant la cohésion nationale, tout cela nourrit la haine. Et ce d’autant plus, que certaines politiques n’hésitent pas à instrumentaliser ces préjugés.

http://www.halalmagazine.com/

Face à l’islamophobie, il y a toujours autant de Justes en France (1/3)

Marek Halter

Nous sommes racistes. Pour autant, nous sommes moins violents que nos voisins – par exemple, Allemands, Belges ou Grecs – et pour la simple raison que nous, Français, adorons parler! La violence commence là où s’achève la parole. Tant qu’on peut s’insulter, on s’insulte. Le bûcher de Blois, l’affaire Dreyfus, Maurras, etc. La France était antisémite et pourtant, le mot «pogrom» est un mot d’origine russe. Car, les Russes n’ont pas la même habilité à s’exprimer et canalisent donc leur colère en tapant. De fait, les massacres de Juifs se sont surtout déroulés là-bas, en Europe de l’Est.

En France, malgré cet antisémitisme ambiant d’avant-guerre, deux tiers de la population juive furent sauvés par de simples citoyens. Si demain, devaient se reproduire de tels actes atroces contre les Arabes de France, je pense qu’il y aurait autant de Justes pour leur tendre la main. C’est très particulier la France…

Pourquoi j’évoque, ici, des actes arabophobes plutôt qu’islamophobes? Nous sommes confrontés en France à un problème que n’ont pas les autres pays européens: nous ne sommes pas seulement une démocratie, mais également une République. Et cette dernière, si elle dit que nous sommes tous égaux, affirment, en outre, que nous sommes tous pareils. La République ne supporte pas les différences et ne reconnaît pas les communautés.

Nous respectons la séparation de l’Eglise et de l’État depuis la loi de 1905. Pour chacun, et quelle que soit sa religion, prier Dieu est, avant tout, une affaire privée. Et c’est donc aux imams, rabbins ou curés que revient la responsabilité de régler les problèmes de cette nature. Pour le reste, et au-delà des croyances religieuses, nous sommes bien loin des États-Unis, ce pays où les différentes communautés possèdent leurs propres chaînes de télévision.

Situation difficilement acceptable dans l’Hexagone. Rappelons-nous ainsi des Bretons et plus précisément, du Front de libération de la Bretagne, des individus qui se sont battus très violemment, qui sont allés jusqu’à poser des bombes afin que l’on reconnaisse leur langue et leur culture. Et jusqu’à preuve du contraire, ces gens-là ne venaient pas de l’autre côté de la Méditerranée. Quant à la République, n’a-t-elle pas, de son côté, massacré quelques centaines de milliers de Vendéens?

Je le répète, la République exècre les différences!

http://www.newsring.fr/

Agression islamophobe à Londres contre une mineure

  Décidément, l’islamphobie se banalise et avec elle les actes d’agressions islamophobes. Après l’histoire de cette jeune fille portant le niqab ( dont on a vous a fait l’écho il y a quelques temps) qui a été rouée de coups de bâtons par un énergumène d’une rare lâcheté ne supportant pas son état vestimentaire, voilà qu’un autre lâche assène un violent coup de poing à une jeune mineure  portant un voile .

La scène se passe dans un quartier résidentiel de Plaistow à l’Est de Londres. Une jeune fille de 16 ans se prénommant Tasneem se promène tranquillement dans une rue quand un homme surgit par derrière elle et lui donne un violent coup de poing dans la tête. La fille tombe par terre comme une feuille morte, la mâchoire écrasée par la violence du coup.

L’agression a eu lieu le 13 novembre dernier et a été  filmée par une caméra de surveillance du quartier. Jusqu’à ce jour, l’on ne sait toujours pas si l’agresseur a été appréhendé. Dieu merci, la jeune Tasneem est toujours en vie, mais souffrant de plusieurs ecchymoses et blessures dans la tête. Cette scène de violence largement diffusée dans la presse arabo-musulmane a suscité une énorme vague d’indignations sur la toile.

C’est toujours le même scénario. Un homme qui s’attaque physiquement et de manière très violente à une jeune fille sans aucune défense. De telles agressions sont l’oeuvre de pleutres, de couards alimentés par une islamophobie haineuse que des semeurs de haine s’amusent à entretenir dans un élan d’intolérance sans pareille.

Cette agression s’est produite quelques jours avant la Journée Mondiale consacrée à la  lutte contre la Violence faite aux femmes. Bien évidemment, les pseudos-féministes qui peuplent certains sites ferment comme d’habitude les yeux sur ce genre de violences commises sur de pauvres dames ou préfèrent se mettre des oeillères, histoire de dire: « On est pas au courant, mais on compatit ».

Mise à jour : Aux dernières nouvelles, l’agresseur a été attrapé. Il s’appelle Michael Ayoade et est âgé de 34 ans. Selon le mis en cause, ce jour il aurait trop fumé et beaucoup bu. Il aurait agressé la jeune fille parce qu’il n’aimait pas sa tenue.

http://blogs.mediapart.fr/