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La Grande-Bretagne met ses étudiants musulmans sous surveillance

La nouvelle stratégie anti-islamiste mise en place par le gouvernement britannique provoque un malaise au sein des universités

La Grande-Bretagne met ses étudiants musulmans sous surveillance

Selon « The Guardian », les membres du personnel de plusieurs universités britanniques seraient formés pour repérer les étudiants musulmans susceptibles de se radicaliser. © Phil Noble / Reuters

FRÉDÉRIQUE ANDRÉANI

Selon le quotidien The Guardian, les membres du personnel de plusieurs universités britanniques considérées comme étant « à risque » ont reçu pour instruction officielle de signaler à la police tout étudiant musulman se montrant déprimé, isolé de sa famille, politiquement agressif ou suspecté de se rendre sur des sites internet extrémistes.

Cette mesure fait partie de la « stratégie Prevent » mise en place en 2007 par le gouvernement travailliste pour déjouer les attentats terroristes. Elle a été renforcée par le gouvernement conservateur, qui a décidé de l’étendre à l’université après que Umar Farouk Abdulmutallab a tenté de faire exploser un avion le 25 décembre 2009. Le jeune terroriste avait étudié à l’université londonienne University College London. Selon Theresa May, la ministre de l’Intérieur, ce tour de vis était nécessaire, car les travaillistes avaient fait preuve de laxisme dans la mise en oeuvre de cette politique, refusant de « reconnaître ce qui peut vraiment se passer sur les campus ».

Le personnel ne souhaite pas surveiller les élèves

Selon The Guardian, les membres du personnel de plusieurs universités de Londres et du Lancashire ont ainsi été contactés par le ministère de l’Intérieur. Des agents de l’administration, des enseignants, des surveillants ou encore des aumôniers… seraient actuellement formés par des officiers de police pour repérer les étudiants musulmans susceptibles de se radicaliser. Une fois signalés, ils seront suivis personnellement par un policier de Scotland Yard, qui enquêtera pour savoir s’ils représentent une vraie menace.

À l’université, certaines personnes contactées par le ministère de l’Intérieur ont vivement réagi devant ce qu’elles jugent être une atteinte aux droits civils des étudiants musulmans. Les syndicats étudiants ont également condamné cette mesure : « Nous sommes profondément choqués par le fait que les responsables en charge de cette stratégie nous demandent d’espionner nos étudiants musulmans, a déclaré au Guardian James Haywood, le président du syndicat étudiant de l’université londonienne Goldsmiths. Dévoiler des détails personnels sur des étudiants soi-disant vulnérables est non seulement répugnant d’un point de vue moral, mais cette mesure va aussi à l’encontre de la nature confidentielle que les aumôniers sont supposés respecter. Compte tenu de la montée de groupes extrémistes comme la Ligue de défense anglaise et le récent massacre en Norvège, pourquoi cette stratégie ne s’applique-t-elle pas aux étudiants qui démontrent une haine irrationnelle envers l’Islam ? »

« Le personnel a clairement fait savoir qu’il ne souhaitait pas surveiller les élèves ou s’engager dans toute activité qui pourrait nuire à sa relation de confiance avec les étudiants », a ajouté le Syndicat des personnels universitaires britanniques (University and College Union). Selon le ministère de l’Intérieur, quarante universités sont considérées comme « à risque ». Leurs noms n’ont pas été révélés.

http://www.lepoint.fr

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