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L’islamophobie la plus discrète est aussi la plus grave


La plupart des actes islamophobes n’attirent pas l’attention des organisations internationales car ils ne relèvent pas des crimes et délits. Pourtant, ils sont bien plus nombreux que ces derniers. Pour y faire face, le Collectif contre l’islamophobie en France anime des formations pour sensibiliser les professionnels.

L’islamophobie, en France, est encore mal qualifiée et mal traitée. C’est le constat que fait le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui a initié, avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), les 29 et 30 avril, une formation ayant pour thème Mieux comprendre l’islamophobie. La formation qui s’est déroulée dans un hôtel parisien a eu lieu en partenariat avec le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE. Pour Samy Debah, président du CCIF, il s’agissait surtout de former des personnes confrontées à ce phénomène discriminatoire comme des avocats, des juristes, des militants associatifs ou des journalistes, et de les aider à « mieux appréhender, enregistrer et traiter les cas d’islamophobie afin d’apporter les bonnes solutions. » Il constate notamment que la question est confrontée à deux principales difficultés : la mauvaise qualification et le mauvais traitement.

Des lacunes dans le recensement

L’islamophobie est mal qualifiée au sens où elle est difficilement identifiable étant donné que la plupart des cas ne relèvent pas de la catégorie des crimes et des délits. Ainsi, « il faut distinguer les crimes et délits comme le vandalisme, l’agression physique ou verbale, la profanation et les discriminations islamophobes qui sont d’un autre ordre » précise Samy Debah. La gestion du recensement des actes islamophobes pose problème car les instituts internationaux chargés de les recenser se focalisent davantage sur les crimes et délits qu’ils perçoivent comme plus graves, alors que les cas les plus fréquents ne sont pas des délits à proprement parler. « Or le BIDDH ne retient que les crimes de haine, les propos menaçant » ajoute-t-il.

Mieux rassembler les éléments matériels

La deuxième difficulté touche le mauvais traitement des affaires concernées étant donné que les éléments matériels sont parfois mal rassemblés, si bien que l’on n’aboutit pas au résultat juridique espéré. La formation, destinée aux citoyens actifs sur le terrain de la lutte contre l’islamophobie, a ainsi proposé des exposés et des ateliers pratiques à une vingtaine de personnes qui ont pu bénéficier de l’expertise des formateurs de l’OSCE, l’un des principaux organes des droits de l’homme en Europe. L’objectif était également de mieux connaître les outils existants tant a l’échelle nationale qu’européenne pour les combattre. « A l’issue de ces deux journées de formation inédites dans notre pays, précise le CCIF dans un communiqué, il apparaît clairement qu’il en va de la responsabilité de tous d’agir pour que les sentiments et actes islamophobes reculent. »

http://fr.zaman.com.tr/fr/newsDetail_getNewsById.action?newsId=5154

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