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Certification halal: les clefs pour comprendre

Anne-Katell Mousset

À l’export, un des enjeux des industriels agroalimentaires est de concevoir des produits halal typiquement français comme par exemple des bières désalcoolisés, des cannelés au rhum sans alcool ou des crêpes halal.

Le marché français des produits halal est estimé à 4 milliards d’euros par an (source : Xerfi). Définition, certification, distribution : quels sont les enjeux clés de ce marché ? Éléments de réponse grâce à un panel d’experts intervenus lors d’une d’une réunion à la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne à Lorient.

Halal vs Haram

Dans la religion musulmane, les produits halal sont à opposer aux produits haram. Halal signifie tout simplement « licite » pour le consommateur musulman selon les préceptes religieux. Parmi les interdits majeurs : le porc qui suscite une très forte aversion et, dans une moindre mesure, l’alcool. Pour le reste, les interprétations sont diverses et relèvent de la théologie. C’est cette absence de définition unique qui empêche la création d’un standard international et même, en ce qui concerne la France, d’une norme nationale. Comme l’explique Bruno Bernard, expert en commerce international et créateur de la certification halal émise par la Chambre de commerce de l’industrie belge : « Il y a dans le halal plusieurs vérités. Ce qui est halal dans une région du monde ne le sera pas dans un autre. Il n’y a donc pas une solution unique, mais des solutions ». Le halal est un concept religieux. Mais, on parle ici de production et de commerce. Pour Bruno Bernard : « il faut appréhender cette certification avec une logique de respect et de l’éthique, sinon s’est voué à l’échec. Mais il ne faut pas oublier que c’est aussi un concept commercial ».

Bien choisir son certificateur

En France, il existe une soixantaine d’organismes certificateurs. La majorité du marché est cependant dominé par les trois grandes mosquées : Paris, Évry et Lyon. Chaque organisme possède ses propres critères et sa façon de travailler. Par exemple, certains se chargent directement de surveiller la production, d’autres comme la Mosquée de Paris, peuvent proposer à des salariés de l’industriel de devenir référents « halal » et d’être garants de la production. Il faut savoir que certains organismes certificateurs peuvent ne pas être reconnus à l’export. Chaque pays à en effet sa façon d’appréhender le halal, et ses propres référentiels. Comme le souligne Mohamed Benjouad, dirigeant de RDF Bretagne, société d’accompagnement à l’international à destination des pays arabo-musulmans. « En Malaisie, il y a un véritable business du halal, très bien organisé. Ils ont leur propre norme, mais elle n’est pas forcément reconnue dans l’Union européenne ou au Maghreb ». Le pays a en effet créé un texte réglementaire en agroalimentaire sur le halal. Cette norme, la MS 1500 : 2009, s’inspire de la méthode HACCP et porte sur l’ensemble de la chaîne.

http://www.processalimentaire.com/

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