0

La «Boufffe» Halal provoque des vagues en France, Dalil Boubakeur défend son label

Par Kaci AGGAD

Les accusations portées par une chaîne de télévision française contre la licéité de sa certification halal, ont fait réagir la Grande Mosquée de Paris qui dénonce ce reportage qu’elle juge calomnieux et partial.

Entre la Grande Mosquée de Paris et la chaîne de télévision française, Canal+, auteur du reportage ayant mis en doute, la veille du mois de Ramadhan, la licéité de sa certification halal, la polémique enfle. Dans une mise au point rendue publique, la Mosquée de Paris dénonce avec véhémence cette campagne calomnieuse et les allégations portées contre la licéité de sa certification halal. Réagissant vivement à une information relative aux traces d’ADN porcines qui auraient été trouvées dans un lot de saucisses, la Mosquée de Paris avait apporté un démenti formel, précisant que la rumeur est infondée et que la contre-expertise rigoureuse qu’elle avait demandée à un laboratoire européen de renom a invalidé cette rumeur.
La Mosquée de Paris ajoute que les lots de produits en question avaient été soumis à une analyse extrêmement poussée et que le reportage avait omis de le signaler. Evoquant cet épisode, elle affirme que le responsable du blog à l’origine de cette polémique a fait l’objet d’une plainte qui a été déposée en février dernier par son organisme partenaire afin qu’il explique quant à la méthode qu’il a utilisée pour analyser le lot de saucisses suspect. «A ce jour, le responsable du blog n’a toujours pas répondu à cette question et son partenaire financier est en dépôt de bilan. L’affaire est toujours pendante devant le tribunal de Nantes», précise le communiqué.
En outre, la Grande Mosquée de Paris ne compte pas s’arrêter là et déclare se réserver tous les droits de demander réparation devant les tribunaux. Il reste que cette affaire qui a déclenché une grande polémique, a suscité la réaction d’une vingtaine d’élus de la diversité qui ont décidé, en ce début de Ramadhan, de faire campagne pour faire cesser le tapage fait autour de la licéité de la certification-halal et ouvrir un vrai débat concernant le marché halal en France. «Il est grand temps que la certification halal soit labellisée au même titre que les produits bio, pour lever la suspicion qui entoure les produits censés être licites destinés à la communauté musulmane», avait déclaré, à l’APS, un élu à la Courneuve suite à ce reportage.
Pour ne pas être en reste, l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis a relevé, quant à elle, que les pouvoirs publics et les tribunaux français invoquent la laïcité et le vide juridique causé par l’absence de précision du halal musulman pour refuser de constater et de condamner les contrevenants.
Prié de s’expliquer sur cette affaire qui tombe comme un cheveu sur la soupe, ainsi que sur la revendication des élus issus de la diversité qui réclament une commission d’enquête parlementaire, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, estime que l’Etat français n’a pas à s’immiscer dans les affaires religieuses, considérant que l’Etat français est un Etat laïc et il ne lui appartient pas d’être l’instrument de l’organisation d’une pratique religieuse, dit-il. Non sans préciser que «l’Etat avec ses services de la concurrence et de la consommation a une responsabilité pour qu’il n’y ait pas de tromperie sur la marchandise. Il y a donc possibilité d’introduire des recours et de déposer des plaintes». Selon une enquête publiée par le cabinet de conseil Insights symphonie IRI Group, le chiffre d’affaires des produits halal vendus en magasin s’élève à 140 millions d’ euros, soit une augmentation de 23% pour un marché qui est estimé à 5,5 milliards d’euros.

http://www.lexpressiondz.com

Admin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.