0

Jugement anti-circoncision en Allemagne : colère des musulmans

Une importante association allemande de musulmans a vivement critiqué mercredi la condamnation de la circoncision pour motifs religieux par un tribunal de Cologne, y voyant une « grave atteinte » à la liberté religieuse. « Le jugement de Cologne est une grave atteinte à la liberté religieuse », a réagi le Conseil de coordination des musulmans en Allemagne (KRM) dans un communiqué.

« Le jugement ne prend pas du tout en considération la pratique religieuse menée depuis des millénaires au niveau mondial concernant la circoncision des jeunes musulmans et juifs », a déploré Ali Kizilkaya, porte-parole du KRM, l’une des organisations représentatives de la communauté musulmane qui compte quatre millions de membres en Allemagne. L’organisation musulmane estime que l’Allemagne « criminalise » des coutumes islamiques et juives millénaires. La communauté chrétienne s’est elle aussi montrée sceptique.

L’Église catholique sceptique

L’évèque catholique d’Aix-la-Chapelle Heinrich Mussinghoff a qualifié ce jugement de « très surprenant ». « La mise en contradiction des droits élémentaires en matière de liberté de religion et le bien-être de l’enfant, évoquée par les juges, ne convainc pas dans ce cas précis », a déclaré M. Mussinghoff. Le président de l’Église protestante en Allemagne (EKD) qui représente une vingtaine d’églises réformées, Hans Ulrich Anke, va jusqu’à réclamer une rectification du jugement qui selon lui, ne prend « pas suffisamment » en compte la signification religieuse de la circoncision et dépossède les parents de leurs droits, « précisément en matière d’affaires religieuses »

Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, le tribunal de grande instance de Cologne (ouest) a estimé que la circoncision d’un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d’une condamnation, suscitant mardi un tollé de la communauté juive qui a dénoncé aussi une atteinte à la liberté religieuse. Le tribunal a jugé que « le corps d’un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision » et que « cette modification est contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse ». Cette décision n’interdit toutefois pas l’acte à des fins médicales.

http://www.lepoint.fr/

Admin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.