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PERÇUE EN OCCIDENT COMME FUTURE ALTERNATIVE AU SYSTÈME DE FINANCES CLASSIQUE Les banques islamiques travaillent sans cadre juridique.

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La finance islamique qui est en train de faire le bonheur de nombreuses économies dans le monde a encore du mal à se faire connaître en Algérie.

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La finance islamique dont la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde dit qu’elle sera l’avenir du monde de la finance classique qui a montré ses limites et ruiné les économies de plusieurs pays, est en train d’évoluer en Algérie sans cadre juridique, a déclaré hier au Forum d’El Moudjahid Mohamed Boudjelal, professeur en sciences économiques et expert en finances islamiques. «Les parlementaires qui devraient plaider pour l’élaboration de ce cadre juridique au sein du Parlement ne semblent pas intéressés jusqu’à présent par la question», a-t-il ajouté.La finance islamique qui est en train de faire le bonheur de nombreuses économies dans le monde,particulièrement dans les pays du Golfe, l’Angleterre, la Malaisie, Singapour, etc. ne représente en Algérie que 2% par rapport à la finance étatique et moins de 15% par rapport aux banques privées installées en Algérie, a souligné en outre l’invité d’El Moudjahid. Pour Mohamed Boudjelal, la raison de la sous-bancarisation en Algérie est le caractère illicite du point de vue religieux du système de finance classique basé sur des intérêts. «Toutes les initiatives prises par le gouvernement(emprunt obligataire, récupération de l’argent de l’informel) ne réussiront pas tant que le système de finance classique est toujours là», a-t-il précisé. Le cadre juridique est important, selon Nacer Haïder DG d’El Salam Banque, invité lui aussi du Forum du quotidien El Moudjahid, pour la finance islamique en Algérie dans la mesure où il va dissiper la suspicion que nourrissent encore certains investisseurs et entrepreneurs privés à l’égard des banques islamiques. Les pouvoirs publics, indique toutefois M.Haïder, n’entravent pas l’épanouissement des banques islamiques existantes, à savoir la banque El Baraka et Salama Banque. Contrairement aux investisseurs privés, les ménages algériens se rendent de plus en plus aux banques islamiques, a indiqué le DG de Salama Banque, précisant que ces derniers apprécient beaucoup la transparence et la souplesse pratiquées par les banques islamiques notamment en ce qui concerne les produits de l’immobilier, le mobilier et l’automobile. L’objectif des banques islamiques, selon M.Haïder, en Algérie, est de favoriser à l’avenir le produit «Sokouks» (chèques) consistant à construire des infrastructures ou autres équipements publics en collaboration avec les clients. Interrogé sur les pénalités de retard que les banques islamiques seraient en train d’appliquer envers leurs clients et qui sont a priori illicites du point de vue de la religion, le DG d’El Salam Banque, a infirmé totalement ces rumeurs, précisant que ce sont des pénalités contre les clients débiteurs récalcitrants ayant de l’argent mais refusent de rembourser ou de payer leur créances envers les banques. Cette pratique est tout à fait conforme à un récit de notre prophète (Qsssl) détestant lui aussi les créanciers récalcitrants. Quant à l’argent de ces pénalités de retard, il est utilisé, à la différence des banques publiques qui l’utilisent à l’effet purement lucratif, pour financer des actions caritatives envers des démunis ou la construction des projets d’utilité publique. Par ailleurs, il est à noter que la finance islamique est basée dans ses pratiques, selon M.Boudjelal, sur deux grands modes de financement, à savoir le mode de financement participatif incluant la «moucharaka» et la «moudharaba», et le mode à marge bénéficiaire très déterminé. La grande différence entre la finance islamique et la finance classique, selon les invités du Forum d’El Moudjahid, sont les intérêts bancaires que privilégie la finance classique.

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