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Les actes islamophobes signalés en hausse de 23,5 %

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) recense également, au premier semestre 2015, une flambée des agressions physiques : + 500 %.

SOURCE AFP

Les actes islamophobes signalés en hausse de 23,5 % 
Les actes islamophobes signalés en hausse de 23,5 % ©REMY GABALDA / AFP

Le nombre d’actes « islamophobes » signalés au premier semestre 2015 a augmenté de 23,5 % par rapport à la même période de l’an dernier, avec une flambée des agressions physiques (+ 500 %) et des violences verbales (+ 100 %), selon les données du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) communiquées mercredi. Les chiffres de cette association militante sont différents – et plus contestés – que ceux de l’Observatoire national contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM), car ils ne sont pas basés sur les seules plaintes et mains courantes recensées par le ministère de l’Intérieur. Le CCIF enregistre et instruit les signalements émanant directement des victimes et prend en compte aussi une « islamophobie institutionnelle » imputée à des agents publics (enseignants, policiers…).

« Malgré les discours officiels se voulant rassurants, cherchant à éviter à tout prix les amalgames et la stigmatisation des personnes de confession musulmane, les chiffres de l’islamophobie ont explosé », écrit le CCIF dans son « rapport sur l’islamophobie en France six mois après les attentats de janvier ». Au total, 489 « actes islamophobes », visant des femmes près de trois fois sur quatre, ont été signalés au CCIF au premier semestre 2015, contre 396 entre janvier et juin 2014. 320 de ces faits, selon le collectif, sont des « discriminations », commises sept fois sur dix par des institutions, et plus nombreuses que les propos stigmatisants, les dégradations de lieux, les agressions physiques ou verbales.

Selon le CCIF, entre le 1er janvier et le 18 juin, les agressions physiques ont augmenté d’environ 500 %, les violences verbales de 100 %. « Cibles visibles et vulnérables, les mosquées n’ont pas été épargnées », avec un bond de 400 % des « actes de dégradation et de vandalisme », indique le rapport. Le CCIF regrette que peu d’actes fassent l’objet d’un dépôt de plainte, et invoque pour l’expliquer des refus d’enregistrement par les services de police ou de gendarmerie ou le sentiment, chez nombre de plaignants potentiels, que les condamnations seront trop clémentes, voire inexistantes.

Réalité sous-estimée

Le 15 juin dernier, lors de la première réunion de l’instance de dialogue avec l’islam, à laquelle le CCIF était représenté, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait admis que « la réalité » des actes anti-musulmans était « sous-estimée, parce que trop de victimes hésitent à porter plainte ». « Je veux que nous luttions ensemble contre ce sentiment de résignation », avait poursuivi le ministre, désireux d’« encourager les dépôts de plainte ». En conclusion de son rapport, le CCIF relève qu’« une note positive ressort du dernier dialogue initié par le ministère de l’Intérieur ».

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