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Archives pour la catégorie ‘RENCONTRES’

Plaidoyer pour le retour à un Etat laïc

24/12/2010

Par melampous

Laïcité. Ce mot, invoqué comme ultime bouclier par ce que les politiques considèrent comme l’indicible, la percée de M. Le Pen jusqu’au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Mais surtout, cette élection marque sa défaite cinglante (Article en couleur dans le Maquis du Web Français ).

Il s’agissait de sa quatrième tentative, il réalisa alors 16,86 % (4,8 millions de suffrages) au 1er tour et 17,79 % au second tour. Malgré la chance inespérée de faire diriger la France par un leader d’extrême droite, les partisans d’une politique ouvertement raciste, nationaliste et centrée sur l’Etat policier n’ont même pas réussi à mobilier un petit pour cent d’électorat en plus , pendant que M. Chirac se faisait réélire avec les voix de la gauche et d‘une très grande partie de la droite.

Le message adressé aux politiques était pourtant clair : il existe une frange minoritaire (bien que non négligeable) de partisans d’extrême droite, mais le reste de la population française n’accepte pas leurs idées.

Mais Jacques Chirac pris peur.

Il nomma M. Sarkozy  au poste de ministre de l’Intérieur. Ce dernier se chargea d’instaurer par d’innombrables projets de loi un Etat policier (on garde à l’esprit les lois dite Perben I et LOPPSI I qui augmentent les pouvoirs des policiers, procureurs et préfets aux détriments de l’autorité judiciaire et des libertés individuelles). Lire la suite…

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Marine Le Pen-Islam: La communauté juive solidaire avec les musulmans de France (Mergui)

20/12/2010

Joël Mergui, Président du Consistoire Central et de Paris, l’institution représentative du culte israélite en France, a exprimé la solidarité de la communauté juive avec les musulmans de France à la suite des propos injurieux de la vice-présidente du parti d’extrême gauche « Front National », Marine Le Pen.

Joël Mergui

Joël Mergui

Dans une allocution au cours d’une visite surprise qu’il a rendue au Bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM), réuni mardi en son siège à Paris, M. Mergui a insisté sur la nécessité de « maintenir cette solidarité et de la renforcer au sein de la communauté nationale contre toute forme d’intolérance et de xénophobie », indique un communiqué du CFCM.

Le haut dignitaire juif a assuré le Bureau exécutif du CFCM du soutien de l’ensemble des représentants du Consistoire Central et de Paris en de telles circonstances. Lire la suite…

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Islamisation: Le CCIF contre les Assises

17/12/2010

L’UEJF (Union des étudiants juifs de France) et

le CCIF (Comité contre l’islamophobie en France) protestent contre la tenue samedi à Paris des « Assises contre l’islamisation de l’Europe », organisées par le mouvement d’extrême droite Bloc Identitaire. Le CCIF, qui entend « défendre les idéaux de la République », appelle à manifester samedi à 14H00 devant l’espace Charenton (Paris 12e) où doivent se tenir ces assises. « Il est intolérable que des groupuscules islamophobes venus de toute l’Europe trouvent sur notre territoire une tribune pour l’expression de leur haine! », écrit-il. De son côté, l’UEJF se dit « indignée » par la tenue de ces Assises et sa présidente, Arielle Schwab, estime que « ce type d’événement constitue une atteinte au vivre ensemble et provoque une libération de la parole stigmatisante ». « Cet événement joue sur un sentiment de peur et d’envahissement qui ne nous honore pas, et n’a jamais provoqué d’autre chose que la désignation et la violence raciste », indique encore l’UEJF.

http://www.europe1.fr/

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Islam : après la sortie de Le Pen, réaffirmons le « rêve européen »

15/12/2010

Par Noël Mamère et Djamila Sonzogni | Europe Ecologie

Une femme regarde des livres lors de la 24e rencontre des musulmans de France au Bourget en avril 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

Vendredi 10 décembre, Marine Le Pen a dénoncé « les prières de rue » des musulmans en évoquant la Seconde Guerre mondiale et en qualifiant ces prières « d’occupation ».

Outre que ces propos orduriers risquent de tomber sous le coup de la loi contre l’incitation à la haine raciale, ils ne doivent pas masquer quelques vérités.

Un certain nombre de nos compatriotes musulmans sont obligés de prier à même le trottoir, par manque de capacité d’accueil des lieux de culte. Il est du ressort des collectivités territoriales d’y remédier en proposant un nombre suffisant de lieux de culte. Que dirions-nous si les catholiques, les juifs, les protestants se voyaient dans l’obligation de suivre leurs offices dans la rue par manque de places ?

La laïcité ne doit pas être une excuse pour empêcher des croyants de vivre leur culte dans la dignité humaine. Lire la suite…

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Chrétiens et musulmans se rencontrent autour du pèlerinage

10/12/2010

Au moment où le retour des pèlerins de la Mecque se termine, une journée de réflexion et de débat sur le double thème du pèlerinage en islam et dans le christianisme vient de se clôturer, dans le cadre de la 10e édition de la Semaine de Rencontres islamo-chrétiennes (Seric).

Roberta Collu-Morand, anthropologue, Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut Ghazali, Mohamed Aïouaz, professeur à l’Institut Ghazali, et P. Henri de La Hougue, directeur adjoint de I’Institut Catholique de Paris (de gauche à droite)

Roberta Collu-Morand, anthropologue, Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut Ghazali, Mohamed Aïouaz, professeur à l’Institut Ghazali, et P. Henri de La Hougue, directeur adjoint de I’Institut Catholique de Paris (de gauche à droite).

Des musulmans et des chrétiens se sont réunis à cette occasion, le 4 décembre, à la Grande Mosquée de Paris. La journée a débuté dans la matinée avec des conférences-débats. Le premier sujet Le pèlerinage comme parcours initiatique a d’abord permis aux deux intervenants, des deux confessions, d’éclairer le sens spirituel de ce voyage qu’est le pèlerinage, effectué par le croyant, qu’il soit chrétien ou musulman. La deuxième conférence était axée sur la portée sociale du pèlerinage, en faisant particulièrement ressortir l’aspect communautaire. Dans l’après-midi, les visiteurs ont pu profiter du forum d’associations pour connaître les nombreuses organisations qui sont engagées dans le dialogue interreligieux. Trois ateliers autour du thème du pèlerinage leur ont été aussi proposés : Marches et pèlerinages islamo-chrétiens en France, Pèlerinage en islam et Pèlerinage en christianisme.

Pour sa 10e édition, qui a débuté le 12 novembre, la SERIC a permis la tenue de débats, de conférences et de rencontres artistiques ou spirituelles dans 54 villes en Europe. Près de la moitié des évènements se sont déroulés, en dehors de la France, dans 7 pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, Hollande, Italie Royaume-Uni, Suède). En 2009 ce sont 95 manifestations, dont 59 en France, qui ont été réalisées par la SERIC. L’objectif est d’encourager le dialogue entre des chrétiens et des musulmans, autour de sujets religieux ou de thèmes d’actualité, selon la coordinatrice française de la SERIC, Myriam Bouregba. Pour cette journée, la Grande Mosquée de Paris et l’Institut Catholique de Paris, se sont joints à l’initiative du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC), à qui l’on doit l’organisation de la SERIC, chaque année, depuis 2001.

Fatih Tursun Paris

http://fr.zaman.com.tr/fr/

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Le Qatar sera le premier pays arabe à organiser la coupe du monde

07/12/2010
France-moyenorient l’avait prédit dès le mois d’août 2010(voir l’article). Le Qatar allait créer la surprise. C’est fait, Joseph Blatter en ouvrant la deuxième enveloppe vers 16 H30 aujourd’hui à Zurich pour désigner le Qatar hôte de la coupe du monde de football en 2022 à donner un signal fort au monde arabe. Le Qatar sera le premier pays arabe a organisé la coupe du monde, « une fierté pour le monde arabe et musulman ».
C’est l’effervescence dans le centre ville de Doha d’habitude très calme, des milliers de personnes suivait en direct sur grand écran lorsque la foule a hurlé sa joie au cris « Qatar, Qatar » à l’annonce à Zurich par le président de la Fifa, Joseph Blatter, de la désignation de ce petit pays du Golfe pour organiser le Mondial de 2022. « Merci pour avoir cru au changement, au développement du football. Merci pour avoir donné une chance au Qatar. Vous serez fiers de notre Coupe du monde, vous serez fiers du Moyen-Orient, c’est une promesse », a confié SE Sheikh Mohammed bin Hamad Al-Thani, Président du comité de candidature Qatar 2022.Pourtant le Qatar était donné comme outsider face aux favoris les Etats-unis ou l’Australie. Mais le Qatar avec son énorme potentiel financier a mis les bouchées doubles avec l’appui de stars du football comme Zidane et un travail de lobbying jusqu’a la dernière minute. L’intervention de l’épouse de l’émir du Qatar Cheikha Mozah dans la dernière ligne droite à fait pencher la balance en posant la question plusieurs fois aux membres de la FIFA  » Quand, quand la FIFA organisera t-elle la coupe du monde au Moyen-Orient ? « . La réponse est désormais connue.

Son dossier très solide n’a pas été déstabilisé par le seul point noir du dossier, le climat très chaud en été. De plus certains pays concurrents refoulés ont quelque peu perdu leur fair-play après la désignation, plusieurs représentants asiatiques et américains décriant l’organisation de cette Coupe du monde dans cette région du monde comme « à très hauts risques au niveau sécuritaire ».

Outre la puissance financière de l’émirat, le Qatar a déjà une grande expérience dans l’organisation de grands événements sportifs( jeux asiatiques 2006, championnat du monde d’athlétisme indoor, tour cycliste du Qatar, tennnis, Golf etc..). Le coût total du projet devrait avoisiner les 70 milliards d’euros avec la construction de douze stades entièrement climatisés et ces derniers pourraient même être tous accessibles dans un rayon de 50 km sur une même ligne de métro, ce qui aurait énormément séduit les membres de la FIFA.

Pour les pays du Golfe limitrophe, Émirats Arabes Unis, Bahrein, Arabie Saoudite, Oman et Koweit cette excellente nouvelle va certainement à accélerer la croissance déjà bien en marche dans la région et dans les pays arabes. L’effet « Qatar 2022″ va certainement jouer à plein et doper tous les secteurs clès comme l’immobilier, le tourisme ou le commerce.

La rédaction

http://www.dubaifrance.com/

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Les États-Unis séduisent les élites de la “minorité musulmane”

07/12/2010

Par Laurent Burlet

Elites diversite ()
©HoucineHADDOUCHE

C’est le privilège des grandes puissances. Les États-Unis travaillent à l’amélioration de leur image. En France et à Lyon en particulier, les Américains misent sur les élites de la “minorité musulmane”.

Article paru dans le mensuel Lyon Capitale d’octobre 2010

La journaliste Wafa Dahman, le politique Ali Kismoune, ou encore le président du Conseil régional du culte musulman, Azzedine Gaci. Autant de Lyonnais qui n’évoquent certainement rien au plus grand nombre. Pourtant, comme François Fillon et Nicolas Sarkozy, ils sont partis pendant trois semaines, tous frais payés, aux États-Unis à l’invitation du Département d’État (l’équivalent du ministère des affaires étrangères).
Créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’International Visitor Leadership Program (IVLP) permet à des personnes identifiées comme “futures élites” de mieux connaître les États-Unis en suivant un programme sur mesure : rencontres avec des associations, des politiques, des hauts-fonctionnaires, voire avec des ministres, rien n’est refusé à ces visiteurs internationaux, les “IV”.

Des visiteurs de marque post-11 septembre
Depuis 2001, 20 à 30% de ces “IV” sont “issus de la diversité”*. Questionné sur le sujet, l’ambassade ne cache pas l’action des États-Unis en direction des banlieues et surtout de leurs élites : “Dans le cadre de notre “public diplomacy”, on essaie de s’engager avec la France entière, pas seulement avec les gouvernements, nous explique le porte-parole de l’ambassade, Paul Patin. Aujourd’hui, la France a évolué. Nous cherchons donc à nous adresser aussi à la banlieue pour que les deux pays se comprennent mieux” .
Seulement cela ? Evidemment non. L’ambassade reconnaît volontiers que depuis le 11 septembre 2001, il y a une volonté de mettre “l’accent sur la population musulmane” et ses élites. “Les Américains ont un diagnostic “ethnicisant”. Ils misent sur une France où les logiques de mobilisations minoritaires vont dominer. Alors que, sur un plan sociologique, ce n’est pas le cas aujourd’hui “ , analyse Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman. Lire la suite…

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Le 1er janvier, des voeux en commun à l’Atria

04/12/2010
Le 1er janvier, des v?ux en commun à l'AtriaDR
RAPPEL: Le 1er janvier prochain, catholiques, juifs, protestants et musulmans se retrouveront pour une communion inter-religieuse.

C’est un moment   qui aura valeur de symbole. Le 1er janvier prochain, à 19 heures, à l’Atria, catholiques, juifs, musulmans et protestants célébreront ensemble une cérémonie de vœux interreligieuse. Si ce style de cérémonie est courant dans les grandes métropoles que sont Lyon, Marseille ou Paris, c’est pour le moins inhabituel dans le Gard.

Et, mercredi, à l’heure du déjeuner, Marie-Hélène Bonijoly, présidente du conseil presbytéral de l’Église réformée de Nîmes, le pasteur Jean-Louis Poujol, pasteur du centre Martin-Luther-King, Paul Benguigui, président du consistoire israélite de Nîmes, Driss El Moudni,

responsable régional du culte musulman, et monseigneur Robert Wattebled, évêque du Gard, se sont retrouvés à l’Atria.

Un repas pour peaufiner les détails d’une cérémonie qui n’a rien d’anodin selon le pasteur Jean-Louis Poujol, l’une des chevilles ouvrières de ce moment de communion interreligieuse :   « C’est génial de se retrouver dans un lieu neutre, avec la Bible, le Coran et la Torha pour un moment en toute indépendance des politiques. Cela peut être quelque chose de très fort et de très beau. » Peut-être un moment de grâce qui sera placé sous le triple signe de l’espérance, de la paix et de l’amour. Pour le pasteur Jean-Louis Poujol, cette cérémonie   « doit prendre valeur d’amour et de vivre ensemble. Cela doit être également une manière de montrer que toutes les communautés de cette cité peuvent vivre ensemble, quel que soit le lieu ou la cité où nous habitons. Que nous sommes tous des hommes et des femmes proches les uns des autres. »

Pour le 1er janvier, deux représentants de chaque religion présenteront leurs vœux, le pasteur Poujol, se contentant d’être le ‘Monsieur Loyal’ de cette cérémonie qui sera suivie d’un apéritif.

François CHARCELLAY

http://www.midilibre.com/

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Groupe interreligieux : demain, une conférence à deux voix

24/11/2010
 Les trois membres du bureau du groupe interreligieux ont organisé cette conférence à deux voix. Les trois membres du bureau du groupe interreligieux ont organisé cette conférence à deux voix.

Le groupe interreligieux de Valenciennes (GIR) organise, jeudi, une conférence à deux voix,

à la salle des fêtes de Marly, dans le cadre de la semaine annuelle européenne des rencontres des groupes d’amitié islamo-chrétiens. Le thème ? « La famille, mutations et défis : état des lieux et place de la foi dans nos traditions respectives ». Omero Marongiu, sociologue, membre musulman de la commission interreligieuse, et Bruno Feillet, prêtre catholique, doyen de Valenciennes, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de l’Escaut et membre de la pastorale familiale, discuteront ensemble de ce vaste sujet. Un sujet proposé par les membres du groupe. « Chacun a amené des idées et petit à petit on a trouvé ce thème », observe Abdelaziz Cherraf, membre du bureau.

Apprendre à se connaître

L’an dernier, lors de cette même semaine de rencontre des GIR, le groupe interreligieux de Valenciennes (composé d’une vingtaine de membres) avait proposé un échange sur les « valeurs et attitudes à transmettre dans les traditions respectives ». Un goûter avait aussi été organisé dans le quartier de la Briquette. Une quarantaine de chrétiens et de musulmans avaient appris à se connaître autour de pâtisseries et d’un thé à la menthe. « Les gens sont curieux l’un de l’autre. Des choses fortes ont été dites par rapport à la foi et au service », explique Marc Dufresnes, membre du bureau lui aussi. Ce type de rencontre pourrait d’ailleurs être renouvelé mais aucune date n’a encore été fixée. L’année du millénaire, c’est de la place de Marie dans les deux religions (musulmane et chrétienne) dont il avait été question.

Le groupe interreligieux de Valenciennes est constitué depuis novembre 2007 de croyants, chrétiens et musulmans, mais il est également ouvert à la participation de membres d’autres courants de pensée « désireux de dialogue respectueux, de promotion du vivre ensemble, de refus des inégalités et de toute forme de racisme, de xénophobie et d’antisémitisme », observent ses membres. Son objectif ? « Une meilleure connaissance mutuelle des communautés chrétiennes et musulmanes et une promotion des valeurs éthiques et spirituelles communes à l’islam et au christianisme. » Avec le départ de Jacques Baudet pour la région parisienne, Marc Dufresnes a rejoint le bureau avec une mission : « Entretenir la flamme et l’esprit de rencontres et de découvertes. » « C’est important que nous apprenions à nous connaître, insiste Agnès Dusenne.

Mais il faudrait aussi que les uns et les autres connaissent leur religion. » • VÉ. B.

Conférence à deux voix, jeudi, à 19 h 30, à la salle des fêtes de Marly.

Le bureau du GIR est composé d’Agnès Dusenne, d’Abdelaziz Cherraf et de Marc Dufresnes. Pour contacter le groupe : gir.val59@orange.fr

http://www.lavoixdunord.fr/

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Féminine et non féministe

24/11/2010
Hier, une conférence sur le cancer du sein était organisée pour les «Averroèsiennes» à la maison des associations. Hier, une conférence sur le cancer du sein était organisée pour les «Averroèsiennes» à la maison des associations.

Accompagner les femmes de culture musulmane, immigrées ou Françaises, les aider à trouver leur place dans la société, à être autonomes, c’est le but de l’association laïque Averroès relancée il y a un peu plus d’un an par Khaoula Sayah.


CÉCILE RUBICHON > cecile.rubichon@nordeclair.fr
Averroès. Le nom de l’association a interpellé Khaoula Sayah. Parce que c’est le nom d’un philosophe qu’elle perçoit comme « le premier laïc. Les Musulmans le disent musulman, les Juifs le disent juif, les Chrétiens, chrétien. C’est avant tout un être humain. Je ne suis pas spécialiste mais pour moi il symbolise la tolérance, le partage, et par les temps qui courent, on a besoin de ces valeurs ». Alors elle décide de redonner vie à l’association dont les activités étaient suspendues depuis deux ans. C’était il y a 18 mois. Elle en a conservé le but : « accompagner les femmes de culture musulmane dans leur quotidien, les pousser à bouger et exister dans la société ».
Ça passe par des cours de français et des cours d’arabe pour qu’elles puissent communiquer dans une même langue. Interdiction d’utiliser le système D : parler en marocain et déchiffrer la réponse formulée en algérien ou en kabyle. Sauf lorsqu’il s’agit de sensibiliser à des questions de santé ou de citoyenneté. Ainsi, le mois dernier, dans le cadre d’Octobre rose, avec d’autres « Averroesiennes », Khaoula Sayah a passé une matinée dans les locaux des Restos du Coeur pour informer celles qui comprennent mal le français à l’importance du dépistage du cancer du sein. Quand il y a des élections, elle traduit les professions de foi des candidats. Un plus aux ateliers citoyenneté qui visent à expliquer le fonctionnement des institutions françaises.

Car si les 79 adhérentes d’Averroès « se considèrent toutes comme des citoyennes françaises avec des particularités de par leur religion et leur origine », elles ont des profils et donc des besoins différents. Elles ont entre 30 et 60 ans, sont croyantes ou non, certains ont fait des études, d’autres non, certaines sont primoarrivantes, d’autres sont nées en France… En cours de français par exemple, « certaines viennent juste se perfectionner parce qu’elles veulent aider leurs enfants à faire leurs devoirs », observe la présidente de l’association. D’autres ne prennent pas de cours de langue mais participent aux ateliers couture, gym, santé ou encore esthétique. Et la plupart sont investies dans d’autres associations.
Averroès n’a rien de communautaire. D’accord, elles sont « féminines, mais pas féministes ». L’an dernier, des hommes venaient à un des cours d’arabe. Toutes ne le voyaient pas d’un bon oeil, Khaoula Sayah ne le cache pas, mais elles pouvaient aller à l’autre cours. Le psychologue de l’atelier santé est un homme et les femmes lui ont demandé de rester un an de plus. Pour autant, la présidente n’aurait pas invité un gynécologue pour la conférence sur le cancer du sein parce qu’un homme qui parle du corps aurait mis mal à l’aise celles qui croient en l’Islam.

Un état d’esprit plus qu’une association
Née en Algérie, arrivée en France en 1958 à l’âge de 8 ans, Khaoula Sayah, n’est pas croyante. Elle respecte simplement leur sensibilité sans pour autant les ménager. « Elles voulaient faire du sport, pouvoir se mettre en t-shirt sans qu’un homme puisse les voir. Je leur ai fait admettre qu’il est impossible de s’enfermer dans un lieu public On a trouvé un accord : si un homme doit passer, elles sont prévenues. » Ce qui l’aide à les comprendre, ce n’est donc pas la religion mais l’expérience de l’immigration. « Je n’étais pas partie avec cet état d’esprit, mais j’ai l’impression de restituer ce que l’on m’a donné. » L’impression aussi qu’Averroès est plus qu’une association, un état esprit justement, fait de solidarité, ce qui lui donne envie d’aller plus loin.

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Pourquoi le casher est-il plus cher que le halal?

22/11/2010

Le marché du halal est plus important que celui du casher, et la certification casher beaucoup plus fastidieuse.

- De la nourriture halal dans un supermarché de Nantes, septembre 2010. REUTERS/Stephane Mahe -

Le marché du halal, c’est désormais connu, est en plein boom. Une croissance nationale de 15% par an d’après une étude du cabinet Solis, spécialisé dans le marketing ethnique, «un potentiel de 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires », affirme le directeur de Solis Abbas Bendali. Le halal désormais intéresse de plus en plus les grands groupes. Duc, Fleury Michon et Pierre Martinet, par exemple, ont misé sur des gammes de produits élaborés estampillés halal. Et certaines entreprises, comme Medina Halal ou Isla Délice, assurent une production 100% halal.

En comparaison, le marché du casher est bien plus mal en point. Lui aussi répond à des exigences religieuses et correspond à une alimentation «autorisée», «licite». Lui aussi nécessite un traitement particulier de la nourriture autorisée, ou pas, comme l’interdiction de consommer du porc (ce qui suppose de pouvoir tracer les aliments pour être sûr qu’ils n’en contiennent pas) ou encore la nécessité de vider la bête de son sang.

Alors, pourquoi une telle différence de traitement commercial entre ces deux modes d’alimentation? Avant tout par la taille du marché. S’il n’existe aucun moyen de déterminer avec précision le nombre de musulmans et de juifs résidant en France, on estime toutefois que la communauté juive compte près de 700.000 membres, contre 5 millions environ pour la communauté musulmane. Sans grande surprise donc, le marché du halal séduit davantage les investisseurs puisque les débouchés sont plus importants.

Même si c’est encore tout récent. «Il y a 5 ans, personne ne voulait entendre parler de halal en GMS, se rappelle Mohammed Abou-Ali, le directeur de la production de Medina halal. La donne a totalement changé aujourd’hui. On s’est rendu compte que près de 50% des musulmans d’Europe vivaient en France. Et que la demande évoluait. La troisième génération d’immigrés est plus instruite, plus désireuse de trouver une gamme de produits étendue, plus seulement de la boucherie.»

Plus il y a de demande, plus l’offre est importante et diversifiée, plus les prix sont concurrentiels. D’autant que, si les personnes de confession musulmane semblent très attachées au halal, les juifs pratiquants et donc consommateurs de casher ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la communauté. D’après le Rabbin Elkiess, responsable du service de la cacherout auprès du Beth Din de Paris, l’organisme qui certifie casher restaurants, boucheries et autres boulangeries parisiennes, seuls 10 à 15% de la communauté juive consommeraient strictement casher. A l’inverse, l’Institut Solis relève que «plus de 9 Maghrébins sur 10 consomment du halal en France».

Et le prix, élevé, ne permet pas d’étendre le marché du casher. «Les prix de vente des produits casher sont en moyenne de 8 à 10% plus élevés que pour les mêmes produits non cashérisés, explique le Rabbin Elkiess. Parfois il m’arrive même de constater des hausses des prix de 20%!» Albert Abergel, gérant d’une boucherie-épicerie fine du 17e arrondissement, est conscient du problème: «Je serais très heureux si on pouvait aligner nos prix comme c’est le cas aux Etats-Unis.»

Le casher s’adresse à la petite communauté pour qui manger casher relève du choix religieux et contraignant: «Le client se serre la ceinture. Il sait qu’il va payer plus cher, mais il l’intègre dans son budget, c’est un choix de vie. C’est difficile et parfois énervant, mais on fait avec», résume Liliane Dayan, propriétaire d’une épicerie à Montrouge.

Pour tenter de combler l’écart, le Rabbin Elkiess essaie de faire jouer la concurrence. «Depuis 10 ans, on a doublé les points de vente casher certifiés Beth Din de Paris. C’est une augmentation vertigineuse», se réjouit-il. De fait, en 2010, 220 restaurants, une soixantaine de pâtisseries et une soixantaine de boucheries ont été labellisés à Paris et dans sa région. Pourtant, les efforts du Rabbin ne font pas le poids face à la grande distribution. «On a bien essayé de proposer aux usines de produire du casher en grandes quantités. Mais elles n’ont pas été réceptives à la proposition», précise le Rabbin Elkiess.

Certains grands industriels, comme le Groupe Bel, produisent des références casher, mais en quantités négligeables. Le processus de cashérisation est trop contraignant et les débouchés pas assez importants pour produire plus. La production suffit donc à nourrir les juifs pratiquants de France mais ne permet pas de faire baisser les prix.

En plus de la petite taille du marché casher, la différence de prix vient aussi du coût de la cashérisation et des autorités rabbiniques. «La taxe casher prélevée par le Beth Din comprend le contrôle casher mais aussi de quoi financer des activités religieuses, c’est pourquoi les prix sont élevés. Les contrôleurs halal, eux, ne facturent que le travail de contrôle lui-même, les prix halal restent très abordables, il n’y a pas de marge suffisante pour financer des activités religieuses», assure Florence Bergeaud-Blackler, auteure de Comprendre le halal et sociologue au CNRS.

Les 10 à 15% de juifs qui mangent donc casher n’achèteront pas de produits sans la certification «casher» par un label reconnu, comme celui du Beth Din de Paris. Sous son autorité, tout est sous contrôle. Une équipe de 10 surveillants généraux (pour Paris et l’Ile-de-France) se charge d’effectuer des tournées de vérification de la conformité et des visites inopinées. Une surveillance de chaque instant rendue possible par la taxe rabbinique dont s’acquittent les commerçants (pâtisseries, restaurants voire épiceries).

De 300 à 400 euros tous les deux mois, selon la superficie du commerce. Les bouchers, eux, règlent une taxe au prorata des kg de viande achetés. S’ils veulent être «labellisés» Beth Din, les commerçants doivent encore embaucher un shomer, c’est-à-dire un surveillant rituel, à demeure et à plein temps. Un salaire supplémentaire donc. La cherté du casher trouve une explication dans cette série de coûts incompressibles.

Alors que la cacherout est un circuit très réglé, tant en termes de cahier des charges que de labels, le plus grand flou règne autour du halal qui ne requiert aucune certification obligatoire. Florence Bergeaud-Blackler, observe que contrairement à la cacherout, il n’existe pas de «garantie rabbinique» pour le halal. «Initialement le process halal est issu d’un compromis entre industriels non-musulmans et pays musulmans pour l’exportation des carcasses. Chaque pays a ses exigences. Le process le plus économique a été ensuite utilisé pour fabriquer du halal pour les immigrés, mais sans aucune garantie religieuse comparable à la garantie rabbinique chez les juifs», renchérit la sociologue.

Aujourd’hui, les trois grandes Mosquées françaises (Evry, Paris et Lyon), ainsi que de nombreuses associations, assurent la conformité halal à ceux qui en font la demande. Cette certification a un coût. «De 6 à 10 centimes d’euros le kg de viande certifié, explique Jean-Daniel Hertzog, le fondateur d’Isla Délice. Pour les produits élaborés, cela dépend du temps passé à vérifier et du nombre de personnes engagées pour le faire». D’où la volonté quasi-inexistante de la majorité des acteurs du marché du halal de rendre la certification obligatoire.

Face aux prix des produits casher, la solution pour les juifs serait-elle donc de manger halal? C’est ce qui se dit parfois. Mais pour Florence Bergeaud-Blackler, la rumeur n’est pas fondée: «Je n’ai jamais rencontré de juifs pratiquants qui consomment halal, ni en France, ni dans d’autres pays européens. La garantie rabbinique reste essentielle pour un juif pratiquant.»

Emilie Helmbacher

http://www.slate.fr/

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Pau : rencontre entre chrétiens et musulmans

20/11/2010

Une trentaine de chrétiens et de musulmans se sont rassemblés, samedi dernier, dans les locaux de la paroisse Saint-Jean-Baptiste du Hameau à Pau, à l’invitation du relais chrétiens-musulmans et du groupe d’amitié islamo-chrétienne de Pau. C’était leur manière d’exprimer leur sympathie à l’égard de la communauté chaldéenne de Pau, gravement secouée par le drame sanglant qui se déroule en Irak. C’était aussi l’occasion d’affirmer que leur adhésion à une tradition religieuse les oblige à être solidaires de tout autre communauté menacée ou persécutée.

Lecture fut donné d’un message de M. Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux. Ancien imam de Pau, M. Oubrou a manifesté sa compassion à l’égard de ses frères chrétiens d’Irak, et a condamné sans réserve des actes barbares « commis au nom de Dieu » tout en invitant les communautés juives, chrétiennes et musulmanes à éviter toute généralisation.

Chrétiens et musulmans ont écouté des phrases du Coran lues en arabe et des textes de la Bible. Ces textes étaient accompagnés de commentaires dont les auteurs étaient Rachid Benzine, l’ami de toujours de Christian Delorme, les 38 oulémas qui s’étaient adressés au pape Benoît XVI ou encore Michel Cuypers.

Le groupe a ensuite été accueilli par la communauté juive rassemblée à la synagogue pour l’office du samedi matin. Le Dr Benchaya, président de la communauté a donné lecture d’un message du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, dans lequel celui-ci fait savoir ce que juifs, chrétiens et musulmans font à Pau pour un vivre-ensemble harmonieux et fraternel et s’associer à l’action

Les participants se sont dispersés après une dernière halte devant la préfecture. Ce fut l’occasion de rappeler l’importance toujours actuelle de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. Dans une lettre remise au secrétaire général de la préfecture, les marcheurs ont insisté sur leur volonté de réagir face aux atteintes au droit républicain dont peut être victime telle ou telle communauté et les manquements à la parole donnée – notamment à l’égard de la communauté musulmane – qui émaillent l’histoire de la République.

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Fête de la Tabaski : Musulmans et chrétiens ont prié pour une élection apaisée

17/11/2010

La communauté musulmane du Burkina Faso a célébré l’Aïd el Kabir ou Tabaski, le mardi 16 novembre 2010. L’imam de la grande mosquée de Ouagadougou, El Hadj Kassoum Aboubacaar Sana, a dirigé la prière à la place de la Nation, en présence des autorités politiques, coutumières et des diplomates accrédités dans notre pays.

L’Aïd el Kébir, signifiant en arabe la grande fête, communément appelée Tabaski ou la fête du mouton est l’une des fêtes les plus importantes de l’islam. Elle marque chaque année, la fin du hadj. La Tabaski a lieu 70 jours après le Ramadan, donc le 10 du mois de dhou al-hijja, le dernier du calendrier musulman, après Waqfat Arafa. A l’instar des autres communautés musulmanes, celle du pays des Hommes intègres a célébré la fête du mouton, le mardi 16 novembre 2010. Pour la circonstance, la place de la Nation a refusé du monde.

C’est l’imam de la grande mosquée de Ouagadougou, El Hadj Kassoum Aboubakar Sana, qui a dirigé la prière de deux rakats, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des chefs coutumiers, des corps diplomatiques accrédités au Burkina Faso et des représentants de l’Eglise catholique. Les musulmans et les représentants des autres communautés réligieuses ont ainsi loué Allah le tout Puissant afin que le scrutin présidentiel du 21 novembre se déroule dans un climat de paix et d’entente. Après la prière, l’imam a fait son sermon dont le message a été essentiellement, axé sur la paix.

Selon lui, l’islam est une religion de tolérance et de paix, contrairement à ce que l’on dit. Il a demandé aux fidèles musulmans de s’approprier ces vertus islamiques. En cette période électorale, El Hadj Kassoum Aboubakar Sana a exhorté les différents politiciens burkinabè à s’entendre pour la bonne marche du pays. « Dans le saint Coran, il est mentionné que les chrétiens et les musulmans ont un lien d’amour et cela se manifeste. Raison pour laquelle l’imam a saisi l’opportunité pour saluer le représentant de l’archevêque qui est venu honorer les musulmans », a précisé le vice-président de la communauté musulmane, El Hadj Adama Sakandé.

Quant à l’abbé Léopold Ouédraogo, représentant l’archevêque, Mgr Philippe Ouédraogo, il a dit être venu assister à la prière, afin de continuer ce que l’église catholique fait habituellement. « C’est-à-dire saluer les musulmans et ensemble implorer la miséricorde et la paix du Seigneur sur tout le Burkina Faso, surtout au cours des deux grands événements que nous allons vivre bientôt, à savoir l’élection du président du Faso, le 21 novembre et la commémoration du cinquantenaire de notre pays, le 11 décembre », a-t-il ajouté. Pour le ministre de la Santé, Seydou Bouda, c’est le scénario habituel de cette fête dite du mouton.

« Après la prière, nous allons sacrifier le mouton, à l’issue de cela, nous recevrons les parents et amis à la maison », a-t-il affirmé. Le ministre Seydou Bouda pense que le message de l’imam est celui de la tolérance et de la coexistence pacifique. Pour lui, dans un pays comme le Burkina Faso, c’est un message très important car cela participe à la cohésion sociale. « C’est à travers ce principe que nous allons sauvegarder la cohésion nationale, parce qu’elle est une richesse. C’est pour cela, que le chef de l’Etat ne cesse de cultiver cette vertu et la coexistence pacifique entre toutes les composantes de notre pays », a-t-il conclu.

Souaïbou NOMBRE

Sidwaya

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Juifs et musulmans : Ensemble pour faire face à l’islamophobie et à l’antisémitisme

17/11/2010
Ppar le rabbin Marc Schneier

Un homme muni d’un tambour qui passe dans les rues pour réveiller les gens pour le souhour durant le Ramadan
Les malentendus entre juifs et musulmans portant sur ce que l’autre croit et pratique ont existé depuis des générations. Ces perceptions erronées, ainsi que des facteurs sociaux et politiques, ont malheureusement entraîné des tensions entre nos deux communautés.

Article rédigé par Marc Schneier – CG News

Nous sommes tous des enfants d’Abraham et, comme dans tout rapport de fratrie, il est essentiel pour nous, juifs et musulmans, de nous rappeler nos origines communes et de nous soutenir les uns les autres. Le « week-end de jumelage » est conçu pour favoriser et renforcer les relations entre juifs et musulmans. Cette initiative novatrice réunit juifs et musulmans dans leurs propres communautés, dans les mosquées et synagogues, ainsi qu’étudiants et groupes de jeunes dirigeants musulmans et juifs.

Chaque année, des participants s’engagent à travailler de façon continue pour combattre l’islamophobie et l’antisémitisme. Dans certaines communautés, ce programme marque le début d’activités interreligieuses entre musulmans et juifs que nous espérons voir se poursuivre avec les générations à venir.

Le premier « week-end de jumelage » a eu lieu en novembre 2008. Il a été initié par la Fondation pour la compréhension ethnique (FFEU) en coopération avec la société islamique d’Amérique du Nord, le Conseil musulman des affaires publiques et le Congrès juif mondial. Le programme de jumelage résulte d’une résolution adoptée lors du Sommet national des imams et des rabbins organisé par la FFEU à New York en 2007. En outre, le « week-end de jumelage » bénéficie du soutien de sa Majesté le Roi Abdullah d’Arabie saoudite et reflète sa volonté de promouvoir les voix modérées et la coopération avec d’autres communautés religieuses.

En juillet 2009, la FFEU a conduit une mission d’imams et de rabbins européens aux Etats-Unis, coparrainée par le Congrès juif mondial et la Société islamique d’Amérique du Nord. Les imams et rabbins (28 au total) de France, Grande-Bretagne, Hollande, Belgique, Italie, Suisse, Allemagne, Norvège et Russie se sont entretenus avec des dirigeants politiques et des militants sociaux américains et ils ont discuté de la question de savoir comment améliorer les relations interreligieuses dans leurs propres communautés. La mission s’est achevée avec l’engagement des imams et des rabbins européens de participer au « week-end de jumelage » prévu en 2009 dans leurs pays d’origine.

En novembre 2009, le deuxième « week-end de jumelage » des mosquées et synagogues annuel a vu 100 mosquées et 100 synagogues se rassembler sous le thème  »Construire un programme commun » pour englober les questions sociales au titre d’une seule communauté. En Europe, le jumelage a été lancé à Paris, lors d’un événement parrainé par la Société de l’amitié judéo-musulmane de France et coparrainé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le Consistoire, la Grande mosquée de Paris et le Fonds juif européen.

Suite à la mission de juillet des imams et des rabbins européens, la participation au « week-end de jumelage » en 2009 s’est élargie avec l’introduction de congrégations jumelées issues de sept pays européens – Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Suisse, Belgique et Pays-Bas. En France, où les tensions entre juifs et musulmans ont été particulièrement vives, 19 mosquées et 19 synagogues ont célébré leur jumelage, renforçant l’idée selon laquelle la réconciliation entre les deux communautés religieuses est possible.

Cette année, tout au long des mois de novembre et de décembre, plus de 100 mosquées et 100 synagogues, dans 22 pays répartis sur quatre continents, vont participer au « week-end de jumelage ». Le 31 octobre dernier, le jumelage a débuté avec un jumelage virtuel à l’échelle mondiale au cours duquel les participants du monde entier ont vu des reportages sur les initiatives judéo-musulmanes en cours dans plusieurs pays.

Soutien supplémentaire à nos efforts de sensibilisation, l’annonce de la publication d’un nouveau livre que je coécris avec l’imam Shamsi Ali, le chef spirituel du Centre culturel islamique de New York, la plus grande et la plus prestigieuse mosquée de la ville. Nous analyserons les passages difficiles et controversés de la Torah et du Coran et présenterons la voix de la modération en revoyant ces textes sacrés. Le livre sera un précieux outil pour faire avancer les relations judéo-musulmanes dans les communautés du monde entier.

Au cours des trois dernières années, des milliers de juifs et de musulmans de Californie, de New York et de Toronto, ainsi que de Londres, Paris, Bruxelles, Francfort et d’autres villes européennes, ont non seulement visité leurs lieux de culte respectifs pour la première fois mais ils ont également étudié la Torah et le Coran ensemble, servi, les uns à côtés des autres, des repas aux pauvres et aux sans-abri et noué de profondes amitiés.

Le « week-end de jumelage » nous a encore et encore montré que les juifs et les musulmans peuvent non seulement vivre pacifiquement en bons voisins mais aussi s’associer pour construire une communauté meilleure.

*Le rabbin Marc Schneier est le vice-président du Congrès juif mondial et le président de la Fondation pour la compréhension ethnique. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

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Rappel sur nos positions vis à vis des musulmans

15/11/2010

De nos jours, nous entendons tout et son contraire sur l’islam. Il est donc important pour nous de rappeler nos positions éditoriales vis à vis de la communauté islamique, notamment parce que nous avons de nombreux lecteurs musulmans.

Un Catholique ne relativise pas sa religion, ne la met pas entre parenthèses ! Si nous avons, certes, des points en communs au niveau naturel, nous avons aussi un fossé de différences : une grande méfiance vis à vis de tout ce qui relève du Droit, refus du divorce, refus de la polygamie, l’insistance sur l’usage de la raison (et non du rationalisme) … etc … Ne parlons pas non plus des différentes croyances au niveau surnaturel qui sont d’autant plus nombreuses …

Nous devons toutefois remettre l’islam à sa juste place. Nous n’avons pas à juger cette religion à l’aune de l’idéologie politico-médiatique occidentale comme beaucoup le font ! 99,5% des critiques anti-islamiques sont d’origine libérale et n’ont absolument rien en commun avec la doctrine Catholique voire, pire, sont même en contradiction totale avec le Catholicisme sans même l’avouer ! Pour être clair, donc, 99,5% des critiques contemporaines sur l’islam sont erronées d’un point de vue Catholique, contexte de “choc des civilisations” voulu !

L’autre extrême, c’est l’islamophilie aigue de certains militants qui mettent le principe de Tradition au dessus de la Vérité, l’islam étant une religion traditionnelle à l’instar du schisme orthodoxe ou du Catholicisme … Cela n’est pas acceptable non plus ! Nous ne serions pas Catholiques autrement ! Tout n’a pas toujours été rose avec les musulmans, et eux-même disent la même chose de nous ! Oui, nous ne remettons absolument pas en cause la nécessité des guerres justes et Saintes telles que Poitiers, les Croisades, la Reconquista, Lépante etc … Nous avons eu de nombreux accrocs dans l’Histoire, les choses sont ainsi faites. Il faut cependant signaler qu’à l’heure actuelle, sur ces quarante dernières années de présence islamique dans nos pays, les musulmans représentent la SEULE communauté à ne pas unifier leurs forces contre les Catholiques (contrairement aux protestants, sionistes, libéraux, sociaux-démocrates, marxistes, franc-maçons, anarchistes, gays, et bien d’autres …). Certes, après, on peut toujours relancer le grand débat sur la problème de l’immigration massive, nous y reviendrons plus loin …

De nos jours, la situation a considérablement changé. Le libéralisme a actuellement triomphé. Il représente la somme de toutes les hérésies (Saint Pie X). Nous ne pouvons pas souhaiter que les sociétés traditionnelles islamiques, hindoues, etc … soient vaincues par le libéralisme (tout comme ce dernier s’est attaqué à nos sociétés). C’est le plus grand de tous les dangers. Aujourd’hui, l’urgence est telle que nous avons d’autres chats à fouetter que de nous prendre la tête avec ces différentes communautés. Ce serait de la folie pure au moment où le libéralisme, fer de lance de nos ennemis communs, ne cesse de se renforcer et continue son chemin de contamination et de perversion de toute l’humanité !

Sur le plan politique (et non sur le plan religieux), rien ne nous empêche de militer au coté de musulmans pour la Palestine. Nous pouvons manifester au coté de protestants contre l’avortement. Nous pouvons soutenir des hindous pour la société traditionnelle. Tout cela se limite au champ de la politique. Par contre, nous ne nous rassemblerons jamais dans une grande pièce pour prier tous ensemble au cours d’une grande réunion oecuménique. Ce serait mettre notre religion en poche, relativiser la Vérité Catholique. Ce serait mentir à nous même, mentir aux autres et mentir à Dieu. C’est impossible. Il est dommage que nous devions encore expliquer cela …

S’il y a encore beaucoup d’efforts à faire à Rome pour sortir du Concile Vatican II et ses désastreuses conséquences, Benoit XVI n’a pas cessé de critiquer le relativisme religieux … Cela dit, cela n’a pas empêché le Vatican, ces derniers temps, de conclure des rapprochement politiques (et non religieux) avec la Russie Orthodoxe et, plus récemment, avec l’Iran islamique. En effet, le Pape vient de juger bienvenue la création d’une commission bilatérale entre le Vatican et l’Iran, dans une lettre adressée au président iranien Mahmoud Ahmadinejad publiée ce jeudi. Benoit XVI y souhaite que “les relations cordiales” existant entre les deux Etats continuent à progresser, de même que celles de l’Eglise locale avec les autorités civiles. “Je suis convaincu que la création d’une commission bilatérale serait particulièrement bienvenue pour traiter les questions d’intérêt commun a écrit le Pape, en réponse à une lettre de Mahmoud Ahmadinejad en octobre dans laquelle ce dernier appelait à une “coopération étroite” entre le Vatican et l’Iran contre le laïcisme ! Invité au dernier synode, l’ayatollah chiite iranien Seyed Mostafa Mohaghegh Ahmadabadi avait affirmé que les Chrétiens jouissaient de “tous les droits juridiques” et “exercent librement leur pratique religieuse”. En Irak, au contraire, les Chrétiens mangent depuis l’invasion américaine …

Au sujet des violences Christophobes récurrentes en Orient, une lectrice nous dit ceci en ce qui concerne les fondamentalistes islamistes :

quand des musulmans tuent des chrétiens j’ai remarqué qu’ils y avait toujours les juifs [intégristes, ndlr] derrière!

Ceci est une évidence historique … Le pire des exemples étant probablement le génocide arménien …

Le dernier gros attentat contre des Catholiques, à Bagdad, revendiqué par “Al Qaida” (entité aux origines douteuses), ne profite certainement en rien à la communauté musulmane mais conforte pleinement les sionistes qui soutiennent pleinement le “Choc des Civilisations”. Il n’attendaient que cela, de l’eau au moulin aux occidentalistes … Il faut toujours regarder à qui profite le crime dans de pareilles situations … Quand on pense qu’à l’époque de Saddam Hussein, le moindre citoyen irakien (y compris musulman) qui aurait tenté de tagger une église voire uriner dessus (comme le font librement nos gauchistes et satanistes occidentaux) serait allé en prison …

N’oublions pas non plus que l’un des principaux objectifs du projet juif intégriste est la destruction intégrale de la Sainte Eglise Catholique instituée par le Messie qu’ils ont fait crucifier et qu’ils prétendent encore attendre … Ils n’ont cessé d’utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour y parvenir. L’immigration massive en France, en majorité islamique, est de leur fait (patronat, politiques, associations de gauche …). Ils rêvent de détruire la France, et plus généralement l’Europe, suite à la grande tradition anti-judaïque de l’Eglise Catholique dans nos pays. En motivant le déracinement des Européens dans le mélange cosmopolite, en faisant d’eux des citoyens métissés exempts de passé ou en les poussant à la guerre civile, le juifs intégristes ont tout à y gagner. Il est absolument nécessaire que les musulmans dans nos pays comprennent cet état de fait et ne rentrent pas dans ce petit manège … Heureusement, ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux.

Ces précisions étaient nécessaires parce que certains de nos lecteurs semblaient parfois être un peu perdus entre rumeurs et fausses vérités …

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« Les Intransigeants » est un journal en ligne rédigé par des étudiants Catholiques pour la Tradition / Révolte contre le modernisme / Réflexions politiques.

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L’AMBASSADEUR DES USA A LA GRANDE MOSQUEE DE OUAGA : Quand l’Amérique rencontre l’Islam burkinabè

04/11/2010

Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Burkina, Thomas Dougherty, a rendu une visite de courtoisie aux représentants de la communauté musulmane du Burkina le 3 novembre 2010, à la grande mosquée de Ouagadougou. Il était accompagné de ses collaborateurs dont Mélamie Zimmerman, conseiller des affaires politiques et militaires, le lieutenant-colonel, Patrick Bruce, chargé de la coopération militaire et Chad W. Morris, directeur de la communication du centre culturel américain. A cette occasion, un don de 25 cartons de vêtements a été fait à la communauté musulmane.

La société civile, en l’occurrence les confessions religieuses, joue un rôle important dans bien des domaines dont celui de la paix. C’est pourquoi l’ambassadeur des Etas-Unis d’Amérique, au Burkina, Thomas Dougherty, a estimé nécessaire de rencontrer la communauté musulmane du Burkina, pour des échanges constructifs. « Tant que la relation entre hommes, entre peuples, entre pays est définie par nos différences et non par nos similitudes, alors, nous resterons à jamais des étrangers. Si par contre, nous prenons le temps et la peine d’apprendre à nous connaître, à échanger, à dialoguer, alors, nous réaliserons très vite que plus de choses nous unissent que ne nous séparent’’, a déclaré l’ambassadeur Thomas Dougherty. Paraphrasant le président Obama, il a confié que l’Islam fait partie des Etats-Unis. « Mon pays partage avec les musulmans, des valeurs fondamentales similaires…sinon, identiques », a-t-il ajouté. Il a déclaré que son pays compte de nos jours, près de 7 millions d’américains musulmans, et plus de 1200 mosquées à travers le pays. Il n’y a pas un Etat en Amérique sans mosquée, a-t-il renchéri.

’’Nous sommes justement ici aujourd’hui car un même souci nous unit : le souci de pourvoir aux besoins des plus démunis ». L’ambassadeur des USA a laissé entendre que la communauté diplomatique américaine mais aussi des américains basés à AFRICOM en Allemagne, se sont unis en faveur des plus nécessiteux de Ouagadougou.

« L’Islam est une religion de tolérance et de paix »

Les relations entre l’Islam et l’Amérique ont été fort troublées ces dernières années, pour ne pas dire tendues. La visite de l’ambassadeur à la communauté musulmane, ne vise-t-elle pas à rapprocher les deux parties ? Pas forcément, fera savoir Thomas Dougherty. Pour lui, c’est une question de similitudes. L’Islam est une religion de tolérance et de paix, deux valeurs que prône l’Amérique ; d’où le besoin de mettre en exergue ces valeurs, a-t-il justifié.

La communauté musulmane, pour sa part, a loué la visite de l’ambassadeur. Pour le secrétaire général (SG), de la communauté musulmane du Burkina, Moussa Siemdé, cette visite va raffermir les liens d’amitié entre le peuple américain et celui du Burkina. Selon le SG, depuis 2006, l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique accompagne la communauté musulmane dans la promotion de la tolérance et de la paix. La culture de la tolérance et du dialogue social, fait partie des préoccupations majeures de l’Islam, a-t-il confié.

Les responsables de la communauté musulmane, à savoir le vice-président de la communauté musulmane du Burkina, El hadj Amadou Pitroipa, la présidente des femmes de la communauté musulmane, Hadja Aïssata Traoré, ont vivement remercié l’ambassade des Etats-Unis pour le don de vêtements. Les portes des musulmans sont ouvertes aux Américains, ont-ils signifié à l’ambassadeur en souhaitant que les portes des Américains leur soient également ouvertes. C’est par des bénédictions que les musulmans ont clos les échanges avec leur hôte. Ces bénédictions ont été prodiguées par le cheick Mahamoudou Bandé, président des affaires islamiques du Burkina. Il a surtout demandé à Allah de rendre l’Amérique qui constitue la première puissance mondiale, plus tolérante et prospère afin qu’elle puisse enseigner la paix dans le monde.

Dabadi ZOUMBARA

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Synagogues et mosquées jouent l’ouverture

04/11/2010

Du vendredi 5 au dimanche 7 novembre, l’Amitié judéo musulmane de France organise un échange entre mosquées et synagogues. Une cinquantaine de communautés des deux religions, principalement en région parisienne, ont répondu à l’appel

Visite de la mosquée des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne), lors de la tournée du bus de l’Amitié judéo-musulmane de France le 21 avril 2006 (Photo : P. RAZZO/CIRIC).

Depuis six ans, le bus multicolore de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) parcourt les quartiers populaires des villes d’Île-de-France et de province pour écouter, proposer des lectures et des films afin de lutter contre les préjugés entre les deux religions.

L’année dernière, l’AJMF a décidé de laisser son vieil autobus au garage le temps d’un week-end et de proposer aux communautés des deux religions d’inviter eux-mêmes leurs voisins pour une rencontre, boire un verre, voire partager un couscous.

Cette année, pour la deuxième édition de l’opération portes ouvertes entre mosquées et synagogues, du vendredi 5 au dimanche 7 novembre, plus de 50 communautés des deux religions ont répondu à l’appel.

Le grand saut de la rencontre

« Dans un monde où tout porte à accuser l’autre, ces rencontres, dans un climat de paix, permettent de dépasser les barrières que l’histoire a dressées entre les deux communautés », explique l’imam Mohammed Azizi, de l’institut El Ghazali, qui a contacté l’ensemble des communautés musulmanes du pays pour l’AJMF.

L’association propose d’abord aux musulmans d’accueillir les juifs dans leur mosquée le vendredi après la prière de 13 heures. Le samedi, jour de shabbat pour les juifs, les musulmans sont invités à se rendre à la synagogue pour assister à la vénération et la lecture publique du livre sacré des juifs.

« En assistant à ce moment central de la prière juive, les musulmans se rendent compte de la proximité de cette pratique avec la lecture du Coran », explique le rabbin Michel Serfati, président de l’AJMF. Après la prière du shabbat, une collation est proposée.

Pour plusieurs communautés participantes – situées principalement en région parisienne et dans le Sud –, c’est le grand saut de la rencontre. Certains musulmans, comme à Carcassonne (Aude), ne sont ainsi jamais entrés en contact avec leurs frères juifs.

«Nous avons beaucoup de points communs»

Dans d’autres cas, les relations sont déjà solides. Ariel Bendavid, rabbin de la synagogue de Colombes (Hauts-de-Seine), rencontre ainsi déjà régulièrement les responsables de la communauté musulmane de sa ville. « Pendant ma jeunesse au Maroc, nous étions comme frères et sœurs. On était invités aux mariages musulmans et inversement », raconte le rabbin, originaire de Casablanca et qui parle couramment arabe.

Au cours des rencontres entre communautés le week-end prochain, en plus de la vie du quartier, il sera souvent aussi question de religion. À Colombes, un thème a d’ores et déjà été défini. Plus d’un mois et demi après la fin du Ramadan, les représentants religieux aborderont ensemble le thème du jeûne.

« L’islam s’inscrit dans la grande lignée des religions monothéistes chrétienne et judaïque. La proclamation du prophète Mohammed est dans la continuité de celles des prophètes juifs Abraham, Israël, Isaac, Jacob ou Moïse. Nous avons beaucoup de points communs », insiste l’imam Azizi.

Et pour ceux qui hésitent encore à se rencontrer le jour de la prière, l’AJMF propose une réunion le dimanche, jour plus neutre, pour un repas ou une fête. « L’expérience des “tours de France”, organisés depuis six ans, ne nous a pas fait perdre de vue la position radicale de certains juifs et musulmans, modère le rabbin Serfati. Pour plus de souplesse, nous laissons le choix de la formule appropriée. »

Julien DURIEZ

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L’Islam protège la France (Benzine)

04/11/2010

Le titre de cette chronique paraîtra un brin provocateur. Pourtant, il n’est pas incongru. Et je me mets à rêver, aujourd’hui, qu’il orne la première page des grands quotidiens français.

Rachid Benzine

Rachid Benzine

Imaginez un pareil titre à la «Une» du «Figaro», du «Monde»… ou de «La Croix»! En attendant, j’anticipe la réaction de plusieurs parmi mes lecteurs réguliers. N’ont-ils pas pris l’habitude de me voir utiliser le vocable «islam» avec beaucoup de précautions? Tant de réalités diverses et contradictoires peuvent se cacher sous cette appellation! Comment donc parler de «L’islam» (avec ou sans «i» majuscule) qui couvrirait la France de son manteau protecteur, épargnant à cette nation les foudres de ses ennemis ? Faisons état, justement, des ennemis actuels de la France, avant de regarder qui sont «ses amis». Ces derniers jours, dans un message audio «au peuple français» diffusé par la chaîne de télévision quatarie «Al-Jazeera», l’idéologue terroriste Oussama Ben Laden a désigné la France comme une cible désormais privilégiée des attentats «djihadistes». Ainsi, l’inspirateur d’Al-Qaida, disparu au Waziristan pakistanais en décembre 2001, ne serait pas mort et pourrait encore nuire. Jamais Ben Laden, ou son «frère jumeau» l’idéologue égyptien Ayman Al-Zawahiri, n’avait donné jusque-là une telle importance à la France dans son combat. C’est, aussi, la première fois que le «père» du réseau international terroriste Al Qaïda consacre un message entier à un autre pays que les Etats-Unis. «De même que vous détruisez notre sécurité, nous détruirons votre sécurité», dit le message, faisant référence à l’intervention des soldats français en Afghanistan, et à l’implantation de la France en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Une menace prise très au sérieux par les autorités françaises et par l’ensemble des pays soucieux d’éradiquer l’horreur terroriste, que celle-ci soit «islamique» ou pas. Mais voilà déjà au moins trente ans que la France se sait une cible potentielle d’attentats de la part de groupes se réclamant d’un islam politique et guerrier. Le pays a connu plusieurs vagues d’attentats qui, toutefois, n’ont pas eu l’ampleur de ceux qui ont frappé Casablanca (en 2003), Madrid (en 2004) et Londres (en 2005). Même si la menace terroriste entretient une peur constante à l’égard de tout ce qui relève de l’islam, la majorité des Français, heureusement, continue de refuser l’amalgame systématique entre «islam» et «terrorisme». Peu d’entre eux, cependant, sont conscients que leurs meilleurs alliés contre ces menaces sont les musulmans de France eux-mêmes (et, aussi, les gouvernements et les peuples du Maghreb). Car les premiers résistants à l’islam perverti et pervers de Ben Laden et de ses disciples, ce sont bien ces centaines de milliers de familles musulmanes de France qui vivent un islam pacifique, et qui ne veulent pas que la France devienne un champ de désolation. Ce sont ces musulmans qui, les premiers, font preuve quotidiennement de vigilance, veillant à ce que leurs enfants ne se laissent pas entraîner par des idéologues meurtriers. Ce sont eux qui, massivement, opposent un islam de paix à un «islam» de haine. Oui : «qu’Allah bénisse la France !», comme l’a écrit le rappeur Abdelmalik!

Par Rachid Benzine

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Moi, Karim, musulman ?

24/10/2010

LE FIL TéLéVISION – En finir avec l’amalgame Maghrébins-musulmans, éclairer les rapports qui lient ces “Français avec une histoire différente” depuis un siècle à la société hexagonale : c’est le pari, réussi, du mal nommé “Musulmans de France”, un documentaire subtil de Karim Miské et Emmanuel Blanchard, diffusé ce soir sur Public-Sénat. Indispensable.

Avant les Roms, il y eut le nauséabond débat sur l’identité nationale. Et tandis que les argumentaires allaient puiser dans les culs-de-basse-fosse de la stigmatisation et de l’instrumentalisation politique, France 5 choisissait, en février dernier, de diffuser Musulmans de France, de Karim Miské et Emmanuel Blanchard. Un triptyque subtil et inestimable que Public Sénat remet à l’antenne. L’occasion de revenir sur la genèse du film, les réactions qu’il suscita. Car, entre-temps, Karim Miské a pu mesurer l’impact de sa fresque, qui décortique plus d’un siècle de relations entre les musulmans de France et la société hexagonale.

« La période était lourde. Nombre de gens issus de l’immigration avaient le sentiment de se faire insulter à longueur de déclarations des autorités. Ils ont vu le documentaire comme une réparation symbolique. La preuve que, eux aussi, faisaient partie de l’histoire française. » De plateaux télé en studios de radio, les témoignages affluent. Regrettant que ce pan d’histoire commune ne soit pas évoqué à l’école de la République, manifestant l’émotion de découvrir des strates insoupçonnées de la vie de leurs aînés souvent taiseux, revendiquant de n’être pas réduits à une identité religieuse… Fausse piste, le titre du film, Musulmans de France, peut en effet dérouter. « Il était déjà choisi par la boîte de production quand je suis arrivé sur le projet. Je me suis demandé ce que je pouvais en faire. » Franco-mauritanien, Miské, qui a vécu une partie de son enfance avec sa mère, agnostique, dans le 5e arrondissement de Paris, fait appel à son expérience personnelle : une histoire de choucroute – qu’il ne goûte guère et dont il ne veut pas – servie à la cantine. Rudement, le personnel lui fait comprendre que, musulman ou pas, « ici on mange de tout ». Il a 8 ans et ne connaît rien de l’islam. « Je me suis retrouvé musulman dans le regard de l’autre », sourit-il. Un rapt qui se perpétue à l’âge adulte. « Je ne me définis pas de manière religieuse. Pourtant, on n’en finit pas de me demander si je fais le ramadan. Quand on s’appelle Karim, on est de toute façon mis à cette place-là. »

Il décide alors de prendre en compte ce regard de l’autre, de considérer comme musulman celui qui est perçu comme tel, qu’il soit croyant ou non. Et en tissant les fils de l’Histoire, de faire voler en éclats cette catégorisation religieuse, affaire privée s’il en est. Entrelaçant la parole d’historiens, de politiques, d’artistes et d’anonymes issus de cet enracinement de l’immigration, il donne à entendre une voix chorale, une pluralité riche, partie constitutive de la nation française. « Je voulais faire entendre la parole de ces gens qui sont aujourd’hui français avec une histoire différente. Montrer en quoi, comme styliste, scénariste, historien ou politique, ils construisent, en puisant aussi dans leur singularité, les représentations à venir. »

Sans édulcorer l’ambivalence des sentiments qui préside à cette interpénétration des histoires, sans esquiver les aspérités qui fâchent – le racisme intra-africain –, Miské ne cède pas aux simplifications. Entre ceux qui pourfendent l’islam inassimilable et ceux qui voient dans la colonisation l’unique source de tous les maux, il refuse de s’arc-bouter sur des histoires antagoniques. Il préfère rêver un avenir apaisé. « Peut-être y a-t-il besoin de cet affrontement existentiel ? C’est comme une épreuve de vérité. Mais le mélange existe en profondeur. Ce ne sera pas si facile de défaire tout cela, en dépit des tentatives actuelles de détruire le lien social. Il tient. »

Marie Cailletet

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« Être musulman et Américain, ce n’est pas contradictoire »

23/10/2010

Hassan, Cedar Rapids (Damien Spleeters)

(De Cedar Rapids, Iowa) « Mon grand-père est arrivé en Iowa en 1929, de la vallée de la Bekaa, de ce qui est aujourd’hui le Liban. » Hassan commence à parler. Je le rencontre au siège de sa société d’imprimerie, Cedar Graphics. Il revient d’un match de football, on s’assied dans son bureau. « La migration des musulmans aux Etats-Unis date d’il y a longtemps. » Nous sommes à Cedar Rapids, où vit une importante communauté musulmane.

« Ça fait longtemps qu’on est intégré dans le mode de vie américain »

« C’est très difficile en Amérique aujourd’hui à cause de ce qui s’est passé le 11 septembre 2001. On avait pas beaucoup de soucis avant, pas tellement de préjugés à notre encontre, plutôt de l’ignorance. Aujourd’hui on doit faire face aux deux : l’ignorance et les préjugés. (…)

Une partie de cette ignorance est de notre faute. Nous n’avons pas été assez proactifs, nous n’avons pas assez informé les gens sur l’Islam, même si on est dans ce pays depuis plus de cent ans. On s’est battu dans les guerres de ce pays, on y est mort. Ça fait longtemps qu’on est intégré dans le mode de vie américain. (…)

La tragédie du 11 septembre fait naître encore beaucoup d’extrémismes. On voit ça dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Nos troupes et les troupes de la coalition sont là-bas, des gens y meurent tous les jours et on y prête pas beaucoup d’attention parce qu’on est isolé ici sur notre petite île des Etats-Unis. Ce n’est pas seulement des Américains ou nos alliés qui meurent, mais aussi beaucoup d’innocents irakiens et afghans. (…)

Aujourd’hui on fait beaucoup d’efforts pour informer les gens sur l’Islam et pour plus de dialogues inter-religieux. On renforce nos déclarations contre le terrorisme, contre le meurtre, contre le suicide. Parce que les événements ont beaucoup entaché l’image des musulmans, pas seulement dans ce pays mais dans le monde entier. »

Panneau publicitaire, Iowa City (Damien Spleeters)

« Une nation n’est pas une religion »

« Regardez les problèmes que l’Europe, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, ont avec les immigrés musulmans. La situation est très différente aux Etats-Unis. Nous ne devons pas faire face à ces inégalités, à cette pauvreté, à ce manque de travail ici dans notre communauté. C’est à cause de tout cela que l’Europe a plus de problèmes. D’une certaine façon, les graines que les Français ou que les Britanniques ont semées poussent et reviennent pour les hanter un petit peu. Parce qu’ils étaient dans ces pays d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient, et ils étaient là en occupants. (…)

Je pense qu’il y a de grandes différences entre les immigrés musulmans des Etats-Unis et d’Europe. Une étude récente a montré que les musulmans américains ont le plus haut niveau d’éducation, et ils gagnent beaucoup plus d’argent. C’est parce que ceux qui sont venus ici, les immigrants musulmans, sont la crème de la crème. Ce sont des docteurs, des professionnels, des éducateurs. Ce sont des gens qui sont très motivés, qui viennent aux USA pour améliorer leur vie et la vie de leur famille. (…)

Mais ce n’est pas comme ça que les gens perçoivent la communauté musulmane américaine pourtant. Les gens ne savent pas grand chose sur l’Islam ou sur les musulmans, néanmoins il y a beaucoup de chances pour que leur docteur soit musulman, ou pour que leur professeur, ou leur associé, soit musulman. Mais ils n’y prêtent pas attention. (…)

Le siège de la société d'Hassan, Cedar Rapids (Damien Spleeters)

Les gens qui travaillent pour moi sont des Américains typiques. C’est pas important pour eux de savoir s’ils travaillent pour un musulman, un juif ou un chrétien. Tout ce qu’ils veulent c’est bosser, être payés, avoir une certaine sécurité d’emploi, c’est ça qui les rend heureux. C’est pas compliqué. Cette entreprise est un peu comme un microcosme de l’Amérique : des travailleurs acharnés avec de bonnes valeurs qui veulent juste vivre une bonne vie. (…)

Moi, je suis né et j’ai grandi ici. Je n’ai aucune envie de vivre autre part. Mais j’ai comme le devoir d’informer les personnes qui m’entourent sur ma religion. Être musulman et Américain, ce n’est pas contradictoire. J’en suis convaincu parce que je connais l’histoire de la communauté musulmane aux Etats-Unis et en Iowa. Les Américains doivent faire face à leurs phobies, à leurs peurs, et il faut les informer. Les gens tendent à confondre l’Amérique et la Chrétienté. Mais une nation n’est pas une religion. Les Pères Fondateurs ont écrit la Constitution en permettant la liberté de culte pour chacun. »

Les mains d'Hassan, Cedar Rapids (Damien Spleeters)

Photos : portrait et mains d’Hassan, Cedar Rapids (Damien Spleeters) ; Panneau publicitaire, Iowa City : « Islam : Vous avez des questions ? Obtenez des réponses ! » (Damien Spleeters) ; Le siège de la société d’Hassan, Cedar Rapids (Damien Spleeters)

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