Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif



Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l’arrivée de nouveaux clients pour l’abattoir.. PHOTO/Photo archives CL
Deux mille tonnes la première année, quatre mille en perspective pour 2014. C’est Noël à Pâques pour l’abattoir de Confolens. Au pied du sapin printanier, un contrat avec la société Sovialim. Une entreprise de Guéret dans la Creuse, grossiste en viande halal pour les boucheries et la grande distribution. »Nous sommes en phase de lancement, indique Mustapha Masri, le P-DG de l’entreprise familiale. Deux mille tonnes, c’est ce qu’il nous faut au minimum pour démarrer en étant crédibles sans chambouler l’organisation de Confolens. »
L’annonce de ce contrat salvateur pour l’abattoir en difficulté chronique a été faite jeudi soir en conseil de communauté de communes (CDC) par Guy Traumat, le président de la CDC. D’habitude prudent, l’élu avait le sourire, le boulet que constitue l’abattoir pour les finances de la communauté s’allégeant soudainement. Cerise sur le gâteau, le contrat qui sera signé dans les prochains jours engage les deux parties pour dix ans. Début de l’activité prévue dès la fin du mois.
Espoirs et inquiétudes
« Cette société aura un siège secondaire à Confolens », explique Guy Traumat. De quoi conforter les 32 emplois d’une structure qui a dangereusement tangué ces derniers mois, au point de procéder à 5 licenciements. En 2012, Confolens a abattu 8 500 tonnes de viande, contre 9 900 en 2011. Une chute d’activité de 14% qui a fait craindre le pire pour la structure. « Sovialim va donc représenter 20% de notre activité », reprend Guy Traumat, qui a toujours en tête les 441 000 euros de déficit cumulé de l’abattoir à la fin 2012.
Sovialim arrive donc comme un sauveur. Qu’il faudra accueillir – c’est dans le contrat – en procédant à quelques aménagements mineurs dans l’outil de travail – à hauteur de 10 000 euros – pour respecter les règles de l’abattage rituel. »Ces aménagements n’auront aucun impact sur l’organisation de l’abattage pour la clientèle actuelle », assure Guy Traumat.
À Confolens, on est ravi de la concrétisation d’un tel contrat. Mais une crainte apparaît: que l’activité halal fasse naître polémiques et cris d’orfraie. « Des associations se font un malin plaisir de contrer ce genre d’activité, sans même savoir pourquoi », regrette Didier Vial, le directeur de l’abattoir. Il croise les doigts.« Pour nous, c’est une aubaine. Ça conforte notre activité, les emplois. J’espère que ça va bien se passer. »
Car en France, alors que cette économie est en plein boom, le débat autour du halal vire souvent à l’hystérie. Une hystérie qui a atteint son paroxysme lors de la dernière campagne de la présidentielle avec la polémique lancée par Marine Le Pen. La présidente du Front national avait affirmé que toute la viande abattue en Ile-de-France était halal et que le consommateur était trompé. Un soupçon vite éteint, d’autant que les abattoirs d’Ile-de-France produisent moins de 5 000 tonnes de viande par an. C’est-à-dire deux fois moins que le seul établissement de Confolens.
Didier Vial, qui espère bien que sa structure sera épargnée par toute polémique de cet ordre, a déjà des clients qui lui réclament du halal. Les filières sont séparées. Chaque méthode a sa traçabilité.
Retour à l’équilibre?
« Notre activité se fait en toute transparence, rassure d’ailleurs Mustapha Masri, le P-DG de Sovialim. Tout ce que nous faisons se fait en accord avec la loi. Il n’y a rien d’extraordinaire. »
Propriétaire avec ses frères de boucheries à La Roche-sur-Yon (Vendée), Guéret et Montluçon (Allier), Mustapaha Masri, 36 ans, complète avec Sovialim l’éventail de son activité. « Nous serons grossiste pour des boucheries et la grande distribution. Aujourd’hui, il y a une demande et nous allons essayer d’y répondre. »Mustapha Masri lance tout juste cette branche. Sovialim, qui commandera à Confolens de la viande bovine, caprine et ovine, n’a été inscrite que le 25 mars dernier au registre du commerce de Guéret.
Pour Confolens, l’heure des vaches maigres pourrait donc appartenir au passé. D’autant que jeudi soir, Guy Traumat a annoncé une seconde bonne nouvelle: une entreprise, cliente actuelle de l’abattoir, a un flux d’activité « bovin » avec une filiale du groupe Leclerc en Bretagne spécialisée dans l’abattage, la découpe et la transformation de produits carnés. Dans un souci de diversification de son approvisionnement, cette société pourrait faire affaire avec Confolens. Elle a déjà procédé à un audit de l’abattoir et des tests vont suivre. « C’est en bonne voie », se contente de dire Guy Traumat qui livre quand même un chiffre: le tonnage atteindrait 2 000 tonnes pour Confolens. Avec, si tout va bien, un début d’activité dès cet automne. De quoi entrevoir un résultat pour l’exercice 2013 à l’équilibre, voire même positif, ce qui n’était pas arrivé depuis des années.
L’abattage halal implique d’abord d’égorger un animal vivant. C’est souvent le principal sujet de polémique. L’animal doit être « saigné », c’est-à-dire égorgé. Ses artères carotidiennes et ses veines jugulaires doivent être finement et nettement tranchées en laissant sa moelle épinière intacte. Par ailleurs, sa tête doit être tournée vers La Mecque lors de l’abattage. Enfin, la viande halal ne doit ensuite plus être en contact avec une autre viande.
Quatre embauches à Ruffec
À chacun sa recette pour sauver sa tête. L’abattoir de Ruffec, qui a fini l’exercice 2012 avec un déficit cumulé de 1 162 000 euros, a dégainé le premier avec Sodiporc. La PME angoumoisine a signé un engagement administratif de 2 200 tonnes minimum et un engagement d’exploitation de 5 500 tonnes à l’année. Cet apport doit permettre de doubler le tonnage actuel de l’abattoir assuré à 83% par la société Lévesques (3 800 tonnes par an, essentiellement en bovins).
Sodiporc débute ses premiers tests la semaine prochaine. « Ils devraient commencer à abattre à la mi-avril avec une montée en puissance progressive », indique Bernard Charbonneau, le maire de Ruffec. La municipalité a engagé 600 000 euros d’investissements: 450 000 euros dans la remise en service de la chaîne « porcs » et 150 000 euros dans la remise aux normes sanitaires de l’abattoir. « C’est une grosse réhabilitation. On n’a pas le droit à l’erreur quand on s’engage », poursuit l’élu. Le conseil municipal de Ruffec a décidé de « mettre le paquet » en 2013 sur cet outil « pour sauver des emplois » et même en créer quatre nouveaux: des postes d’ouvrier.
L’abattoir, qui fonctionne toujours en régie municipale, compte désormais une trentaine de salariés.
http://www.charentelibre.fr
Les écoles catholiques en Belgique souhaiteraient dispenser des cours de religion islamique à l’école « dans une perspective de dialogue interreligieux ». A l’occasion d’un congrès sur l’avenir de l’enseignement catholique pour les dix prochaines années, qui s´est tenu à Louvain-la-Neuve, au sud-est de Bruxelles, le 20 octobre 2012, Etienne Michel, directeur du SeGEC (Secrétariat général de l´enseignement catholique), s’est publiquement demandé s’il était « juste, lorsqu´une majorité des élèves qui fréquentent une école catholique est de confession musulmane, de ne pas offrir le choix de suivre un cours de cette confession » ?
Dans des propos repris le 20 octobre dernier par l’édition en ligne de l’hebdomadaire Le Vif/L´Express, il estime qu´il est « nécessaire, pour construire un vrai dialogue ‘interconvictionnel’ dans les écoles, de ne pas reléguer le religieux dans la sphère privée. Car une telle attitude de rejet n´offre aucune solution à l´égard des risques de dérive fondamentaliste. »
Actuellement, une seule école catholique à Cheratte (province de Liège) bénéficie d’une dérogation pour pouvoir dispenser un tel cours, que le cadre légal exclut de l’enseignement catholique depuis plus d’une dizaine d’années contrairement à l’enseignement public. (Sources : apic/Le Vif L’Express – DICI n°265 du 23/11/12)
http://www.dici.org/
Le Tribunal administratif du canton de Thurgovie a levé l’interdiction du foulard islamique décrétée dans une école à Bürglen. Les juges ont estimé qu’il n’existait pas de base légale suffisante pour une interdiction générale, peut-on lire dans l’arrêt publié par la NZZ am Sonntag.
Le tribunal a également considéré que cette mesure ne respectait pas le principe de proportionnalité. Il a ainsi désavoué le Département thurgovien de l’instruction publique. Ce dernier est dirigé par la conseillère d’Etat UDC Monika Knill. En automne 2011, il avait approuvé, en première instance, la décision de l’école de Bürglen.
Au printemps 2011, l’école avait interdit à deux jeunes filles musulmanes venant d’Albanie le port du foulard islamique durant les heures d’enseignement. Sa direction avait estimé qu’il était contraire aux prescriptions scolaires sur l’habillement des élèves.
L’école ne veut cependant pas s’incliner et a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal fédéral. « De cette manière, nous espérons avoir un éclaircissement définitif sur cette question », a déclaré à la SonntagsZeitung Rolf Gmünder, président de l’établissement.
ats/pym
http://www.rts.ch/
Par Sophie Amsili avec Matthieu Bock
Le Collectif contre l’Islamophobie en France lance une campagne pour « déconstruire les clichés ».
Un couple tient ses deux fillettes sur ses genoux et les observe en souriant. La famille semble épanouie. Un détail : la femme est voilée. Elle est bretonne, enseignante et s’est convertie à l’islam. Cette image fait partie des trois affiches qui sont apparues au bord du périphérique parisien depuis le 31 octobre. Elle est l’un des supports de la campagne lancée par le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). Objectif : « ouvrir le dialogue » et surtout « déconstruire les clichés » sur les musulmans en France.
© CCIF
Le message est dans le nom de cette campagne : « Nous (aussi) sommes la Nation ». Les musulmans font partie, eux aussi, de la société française « par naissance, mais aussi par leur sentiment d’appartenance, par leur contribution quotidienne et historique à la vie du pays », explique le CCIF sur son site. Et de rappeler : « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ».
A l’origine de cette campagne, une « explosion des actes islamophobes », explique le CCIF : « Il y a une hausse de 58% par rapport à l’année précédente. Pour 2011, on a enregistré 298 actes de violences et de discriminations », détaille Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF au micro d’Europe 1. A cela s’ajoute une « aggravation des faits » : « On avait jusqu’ici des violences verbales, poursuit-il. On a désormais beaucoup de violences physiques, y compris envers des institutions, des profanations et des mosquées dégradées… Pour nous, c’était vraiment le moment décisif pour lancer une campagne. »
Avec un budget – restreint – de 70.000 euros, la campagne se décline également sur un site Internet dédié, sur les réseaux sociaux, dans des opérations de « street-marketing » ou encore à la radio. Europe 1 est l’une des deux stations, avec Beur FM, à diffuser un spot à partir du samedi 4 novembre. Le CCIF organise aussi une série de conférences en France, ainsi qu’à Londres ce week-end pour donner une envergure européenne au projet. Ce marathon d’un mois veut « dépasser les discours [et] convoquer, dans l’opinion publique, une prise de conscience sur une réalité souvent difficile », l’islamophobie. Le pari est ambitieux.
http://www.europe1.fr/
Source : UDB
Porte-parole:Mona Bras
RENNES/ROAZHON—Communiqué de l’Union Démocratique Bretonne du 31 octobre 2012
La xénophobie d’État nourrie par Sarkozy, Besson et Heurtefeux continue de faire des dégâts. Islamophobie, xénophobie, racisme et antisémitisme relayés par le Front National et certains responsables UMP, polluent le climat au pays des droits de l’homme et ébranlent les fondements de la République, Liberté-Egalité-Fraternité. Le 27 septembre 2012 à Marseille, dans l’ État de droit qu’est la République française, des Français ont rendu une «justice» expéditive et violente en expulsant eux-mêmes des Roms qui occupaient des logements vacants. Ces néo-miliciens ont ensuite allumé un incendie volontaire pour détruire les biens des occupants, ce qui relève du crime dans le droit national. Le 20 octobre 2012 à Poitiers, «Génération identitaire» occupe le chantier de la mosquée pour protester contre ce qu«ils appellent »l’islamisation de la France«, assurant par la couverture médiatique de leur action, un relais de leur idéologie. Le 7 novembre prochain, le groupuscule d’extrême droite Jeune Bretagne appelle à un rassemblement devant une ancienne maison de retraite désaffectée et occupée par des demandeurs d’asile à Pacé, qualifiant ces derniers de »famille de délinquants«. La France est pourtant tenue par ses engagements internationaux et la Cour européenne de justice a tranché, le 27 septembre 2012, rappelant à la France que les normes minimales pour l’accueil des demandeurs, fixées par une loi européenne de 2003, (soit un logement, de la nourriture, des vêtements, en nature ou sous forme d’allocation) s’appliquent à tous les demandeurs d’asile. Janvier 2011, n’oublions pas les attaques racistes anonymes publiées sur le site d’extrême droite Breiz Atao, contre le sonneur noir Yannick Martin double champion de Bretagne des sonneurs de bombarde. 2011 et 2012 : l’UDB et sa porte-parole sont victimes de diffamation et de menaces de la part de Jeune Bretagne, une plainte est en cours contre ce groupuscule d’extrême-droite. Si l’UDB se félicite de l’abrogation du délit de solidarité, elle s’inquiète de la multiplication de discours et d’actions visant à faire naître la haine raciale et la xénophobie. L’UDB condamne les atteintes à l’humanité des sans papiers et des demandeurs d’asile, condamne les incitations à l’islamophobie, au racisme et à l’antisémitisme des mouvements apparentés aux »identitaires » et demande à l’Etat d’être ferme et sans concession face à ceux qui mettent en péril le vivre ensemble et la cohésion d’une société multiculturelle et multicultuelle. L’UDB demande à la France de respecter ses engagements internationaux et de ne pas laisser dégrader davantage son image de pays des droits de l’homme.
Mona Bras porte-parole de l’UDB ■
Source : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?
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1/7: Interlaken démarche la clientèle du Moyen-Orient depuis 2004. Depuis, sa clientèle islamique a décuplé. A l’échelon suisse, le tourisme en provenance des pays du Golfe a progressé de 41% au 1er semestre 2012.
Image: Béatrice Devènes
L’hôtellerie suisse a perdu 643’000 nuitées au 1er semestre 2012. A contre-courant, la «Genève touristique» s’est maintenue à flot (+0,1%), portée par une hausse de 84% de la fréquentation de sa clientèle du Moyen-Orient. A Interlaken (BE), le nombre des nuitées des touristes en provenance du Golfe a bondi de 95% dans les six premiers mois de l’année.
Le tourisme arabe est en plein essor en Suisse. Depuis 2000, il a doublé pour atteindre plus de 400’000 visiteurs par année. Aujourd’hui, il permet aux régions qui ont misé sur ce créneau de contrebalancer le recul de la clientèle occidentale. Lire la suite…
La communauté musulmane mondiale, forte de 1,6 milliard d’individus, affiche une grande unité en ce qui concerne les principaux préceptes religieux mais se montre plus partagée, selon les régions, en matière de doctrines et de pratiques, indique une enquête publiée jeudi.
© Reuters
« Les musulmans sont unis quand il s’agit des grands préceptes » tels que la croyance en un Dieu unique et son prophète Mahomet ou la pratique du Ramadan mais « sont divers, et quelquefois de beaucoup » en matière d’implication religieuse, d’interprétation de l’islam ou dans l’acceptation du chiisme, indique son principal auteur James Bell, l’un des directeurs de Pew.
Cette vaste étude, « sans précédent » selon M. Bell, a été conduite en plus de 80 langues dans 39 pays représentant 67% des musulmans du monde, auprès de 38.000 personnes interrogées en 2008-2009 et 2011-2012. Inscrite dans un projet plus large sur le changement religieux mondial, elle sera suivie d’une enquête sur les attitudes sociales et politiques des musulmans.
Entre 85 et 100% des musulmans croient en Dieu et en Mahomet, relève l’enquête. En revanche, si pour huit personnes sur dix dans les pays d’Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et du Sud, la religion est « très importante », elles sont six sur dix au Moyen-Orient et Afrique du nord (Egypte, Tunisie, Maroc) et pas plus d’une sur deux dans des pays anciennement communistes comme la Russie et les anciennes républiques d’Asie centrale.
Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la différence est aussi générationnelle, les plus de 35 ans étant plus religieux que les jeunes alors que c’est le contraire dans la seule Russie.
Si les hommes vont plus souvent à la mosquée que les femmes, pour « des raisons plus culturelles que religieuses », selon M. Bell, la lecture du Coran ou l’observance du Ramadan sont partagées.
Globalement, 63% des musulmans – mais seulement 37% des musulmans américains – estiment qu’il n’y a qu’une seule façon d’interpréter l’islam.
L’étude remarque néanmoins que les pays où sunnites et chiites vivent côte à côte sont ceux qui ont davantage tendance à accepter le courant chiite. A contrario, au Pakistan, à écrasante domination sunnite, 41% des musulmans sunnites pensent que les chiites ne sont pas de vrais musulmans.
Par ailleurs, neuf musulmans sur dix sont nés musulmans. Les ex-pays communistes sont ceux qui enregistrent la plus forte conversion (7% en Russie), souvent de fidèles élevés dans l’athéisme. « La conversion à l’islam ne joue pas un rôle important dans la croissance de la population musulmane », conclut M. Bell, qui évoque plutôt le taux de fertilité.
http://www.levif.be/
Hafèdh Moussaoui
Dans les grandes villes comme Lyon, certains quartiers s’animent dès le matin autour des petits commerces et des vendeurs à la sauvette qui proposent tout ce qu’il faut pour la rupture du jeûne. Un reportage du quotidien algérien El-Watan.

Vente de gateaux à Paris pour célebrer le début de la période de jeûne.
Lyon, la troisième ville de France, accueille une importante communauté de confession musulmane de toutes nationalités. Dans cette ville de 479 800 habitants, selon un recensement effectué en 2009, chaque communauté religieuse, de la plus importante à la plus confidentielle – témoins de Jéhovah ou adeptes du spiritisme – a ses lieux de culte. Les musulmans lyonnais ont à leur disposition la grande mosquée du 8e arrondissement et de multiples autres mosquées et salles de prière.
Le fief historique des Algériens est incontestablement la place Gabriel Péri plus connue sous le nom de place du Pont, dans le quartier de la Guillotière. En ce ramadan 1433 [année de l'hégire, départ du prophète de La Mecque pour Médine, date importante dans le calendrier musulman], on y vient de Vénissieux, Bron, St-Fons ou Vaulx-en-Velin pour y faire ses emplettes. Dès le matin, le quartier est en pleine activité. Les épiceries spécialisées en produits maghrébins, dattes, sodas algériens, couscous et autres pâtisseries orientales, ainsi que les boucheries halal ne désemplissent pas de la journée. Ici, les commerçants arméniens, juifs et arabes ont pignon sur rue. Pour 9 euros le menu, de petits restaurants offrent des repas traditionnels de rupture du jeûne (iftar). Une foule bigarrée et cosmopolite vaque à ses occupations en ce jour de jeûne.
On parle un amalgame de français, d’arabe et de tamazight [la langue berbère] fort attrayant qui guérit du dépaysement et de la nostalgie du bled. Dans l’après-midi, l’activité redouble d’intensité.
Un marché se forme sur une partie de la place du Pont. Des marchands à la sauvette, dont des femmes, proposent des feuilles de brick et des boureks maison. Dans le souci d’offrir un supplément de confort à la communauté musulmane, la municipalité permet, contre la modique somme de 1,50 euro, à ces revendeurs occasionnels d’obtenir une patente pour s’adonner à cette activité faisant le bonheur des jeûneurs.
Ceux-ci peuvent aussi se ravitailler dans les grandes surfaces de la ville. Ayant pesé le poids économique de la communauté musulmane, les grandes enseignes de distribution, Auchan, Carrefour et Leclerc n’hésitent plus à consacrer des gondoles entières aux produits dits ethniques. Comme Noël, Pâques, le nouvel an chinois ou la rentrée des classes, le ramadan est désormais une opportunité de décupler leurs dividendes. Visiblement, le poids économique de la communauté musulmane, dont ce rite annuel a pour caractéristique de fortement booster la consommation, n’est plus négligeable.
Mais tout cela ne veut pas dire que le ramadan est une sinécure à Lyon. Outre le fait de jeûner dans un environnement urbain non musulman où toutes les tentations s’offrent aux individus, les musulmans de France ne bénéficient pas d’un aménagement des horaires de travail comme cela se fait dans les pays musulmans, et les journées estivales sont longues sous ces latitudes. La radio communautaire, Salem, annonce la rupture du jeûne vers 21 h 30. « Je fais le ramadan depuis mon enfance, et c’est à chaque fois l’occasion de découvrir un autre aspect de moi-même et des autres », confie Zohir, un gone [nom donné aux jeunes Lyonnais] né en 1975 à Lyon de parents algériens. Chauffeur d’engins de travaux publics, marié et père d’un petit garçon, il travaille de 6 heures à 16 heures. Habitant non loin de la place du Pont, il y vient pour y faire ses commissions « spéciales ramadan », épices pour la chorba [soupe épaisse à base de viande de mouton] et la doubara [plat à base de pois chiches ou de fèves]. Il assure que Lyon est une ville où la tolérance et le vivre ensemble ne sont pas des termes creux.
http://www.courrierinternational.com/

Aujourd’hui, le marché du Halal compte quelque 5 millions de consommateurs potentiels en France, 17 millions pour toute l’Europe et pas loin de 1,6 milliard de consommateurs dans le monde. Les industriels ont flairé le bon filon et investissent de plus en plus le secteur. Devant l’augmentation constante de ce marché, la première édition, au Maroc, du salon Export Halal International se tiendra du 12 au 14 septembre prochains à Meknès.
Mohamed El Ouahdoudi, Marocain résident en France, organise de nombreux évènements entre la France et le Maghreb. Il est notamment le Président de la convention France Maghreb qui en est à sa dixième édition. Il est aujourd’hui le fondateur du salon Export Halal International qui se tiendra du 12 au 14 septembre prochains à Meknès et qui compte d’ores et déjà une cinquantaine d’exposants ayant confirmé leur présence. Le Courrier de l’Atlas a rencontré Mohamed El Ouahdoudi pour connaître les tenants et aboutissants d’une telle initiative.
Pourquoi organiser un salon du halal au Maroc ?
Le Maroc rassemble tous les atouts pour devenir un acteur de l’export du halal, mais également pour améliorer la traçabilité des produits mis sur le marché local. Les professionnels se réjouissent de ce nouveau rendez vous qui donnera au Maroc une grande visibilité à l’échelle internationale. Les autorités marocaines, tant locales qu’à l’échelle nationale, accueillent avec beaucoup d’encouragements cette initiative.
Pourquoi avoir choisi la ville de Meknès ?
La vocation agro alimentaire de cette région est reconnue, elle sera mise en valeur par ce nouvel axe qui lui ouvre les portes de l’export. Meknès se prête également à un rendez-vous d’envergure internationale, le Salon de l’Agriculture qui s’y tient et qui en est à sa 7èmeédition. Ce salon est la preuve vivante que l’on peut faire converger vers cette ville les professionnels du monde entier.
Quelles sont les perspectives d’export des produits halal pour les entreprises marocaines ?
Dans un marché de plus de cinq cent milliards de dollars, s’adressant à plus d’un milliard trois cent millions de consommateurs, le calcul est rapide. Le Maroc passera de 0,001% actuellement à des pourcentages significatifs au fur et à mesure que sa filière se professionnalisera. Nous sommes donc au tout début d’une véritable révolution commerciale et industrielle, que le Maroc peut parfaitement réussir, comme il l’a fait pour l’offshoring ou l’aéronautique.
Concrètement, même si le pays n’est pas excédentaire dans certains entrants de la filière halal, il peut accueillir des entreprises étrangères exportatrices, qui viendront profiter de ses accords commerciaux, de sa proximité avec les marchés africain, arabe et européen, et de sa formidable base arrière des produits et du savoir-faire du halal.
Quels sont les produits niches labellisés halal qui peuvent être destinés à l’export?
Pour le moment, nous n’avons pas de label halal au Maroc, les dernières informations nous confirment qu’il est au stade de la publication prochaine. En attendant, une seule entreprise basée à Marrakech bénéficie pour le moment du label halal d’un opérateur de France, qui l’aide à exporter sur ce marché. Nous espérons que d’ici la tenue de notre salon, le Maroc se sera doté de son propre label, qui intéressera non seulement les entreprises du Maroc, mais également d’autres venues de l’étranger.
Quels sont les marchés à l’export ciblés par les organisateurs de l’événement ?
Sont visés en premier les marchés qui comptent des communautés musulmanes. Certes,l’Europe met des barrières à l’entrée de certains produits du monde halal, mais nous apportons des solutions originales qui permettent dans un premier temps de se conformer à ces contraintes, et puis par la suite de bénéficier d’accès privilégiés vers ces marchés européens très demandeurs.
Cependant, n’oublions pas que les continents africain et asiatique sont également très porteurs. L’un des bénéfices du salon Expo Halal International est précisément d’apporter des éclairages pertinents pour mieux exporter halal.
Propos recueillis par Ahlam Jebbar
http://www.lecourrierdelatlas.com/

Manuel Valls à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012. V. WARTNER / 20 MINUTES
Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé ce vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam «élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui», mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.
Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué deNicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.
S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), Manuel Valls entend «changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années» marquées par le passage deNicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.
«Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris», a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.
Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.
Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de Manuel Valls, même si l’on concède que «le culte musulman est par essence difficile à organiser». «Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels», a tancé vendredi le ministre.
«Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes», a balisé Manuel Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.
Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: «Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage». Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui «a garanti l’unité de la France».
«La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre», a-t-il expliqué. Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.
Pour autant, le ministre a dit «condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France». «L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui».
http://www.20minutes.fr/
Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a exposé vendredi, jour de grande prière hebdomadaire pour les musulmans, sa vision de l’islam « élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui », mais indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité.
Dans son premier discours sur la deuxième religion de France, au coeur de la dernière campagne présidentielle, le ministre s’est clairement démarqué de Nicolas Sarkozy et a tancé le Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par des crises à répétition, près de dix ans après sa création en 2003.
S’exprimant deux semaines avant le début du ramadan, pour l’inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d’Oise), M. Valls entend « changer avec ce que nous avons connu ces dix dernières années » marquées par le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée.
« Trop souvent, l’islam a été instrumentalisé, trop souvent son nom a été prononcé pour véhiculer une suspicion, de la défiance, du mépris », a dénoncé le ministre, dans une allusion claire à l’ancien chef de l’Etat, en plaidant pour un islam indépendant de toute tutelle étrangère.
Les crises vécues par le CFCM s’expliquent en grande partie par les liens entre ses composantes et les pays étrangers, notamment les deux grand rivaux algérien et marocain, dont les communautés forment la plus grosse partie des musulmans de France.
Des rapports de force sous-estimés par Nicolas Sarkozy, juge-t-on dans l’entourage de M. Valls, même si l’on concède que « le culte musulman est par essence difficile à organiser ».
Polémiques
« Les divisions, les égoïsmes, la concurrence ne peuvent pas différer plus longtemps le dialogue indispensable qui doit s’ouvrir sur les sujets cultuels », a tancé vendredi le ministre.
« Un cadre existe; il est sans doute imparfait. Il mérite peut-être d’évoluer. Il doit être dédié uniquement aux questions liées au culte. Je ne veux pas que soient confondus les questions d’immigration, d’intégration, et les questions liées aux cultes », a balisé M. Valls qui entend associer les intellectuels et la jeunesse à ce dialogue.
Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a rappelé qu’un projet de réforme a été proposé début 2012: « Il convient de l’affiner et de le faire évoluer pour que l’instance représentative du culte musulman puisse rassembler d’avantage ».
Alors que le débat public a été parfois empoisonné par des polémiques sur les prières dans les rues, le port du voile ou l’abattage rituel, le ministre a insisté sur la place de la laïcité qui « a garanti l’unité de la France ».
« La laïcité n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur la société, qu’elle n’a pas d’emprise sur l’Etat qui doit rester neutre », a-t-il expliqué.
Le ministre a rappelé le devoir de neutralité des agents publics et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes contestés parfois par des croyants extrémistes.
Pour autant, le ministre a dit « condamner tous les clichés, toutes les petites phrases, que l’on entend, ou que l’on tolère, et qui visent les musulmans, des clichés alimentés, d’ailleurs, par certains responsables politiques, irrespectueux, irresponsables ou ignorants de ce qu’est l’Islam de France ». « L’Islam, dans sa dimension universelle, est un élément constitutif, à part entière, de ce qu’est la France d’aujourd’hui ».
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Un entrepreneur lorrain va lancer mi-juillet une fédération française regroupant les consommateurs de halal dans l’optique d’assurer une meilleure certification des produits et une harmonisation de leur traçabilité au niveau national.
« Aujourd’hui, entre 17 et 20% seulement des produits halal disponibles à la consommation le sont véritablement. Il y a beaucoup de gens qui certifient n’importe quoi, ce qui contribue à donner une mauvaise image de cette filière en France », a expliqué à l’AFP Saber Bouzaza, promoteur du projet.
Ce chef d’entreprise, qui a ouvert en 2010 un supermarché halal à proximité de Metz, entend lancer officiellement autour au 20 juillet une « fédération française du halal » dont la mission sera de protéger les consommateurs, d’agréer des certificateurs et d’harmoniser les pratiques au sein du marché français.
« Dans mon supermarché, près d’un client sur deux n’est pas musulman. Il ne s’agit donc pas de créer une fédération musulmane, mais une fédération regroupant tous les consommateurs de halal. Je me suis rendu compte qu’il n’en existait aucune », ajoute Saber Bouzaza.
« Je travaille avec une équipe de dix bénévoles, j’ai contacté des industriels, des imams et des vendeurs de produits halal afin d’établir un cahier des charges permettant de délivrer une certification transparente et reconnue. Je suis également en contact avec des acteurs du halal au Benelux, l’objectif c’est d’avoir tout le monde », poursuit-il.
Loin de se limiter aux viandes, le marché du halal, estimé en France à quelque 6 milliards d’euros, concerne également des produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires ainsi que des assurances (des contrats investis dans des sociétés reconnues comme licites et ne comportant aucune obligation classique, la loi islamique interdisant la rémunération par les taux d’intérêt).
Face à la demande grandissante, les enseignes ont multiplié leur offre allant jusqu’aux bonbons, eaux minérales, plats cuisinés ou au coca, et la chaîne de restauration rapide Quick a augmenté le nombre de ses établissements entièrement halal. Ils espèrent attirer une clientèle plus jeune et plus nombreuse que par le passé, avec quelque 5 millions de musulmans en France.
http://www.notretemps.com/
L’organisme public de soutien des entreprises françaises à l’international, Ubifrance, a organisé un atelier dédié au Hallal. Un marché potentiel de 1 milliard et demi de personne.

La salle est pleine à craquer aujourd’hui chez Ubifrance. Il faut dire, le Halal intéresse beaucoup d’entreprises et d’entrepreneurs. Un marché qui représente, tout de même, « 1,6 milliard de consommateurs potentiels dans le monde et ce dans tous les domaines des biens de consommation » précise François Matraire, directeur pays en Malaisie d’Ubifrance.
Alors que doivent savoir les entrepreneurs ? Évacuez tous les fantasmes colportés pendant la campagne présidentielle. Halal signifie tout simplement « licite » arabe. Autrement dit, les produits Halal sont produits en accord avec les textes sacrés musulmans. Autant dire, indispensable à l’export dans les pays musulmans. Mieux, la certification Halal devient même obligatoire dès qu’il est question de viandes.
Mais pour y avoir accès, le chemin vers la certification est semé d’embuches. Déjà, les normes diffèrent d’une région à l’autre. Lesquelles choisir alors ? En la matière, la Malaisie semble avoir pris une longueur d’avance sur le sujet. Mieux, il a même « engagé des démarches pour que les pays musulmans structurent leur démarche à l’international » explique François Matraire. Résultat, les normes Malaisiennes font loi dans tous les pays qui appartiennent à l’ASEAN.
Concrètement, il en coûtera 2100 dollars pour se faire certifier par le Jakim, organisme de référence de certification Halal. Pour Chantal Japhet, fondatrice et dirigeante de CFBC Paris, société productrice de cosmétique, le budget est même plus conséquent. En tout, cela a représenté « un budget de 5000 euros par an, pour obtenir la certification halal de la mosquée de Paris » explique-t-elle. Pas d’alcool, pas de graisses animales qui viennent de porcs : tout ça impacte le processus de production.
Eh oui, le Halal ne concernent pas uniquement les viandes. En fait, il est recommandé de faire certifier Halal tous vos produits. « Même les couches sont Halal » expliquait une participante de l’atelier Ubifrance. On s’éloigne des textes sacrés… Aujourd’hui, en dehors des produits carnés, le Halal est plus devenu un outil marketing, destiné à rassurer les consommateurs.
En France, le Halal démarre à peine mais il représente déjà 5,5 milliards d’euros. Les produits alimentaires représentent trois quarts du marché. Bon à savoir pour les entrepreneurs en mal d’idées.
Tancrède Blondé
http://www.widoobiz.com/
Natalia Trouiller
Entre la société islamique promise par les Frères musulmans et la continuité de l’ère Moubarak souhaitée par l’armée, les Egyptions ont choisi. La minorité chrétienne prend acte d’une situation qui pour l’instant ne bouleverse guère son quotidien, ni en mieux ni en pire.
Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien. © DR
EGYPTE: MGR PACÔME FELICITE M. MORSI
Dans un communiqué paru peu après l’annonce officielle des résultats, Mgr Pacôme, qui assure l’intérim à la tête de l’Eglise copte en attendant l’élection du prochain pape, a « félicité » le candidat islamiste pour sa victoire à la présidentielle. Des félicitations purement diplomatiques, montrant que les coptes souhaitent respecter le jeu démocratique et ne pas entrer frontalement en conflit avec le pouvoir islamiste.
> Mais la presse a annoncé que Mohammed Morsi aurait déclaré, en marge d’une rencontre des membres de son parti que, dans la nouvelle Egypte dirigée par les Frères musulmans, les chrétiens devraient « se convertir à l’islam, payer l’impôt réservé aux infidèles ou quitter le pays« . Le président a depuis démenti cette assertion rapportée par El Bashayer, et promis aux femmes et aux chrétiens le plein accès à leurs droits, ajoutant que « les coptes seront représentés en tant que conseillers au sein du bureau du président, et peut-être même aurons-nous un vice-président copte, si c’est possible« .
> Quelles que soient les intentions réelles des Frères musulmans à l’endroit des chrétiens, la victoire de Morsi ne change guère le sort de la minorité copte dans une Egypte musulmane. Et l’échec de Morsi n’aurait sans doute pas amélioré les choses pour eux. Le Christian Post rapporte ainsi cette phrase d’un responsable chrétien, à qui l’on demandait pour qui il voterait, le candidat islamiste ou le candidat de l’armée: « L’un nous offre du poison dans une tasse, l’autre dans une cuillère« . Lire la suite…
Pour Magali Balent*, la montée du populisme d’extrême droite est le symptôme d’une Union européenne encore trop floue, en mal d’identité et incapable d’en parler.
Quand on parle de partis populistes en Europe, parle-t-on forcément, comme avec le Front national, de xénophobie, d’islamophobie, de rejet des élites ?
« Dans les partis populistes de droite, on retrouve toujours cette ligne directrice, d’ailleurs contenue dans le terme de « national populisme ». Ça renvoie à la fois à la dimension démagogique du discours, qui consiste à flatter les instincts populaires, donc à dénoncer les élites, mauvaises, corrompues, qui travaillent contre l’intérêt du « bon peuple », sain et animé de bonnes intentions, ainsi qu’à cette dimension nationale qui voit la nation comme un espace fermé, à protéger contre les « dangers » extérieurs (immigration, islam…). C’est de là que vient aussi ce discours anti-européen, antimondialisation, contre les institutions… »
Quelle stratégie sous-tend leur progression ?
« Ils ont coupé les amarres avec les discours anciens, fondés sur l’antisémitisme et le racisme, aujourd’hui contre productifs, et s’ancrent dans l’actualité sur des problématiques actuelles : mondialisation, islam et de l’islamisme, fragilisation des nations et de l’identité nationale… »
Pour expliquer leur succès, on évoque souvent la situation économique difficile… Lire la suite…
Pierre Haski
A chaque déclaration, sa polémique. Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi matin sur France Inter que trois personnalités musulmanes, dont Tariq Ramadan, avaient appelé à voter François Hollande : triple démenti en rafale en quelques heures.
Tout est permis, semble-t-il, afin de discréditer François Hollande, et montrer à l’électorat de Marine Le Pen que voter socialiste le 6 mai, c’est faire le jeu des islamistes les plus redoutables, c’est préparer de nouveaux Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban…
Ecoutez le Président sortant, à partir de 1’12’’ :
« La déclaration de Tariq Ramadan c’est le 11 mars 2012 à Lyon, dans le cadre du Printemps des quartiers, sur le thème “justice sociale, Palestine et islamophobie”.
Ils furent trois à appeler à voter pour monsieur François Hollande, monsieur Ramadan et deux autres orateurs, monsieur Brakni, représentant le parti des Indigènes de la République [sic], et monsieur Marwan Muhammad, représentant le collectif contre l’islamophobie en france.
Ils ont tous les trois, dont Tariq Ramadan, appelé les personnes présentes, ainsi que leur entourage, ont-ils précisé, à voter pour François Hollande ou pour un parti politique qui serve l’islam. »
http://www.rue89.com

Mamadou Daffé Abu Brahim est l’imam de la mosquée du Mirail, un quartier de la périphérie de Toulouse connu pour sa forte présence musulmane. Ce Malien, installé en France en 1975, est actuellement directeur de recherche en biochimie au CNRS. La mosquée dans laquelle il officie – baraque préfabriquée installée sur le parking d’un hypermarché en attendant la construction d’un vrai édifice – accueille chaque jour des centaines de fidèles et tout particulièrement des Maghrébins ou des Français issus de l’immigration, directement touchés par les événements de Toulouse et Montauban. L’imam explique dans cet entretien l’impact qu’ont eu ces tueries sur la communauté, «première choquée et horrifiée par ces actes criminels».
-Comment la communauté musulmane a-t-elle vécu ces événements et les jours qui ont suivi ?
Les dernières semaines ont été très éprouvantes, très stressantes, au début, de ne pas connaître l’auteur, sachant que des musulmans étaient les premières cibles. Cela nous a inquiétés dans la mesure où on ne savait pas vraiment qui était recherché. Ensuite de connaître l’auteur et de savoir qu’il avait un prénom musulman, était encore plus «stressant». Et là, nous avons été la proie de nombreuses manifestations. Certains ont été agressés au moins verbalement, mais ensuite, cela devient surtout de la paranoïa, avec des musulmans qui se disent «on nous a regardés», «on nous a parlé», «on nous a dit ceci et cela»… Il est donc vrai que les gens ne sont pas à l’aise, sans compter les problèmes internes, dans les familles mêmes. Certains parents disent à leurs enfants : «Vous allez à la mosquée, on vous lave le cerveau ; je sais que depuis que tu as la barbe, depuis que tu portes le hidjab, tu as changé(e)». Au lieu qu’il y ait une solidarité dans la communauté au moins, ça pose des problèmes y compris dans les familles.
-Les actes d’islamophobie ont-ils augmenté depuis ces événements ?
L’islamophobie a beaucoup augmenté ces dernières années en Europe, en France en particulier. Il est dit qu’il y a une augmentation de 37% des actes d’islamophobie en 2011. Malheureusement, ce n’est qu’un début. C’est dans ce contexte global que se situent l’amalgame et le stress de plus en plus continu que nous subissons. Mais je pense qu’il faut faire la part des choses entre la rumeur, le sentiment et la réalité. C’est comme le sentiment d’insécurité, on se sent tous en insécurité, mais ce n’est pas quantifiable. J’entends des propos et des histoires, mais pour moi, ce ne sont que des cas particuliers. Les gens se sentent moins à l’aise ou agressés ne serait-ce que par un regard à leur égard. Mais quelle est la part de paranoïa, et quelle est la part du réel ? Il est clair que les sensibilités sont exacerbées. Certains me disent que quand on voit quelqu’un avec un look maghrébin, on change de place dans le métro. Est-ce que c’est 1/1000, est-ce que c’est plus ou moins ? L’on ne peut pas faire de statistiques. Parfois, tout cela n’est dû qu’à un hasard, une coïncidence, un malentendu. Raison pour laquelle je crains que nous tombions dans la paranoïa, la victimisation, qu’on ne peut pas mettre sur le compte des événements qui se sont déroulés. Lire la suite…
Par Jean-Marc Leclerc

Prière dans un centre culturel turc à Mulhouse. Crédits photo : SEBASTIEN BOZON/AFP
Combien au juste? Ceux qui ont pris publiquement position ne sont pas si nombreux qu’on veut bien le dire. Mais dans un contexte où les recteurs d’importantes mosquées en France ont invité leurs fidèles à remplir leur devoir de citoyen, sans pourtant donner de consignes de vote, l’affaire prend un tour des plus passionnés.
«Je tiens à dénoncer l’attitude complice et irresponsable du Parti socialiste et de son candidat suite à l’appel en faveur de François Hollande lancé par certains représentants religieux faisant partie d’un réseau de près de 700 mosquées», s’enflamme le député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, dans un communiqué diffusé mercredi matin, aussitôt relayé par d’autres élus de la majorité, comme le député UMP de Seine-et-Marne, Franck Riester.
Tout a commencé à la veille du premier tour. Le vendredi 20 avril, à l’heure où les musulmans devaient se rassembler pour la prière, plusieurs centaines de recteurs de mosquées étaient censés appeler les fidèles à voter François Hollande. C’est, en tout cas, ce qu’annonçait le journal Marianne sur son site Internet, ce jour-là.
À l’origine de cette initiative? Abderrahmane Dahmane, ex-conseiller «diversité» de l’équipe Sarkozy, éconduit en mars 2011, et visiblement très remonté contre ses anciens amis. Le disgracié aurait donc rejoint le camp de François Hollande, qu’il aurait rencontré personnellement, notamment en mars dernier, se faisant fort, dit-on, de lui apporter le soutien des fameuses 700 mosquées. Lire la suite…
Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé ce lundi, dans un communiqué, à ne pas laisser l’islam s’immiscer dans l’élection présidentielle, ce qui «serait dommageable pour la communauté musulmane de France».
La semaine dernière, plus d’une vingtaine d’imams avaient engagé leurs fidèles à se rendre massivement aux urnes pour l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai, afin de «devenir acteurs de leur propre changement».
Le recteur d’une mosquée parisienne avait appelé les musulmans de France à «un vote massif halal», pour «défendre notre dignité contre l’islamophobie et la stigmatisation des membres de notre communauté», tandis que celui de la mosquée de La Défense conseillait le «vote utile», à savoir «François Hollande».
Pour Dalil Boubakeur, «chaque citoyen, quelle que soit sa confession religieuse, est libre d’exprimer ses convictions et ses choix politiques dans le cadre démocratique. Mais il serait toutefois dommageable pour la communauté musulmane de France que l’intrusion des institutions religieuses musulmanes dans le débat électoral puisse être la porte ouverte à l’émergence d’un islam « politique »».
Dans son communiqué, le recteur de la Grande mosquée tient «à rappeler les principes républicains qui régissent la vie cultuelle des musulmans de France, notamment le strict respect des institutions républicaines et de la laïcité, cadre naturel dans lequel s’exprime l’Islam de France».
«Ceci est une exigence en même temps qu’un devoir pour toutes les institutions religieuse de notre pays», souligne-t-il.
(AFP)
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