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Elections 2012 : Les musulmans subissent les manoeuvres politiciennes

 

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Depuis les assassinats de Toulouse et de Monteauban en mars dernier, commis par un homme prenant en otage la religion musulmane pour accréditer ses crimes, le gouvernement Sarkozy a clairement durcit le ton envers les mouvances radicales en France .

Une série d’arrestations a eu lieu, ainsi que l’exclusion dans leur pays d’origine, d’imams connus pour prêcher des discours haineux.

Dans un premier temps, je fus satisfaite de ces mesures . Néanmoins,  j’émis quelques réserves. L’affaire merah révéla en effet à mes yeux l’inefficacité et les failles des systèmes de surveillance français.  Elle mit en relief les négligences de l’état, comme d’avoir toléré durant de nombreuses années les méthodes d’endoctrinement sectaires de certains groupuscules, ainsi que d’avoir laissé des hommes armés en liberté.

Je pense en particulier au leader de forsane ‘alizza dont la popularité grandissante m’inquiétait et que je dénonçais autour de moi sans grand effet. Par ailleurs , bien que ces interpellations soient légitimes et nécessaires, je fut surprise qu’elles se soient déroulées à la « far west » : Orchestration devant médias et information spectacle au 20H, trois semaines avant le 1er tour des élections présidentielles. Il est clair qu’il s’agissait d’une stratégie politicienne du gouvernement Sarkozy, visant à récupérer les voix du front nationale, en montrant sa soudaine fermeté envers les mouvements radicaux musulmans.

Depuis dix années qu’il est au pouvoir, en tant que ministre de l’intérieur et président de la république, N. Sarcozy aurait pu depuis longtemps, sécurisé les français, dont la communauté musulmane en premier lieu, de ces prêcheurs radicaux.

Mais le pire restait à venir …  Car la tournure fâcheuse des évènement me stupéfie. Par la prise de paroles et de mesures immodérées , le gouvernement n’a fait que s’enfoncer dans l’indigne, creusant un peu plus le fossée qui sépare ceux que se croyaient déjà éloignés et divisant un peu plus les français. L’affaire du halal ne suffisait-il donc pas ?.

Visiblement non, puisqu’au lendemain des interpellations visant les radicaux musulmans, le gouvernement Sarkozy  s’est hâté de mener une campagne calomnieuse et stigmatisante autour du déroulement du rassemblement des musulmans de France se tenant le weekend dernier.

Des invités à cette rencontre, réputés dans le monde musulman, furent interdits de séjour, alors que parmi eux, certains détenaient déjà un visa d’entrée ou un passeport diplomatique, comme Youssuf Al Qaradawi ou Al Masri (venu en février dernier en France ) . Quand à Tariq Ramadan et à l’UOIF , ils reçurent une mise en garde pour attitude non républicaine. L’annonce de ces mesures fut largement relayé par les médias et les organismes de presse, créant ainsi un dangereux amalgame entre la marginale radicalité de certains et l’ensemble de la communauté musulmane. Selon moi, le gouvernement Sarkozy s’est rendu ici, clairement coupable de trahison envers les valeurs et les principes de notre pays, comme la liberté d’expression, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

En reliant le rassemblement des musulmans de France à l’affaire Merah , l’état n’a fait que blesser toute une population, alimentant ainsi l’imaginaire collectif de préjugés sur l’islam et sur les musulmans,  surenchérissant  les manigances de l’extrème droite et favorisant le relan nationaliste.

Des hommes et des femmes qui ne veulent vivre qu’en paix sont aujourd’hui montrés du doigt. Or ils n’ont ni à prouver qu’il sont de bons français parce qu’ils sont musulmans, ni à être rappelés régulièrement à l’ordre comme s’ils étaient des sous-hommes en voie d’insertion . Ils refusent qu’on leur explique comment être un bon citoyen ou comment aimer un pays où ils sont nés, où il vivent, où ils travaillent, où ils paient leurs impôts, où leurs enfants sont scolarisés, et où certains même s’engageront à le défendre comme c’étaient le cas de deux des victimes de Merah. De quel coté ceux-là se trouvaient-ils, du coté des bons ou des méchants ?

Car l’état nous incite de plus en plus à avoir une lecture bipolaire des faits. En rejetant une part de la  population et en créant autour d’elle un climat se suspicion, il joue le jeu de l’extrémisme , celui-là même qu’il condamne , ouvrant la porte aux pires propos islamophobes des personnalités politiques, droite et gauche confondus.

La réalité est pourtant tout autre, car ni l’uoif, ni Tariq Ramadan ne sont coupables des accusations qui leur ont été portées. Tous ne font qu’œuvrer  pour la paix et leurs discours est tout à fait adapté au contexte européen et aux valeurs républicaines. Leur lecture et interprétation des textes sont d’une grande souplesse et modération, ce qui leur vaut d’ailleurs, d’être critiqués par des courants radicaux minoritaires . Les atteintes calomnieuses dont ils ont fait les frais par pure stratégie politicienne, me révoltent.

Les français de confession musulmane, chouchoutés lors des élections de 2007, se voient aujourd’hui jetés en pâture par ceux là même qui les approchaient lorsque cela les arrangeait..Oserais-je rappelé qu’en 2003,  N.Sarkozy participait aux rassemblement organisé par l’UOIF qu’il fustige aujourd’hui, en y donnant un discours mielleux auprès de ses amis musulmans de l’époque, ou qu’en 2004 , dans le but de faciliter le passage de la loi interdisant les signes religieux  au sein de l’école publique, il courrait à Al Azhar, une des plus grandes universités de juristes musulmans, qui eu d’ailleurs parmi ses élèves et membres éminents Y.Al Qaradawi.

Décidément, c’est une véritable politique à géométrie variable que pratique N. Sarkosy, condamnant aujourd’hui ses amis d’hier : Khadafi, Ben Ali, Assad, et promouvant désormais ceux qui étaient , il n’y a pas si longtemps, ses féroces ennemis, comme le président d’Ennahdha en Tunisie, Rachid Ghannouchi, qui fut lui aussi interdit de séjour en France ces dernières années, pour le seul tord d’être au sein de son pays , le premier opposant du régime en place, celui de l’ancien ami Ben Ali. C’est une politique inégale, dans laquelle des hommes de paix sont accusés d’antisémitisme et où paradoxalement, Dieudonné ou Faurisson peuvent répandre leur théorie négationniste en toute liberté.

Les français auront-ils la lucidité de ne pas revoter pour celui qui depuis dix années, nous propose une politique indigne et perfide ?

Une politique qui n’a jamais autant divisé les français, nous rappelant une période peu glorieuse de notre histoire, où pour la seule raison qu’ils pratiquaient une religion différente de la majorité, les juifs étaient opprimés et discriminés.

Jean Ferrat disait que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire, il avait raison.

Récemment en France,  une femme portant un foulard, fut interdite d’entrer dans un restaurant, et une mosquée fut incendiée en Corse, rejoignant ainsi la longue liste des actes islamophobes, en constante augmentation .

Il est indubitable que ces faits soient le triste résultat d’une politique de stigmatisation à l’égard des musulmans, menée depuis cinq années par le pouvoir en place .

Personnellement, je ne pensais pas un jour, me sentir autant insécurisée dans mon propre pays.

Laura Asma

http://www.ouktiasma.com

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