Exclusif: l’islamophobie en forte augmentation

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rendu jeudi 21 mars un rapport révélé en exclusivité par La Croix sur la perception par les Français des questions liées à l’émigration.

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rab...

(ERIC CABANIS / AFP)

Dimanche 17 mars, à Toulouse : la mère de la première victime de Mohamed Merah, avec le grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche, deuxième rang)

L’augmentation observée de la délinquance à caractère raciste doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse la France.

La délinquance à caractère raciste a connu une forte augmentation l’an dernier. Les actes et menaces en direction des immigrés, des personnes de couleur, des juifs et des musulmans se sont élevés à 1 539, contre 1 256 l’année précédente (+ 23 %), selon la CNCDH.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la forte percée des actes visant les Maghrébins et, plus particulièrement, par la montée d’un profond sentiment antimusulman, précise Christine Lazerges, présidente de la CNCDH. Il s’agit d’une tendance qui se confirme malheureusement d’année en année. » Pour preuve, les actes visant les musulmans ont augmenté de 30 % en 2012, après une première hausse de 34 % l’année précédente.

AUGMENTATION DE L’INTOLÉRANCE VIS-À-VIS DES MUSULMANS

Par-delà ces chiffres bruts, tout l’intérêt du rapport de la CNCDH réside dans les conclusions de trois études qualitatives commandées au CSA, à TNS Sofres et au Cevipof (1). Ce sont elles, en effet, qui permettent d’une année sur l’autre d’évaluer la perception par les Français des questions liées à l’immigration et de faire le point sur l’évolution de leurs préjugés. Or, cette année, toutes trois concluent à une forte augmentation de l’intolérance vis-à-vis des musulmans.

Ainsi, seules 22 % des personnes interrogées disent avoir une opinion positive de l’islam (contre 29 % en 2011) et 55 % estiment qu’il ne faut pas faciliter l’exercice du culte musulman en France (+ 7 % par rapport à 2011). En parallèle, la tolérance à l’égard des pratiques religieuses s’avère, elle aussi, en baisse.

DÉCROCHAGE À PARTIR DE 2010

Le véritable décrochage s’est opéré à partir de 2010. Le débat sur la burqa, suivie de la polémique sur les prières de rue, l’explique en partie.« La réprobation des prières de rue ou du port de la burqa a fini par rejaillir sur d’autres pratiques qui, jusqu’ici, ne posaient pas problème à la population française : le jeûne du Ramadan, la non-consommation de porc, le sacrifice du mouton lors de la fête de l’Aïd », décrypte Nonna Mayer, directrice de recherche en sciences politiques au CNRS.

Cette recrudescence d’opinions négatives à l’égard des musulmans doit être mise en parallèle avec la crise identitaire qui traverse actuellement la France. C’est en tout cas l’analyse d’Emmanuel Rivière, à TNS Sofres :« L’identité française est perçue comme de plus en plus trouble et insaisissable. Dans ce contexte, certaines pratiques musulmanes semblent, aux yeux d’un nombre croissant de Français, mettre encore plus à mal cette identité affaiblie. »

LA LAÏCITÉ, PERCUE COMME CIMENT SOCIAL

Certaines revendications religieuses (notamment concernant le port du voile) sont d’autant moins bien acceptées qu’elles viennent questionner le principe de laïcité. « On touche là un point fondamental, car la laïcité devient centrale dans le discours, poursuit le sondeur. Elle est en effet perçue comme l’un des rares ciments au sein d’une société de plus en plus atomisée, et chaque exception à la règle laïque est vécue comme un signe inquiétant de renoncement. »

L’actualité internationale récente n’a pas joué, elle non plus, en faveur de la communauté musulmane. « Les révolutions arabes ont été saluées au départ comme un réveil démocratique. Mais l’arrivée au pouvoir des islamistes a finalement encore accru la défiance de toute une partie des Français vis-à-vis de l’islam en général », renchérit Nonna Mayer.

MONTÉE DU SENTIMENT ANTIMUSULMAN

La montée du sentiment antimusulman commence à s’étendre à de nouvelles couches de population. « Sur une échelle d’aversion à l’islam – qui mesure les opinions négatives à l’égard des prières de rue, du port du voile, du Ramadan –, on constate une augmentation spectaculaire du rejet chez les diplômés du supérieur », constate Nonna Mayer.

58 % d’entre eux se déclarent critiques vis-à-vis de telles pratiques, là où ils n’étaient que 34 % il y a trois ans. « C’est là une évolution tout à fait notable, car les diplômés du supérieur sont traditionnellement plus tolérants, moins xénophobes et moins racistes que la moyenne. Et ils le restent, d’ailleurs, mais affichent une nette réticence à l’égard des pratiques de l’islam dans l’espace public. » Parallèlement, la population féminine se montre de plus en plus critique vis-à-vis des pratiques musulmanes (59 % en 2012, contre 42 % en 2009).

ANTIRACISME ET RÉACTIONS RACISTES

L’autre enseignement du rapport porte sur l’ampleur du racisme en France. Seules 7 % des personnes interrogées se déclarent « plutôt racistes », un chiffre constant d’une année sur l’autre.

L’antiracisme semble être devenu la norme démocratique. Cette stabilité cache toutefois une progression d’attitudes racistes. Ainsi, 65 % des personnes interrogées estiment que « certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes ». « Les Français s’interdisent massivement d’être racistes, mais concèdent désormais ouvertement être de moins en moins tolérants », note Christine Lazerges.

Emmanuel Rivière ne dit rien d’autre : « Quasiment plus personne ne se définit comme raciste. Les Français reconnaissent plus fréquemment avoir des réactions ponctuelles. Ils se sentent plus libres qu’auparavant de dénoncer de manière véhémente les comportements d’une communauté particulière. »

RÉCRIMINATIONS À L’ENCONTRE DES IMMIGRÉS

Dernier constat dressé par la CNCDH : les récriminations à l’encontre des immigrés sont de plus en plus manifestes. 69 % des personnes interrogées estiment « qu’il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », un score en progression de 22 points par rapport à 2009 et une opinion qu’on retrouve en priorité au sein des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées et chez les moins diplômés. Mais pas seulement. Ce sentiment est désormais majoritaire chez

les sympathisants de gauche, qui partagent cette opinion à 51 %, contre 40 % il y a un an. Fait nouveau : elle est même devenue majoritaire chez les personnes de nationalité étrangère elles-mêmes (51 %).

Une évolution des mentalités qui trouve notamment son origine dans la crise économique. « Pour un nombre croissant de Français, la société se divise entre, d’un côté, ceux qui souffrent, de l’autre, ceux qui profitent. À les entendre, toute une partie des immigrés ne vient que pour bénéficier des avantages sociaux, analyse Emmanuel Rivière, mettant en péril notre régime de protection sociale déjà fragilisé. » Aux dires des sondeurs, la polarisation des débats autour de l’immigration ces dernières années explique elle aussi en partie cette évolution des préjugés.

Les chiffres du rapport

En 2012, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a recensé – 118 « actions » et 606 « menaces » racistes et xénophobes ;

– 177 « actions » et 437 « menaces » antisémites ;

– 53 « actions » et 148 « menaces » antimusulmanes.

Les « actions » regroupent les homicides, attentats et tentatives, les incendies, les dégradations et les violences et voies de fait.

Les « menaces » regroupent les propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, les inscriptions, tracts et lettres.

Les sources

La CNCDH se base sur les chiffres communiqués par trois ministères : l’intérieur, la justice et l’éducation nationale. Pour les deux premiers,

il s’agit des plaintes déposées et des procès. Pour le troisième, il s’agit des actes ou menaces recensés au titre de la violence scolaire. Chaque trimestre,

les chefs d’établissement doivent communiquer au ministère les actes violents commis, en précisant s’ils ont une motivation raciste, antisémite ou sexiste.

Les violences antimusulmanes ne sont pas distinguées des violences racistes. La séparation des violences antimusulmanes par rapport aux violences racistes en général n’est d’ailleurs observée par le ministère de l’intérieur que depuis deux ans.

Les chiffres communiqués à la CNCDH sont déjà « triés » par nature (actions ou menaces) et catégorie (antisémite, antimusulmane, raciste et xénophobe).

La commission n’a pas droit de regard sur leur élaboration. Elle n’a pas accès aux sources brutes.

Le rôle des associations

La CNCDH ne tient pas compte des chiffres répertoriés par les associations.

En revanche, elle souligne que le ministère de l’intérieur a passé des conventions avec la Licra et deux représentants des communautés : le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM). Chaque trimestre, ces trois organismes peuvent confronter les chiffres du ministère avec les faits qu’ils ont eux-mêmes recensés.

(1) L’étude du CSA s’est déroulée en décembre 2012 auprès d’un échantillon de 1 029 personnes. L’étude du Cevipof a permis d’analyser les résultats obtenus par le CSA sur plusieurs années. L’étude TNS Sofres s’est déroulée en janvier 2013 selon la méthode d’entretiens semi-individuels semi-directifs (sur 38 personnes).

MARIE BOËTON

http://www.la-croix.com/

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique.

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination « religieuse », près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à « rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école ».

http://www.lesoir.be/

Belgique: du porc dans des bolognaises

Des traces de porc ont été découvertes dans des spaghettis à la bolognaise vendus en conserve sous la marque Carrefour Discount en Belgique, selon des tests effectués par l’une des principales associations de consommateurs belge Test-Achats.

L’association a effectué des tests sur 29 produits à base de viande (lasagnes, raviolis, hamburgers, saucisses, sauce bolognaise, viande mijotée) commercialisés en Belgique. « Tous les produits ont été soumis à un test ADN afin de détecter la présence de matériel génétique de boeuf, de porc, de poulet, de dinde, de mouton, de chèvre et de cheval. Nous avons seulement trouvé des ADN de boeuf, de porc et de poulet », précise l’association sur son site internet.

Dans l’un de ces produits – « spaghetti bolognese » conditionnés en portions de 415 grammes sous la marque Carrefour Discount – entre 30 et 60% d’ADN de porc ont ainsi été repérés, alors que cela n’était pas mentionné sur l’étiquette, indique l’association.

http://www.lefigaro.fr/

Du porc retrouvé dans des produits supposément halal en Norvège

Les autorités norvégiennes de contrôle alimentaire vont porter plainte contre un producteur de viande industrielle après la découverte d’importantes quantités de porc dans des produits supposément halal.

Dans le cadre de contrôles effectués après le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats préparés présentés comme étant du bœuf, le Mattilsyn dit avoir détecté du porc, dans une proportion comprise entre 5 et 30 %, dans de la viande dite « halal » commercialisée auprès des vendeurs de kebabs.

« Nous allons porter plainte contre le producteur, le groupe norvégien Kuraas, a indiqué Catherine Signe Svindland, conseillère auprès du Mattilsyn. Dans un produit halal, il ne devrait pas y avoir de porc du tout et quand on trouve de telles quantités de porc dans un tel produit, on ne croit pas à un accident mais qu’il s’agit en fait d’une fraude. »

« DÉFAILLANCE »

Le groupe incriminé s’est défendu de toute malversation et a rappelé les lots de viande concernés, selon les médias norvégiens. « Nous achetons d’énormes quantités de viande halal et nous pouvons montrer des factures qui correspondent à ce que nous avons acheté et vendu, a déclaré le responsable du marketing,Kenneth Kuraas. Que de la viande de porc ait atterri dans ces produits est dû tout simplement à une défaillance des routines. »

Parallèlement, le Mattilsyn dit avoir retrouvé plus de 60 % de porc dans de la viande à pizza présentée comme du bœuf et produite par un autre groupe norvégien. Après la détection le mois dernier de viande de cheval dans des produits étiquetés « bœuf », de nombreuses affaires similaires ont éclos en Europe. Jeudi, les autorités britanniques ont également annoncé avoir détecté de l’ADN de porc au menu dans des saucisses halal au poulet au menu d’écoles et de crèches londoniennes.

http://www.lemonde.fr

La viande halal, un marché bien organisé dans la Nièvre

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration - MASSON  Christophe

Photo Christophe Masson March? halal, viande, charcuterie pour illustration – MASSON Christophe

En grande surface ou chez le boucher du quartier, la viande halal connaît le même circuit de distribution que les autres produits : des abattoirs, des grossistes, des revendeurs. La différence : des abattoirs assermentés, et surtout des organismes qui vérifient et certifient que les animaux ont bel et bien été abattus selon les lois en vigueur édictées dans la religion musulmane.

Dans la Nièvre, c’est l’abattoir de Cosne-sur-Loire qui remplit cet office. Il est le seul dans la Nièvre. « Nous pratiquons l’électronarcose, c’est-à-dire que la bête est assommée avant d’être tuée. Nous avons privilégié le bien-être de l’aninal. Un des salariés, musulman, se charge d’égorger les bêtes et de dire les prières » explique Dominique de Villiers, directeur de l’abattoir.

Le boucher de Cosne-sur-Loire vient également sacrifier quelques bêtes. « Ce sont des personnes spécialement formées à ce type d’abattage ».

« Le principal souci, c’est que nous manquons
de bovins à abattre »

« Le principal souci, c’est que nous manquons de bovins. Pour le halal, on en abat une dizaine de moins. C’est beaucoup. Mais, c’est la conjoncture actuelle sur le marché national… ».

À la boucherie du Gaspard, à Nevers, les étals sont, pourtant, bien remplis. « Je me fournis auprès de grossistes comme Bigard, par exemple » détaille le jeune boucher. « Ce qui est important, c’est que tous les produits soient certifiés par AVS. Comme ça je suis certain, et mes clients aussi, que les bêtes ont bien été abattues selon le rituel ».

Ses affaires tournent « plutôt correctement », connaissant quelques hauts et des bas selon les périodes. Ses clients sont, bien sûr, de confession musulmane. Mais pas uniquement. « L’été, j’ai beaucoup de clients qui viennent pour mes merguez ».

Grandes surfaces

Selon Abdellah Sghir, de l’Association musulmane de Nevers, les besoins en produits halal sont largement couverts par l’offre nivernaise.

« Les gens ont l’habitude d’acheter des grosses quantités de viande et de la congeler. Ils se sont organisés depuis longtemps ».

Les grandes surfaces sont venues apporter une offre variée, complémentaire. « C’est typiquement là que l’on va se servir pour un repas improvisé, pour trouver quelque chose de différent » explique Abdellah Sghir, « mais la demande est satisfaite ».

Laure Brunet

http://www.lejdc.fr

Du porc dans les saucisses halal de poulet

Des saucisses.

Des saucisses. (Photo Jay Directo. AFP)

La découverte a été faite dans des cantines scolaires de Londres, qui avaient procédé à des tests suite au scandale de la viande de cheval.

Par AFP

La présence d’ADN de porc a été détectée dans des saucisses halal au poulet au menu d’écoles et de crèches dans le centre de Londres, ont annoncé jeudi les autorités locales.

Celles-ci avaient fait faire de leur propre chef des tests dans certaines cantines scolaires de l’arrondissement de Westminster, dans le sillage du scandale de la viande de cheval découverte dans des plats préparés, présentés comme étant au boeuf.

Aucune trace de cheval n’a été détectée, mais ces examens ont montré la possible présence d’ADN de porc dans des saucisses halal au poulet, confirmée ensuite par une deuxième série de tests.

«Les résultats ont confirmé aujourd’hui la présence de porc dans un échantillon de saucisses halal qui ont potentiellement été servies dans 19 écoles et crèches» où elles étaient proposées au menu, a expliqué dans un communiqué la municipalité.

Des traces d’agneau et de porc ont également été retrouvées dans du boeuf haché non halal utilisé par les cantines de 17 autres établissements du secteur.

Toute la viande livrée par le fournisseur incriminé a été retirée des cantines de l’arrondissement et une enquête a été ouverte.

«Nous sommes extrêmement préoccupés de voir qu’un de nos fournisseurs n’a pas obéi aux règles strictes auxquelles nous leur demandons de souscrire», a souligné la direction des services de l’enfance de l’arrondissement.

Une ligne téléphonique a été mise en place pour répondre aux inquiétudes des parents et la mairie a pris contact avec des représentants des communautés musulmane et juive.

http://www.liberation.fr/

La Finance Islamique : De nouvelles solutions d’épargne

Dans le contexte de crise actuelle, la finance est souvent pointée du doigt voir diabolisée. En effet, ses détracteurs lui reprochent d’avoir favorisé la recherche de profit rapide  au détriment de son rôle initial, à savoir le développement de l’activité économique.

Pour nombre d’investisseurs, la finance éthique apparait comme une porte de salut vers un développement responsable, centrée sur l’intérêt général. En effet, la finance éthique intègre des critères autres que la rentabilité dans les choix de placements et la gestion de portefeuilles.  Elle se distingue notamment par la sélection de valeurs basée sur des critères sociaux, environnementaux et moraux. Les fonds éthiques permettent donc aux épargnants de financer des activités en accord avec leurs croyances et leurs convictions.

La finance éthique n’est cependant pas une nouveauté, en effet, on en retrouve les prémices dans le code d’Hammourabi, la Genèse ainsi que dans le Coran. Parmi les courants de la finance éthique ayant le vent en poupe, la finance islamique semble tirer son épingle du jeu. En effet, depuis plusieurs années la finance islamique connait une croissance importante et représente à ce jour un encours dépassant les 1 000 milliards de dollars.

Dans le cadre de la finance islamique, les investissements réalisés doivent répondre à des critères sociaux et moraux. Ces principes directeurs sont au nombre de cinq :

  • L’équité dans les rapports : risques et bénéfices doivent être partagés,
  •  L’interdiction de « l’incertitude » (gharar) et de la « spéculation » (maysir),
  • L’adossement de l’investissement à un actif tangible,
  •  L’interdiction de l’usure et de l’intérêt (riba),
  •  La licéité des secteurs investis : ainsi, les jeux de hasard, les activités liées à l’alcool, à l’élevage porcin, à  l’armement ou encore à l’industrie pornographique sont exclues.

L’islam n’est pas opposé au profit financier tant qu’il n’entre pas en contradiction avec la Sharia et qu’il aboutit à une augmentation de valeur du travail ou du bien produit. Les intérêts étant interdits, les bailleurs de fonds deviennent des investisseurs, et non des créanciers. Ils partagent avec l’entrepreneur les bénéfices et les risques de l’opération. La finance islamique prohibe l’enrichissement sans cause (la thésaurisation), l’argent représente ici un moyen d’échange et non une finalité.

Malgré une croissance annuelle à deux chiffres (21,4% entre 2010 et 2011), la finance islamique représente seulement 1% de la finance mondiale. Ce secteur, bien qu’encore peu exploité, possède une marge de progression énorme. En effet, la population musulmane représente 25% de la population mondiale et on estime que d’ici 10 ans, 40 à 50 % de son épargne sera gérée par la finance islamique. Bien que l’intérêt de la finance islamique ne soit plus à démontrer, la France à pris du retard par rapport à ses voisins européens. Le Luxembourg en 2002, puis le Royaume Uni et l’Allemagne en 2004 ont mis sur le marché des produits « Sharia compatibles ». La France comble cependant petit à petit ce retard. En effet, face à une demande croissante, quelques banques de détail françaises développent des produits d’épargne conformes à la Sharia.

Ces produits d’épargne s’apparentent à des contrats en unités de compte au sein desquels  l’épargnant peut choisir parmi différents supports d’investissement. Ces contrat dits « Sharia compatibles » permettent d’investir dans un ou plusieurs fonds (SICAV, FCP…).  En France, les banques qui proposent ce type de placement restent peu nombreuses. C’est BNP Paribas qui fit office de précurseur en lançant en 2006 un Fonds Commun de Placement (FCP), le « BNP PARIBAS Islamic Fund ». Il permet d’investir parmi les composantes de l’indice Dow Jones Islamic Titans 100 Index. Plus tard, en 2012, il fut rejoint par le premier contrat d’assurance vie Sharia compatible, Salam Epargne et Placement par SwissLife. Salam Epargne et Placement est un contrat multi supports qui permet d’investir au sein de Salam-Pax Sicav Ethical Fund of Funds dont les investissements sont composés d’OPCVM conformes à la Sharia.

Un nouveau type de placement s’apprête à voir le jour : en effet, France Sukuk doit mettre sur le marché une Société Civile de Placement Immobilier (SCPI) conforme aux principes de la Sharia. Cette SCPI sera le premier produit d’épargne immobilière Halal. Le placement à un horizon de 9 ans se compose d’actifs immobiliers parisiens. Cet investissement permettra à ses détenteurs de recevoir un revenu annuel qui évoluera en fonction des loyers et des plus values immobilières en rapport avec le marché locatif de bureaux.

Ainsi, la finance islamique bien que longtemps délaissée séduit de plus en plus d’investisseurs pour ses principes éthiques et sa capacité à résister à la crise. Ses perspectives d’évolution en France sont réelles, compte tenu de l’importance de la population de confession musulmane. On peut donc prévoir un avenir prometteur à ce secteur encore trop peu connu de l’économie française.

Envoyé par mail Anthony Amour

http://www.financiereconseil.net/

Le halal se cherche un label en France

En France, la majorité des produits estampillés halal ne répondraient pas aux critères de définition du label. Ces critères font encore débat notamment à cause des différences au niveau des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par les organismes de surveillance qui attribuent le label.

Le 16 janvier dernier, le site Débat Halal révélait être en possession de preuves accablantes contre un producteur alimentaire international. Les saucisses de volaille Herta, certifiée halal et commercialisée par Nestlé, contiendrait du porc, un aliment haram (interdit) pour les musulmans.

Une semaine après, alors qu’un premier test conduit par Herta n’avait rien révélé, les chaînes de supermarché comme Casino ont retiré les produits de leurs magasins pour effectuer leurs propres tests.

Mais il est acquis que certaines techniques de production actuelles, surtout dans le secteur de la volaille, sont particulièrement éloignées des règles du halal. Ainsi 90% de la volaille vendue sous le terme halal en France ne remplirait pas les standards. Standards qui varient eux-mêmes selon les entreprises et associations.

Interrogé par le Time, Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil, une agence de consultation en marketing confie:

«La question du halal en France est supervisée par les trois mosquées influentes à Paris, Evry et Lyon. Chacune a ses propres critères, inspecteurs, sociétés et produits qu’elles approuvent ou non. La communauté musulmane est riche d’une mosaïque de coutumes, de goûts et d’habitudes. A moins d’unifier, de codifier et de réguler le système, le marché du halal français restera éclaté et ses règles obscures.»

Les accusations portées contre ces aliments auraient surtout servi de prise de conscience. Alors que la nouvelle avait immédiatement poussé les supermarchés à vider leur étagères, de nombreux musulmans se sont posés la question de la provenance de la nourriture halal.

Pour palier le manque de règles concernant le label, certains observateurs espèrent maintenant que les différentes associations de musulmans de France parviendront à se mettre d’accord sur un code unique pour le secteur de la nourriture halal, un des plus gros marchés de niche, selon le Time.

http://www.slate.fr/

«Halal à tous les étals»: le halal, ce n’est pas que la viande

05/02/2013 un commentaire

Le marché s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services. Extrait du livre-enquête de Michel Turin.

Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples.- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -

Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.  

Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.

Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.

Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:

«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»

«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux»«Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.

Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:

«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»

C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:

«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»

Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.

Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.

Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.

Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:

«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»

Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.

Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.

D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».

Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.

Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.

Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.

La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.

Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:

«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»

Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!

Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:

«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»

En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.

Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.

Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.

La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.

«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.

Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.

«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.

Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.

La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.

A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.

Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:

«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»

Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:

«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»

Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.

Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.

«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).

L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.

Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Michel Turin

http://www.slate.fr

Grande-Bretagne : des traces de porc dans la viande halal des prisons

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La communauté musulmane de Grande-Bretagne forte de trois millions de membres est indignée de découvrir que des traces d’ADN de porc ont été retrouvées dans la viande halal proposée dans les prisons du pays. 

Le ministère de la justice a du suspendre une entreprise fournissant de la viande dans les prisons après avoir effectué des tests sur des tartes et des viandes dits halal dans lesquels des traces d’ADN de porcs ont été trouvées.

L’Agence des Normes Alimentaires a affirmé que l’autorité locale impliquée dans cette affaire fait l’objet d’une enquête.

Le ministre de la Justice, Jeremy Wright, a déclaré que cet incident était absolument inacceptable : « c’est une situation absolument inacceptable que nous regrettons grandement ».

Certains professeurs et professionnels appartenant à l’agence de normes alimentaires clament déjà la difficulté de vérifier la conformité de la viande tout au long de la chaîne alimentaire pour se défaire d’une quelconque responsabilité.

Il est bien désolant qu’une telle affaire soit nécessaire pour faire réagir les agences de surveillance et pour durcir les contrôles grâce à un sursaut de rigidité de la justice au sujet des normes alimentaires, a regretté la Commission musulmane des droits humains, basée en Grande-Bretagne.

Le marché du halal couvre deux trillions de dollars à travers le monde.

http://www.trtfrancais.com

Tags « provocateur » sur les murs de deux mosquées de Besançon

Une enquête a été ouverte dimanche après la découverte aux mosquées Sunna et El-Fath de Besançon d’un graffiti « provocateur », a annoncé la préfecture du Doubs. L’inscription représente une étoile de David.

  • avec l’AFP
  • Publié le 03/02/2013 | 14:55, mis à jour le 03/02/2013 | 17:11
Le tag a été bombé sur le mur d'enceinte de l'une des mosquées de Besançon. © Philippe Arbez
© Philippe Arbez Le tag a été bombé sur le mur d’enceinte de l’une des mosquées de Besançon.
L’étoile, symbole du judaïsme, a été bombée à deux endroits de Besançon.   »Le dossier a été transmis à l’autorité judiciaire », a dit le secrétaire général
de la préfecture du Doubs, Joël Maturin, parlant de « graffiti isolé et inutilement provocateur ». La première étoile de David a été découverte dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur extérieur de la mosquée d’El Fath, située dans le quartier Planoise; le graffiti aurait été dessiné dans la nuit de vendredi à samedi. La seconde, peinte sur un pilier extérieur à la grande mosquée El-Sunna dans le quartier saint-Claude, a été retrouvée dimanche matin. Les responsables de la mosquée ont alerté la police, qui s’est rendue sur les lieux. Le secrétaire général a ajouté que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée dans cette affaire ».
Les pratiquants réunis ce matin à la mosquée sont dépités par autant de bêtises. Le tag de la mosquée de Planoise est déjà effacé.
Par ailleurs, deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été inscrits dans la nuit sur un bâtiment abritant une mosquée à Ozoir-La-Ferrière en Seine-et-Marne. Sur son site internet, le CCIF ( Collectif Contre l’Islamophobie en France) a recensé dans son rapport annuel 414 actes islamophobes en France envers des institutions ou individus, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 38%. L’année dernière, quarante mosquées avaient été visées.
http://franche-comte.france3.fr

Des croix gammées dessinées sur une mosquée en Seine-et-Marne

Des graffitis sur la façade de la mosquée d'Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013

Des graffitis sur la façade de la mosquée d’Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013 (Photo AFP)

Deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche sur une mosquée d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), suscitant l’indignation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

A Besançon, ce sont des étoiles de David qui ont été dessinées sur deux mosquées. Mais dans ces cas, des sources proches de l’enquête incitent à la prudence sur la nature islamophobe de l’acte, n’excluant pas, parmi d’autres, la piste d’un fidèle mécontent.

Dans une rue calme et bordée de pavillons d’Ozoir-La-Ferrière, à environ 35 km à l’est de Paris, les fidèles de la mosquée Taouba venaient pour la prière de l’aube quand ils ont découvert deux croix gammées et deux slogans, « Vive la Gaule » et « Nike l’islam », tagués à la bombe noire sur la façade jaune clair et la porte blanche.

Une enquête pour « dégradations aggravées » car réalisées « sur un lieu de culte » a été ouverte, a indiqué une source judiciaire, soulignant qu’il n’y avait pas eu « de faits équivalents récemment » dans la zone. L’enquête va tenter d’exploiter « les vidéos (de surveillance, ndlr) des axes à proximité de la mosquée », a-t-elle ajouté.

Ce lieu de culte discret, bâti en 2002, accueille chaque vendredi 200 à 300 musulmans. Dimanche, tandis que des enfants arrivaient pour leur cours d’arabe, les responsables de la mosquée, qui avaient recouvert les inscriptions, exprimaient leur incompréhension.

« On est tous des Gaulois, c’est vraiment n’importe quoi! », réagissait, sous couvert d’anonymat, un père amenant sa fille. De tels actes peuvent susciter « de la colère, or ce qu’on souhaite c’est que les gens soient apaisés car on prône la tolérance et la paix », dit Abdelaziz Aït Ali, le secrétaire de la mosquée.

« Nazillons »

« Depuis dix ans qu’on est ici, on s’entend très bien avec les voisins », a expliqué à l’AFP Hamed Kamouch, président de l’association.

Les autorités locales confirment que cette mosquée est sans histoires, dénuée de toute obédience fondamentaliste, et qu’elle n’a jamais connu le moindre problème.

Si M. Aït Ali dénonce « un acte isolé », le président de l’Observatoire de l’islamophobie, Abdellah Zekri, a exprimé auprès de l’AFP sa « colère et (son) dégoût devant des individus qui ne respectent absolument rien, des apprentis nazillons ».

Il énumère les mosquées cibles d’actes islamophobes et racistes depuis un peu plus d’un mois: Val-de-Reuil (Eure), le Barp (Gironde), Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)… M. Zekri « réitère (son) appel » à François Hollande « de déclarer que le combat contre l’islamophobie est une cause nationale. C’est un geste fort que nous attendons », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le CFCM « appelle l’ensemble des musulmans de France à la vigilance et à la sérénité face à ces provocations contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». SOS Racisme « demande aux pouvoirs publics de s’engager davantage et urgemment dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec la plus grande sévérité la profanation » de la mosquée par « des inscriptions nauséabondes et haineuses ».

En 2012, 201 actes anti-musulmans ont été enregistrés, soit une augmentation de 28% par rapport à 2011, selon l’Observatoire de l’islamophobie.

Interrogé par l’AFP sur les inscriptions, le maire UMP Jean-François Onesto a déploré « ces messages lâches parce qu’anonymes ». Selon lui, « c’est la première fois que ce genre de tag raciste » est retrouvé à Ozoir.

http://www.liberation.fr/

Ozoir-la-Ferrière : des croix gammées taguées sur la mosquée

Nicolas Sivan et Stéphanie Auguy

Les fidèles de la mosquée d’Ozoir-la-Ferrière ont découvert avec stupeur, hier matin, que des tags islamophobes avaient été inscrits sur la façade et la porte de la mosquée Taouba pendant la nuit.

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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. </p>
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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. | (LP/N.S.)

Des tags islamophobes et des croix gammées sur la façade et la porte de la mosquée Taouba. Les fidèles d’Ozoir-la-Ferrière étaient sous le choc, hier matin, en découvrant la profanation, dans la nuit de samedi à dimanche, de leur édifice religieux. Ouvert en 2002, ce lieu de prière rassembleparfois jusqu’à trois cents personnes.Des membres de la communauté musulmane sous le choc mais aussi dans l’incompréhension. « Nous n’avons jamais eu aucun souci avec qui que ce soit ici, rappelle Ahmed Kamouch,président de l’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière. C’est un acte gratuit et raciste qui éloigne les communautés. »

« Nike l’islam », « Vive la Gaule ». Les fidèles ont découvert ces tags vers 6 heures, en arrivant à la mosquée pour la prière de l’aube. L’étonnement passé, ils se sont empressés de les recouvrir de bâches en plastique. Ils voulaient cacher ces insultes avant que les jeunes élèves du cours d’arabe n’arrivent. L’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière a ensuite porté plainte auprès du commissariat de Pontault-Combault, qui a ouvert une enquête. « Ce geste est très grave, se désole Driss Lachhab, vice-président du conseil régional du culte musulman de l’est de l’Ile-de-France. C’est la première fois qu’une telle chose arrive en Seine-et-Marne. »

De nombreuses réactions

Cette profanation est fermement condamnée de toutes parts. Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, parle d’« inscriptions nauséabondes et haineuses ». « La République n’acceptera jamais de telles provocations et saura se montrer très ferme à l’égard de ceux qui tentent de diviser les Français et de porter atteinte à notre cohésion nationale », prévient-il.

« C’est un acte inacceptable et répugnant, a, de son côté, vivement réagi le député socialiste du secteur, Eduardo Rihan-Cypel. Ces tags ont un sens. On ne peut pas laisser passer ça. » « J’espère que l’on trouvera les auteurs, renchérit Jean-François Oneto, maire UMP d’Ozoir-la-Ferrière. Il n’y a jamais eu d’actes racistes dans notre commune, je désapprouve totalement ces méthodes. » L’élu promet que les services de la mairie aideront à effacer ces tags haineux.

« Cela fait désormais six mosquées profanées depuis le début de l’année », dénonce, de son côté, Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il a indiqué attendre « un geste fort » du président de la République contre l’islamophobie.

http://www.leparisien.fr/

« M » : Islam de France, les convertis face aux clichés

Par Judith Perrignon/Illustrations Cristiana Couceiro

 

Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l'islam : "Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et que Mahomet est son Prophète." Illustration: Cristiana Couceiro pour M Le magazine du Monde

 

 Ils ont un jour prononcé la chahada, ces mots brefs qui valent profession de foi de l’islam : « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son Prophète. » Ils se rappellent un décor simple : la petite mosquée de Gennevilliers pour Abdel Raouf, car la grande n’existait pas encore ; celle de Melun pour Bilal ; ou une salle de prière du côté du métro Couronnes, à Paris, pour Amin. Ils racontent la présence d’un ami musulman, simple pratiquant, pas forcément d’un imam – « pas d’intermédiaire avec Dieu », dit Amin. Ils répètent cette phrase qu’on leur a dite si vite : « Ça y est, tu es musulman. » Ils dépeignent une religion où il est facile d’entrer. Ils ont alors changé de prénom : Raoul est devenu Abdel Raouf, William est devenu Bilal, David est devenu Amin.

Et, plus ou moins rapidement, ils l’ont annoncé à leurs parents. Abdel Raouf se souvient de son père conciliant : « Tant que tu trouves ton bonheur… » ; de sa mère, fervente catholique, tendue et silencieuse, qui semblait promener au-dessus de sa tête une bulle pensive de bande dessinée dans laquelle son fils apparaissait en terroriste. A sa famille juive, David devenu Amin n’a rien dit tout de suite. Sa mère a remarqué quelque chose de différent. Leurs rapports étaient plus simples, moins tendus. Elle a compris au moment du ramadan. « Tu as changé, je ne suis pas bête, tu t’es fait musulman. » Elle a préféré qu’il n’en parle pas à son père, qui a fini par lire la vérité dans la barbe de son fils qui s’allongeait. Finalement, seuls ses deux frères l’ont très mal pris. Chez Baptiste, le père a sorti des « trucs bêtes »(« Alors, tu vas plus manger de porc ! »), la mère était au bord des larmes lorsqu’il a demandé qu’on l’appelle désormais autrement. « Elle a eu peur que je change, que je ne sois plus le fils qu’elle a eu. » Face à l’émotion de sa mère, Baptiste a expliqué que ce n’était pas obligatoire de changer de prénom. Il est resté Baptiste.« Je ne savais pas qu’on pouvait faire autrement », s’étonne William, devenu Bilal, assis à côté de lui. « Ma mère aussi avait les larmes aux yeux », ajoute-t-il.

http://www.lemonde.fr/

France. Hausse des actes islamophobes en 2012

France. Hausse des actes islamophobes en 2012
Cible principale de l’islamophobie, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Remy Gabalda / AFP.

Le Collectif contre l’islamophobie en France vient de publier les chiffres de 2012. Comme on s’y attendait, ils ne sont pas encourageants. Les actes islamophobes sont en constante augmentation par rapport aux années précédentes. Inquiétant.
« Poursuivant la tendance notée depuis 2008, la progression des actes islamophobes s’accentue de manière très inquiétante en 2012 ».

Dans son communiqué de presse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) dévoile ses derniers chiffres et s’en inquiète. En 2012, le CCIF a recensé 414 actes islamophobes envers des institutions ou des individus. Soit une augmentation de 38% par rapport à 2010 où le collectif en avait répertorié 188. En 2011, 298 avaient été recensés.

87% d’actes touchent les femmes

L’augmentation la plus marquante concerne les actes touchant les individus. En 2012, 364 personnes ont été visés par des actes islamophobes contre 262 en 2011, « soit 102 actes de plus : chaque jour en France, un individu est victime d’islamophobie », s’alarme le CCIF.

Comme les années précédentes, ce sont les femmes qui pâtissent le plus de cette montée de l’islamophobie. Sur les 364 cas visant des individus, 87,3% touchent des femmes. Cible principale, les femmes voilées centralisent 76% des cas d’agression physique ou verbale. Ce passage à l’acte « se libère de manière assez grave » s’alarme le CCIF qui répertorie 122 actes d’agressions verbales en 2012 contre « seulement » 52 l’an passé.  

L’Etat se trouve également dans le viseur du CCIF qui souligne qu’ « un fonctionnaire est mis en cause dans 39% des cas recensés » d’actes islamophobes.

Islamophobie grandissante sur les lieux de travail

Le CCIF a aussi observé une évolution notable dans les lieux où se développe l’islamophobie : « désormais, elle s’étend au monde du travail, dans le secteur privé, sous formes d’atteintes interpersonnelles ou d’agressions ». Les derniers chiffres corroborent ces dires.

L’islamophobie au travail a bondi, passant de « 59% d’actes islamophobes en 2012 contre 10,47% pour l’année passée. 16,8% de ces actes touchent les femmes voilées, souvent les premières exclues sur leur lieux de travail.

Les lieux de culte sont toujours la cible principale des agresseurs, 40 mosquées ont été attaquées en 2012. Les associations, centres culturels ou boucheries halal n’ont pas été épargnés non plus.Fait nouveau cette année, deux maisons où résident des familles musulmanes ont été taguées d’injures racistes.

Après avoir donné une liste non exhaustive des agressions islamophobes les plus marquantes de 2012 (femme voilée frappée au  visage, agression de jeunes à l’arme blanche d’Aigues mortes, femme en Niqab agressée à Marseille…), le CCIF insiste sur le fait que « ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg, bien en deçà de la réalité islamophobe  à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années ».

Cette montée de l’islamophobie a de quoi inquiéter mais ne surprend pas vraiment au vu du climat délétère entourant la communauté en 2012. Selon le CCIF, l’islamophobie a pris du poids dans la société « passant d’une islamophobie politique à une islamophobie culturelle, relayée médiatiquement et politiquement ».

Espérons que 2013 sonne le glas de cette inquiétante montée de racisme à l’encontre de la communauté musulmane.

Jonathan Ardines

http://www.lecourrierdelatlas.com

Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (1/2)

Houria Bouteldja

D’abord, la France est une entité qu’on ne peut pas essentialiser. Affirmer que «la France est islamophobe», ou qu’elle ne l’est pas cela ne veut rien dire car elle est traversée de conflits politiques.

Par contre on peut dire qu’il y a un sentiment dominant dans l’opinion qui reflète une hostilité grandissante à l’égard de l’Islam et des musulmans. Je pense pour ma part qu’on assiste effectivement en France à une régénérescence du racisme à travers l’islamophobie  et qu’elle est entretenue par les médias et par les grands partis politiques dans un objectif bien précis.

La droite et l’extrême-droite l’entretiennent évidemment, mais la gauche institutionnelle, représentée par le PS, également. L’extrême gauche n’est pas en reste. Rappelons en effet que l’interdiction du voile à l’école a été soutenue, voire portée, par de larges franges de l’extrême gauche dans les années 2000.
Si cette idéologie recouvre un si large spectre politique, alors on peut dire que l’islamophobie est largement partagée. Elle transcende largement les partis politiques. Si sur certaines questions, comme le mariage gay par exemple, le clivage gauche-droite persiste relativement, ce n’est pas le cas pour l’islamophobie.

L’islamophobie, un racisme d’Etat

Je ne crois pas qu’il faille parler de «sentiment» pour l’islamophobie. On utilise en effet souvent les mots «représentations» et «imaginaire», alors que l’islamophobie est institutionnalisée. En effet, il y a des lois islamophobes.
La loi de 2004, par exemple, est une loi contre les jeunes filles qui portent le foulard, c’est une loi qui a transformé – je dirais même trahi – l’esprit de laïcité de la loi de 1905. La laïcité, cela signifie en effet neutralité de l’Etat : l’Etat est sans religion, il est neutre, donc il n’est pas athée ni agnostique. Avec la loi de 2004, la neutralité, qui est un devoir de l’Etat, devient un devoir des citoyens.
Parler de sentiment pour l’islamophobie, c’est un euphémisme. L’islamophobie est d’abord et avant tout un racisme d’Etat.
Je dis bien un «racisme», car le mot «islamophobie» peut paraître vague. Il y a un débat pour déterminer s’il faut plutôt dire «islamophobie»  ou «musulmanophobie». Pour moi, l’essentiel, c’est de bien définir le terme. Qu’on parle de musulmanophobie ou d’islamophobie, peu importe, ce qu’il faut entendre derrière c’est que c’est un racisme d’Etat.

Ce racisme n’a pas d’autre objectif que de maintenir une population dans un statut de subalterne. Le terme même de «musulmans» est déjà problématique en soi. Je suis musulmane, mais il y a 25 ans je n’étais pas considérée comme musulmane, alors que je l’étais déjà. A l’époque, j’étais une «beurette» ou une «issue de l’immigration». M’identifier moi-même comme musulmane n’est pas un problème, c’est même une fierté. Par contre le fait qu’on me perçoive d’office comme musulmane me gêne.  Car les non musulmans ne sont pas appréhendés à priori par leur religion. C’est une manière de définir les citoyens selon des catégories et des classements établis par les politiques et le débat publique. On classe d’office toute une population, sans faire la différence entre ceux qui sont musulmans, pratiquants, agnostiques ou encore athées. On est placé dans la catégorie musulman quelle que soit notre subjectivité.

Classé d’office comme citoyen à problèmes

Je dirais même que «musulman» peut être étendu à «habitant des quartiers populaires». C’est parfois un euphémisme pour dire «banlieue». Pour ma part, je n’aime pas être placée dans cette catégorie d’office car je ne suis pas maîtresse de sa définition. Son contenu est péjoratif, il est associé au terrorisme, à la violence, à l’intégrisme. Il m’échappe. C’est cette impuissance et cette condition qui font de moi une indigène de la république. La charte sur l’islam que l’UMP souhaite faire adopter n’est ni plus ni moins qu’un nouveau code de l’indigénat. Quand on parle de musulmans, on parle toujours d’une catégorie de population problématique, qui doit montrer patte blanche, dénoncer les terroristes et Ben Laden. Or, à titre d’exemple, on ne demande pas aux Corses lambda de condamner des attentats sur leur île, et à juste titre car ce sont des attentats politiques qui ne doivent être assumés que par leurs auteurs. Nous, les musulmans, nous sommes tous coupables. Le paradoxe, c’est que pour beaucoup, c’est à partir de cette identité que va se mener la lutte. S’affirmer musulman à partir de notre propre définition, c’est une manière d’ échapper à la définition étatique qui nous enferre. Les Antillais diraient qu’on marronne en référence aux nègres marrons, ces esclaves qui se sont enfuis et qui ont su préserver leur mode de vie africains.

La source de l’islamophobie reste l’Etat et la politique internationale. La guerre contre «l’Axe du mal» a produit de l’islamophobie à l’échelle internationale, qui se réfracte sur les politiques françaises, et qui est ensuite exploitée à l’intérieur du débat français.

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Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A (2/2)

Houria Bouteldja

En ce qui concerne les médias, l’affaire de Charlie Hebdo en septembre dernier illustre une dissymétrie en termes de liberté d’expression. S’il est vrai que Charlie Hebdo s’en est beaucoup pris par le passé à la religion catholique, on omet de dire que c’est un journal de Blancs qui critique une religion «de Blancs» , ou considérée comme telle.

Si Tariq Ramadan prenait la liberté de faire ce que fait Charlie Hebdo…

Si un Tariq Ramadan prenait la liberté de faire exactement ce que fait Charlie Hebdo vis-à-vis soit des juifs ou des catholiques, il se prendrait une volée de bois vert. Vous imaginez un journal musulman avec en couverture le pape ou un rabbin avec une bombe sur la tête ? Ce qu’on présente comme une liberté d’expression pour tous reste en réalité le privilège de la population dominante. Il est évident que si on se permettait de faire le millième de cela, en critiquant les catholiques ou la religion juive, l’ensemble du champs politique serait contre nous. Et même les plus bouffeurs de curés! On admet que Charlie Hebdo critique la religion catholique, mais on n’admettrait pas que nous le fassions à notre tour. Les véritables questions qu’il faut se poser sont : Qui a le droit de critiquer ? Et qu’est-ce-qu’on a le droit de critiquer ? Enfin les journalistes de Charlie Hebdo se présentent comme des valeureux résistants à l’islamisation sans s’interroger véritablement sur l’Islam dans son contexte français. En France, l’Islam, c’est d’abord la religion des pauvres et des immigrées donc d’une catégorie de la population qui n’a aucun pouvoir politique, économique ou médiatique. On s’attaque à une population qui n’a pas la possibilité de répondre avec autant de puissance que ceux qui portent les coups.

Je fais souvent le parallèle avec les années 30 et le débat sur la liberté d’expression au sujet de la religion juive. Est-ce-qu’on trouverait responsable, d’un point de vue politique, de critiquer les juifs dans les années 30, quand ils étaient victimes d’antisémitisme d’Etat ?
Souvent, on nous renvoie à ce qui se passe en Arabie saoudite, ou dans d’autres pays musulmans. Si j’étais en Arabie saoudite, je critiquerais évidemment la politique de l’Etat saoudien. Mais on est en France et l’Islam y est une religion minoritaire et dominée.

L’islamophobie, peur irrationnelle et symptôme d’un déclin

Pour comprendre cette montée de l’islamophobie, il faut analyser la situation actuelle. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de crise économique globale, de crise de déclin de l’identité européenne face aux pays émergents, la Chine, l’Inde, etc.
L’identité européenne blanche qui a dominé le monde pendant 500 ans est en phase de déclin. Et ce qu’expriment les voix – souvent hystériques – qui s’élèvent dans les médias contre l’Islam, c’est au fond la peur de ce déclin. Qu’est-ce-qui explique cette peur irrationnelle ? Les Blancs perdent leur centralité historique, leur triple A, en quelque sorte, et ils voient tous les non Blancs, abusivement associés, à l’Islam comme une menace pour leur identité. Après avoir dominé pendant des siècles, ils se rendent compte que les autres veulent, comme eux, vivre et s’affirmer, transformer l’ordre établi par le racisme et le colonialisme ce qui de fait signifie une perte de pouvoir et des privilèges afférents. Ceux qui contestent cet ordre, à juste titre, pour réclamer leur droit et leur place pleine et entière, qui contestent les discriminations sont ainsi perçus comme des envahisseurs.

La résistance indigène est perçue comme terrifiante, illégitime et abusive alors que ce que demandent les milieux de l’immigration et des quartiers populaires, c’est d’abord l’égalité de traitement et de droits. Des revendications qui ne me paraissent pas insensées mais qui le sont pour celles et ceux qui se battent pour sauver leur privilèges, leur statut et qui dans le même mouvement font pression pour que les «Musulmans» restent en position de subalternes, d’indigènes. Ce conflit génère lutte et résistance de part et d’autre dont l’issue n’est pas écrite à l’avance mais dont on peut craindre le pire. Il faut espérer que les victimes du racisme d’Etat s’organisent rapidement pour que naisse une véritable alternative politique.

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Islamophobie… quand tu nous tiens par la barbichette

 Serge ULESKI

Gardons-nous bien de voir de l’islamophobie (1)  là où il est surtout question de difficultés de cohabitation avec un particularisme vestimentaire à caractère religieux qui peut être aussi considéré, et à juste titre pour les uns, comme une provocation et une atteinte à la laïcité :

« Je n’ai pas à connaître votre religion…

- Votre tenue vestimentaire m’impose une information que je n’ai pas demandée…

 - Nulle autre religion agit de la sorte car on peut encore aujourd’hui croiser des Juifs et des Catholiques pratiquants (voire même… intégristes, extrémistes et exterminateurs !) sans pour autant soupçonner un instant qu’ils le sont ; et c’est une très bonne chose…

 - Doit-on aussi rappeler qu’ici, sous notre climat, l’Eglise ainsi que le machisme ont  longtemps maltraité les femmes ! Et certains d’entre nous en général, et certaines d’entre elles en particulier, s’en souviennent encore ! Sans oublier le fait que la France s’est aussi construite, dans son histoire récente, contre cette même Eglise, jusqu’à sa « mise au pas ».

- On ne peut pas non plus ignorer le déficit d’image de l’Islam dans une actualité internationale où la pratique de la tolérance et de l’amour de l’autre par cette religion, et plus encore quand il est tout autre, serait la règle et non l’exception ; et même si l’Islam n’est pas la seule religion concernée (2), n’empêche !

 - Laissez-nous le temps de nous adapter car c’est bel et bien un nouveau paysage qui se dessine là sous nos yeux ! Et à ce sujet, la tolérance pourrait aussi trouver sa place chez ceux qui semblent un peu trop prompts à dénoncer une islamophobie fantôme ; et quand on sait que les femmes qui arborent une telle tenue sont de plus en plus nombreuses… on n’est décidément pas au bout de nos peines !

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Rappelons à toutes fins utiles que l’islamophobie, et pour peu qu’il en soit réellement question, ne fait pas de la France un pays raciste et islamophobe, tout en précisant ceci : sermonner et condamner les populations avec des « C’est pas bien d’être islamophobe » n’a jamais dissuadé qui que ce soit de le demeurer ou de le devenir. Aussi, la lutte contre l’islamophobie ne peut être qu’un point de départ et sûrement pas un point d’arrivée. Dans le cas contraire, ce sera un échec un peu à la manière d’un SOS racisme enfermé dans sa Tour d’Ivoire moralisatrice dans le cadre d’un job à plein temps avec ses officiels, ses titulaires et ses suppléants, retraite assurée, ce qui n’a jamais servi aucune cause ; un « SOS racisme » cache misère intellectuel et politique autour de questions que l’on ne posera pas ; sans oublier les cas où l’intelligence fait cruellement défaut, et les cyniques qui n’ont aucun intérêt particulier à ce que les bonnes questions soient posées faute de volonté ou de possibilité d’y répondre efficacement car, si tout est dans l’exécution, quand on ne peut plus agir, notamment sur le plan social, une fois que l’on a déserté le terrain économique sans lequel aucune action digne de ce nom n’est possible, et que l’on est tout nus…

Vers qui, vers quoi peut-on alors se tourner ?

Après l’épuisement, vient le pourrissement ; il ne faudrait pas que la lutte contre l’islamophobie devienne une chasse à l’homme car à ce jeu là, le gibier sera toujours bien plus nombreux que les chasseurs : et la solidarité entre volaille, ça existe aussi !

La gestion des tensions ne se fera pas sans un dialogue entre tous, et la stigmatisation ne rendra aucun service et sera contreproductive. D’autant plus qu’il semblerait que l’ignorance des uns, ou leurs préjugés, soit l’exacte réplique de l’ignorance des autres ; d’où l’absence de compréhension et la tentation d’un repli vers une posture victimaire de tous les acteurs en présence : préjugés et rejet à tendance islamophobe contre ignorance historique feinte (3) ou authentique, de la part de ceux qui résident dans le pays d’accueil ou pays d’adoption par filiation.

Aussi, que la bien-pensance soit exclue de ce débat au plus vite ! Ce qui, en revanche, n’empêchera nullement la bienséance d’y trouver toute sa place dans une conduite des débats qui tienne compte de tous les ressentis car personne ne doit être rejeté ! Et si toutes les expériences et les opinions ne se valent pas, toutefois, on ne fera pas l’économie de les entendre toutes et de les comprendre, et qui sait… de voir sous un tout autre jour, la question de l’islamophobie : « mot-valise » pour les VRP d’une conscience humaniste dans le meilleur des cas ;  verdict aussi violent que définitif qui n’ouvre aucune porte et qui semble les fermer toutes, dans le pire.

Une société a aussi et surtout besoin de savoir et de comprendre ; pas simplement de juger (4).

Or, il semblerait que les médias principalement dits « de gauche » (à leurs heures – de nuit, de préférence ?), Médiapart inclus, s’orientent vers une stigmatisation et un débat à sens unique : on peut donc compter sur le fait que seules les « victimes » auront droit à la parole, entourées d’observateurs et d’experts (sociologues de la bien-pensance ?) compatissants et sermonneurs.

Aussi, il serait temps que ces mêmes médias réalisent que la lutte contre l’islamophobie mérite une autre approche que celle qui, hier, a consisté à organiser, par exemple, la promotion et l’animation de l’anti-sarkozysme, car l’enjeu est d’une tout autre nature et d’une tout autre importance.

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Face à l’islamophobie, de la fierté et de la dignité

Rokhaya Diallo

La fabrique à ressentiments marche à plein régime. Encore une fois, je ne suis pas certaine que l’on se rende vraiment compte de la frustration croissante vécue par une partie de nos concitoyens. Les susceptibilités sont grandes, mais si les musulmans ne se retrouvaient pas constamment propulsés sur le devant de la scène et ce, de manière négative, on n’observerait pas, en retour, cette extrême sensibilité.

Un contexte inévitablement tendu

A partir du moment où la majorité des propos sur l’islam flirte avec un racisme qui ne dit pas son nom, pas étonnant que le second voire le troisième degré ait du mal à passer chez certains. La réalité est celle-ci: nous sommes dans un contexte tendu où la moindre critique, remarque ironique ou simple plaisanterie fait écho à des insultes plus graves ou des lois que beaucoup jugent discriminantes.

Au final, ainsi que l’explique très bien l’écrivain Amin Maalouf , lorsqu’on ressent autant de mépris pour sa culture comme pour sa religion, on n’éprouve qu’une seule envie, celle de les étreindre encore davantage. C’est autant un réflexe de fierté que de dignité.

Respecter une identité complexe

Aujourd’hui, lorsque de jeunes franco-algériens brandissent le drapeau de l’Algérie en cas de victoire des Fennecs, l’équipe nationale, ce n’est qu’une manière, pour eux, d’exprimer leur amour-propre. A leurs yeux, la réputation de ce pays est trop souvent entaillée. Ils sont français, musulmans mais également algériens et ils entendent légitimement que l’on respecte cette identité complexe. Le problème, c’est qu’à dénigrer régulièrement les deux derniers pans de leur personnalité, on les incite d’autant plus à s’en réclamer.

L’hostilité d’une partie des citoyens contre une autre pousse au repli. Les gens se rattachent aux traditions, à leur quartier et leur entourage proche… Un petit univers où ils sont identifiés positivement, où ils ont un rôle et un statut. En quelque sorte, à l’abri d’une société où ils se sentent inexorablement rejetés en bas de l’échelle sociale.

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Bientôt du dentifrice halal fabriqué en France

Depuis près d’un an et demi les cosmétiques halals font sensation. Ciblant les femmes musulmanes, ces produits de beauté sont certifiés sans alcool, ni extraits animaux. Les rouges à lèvres et soins pour la peau sans graisse de porc sont importés de Belgique, d’Indonésie ou d’Australie mais la France pourrait bien se positionner sur ce marché en plein boom.

En effet, selon le quotidien Le Parisien un site industriel français viendrait pour la première fois « d’obtenir la certification officielle de Bruxelles pour fabriquer des dentifrices halal ». En France, Bruno Bernard, un spécialiste de la certification halal, estime qu’un million de musulmans utilisent régulièrement des cosmétiques halals. En Asie, ce marché pèserait plus de 3 milliards d’euros selon une estimation d’une université Malaisienne.

Certaines entreprises françaises croient dur comme fer dans le marché des cosmétiques halals. C’est le cas de la marque Jamal, créée en 2007 par une Française, Chantal Japhet dans la péninsule arabique. Elle a également lancé un label certifié par la Mosquée de Paris. « Mon objectif, c’est que le halal redevienne tendance, et je suis sûre que ça le sera dans les années à venir. Après tout, c’est du végétal, ça respecte l’homme et la nature, et c’est de l’éthique ».

Jamal et les autres entreprises de cosmétique halal, comme Cosmelal ou OnePure, attendent avec impatience l’arrivée des grands groupes, qui pourront, grâce à leur notoriété, faire exploser le marché. Les intéressés ne ferment pas la porte : « Le marché des cosmétiques halals est un marché que nous regardons, comme d’autres, compte-tenu de notre ambition d’universalisation de la beauté », indique L’Oréal, contacté par l’AFP.

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