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Archives pour la catégorie ‘JUIFS’

Des musulmans sauvent une synagogue en Grande-Bretagne

 

A Bradford, une ville située en Angleterre, une petite communauté juive de trente personnes a vu sa synagogue sauvée par des musulmans de la même ville. Construite en 1880, l’édifice religieux, remarquable de par son architecture mauresque et victorienne, était sujet à l’érosion et menacé de fermeture. Face à cette situation, les représentants de la communauté musulmane se sont mobilisés avec les autorités de la ville afin d’organiser une levée de fonds pour s’assurer que ce lieu de prière en péril reste «un espace sacré pour les générations futures». En recueillant 2.000 livres sterling (environ 2.400 euros), les musulmans ont ainsi permis de sauver la synagogue.

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La Défense : quand l’imam fait visiter la mosquée au rabbin

Yann Foreix

Zoom

 

« Alors qui n’est jamais entré dans une mosquée ? » Trois, puis quatre doigts se lèvent. Mohamed El Madani, administrateur de la mosquée de Puteaux, dans le quartier de La Défense (Hauts-de-Seine), est gêné : «On aimerait vous accueillir dans de meilleures conditions que sous ce chapiteau froid mais notre mosquée est en travaux».

En face de lui, Stephen Berkowitz, le rabbin du 15ème arrondissement de Paris, et une dizaine de personnes de la communauté juive française. Juifs et Musulmans se rencontrent lors de cette journée porte ouverte particulière sur l’invitation de l’AJMF, l’Amitié Judéo-Musulmane de France.

« Donc, il faut enlever ses chaussures ? C’est ça ? » Joignant le geste à la parole, une des visiteuses se déchausse et pénètre dans l’édifice religieux. « J’en rêvais depuis si longtemps, s’exclame Christine, membre de la communauté juive. Quand je rencontrais un musulman avec sa grande robe et sa grande barbe, je ne savais pas comment le regarder. Aujourd’hui, je peux le regarder droit dans les yeux et dialoguer avec lui ».

Autour d’un thé à la menthe, les deux groupes échangent et la discussion se fait plus animée. « Il s’agit de se connaître, de se comprendre… », lance un participant. Pourtant, malgré la bonne humeur, les débats divisent. « Quand on entend parler en arabe, on est surpris, admet Marc Konczaty, président du Mouvement juif libéral de France. On se dit : pourquoi ces gens qui sont Français ne parlent-ils pas français ? » Un membre de la mosquée de Puteaux lui répond : « On a besoin que nos enfants parlent arabe pour qu’ils n’oublient pas leurs traditions. »

Le Parisien.fr a assisté à la rencontre.

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Première rencontre entre le Crif et la Grande Mosquée de Paris

Mardi 17 janvier, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Richard Prasquier a officiellement rencontré pour la première fois le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.

« Juifs et musulmans, pour une citoyenneté en partage ». C’est sous cet intitulé que se sont officiellement rencontrés pour la première fois le président du Crif, Richard Prasquier, et le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Une rencontre placée sous le signe de la proximité entre les deux religions, la paix et la compréhension mutuelle. Le président du Crif a, dans son discours, d’abord expliqué la nécessité de mieux se comprendre, d’œuvrer pour le rapprochement des juifs et musulmans de France. Il a ensuite rappelé les liens qui unissent les deux communautés depuis des décennies, que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque des juifs ont trouvé refuge dans l’enceinte de la Grande Mosquée, ou plus tard lors de rapprochements entre l’ancien recteur Hamza Boubakeur et les Grands Rabbins de France Jacob Kaplan et René-Samuel Sirat.

Richard Prasquier a brièvement évoqué le conflit israélo-palestinien, exhortant les deux parties à ne pas exporter le conflit en France : « Il s’agit d’un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qui ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ». Il a enfin explicité les motifs de cette rencontre entre les deux institutions que sont le Crif et l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, « pour marquer la priorité de l’enjeu d’une relation forte et apaisée entre juifs et jusulmans en France. Pour un vivre ensemble harmonieux, respectueux des valeurs républicaines et citoyennes ». Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a quant à lui commencé par illustrer, dans son discours, la proximité entre juifs et musulmans qui se retrouve au sein même du Coran : citant plusieurs versets faisant référence aux juifs (désignés comme  »fils d’Israël »), le recteur a rappelé que le nom de Moïse se retrouve 134 fois dans le Livre saint et celui d’Abraham 44 fois. Lire la suite…

Crif et Grande mosquée de Paris appellent à « faire tomber le mur de la méfiance »

La Grande mosquée de Paris et Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se sont engagés, lors de leur première rencontre officielle mardi 17 janvier à la mosquée de Paris, « à faire tomber le mur de la méfiance » entre leurs deux communautés.

Prenant la parole devant une cinquantaine de représentants juifs et musulmans, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a souhaité « juguler l’impression de malaise et de non-communication entre les deux familles spirituelles concernées ». « Constatons qu’avant tout, c’est l’ignorance ou la volonté d’ignorance réciproque qui peut être un facteur qu’il urge avant tout de combattre. Il faut reconstruire une mémoire commune », a-t-il martelé.

Soulignant que « l’islam n’est pas antisémite », Dalil Boubakeur a proposé que des commissions œuvrent pour rétablir la connaissance réciproque des deux communautés, notamment par un travail dans le domaine de l’histoire, de la civilisation.

« UN DIFFÉREND D’ORDRE POLITIQUE ET NON MÉTAPHYSIQUE »

Une autre commission œuvrerait pour « éviter que les tensions nées hors de France aient un retentissement chez nous » et empêcher chaque communauté de se « communautariser dans l’inquiétude ».

Dans son intervention, Richard Prasquier, président du Crif, a souligné en préambule que son organisme, qui rassemble représente 72 organisations juives en France, n’a aucune légitimité théologique dans cette rencontre.

« La problématique qui est la nôtre est politique et non pas religieuse », a-t-il donc expliqué, soulignant que les difficultés nées du conflit israélo-palestinien « parfois inutilement invoqué » comme enjeu de politique intérieure, est avant tout « un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qu’il ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ». Lire la suite…

Hollande, Mélenchon… la saison des pèlerinages est ouverte

par Bernard Dugué

Un chrétien ira se recueillir à Lourdes le 15 août, un musulman effectuera un pèlerinage à La Mecque, un juif priera face au mur des lamentations. Chacun sa foi, chacun son pèlerinage ou sa prière. Et nos politiques ? Eh bien ça ressemble fortement à la religion. On se souvient du candidat Sarkozy en pèlerinage au mont Saint-Michel, haut lieu de la chrétienté. Il y a quelques décennies, Mitterrand effectuait chaque année un pèlerinage à la roche de Solutré. Pas de symbolique particulière si ce n’est que cet événement était censé commémorer un lieu de rencontre choisis par de jeunes résistants dont faisait partie Mitterrand. Cette ascension n’a pas à être moquée, même si quelques parvenus en profitaient pour se donner un air. Enfin, on peut aussi imaginer une symbolique ésotellurique mais si c’est le cas, cela n’a aucune incidence sur la politique. En ce début de campagne pour 2012, la saison des pèlerinages a été lancée. Nicolas Sarkozy s’apprête à commémorer Jeanne d’Arc, afin de bien montrer son attachement à la France. Mais s’il est une valeur à laquelle les politiques se doivent de croire, c’est le « travail ». Surtout si l’on est socialiste ou de gauche. Mélenchon avait même grillé ses concurrents en se déguisant en faux père Noël lors du conflit des agents de sécurité dans les aéroports.

Ainsi, la raffinerie sise près de Rouen et appartenant au groupe Petroplus fait l’objet de toutes les attentions. Hervé Morin, Jean-Luc Mélenchon se rendront en pèlerinage à Petroplus, après François Hollande qui fut précédé par Philippe Poutou, le candidat du NPA. Et la droite ? Eh bien elle est dispensée de faire le déplacement puisque c’est le directeur de Petroplus qui est reçu à Matignon. Ainsi se déroule la campagne politique, non sans quelques habiles marchandages. Un proverbe apocryphe prononcé à l’ENA dit que : « emploi menacé pendant la campagne, emploi préservé pendant la campagne, mais emploi menacé une fois connu l’élu, emploi foutu ». Quoi qu’il en soit, les hommes politiques doivent afficher leur foi dans les valeurs qu’ils défendent et le montrer aux médias. Il fut un temps où les chefs d’Etat se devaient d’être vus à l’église pour une célébration de la messe. La politique est comme ça. Même à une époque où la religion et l’Etat sont séparés, les politiques doivent montrer qu’ils sont soucieux de certaines valeurs auxquels ils croient. Que ce soit utile ou dévoyé n’est pas important du moment que ces pratiques servent à gagner les élections. Et l’on imagine pas une seconde un François Hollande ignorant les travailleurs, même si la classe ouvrière ne pèse qu’un dixième du corps électoral. Les journalistes bavards jouent les singes savants en comparant le « sale mec » de Hollande au « Chirac fatigué » prononcé par Jospin, piètre parole qui lui aurait porté la scoumoune et signé sa perte le 21 avril 2002. En vérité, l’un des facteurs ayant pesé sur la chute de Jospin, c’est l’indifférence affichée face à des travailleurs menacés de licenciement. Cela remonte à loin mais nous avons gardé le souvenir d’un premier ministre candidat susurrant à la presse qu’on ne pouvait pas faire grand-chose face aux multiples plans sociaux. Et en 2012 et c’est bien sûr, le candidat socialiste ne se fera plus piéger sur cette faute tactique impardonnable. D’où l’insertion bien calculée de pèlerinages effectués par le candidat Hollande partout où des inquiétudes se présentent et surtout auprès du monde du travail. Lire la suite…

Réponse à Jean-François Copé venant d’un UMP (Un Musulman Pratiquant), un français pratiquement

06/04/2011 un commentaire

Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.

Mon cher ami,

Je commencerais bien cette lettre par « j’ai fais un rêve, celui de voir tous les enfants de la république : blacks, blancs, beurs ensemble sur le perron bleu, blanc, rouge », mais nous ne sommes pas ici pour tomber dans le larmoyant ; l’heure est apparemment au débat, car c’est le rêve de beaucoup de vos amis politiques.
Je réponds donc à votre lettre, en commençant par me présenter brièvement.

Je me prénomme Abou Abdennour, 32 ans, cadre commercial, marié et deux enfants.
Les discours actuels autour de l’islam m’amènent aujourd’hui à vous écrire Monsieur Copé. Puisqu’il faut bien le reconnaître ; la France est un pays où l’on peut exprimer son point de vue, sans risquer de finir ses jours en prison.
Je prends donc cette liberté d’expression pour participer à ce débat, bien que mon appétence pour la politique française ne soit pas des plus aiguisées.
Ma définition de l’Homme politique est la suivante : « un Homme sourd qui reste à votre écoute », il est donc inutile de vous dire au creux de l’oreille que je suis indigné par cette lapidation médiatique.
Je vais donc parler directement à votre cœur, sans haine, sans rancune, sans violence car l’islam me l’interdit.
J’essaie simplement de comprendre le but recherché.
Je suis le frère de celui ou celle qui partagent mes valeurs et l’ami de celui ou celle qui ne les partagent pas. Je comprends donc parfaitement Monsieur Cope que vous me considériez comme un ami.
Mais est-ce pour cela que nous devons nous tourner le dos?

Un débat ne mérite ce nom, que s’il implique tous les partis concernés.
Le fait de consulter de soi-disant intellectuels musulmans ne donne pas à ce débat le crédit que vous espérez lui donner.
Cher Ami, un débat nécessite de la sincérité, et si vous êtes vraiment sincère, vous ne pourrez arriver qu’à la conclusion suivante : cette ambiance délétère n’a pour but que de stigmatiser les musulmans de France. Votre lettre parue dans l’Express ne fait de vous que le Ponce Pilate de la République.
Les musulmans sont stigmatisés et je m’en lave les mains, je n’en suis pas responsable. (Bien que Ponce Pilate ne soit pas responsable de la mort de JESUS, Paix et bénédiction de Dieu sur lui, puisque JESUS n’a pas été crucifié selon l’Islam.)

Cher ami, vous demandiez à ce que ce débat soit « l’occasion magnifique de se mettre à l’écoute, pour mieux se connaître, se respecter et construire l’avenir »
Ce débat veut réfléchir sur la place de l’Islam en France ; Mr Copé si l’Islam est au fond du bus, sachez qu’il y a des millions de Rosa Parks en France, car nous avons payé chèrement notre ticket. Lire la suite…

Laïcité : le CRIF juge « grotesque » le port d’une « étoile verte »

L’ex-conseiller à l’Elysée Abderahmane Dahmane avait appelé à porter une « étoile verte » pour protester contre le débat sur la laïcité et l’islam voulu par l’UMP.?

Le président du Crif, Richard Prasquier. (AFP)
Le président du Crif, Richard Prasquier. (AFP)
Le président du CRIF Richard Prasquier juge, mardi 29 mars, « grotesque » l’appel de l’ex-conseiller à l’Elysée Abderahmane Dahmane à porter une « étoile verte » pour protester contre le débat sur la laïcité et l’islam voulu par l’UMP.
« C’est totalement grotesque », a déclaré mardi à l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France. « C’est une déclaration assez méprisable faite par quelqu’un qui veut exister dans le domaine médiatique et qui n’a peur de rien pour exister ».
« Cela participe malheureusement d’un mouvement plus large qui fait qu’on amalgame tout et que tout devient équivalent à la Shoah », a ajouté Richard Prasquier.
L’ex-conseiller à l’Elysée chargé de la Diversité Abderahmane Dahmane avait appelé lundi les musulmans à porter une « étoile verte » pour protester contre le débat du 5 avril, en référence à l’étoile jaune portée par les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

« Ne pas stigmatiser une religion »

« L’étoile verte est le signe vestimentaire que les musulmans de France ont décidé de porter pour demander l’annulation du débat sur l’islam et la fin de l’islamophobie de l’UMP de Jean-François Copé », selon un communiqué signé d’Abderahmane Dahmane et Hassan Ben M’Barek, porte-parole de Banlieues Respect, un collectif d’associations.
Pour Richard Prasquier, « il y a un certain nombre de problèmes que l’on peut résoudre de manière pragmatique, avec des aménagements et avec de la bonne volonté ».
« Mais s’il est nécessaire de ne pas stigmatiser une religion, de ne pas généraliser, il ne faut pas se voiler la face quant à la réalité de certains problèmes. L’ingénuité crée des boulevards pour le populisme ».
« L’émergence du Front national, qui elle-même repose sur un sentiment d’insécurité et aussi la tactique habile de Marine Le Pen qui a kidnappé la revendication de laïcité, doit pousser tous les autres partis à réanalyser leurs positions. Mais il faut le faire de façon calme », a-t-il ajouté.

Nouvelobs.com avec AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com/

Juifs, chrétiens et bouddhistes contre le débat sur l’islam

ANNICK BENOIST, PARIS

Gilles Bernheim, Grand rabbin de France et le cardinal André Vingt-Trois.

Les représentants des six religions en France (juifs, catholiques, protestants, orthodoxes, bouddhistes et musulmans) ont signé une tribune commune pour marquer leur refus du débat de l’UMP sur l’islam, qu’ils qualifient de « malsain. »
Les responsables des cultes en France, déjà opposés au débat du 5 avril sur la laïcité et l’islam, sont revenus à la charge mercredi avec une déclaration commune soulignant « les confusions préjudiciables » qu’il engendre. « Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? » s’interrogent les représentants des six grandes religions de France (catholique, orthodoxe, musulmane, protestante, juive, bouddhiste), réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF). « Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? » s’interrogent les religieux. « L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. » Déjà, la semaine dernière, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France déclarait : « Depuis le début, notre impression est que ce débat est comme trop marqué du sceau d’un calendrier électoral. » Impression partagée par le Pasteur Claude Baty : « On voit bien que le grand souci d’un certain nombre, ce n’est pas la laïcité, mais comment utiliser les religions à leur profit dans une période électorale.

Pudeur sémantique

Dès le départ, j’ai souligné que ce débat était malsain », rappelle-t-il. « Malsain », c’est également le terme choisi par le grand rabbin de France Gilles Bernheim, interrogé par Le Monde pour qualifier le climat ambiant d’une société « très malade » qui cherche des « boucs émissaires. » Malgré les démarches du secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé et du ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, Claude Guéant, les responsables religieux ont pris leurs distances et refusent de participer au débat, préférant envoyer des « observateurs. » « Faut-il recencer tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années? » s’interroge la CRCF dans sa déclaration commune. « Faut-il rappeler les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le Pr Jean-Pierre Machelon, qui ont donné lieu à un rapport remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? » Au centre d’une vaste polémique, le « débat sur l’islam » de l’UMP – devenu « colloque sur la laïcité » par pudeur sémantique, puis « convention » – qui se tiendra le 5 avril devrait aborder les sujets des prières dans la rue, des soins à l’hôpital, de la formation des imams, de la viande halal dans les cantines et de l’accompagnement des sorties scolaires.

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Prasquier : «Le Crif prône le dialogue avec l’islam»

Par Cécilia Gabizon

«Nous lutterons contre l'extrême droite comme par le passé», déclare Richard Prasquier, président du Crif.
«Nous lutterons contre l’extrême droite comme par le passé», déclare Richard Prasquier, président du Crif. Crédits photo : HAMILTON/REA/HAMILTON/REA

INTERVIEW – Le président de l’organisation juive, qui a reçu mercredi soir Nicolas Sarkozy et plusieurs ministres, commente les évolutions des pays arabes et condamne les appels au boycott d’Israël.

Mercredi soir, Nicolas Sarkozy était l’invité d’honneur du dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). À l’occasion de cette manifestation tout à la fois politique et people, qui réunit près d’un millier de personnes dont 25 membres du gouvernement, Richard Prasquier, son président, s’inquiète de la montée de l’islamisme en Europe.

LE FIGARO. – Les actes antisémites ont baissé en 2010. Êtes-vous moins inquiet?

Richard PRASQUIER. – La situation reste tendue. Nous avons encore répertorié 466 actes en 2010. Les auteurs sont plus jeunes et plus violents que par le passé. Le phénomène s’est ancré dans certaines banlieues ces dix dernières années. La répression est nécessaire mais elle ne suffit pas. Il n’existe qu’un seul rempart contre l’antisémitisme: la République, qui fait partager ses valeurs à toutes les convictions religieuses. Mais ce modèle est menacé. Par le relativisme, qui affaiblit ses défenses, et par l’islamisme, qui veut placer la charia au-dessus de la loi de la République. La communauté juive reste attachée à son identité, mais au sein de la République, laïque, où la religion intervient dans la sphère privée.

À un an de la présidentielle, le Crif s’est-il positionné sur l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN ?

Nous lutterons contre l’extrême droite comme par le passé; je ne vois pas de différence entre la fille et le père, si ce n’est l’apparence. Elle a l’habilité d’être moins provocatrice. Mais je connais le passé des membres de son entourage. Leurs méthodes reposent sur la dénonciation et la stigmatisation d’une population. Ce ne sont peut-être plus les Juifs, mais cela ne saurait me satisfaire. C’est une chose de s’opposer aux radicalismes, à l’islamisme qui progresse en Europe. Une autre de rejeter l’islam et de jeter le soupçon sur tous les musulmans. Le Crif prône à l’inverse le dialogue, la tolérance. Lire la suite…

La communauté musulmane se mobilise pour les otages

solidarité

À Toulouse, on se mobilise pour Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont « retenus » en Afghanistan depuis un an./ Photo DR
À Toulouse, on se mobilise pour Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont « retenus » en Afghanistan depuis un an./ Photo DR

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes, sont otages en Afghanistan depuis un an.

Les actions entreprises aux quatre coins de la France démontrent que personne ne les a oubliés. Et Toulouse n’est pas en reste. Il y a quelques mois, la photo des deux otages avait été affichée sur la façade de la médiathèque José-Cabanis.

Demain, un rassemblement est organisé à partir de 10 h 30 sur le marché de Lafaourette par l’Association musulmane de défense des intérêts des citoyens européens, présidée par Hocine Moussaoui.

Les deux reporters de France 3 ont été enlevés avec leurs trois accompagnateurs afghans, alors qu’ils tournaient un documentaire pour le magazine « Pièces à conviction ».

La semaine dernière, une nouvelle vidéo attestait qu’ils étaient toujours en vie. Le processus de libération est « en cours », assure le gouvernement.

http://www.ladepeche.fr/

«Il n’y a jamais eu de persécutions de chrétiens en terre d’Islam»

Cheikh Bouamrane, président du Haut conseil islamique au Temps d’Algérie :

«Il n’y a jamais eu de persécutions de chrétiens en terre d’Islam»
ImageDans un monde qualifié par certains observateurs d’intolérant envers les minorités, notamment religieuses, et les accusations à tord ou à raison de certaines personnes, Cheikh Bouamrane, dans cet entretien, remet les pendules à l’heure.

Des poursuites judiciaires contre des chrétiens sont enclenchées, la chasse aux non jeûneurs a enregistré des taux importants durant le mois sacré de Ramadhan et une communauté chrétienne qui ne rate aucune occasion pour fustiger les extrémistes de tout bord qui jouent aux donneurs de leçon.

Idem pour une minorité de musulmans qui ne jure que par le combat. L’islam est pourtant une religion de tolérance tout comme le christianisme d’ailleurs. La foi est un choix intime et une conviction personnelle qui ne peut être imposée. C’est la conviction de Cheikh Bouamrane qui répond à nos questions.

Quel regard portez-vous sur le phénomène des conversions au christianisme dans notre pays ? Ne pensez-vous pas que c’est une autre forme de harga ?
Il n’y a aucune relation entre les deux phénomènes. Les jeunes qui veulent quitter le pays ne le font pas pour abandonner leur religion, mais pour des raisons sociales avant tout. Bien plus, lorsque les Algériens s’établissent à l’étranger, ils s’attachent encore plus à leurs valeurs spirituelles, de peur de se fondre dans les valeurs des sociétés étrangères. Lire la suite…

Vivement l’an 2527 !

L’Histoire de l’Europe est en grande partie faite du conflit entre le pouvoir temporel des royautés, puis des républiques, et le pouvoir spirituel de l’église catholique laquelle aspirait également à exercer le pouvoir temporel.

Tout a commencé, il y a deux mille ans, par l’histoire d’un type dont on n’a aucune preuve historique de son existence… Il tint un discours soi-disant révolutionnaire par « l’amour » qu’il y exprimait. En fait, tout autre laïc humaniste était parfaitement capable de partager la plus grande partie de son discours. À quelques stupidités près ; par exemple : « Aimez vos ennemis ! ». Allez donc conseiller cela aux Juifs qui ont connu la Solution Finale…

Bref, le discours de cet homme qui pourrait n’avoir jamais existé, a fait des émules qui ont constitué la très sainte église catholique laquelle s’est acharnée à élaborer des dogmes et un culte d’une grande rigidité. Au total, elle s’est avérée une institution obscurantiste et criminelle (Inquisition, par exemple).

Et cela a duré, duré…

Finalement, en France, pour schématiser, l’église catholique a rendu les armes en 1905. C’est très bien ainsi.

L’islam est né 622 ans (hégire) après le christianisme. Comme le catholicisme, il prétend au pouvoir spirituel et au pouvoir temporel.

Pour preuve, en France et ailleurs, les musulmans intégristes (je ne parle pas, ici, des hérétiques terroristes) qui se livrent à des provocations politiques pour tenter d’imposer à la République des principes contradictoires des valeurs laïques.

On s’accorde à dire que la grande majorité des musulmans (pourcentage ?), en France et en Europe, pratiquent un islam respectueux des valeurs démocratiques. Je veux partager cet optimisme.

Il n’en reste pas moins qu’une petite minorité de musulmans (pourcentage ?) est constituée de gens rétrogrades qui pourrissent la vie de nombre de leurs concitoyens, musulmans inclus, et provoquent l’émergence d’une islamophobie parfaitement injustifiée.

Il ne reste qu’à espérer qu’au fil des ans, ces rétrogrades seront en mesure d’évoluer et qu’ils finiront par rendre les armes, en matière de pouvoir temporel, ainsi que le fit l’église catholique après 1.905 ans de tyrannie spirituelle et temporelle.

Aujourd’hui, l’église catholique n’exerce plus de pouvoir temporel et ceux qui veulent subir sa tyrannie spirituelle obscurantiste sont des volontaires (masochistes ?).

Espérons donc que la minorité musulmane intégriste connaîtra la même évolution.

Mais, s’il lui faut également 1905 ans d’évolution, cela nous amènera jusqu’en 2527 ! Nous ne sommes pas encore rendus…

En attendant, nous ne devons jamais céder sur aucun principe laïc démocratique face à aucun intégrisme religieux, quel qu’il soit, musulman inclus !

http://www.agoravox.fr/

Plaidoyer pour le retour à un Etat laïc

Par melampous

Laïcité. Ce mot, invoqué comme ultime bouclier par ce que les politiques considèrent comme l’indicible, la percée de M. Le Pen jusqu’au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Mais surtout, cette élection marque sa défaite cinglante (Article en couleur dans le Maquis du Web Français ).

Il s’agissait de sa quatrième tentative, il réalisa alors 16,86 % (4,8 millions de suffrages) au 1er tour et 17,79 % au second tour. Malgré la chance inespérée de faire diriger la France par un leader d’extrême droite, les partisans d’une politique ouvertement raciste, nationaliste et centrée sur l’Etat policier n’ont même pas réussi à mobilier un petit pour cent d’électorat en plus , pendant que M. Chirac se faisait réélire avec les voix de la gauche et d‘une très grande partie de la droite.

Le message adressé aux politiques était pourtant clair : il existe une frange minoritaire (bien que non négligeable) de partisans d’extrême droite, mais le reste de la population française n’accepte pas leurs idées.

Mais Jacques Chirac pris peur.

Il nomma M. Sarkozy  au poste de ministre de l’Intérieur. Ce dernier se chargea d’instaurer par d’innombrables projets de loi un Etat policier (on garde à l’esprit les lois dite Perben I et LOPPSI I qui augmentent les pouvoirs des policiers, procureurs et préfets aux détriments de l’autorité judiciaire et des libertés individuelles). Lire la suite…

Marine Le Pen-Islam: La communauté juive solidaire avec les musulmans de France (Mergui)

Joël Mergui, Président du Consistoire Central et de Paris, l’institution représentative du culte israélite en France, a exprimé la solidarité de la communauté juive avec les musulmans de France à la suite des propos injurieux de la vice-présidente du parti d’extrême gauche « Front National », Marine Le Pen.

Joël Mergui

Joël Mergui

Dans une allocution au cours d’une visite surprise qu’il a rendue au Bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM), réuni mardi en son siège à Paris, M. Mergui a insisté sur la nécessité de « maintenir cette solidarité et de la renforcer au sein de la communauté nationale contre toute forme d’intolérance et de xénophobie », indique un communiqué du CFCM.

Le haut dignitaire juif a assuré le Bureau exécutif du CFCM du soutien de l’ensemble des représentants du Consistoire Central et de Paris en de telles circonstances. Lire la suite…

Islamisation: Le CCIF contre les Assises

L’UEJF (Union des étudiants juifs de France) et

le CCIF (Comité contre l’islamophobie en France) protestent contre la tenue samedi à Paris des « Assises contre l’islamisation de l’Europe », organisées par le mouvement d’extrême droite Bloc Identitaire. Le CCIF, qui entend « défendre les idéaux de la République », appelle à manifester samedi à 14H00 devant l’espace Charenton (Paris 12e) où doivent se tenir ces assises. « Il est intolérable que des groupuscules islamophobes venus de toute l’Europe trouvent sur notre territoire une tribune pour l’expression de leur haine! », écrit-il. De son côté, l’UEJF se dit « indignée » par la tenue de ces Assises et sa présidente, Arielle Schwab, estime que « ce type d’événement constitue une atteinte au vivre ensemble et provoque une libération de la parole stigmatisante ». « Cet événement joue sur un sentiment de peur et d’envahissement qui ne nous honore pas, et n’a jamais provoqué d’autre chose que la désignation et la violence raciste », indique encore l’UEJF.

http://www.europe1.fr/

Le 1er janvier, des voeux en commun à l’Atria

Le 1er janvier, des v?ux en commun à l'AtriaDR
RAPPEL: Le 1er janvier prochain, catholiques, juifs, protestants et musulmans se retrouveront pour une communion inter-religieuse.

C’est un moment   qui aura valeur de symbole. Le 1er janvier prochain, à 19 heures, à l’Atria, catholiques, juifs, musulmans et protestants célébreront ensemble une cérémonie de vœux interreligieuse. Si ce style de cérémonie est courant dans les grandes métropoles que sont Lyon, Marseille ou Paris, c’est pour le moins inhabituel dans le Gard.

Et, mercredi, à l’heure du déjeuner, Marie-Hélène Bonijoly, présidente du conseil presbytéral de l’Église réformée de Nîmes, le pasteur Jean-Louis Poujol, pasteur du centre Martin-Luther-King, Paul Benguigui, président du consistoire israélite de Nîmes, Driss El Moudni,

responsable régional du culte musulman, et monseigneur Robert Wattebled, évêque du Gard, se sont retrouvés à l’Atria.

Un repas pour peaufiner les détails d’une cérémonie qui n’a rien d’anodin selon le pasteur Jean-Louis Poujol, l’une des chevilles ouvrières de ce moment de communion interreligieuse :   « C’est génial de se retrouver dans un lieu neutre, avec la Bible, le Coran et la Torha pour un moment en toute indépendance des politiques. Cela peut être quelque chose de très fort et de très beau. » Peut-être un moment de grâce qui sera placé sous le triple signe de l’espérance, de la paix et de l’amour. Pour le pasteur Jean-Louis Poujol, cette cérémonie   « doit prendre valeur d’amour et de vivre ensemble. Cela doit être également une manière de montrer que toutes les communautés de cette cité peuvent vivre ensemble, quel que soit le lieu ou la cité où nous habitons. Que nous sommes tous des hommes et des femmes proches les uns des autres. »

Pour le 1er janvier, deux représentants de chaque religion présenteront leurs vœux, le pasteur Poujol, se contentant d’être le ‘Monsieur Loyal’ de cette cérémonie qui sera suivie d’un apéritif.

François CHARCELLAY

http://www.midilibre.com/

Pourquoi le casher est-il plus cher que le halal?

22/11/2010 un commentaire

Le marché du halal est plus important que celui du casher, et la certification casher beaucoup plus fastidieuse.

- De la nourriture halal dans un supermarché de Nantes, septembre 2010. REUTERS/Stephane Mahe -

Le marché du halal, c’est désormais connu, est en plein boom. Une croissance nationale de 15% par an d’après une étude du cabinet Solis, spécialisé dans le marketing ethnique, «un potentiel de 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires », affirme le directeur de Solis Abbas Bendali. Le halal désormais intéresse de plus en plus les grands groupes. Duc, Fleury Michon et Pierre Martinet, par exemple, ont misé sur des gammes de produits élaborés estampillés halal. Et certaines entreprises, comme Medina Halal ou Isla Délice, assurent une production 100% halal.

En comparaison, le marché du casher est bien plus mal en point. Lui aussi répond à des exigences religieuses et correspond à une alimentation «autorisée», «licite». Lui aussi nécessite un traitement particulier de la nourriture autorisée, ou pas, comme l’interdiction de consommer du porc (ce qui suppose de pouvoir tracer les aliments pour être sûr qu’ils n’en contiennent pas) ou encore la nécessité de vider la bête de son sang.

Alors, pourquoi une telle différence de traitement commercial entre ces deux modes d’alimentation? Avant tout par la taille du marché. S’il n’existe aucun moyen de déterminer avec précision le nombre de musulmans et de juifs résidant en France, on estime toutefois que la communauté juive compte près de 700.000 membres, contre 5 millions environ pour la communauté musulmane. Sans grande surprise donc, le marché du halal séduit davantage les investisseurs puisque les débouchés sont plus importants.

Même si c’est encore tout récent. «Il y a 5 ans, personne ne voulait entendre parler de halal en GMS, se rappelle Mohammed Abou-Ali, le directeur de la production de Medina halal. La donne a totalement changé aujourd’hui. On s’est rendu compte que près de 50% des musulmans d’Europe vivaient en France. Et que la demande évoluait. La troisième génération d’immigrés est plus instruite, plus désireuse de trouver une gamme de produits étendue, plus seulement de la boucherie.»

Plus il y a de demande, plus l’offre est importante et diversifiée, plus les prix sont concurrentiels. D’autant que, si les personnes de confession musulmane semblent très attachées au halal, les juifs pratiquants et donc consommateurs de casher ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la communauté. D’après le Rabbin Elkiess, responsable du service de la cacherout auprès du Beth Din de Paris, l’organisme qui certifie casher restaurants, boucheries et autres boulangeries parisiennes, seuls 10 à 15% de la communauté juive consommeraient strictement casher. A l’inverse, l’Institut Solis relève que «plus de 9 Maghrébins sur 10 consomment du halal en France».

Et le prix, élevé, ne permet pas d’étendre le marché du casher. «Les prix de vente des produits casher sont en moyenne de 8 à 10% plus élevés que pour les mêmes produits non cashérisés, explique le Rabbin Elkiess. Parfois il m’arrive même de constater des hausses des prix de 20%!» Albert Abergel, gérant d’une boucherie-épicerie fine du 17e arrondissement, est conscient du problème: «Je serais très heureux si on pouvait aligner nos prix comme c’est le cas aux Etats-Unis.»

Le casher s’adresse à la petite communauté pour qui manger casher relève du choix religieux et contraignant: «Le client se serre la ceinture. Il sait qu’il va payer plus cher, mais il l’intègre dans son budget, c’est un choix de vie. C’est difficile et parfois énervant, mais on fait avec», résume Liliane Dayan, propriétaire d’une épicerie à Montrouge.

Pour tenter de combler l’écart, le Rabbin Elkiess essaie de faire jouer la concurrence. «Depuis 10 ans, on a doublé les points de vente casher certifiés Beth Din de Paris. C’est une augmentation vertigineuse», se réjouit-il. De fait, en 2010, 220 restaurants, une soixantaine de pâtisseries et une soixantaine de boucheries ont été labellisés à Paris et dans sa région. Pourtant, les efforts du Rabbin ne font pas le poids face à la grande distribution. «On a bien essayé de proposer aux usines de produire du casher en grandes quantités. Mais elles n’ont pas été réceptives à la proposition», précise le Rabbin Elkiess.

Certains grands industriels, comme le Groupe Bel, produisent des références casher, mais en quantités négligeables. Le processus de cashérisation est trop contraignant et les débouchés pas assez importants pour produire plus. La production suffit donc à nourrir les juifs pratiquants de France mais ne permet pas de faire baisser les prix.

En plus de la petite taille du marché casher, la différence de prix vient aussi du coût de la cashérisation et des autorités rabbiniques. «La taxe casher prélevée par le Beth Din comprend le contrôle casher mais aussi de quoi financer des activités religieuses, c’est pourquoi les prix sont élevés. Les contrôleurs halal, eux, ne facturent que le travail de contrôle lui-même, les prix halal restent très abordables, il n’y a pas de marge suffisante pour financer des activités religieuses», assure Florence Bergeaud-Blackler, auteure de Comprendre le halal et sociologue au CNRS.

Les 10 à 15% de juifs qui mangent donc casher n’achèteront pas de produits sans la certification «casher» par un label reconnu, comme celui du Beth Din de Paris. Sous son autorité, tout est sous contrôle. Une équipe de 10 surveillants généraux (pour Paris et l’Ile-de-France) se charge d’effectuer des tournées de vérification de la conformité et des visites inopinées. Une surveillance de chaque instant rendue possible par la taxe rabbinique dont s’acquittent les commerçants (pâtisseries, restaurants voire épiceries).

De 300 à 400 euros tous les deux mois, selon la superficie du commerce. Les bouchers, eux, règlent une taxe au prorata des kg de viande achetés. S’ils veulent être «labellisés» Beth Din, les commerçants doivent encore embaucher un shomer, c’est-à-dire un surveillant rituel, à demeure et à plein temps. Un salaire supplémentaire donc. La cherté du casher trouve une explication dans cette série de coûts incompressibles.

Alors que la cacherout est un circuit très réglé, tant en termes de cahier des charges que de labels, le plus grand flou règne autour du halal qui ne requiert aucune certification obligatoire. Florence Bergeaud-Blackler, observe que contrairement à la cacherout, il n’existe pas de «garantie rabbinique» pour le halal. «Initialement le process halal est issu d’un compromis entre industriels non-musulmans et pays musulmans pour l’exportation des carcasses. Chaque pays a ses exigences. Le process le plus économique a été ensuite utilisé pour fabriquer du halal pour les immigrés, mais sans aucune garantie religieuse comparable à la garantie rabbinique chez les juifs», renchérit la sociologue.

Aujourd’hui, les trois grandes Mosquées françaises (Evry, Paris et Lyon), ainsi que de nombreuses associations, assurent la conformité halal à ceux qui en font la demande. Cette certification a un coût. «De 6 à 10 centimes d’euros le kg de viande certifié, explique Jean-Daniel Hertzog, le fondateur d’Isla Délice. Pour les produits élaborés, cela dépend du temps passé à vérifier et du nombre de personnes engagées pour le faire». D’où la volonté quasi-inexistante de la majorité des acteurs du marché du halal de rendre la certification obligatoire.

Face aux prix des produits casher, la solution pour les juifs serait-elle donc de manger halal? C’est ce qui se dit parfois. Mais pour Florence Bergeaud-Blackler, la rumeur n’est pas fondée: «Je n’ai jamais rencontré de juifs pratiquants qui consomment halal, ni en France, ni dans d’autres pays européens. La garantie rabbinique reste essentielle pour un juif pratiquant.»

Emilie Helmbacher

http://www.slate.fr/

Juifs et musulmans : Ensemble pour faire face à l’islamophobie et à l’antisémitisme

Ppar le rabbin Marc Schneier

Un homme muni d’un tambour qui passe dans les rues pour réveiller les gens pour le souhour durant le Ramadan
Les malentendus entre juifs et musulmans portant sur ce que l’autre croit et pratique ont existé depuis des générations. Ces perceptions erronées, ainsi que des facteurs sociaux et politiques, ont malheureusement entraîné des tensions entre nos deux communautés.

Article rédigé par Marc Schneier – CG News

Nous sommes tous des enfants d’Abraham et, comme dans tout rapport de fratrie, il est essentiel pour nous, juifs et musulmans, de nous rappeler nos origines communes et de nous soutenir les uns les autres. Le « week-end de jumelage » est conçu pour favoriser et renforcer les relations entre juifs et musulmans. Cette initiative novatrice réunit juifs et musulmans dans leurs propres communautés, dans les mosquées et synagogues, ainsi qu’étudiants et groupes de jeunes dirigeants musulmans et juifs.

Chaque année, des participants s’engagent à travailler de façon continue pour combattre l’islamophobie et l’antisémitisme. Dans certaines communautés, ce programme marque le début d’activités interreligieuses entre musulmans et juifs que nous espérons voir se poursuivre avec les générations à venir.

Le premier « week-end de jumelage » a eu lieu en novembre 2008. Il a été initié par la Fondation pour la compréhension ethnique (FFEU) en coopération avec la société islamique d’Amérique du Nord, le Conseil musulman des affaires publiques et le Congrès juif mondial. Le programme de jumelage résulte d’une résolution adoptée lors du Sommet national des imams et des rabbins organisé par la FFEU à New York en 2007. En outre, le « week-end de jumelage » bénéficie du soutien de sa Majesté le Roi Abdullah d’Arabie saoudite et reflète sa volonté de promouvoir les voix modérées et la coopération avec d’autres communautés religieuses.

En juillet 2009, la FFEU a conduit une mission d’imams et de rabbins européens aux Etats-Unis, coparrainée par le Congrès juif mondial et la Société islamique d’Amérique du Nord. Les imams et rabbins (28 au total) de France, Grande-Bretagne, Hollande, Belgique, Italie, Suisse, Allemagne, Norvège et Russie se sont entretenus avec des dirigeants politiques et des militants sociaux américains et ils ont discuté de la question de savoir comment améliorer les relations interreligieuses dans leurs propres communautés. La mission s’est achevée avec l’engagement des imams et des rabbins européens de participer au « week-end de jumelage » prévu en 2009 dans leurs pays d’origine.

En novembre 2009, le deuxième « week-end de jumelage » des mosquées et synagogues annuel a vu 100 mosquées et 100 synagogues se rassembler sous le thème  »Construire un programme commun » pour englober les questions sociales au titre d’une seule communauté. En Europe, le jumelage a été lancé à Paris, lors d’un événement parrainé par la Société de l’amitié judéo-musulmane de France et coparrainé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le Consistoire, la Grande mosquée de Paris et le Fonds juif européen.

Suite à la mission de juillet des imams et des rabbins européens, la participation au « week-end de jumelage » en 2009 s’est élargie avec l’introduction de congrégations jumelées issues de sept pays européens – Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Suisse, Belgique et Pays-Bas. En France, où les tensions entre juifs et musulmans ont été particulièrement vives, 19 mosquées et 19 synagogues ont célébré leur jumelage, renforçant l’idée selon laquelle la réconciliation entre les deux communautés religieuses est possible.

Cette année, tout au long des mois de novembre et de décembre, plus de 100 mosquées et 100 synagogues, dans 22 pays répartis sur quatre continents, vont participer au « week-end de jumelage ». Le 31 octobre dernier, le jumelage a débuté avec un jumelage virtuel à l’échelle mondiale au cours duquel les participants du monde entier ont vu des reportages sur les initiatives judéo-musulmanes en cours dans plusieurs pays.

Soutien supplémentaire à nos efforts de sensibilisation, l’annonce de la publication d’un nouveau livre que je coécris avec l’imam Shamsi Ali, le chef spirituel du Centre culturel islamique de New York, la plus grande et la plus prestigieuse mosquée de la ville. Nous analyserons les passages difficiles et controversés de la Torah et du Coran et présenterons la voix de la modération en revoyant ces textes sacrés. Le livre sera un précieux outil pour faire avancer les relations judéo-musulmanes dans les communautés du monde entier.

Au cours des trois dernières années, des milliers de juifs et de musulmans de Californie, de New York et de Toronto, ainsi que de Londres, Paris, Bruxelles, Francfort et d’autres villes européennes, ont non seulement visité leurs lieux de culte respectifs pour la première fois mais ils ont également étudié la Torah et le Coran ensemble, servi, les uns à côtés des autres, des repas aux pauvres et aux sans-abri et noué de profondes amitiés.

Le « week-end de jumelage » nous a encore et encore montré que les juifs et les musulmans peuvent non seulement vivre pacifiquement en bons voisins mais aussi s’associer pour construire une communauté meilleure.

*Le rabbin Marc Schneier est le vice-président du Congrès juif mondial et le président de la Fondation pour la compréhension ethnique. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

http://www.iloubnan.info/

Synagogues et mosquées jouent l’ouverture

Du vendredi 5 au dimanche 7 novembre, l’Amitié judéo musulmane de France organise un échange entre mosquées et synagogues. Une cinquantaine de communautés des deux religions, principalement en région parisienne, ont répondu à l’appel

Visite de la mosquée des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne), lors de la tournée du bus de l’Amitié judéo-musulmane de France le 21 avril 2006 (Photo : P. RAZZO/CIRIC).

Depuis six ans, le bus multicolore de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) parcourt les quartiers populaires des villes d’Île-de-France et de province pour écouter, proposer des lectures et des films afin de lutter contre les préjugés entre les deux religions.

L’année dernière, l’AJMF a décidé de laisser son vieil autobus au garage le temps d’un week-end et de proposer aux communautés des deux religions d’inviter eux-mêmes leurs voisins pour une rencontre, boire un verre, voire partager un couscous.

Cette année, pour la deuxième édition de l’opération portes ouvertes entre mosquées et synagogues, du vendredi 5 au dimanche 7 novembre, plus de 50 communautés des deux religions ont répondu à l’appel.

Le grand saut de la rencontre

« Dans un monde où tout porte à accuser l’autre, ces rencontres, dans un climat de paix, permettent de dépasser les barrières que l’histoire a dressées entre les deux communautés », explique l’imam Mohammed Azizi, de l’institut El Ghazali, qui a contacté l’ensemble des communautés musulmanes du pays pour l’AJMF.

L’association propose d’abord aux musulmans d’accueillir les juifs dans leur mosquée le vendredi après la prière de 13 heures. Le samedi, jour de shabbat pour les juifs, les musulmans sont invités à se rendre à la synagogue pour assister à la vénération et la lecture publique du livre sacré des juifs.

« En assistant à ce moment central de la prière juive, les musulmans se rendent compte de la proximité de cette pratique avec la lecture du Coran », explique le rabbin Michel Serfati, président de l’AJMF. Après la prière du shabbat, une collation est proposée.

Pour plusieurs communautés participantes – situées principalement en région parisienne et dans le Sud –, c’est le grand saut de la rencontre. Certains musulmans, comme à Carcassonne (Aude), ne sont ainsi jamais entrés en contact avec leurs frères juifs.

«Nous avons beaucoup de points communs»

Dans d’autres cas, les relations sont déjà solides. Ariel Bendavid, rabbin de la synagogue de Colombes (Hauts-de-Seine), rencontre ainsi déjà régulièrement les responsables de la communauté musulmane de sa ville. « Pendant ma jeunesse au Maroc, nous étions comme frères et sœurs. On était invités aux mariages musulmans et inversement », raconte le rabbin, originaire de Casablanca et qui parle couramment arabe.

Au cours des rencontres entre communautés le week-end prochain, en plus de la vie du quartier, il sera souvent aussi question de religion. À Colombes, un thème a d’ores et déjà été défini. Plus d’un mois et demi après la fin du Ramadan, les représentants religieux aborderont ensemble le thème du jeûne.

« L’islam s’inscrit dans la grande lignée des religions monothéistes chrétienne et judaïque. La proclamation du prophète Mohammed est dans la continuité de celles des prophètes juifs Abraham, Israël, Isaac, Jacob ou Moïse. Nous avons beaucoup de points communs », insiste l’imam Azizi.

Et pour ceux qui hésitent encore à se rencontrer le jour de la prière, l’AJMF propose une réunion le dimanche, jour plus neutre, pour un repas ou une fête. « L’expérience des “tours de France”, organisés depuis six ans, ne nous a pas fait perdre de vue la position radicale de certains juifs et musulmans, modère le rabbin Serfati. Pour plus de souplesse, nous laissons le choix de la formule appropriée. »

Julien DURIEZ

http://www.la-croix.com/

L’Islam protège la France (Benzine)

Le titre de cette chronique paraîtra un brin provocateur. Pourtant, il n’est pas incongru. Et je me mets à rêver, aujourd’hui, qu’il orne la première page des grands quotidiens français.

Rachid Benzine

Rachid Benzine

Imaginez un pareil titre à la «Une» du «Figaro», du «Monde»… ou de «La Croix»! En attendant, j’anticipe la réaction de plusieurs parmi mes lecteurs réguliers. N’ont-ils pas pris l’habitude de me voir utiliser le vocable «islam» avec beaucoup de précautions? Tant de réalités diverses et contradictoires peuvent se cacher sous cette appellation! Comment donc parler de «L’islam» (avec ou sans «i» majuscule) qui couvrirait la France de son manteau protecteur, épargnant à cette nation les foudres de ses ennemis ? Faisons état, justement, des ennemis actuels de la France, avant de regarder qui sont «ses amis». Ces derniers jours, dans un message audio «au peuple français» diffusé par la chaîne de télévision quatarie «Al-Jazeera», l’idéologue terroriste Oussama Ben Laden a désigné la France comme une cible désormais privilégiée des attentats «djihadistes». Ainsi, l’inspirateur d’Al-Qaida, disparu au Waziristan pakistanais en décembre 2001, ne serait pas mort et pourrait encore nuire. Jamais Ben Laden, ou son «frère jumeau» l’idéologue égyptien Ayman Al-Zawahiri, n’avait donné jusque-là une telle importance à la France dans son combat. C’est, aussi, la première fois que le «père» du réseau international terroriste Al Qaïda consacre un message entier à un autre pays que les Etats-Unis. «De même que vous détruisez notre sécurité, nous détruirons votre sécurité», dit le message, faisant référence à l’intervention des soldats français en Afghanistan, et à l’implantation de la France en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Une menace prise très au sérieux par les autorités françaises et par l’ensemble des pays soucieux d’éradiquer l’horreur terroriste, que celle-ci soit «islamique» ou pas. Mais voilà déjà au moins trente ans que la France se sait une cible potentielle d’attentats de la part de groupes se réclamant d’un islam politique et guerrier. Le pays a connu plusieurs vagues d’attentats qui, toutefois, n’ont pas eu l’ampleur de ceux qui ont frappé Casablanca (en 2003), Madrid (en 2004) et Londres (en 2005). Même si la menace terroriste entretient une peur constante à l’égard de tout ce qui relève de l’islam, la majorité des Français, heureusement, continue de refuser l’amalgame systématique entre «islam» et «terrorisme». Peu d’entre eux, cependant, sont conscients que leurs meilleurs alliés contre ces menaces sont les musulmans de France eux-mêmes (et, aussi, les gouvernements et les peuples du Maghreb). Car les premiers résistants à l’islam perverti et pervers de Ben Laden et de ses disciples, ce sont bien ces centaines de milliers de familles musulmanes de France qui vivent un islam pacifique, et qui ne veulent pas que la France devienne un champ de désolation. Ce sont ces musulmans qui, les premiers, font preuve quotidiennement de vigilance, veillant à ce que leurs enfants ne se laissent pas entraîner par des idéologues meurtriers. Ce sont eux qui, massivement, opposent un islam de paix à un «islam» de haine. Oui : «qu’Allah bénisse la France !», comme l’a écrit le rappeur Abdelmalik!

Par Rachid Benzine

http://www.atlasinfo.fr/