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Rassemblement de fidèles à Vénissieux Les musulmans réunis contre l’islamophobie

Environ 150 musulmans se sont rassemblés hier soir dans le calme devant la mosquée El Forkane de Vénissieux, près de Lyon, pour protester contre «l’islamophobie montante», au lendemain de l’annonce par le ministère de l’Intérieur de l’arrestation d’un militaire proche de l’extrême droite qui projetait de tirer sur l’édifice.

Près de 150 personnes se sont rassemblées hier devant la mosquée.
Près de 150 personnes se sont rassemblées hier devant la mosquée.

 «Les musulmans ont peur aujourd’hui, les femmes voilées n’osent plus sortir, ça nous rappelle la situation des Juifs dans les années 30 », a lancé Abdelaziz Chaambi, de la coordination contre le racisme et l’islamophobie, aux nombreux journalistes présents devant la mosquée.

«Rien ne nous dit que ça ne va pas se reproduire», a-t-il ajouté. Le militaire de 23 ans écroué dimanche avait prévu, selon l’Intérieur, de tirer à l’arme à feu sur cette mosquée du quartier populaire des Minguettes, à Vénissieux.

Réunis dans un calme grave, les musulmans présents lundi soir se sont dits inquiets de la «montée de l’islamophobie». « Cet homme avait une volonté délibérée de tuer», a réagi le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, «on a dépassé l’islamophobie verbale».

Vêtu d’une djellabah noire, Mohamed Draoui, 39 ans, un fidèle de la mosquée, raconte qu’il était là le jour de l’Aïd avec sa femme et ses enfants, le jour où le militaire avait prévu son attentat. «C’aurait pu être un carnage», dit-il.

Jeune femme voilée, Mariem, membre du collectif de lutte contre l’islamophobie en France, a relevé «une succession d’actes à l’encontre des musulmans» ces dernières années. Pour elle, «les violences prennent de l’ampleur».

L’émotion laisse rapidement place à la critique. En conclusion de son allocution sur le perron de la mosquée, Kamel Kabtane jette: «Aucun responsable au niveau national n’a pris position pour ce qui s’est passé».

Le recteur a envoyé une lettre au président de la République, dans laquelle il fustige «une vision « nationaliste conservatrice et islamophobe »» de certains Français.

Abdelaziz Chaambi a, quant à lui, directement attaqué les autorités: «Nous avons alerté à plusieurs reprises les pouvoirs publics, nous avons sollicité des réunions, des commissions, et à chaque fois nous avons reçu un refus catégorique».

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