0

Juifs, chrétiens et bouddhistes contre le débat sur l’islam

ANNICK BENOIST, PARIS

Gilles Bernheim, Grand rabbin de France et le cardinal André Vingt-Trois.

Les représentants des six religions en France (juifs, catholiques, protestants, orthodoxes, bouddhistes et musulmans) ont signé une tribune commune pour marquer leur refus du débat de l’UMP sur l’islam, qu’ils qualifient de « malsain. »
Les responsables des cultes en France, déjà opposés au débat du 5 avril sur la laïcité et l’islam, sont revenus à la charge mercredi avec une déclaration commune soulignant « les confusions préjudiciables » qu’il engendre. « Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? » s’interrogent les représentants des six grandes religions de France (catholique, orthodoxe, musulmane, protestante, juive, bouddhiste), réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF). « Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? » s’interrogent les religieux. « L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. » Déjà, la semaine dernière, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France déclarait : « Depuis le début, notre impression est que ce débat est comme trop marqué du sceau d’un calendrier électoral. » Impression partagée par le Pasteur Claude Baty : « On voit bien que le grand souci d’un certain nombre, ce n’est pas la laïcité, mais comment utiliser les religions à leur profit dans une période électorale.

Pudeur sémantique

Dès le départ, j’ai souligné que ce débat était malsain », rappelle-t-il. « Malsain », c’est également le terme choisi par le grand rabbin de France Gilles Bernheim, interrogé par Le Monde pour qualifier le climat ambiant d’une société « très malade » qui cherche des « boucs émissaires. » Malgré les démarches du secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé et du ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, Claude Guéant, les responsables religieux ont pris leurs distances et refusent de participer au débat, préférant envoyer des « observateurs. » « Faut-il recencer tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années? » s’interroge la CRCF dans sa déclaration commune. « Faut-il rappeler les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le Pr Jean-Pierre Machelon, qui ont donné lieu à un rapport remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? » Au centre d’une vaste polémique, le « débat sur l’islam » de l’UMP – devenu « colloque sur la laïcité » par pudeur sémantique, puis « convention » – qui se tiendra le 5 avril devrait aborder les sujets des prières dans la rue, des soins à l’hôpital, de la formation des imams, de la viande halal dans les cantines et de l’accompagnement des sorties scolaires.

http://www.zamanfrance.fr/

Admin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.