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Onefoods part à la conquête du marché halal

Avec l’acquisition récente du turc Banvit, le groupe brésilien BRF met les bouchées doubles pour alimenter un marché mondial halal qu’il estime au minimum à 1,4 milliard de consommateurs.

– © BRF

Auparavant connue sous le nom de Sadia Halal, la branche du géant brésilien BRF dédiée au marché halal a été rebaptisée Onefoods au début de cette année. Son nouveau siège social est localisé à Dubaï aux Émirats arabes unis (EAU). Ces changements sont loin d’être anecdotiques. Au Proche et Moyen-Orient (comptant l’Arabie Saoudite, les EAU, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et Oman), l’aventure brésilienne a démarré dans les années soixante-dix avec l’entreprise Sadia. La péninsule arabique détient de forts atouts : une consommation élevée de poulet (plus de 40 kg/hab/an avec 75 % de la consommation totale de viande), du pouvoir d’achat, une production locale très déficitaire (les deux tiers consommés sont importés), une forte démographie (12 millions de consommateurs dans les années soixante-dix, 41 millions aujourd’hui). Sur les 75 % du marché d’importation capté par les fournisseurs brésiliens, Onefoods revendique 45 à 50 %, avec sa marque Sadia qui détient la plus forte notoriété. Onefoods vend une gamme variée, allant du poulet entier aux élaborés crus et cuits (nuggets, saucisses), ainsi que d’autres denrées alimentaires (frites et légumes surgelés, poissons, plats cuisinés…). Ils proviennent du Brésil ou bien de son usine d’Abu Dhabi. Transformer localement lui permet d’être plus proche des besoins des clients et d’être plus réactif.

La Turquie relais de développement

Après le succès incontestable de Sadia au Proche et Moyen-Orient, la création de Onefoods marque la volonté de sortir des pays historiques pour devenir un acteur majeur sur d’autres marchés halal porteurs. Tiré par la démographie et par l’évolution du niveau de vie, le marché des pays à majorité musulmane est celui qui croît le plus vite. Onefoods estime son débouché à plus de 400 millions de consommateurs en Afrique du nord et en Turquie et 800 millions en Asie. Auxquels il faudrait ajouter les 500 millions de musulmans répartis dans les autres pays.

S’établir rapidement sur ces marchés passe par le rachat d’opérateurs locaux. En 2016, BRF a acquis la société FFM en Malaisie, en vue de se développer en Asie du sud-est (au Pakistan notamment). Tout début 2017, c’était au tour de Banvit de tomber dans son escarcelle. C’est le premier opérateur turc, avec 13 % de part d’un marché intérieur estimé à 1,6 million de tonnes. Onefoods a acquis 80 % du capital (100 % à terme) pour 282 millions de dollars, avec le fonds d’investissement qatari QIA (joint-venture à 60 %-40 %).

Visées en Afrique du Nord

L’entreprise turque est intégrée verticalement (couvoir, aliment, abattoir, distribution) et détient des outils en Roumanie. Traitant 600 000 volailles/jour, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 625 millions de dollars en 2016 (dont 17 % en produits transformés) et dégagé un Ebitda de 83 millions. Avec une consommation moyenne d’environ 20 kg/hab/an, le marché turc est en croissance (+ 1,6 %) et encore peu concentré. Ce qui laisse augurer des perspectives de croissance interne. Réalisant déjà 10 % de ses ventes à l’exportation, Banvit servira de base d’expansion vers des pays proches (Afrique, Iran, Irak…). L’Égypte est déjà prospectée en poulet entier à marque et le Maroc devrait être une de ses prochaines cibles. En incluant Banvit, Onefoods pèse désormais 20 000 collaborateurs, 1,4 million de tonnes de produits et 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires (pour 2015).

http://aviculture.reussir.fr/

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