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Le Maroc envisage de promouvoir la finance islamique

Avec l’arrivée au pouvoir d’un parti islamiste, la finance islamique devrait connaître de beaux jours au Maroc.

Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La question de la finance islamique occupe le devant de la scène au Maroc depuis le triomphe électoral du Parti pour la justice et le développement (PJD).

Les partisans d’un système bancaire conforme à la charia fondent leurs espoirs sur le nouveau gouvernement pour créer la première banque islamique du royaume.

Le PJD a, à plusieurs reprises, prôné la finance islamique. A peine désigné chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a reçu la visite de Sheikh Khalid Bin Thani Al Thani, le président de la Qatar International Islamic Bank (QIIB), qui lui a présenté un projet de création d’une banque d’investissement et d’une société d’assurance islamiques au Maroc.

Le gouverneur de la Banque Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, avait déclaré le mois dernier que le Maroc était intéressé par la finance islamique et envisageait de créer des banques islamiques dans le cadre de la nouvelle plateforme financière de Casablanca. Un chapitre concernant les financements répondant aux exigences de la charia sera introduit dans la nouvelle loi bancaire, a-t-il précisé.

Pour leur part, les analystes économiques pointent du doigt le retard pris par le Maroc à mettre en oeuvre des banques islamiques.

Selon l’économiste Slimi Noureddine, il manque la volonté politique de promouvoir la finance islamique. Il insiste sur le fait que le Maroc devrait prendre les choses en main pour bénéficier des investissements arabes en la matière, notamment ceux provenant des pays du Golfe.

Selon la Banque Al-Maghrib, le marché mondial de la finance islamique devrait doubler d’ici 2015, affichant une valeur estimée de 2,8 trilliards de dollars (2,19 trilliards d’euros). Au Maroc, les transactions relevant de la finance islamique ont réalisé à peine 800 millions de dirhams (72 millions d’euros) au troisième trimestre de l’an dernier, soit une baisse de 100 millions de dirhams (9 millions d’euros) par rapport à 2010.

Les responsables expliquent ce recul par la réticence des banques marocaines à créer des institutions spécialisées dans le financement alternatif, indique Noureddine, ajoutant que la cherté des produits alternatifs peut également s’avérer prohibitive, en plus du ralentissement constaté sur le marché de l’immobilier au cours des derniers mois.

Selon lui, le Maroc devrait s’inspirer des expériences réussies dans d’autres pays, afin que ce secteur puisse se développer pour répondre aux attentes du public.

La Banque africaine de développement, poursuit-il, vient de publier un rapport sur la situation actuelle de la finance islamique en Afrique du Nord.

« Ce rapport souligne que les services bancaires islamiques dans ces pays, dont le Maroc, peinent à se développer et étudie leurs perspectives d’avenir et la mesure dans laquelle ils peuvent contribuer au développement économique », poursuit Noureddine.

Selon Lahcen Daoudi, secrétaire-général adjoint du PJD, la question de la finance islamique au Maroc a été très théorisée, mais il est temps désormais d’explorer à fond ce canal susceptible de drainer au Maroc des capitaux considérables. Il ajoute que la finance islamique est évaluée à plus de 1 000 milliards d’euros au niveau mondial.

« Le Maroc devra impérativement mettre en place une réglementation dédiée à ce secteur pour en drainer une bonne partie », conclut-il.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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