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Face à l’islamophobie, il y a toujours autant de Justes en France (3/3)

Marek Halter

On aime à parler, à leur égard, d’immigration, alors que pour la plupart, il s’agit de la troisième génération. On les accepte à la télévision lorsqu’ils nous font rire – souvent, d’ailleurs, avec des mots arabes – mais pas, quand ils se mettent à prier un Dieu qui n’est pas le nôtre.

C’est un fait indéniable. Mais, dire que nous sommes islamophobes me paraît, pour autant, trop simplificateur.

Les Français ne sont pas plus islamophobes ou antisémites que d’autres peuples. Bien que réel, le racisme n’est pas plus exacerbé ici qu’ailleurs; tout juste la République a-t-elle un problème avec la question des différences et des communautés.

Nous avons créé «SOS racisme», il y a plus de vingt ans, dans l’idée que ce pays deviendra multicolore. Cela a marché tant que la France était plus ou moins prospère. Tant qu’il y a du boulot, nous sommes tous de bons petits Français, peu soucieux des différences de chacun. Mais dès que la première crise est apparue, on s’est soudainement aperçu que nous n’étions pas tous blancs, que certains avaient un accent comme le mien…

Ainsi, les sous-entendus d’une partie de la presse ou de la classe politique qui, sous couvert d’impertinence, flirtent avec le racisme sont éminemment dangereux. Pour la simple et bonne raison qu’on ne peut rire de tout, ni traiter de manière insouciante une communauté sans conséquences fâcheuses. On n’est pas au bistrot et il s’agit de savoir rire de soi plutôt que des autres.

Dans le cas inverse, c’est de la satire, une forme d’agressivité envers son  prochain. Prenez Woody Allen, lui ne se moque que des juifs, non des autres. Jamel Debbouze, idem, il est, le plus souvent, dans l’auto-dérision. Elle est est là la force du rire…

Malheureusement, nous vivons une époque où la haine de l’autre, qui existe en chacun de nous, prend le dessus.

Il faut, tout de même, reconnaître que nous sommes tous racistes. Fort heureusement, beaucoup contrôlent leurs pulsions, font un effort pour passer outre et regarder l’autre comme s’ils se regardaient dans un miroir. Si la majorité ne fait plus ce travail là, il faudra le faire pour eux.

Je pense donc qu’il faut faire très attention. Si l’on simplifie, on ne trouvera jamais le remède. La Bible dit ainsi une très jolie chose: quand Dieu crée une maladie, il conçoit immédiatement l’antidote. Il s’agit donc de bien déterminer la maladie, si l’on veut être en mesure de la combattre. Et de s’en débarrasser.

Sinon, nous serons condamnés à vivre longtemps avec.

Nous ne sommes pas sur une seule barricade, mais sur plusieurs. Nous luttons sur plusieurs fronts. Et cela nous engage pleinement en tant qu’êtres humains.

http://www.newsring.fr/

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