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La communauté musulmane en France reste « marquée » par ses liens avec le pays d’origine

Mosq Paris

PARIS- La communauté musulmane en France reste « marquée » par ses liens avec le pays d’origine, a indiqué un rapport du Sénat déplorant le manque de représentativité « démocratique ».

Dans un rapport de la mission d’information sénatoriale sur l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de cultes, publié jeudi sur le site du Sénat, les auteurs ont relevé que la communauté musulmane en France reste « marquée par ses liens avec les pays d’origine », en particulier l’Algérie, le Maroc et la Turquie qui, généralement, financent les mosquées et organisent le culte musulman, deuxième religion de France.

La mission, qui a entendu 115 personnes au cours de leurs 79 heures d’auditions, dont l’ambassadeur d’Algérien en France, Amar Bendjama, a souligné que le Conseil français du culte musulman (CFCM), créé en 2003 après des décennies de tâtonnements, « souffre d’une principale faiblesse » qui se caractérise par son « manque de représentativité démocratique ».

Cette situation, a-t-elle expliqué, est illustrée par « le poids des pays d’origine dans les différentes fédérations qui le composent ».

« Face au risque d’un fossé générationnel croissant et d’une véritable rupture, en partie consommée entre la communauté musulmane et l’instance chargée d’en assurer la représentation, les rapporteurs considèrent qu’il appartient aux communautés de s’organiser elles-mêmes dans le cadre de nouvelles modalités tenant davantage compte des exigences de représentativité ».

En ce qui concerne les subventions allouées aux mosquées de France par des pays, dont l’Algérie, s’élèvent à près de 12 millions d’euros. Le Maroc a contribué en 2016 avec 6 millions d’euros en 2016, dont les salaires des 30 imams détachés, l’Algérie a versé en 2016 à la Grande Mosquée de Paris 2 millions hors les salaires des 120 imams détachés (des chiffres communiqués par l’ambassadeur d’Algérie lors de son audition), l’Arabie Saoudite 3,8 millions depuis 2011 et pour la Turquie, il s’agit d’un financement indirect uniquement par la rémunération de ses 151 imams détachés.

La nécessité de former les imams au contexte français

Dans ce contexte, document recommande aux Etats d’origine de faire transiter la totalité des financements en provenance (subventions, dons, legs, etc.) par la Fondation pour les oeuvres de l’islam de France et « permettre un fléchage précis des subventions de chaque Etat vers les associations qu’il souhaite financer ».

Par ailleurs, la mission d’information a relevé l’impossibilité de connaître les financements par des personnes privées étrangères qui ne sont pas comptabilisés.

Au sujet de la formation des imams, la mission d’information, qui a fait des déplacements en France (Strasbourg, Château-Chinon et Grande Mosquée de Paris) et à l’étranger (Londres, Rabat et Alger), a estimé que les imams détachés et la formation à l’étranger d’imams français constituent un « palliatif » dans l’attente d’imams formés en France « sur la base d’une formation unifiée et adaptée au contexte français ».

Pour elle, les instituts de formation devraient se doter d’un Conseil scientifique unique, chargé de « la définition d’un programme commun partagé », préconisant pour les élèves imams français trois principales solutions pour leur formation: deux en France (Institut européen des sciences humaines et Institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris) et une à l’étranger (Institut Mohammed V de Rabat), financée par le Maroc.

Quant au sujet de la filière halal, dont le marché en France, qui progresse de 10 % par an, pèse déjà 5,5 milliards d’euros, la mission a regretté que la norme ne fait l’objet de consensus au sein de la communauté musulmane, conduisant ces dernières années à une « surenchère » au tour du « halal business », et rendant « difficile » le travail de charte commune du halal lancée par le CFCM.

Rappelant que les sacrificateurs sont habilités sur la base de cartes délivrées par trois mosquées (Grandes mosquées de Paris, d’Evry et de Lyon) agréées par le ministère de l’Intérieur, la mission d’information a demandé de mettre un terme à cet « oligopole » en fixant des règles communes pour la délivrance des cartes et l’élargissement du nombre de mosquées habilitées.

http://www.aps.dz/

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