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Mali: des mausolées musulmans détruits

Ansar Dine, un des groupes islamistes armés contrôlant le nord du Mali, va détruire aujourd’hui « tous les mausolées » de saints musulmans de Tombouctou, ville inscrite cette semaine par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial en péril. Selon la mission culturelle de Tombouctou, 16 mausolées de cette ville à la lisière du Sahara surnommée « la cité des 333 saints » sont sur la liste du patrimoine mondial.


Le porte-parole d’Ansar Dine s’était lui-même peu auparavant exprimé directement à l’AFP sur ces destructions, en laissant entendre dans un français approximatif qu’il s’agit de représailles à la décision de l’Unesco, annoncée jeudi, de placer Tombouctou, ville du patrimoine mondial de l’humanité, sur la liste du patrimoine en péril. « Dieu, il est unique. Tout ça, c’est haram (interdit en islam). Nous, nous sommes musulmans. L’Unesco, c’est quoi? », a-t-il dit, ajoutant que Ansar Dine réagissait « au nom de Dieu ».

«Un acte qui va choquer»

D’après Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, « les grands religieux de Tombouctou et d’autres villes de la région font partie du patrimoine musulman et font l’objet d’une grande vénération qui va bien au delà de leur mort, mais l’Islam le plus intransigeant estime que ces mausolées ne doivent pas être des lieux de pèlerinage ». Selon lui, « cet acte gratuit qui n’a aucune utilité » va « choquer la très grande majorité des musulmans de la région ».

L’Unesco a déploré un acte « tragique ».

D’après plusieurs témoins, les islamistes ont complètement détruit tôt ce matin le mausolée du saint Sidi Mahmoud, dans le nord de la cité. Ce site avait déjà été profané début mai par des membres d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), autre groupe armé contrôlant le Nord, avec l’appui d’hommes d’Ansar Dine. Des témoins les ont également décrits en train de détruire le mausolée d’un autre saint, Sidi Moctar, dans l’est de la ville.
En annonçant sa décision de placer Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril, de même qu’un site historique de Gao (nord-est), l’Unesco avait alerté la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur cette ville mythique du nord du Mali.
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