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Contre l’islamophobie, l’esprit du ramadan

Sihem Souid

Pendant le mois sacré, croyants et mosquées multiplient les démonstrations de générosité envers ceux qui en ont besoin, musulmans ou non.

Pendant le ramadan, l'association Graine de solidarité à Bordeaux distribue jusqu'à 300 repas aux sans-abri, musulmans ou non.
Pendant le ramadan, l’association Graine de solidarité à Bordeaux distribue jusqu’à 300 repas aux sans-abri, musulmans ou non. © MEHDI FEDOUACH / AFP

Nous sommes en plein jeûne du mois de ramadan, le mois sacré chez les musulmans, durant lequel ils s’abstiennent de boire, de manger et d’avoir des rapports sexuels du lever du jour au coucher du soleil. C’est pour les musulmans un mois de ressourcement, de recueillement et de spiritualité intense, mais aussi de générosité et solidarité ! C’est ce que nous allons voir avec Abdel et Safia.

Abdel Zeghana, 44 ans, Franco-Algérien de confession musulmane est issu d’une fratrie de 17 enfants. Celui qui a passé son enfance dans la pauvreté et qui avait pour seul repas du soir du lait et des biscuits est aujourd’hui patron du restaurant Food’Art à Gennevilliers depuis 2007. Tous les soirs pendant la période du ramadan, depuis 7 années, il offre à toute personne de confession musulmane ou non, des repas chauds à volonté. À cela s’ajoutent le lien social et le partage qui prévaut pendant cette période. Chaque soir le restaurant est noir de monde grâce au bouche-à-oreille. Il nous explique : « Comme les chrétiens ont l’esprit de Noël, moi j’ai l’esprit de ramadan, qui est à mes yeux le mois le plus vertueux. Tant que j’aurai les moyens de le faire, je le ferai, car ces repas contribuent aussi à la socialisation de certaines personnes qui sont isolées. »

Safia Badi, 33 ans, elle, pose ses congés chaque année durant le mois de ramadan. Avec des amis, elle organise des groupes qui visitent dans les hôpitaux les malades qui leur ont été signalés afin de leur apporter compagnie et réconfort et leur éviter l’isolement.

Actions dans les mosquées

Toutes ces actions ne sont pas seulement des initiatives individuelles et isolées. Cette année, par exemple, le ramadan tombe en grande partie durant les vacances scolaires et les mosquées organisent des activités sportives et des sorties culturelles pour tous les enfants, quelle que soit leur confession.

À la fin du ramadan, chaque musulman doit donner un montant pour sa « zakat al fitr », aumône obligatoire consécutive au mois du ramadan. Celle-ci est redistribuée par les mosquées sous la forme d’enveloppes d’un montant compris entre 50 et 100 euros, cela sur simple demande de n’importe quel individu qui se dit dans le besoin à la mosquée de sa ville.

Voilà, s’il en était besoin en ces temps où l’islamophobie progresse fortement, quelques démonstrations de la solidarité exercée par la communauté musulmane de France. Solidarité qui n’est pas, comme nous l’avons vu, limitée à ses seuls coreligionnaires.

http://www.lepoint.fr/

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