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Crif et Grande mosquée de Paris appellent à « faire tomber le mur de la méfiance »

La Grande mosquée de Paris et Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se sont engagés, lors de leur première rencontre officielle mardi 17 janvier à la mosquée de Paris, « à faire tomber le mur de la méfiance » entre leurs deux communautés.

Prenant la parole devant une cinquantaine de représentants juifs et musulmans, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a souhaité « juguler l’impression de malaise et de non-communication entre les deux familles spirituelles concernées ». « Constatons qu’avant tout, c’est l’ignorance ou la volonté d’ignorance réciproque qui peut être un facteur qu’il urge avant tout de combattre. Il faut reconstruire une mémoire commune », a-t-il martelé.

Soulignant que « l’islam n’est pas antisémite », Dalil Boubakeur a proposé que des commissions œuvrent pour rétablir la connaissance réciproque des deux communautés, notamment par un travail dans le domaine de l’histoire, de la civilisation.

« UN DIFFÉREND D’ORDRE POLITIQUE ET NON MÉTAPHYSIQUE »

Une autre commission œuvrerait pour « éviter que les tensions nées hors de France aient un retentissement chez nous » et empêcher chaque communauté de se « communautariser dans l’inquiétude ».

Dans son intervention, Richard Prasquier, président du Crif, a souligné en préambule que son organisme, qui rassemble représente 72 organisations juives en France, n’a aucune légitimité théologique dans cette rencontre.

« La problématique qui est la nôtre est politique et non pas religieuse », a-t-il donc expliqué, soulignant que les difficultés nées du conflit israélo-palestinien « parfois inutilement invoqué » comme enjeu de politique intérieure, est avant tout « un différend d’ordre politique et non métaphysique, qu’il doit avoir des solutions politiques locales et qu’il ne doit en aucun cas être instrumentalisé chez nous ».

« IL FAUT FAIRE TOMBER LE MUR DE LA MÉFIANCE »

Richard Prasquier a rappelé que « le Crif est vigilant et attentif à toute menace ou agression contre la population juive en France d’où qu’elle vienne ». « Mais il n’acceptera pas non plus que se banalise un climat de suspicion et de rejet vis-à-vis de la religion musulmane avec laquelle nous avons tant à partager du fait de l’histoire et de la citoyenneté commune », a-t-il insisté.

« Conscients de cet enjeu, a-t-il poursuivi, nous avons la volonté aujourd’hui de renforcer notre relation et de nous engager, ensemble avec des convictions communes pour une citoyenneté en partage : lutte contre la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme et rejet de la violence et des extrémismes ». « Il faut faire tomber le mur de la méfiance », a conclu Richard Prasquier.

Si cette rencontre entre le Crif et la Grand mosquée était présentée comme une « première », Richard Prasquier et Dalil Boubakeur ont déjà eu de multiples occasions de se rencontrer, lorsque ce dernier présidait le Conseil français du culte musulman (CFCM).

Avec AFP

http://www.la-croix.com/

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